12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 22:47

Mise à jour : 05 septembre 2016 (2ème édition)

Edition antérieure : Mardi 03 juin 2008.

Le travail en profondeur des tour-operateursLorsque l'Argentine ne devient plus qu'un produit à vendre :
 

Lorsqu’un beau jour de 2005, j’ai commencé à entrer dans le monde merveilleux du tourisme par la petite porte, j’étais loin de me douter que l’Argentine (la Vraie) et celle qui était vendue aux touristes étaient différentes.

J’étais encore assez naïf pour penser que chacun pouvait organiser ou même aller voir librement en fonction de ses propres gouts ce qui pouvait l’intéresser.

Malheureusement j’ai pu apprendre au fil des années et aussi à travers les touristes que j’ai pu croiser qu’en fait non.

Sans pour autant commencer à brandir du haut de mes deux bras une pancarte ou serait écrit « conspiration mondiale », il est certain que tout au long de la chaine de décision entre le haut de la pyramide (c'est-à-dire le pays même) et la base (le pékin de touriste que vous pouvez être), les différents niveaux alimentent eux même et influencent à leur tour les niveaux inferieurs.

Ce qui est prodigieux, c’est qu’à la fin, chaque niveau a la sensation d’avoir été indépendant et que son choix a été fait en toute liberté.

Sans entrer dans un sujet philosophique, on peut donc se poser la question si le libre arbitre existe face aux pressions exercées à chaque niveau.

Les dés sont pipés et on arrivera à vous forcer à vous amener là où, de toute façon, il était prévu de vous amener. Le plus fort c’est que vous êtes persuadés que ce fut votre décision !

Avant de vous manipuler, vous connaitre :

 

Qui décide en haut de la pyramide ?

J’ai envie de dire que le véritable décideur est le pays même, ou disons le « Ministerio de Turismo de la Nacion ».

L’objectif pour 2019 (nous sommes en 2016), est d’attirer dans le pays 9 millions de touristes étrangers et de leur faire dépenser 3 milliard 800 millions d’USD. Ces chiffres apparaissent sur le site du ministère.

En 2014, le touriste étranger ne représente que 11 % des visiteurs (donc 89 % du tourisme est généré dans le pays par les argentins eux mêmes), mais ces 11 % génèrent à eux seuls 41 % des recettes. C'est-à-dire que le seul fait d’être étranger fait dépenser 3,72 fois plus.

- Un Argentin connaît son pays et va plus librement dans une région qu’il a envie de découvrir.

- Un étranger ne connaît pas le pays et va être manipulé pour aller où on lui dire d’aller pour lui faire dépenser 3,72 fois plus.

Autre problème, avec la crise économique que traverse le pays, le nombre de touristes argentins ne cesse de décroitre. 30,2 millions d’Argentins en vacances en 2013, 28,9 en 2014, 27,5 en 2015.

La seule alternative pour remédier à cette perte de clientèle et d’aller chercher la clientèle étrangère.

La projection donne que pour 2019, on veut vous (touristes étrangers) faire dépenser le double (presque, en fait 90 % de plus) de ce que vous avez dépensé en 2015.

 

Des sondages appuyés par des statistiques sont fiables et permettent de savoir exactement en fonction de votre pays d’origine, en fonction de votre destination, de connaître vos manières de voyager dans le pays.

J’ai sous les yeux les résultats de l’année 2015. On sait que l’européen reste au 2eme et 3eme trimestre en moyenne 23 nuitées dans le pays (au 1er trimestre 21 nuitées et au 4eme trimestre 19 nuitées). Le Brésilien (qui représente 50 % des étrangers en Argentine) lui ne reste que 6 à 7 nuits en Argentine.

 

Pour l’européen, tout va être mis en place pour l’occuper donc 23 jours et lui faire dépenser un maximum d’argent en 3 semaines.

Pour l’européen qui se loge en 5 étoiles (le type de logt permet de connaître le niveau social et donc le pouvoir d’achat), il ne reste que 9 à 10 nuits. Pour eux, leur seront proposées d’autres activités en fonction de leur budget.

Photo : Stand de l'Argentine à la FIT Paris de 2014.

