26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 17:01

Mise à jour : 26 mars 2009

Gaucho à San Antonio de Areco. Photo : Andrew GibsonSan Antonio de Areco
 

San Antonio de Areco : 18.000 habitants.
Dpto de S.A de Areco : 23.000 hab.
Provincia de Buenos Aires.
Positionnement : 34°15′S 59°28′W.
Altitude : 26 m.
Distances : Buenos Aires à 113 Km.


San Antonio de ArecoUn peu d'histoire :

San Antonio de Areco, village de 18.000 habitants à 113 Km de Buenos Aires est devenu intéressant puisque c’est sûrement l’un des derniers villages conservant un peu de son authenticité. Il n’y a aucun immeuble dans le centre du bourg, que des maisons de plein pied datant de la fin du XIXème, début du XXème.

La première demeure fut construite en 1725 par Jose M. Orellano, suivie par une petite chapelle en 1732. Ensuite autour de cette estancia d’autres maisons vinrent s’y accoler et en 1763, il y eu assez d’habitants pour qu’on fit passer ce lieu dit à un statut de village. Pendant tout le XVIIIème siècle, les indiens attaquaient souvent le village, et c’est au cours d’une de ces attaques que les habitants exaucèrent un vœu de nommer leur nouveau village du nom de leur saint si ils pouvaient se défendre. C’est ainsi que Saint Antoine devint le patron du village. Aujourd’hui l’église sur la place centrale se nomme Saint Antoine de Padoue (San Antonio de Padua). Quant au nom du Rio de Areco, il  provient du nom du militaire espagnol ayant aussi du affronter et repousser les indiens or de la limite Nord du Rio au début du XVIIIème siècle.

Nous sommes en pleine Pampa Humide, le moteur économique de toute la région est l’agriculture, cependant depuis la fin des années 80, le tourisme de proximité s’est développé. De nombreux porteños ont vu  à la porte de Buenos Aires la possibilité de profiter d’une sorte de havre de paix pendant les fins de semaine. Gastronomie gauchesque, étendues calmes et vertes au milieu des estancias, artisanat « platera » (travail de l’argent). Depuis la fin de la crise de 2002, la municipalité a mis en place tout un calendrier de festivités tout au long de l’année, fête de l’empanada mais surtout la fête de la Tradition (fiesta de la Tradición datant de 1939, la plus ancienne des fêtes) qui regroupe tous les aspects de la culture du gaucho.


Gauchos armé de ses boleadoras

Gauchos contre indiens :

La première estancia date du tout début du XVIIIème siècle, elle appartenait à Rosa de Gilles et Sosa Montalve
mariée à José Ruiz de Arellanos. Elle se situait sur la rive sud du Rio. Nous étions à l’époque juste à la « frontera », c'est-à-dire à la frontière, c’était la limite entre la zone colonisée par les espagnols au sud, et la zone peuplée par les tribus indiennes hostiles aux colons et qui livraient sans cesses des attaques, pillages, massacres et autres amusements (que les espagnols leur rendaient avec plaisir). Pour se défendre on monte à la fois une petite chapelle (construite en 1728 et démolie en 1779), le fortin (en bois) San Claudio de Carmen de Areco et puis une enfilade de « postas » le long du Rio. (La Posta étant un relais sur une route, assurant sécurité, aide aux voyageurs, et services pour le transport des marchandises). Entre 1730 et 1750, autour de l’actuelle place centrale du village (Plaza Ruiz de Arellano), l’estancia et la chapelle lança le début d’une petite urbanisation avec l’ajout de nouveaux colons construisant leurs maisons. Nous étions alors sur l’unique route qui reliait Buenos Aires, Cordoba vers le vice royaume du Haut Pérou, d’où a la fois une importance stratégique à défendre pour l’armée espagnole et aussi un centre commercial pour les marchandises partant et venant d’Espagne. Gauchos au barCertains voyageurs de passage finissent par s’y installer, d’autres profitent de cette route pour monter un magasin général et c’est ainsi que le village se peuple au fil des années. A partir de 1800, San Antonio de Areco est déjà « Le » village avec arrêt obligatoire sur la route, on y trouve de tout, on peut y loger, les indiens se calment et les colons sont souvent éleveurs de chevaux, d’ânes et de mulets qui partent ensuite vers Cordoba. Après l’indépendance du pays (1810) les colons sont autres que les espagnols, et des basques français s’y installent suivis par des irlandais à partir de 1840 qui se lancent dans le mouton. Le village grossit, un premier tribunal en 1821, puis une véritable mairie en 1856. Le 22 mars 1856 fut élu le premier maire : José Burgeño.


