22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 19:30

Mise à jour : 05 sept 2014 / 23 avril 2009 / 23 août 2007.

La ville de Salta.

 Departamento Capital.

Département : 554.000 habitants.

Ville principale : Salta 535.000 hab (2010). 

24° 47′ 24″ S 65° 24′ 36″ O.  Altitude : 1.187m.

Tout périple dans le Nord Ouest Argentin passe forcement par la ville de Salta. Cette ville sert parfaitement comme « camp de base » pour ensuite aller visiter l’altiplano au nord et à l’ouest, mais aussi les plaines fertiles du sud sans oublier les jungles et les parcs à l’est. Si Salta est la ville la plus importante de sa province, la capitale du NOA reste tout de même Tucuman dans la province du même nom, je recommande donc vigoureusement de commencer la visite du NOA par Tucuman. Mais revenons à Salta …

La Capitale de la province de Salta se trouve au centre de sa province. Ce n'est pas le département le plus petit de la province (Les departamentos de La Caldera et de Cerrillos sont bien plus petits) mais c'est pourtant le plus peuplé. 480.000 hab. (45% de la population de toute la province). Autre petite localité situé dans le même departamento : Villa San Lorenzo.

Pour la visite de la ville de Salta je recommande 3 jours pleins (donc 4 nuits sur place). Ensuite si vous voulez connaitre les alentours de la ville pour aller visiter par exemple : Villa San Lorenzo, la Finca Castañares, El Fuerte Cobos, La Finca La Cruz et la Finca Carmen de Guemes, comptez deux autres jours de visite, ce qui fait 5 jours pleins (donc 6 nuits à Salta).

Pour ceux qui arrivent par le sud et qui ont déjà traversé les provinces de Tucuman et le sud de Salta, ca fera déjà une petite halte récupératrice après une bonne semaine dans le désert. Quant a ceux qui arrivent directement d’une autre province en bus ou en avion, 48h ne seront pas de trop pour se mettre déjà dans le bain du NOA et accoutumer déjà leurs organismes a une altitude de 1200 m avant d’affronter des 3000 et 4000 m les jours suivants.

Photo : Le couvent de San Bernardo (Convento de San Bernardo). La plus ancienne construction de Salta. Photo Petit Hergé. Juillet 2014.

Photo : Peinture attribuée à l'Italien Carlos Penuti datant de 1854. Vue de la ville de Salta qui comptait alors que 10.000 habitants. 

Un peu d'histoire :

 

La ville de Salta se situe dans la vallée de Lerma, qui autrefois se dénommait la vallée de Salta. Le nom même de Salta aurait plusieurs origines mais le plus souvent on parle d'une tribu d'indigènes qui aurait vécu dans les parages et qui s'appelait les « saltas », ou alors le nom de Salta viendrait d'une déformation de "sagta" qui signifie "très beau". En tout cas, le conquistador et aussi gouverneur de la ville de Tucuman, Hernando de Lerma fonde le 16 avril 1582 cette ville par ordre du vice roi du Pérou. Le village prend alors le nom de San Felipe de Lerma. Dès la fondation on entreprend de suite l'édification de l'église de San Francisco. C'est une église des plus simples, toute en briques de terre séchée qui restera debout tout de même un siècle. A deux fois, en 1585 et 1588, Hernando voudra déplacer le village de quelques km. mais sans succès. En 4 ans d'existence, il y avait déjà, en 1586, 500 habitants, on entreprit alors pendant 7 ans de monter le "Cabildo" qui était comme dans toute ville coloniale espagnole, le siège de l'administration et du gouvernement et d'édifier aussi le premier hôpital.Bien que le village prenait de l'ampleur, le principal problème était les attaques incessantes des aborigènes « chaqueños ». Pire que les attaques, en 1692, un terrible séisme détruit la moitié de la ville. Il faut alors tout reconstruire, on en profite pour monter, sur le Río Mojotoro, le fort de Cobos qui était censé défendre justement les descentes des "indiens". Pourtant, à la fin du XVIIIème siècle, une nouvelle charge des chaqueños réussi à transformer en cendre le fort. Déjà 2 siècles de lutte entre les espagnols et les aborigènes sans pour autant montrer clairement la suprématie d'une des deux forces en présence. En 1782, Salta est déclarée "Capital de la Gobernación Intendencia de Salta del Tucumán", En clair : 1782 est donc une date importante, c'est l'année de la création de la province, car la ville de Salta se détache administrativement de la ville de Tucumán. La province est née.