Tout est fait pour vous faire croire qu'il n'a rien à voir à moins de 1000 km de Buenos Aires !

 

Vous restez 23 jours en moyenne et il faut que puissiez dépenser un maximum d’argent en ce laps de temps avant qu’un autre touriste vous remplace.

Le pays est grand c’est donc un avantage pour vous faire balader d’un bout à l’autre et commencer déjà à vous faire dépenser excessivement dans les transports. On ne vous le dit pas de cette manière, mais on va mettre en place des destinations les plus lointaines de Buenos Aires, justement pour vous vendre du transport.

Buenos Aires étant presque la seule porte d’accès pour un touriste venant d’Europe, on va donc exclure tout ce qui peut être visité dans un rayon de 1000 km autour de la ville. C’est énorme 1000 km, cela fait un diamètre de 2000 km (2 fois la surface de la France). On ne vous dit pas que cela ne vaut pas la peine d’être visiter, mais on applique plutôt une politique de mutisme et on reste évasif (auprès du tourisme étranger).

C’est un peu comme si vous atterrissiez a CDG Roissy et que vous ne puissiez rien visiter à moins de 1000 km de Paris. On vous conseille donc d’aller visiter des choses intéressantes à Madrid, Barcelone, Rome ou Varsovie.

Ca parait énorme, mais pourtant ca marche !

Donc aucune destination vraiment détaillée pour les touristes étrangers dans les provinces de Buenos Aires, La Pampa, Entre Rios, Santa Fe et Cordoba. Alors que ces même provinces sont les plus prisées par les argentins en vacances ! Un comble !

Quant on sait que justement les argentins choisissent en priorité la province de Buenos Aires (33,5 % en 2014), Province de Cordoba (13,6 % en 2014), suivies par les provinces de Entre Rios et Santa Fe.

Ces 4 provinces sont celles les plus développées touristiquement mais on n'y envoie pas les étrangers.

Photo : Circuit d'agence, il n'y a plus que de l'avion ! Ou comment vous faire depenser un max en transport ! 

Comment créer des spots touristiques pour étrangers les plus rentables possibles : 

 

- 1) Un spot doit être distant de plus de 1000 km de Buenos Aires.

- 2) Chaque spot doit être aussi assez éloignés les uns des autres (au moins aussi 1000 km l’un de l’autre) pour que le touriste étranger se déplace en avion.

- 3) Chaque spot doit être placé à proximité d’un aéroport.

- 4) Un spot doit être vidé de tout contenu culturel et intellectuel, laissant la place uniquement au visuel. Ainsi aucune connaissance n’est nécessaire pour pouvoir profiter du spot, et ainsi « intéresser » à 100 % la totalité du panel de touristes arrivant.

- 5) Un spot peut donc ainsi attirer tous les groupes socio-économiques, toutes les tranches d’âge, et toutes les nationalités.

- 6) Un spot doit faire croire qu’il n’y a aucun autre point intérêt dans la région à visiter. Il faut une fois la visite du spot terminée, remettre le touriste dans l’avion pour le propulser sur un autre spot a 1000 km de là.

- 7) Un touriste doit donc rester au grand maximum entre 2 et 3 nuitées par spot, jamais plus.

- 8) Augmenter de ce fait le turn-over d’arrivage des touristes sans devoir pour autant augmenter le parc hôtelier et les infrastructures.

- 9) Tous les spots argentins se trouvent placées toujours à moins de 100 km d’un pays étrangers (Chili, Uruguay, Brésil, Paraguay, Bolivie), mais surtout omettre de mentionner ce qu’il y a à visiter de l’autre coté de la frontière, absolument pas rentable pour l’Argentine. Donc éviter par tous les moyens que vous puissiez vous rendre dans un autre pays lors de votre passage sur un spot.

Photo : un autre circuit proposé dans les catalogues de voyagistes.

 

Enfin, création et mise en place des 8 « fanions »  pour les touristes étrangers :

 

En réponse à toutes les contraintes exercées par l’industrie touristique pour vous faire « consommer » le plus, voici la mise en place des fanions (des spots) touristiques qui doivent donc occuper le touriste moyen en maximum 23 jours sur le territoire argentin.