 


Vidéo : Fiesta de la Tradición en 2008. 8 mn 55 s.


Magasin général à San Antonio de Areco. Photo : Andrew Gibson
Photo : Intérieur de la despensa "Los Principios" datant de 1920 à San Antonio de Areco (2008).
Photographe : Andrew Gibson.


El viejo Boliche de San Antonio de ArecoLa famille Güiraldes, Manuel et Ricardo :

Fin XIXème, nous entrons alors dans la grande époque de l’arrivée de colons européens, du tracé des premières voies ferrées (1878) et du développement de grandes estancias dans toute la région de San Antonio de Areco. Les terres de cette partie de la Pampa Humeda (Pampa Ondulada) sont des plus fertiles et les nouveaux immigrés sont nombreux.

Une d’entre elle, installée aussi sur la rive sud du Rio, (à 7 km à l’Est du centre du village)  la Porteña (ainsi nommée en l’honneur de la première locomotive ayant roulé en Argentine puisque l’un des propriétaires fut le directeur du Ferrocarril Argentino) fut construite par des descendants de la famille Orellano (construite à partir de 1860), puis fut acquise par Manuel José Güiraldes (alors maire de Buenos Aires, ce fut aussi le fondateur de la Société Rural Argentine).

Il s’en servait comme lieu de villégiature, mais avait transformé son estancia en une moderne exploitation agricole ayant un rendement des plus développés. Il aimait s’entourer d’intellectuels, peintres et écrivains qu’il recevait dans son estancia, certains y demeurant.

Pour la petite histoire, comme Güiraldes était maire de Buenos Aires (entre 1908 et 1910) et comme à ce moment le paysagiste français Charles Thays (élève de d'Edouard André, un des paysagistes des Buttes Chaumont) travaillait sur le Bois de Palermo, y l’invita de nombreuses fois à San Antonio de Areco et du dessiner les jardins de son estancia et planter quelques arbres « exotiques » toujours en place : Cèdres du Liban, Eucalyptus, ainsi qu’une allée plantée de Micocouliers de Provence (celtis australis en latin !).

L’autre grande figure fut le peintre et artiste uruguayen Pedro Figari qui profita de ses passages dans l’estancia pour la peindre. Mais sans aucun doute, le plus connu des intellectuels de ce début du XXème siècle fut l’écrivain Ricardo Güiraldes (second fils de Manuel Güiraldes) qui s’y installa en 1912 et qui fut une tête de l’avant-gardisme porteño, participant à de nombreux cercles intellectuel à Buenos Aires (mais aussi à Paris).

Ricardo Güiraldes fut le fondateur et directeur de la revue littéraire PROA (Borges y a participé) de Buenos Aires, et l’auteur de la nouvelle la plus connue « Don Segundo Sombra » qu’il avait commencé à Paris et achevé à l’estancia pour être terminée en 1926.

Aujourd’hui un musée porte son nom à San Antonio de Areco, (juste au nord du village), il faut aller le voir, ne serait ce que pour apprécier le cadre champêtre de l’endroit ainsi que les pièces exposées ayant un rapport avec la vie gauchesque et l’œuvre de l’écrivain.

Peinture de Pedro Figari de l'estancia la Porteña
Photo : Peinture de Pedro Figari


San Antonio de Padua à San Antonio de ArecoLes principaux points d’intérêt de San Antonio de Areco :

 

A l’intérieur du village :

 

La Casa Municipal : Sur la place Ruiz de Arrellano. Elle fut construite en 1885 par la famille Laplacette et en 1966 devint le siège de la municipalité. Voir patio intérieur. Mélange d’architecture française du XIXème et de style coloniale espagnole.

La Station de Train : Mise en place en même temps que la voie ferrée en 1878, puis abandonnée et de nouveau restaurée pour y placer une école. Surnommée « l’Ecole de la Gare » (La Escuela de la Estación).

