23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 06:45

Mise à jour : 23 mai 2017. Catégorie Buenos Aires.

La calle des cantinas et de la fête à La Boca : 

 

Aujourd’hui, la calle Necochea n’évoque plus grand chose chez les porteños de moins de 40 ans,... et pourtant !

Elle fut le lieu de perdition, de fête et de carnaval des nuits chaudes de La Boca à partir de 1900 mais surtout entre 1930 et 1980. On la surnommé "la calle del Pecado" (la rue du péché).

La fête aura duré un demi siècle dans cette rue, dans une bonne vingtaine de cantinas qui alors s’accolaient les unes aux autres. Tout était alors prétexte à une fête, un anniversaire, un diplôme, un enterrement de vie de garçon, un mariage, ou un départ à la retraite. On s’entassait les uns avec les autres dans ces cantines d’un autre temps et la fête débutait en début de soirée pour se finir au petit matin !

Aujourd’hui plus rien de tout ça, les cantines se sont fermées les unes après les autres, et la Necochea s’est endormie au début des années 1990 dans ses souvenirs !

 

Photo du haut : Le groupe Los Gatos en 1967 dans la cantina Sparafucile sur Necochea. Le monde de la "Nouvelle vague" vient renforcer le monde de la jet set et des artistes dans les années 60.

 

Au sujet de La Boca :

- Les faux clichés sur le quartier de La Boca (Mai 2017).

Les clichés touristiques nous abrutissent (Mai 2017).

Le quartier de La Boca (Avril 2015).

A visiter dans le quartier de La Boca (Mai 2015).

La Feria du Caminito (Septembre 2011).

Match de Boca à la Bombonera (Octobre 2011).

Video : La Calle Necochea. Reportage Canal 9 26 septembre 2014. 6 mn 24 s.

 
Photo : La calle Necochea dans les années 1970.
 

La Calle Necochea :

 

Dans les années 60 et 70, existaient encore dans cette rue une bonne vingtaine de cantinas plus italiennes les unes que les autres (surtout entre Ollavaria et Brandsen), comme Spadavecchia, La Gaviota, Priano, Rimini, La Cueva de Zingarella, Gennarino, La Barca de Bachicha, Il Piccolo Navio, All’Italia, Sparafucile, La Bella Napoli, Marecchiare, bref on mangeait pates et bife, mixte de cuisine italienne et porteña. Et puis il y a avait aussi El Timón (sous le puente Nicolás Avellaneda); la Munich de la calle Necochea entre Caboto et Blanes, les restaurants El Tiburón, El Pejerrey et El Pescadito et les pizzerías comme Banchero (la plus illustre) sur Brown.

 

Mais attention même dans les années 60, ce secteur de la Boca était déjà une zone très chaude, les bordels des plus sales et immondes côtoyaient le sous prolétariat s’entassant dans les conventillos (pour ne pas dire dans les villas miserias) occupant les centres des « manzanas » (les centres des pâtés qu’on ne voit pas de la rue). Bref la calle Necochea n’a jamais était rutilante, ni en 1880, ni en 1930, ni en 1960 et encore moins en 2015. La seule différence est que le soir, (jusque dans les années 70), le politique correct mais voulant taquiner le coquin se mêlait au docker et aux marins en mal d’amour pour s’envoyer une pizza avant de s’envoyer en l ‘air quelque chose de plus consistant (si vous voyez ce que je veux dire).

Photo : Cantina Priano. Quartier de la Boca. Buenos Aires. Photo 1938.

 

On disait au début du XXème siècle que la calle Necochea était le « cammin vëgio » (ca c’est du génois) pour dire le camino viejo (le vieux chemin), puisque avec l’axe Brown, ces deux rues furent les plus anciennes de la Boca. Le centre de la vie nocturne se situait dans les années 1910 à l’angle de la calle Suarez et Necochea. A l’époque la Necochea c’est une suite ininterrompue des deux cotés de la rue sur plus de 500 m de « pulperías » (Taverne et magasin général), « hosterías » (hotel pour dormir, et hotel pour ne pas dormir), « fondines » (Bar-hotel des plus glauques), et des commerces pour les équipages de bateaux. C’est en 1938, que la mode des cantinas fait son apparition avec la première du type, la Cantina Madre (tenue par Ignacio et Marta Spadavecchia).

 

 

Photo : Soirée assez guindée du Rotary Club dans une cantina de la Calle Necochea. On n'a pas peur de venir se mélanger au monde ouvrier.   

 

A la fin des années 40 et début des années 50, la grande mode des cantinas bat son plein, bon nombre de fondines se reconvertissent en cantinas, et on vient boire et manger et aussi chanter au son des orchestres des plus typiques, mêlant folklores argentins, italiens et tango… Même les riches (surtout artistes et intellectuels) y vont pour être vus et pour montrer qu’on aime se mêler au prolétariat. Ca fait bien dans les années 50 ! Quelques verres (ou plutôt de bouteilles) de chianti italien ou de malbec mendocino pour oublier les classes sociales et se mettre à chanter tous en chœur ! De grandes tablées, car on y venait pour tout y fêter, et tout étaient aussi prétexte à faire un banquet. Un anniversaire, un banquet de fin d’année avec le personnel d’entreprise, l’enterrement de la vie de garçon, un départ à la retraite, un titre universitaire obtenu, ….

 

Photo : Dans les années 70, toujours le lieu de réunion des étudiants et des artistes dans la Cantina Rimini.

 

La fête a duré jusqu'au milieu des années 80. Pourquoi s’est-elle arrêtée ? Allez savoir ! Retour de la démocratie en 1983 ?

Les années Alfonsin et Menem ont tout balayé. Changement de mentalité. On ne veut plus s’encanailler, en tout cas on veut le faire dans un environnement plus « bling bling ».

Les années Menem furent les années Pizza-Champagne, les nouveaux riches veulent le montrer et c’est l’ouverture des premiers restaurants de Puerto Madero en 1994. Il est certain que le cadre pour y faire la fête était bien différent.

 

Photo : Fête d'étudiants en 1981 dans une cantina de la calle Necochea. 

Photo : La terrible inondation de 1993. La calle Necochea  à hauteur du 1200.

 

On se rabat sur d’autres quartiers dans les restaurants de l’avenida Corrientes, de Recoleta, c’est aussi le début vers 1995 de Palermo Viejo. Quant a la fête c’est du coté de las Cañitas que ça commence vers 1998.

A près la terrible inondation de 1993, Necochea n’est plus, Necochea se ferme, se vide et les maisons, immeubles sont squattés, cette partie de La Boca s’appauvrit. Ces inondation mettent un terme à cette époque.

Apres la disparition des marins et des grands bordels vers 1920, la disparition des ouvriers et des petites usines vers 1960, c’est au tour des fêtards et des noceurs de disparaître dans les années 1990.

La dernière cantina à fermer fut, La Cantina Madre en 1993 (L'année de l'inondation), car plus personne n’y venait ! Aujourd’hui il n’en reste qu’une, “Il Picolo Vapore” sur Necochea 1190.