8 « produits » qui puissent être "compréhensibles" par tous, quelque soit l'origine de la personne, son niveau socioculturel, son âge, et son niveau en langue espagnole. Il faut que les 8 produits plaisent à un enfant de 7 ans comme à un adulte de 77 ans, à un employé de Tokyo comme à un ouvrier de Milan, ou à un retraité de Stockholm.

Voila donc la liste des 8 produits que l’on vous « conseille » en Argentine. On vous l’a « conseillé » tellement souvent que vous finirez par croire qu’ils sont devenus des « incontournables ».

Ou pire, vous penserez que ce fut même un choix personnel d’aller les voir

En fait, tout est fait en effet pour vous manipuler et vous pousser à les « acheter ».

Le ministère du tourisme argentin sature les salons du tourisme à travers le monde entier, à travers ses propres publications, posters, photos, vidéos, etc…

Les voyagistes reprennent les mêmes « produits », puisqu’il est plus facile de vendre un produit archi médiatisé, et sur place les agences locales ont besoin de se concentrer que sur 8 points avec une simplification de la logistique puisqu’il suffit de 8 hôtels, 8 agences locales réceptives et 8 aéroports avec 8 sociétés de transport pour assurer les transferts pour un territoire grand comme 5 fois la France.

Les guides papiers européens suivront le même mouvement par simplification (j’ai même envie de dire par médiocrité) et traiteront les 8 fanions en omettant de traiter l’Argentine.

C’est ainsi que sur les guides du Routard et autres, seuls les 8 points sont traités.

Donc, même le voyageur préparant seul son voyage avec l’aide de ses guides et partant en solo, aura l’impression de « devoir » se rendre sur ces « spots », et finira donc par calquer son voyage sur ceux offerts par les voyagistes !

La boucle est bouclée !

Voici ci-dessous, ces 8 spots avec à chaque fois le point de vue des voyagistes et le mien ! 

Photo : L'Argentine en 12 jours dans un catalogue des voyagistes ! 

 

Les 8 spots argentins vus par les tours operateurs et par le Petit Hergé : 

1 - Buenos Aires (Capital Federal).

 

Point de vue du voyagiste : 

L'aéroport international à partir duquel le touriste arrive et en repart s'y trouve il faut donc "l'occuper" à Buenos Aires au moins une journée et une soirée.

Le show tango est donc un bon produit : Visuel, Compréhensible, Impressionnant et surtout assez cher. Seuls les moins de 12 ans auront du mal à accrocher.

Aucun effort physique à produire. Les tours opérateurs considèrent Bsas uniquement comme une base de lancement mais ne font jamais réellement visiter la ville. Ça se cantonne par un médiocre city tour d'une demi journée où on vous parachute au cimetière de Recoleta, Le Caminito de la Boca et la calle Defensa de San Telmo. En général, le tour opérateur vous fait passer une nuit à Bsas à votre arrivée et une nuit avant votre retour.
Pour un voyagiste :

Pack de 1 nuit (voire de 2 nuits) à l'arrivée et Pack de 1 nuit au retour Grand Maximum 3 nuitées pour un tour operateur. 

 

Point de vue du Petit Hergé :

Au moins 1 semaine à Buenos Aires à votre arrivée, et au moins une nuit avant votre retour. En profiter pour aller visiter quelques points intéressants de la banlieue : San Isidro, Tigre, La Plata. Ou même dans un rayon de 150 km, Lujan, Chascomus, San Antonio de Areco, Bioparque de Temaiken, Punta Indio, ... Au total de quoi s'occuper entre ville et campagne 2 semaines entières. On visite la ville de Buenos Aires à son arrivée avant de partir vers d'autres provinces, pas au retour ! 

Pour le Petit Hergé : 1 semaine pour la ville de Buenos Aires et sa banlieue, au moins une autre semaine pour sa campagne dans un rayon de 150 km. 

2 - Les chutes d'Iguazu (Province de Misiones).


Point de vue du voyagiste : 

Puerto Iguazu est à 1292 Km de Buenos Aires et possède 2 gros aéroports internationaux pour le desservir. Voir de l'eau tomber d'une falaise est compréhensible par tous, y compris par les enfants. Ce sont les deuxièmes au monde, Les chutes Victoria plus difficiles d'accès, les chutes de Niagara trop bétonnées. Iguazu sont idéales.