Apres l'indépendance du pays, Salta garde son autonomie et continue avec son statut de provincia. Il faut dire que pendant cette première partie du XIXème siècle, Salta est maintenant un centre commercial important, sur l'axe principal unissant les villes du Rio de la Plata et le Pérou. En 1824, est fondé le premier journal mensuel : "La Revista Mensual". Le 16 décembre 1856, devant la poussée démographique, on décide de créer une municipalité de Salta qui se chargera de gérer les affaires de la ville, en marge du gouvernement de la province qui lui se chargera uniquement du reste de la province. En 1886 sort le premier quotidien "El Diario Popular". En 20 ans, entre 1870 et 1890, la ville de Salta change totalement, elle se "modernise" et toute les nouvelles "technologies" tout comme les "nouveaux" services de l'époque s'installent en ville. Pour celui qui vivait à Salta dans ces années là, j'imagine que le choc a du être important quant à ses habitudes et à sa manière de vivre. Imaginez : Le service télégraphique et téléphonique, les écoles gratuites, les banques nationales et provinciales avec des représentations de nombreuses banques étrangères, l'Hôpital Municipal gratuit, l'éclairage des rues au kérozène, et l'arrivée du train (Ferrocarril del Norte).... qui met Buenos Aires à 1 journée et demi de Salta, alors qu'il fallait par diligence compter dans les 2 semaines auparavant !


Photos : La Calle Alberdi juste à l'angle de la calle Caseros. Photo du haut en 1910. Le bâtiment juste à l'angle à droite apparaît aussi sur la seconde photo datant de 1932. La "Casa Mooderna". On reconnait le balcon. Cette rue Alberdi sur cette partie deviendra piétonne dans le milieu des années 1970.

Photo : Le café "Time" sur la Plaza 9 de Julio. Photo Petit Hergé. Juillet 2014.

Le Salta touristique :

Ancienne ville, une des plus anciennes du pays, il y a donc quelques vieux murs qui ont été épargnés par les séismes et par les coups de masse. Ne croyez pas que ce fut dans les dernières années que le patrimoine fut le plus mal conservé par l’homme mais plutôt à  l’époque où on voulait moderniser la ville et la faire progresser pour offrir à ses  habitants toutes les nouvelles techniques et découvertes  venues d’Europe, je parle de la période 1880-1930. Quelques édifices furent sauvés comme le Cabildo, d’autres ont définitivement disparu comme la Casa Amarilla (la première maison à étage de l’époque coloniale) ou l’Eglise des Jésuites. Bref, on a encore de beaux restes de vielles pierres dans le centre de la ville. Il y a aussi les endroits où la population vaquent quotidiennement ou le weekend, comme le Marche San Miguel, ou la calle Balcarce, que l’on nomme plus souvent maintenant le Paseo Balcarce, puisque les samedis et dimanches, la rue est fermée à la circulation pour pouvoir donner de l’espace  aux vendeurs de tous poils (artisanats, gastronomies, artistes, etc…). Le Parc San Martin est aussi le haut lieu ou on vient s’y promener en famille dès le vendredi après midi et durant toute la fin de semaine. Sans oublier le Cerro Bernardo, rendez vous des promeneurs mais aussi des sportifs qui le défient tous les weekends en grimpant en bicyclettes ou simplement en marathon à pied.

Un article a été écrit sur : A visiter dans la ville de Salta. Les principaux intérêts de la ville y sont répertoriés.

Photo : Le Palacio Legisaltivo à Salta. Photo Petit Hergé. Juillet 2014.

Photo : Le Mundial 2014 dans un comedor communautaire de Salta.

Le Salta réel :

Principaux problèmes, démographie conjuguée au chômage.

La province de Salta est pauvre et on le ressent aussi dans sa capitale. En mars 2014, a été publié le taux PMB (Pobreza Multidimensional) qui est une étude publié (par l’Instituto de Estudios Laborales y del Desarrollo Económico (Ielde) de la UNSa) tous les ans et qui calcule minutieusement un taux en prenant en compte 4 variables qui sont : Habitat, santé, travail et environnement. Le PMB de la province de Salta arrive à 28,6 % qui le plus mauvais taux de toute l’Argentine. D’autres provinces pauvres comme Chaco (24%), Formosa (22%), Tucumán (21%) et Santiago del Estero (20%) font mieux que Salta. Pour info, les provinces les plus riches ont un taux inferieurs à 5% comme la ville de Buenos Aires (la plus riche), Terre de Feu, Santa Cruz, La Pampa, Chubut, Neuquén et San Luis.