Si vous y allez, allez y uniquement en taxi et repartez aussi en taxi. Même le commissariat n°24 du quartier déconseille vivement aux touristes de ne plus s’aventurer dans la rue (même de jour).

 

Photo : Il Piccolo Vapore en février 2016.

Photo : Premiers travaux de rénovation dans la rue depuis 30 ans. Trottoirs et éclairage.
Les bâtiments restent abandonnés.
 

Le renouveau ?

Voila un beau programme, encore faut il savoir que vouloir et comment le faire !

En tout cas, la municipalité de Buenos Aires a dans ses cartons depuis presque dix ans (2008) des projets de « récupérations » des lieux. Comme on le sait, la revitalisation de cette rue ne se fera qu’avec le retour des commerçants et des restaurants. De son coté la ville de Buenos Aires, peut uniquement mettre le mouvement en marche en s’occupant de la récupération de l‘espace public, c’est à dire de la rue.

Photo : Ancienne Cantina Rimini abandonnée. Les trottoirs viennent d'être refaits.

 

Les travaux ont commencé en 2013, nivellement des trottoirs, certains sont encore à plus de 1 m de la chaussée (comme l’était presque tout le quartier) pour se préserver des inondations. Depuis maintenant presque dix ans, il n’y a plus d’inondation, donc on commence à estomper ces difformités (qui faisaient tout de même le cachet de La Boca). On installe des rampes lorsque le nivellement ne peut se faire.

Et puis autre point important, l’éclairage. Le quartier s’étant en l’espace de 20 ans marginalisé, le problème le plus important de la calle Necochea est l’insécurité. Bien entendu, ce n’est pas le nouvel éclairage LED qui va permettre une promenade nocturne engageante, mais il faut bien commencer par quelque chose.

Le problème le plus important sera certainement de récupérer un à un les immeubles et les maisons, pour déloger les « okupas » (squatters).

La ville de Buenos Aires a dans l’idée de réunir par un sentier touristique (donc hyper sécurisé) le Caminito à la Usina del Arte en passant par la calle Necochea. La question est de savoir en combien d’années l’objectif sera atteint.

 
Carte : les secteurs sécurisées de La Boca.
 
En vert, les secteurs sécurisés et touristiques (façade de la Bombonera, et le secteur du Caminito), dans ce secteur vert vous pouvez y être en toute sécurité avec votre appareil photo.
 
En Orange clair, secteur dangereux, n'y allez jamais seul, mais minimum à deux ou trois.
N'ayez pas de sac sur vous. Uniquement petit appareil photo.
 
En Orange foncé, secteur très dangereux, pour aller voir la calle Necochea. Uniquement en groupe de 4 ou 6 et vous restez toujours groupés. Aucun sac avec vous (tout dans les poches) et uniquement petit appareil photo. 
 
A voir : au (1) Pizzeria Banchero. Au (2) Bar Roma. Au (3) Cantina Piccolo Vapore. 
 

Conseils du Petit Hergé :

 

Totalement en dehors du circuit touristique, et même en zone dangereuse (mais pas de guerre), sachez le.

Si vous y allez, c’est en groupe (au moins 6) plutôt hommes que femmes, si vous faites des photos, uniquement avec un tout petit appareil. Inutile de vous préciser que c’est aussi uniquement en journée que vous y allez. Aucun sac sur soi, je dis bien aucun sac à dos (même petit), n’ayez rien sur vous.

Le secteur est pour autant très intéressant, une sorte de secteur totalement abandonné, post apocalyptique, donc de quoi faire des clichés plus qu’originaux. Surtout si on sait que la ville va commencer à rénover le secteur, donc d’ici 10 ans le quartier aura déjà changé et sera rattrapé par le tourisme.

Photo : La Calle Necochea bloc des 1400 en 1973.

 

Donc profitez-en pour voir ce qu’est le véritable Boca. Pour y aller, préférer y aller via Avenida Brown (1400) et tourner sur Lamadrid (300) pour prendre Necochea sur 3 cuadras (les 1300, 1200 et 1100) ensuite revenez sur Avenida Brow et prenez Brandsen 300 pour revenir sur Avenida Brown (ne vous aventurez pas sur Lamadrid 200, ni Olavarria 200, ni Suarez 200, ni Brandsen 200). Vous pouvez ensuite soit aller manger une pizza à Banchero (Brown 1220) ou prendre un café au Bar Roma (classé) sur Olavaria 409 (angle Brown), soit rester sur Brandsen pour poursuivre vers la Bombonera.

Je suis certainement le premier à vous conseiller d’y aller (mais soyez habillés en conséquence, pas d'accoutrement touristique) , les trottoirs sur cette portion de Lamadrid et de Necochea sont terminés depuis fin 2016.

 

Possible de vous faire visiter le quartier de la Boca, prenez contact avec moi sur : petitherge@hotmail.com

 

Sujets pouvant vous intéresser :

 

- Les faux clichés sur le quartier de La Boca (Mai 2017).

Les clichés touristiques nous abrutissent (Mai 2017).

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 01:20

Mise à jour : 20 mai 2017. Catégorie : Buenos Aires.

Le Boca qui n'a jamais existé :

 

En complément à l’article humoristique sur les clichés touristiques qui nous abrutissent, voilà donc un article sur les clichés qui circulent concernant le quartier de La Boca. Ce quartier haut en couleur a reçu une réputation qu’il n’a pas. Par contre ces véritables valeurs, son origine, l’histoire du Caminito et l’œuvre de Quinquela Martin sont bien souvent ignorés de la plupart de ceux qui un jour foulent ses quais et ses trottoirs. Donc cet article a pour but de remettre les pendules à l’heure et chasser tout ce qu’on peut lire dans les guides européens sur le sujet. Bonne lecture !

Photo : Linge fictif installé pour rendre plus vrai que nature le cliché de La Boca.

 

Autres sujets sur la Boca :

- La calle Necochea à La Boca (mai 2017).

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Photo : Façade d'un magasin de souvenirs aux couleurs criardes "style Boca" pour attirer les touristes.  
 

Commençons par dépoussiérer les clichés :

 

"Le quartier abrite de nombreux habitants originaires d’Italie"(Source : Wikipedia).

 

Faux : En fait, il faudrait plutôt dire « abritait » et plus spécialement des Génois (de Gênes en Italie), des "Italiens" non (L’Italie existe seulement depuis 1861), mais des Génois, et cela entre 1830 et 1900.

Aujourd’hui, La Boca abrite 45.000 habitants, 20 % de cette population est en effet étrangère mais bolivienne, paraguayenne et péruvienne, quant aux 80 % argentins restant, l’énorme majorité est justement descendante de cette population des pays limitrophes et non plus d’Italie.

"C’est au fond des conventillos de ce quartier pauvre qu’est né le tango, à la fin du 19ème siècle"(Source : Guide du Routard)

 

Faux : Je retourne à ce que j’ai déjà écrit en mentionnant le quartier de San Telmo, Le tango n’est pas naît dans un quartier en particulier de Buenos Aires, ni seulement dans la ville de Buenos Aires.

Le tango est né sur les rives du "Rio de la Plata", à savoir, dans les villes et zones portuaires de la fin du XIXème siècle.