Un très bon produit : Visuel, Compréhensible, Impressionnant et Inculturel.

Aucun effort physique à produire, train du coté argentin, ascenseur coté brésilien. Les tours opérateurs ont l’habitude de boucler le fanion en deux jours. Quelquefois une extension pour les visites des ruines jésuites de San Ignacio. Jamais aucune autre visite des autres parcs de la province ni des autres villages ou autres ruines. Le Tour Operator vous proposera une journée pour le parc coté argentin, le parc brésilien lui complique la vie et essaiera de vous dissuader d'y aller, alors qu'il en vaut la peine.

Pour un tour operateur : Pack de 3 nuités et 2 jours maximum.

 

Point de vue du Petit Hergé :

Les chutes d'Iguazu font partie intégrante de la visite de la province de Misiones, donc à partir de la capitale Posadas, compez au minimum une semaine (une dizaine de jours est preférable), visitez les chutes de Mocona, les misiones Jesuites, voir les villages de Obera, Apostoles, Puerto Rico, Montecarlo, les mines de Wanda, et enfin les chutes d'iguazu.

Comme vous etes dans la region, en profitez pour visiter coté Paraguay, les misions de Jesus, de Trinidad, quelques parcs naturels au Paraguay intéressants dans la région de Encarnacion, Hohenau. Coté Brésil, dans l'Etat du Parana entre Foz do Iguaçu et Cascavel, de nombreux points d'interets.

Pour le Petit Hergé : Si vous restez exclusivement dans la province de Misiones, entre 7 et 10 jours. Si vous en profitez pour elargir vos visites au Paraguay voisin et à l'état brésilien du Parana voisin, comptez entre 2 et 3 semaines. 

Le glacier Perito Moreno3 - Le Glaciar Perito Moreno

(Province de Santa Cruz).


Point de vue du voyagiste :

El Calafate se trouve à 2673 Km et possède un bon aéroport construit récemment. Voir une falaise de glace s'avancer sur un lac. Le top étant les périodes ou le glacier se brise. Compréhensible même par les jeunes enfants. El Calafate ne vivant que du tourisme, tous les prix sont en dollar, donc haute rentabilité. Un très bon produit :  Visuel, Compréhensible, Impressionnant et Inculturel.

Aucun effort physique, bus à partir de la ville, croisière en bateau, petite marche jusqu'au point de vue. 2 jours pour boucler le fanion. C’est le produit type qui vous fait énormément dépenser d’argent puisque les logements et la restauration pratiquent des prix supérieurs à ceux du reste du pays. Le tour operateur vous y fera passer 2 nuits avant de vous faire reprendre l'avion.

Pour un tour opérateur : Pack 2 jours (3 nuitées).

 

Point de vue du Petit Hergé :

Le Perito Moreno est placé dans la province de Santa Cruz qui est une province presque aussi grande que la Nouvelle Zelande, donc se déplacer dans un pays aussi vaste pour uniquement y passer 48h et voir un seul point est assez déprimant. (ou comment claquer son fric en avion pour si peu voir !)

Profitez d'être à El Calafate pour louer une voiture (une fois le Perito Moreno vu), et decouvrir au nord au moins le lago Argentino et le Lago Viedma, El Chalten. Au sud prendre la 40 pour vous rendre a Rio Turbio pour passer ensuite au Chili decouvrir Torres del Paine, puis Puerto Natales. Poussez vers l'Atlantique vers Rio Gallegos, le Parque national Monte Leon et revenez à El Calafate pour rendre la voiture. Pour ce circuit comptez au moins 2 semaines. Si vous disposez de 2 semaines de plus (donc 4 au total) vous pouvez a partir de Puerto Natales descendre vers Punta Arenas pour ensuite vous rendre sur la Terre de Feu. 

Pour le Petit Hergé : Secteur sud Patagonie au moins 2 semaines, si vous en profitez pour descendre en Patagonie sud chilienne et visite de la Terre de Feu au moins 1 mois.

4 - La ville d'Ushuaia

(Province de Tierra del Fuego).