25 % de l’habitat de la province n’a pas de cuisine ou de salle de bain propre.

16 % des foyers n’ont pas d’eau potable.

5% des foyers ont les sols de leur habitat en terre battu.

Pour l’INDEC (chiffres officiels du gouvernement) pour l’année 2012, Salta était la deuxième province la plus pauvre.

Le principal problème des salteños de Salta Capital est le manque de travail. C’est leur principale préoccupation, suivie par l’insécurité et l’inflation (chiffres de mars 2013). La frange des 18-24 ans est la plus menacée par le manque d’emplois (ils ont 3 fois moins de chance d’en rencontrer que leurs ainés) (mars 2014). D’après chiffres officiels (de l’INDEC de mai 2013) qui sont souvent maquillés par le gouvernement, la ville de Salta est le deuxième pole urbain ou on enregistre le plus de chômage dans toute l’Argentine (le premier étant la banlieue de Cordoba).

Photo : Ramassage du tabac à Salta.

Photo : Au sud de Salta, le quartier de Villa Juan Urtubey. Les villas entourent maintenant une bonne partie de la ville.

Peu d'industries et explosion démographique

Il manque une véritable industrie forte à Salta. Pas assez d’entreprises de transformation. L’emploi existe dans les services et le commerce (très peu de postes), mais surtout dans le secteur primaire. Industrie agricole (tabac, pamplemousse, agrumes, sucre, soja), ou forestière des plaines centrales de la province et du nord est. Pour l’élevage existant, il est concentré dans les plaines de l’est de la province. Il y a pourtant des gisements de pétrole, de gaz (surtout nord est), mais insuffisant pour générer le nombre d’emplois nécessaires. Le tourisme s’est bien entendu développé depuis le milieu des années 90 mais ne suffit pas à résorber seul le chômage.

Autre problème (qui en devient un), c’est la hausse démographique de la province et de la ville de Salta.   554.000 habitants en 2010 pour seulement 260.000 en 1980 et 117.000 en 1960. La population  de la ville a doublé en 30 ans et a quadruplé en 50 ans !

Il y a d’une part un taux de natalité élevé, mais aussi une concentration de la population sur la ville de Salta. Les autres départements de la province se dépeuplent ou suive une croissance modérée par le départ de ses habitants vers la ville de Salta. Ce qui donne une explosion de l’urbanisation de la ville de Salta surtout en peripherie vers le sud (Barrio Solidaridad) vers l’ouest (Grandbourg, Atocha), vers le nord (Ciudad del Milagro). Salta est aujourd’hui entouré par une ceinture de bidonvilles, ou de villas précaires (comme on dit humblement).

Le manque de travail et d’entrée d’argent dans les familles n’arrangent rien dans ces quartiers qui restent pour la plupart misereux.

Officiellement 19 % des salteños sont pauvres. Des chiffres d’organismes privés font plutôt apparaitre un chiffre de 44 % de la population sous le seuil de pauvreté.(juillet 2014).

Voir : www.lagacetasalta.com.ar/nota/201/economia/nivel-pobreza-salta-supera-44porciento.html


Photo : Le couvent San Bernardo de Salta. Photo Petit Hergé. Juillet 2014.

A lire aussi dans le Petit Herge :

      

Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 02 - Tourisme
commenter cet article

commentaires

Michel T. 08/09/2014 19:02


Effectivement Salta est une belle ville avec des idées de visites locales de jour et de nuit (un quartier est fermé à la circulation au Nord avec des bars excellents) et aussi aux alentours
(Cachi, voire aller vers le Nord vers Salinas Grandes, Jujuy, etc.).


Par contre, je ne connaissais pas ces mauvais chiffres sur l'emploi, etc. J'y étais en 2012 et pas d'insécurité ressentie le soir ...

Se loger à Buenos Aires

 

Vous cherchez à vous loger à Buenos Aires ?

Contactez moi :

petitherge@hotmail.com

Pour Trouver Un Article Dans Le Petit Hergé Argentine

Cours du Peso Argentin

05 déc 2016

L'euro est à

→ 16,70 ARS

L'usd est à

↓ 15,70 ARS