Ce qui englobe donc « aussi » Buenos Aires, et plus spécialement les quartiers ouvriers ou portuaires de la ville comme « EL BAJO » (quartier de Retiro, du coté de ce qui est aujourd’hui la calle Reconquista), San Nicolas (vers Avenida Alem), Montserrat, La Boca, Barracas, Nueva Pompeya, Boedo, Almagro, Avellaneda, ainsi que San Telmo. Mais aussi d'autres villes, comme celles de Rosario, Campana, Zarate, San Nicolas ainsi que Montevideo.

La Boca n’a donc aucune exclusivité sur le tango, comme aucun autre quartier de Buenos Aires en particulier.

 

Pour ce qui est du tango aujourd’hui, sur les 44 "milongas" les plus actives que j’ai pu recenser en 2013 (voir les Milongas de Buenos Aires) seule une est située dans le quartier de La Boca.

 

"A la Boca les maisons étaient peintes par d’anciens pécheurs qui, pauvres, n’avaient pas les moyens d’acheter des pots et se contentaient d’en trouver de couleurs différentes ce qui explique le bariolage multicolore"(Lu ou entendu de nombreuses fois)

 

Faux : Il n’y a jamais eu de pécheurs à la Boca, mais tous étaient des ouvriers ou des dockers. Les premières maisons étaient en effet en tôles ou en bois mais pas peintes. Et si elles le furent c'était d'une seule couleur.  A partir de 1959, le Caminito est peint de couleurs bariolées pour les touristes dans un soucis esthétique et sous la direction de Benito Quinquela Martin. Quelques années plus tard, au milieu des années 60, le temps que le Caminito devienne "touristique" la légende de la "peinture des pêcheurs" apparaît !

"Le "Caminito" est une ancienne rue ou les artistes du quartier vers 1900 avaient l’habitude de se réunir pour présenter leurs œuvres".

(Lu ou entendu aussi de nombreuses fois )

 

FAUX : Le Caminito est tout simplement le tracé d’une voie de chemin de fer qui aboutissait sur le quai (Aujourd’hui avenida Don Pedro de Mendoza). Il n’y a donc jamais eu ni chemin, ni route, ni rue à la place du Caminito.

Tout juste un sentier sur les traverses entre les deux rails.

Le projet d’ouvrir une nouvelle rue à son endroit date de 1954, et la rue fut ouverte en 1959. Elle fut de suite asphaltée. Les pavés aujourd’hui en place (tout comme les « anciens réverbères, bancs, et éléments urbains » datent des années 1990. Tout est donc kitch à souhait.

J’appelle ça le « faux vieux », les Argentins excellent dans ce style.

Ce qui est vrai par contre, c’est qu’un artiste peintre habitant le quartier (un véritable cette fois ci) du nom de Benito Quinquela Martin, a toujours pris part à la défense de son quartier et avait monter une association au milieu des années 50 pour dégager l’ancienne voie ferrée encombrée d’immondices et la transformer en rue.

C’est donc lui qui est intervenu auprès de la ville pour que le passage prenne le nom de « Caminito » en 1959. A partir de cette année, les artistes (bien souvent des amis et des élèves de Quinquela) pourront venir exposer leurs travaux sur le trottoir le dimanche. Il faut attendre les années 1990 pour que la municipalité la rend réellement piétonne.

Il y a donc bien des peintres qui y exposeront à partir des années 1960-1970 et jusqu'à aujourd'hui mais ne croyez pas que vous pouviez en voir en 1900 ou en 1930.

"Le tango "Caminito" désignait ce passage de La Boca"

 

 

 

Faux : Le nom de Caminito provient d’un poème "El Caminito de Olga" datant de 1903, écrit par Gabino Coria Peñaloza parlant d'un petit chemin proche de Chilecito dans la province de La Rioja.

En 1926, Juan de Dios Filiberto reprend les paroles et écrit une musique dessus pour en faire un tango. Il faut attendre que Carlos Gardel l'enregistre quelques années plus tard pour qu'il devienne un "tube", ce n'est qu'au milieu des années 50 que Quinquela Martin reprend le terme de "Caminito" pour appuyer sa demande de monter son projet culturel auprès de la municipalité de Buenos Aires.

 

"La Boca fut le premier port de Buenos Aires".

(Souvent lu et entendu)

Faux : Le port de La Boca fut chronologiquement le second de la ville à se créer.

Le premier port se trouvait un peu plus en amont toujours sur le Riachuelo, dans l’actuel quartier de Barracas (d’ou le nom : les baraques, qui servaient à entreposer les marchandises, cuirs, viandes salées et esclaves) et ceci durant l’époque coloniale espagnole, dès le début du XVIIIème siècle. A la même époque La Boca n’existe pas, puisque totalement pris dans des marécages. Quelques vaches y pâturent lorsque l’eau s’en retire.

Il faut attendre le milieu du XIXème siècle et le début de la révolution industrielle, pour que la ville de Buenos Aires entreprenne des travaux d’assèchement et gagne des terres sur l’eau pour commencer à tracer sérieusement un plan d’urbanisme.

  1. un plan de 1859, les rues de la Boca n’apparaissent pas encore, quelques maisons le long d’une route qui rejoint San Telmo. Il faut attendre un plan de 1888, pour voir enfin les rues tracées portant. Le port de La Boca existe réellement depuis 1860 et connu le maximum de son activité portuaire entre 1890 et 1900, à partir de 1910 il connait un net déclin au profit de Puerto Madero.

"La Boca est le plus vieux quartier de Buenos Aires"

 

Faux : Bien au contraire, La Boca est l'un des quartiers à ne s'être monté qu'à la fin du XIXème siecle et au début du XXème. La Boca, est au contraire un quartier plutôt récent (130 à 140 ans). Il a fallut tout d'abord assécher les marécages et installer les premières fabriques pour voir les habitants commencer à venir s'y installer.

Les quartiers du centre tels que Montserrat, Retiro, San Nicolas, Balvanera, Recoleta, sont bien plus anciens. Tout comme les faubourgs de San Telmo ou même les anciens villages de Belgrano, Flores qui furent par la suite (en 1880) englobés dans la ville de Buenos Aires. Tous ces anciens quartiers ont entre 100 et 300 ans de plus que La Boca.

Ce qui donne cette impression d'ancienneté est la vétusté des constructions qui sont en bois et qui se détériorent donc bien plus vite. Sachez par exemple que les maisons situées sur le Caminito datent de la même époque que l'Avenida de Mayo !

Mais qu'était donc La Boca en définitif ?

Sachez qu'il fallait mettre à mal tous ces clichés totalement faux qui ont la vie dure (et maintenus par l'industrie touristique) pour vous faire découvrir la réalité du quartier.

La Boca est un quartier très intéressant et donc sa visite aussi.

Il y a quatre points forts à découvrir et connaitre sur le quartier de La Boca :

1) Naissance de l'industrialisation

Vous êtes sur le lieu même, où pour la première fois l'Argentine connu le début de l'industrialisation. On peut dire que la "révolution industrielle", que le moteur à vapeur, à explosion et les "machines" posèrent leur acier, métal et fumées en terres argentines dans ce quartier.