Point de vue du voyagiste : 

Ushuaia est à 3176 Km de Buenos Aires et possède un bon aéroport, l'intérêt réside uniquement à croire que c'est la ville la plus australe du monde. En fait c'est faux, c'est la ville chilienne de Puerto William qui se trouve juste en face qui l'emporte à ce petit jeu.

Les tour operators comme l'Argentine ont donc tout intéret à continuer d'entretenir la légende pour se remplir les poches.

De plus d'énormes infrastructures ont eté mises en place pour accueillir des bateaux de croisière de plus de 6.000 passagers. Donc Ushuaia vit uniquement du tourisme et les prix sont vertigineux. Très haute rentabilité surtout au printemps et en été à l'arrivée des monstres de paquebots.

Pour combler les périodes creuses, la municipalité essaye de promouvoir des festivals en tout genre : Musique classique, etc... Bientôt ouverture d'un centre commercial de luxe, mais la ville en est déjà un à elle seule !

Ushuaia est un très bon produit pour les tours opérateurs : Visuel (balade en bateau sur canal de Beagle assez cher), Compréhensible, un peu moins Impressionnant et Inculturel. On essaye de vous occuper au moins deux jours avant de vous remettre dans un avion.

6.500 Km d'avion pour un aller retour en avion à partir de Buenos Aires, ça fait cher payé pour une journée en bateau sur le canal !

Pour un tour opérateur : Pack de 2 jours (3 nuitées), les paquebots eux n'y restent que 24 h. En général les croisiéristes ont donc un apperçu de la Terre de Feu (ou plutot de la seule ville de Ushuaia) en 5 à 8h.

 

Point de vue du Petit Hergé :

Si vous êtes à Ushuaia c'est pour louer une voiture est sortir le plus vite de cette ville-magasins de 60.000 habitants.

Votre objectif est de visiter l'ile de la Terre de Feu, coté argentin et coté chilien. Voir le lago Fagnano, passez justement sur l'ile de Navarino pour connaitre Puerto William (avant que ca soit a son tour transformé en shopping dans 10 ans). Voir quelques estancias de moutons (des vraies estanias, pas des hotels de luxe deguisés en estancias), la ville de Rio Grande, filer coté est chilien, le port de Porvenir. L'Ile de la terre de Feu c'est 48.000 km2, pour vous donner une idée c'est 6 fois la Corse.

Donc de quoi vous occuper à l'aise 2 semaines ! Comme je l'ai indiqué dans l'encart précédent possible aussi avec votre voiture de location de passer sur le continent à partir de Porvenir vers Punta Arenas et decouvrir la XIIème region chilienne et une partie de la province argentine de Santa Cruz, mais pour ça il faut disposer d'un bon mois.

Pour le Petit Hergé :

La Terre de Feu au moins 2 semaines, si vous y intégrez la Patagonie sud chilienne et argenitne, 1 mois. 

5 - Bariloche :

(Province de Rio Negro).


Point de vue du tour opérateur :

Bariloche est à 1587 Km de Buenos Aires et est desservi par un bon aéroport, On y va avant tout pour les lacs autour de Bariloche dans un rayon de 200 Km et pour ses régions de forets. En hiver station de ski. C'est un bon produit : Visuel (beaux paysages), Compréhensible, un peu moins Impressionnant et Inculturel mais au moins 2 jours pour boucler le fanion, ou 3 jours pour la régions des lacs.

Pour les balades aucun gros effort physique. La plupart du temps uniquement la ville de Bariloche et le petit circuit autour du Lago Perito Moreno. D’autres fois, une excursion du coté de Villa la Angostura au maximum San Martin de Los Andes pour la région des 7 lacs.

Pour le voyagiste : Pack de 3 à 4 jours.