Centro Cultural (Ex Usina Vieja) : Créé en 1978 dans le bâtiment qui abrita dès 1901 le premier centre de production électrique de la zone. Un amas de bric et de broc à voir à l’intérieur (Y compris un biplan). A une cuadra de la place sur la calle Matheu.

Le vieux pont de San Antonio de ArecoEl Puente Viejo : Dans le parc (Dans l’axe de la calle Moreno, à 3 cuadras de la place centrale), c’est comme l’indique son nom, le plus vieux pont du village datant de 1857 qui avait la particularité d’être à l’époque payant !

La Iglesia San Patricio : Datant de 1902 et prouvant que les irlandais furent nombreux à venir s’installer dans les parages.

La Iglesia de San Antonio de Padua : Sur la place principale, la plus grande du village installé au même endroit que la première chapelle de 1732. Celle-ci fut démolie en 1779, pour être remplacée par une église plus grande en 1792. Cette seconde fut aussi démolie, et celle aujourd’hui existante date de 1870.

La première maison : (Primera Casa) Elle est aussi appelée « El Rancho de Bias » (Rancho étant le terme désignant une demeure ou petite ferme). On considère aujourd’hui (peut être a tord) que c’est la maison la plus ancienne du village. En tout cas, elle est vielle et date plus ou moins du début du XIXème siècle, donc à une époque où les maisons « en dur » n’étaient pas nombreuses. Un recensement (sûrement le premier) fait apparaître en 1789 qu’il y avait à San Antonio de Areco : 18 maisons en briques et couvertes de tuiles, 6 en briques et couvertes de paille, et 176 autres en bois, paille, cuir, terre séchée.

El Viejo Boliche : Une vielle maison de deux niveaux (assez décrépie aujourd’hui, mais toujours debout !), à l’angle des rues Don Segundo Sombra et Zapiola. C’était le « Boliche » de Bessonart (encore un français) qui y avait implanté son bar-épicerie générale et qui était au début du XXème siècle le rendez vous incontournable des arequinos pour boire et connaître les derniers potins. Segundo Ramirez (le gaucho qui a inspiré Ricardo Güiraldes) y venait très régulièrement.

 

Fiesta de la tradicion dans les rues de San Antonio de ArecoA l’extérieur du village :

 

El Museo Gauchesco Ricardo Güiraldes : Fondée le 16 octobre 1938 dans un parc de 90 hectares au nord du village de l’autre coté du Rio. Un superbe ensemble pour comprendre à la fois le monde gaucho et l’œuvre de Ricardo Güiraldes. (Facile d’accès même à pied partir du centre). L’entrée se fait par l’ancienne pulperia « La Blanqueada » (Une pulperia étant le terme donné à partir du XVIIIème siècle au bar servant aussi de magasin général). Celui-ci est authentique, placé sur la rue (autrefois route principale). Derrière la pulperia, se trouve la Ermita qui est une sorte de petite chapelle renfermant une image de Saint Antoine de Padoue du XVIIème siècle. Il est ouvert tous les jours sauf le mardi. Entrée (Avril 2009) : 4 ARS. 

 

El Dia de la Tradición : Toujours deuxième semaine de novembre, 7 jours de défilés de gauchos, vente de bétail, concert de musique et folklore, artisanat platera. Une sorte de carnaval dédié au gaucho et au cheval, et ça se termine toujours comme chez Asterix et Obelix, par un énorme asado dans le Parque Gaucho !


Le Parc San Martin à San Antonio de ArecoLiens extérieurs :

- Secretariat au Tourisme de la Ville de San Antonio de Areco.
- Municipalité de la Ville de San Antonio de Areco.
- Areco Noticias. Journal digital de San Antonio de Areco.
- Esquina de Merti. Un vieux Bar sur la place principale de San Antonio de Areco.

Une rue de San Antonio de Areco pendant la fiesta de la tradicionA lire dans le Petit Hergé :

- Le quartier de Palermo à Buenos Aires.
- La calle Florida de Buenos Aires.
- Cine Teatro Ópera (Buenos Aires).
- Quartier de la City (Buenos Aires).
- Mercado de Abasto (Buenos Aires).
- Le métro de Buenos Aires s'allonge !.
- Les bars historiques de Rosario.
- Mar del Plata (Province de Buenos Aires).

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