Vous êtes donc à l'endroit même, où l'Argentine a connu le début de l'industrialisation avant de s'étendre aux autres quartiers, aux banlieues et aux autres villes du pays.

C'est aussi dans ce quartier où pour la première fois est né le prolétariat ouvrier, ou les masses d'émigrés européens souvent sous qualifiés venaient chercher du travail à leur arrivée. Les premières luttes, les revendications, les grèves, un monde pauvre digne des premiers films de Charlie Chaplin. Les "Temps Modernes" y sont nés !

Aujourd'hui le sous prolétariat est encore majoritaire dans le quartier, il vivent dans ces baraques en bois d'un autre temps qui se rapprochent plus de la "villa-miseria" que du cliché tout propret du "Caminito". Il suffit de passer un coin de rue et vous tomber dans la réalité. Pris entre l'envie de voir ce monde inconnu et hors du temps et la crainte de devoir essuyer une agression, votre choix sera souvent barré par un policier qui vous déconseillera de vous aventurer dans le vrai Boca. Dommage, c'est le plus intéressant !

Photo : En 1921, ouverture de la première usine Ford en Argentine à La Boca.

 

2) Lutte contre l'eau

La Boca c'est aussi la lutte incessante entre l'eau et la terre, combien de fois la Boca fut inondée ! La nature reprenant ses droits et voulant à nouveau convertir ce quartier en marécage. Voilà plus d'un siècle que la ville se bat contre l'eau. Après l'assèchement, ce fut les terre-pleins, le surélèvement de la Vuelta de Rocha en 1998, les barrages, les évacuations d'eau, un plan hydraulique mis en place avec un système de pompes depuis ces dix dernières années pour protéger le quartier des inondations. Une lutte sans merci qui la ville a pu finalement gagner pour le moment, puisque depuis dix, il n'y eu plus d'inondation dans le quartier. Les trottoir hauy de pres de 2 m dans certaines rues, des parois humides et les anciennes marques d'inondations sur les murs vous le rappellent sans cesse.

 

3) Quinquela Martin 

Benito Quinquela Martin, l'artiste peintre mais aussi le philanthrope, l'amoureux de son quartier, le defenseur de la classe ouvrière, celui qui est devenu de son vivant le représentant de son quartier et une fois disparu, le héros artistique de La Boca. Vous pouvez retrouver l'univers de ses peintures où les hommes paraissent souffrir sous le poids du travail dans une atmosphère brumeuse et noirâtre d'une époque ou les cheminées des usines crachaient le charbon. Ne ratez pas son musée !

 

 

4) La passion Boquense

Enfin, bien sûr, le foot ! Car La Boca hébergea deux grands clubs encore existants, tout d'abord River Plate (en 1901) et ensuite Boca Junior en 1905. Ce ne furent pas les premiers clubs de foot qui apparurent vers 1880, dans la collectivité anglaise mais les plus prestigieux qui existent encore aujourd'hui.

Toute usine, toute fabrique, tout chantier ferroviaire avait son club de foot. Le foot était né en Angleterre, les chantiers ferroviaires comme les premières fabriques était britanniques à La Boca et dans le pays, donc le quartier industriel de la Boca était vite devenu le temple du foot !

Les boutiques, les couleurs de l'équipe Boca Junior omniprésentes et surtout la Bombonera sont là pour vous le rappeler. Ici le foot n'est pas un sport c'est une passion !

Photo : Une Boca peinturlurée, un décor de Walt Disney ! 

Les conseils du Petit Hergé :

 

Tout dépend de votre état d’esprit, ou vous allez à la Boca comme on va à Euro Disney pour s’amuser et se faire plaisir à faire de belles photos, ou vous allez à la Boca pour découvrir réellement le quartier. Les deux choix sont valables. Mais si vous y aller uniquement pour vous amusez, surtout ne croyez en rien ce qu’on veut vous montrer !

Si vous avez envie de découvrir le quartier, contactez-moi !

Sujets pouvant vous intéresser :

 

- La calle Necochea à La Boca (mai 2017).

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:47

Mise a jour : 9 mars 2017.

 
 

Poste Centrale de Buenos Aires :

 

Le « Palacio de Correos », comme rapidement les porteños le nombrèrent fut en fait la poste centrale de Buenos Aires, mais aussi le siège du courrier officiel de la République. Un colosse au milieu de la City dans le quartier de San Nicolas, installée sur la Avenida Alem, face à la bourse, il a régit pendant des années les communications du pays et a participé à l’expansion économique du pays. Si le premier projet date de 1888, il a du à plusieurs reprises dues aux crises économiques argentines et à la première guerre mondiale s’adapter, se transformer, s’arrêter pour repartir et enfin voir en 1928 son achèvement ! 40 ans de saga à ne plus en finir, à éreinter nombres de présidents, de gouvernements et d’architectes. Il finira enfin à envoyer des lettres, à recevoir des colis et à promouvoir le télégraphe entre 1928 et 2002.

Le « colosse vide » va s’endormir ensuite une décennie pour qu’en 2006 on décide de le transformer en centre culturel. A nouveau en 2010 les travaux reprendront pour s’achever officiellement en 2015. Alors que j’écris ces ligne (2017), le centre culturel est bien ouvert, mais encore bien vide. Nommé dans un premier temps « Centro Cultural del Bicentenario » puis en 2012 « Centro Cultural Nestor Kirchner », au fil des successions des présidents de la Nation, on ne sera pas étonné d’une nouvelle dénomination dans quelques mois !

Mais cela est une autre histoire ! Revenons pour ce premier article à la naissance, à la construction et a l’activité de la « Poste Centrale » entre 1888 et 2002. Un second article sur le centre culturel sera écrit ultérieurement !

Photo : Premier projet de 1888 du Palacio de Correos sur Avenida Alem par l'architecte Norbert Maillart.

Il ne sera jamais construit. (Cliquez sur photo pour agrandir)

Premier projet simple (1888-1890)

 

Le 18 avril 1887, le président de la Nation Juarez Celman (1844-1909) nomme Ramon J. Carcano (1860-1946) directeur général des postes et télégraphe de la Nation (Director General de Correos y Telégrafos de la Nación). Il n’est alors âgé que de 27 ans. Il entreprend de suite de mener une vaste campagne de développement et de modernisation de la poste en ouvrant des succursales dans chaque capitale de provinces (au nombre de 14 en 1888), chapeauté par une poste centrale à Buenos Aires. Tous ces bâtiments devaient être construits spécifiquement pour abriter les nouveaux services. Jusqu’a présent les postes occupaient des bâtiments administratifs cédés par d’autres ministères, et ne disposaient donc ni de la surface, ni même d’une structure suffisante pour trier colis et lettres dont le nombre suivait le développement prodigieux que connaissaient alors l’Argentine de cette fin du XIXème siècle.