 

Point de vue du Petit Hergé :

La ville de Bariloche (120.000 habitants) est uniquement un point de base pour aller visiter une région autour aussi vaste que deux fois le Royaume Uni. Huy !!! ...
A part le centre de Bariloche qui est entièrement touristique et mis en valeur pour la circonstance, toute la périphérie est aujourd’hui occupée par une ceinture de bidonvilles qu’on oublie souvent de montrer. Pourtant en louant une voiture et en s’écartant du centre, vous ne pouvez malheureusement pas l’éviter.
Donc une rapide visite du centre et du Centro Civico qui peut vous prendre qu’une demie journée puis départ pour vous entrainer dans un circuit qui peut vous prendre jusqu’à un mois. 
En voiture de location à partir de Bariloche, vous pouvez rayonner 300 km autour. Ce qui représente (si vous avez une carte près de vous), un point le plus au sud situé a Esquel, un point le plus a l’est sur Neuquen, le point le plus nord Zapala, et le plus à l’ouest délimité par le Pacifique. Ce qui sous entend, bien sûr, une fois a Bariloche de visiter les IXème et Xème régions chiliennes car vous êtes dans le même secteur. Etre à Bariloche et ne pas passer au Chili est absurde. Donc au programme Valdivia, Temuco, Osorno, Puerto Montt, mais surtout la route interlacs à travers les Andes chiliennes et aussi l’Ile de Chiloé qui est absolument à voir.

NB : Bariloche s’est aussi converti depuis quelques années en centre de ski pour les brésiliens qui découvrent (pour la première fois de leur vie) la neige.

Les stations sont bonnes et aussi de nombreux adeptes européens (souvent professionnels) viennent y skier en décalage de saisons par rapport à l’hémisphère nord.

Enfin, pour ceux qui s’intéressent à l’histoire, Bariloche fut un des centres du nazisme en Argentine dans les années 50 et 60.

 

6 - Mendoza

(Province de Mendoza).
 

Point de vue du tour opérateur :

Mendoza est à 1048 Km de Buenos Aires et est desservi par un bon aéroport, c'est un point de départ vers les Andes et l'Aconcagua, pour les amateurs de nombreuses bodegas et des dégustations de vins.

Pour les tours opérateurs, c'est un produit moyen : Visuel (beaux paysages et Aconcagua), Compréhensible, un peu moins Impressionnant et Inculturel (sauf pour les connaisseurs de vin).

On est à la limite d'un produit culturel, donc peu d'intérêt pour les enfants et pour les personnes les moins cultivées.

Mendoza est moyennement délaissée par les tours opérateurs classiques. Gros forcing ces dernieres années en début mars de chaque année pour le Festival de la Vendimia (voir photo).

En général pour les tour operateurs, Mendoza se resumme à : Les bodegas au sud de la ville, la route 7 vers la frontiere chilienne, le Christ redempteur, le Puente del Inca, et la station de sport d'hiver Los Penitentes. 

En général circuit de 2 à 3 jours au programme, jamais plus, avant de vous remettre dans l'avion.

 Pour un tour opérateur : Pack de 3 jours.

 

Point de vue du Petit Hergé :

Comme toujours, la ville de Mendoza est la porte d’arrivée (par air ou par route) d’une visite (par voiture) d’un secteur s’étendant sur 600 km (nord sud), et englobant les provinces de San Juan et de Mendoza, et de 600 km (est à ouest) entre la province de San Luis et le Pacifique, donc comprenant les régions chiliennes V et VI. Au total, 360.000 km2 soit la superficie du Japon)

Donc réduire Mendoza à la seule ville de Mendoza et ses bodegas est d’après mon avis totalement réducteur, et certainement le moins intéressant à voir dans la région du Cuyo.

Si vous vous déplacez aussi loin de Buenos Aires (1050 km, soit la distance entre Paris et Barcelone), c’est pour aller au moins voir une dizaine à une vingtaine de points d’intérêt différents suivant la durée de votre séjour.

Pour un circuit de 2 à 3 semaines, restreignez-vous aux seules provinces de San Luis, San Juan et Mendoza. Les principaux points d’intérêts sont : (en dehors de Mendoza et de ses bodegas), le parc de la Quijadas (San Luis), la sierra de San Luis (San Luis), la ville de San Luis et la nouvelle ville de la Punta (San Luis), le Parc de Ishigalasto (San Juan), Valle Fertil (San Juan), La difunta Corea (San Juan), la ville de San Juan (San Juan), Villa Ibanez et ses bodegas (San Juan), Parc National El Leoncito (San Juan), la Laguna Bareal (San Juan), Calingasta (San Juan), San Rafael (Mendoza),  Malargue (Mendoza).

