Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 21:40

Mise à jour : 11 septembre 2011. Article de Bastien Hattiger

Feria du Caminito de la Boca :

Le Caminito est une "rue musée", probablement l’une des plus célèbres de Buenos Aires et indéniablement la plus colorée de la capitale argentine. C’est également une des rues la plus visitée par les touristes pour son intérêt culturel et historique. Elle est située en plein cœur du quartier de La Boca dans une zone connue des Porteños sous le nom de Vuelta de Rocha, au bord du fleuve Riachuelo, à 400 mètres de « La Bombonera », le célèbre stade de foot de Boca Juniors.

Photo : Sous les tentes blanches, la Feria de la Boca, au fond à droite, le Caminito.

D’un ruisseau à une voie ferrée :

Si El Caminito (Le petit chemin) acquit ce nom, c’est certainement en hommage au célèbre musicien de tango argentin Juan de Dios Filiberto, qui en 1926 écrivit le morceau « El Caminito ». Mais ce passage est bien antérieur. Dès la moitié du XIXème siècle, un ru passait à cet endroit et s’amplifiait en cas d’orage pour déverser ses eaux dans le Riachuelo tout proche. Un petit pont nommé « El Putin » y avait été installé pour pouvoir le passer plus facilement, « putin » signifiant en génois « petit pont ». En 1866, les voies ferrées arrivent dans le quartier de la Boca et viennent compléter les nouveaux quais où l’on charge et décharge les vapeurs. Le ru est asséché et la compagnie Ferrocarril Buenos Aires a Ensanada, première compagnie ferroviaire du pays commence sa toute nouvelle ligne partant du pied de la Plaza de Mayo sur le Paseo Colon en 1863 pour rejoindre le quartier de Barracas et ensuite une autre connexion est ouverte vers la Boca en cette année 1866. En 1872, la voie et la station de train sont rachetées par une nouvelle compagnie la « Buenos Aires & Ensenada Port Railway (BA&EP) » pour être finalement vendues en 1898 à la compagnie « Ferrocarril del Sur ». C est alors l apogée du port de la Boca ou le sous prolétariat ouvrier essentiellement provenant d Italie travaillait comme docker ou dans les très nombreuses entreprises installées dans le quartier. Le nouveau port de Puerto Madero s étant entre temps développe, celui de la Boca s essouffle et finalement perd de son importance, de plus les entreprises commencent a déménager pour aller s installer en banlieue sud. En 1928, Ferrocarril del Sur ferme la station « Muelles de la Boca » et le Caminito est abandonne. Tout le quartier de la Boca vit alors une decadence. Envahit par les herbes folles, le Caminito de converti rapidement en décharge a ciel ouvert ou chacun vient déverser ses ordures. On appelle alors ce passage « La Curva (La courbe).

En 1950, un groupe d’habitants de la Boca dont le célèbre peintre Benito Quinquela Martín décident de récupérer le lieu obstrue d’immondices depuis plus de 20 ans. Il faut encore presque 10 ans de lutte pour la municipalité de Buenos Aires s-en inquiète et prenne enfin des dispositions pour le nettoyer et réhabiliter le passage. En 1959, c’est l’inauguration et la Curva prend officiellement le nom de Caminito.

  

Photos : A gauche, élargissement des quaies et pavements des rues en 1924. Trains sur les quais vers 1925. A droite, les quais sont terminés en 1929. Au fond légèrement à gauche, l'entrée du Caminito. Cliquez sur les photos pour agrandir !

Le Caminito aujourd'hui :

Depuis 1959, La rue fut décorée par différentes sculptures et les murs furent peints par plusieurs artistes. La ville de Buenos Aires a voulu que ça devienne un musée à ciel ouvert où de nombreux artistes contemporains, du quartier ou non, exposent leurs œuvres sur une longueur d’à peine plus d’un cuadra (100 mètres). A noter cependant que c’est seulement en 1977 que fut réellement instituée la Feria des arts plastiques de Caminito. Des œuvres (peintures, mosaïques, sculptures) qui ont pour principal objectif de refléter les différents aspects de la vie au sein de Buenos Aires. Les artistes présents se transforment ainsi, devant des passants provenant du monde entier, en véritables ambassadeurs de la ville. A la fin des années 1990, la rue est définitivement fermée à la circulation. Elle l’était auparavant que le week-end ?, les trottoirs disparaissent et la ville repave à l’ancienne la totalité du passage. Mis à part les artistes et exposants, des danseurs et des chanteurs de tango sont également prêts à envoûter les visiteurs de leurs charmes, et à vous délester de quelques pesos ; des mimes et des représentations de pièces de théâtre participent également à la dimension festive de la rue.

La Feria de La Boca :