Buenos Aires en cette même année 1888, se « fédéralise » c'est-à-dire que la ville se détache de la province et devient une entité à elle seule qui regroupe tous les administrations à la fois du pays et de la ville, et de ce fait la nouvelle ville de La Plata devient la nouvelle capitale de la province. Redécoupage des limites de la ville, nouvelle donne pour les pouvoirs des autorités du pays et des provinces. Ce qui implique une course effrénée à la construction de nouveaux édifices publics à travers la ville qui va changer en l’espace de 10 ans la physionomie de la ville. Le « Palacio del Correo » de la avenida Alem va devenir l’un d’eux, certainement le plus vaste, et aussi le plus complexe à dessiner, à faire adopter et à construire !

Vignette : L'architecte Norbert Maillart en caricature. 

Photo : Vers 1905 le terrain ou se construira à partir de 1912 le Palacio de Correos.

Le Paseo de Julio (E) (A partir de 1919 Avenida Alem).

Faisant face au futur chantier (entouré en rouge) du Palacio de Correos, sur Corrientes 161 (A), un immeuble de 3 étages plus toit mansardé restera debout jusqu'au début des années 80 avant de disparaître laissant place à un parking.  Un peu plus loin l'immeuble (G) de Corrientes 693. Au bout de l'Avenida Rosales (D), les docks (C) de Puerto Madero. Donnant sur cette même avenue un hangar industriel (B) qui ne sera démoli qu'à la fin des années 1950. Le bâtiment le plus haut du Paseo de Julio reste le Palace Hotel (F) juste terminé en cette année 1905. (Cliquez sur photo pour agrandir)

Norbert MaillartAuguste Norbert Maillart :

L’Etat doit montrer sa puissance et afficher systématiquement par la construction souvent de bâtiments surdimensionnés la solidité de son système économique et politique.

Le département d'architecture du ministère des Travaux publics a choisi l'architecte français Norbert Maillart à mettre en œuvre un projet. L’Architecte français est déjà connu puisqu’il vient (en 1886) d’achever le Teatro de la Victoria à Valparaiso (détruit lors d’un tremblement de terre en 1906). Son projet pour la Poste Centrale de Buenos Aires sera le premier d’une longue série qui le fera devenir l’architecte privilégié des commandes de l’Etat. Palais de Justice (1905-1910), le Colegio Nacional de Buenos Aires (1908).

 

Photo : Norbert Maillart.

 

Photo : Ancienne poste centrale de Buenos Aires, juste à l'angle des calles Reconquista (à droite) et Corrientes (à gauche), ce bâtiment servira de Poste Centrale jusqu'à l'achèvement du Palacio de Correos en 1928.

L'entrée sur Reconquista était réservée aux colis, celle de Corrientes aux télégraphes, quand à celle qui se trouve juste à l'angle elle était destiné aux lettres. Ce bâtiment fut détruit vers 1931-1932.

 (Cliquez sur photo pour agrandir)

Le terrain :

Petit retour en arrière, en 1872, Francisco Seeber créé une société « The Catalinas Warehouses and Mole Company Ltd. », ou « Sociedad Anónima Depósitos y Muelles de las Catalinas », pour installer une digue de déchargement avec ses dépôts portuaires et une douane le long du paseo de Julio (actuelle avenida Alem). Le nom de Catalinas provenant du nom de cette zone nommée « Bajadas de Catalinas » en raison de la proximité de l’Eglise et du couvent de Santa Catalina. En 1888, cette société cède à l’état le terrain qu’il avait gagné sur le Rio en le remblayant, délimité par les calles de Corrientes, Sarmiento, Alem et Bouchard.

Le projet de Maillart est adopté par la Nation en 1888, les travaux de terrassement et de fondation sont entrepris en 1889, mais en 1890, en raison de la crise économique et la chute du président Celman, le projet est stoppé pendant 15 ans !

 

Photo : Maquette en mai 1913 du projet de l'architecte Norbert Maillart du Palacio de Correos surélevé sur une dalle au dessus de la Avenida Alem. (Cliquez sur photo pour agrandir)

 Photo : En juillet 1913, début du montage des plots de fondation.(Cliquez sur photo pour agrandir)

Second projet (1905-1911), le « Versailles de la Poste » :

 

En 1905, on ressort des cartons de nouveau le projet de Maillart pour reprendre les travaux. Mais le pays et la ville ont entre temps terriblement changé, et le projet de 1888 parait bien obsolète. De plus les derniers développements technologiques de la poste demandent une adaptation que ce projet ne peut suivre. Le bâtiment de 1888 avait une taille bien plus réduite et l’entrée principale aurait du donner sur la avenida Alem.

Le Directeur général des Postes et Télégraphes, le Dr Ernesto Bosch, propose un nouveau programme de distribution pour le bâtiment et en 1908 demande une nouvelle fois à Maillart de proposer un nouveau projet. Celui-ci est approuvé en Avril 1909 et les appels d’offre sont remplis en novembre 1911.

Le nouveau projet est à la fois gigantesque mais aussi bien plus osé, puisqu’il pose le bâtiment sur une dalle rehaussée au niveau de la calle 25 de mayo soit à peu près à 09 m au dessus du niveau de la chaussée actuelle. Cela permettait d’éliminer la pente de la calle Sarmiento et de la calle Corrientes sur les deux derrières « cuadras ».

Etaient donc aussi prévus des terrasses donnant sur la calle Bouchard, un jardin en pentes douces entre le bâtiment et la avenida Madero, mais surtout deux ponts enjambant la avenida Alem au niveau des calles Corrientes et Sarmiento.

Ce qui explique les façades de la Bourse du Commerce (1913-1916) sur Alem et l’Edificio Calvet (1915) à l’angle Alem et Corrientes, deux bâtiments édifiés a l’époque ou le projet de terrasse est accepté. On comprend aujourd’hui que le véritable rez-de-chaussée de ces deux immeubles se retrouve au premier étage.

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Photo : En juillet 1913, début de l'installation des plots de fondation sur le terrain. (Cliquez sur photo pour agrandir)

Maillart se retire et Spolsky poursuit :

 

Usé par des demandes de modifications perpétuelles, et remis en cause dans ses projets, Maillart préfère jeter l’éponge en 1911 (23 ans après le début des études de son projet). La direction National d’architecture se retourne donc vers son principal collaborateur, l’architecte russe Jacques Spolsky (1887-1927) qui a aussi étudié en France et qui était venu sur la demande de Maillart en Argentine.

Une de ses œuvres la plus importante et la Poste centrale de Rosario, il dessinera aussi la poste centrale de Tucuman (1927)

Photo : Une des premières photos du chantier de construction du Palacio de Correos en décembre 1912. (Cliquez sur photo pour agrandir)

Photo : Début du montage de la structure métallique du coté de la façade de la calle Sarmiento. Photo prise vraisemblablement février 1914.(Cliquez sur photo pour agrandir)

Troisième projet, le "Versailles métallique" de Spolsky (1911-1916)

 

Le projet initial de Maillart subit des changements importants par Spolsky. Tout d’abord le montage d'un squelette métallique en remplacement d’une maçonnerie solide puis l’apparition de dalle en béton armé pour couler les dalles des étages. Enfin l’importance et aussi le poids de l’ensemble rehaussé demande d’enfoncer 2.882 pieux en béton armé de 10 m en moyenne.