Pour un circuit de 4 à 5 semaines, englobez coté Chili, les régions V et VI ainsi que la ville de Santiago de Chile.

Pour le Petit Hergé : Uniquement partie Argentine 2 à 3 semaines. Avec le Chili entre 4 et 5 semaines. 

7 - Salta et le Nord Ouest Argentin (NOA)
 

Point de vue du tour operateur :

La ville de Salta est à 1497 km de Buenos Aires et est desservie par un bon aéroport.

Très bon fanion, essentiellement pour les paysages désertiques, l’altiplano, très dépaysant puisque ce genre de paysage n’existe pas en Europe. Donc plait facilement aux touristes européens.  

Enormément de sites et de villages à visiter dans deux provinces (Salta et Jujuy) et les distances sont grandes, donc nécessité d'avoir recours à une agence réceptive sur place ou à une location de voiture. Donc intérêt financier non négligeable pour les tours en combis et les agences locales.

C'est un très bon produit visuel (aucun besoin de bagages culturel). En général les tours operateurs proposent des circuits (dits SUD) de 2 jours pour le sud de Salta (Cafayate, Cachi), et de deux autres jours (dits NORD) pour la province de Jujuy (Humahuaca, Purmamarca, Salinas Grandes) puis vous font repartir par avion sur Buenos Aires.

Intérêt d’avoir un turn over rapide de touristes pour ces agences de maximum 4 jours. C’est pour cela que pour la province de Salta, on ne « vend » que des circuits sur l’altiplano à l’ouest de la province, mais jamais dans les vallées fertiles agricoles, la région est de la province occupée par le « monte » à l’est (une sorte de bush australien), ou les jungles tropicales de la province.

Les agences ne vous les proposeront jamais, et ces circuits ne seront pas présents dans les catalogues.

Pour un tour opérateur : Pack de 4 à 5 jours.

 

Point de vue du Petit Hergé :

Comme presque toujours Salta est la porte d’’entrée du début de la découverte de ce qu’on appelle le NOA (Nord Ouest Argentin).

A l’inverse des autres « fanions », cette porte d’entrée (la ville de Salta) a un très grand intérêt et peut déjà inciter à rester « en ville » au moins 3 ou 4 jours pour s’imprégner de ce qu’est le NOA avant de partir en circuit en voiture.

J’intégrerai aux deux provinces de Salta et de Jujuy, une troisième celle de Tucuman pour que la visite du NOA soit presque parfaite. C’est pour cela que je préconise de commencer son tour du NOA à partir de la ville de Tucuman, que vous y veniez par avion ou par bus.

A partir donc de cette ville de Tucuman (qui vaut déjà une à deux jours de visite) louer une voiture et partir au moins pour 2 semaines de visite sur les 3 provinces.

Si vous n’avez que deux semaines : Tucuman, Tafi del valle, Amaicha, Ruines de Quilmes, Cafayate, Cachi, La Poma, Salta, San Antonio de los Cobres, Salinas Grandes, Purmamarca, Tumbaya, Tilcara, Humahuaca et Jujuy. Ensuite rendre de nouveau la voiture a Tucuman. Moins de 2 semaines extrêmement difficiles !

Si vous avez un peu plus de temps (3 semaines): montez un peu plus au nord, et incorporez Iruya, La Quiaca, Abra Pampa, et passage vers la Bolivie avec Tupiza, Uyuni et son Salar.

Enfin si vous disposez de 4 semaines (et même de 5 semaines pour être à l’aise), passage vers le Chili via Susques, Paso de Jama, San Pedro de Atacama, Calama,le Pacifique et Tocopilla. Iquique, puis route 15 vers frontière avec la Bolivie, Oruro et retour par Sucre et Potosi.

Au total, un espace partagé par 3 pays (Chili, Bolivie et Argentine) étendue sur 1000 km entre Sucre au nord et Tucuman au sud, et allant du Pacifique à l’ouest jusqu’aux terres du Chaco a plus de 700 km dans l’est de la province de Salta. Une superficie plus vaste que la France.

Pour le Petit Hergé : Entre 2 semaines minimum et 5 semaines. 

8 - La péninsule de Valdes

(Province du Chubut).