Elle a pris de l importance depuis la crise de 2001-2002, il est vrai que touristes de l’intérieur du pays comme de l’étranger veut au moins passer, lors de son séjour à Buenos Aires, quelques heures à la Boca et donc passer par cet étrange feria. Il faut se méfier aujourd’hui de cet apparence faux vieux qui est bien plus du aux travaux entrepris par la municipalité lors des dix dernières années qu’à un véritable souci d’authenticité du siècle passé. Les maisons sont certes colorées par de multiples tons criards et agressifs aux yeux, mais sachez qu’il y a une vingtaine d’années ce n était pas le cas. A vouloir faire plus vrai que le vrai, on a aujourd’hui plus l impression de se retrouver à Euro Disney que dans un endroit authentique. Il faut passer outre, il faut le savoir, on accepte ou non, il faut plonger quelques heures dans ce monde ou tout est beau, joyeux, et photogénique comme dans un parc d’attraction, même si nous sommes en cent lieux d’imaginer ce qu’était la Boca et ce qu’elle est encore aujourd’hui. Les maisons sont devenus des boutiques, où cendriers, bouteilles, plastiques, peaux, chapeaux sont proposes aux touristes brésiliens qui en raffolent, ajoutant même une frénésie à l’endroit festif. Nous sommes dans un certain paradoxe, la ville de Buenos Aires veux nous vendre le concept d’une rue qui se veut exclusivement authentique et symboliser la tradition d’une Boca ouvrière et industrielle, et nous nous retrouvons dans un souk aux objets des plus douteux quant a leurs provenances, et hanté par des touristes descendants des cars et surprotégé par une police voyante. Caminito perd tu ton âme ? Tu te transformes finalement en un lieu où le vrai est caché avec du faux, Caminito, par recherche de profit, est devenu un banal piège à touriste ? En conséquence le prix des différents « souvenirs » sera loin d’être bon marché. Dans la soixantaine d’étalage foisonnant le long de la rue Caminito il est possible de trouver des articles artisanaux en tout genre : des bijoux, des portefeuilles en cuir, des pièces en bois et céramiques, de l’encens etc. Au début des années 2000, la feria a envahit la petite place faisant face au Caminito et aux quais de l’avenida Don Pedro de Mendoza, Chaque week-end des étalages sont montés et on y trouve du véritable artisanat. Par contre les boutiques se trouvant dans les maisons et immeubles des rues environnantes vendent de tout, de Chine et d’ailleurs. Entre 2005 et 2011, la calle Magallanes a été envahie tout comme la calle Araoz de laMadrid de multiples boutiques, quant à la calle Doctor del Valle Iberlucea c’est un vaste fast-food immonde où on se fait aborder tous les 5 m pour y venir déjeuner. A fuir absolument pour vos repas.

Photos : Un peu de tout à La Boca , pas toujours authentique ! Cliquez sur les photos pour les agrandir !

Les habitants de la Boca :

Le quartier est aujourd’hui principalement habité par des familles disposant de peu de ressources. Ces familles portent le surnom de« xeneises » en référence à l’origine génoise des premiers habitants qui vinrent s’installer dans le secteur. Elles vivaient dans des immeubles nommées les Conventillos. Ceux-ci n existent plus aujourd’hui, mais si vous désirez passer la frontière invisible et sévèrement gardée par la police de la voie ferrée au bout du Caminito pour entrer dans la véritable Boca, vous vous apercevrez que des nombreuses maisons ne sont en fait que l’entrée d un bidonville dissimulé au centre des pâtés de maisons. La tradition de peindre de couleurs différentes les maisons parait être leur. Quelques unes, réelles demeurent loin des rues touristiques, mais dans des tons bien plus ternes. Le matériel de construction utilisé dans ces baraques est majoritairement du bois et des plaques de zinc. Quant aux autres maisons, de briques, de bétons ou de parpaings, l’importance n’est que faible quand on sait que les conditions de vie de la majorité de leurs habitants est bien précaires.

Photo : Les villas miserias de la Boca, une autre vision du quartier bien moins touristique !

Les conseils du Petit Hergé :

Est-ce à voir, ou non ? Je répondrai « Oui » mais en sachant parfaitement que c’est une ambiance qui a été recréé (ou créé même de toute pièce), donc allez y comme on va dans une fête foraine, ne vous laissez pas avoir par les danseurs de tango qui vous demande une pièce pour poser avec vous (et qui n’habitent de toute façon même pas le quartier). Si vous achetez un souvenir d’artisans, que ca soit uniquement aux stands dans les rues et dans le Caminito même, mais surtout pas dans les boutiques. Attention ! Ce n’est pas pour rien que le quartier de La Boca possède une « mauvaise réputation ». En effet le quartier peur s’avérer relativement dangereux car tout touriste attise la venue des pickpockets et de plus les bidonvilles étant très proches, certains gamins âgés de 12 à 16 ans viennent arracher tout ce qui peut l’être ! Surtout ne sortez pas à pied en dehors du périmètre bouclé par la police. Donc uniquement pour faire « la » photo hyper connu avec votre famille devant l’entrée du Caminito (photo ci dessus), mais c’est tout !

Fiche pratique :

La Feria du Caminito est ouverte chaque jour de 10h à 18h, mais sachez que le lundi c’est assez mort, de plus quand il fait beau, vous aurez plus de chance de trouver une meilleure ambiance. Si vous y aller c’est pour ça, donc il faut y aller quand il y a du monde, les après midis des vendredis, samedis et dimanches. A partir de 18h ne pas s’y rendre, ca devient dangereux.

Pour vous y rendre : Du centre les bus 29, 33, 64, 53 et 152 vous y emmèneront. Il n’y a pas de métro, donc sinon taxi.

A lire aussi dans le Petit Hergé :

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 Mise à jour : 02 septembre 2011. Ecrit par Renaud Dor. Sur l’avenida Rivadavia, le parc portant le même nom apporte une note verte et colorée au quartier de Caballito. C’est, la fin de semaine, le rendez-vous des promeneurs mais si le parc est connu c’est qu’il est devenu aussi la Mecque des collectionneurs et des bouquinistes...

La Feria de Parque Centenario (Caballito - Buenos Aires) La Feria de Parque Centenario (Caballito - Buenos Aires)  

Mise à jour : 07 septembre 2011. Ecrit par Linda Souak. Pour la plupart cela fait vingt cinq ans qu’ils travaillent ici dans le quartier de Caballito, vingt cinq ans pendant lesquels, jour après jour, ils ont ouvert leurs stands aux passants, discuté avec eux, conseillé ces derniers etc... EUX, ce sont les bouquinistes de la feria de Parque Centenario...  
 
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Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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