En 1913, est fondé la GEOPÉ (Compañía General de Obras Públicas S.A.), entreprise à capitaux allemands, qui est chargée de la construction des principaux grands chantiers de Buenos Aires (Galeria Guemes, Facultad de Derecho de la avenida Las Heras, première ligne A du métro de Buenos Aires, Banco de Boston, Banco Tornquist, Banco Alemán Transatlántico, etc…). Ca sera aussi cette société de construction qui remportera le marché en 1915 pour le chantier de la poste.

Photo : En février 1914, les premiers niveaux de la structure métallique du coté de la calle Sarmiento.

(Cliquez sur photo pour agrandir)

Photo : En Octobre 1916, presque toute la structure métallique est montée.

Les ouvriers commencent la maçonnerie au sous sol.  (Cliquez sur photo pour agrandir)

Quatrième projet : Le palais de la poste perd ses terrasses et ses ponts (1916-1923) :

 

Alors que le chantier est en construction et que l’armature métallique monte en hauteur, le pouvoir exécutif décide en 1916 de suspendre le projet de dalle, des ponts et des terrasses. Nous sommes en pleine première guerre mondiale, et si même l’Argentine n’y participe pas, les exportations et importation sont stoppées et le manque de devises se fait sentir surtout dans les poches de l’Etat.

Il faut revoir en catastrophe à nouveau le dessin des façades, mais aussi des plans intérieurs, pour faire passer le rez-de-chaussée deux niveaux plus bas.

A nouveau les fonds sont épuisés en 1923, et il faut stopper une fois de plus la construction du bâtiment. Le bâtiment est presque terminé, mais il manque tout l’aménagement intérieur, les revêtements de façade sur les deux premiers niveaux, ainsi que certaines parties de la couverture en ardoise sur les coupoles.

Photo : En Octobre 1916, la structure métallique est presque entièrement montée. Au premier plan, la avenida Alem. A droite la façade principale sur calle Sarmiento. A gauche, l'Edificio Calvet (angle Corrientes et Alem). Au fond Puerto Madero. (Cliquez sur photo pour agrandir)

Photo : Toujours en octobre 1916, vue de la construction angle Alem ( a droite) et av Corrientes à gauche.
La photo est prise de la terrasse d'un immeuble démoli et occupé aujourd'hui par l'Edificio Dreyfus (1923-1925) (av Corrientes 299).(Cliquez sur photo pour agrandir)

Fin de chantier après un arrêt de deux ans (1925-1928) :

 

Le chantier reprend au tout début de l’année 1925, on voit donc sur la avenida Alem, les échafaudages vides pendant presque deux ans qui attendent le revêtement du bas des façades.

C’est avec une nouvelle société de construction que les travaux reprennent.

L’inauguration est avancée en catastrophe le 28 septembre 1928, deux semaines avant la fin du mandat du président Marcelo Torcuato de Alvear. Grande habitude de l’Etat Argentine de procéder a des inaugurations politiques au milieu d’un chantier !

En fait il faut attendre novembre 1928, pour que le public puisse commencer à se servir du nouveau « Palais des postes ».

Photo : En mai 1920. La maçonnerie progresse du bas vers le haut. Il manque encore la structure métallique des coupoles. Tout est monté en briques, puis viendra par la suite les finitions en plâtre, staf et stuc. (Cliquez sur photo pour agrandir)

 

Photo : Octobre 1924, le chantier est arrêté depuis 2 ans, les échafaudages du rez-de-chaussée et de l'entresol sont laissés sur place pour la finition. (Cliquez sur photo pour agrandir)

La valse des sociétés des postes, entre privatisation et nationalisation.

 

Plusieurs société de poste vont se succéder au gré de la politique et des présidents de la Nation, en juin 1944 la « Dirección General de Correos y Telecomunicaciones”, puis en 1949, la “Secretaría de Correos y Telecomunicaciones de la Nación”, un rapide passage au “Secretaría de Estado de Comunicaciones”, pour enfin en 1974 être rebaptisé ENCOTEL (Empresa Nacional de Correos y Telégrafos). Dernière modification sous le mandat de Carlos Menem pour se voir a nouveau transformé en ENCOTESA (Empresa Nacional de Correos y Telégrafos S.A.), que le même président privatisera le 24 mars 1997.

Pour la première fois, la poste argentine devient privée.

Ce n’est pas une surprise si la même année (1997) le bâtiment est déclaré monument historique national.

Car si le service est privatisé, le « Palacio de Correo » reste à l’Etat.

La nouvelle direction (avec une concession de 30 ans, 1997-2027) aux mains de la SOCMA (appartenant a Franco Macri, père du président actuel) préfère déménager en banlieue sud (plutôt que verser un loyer a l’Etat) pour continuer ses activités et commence à transférer peu à peu ses services. En 2002, il ne reste presque plus aucune activité dans un énorme bâtiment vidé et seul le rez-de-chaussée accès coté calle Sarmiento est encore ouvert pour accueillir le public dans une poste aux services minimalistes. Il le restera jusqu’en 2009, année de la fermeture totale.

En parallèle, la société Privée SOCMA commencera dès 1999 à s’endetter par rapport à l’Etat, et en 2003, l’Etat Argentin casse la concession pour se retrouver à nouveau propriétaire du « Correo Argentino ».

Une fois la « Poste » re-nationalisée, le gouvernement argentin, ne cherchera pas à réinvestir le « Palacio del Correo ». Il a déjà dans ses cartons l’idée de transformer l’énorme bâtiment en musée ou en centre culturel.

Photo : Juste avant la fin du chantier du Palacio en 1925, façade principale sur Sarmiento, il manque encore els jardin.  (Cliquez sur photo pour agrandir)

Photo : Vue du 2 ème grand vestibule du rez-de-chaussée. Photo Novembre 1928.

(Cliquez sur photo pour agrandir)  

L’architecture du Palacio de Correos :

 

Un petit retour en arrière pour comprendre comment en cette fin de XIXème siècle, il était de mise pour l’Etat Argentin de sanctifier les bâtiments officiel pour montrer à la fois sa toute puissance sur le pays, mais aussi pour montrer à l’extérieur (et surtout aux puissances européennes) qu’il pouvait aujourd’hui les rivaliser ou même les surpasser. C’était donc une « revanche » face à l’ancienne Espagne colonisatrice, mais surtout une course à vouloir « dépasser » le statut économique anglais, allemand ou français. Une des armes était l’architecture. Nous sommes dans les années 1880-1890, et au niveau de l’architecture, le modèle est souvent Paris après la vague haussmannienne et néo classique, saupoudrée d’architecture industrielle anglaise ou allemande.

Le pays est riche, la ville n’a que le futur pour rêver et les fonds (venant souvent de Londres) paraissent illimités (avant la crise de 1890). L’argent et les idées ne manquent pas, la place est ouverte à toute la mégalomanie des politiques, industriels et des architectes.

Buenos Aires se transforme pour quelques décennies en une « mégalomanopole » (fusion de mégalomanie et de mégalopole).