 

Point de vue des voyagistes (Tours operateurs) :

Puerto Madryn est à 1411 Km de Buenos Aires et est desservi par un bon aéroport. Excellent "fanion" pour les tours opérateurs puisqu'il est pratiquement impossible de faire quoique ce soit sans une agence locale, ballade sur la mer pour voir les baleines, excursion Punta tombo, etc... C'est un très bon produit visuel (les baleines et les pingouins). Ne demandant aucune connaissance particulière pour voir les cétacées. Donc abordable à l’entendement de la totalité des touristes.

Les tours opérateurs vous y envoient en avion et vous laissent sur place que 2 jours (voir 3). (Une journée ou deux pour la péninsule de Valdes, et une autre pour Punta Tombo).

Vous êtes totalement dépendant sur place des agences locales pour les déplacements. Donc extrêmement rentable. Une fois les 3 jours terminés, on vous renvoie sur l’aéroport et on accueille un autre groupe.

Seul hic, la période creuse quand les baleines ne sont pas là. La saison des baleines s’étend uniquement 5 mois de juillet à novembre.

Pour les voyagistes : 2 à 3 jours.

 

Point de vue du Petit Hergé :

Allez uniquement dans la péninsule de Valdés entre juillet et novembre. Renseignez vous bien, suivant le climat de chaque année, les baleines peuvent arriver avant ou après et partir aussi avant ou après la période normale !

Comme toujours je recommande de louer une voiture a Puerto Madryn ou a Trelew pour être totalement indépendant, et en fonction de la météo, des fois fort capricieuse, adapter vos ballades.

Pour ceux qui sont pressés, je recommande l’avion à partir de Buenos Aires, puis donc location de voiture pour minimum 1 semaine entre la péninsule de Valdes.

Du nord au sud de la région à visiter, 250 km.

Maintenant, si vous n’êtes pas pressés, cela peut être l’objectif d’un circuit en partant en voiture de location de Buenos Aires, et traverser la province de Buenos Aires et celle de Rio Negro pour atteindre la péninsule de Valdes. En aller-retour compter au moins 3 semaines pour 3.000 km. 

Pour le Petit Hergé : 1 semaine minimum pour la région de la peninsule de Valdes. 

Dans la province de MendozaEn conclusion : 

 

Cet article n’est pas écrit pour dénigrer les « 8 fanions », bien au contraire, ils ont tous du charme, de l’attrait pour ne pas dire de la magie.

Mais ils font partie d’un ensemble, autour de chaque « fanion » une multitude de points touristiques à visiter vous attendent.

Il faut donc choisir une province ou un ensemble de province, et composer un circuit de plusieurs jours ou semaines avec le ou les fanions s’y trouvant.

N’oubliez pas que de nombreuses provinces argentines en dehors des sentiers battus sont superbes et regorgent de trésors (Cordoba, Entre Rios, la Rioja, San Juan, etc. …).

Surtout ne calquez pas votre circuit sur ce que les tours opérateurs vous proposent puisque certains arrivent même à vous envoyer voir les 8 fanions en trois semaines...... votre voyage se convertit alors en une succession de sauts de puce en avion où vous aurez alors le sentiment de « survoler » les sujets sans jamais vous en approcher.

C’est un peu comme aller au cinéma pour voir 8 bandes annonces sans jamais voir un seul film en entier… d’une totale superficialité.

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commentaires

desfontaines 08/02/2015 12:50


Bonjour,


j'arrive demain à Buenos Aires pour 13 jours (je sais, pas assez longtemps mais, vacances scolaires françaises obligent!). Je précise qu'on m'a offert le vol et que mon budget est très très
serré.


Je n'ai aucun argent argentin. J'arrive à 9h15 et dois prendre un bus à retiro à 13h45. Quelle est la solution la plus économique pour y parvenir? et est-ce possible? Je compte réserver de France
les différents trajets afin de ne pas avoir trop à changer avant d'arriver à Cordoba. Pourrai-je échanger facilement là-bas?


Je compte simplement aller visiter la région de Cordoba pendant 1 semaine puis revenir sur Buenos Aires jusqu'à mon départ.


 


Je vous remercie pour votre aide.


Cordialement


Véronique

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