On parle à Buenos Aires de l’architecture de prestige «arquitectura de prestigio». L’Ecole de Paris, c’est avant tous architecture « Beaux Arts » (qu’on s’évertuera à dire en français), la mode, le mobilier, la culture, la peinture, la sculpture et donc aussi l’architecture devront venir forcement de Paris (même si l’architecte est Madrilène, l’ébéniste belge et l’ingénieur allemand). On veut vivre a Buenos Aires comme à Paris (et même mieux qu’a Paris).

Le palacio del Correo suivra donc les mêmes canons (en plus l’architecte provient lui-même de l’Ecole des Beaux Arts) : Toit mansardé, toiture en ardoises, dômes tronqués, ouvertures hautes en porte fenêtres, colonnes à ne plus en finir, moulures, staffs et stucs en moulures et décorations à rendre jaloux un pâtissier.

Photo : Le salon du bureau du directeur au 4ème étage du Palais. Photo : Novembre 1928. (Cliquez sur photo pour agrandir) 

Photo : La Avenida Alem (E) prise des terrasses de la Casa Rosada (G), au premier plan la statue de Juan de Garay (F) qui se trouve au même emplacement aujourd'hui. Légèrement à droite au fond, le Palacio de Correos (A). Il n'y a pas encore de jardins, mais un parvis (B) qui sert déjà de parking en cette année 1935. L'entrepôt (C) encore debout au pied du Palacio de Correos. Au loin Puerto Madero (D).(Cliquez sur photo pour agrandir)

Prendre modèle sur la Poste Centrale de Paris pour la dépasser :

 

Le terrain s’étend sur 12.500 m2 et sa surface est de 88.050 m2.

La Poste Centrale du Louvre à Paris (datant de 1878-1886 de l’architecte Julien Guadet) ne compte que 35.000 m2. Celle de Buenos Aires sera plus deux fois plus étendue !

Celle de Paris est inaugurée le 14 juillet 1886. 9 mois plus tard, on décide à Buenos Aires d’en construire une aussi !

Julien Gaudet (1834-1908) est l’architecte de celle de Paris, qu’importe à Buenos Aires on ira chercher un de ses élèves Norbert Maillart (1856-pas de date de décès) (promotion 1874 aux Beaux Arts, second prix de Rome en 1881) (Julien Guadet étant son chef d’atelier à partir de 1871).

La poste de Paris est haute de 30m, celle de Buenos Aires de 60 m ! Celle de Paris dispose de 4 étages, celle de Buenos Aires de 9 étages.

Il faut que l’élève Maillart dépasse son maître.

Le terrain est gigantesque, de plus Maillart se heurte a devoir monter en hauteur et donc a perdre de la lumière pour éclairer les espaces intérieurs. Dans un premier temps il pensait installer une seule cour centrale, mais doit se résoudre à y apporter deux autres plus petites pour la ventilation et aussi pour éclairer la totalité des bureaux des étages inferieurs.

A force de devoir surélever son premier projet (1888) ne comptant que 3 étages, il pense perdre avec son projet de 1905 le respect des proportions de son style académique. De plus l’annulation des terrasses en 1916, terminera définitivement d’enlaidir son bâtiment. Il aura déjà jeté l’éponge avant (1911) pour ne plus a avoir subir cet affront esthétique.

Maillart ce n’est pas l’homme des buildings et des premier gratte ciel, il est classique est s’accroche a cet esthétisme qu’il a appris a paris. Son élève Spolsky moins regardant sur les relations harmonieuses entre masse et vide (cour intérieur) mais aussi espace sur rues et avenues devra « sauver les meubles » en gardant au maximum l’ « Esprit Maillart ».

Toute la partie sur la calle Sarmiento a été préservée et restaurée, donc le Hall de los « buzones » (des boites a lettres) comme le hall public est en l’état. Les salons et bureaux des étages coté Sarmiento, tout comme les escaliers et les deux blocs ascenseurs placés entre les deux patios ont été restaurés.

Photo : Palacio de Correos, aujourd'hui centre culturel. Photo du 31 octobre 2015. (Cliquez sur photo pour agrandir)

Photo : Second hall. 24 mai 2010.

Lors d'une présentation au public de l'avancement des travaux du Centre Culturel.

(Cliquez sur photo pour agrandir) 

p. 

Les conseils du Petit Hergé :

 

A voir absolument lorsque vous êtes dans le centre de Buenos Aires. Le premier conseil que je vous donnerai est, d’avant entrer vous perdre dans la « baleine », d’en faire le tour à bonne distance, pour en percevoir la hauteur, le nombre d’ouvertures et ses dimensions pharaoniques.

De plus, les travaux des abords en espaces verts ne sont pas encore terminés en ce début d’année 2017, donc le jardin va surement s’épaissir au fil des prochaines années, et profitez en pour jeter un coup d’œil au statues qui la ornent, comme celle de Samuel Morse.

L’entrée publique se fait par la façade Sarmiento (comme au temps de la poste), donc profitez du porche d’entrée, de la salle publique du rez-de-chaussée et ensuite de toute la partie conservée sur cette même façade, avant de découvrir la partie moderne du centre Culturel.

Le lundi l’ensemble est fermé, et allez y uniquement à partir de 13h les autres jours. Entrée gratuite comme tous les musées nationaux en Argentine. Les soirs super éclairage de couleurs sur les façades.

De ce pas, me voilà déjà rédigeant un second article sur ce qu’est devenu notre palais, Le centre Culturel Kirchner. (Très prochainement publié sur le site).

Je réponds bien sur à toutes les questions que vous pourriez avoir sur le sujet et n’oubliez pas que si vous êtes intéressés par le bâtiment, je peux vous le faire visiter !

Photo : Un des deux patios intérieurs. Photo : 07 juin 2015. (Cliquez sur photo pour agrandir)

 

Photo : Un des deux patios intérieurs. Photo : Mai 2015.(Cliquez sur photo pour agrandir)

 

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 01:11

Mise à jour : 22 janvier 2017. Catégorie Buenos Aires

 Hotel Chile (1907)

 

L’avenida de Mayo ne cesse de révéler des curiosités des plus surprenantes, un des rares bâtiments « art nouveau » dans la multitude de bâtiments au style académique de l’avenida de Mayo. Il s’agit de l’Hotel Chile à l’angle de la calle Santiago del Estero.

On ne peut se priver de lever les yeux lorsqu’on passe devant (ou plutôt sur le trottoir faisant face, puisqu’il faut tout de même un certain recul pour en admirer la façade)

L’Hôtel Chile aura connu son heure de gloire, et en 2017 je ne vous conseillerai pas d’y séjourner, à moins que vous décidiez d’en faire une étude approfondie, le logt restant qu’un prétexte pour y entrer et y passer une nuit.

   

 

Photos : Au centre, l'Hotel Chile (le 28 février 2007), façade épurée par rapport à la façade originale de 1906. Au rez de chaussée, le restaurant "Plaza España" sert alors sa gastronomie espagnole au porteños. Il devra fermer en 2012. A gauche, photo de détail de fenêtre du 1er étage, à droite, détail du balcon du 2ème étage. (ces deux dernières photos, 18 décembre 2009). Cliquez sur les photos pour les agrandir. 

 


 

Photo de 1910 : Hotel Chile (alors Lutecia) à l'angle de la Avenida de Mayo et de la calle Santiago del Estero (A). En (B) entrée principale du local Commercial "1". En (C) entrée de l'hotel Lutecia. En (D) entrée du local commercial "2". En (E), entrée de l'immeuble du 1281 de l'avenida de Mayo, édifice d'habitation du même architecte Louis Dubois. Toute la décoration art nouveau (F) des façades disparaissent en 1938. La coupole de l'angle de l'hôtel (G) est détruite par l'incendie du 04 août 1988, tout comme la toiture bombée (H) du corps du bâtiment. La coupole de l'immeuble du 1281 (I) disparaîtra aussi avec le temps, tout comme les bow-windows (J) de sa façade. Cliquez sur la photo pour l'agrandir

 

 

Photo : Détail de la coupole disparue de l'Hotel Chile.

Vraisemblablement, la photo date des années 1920-1930.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Hotel Chile :

 

Adresse : Avenida de Mayo 1297

Architecte : Louis Dubois (Toulouse 1867- Buenos Aires 1916. Autres réalisation du même architecte, l'immeuble juste accolé au 1281 de l'Avenida de Mayo, la Farmacia Suiza à surtout ne pas rater quand one st dans le micro centre (angle Tucuman et Maipu), et le Tigre Club à Tigre, ancien casino devenu museo de arte de Tigre. 

Année du projet : 1904

Année de construction : 1906/1907. Certains annoncent l'inauguration en 1906, d'autres en 1907. A vérifier !

Surface construite : 1695 m2

Surface Terrain : 345 m2

  

Dessins : Façade de l'hotel sur Santiago del Estero, sur la Avenida de Mayo et coupe transversale.

 

Hotel Lutecia et Hotel Nacional :

 

Le premier nom de cet hôtel (en 1907) fut « Hotel Lutecia », commande de Victoria Ocampo, puis « Hotel Nacional » jusqu'à ce qu’en 1938 il prenne le nom de « Chile Hotel Romanelli », puisque le propriétaire en était Domingo Romanelli . Le 04 août 1988, un incendie ravage l’angle du 4ème étage, puis passe au 5ème et enfin détruit ses toits et la coupole en ardoises de l’angle ainsi que le reste de son toit bombé (qui en faisait sa fierté).

On ne les récupèrera pas. Les années 80 ne connaissant pas encore les bienfaits de la restauration du patrimoine architecturale de la ville (et encore moins de la avenida de Mayo).

On sent aujourd’hui qu’il manque au sommet « quelque chose » mais le reste de la façade reste splendide.

 

Photos : A gauche, l'angle de l'hôtel dans les années 1920, à droite, la façade actuelle sur la calle Santiago del Estero. Cliquez sur les photos pour les agrandir !

 

Plans : Plans originaux. Au Rez de chaussée, le local "2" a fusionné avec l'hôtel pour agrandir l'entrée.

Cliquez sur les plans pour les agrandir. 

Le restaurant Plaza España : 

 

A l’origine, l’entrée de l’hôtel était étroite et ne consistait qu’a proposer aux voyageurs d’emprunter quelques marches pour accéder à l’ascenseur qui l’amenait au premier ou se trouvait le véritable hall d’accueil. A partir des transformations de 1938, l’hôtel s’accapare le local commercial se trouvant a la gauche de l’entrée, permettant d’agrandir l’accueil. La dernière transformation date du début des années 60. Il est d’ailleurs (presque) dans le même « jus » en ces années 2010.

Difficile de trouver la moindre trace de l’activité commerciale de ce local de gauche (n°2 sur le plan). Par contre le local n°1 fut certainement toujours occupé par un restaurant. Entre le restaurant et l’entrée de l’hôtel, un minuscule kiosco ouvert depuis la nuit des temps !

A l’angle, au n° 1899 de l’avenue, pendant des décennies (j’ai du mal à trouver son année d’ouverture, mais je la situe à la fin des années 50), le restaurant « Plaza España » qui était une des meilleures adresses de la zone. Mais voila, celui ci a fermé ses portes en 2012. Remplacé rapidement par un autre restaurant, en 2014, le restaurant « El Cortijo » qui déjà placé à l'intersection de Santiago del Estero et de Rivadavia, s'est agrandit en phagocytant "Plaza España". El Cortijo reste une bonne table.  

  

Photos : Le restaurant Plaza España, à gauche le 27 juin 1997, et à droite le 28 février 2007.

Photo : La loggia du 4ème étage donnant sur la calle Santiago de Chile. Photo Petit Hergé 20 juin 2012.

 

Les conseils du Petit Hergé :

Si vous êtes à Montserrat et proche de l’Avenida de Mayo, le détour vaut la peine, surtout que vous n’êtes qu’à une cuadra du Palacio Barolo. Uniquement pour voir la façade, car l’intérieur a perdu depuis fort longtemps sa déco intérieure. Cet immeuble a mérité sa place dans le style Art Nouveau de Buenos Aires. Un arrêt au restaurant El Cortijo n’est pas pour déplaire.

    

 

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 14:39

Palermo, un quartier à la taille d’une ville :

 

Introduction :

Nous abordons aujourd’hui un thème épineux, puisqu’il s’agit de raconter et de faire découvrir le quartier de Palermo.

Je dis bien "épineux" car j’ai sans cesse repoussé le moment d’aborder ce quartier tel il est vaste pour ne pas dire compliqué, illimité et extrêmement riche en ce qui concerne bien entendu l’aspect touristique mais aussi les aspects sociaux, historiques et économiques.

Si on s’en tient aux chiffres purs et durs on peut mentionner que Palermo et le plus étendu des quarante huit quartiers de la ville mais aussi le plus peuplé avec 226.000 habitants. Bref, Palermo est une cité à elle seule, presque peuplée comme Bordeaux (240.000 hab) ! Il donc serait peut être plus réaliste de ne pas parler du quartier de Palermo, mais de la « ville » de Palermo.

Vous comprendrez bien, que tout ce que vous pouvez trouver sur le net ou dans les guides ayant attrait au tourisme et totalement réducteur.

Car parler de Palermo en n’abordant que Palermo Viejo (Soho) ou Palermo Hollywood c’est réduire le touriste à découvrir qu’une infime partie de ce vaste quartier, et pas forcement le plus intéressant, ni même le plus représentatif.

Photo : La calle Baez, ce qu'on appelle aujourd'hui le secteur de las "Cañitas". (Agrandir la photo)

Photo : Le terrain de la Rural qui sert tous les ans au salon agricole. Sur la plaza Italia.

Palermo, banlieue de Buenos Aires ?

 

Palermo est donc une ville à part entière, faisant certes partie de Buenos Aires administrativement, mais en fait assez éloigné du centre de la ville. 5,6 km à vol d’oiseau entre la Plaza de Mayo et la Plaza Italia, C’est un peu comme si on plaçait la ville d’Arcueil (94) par rapport à Notre Dame de Paris. Bref vous avez compris à l’échelle de la ville de Paris, Palermo serait déjà en banlieue !

Donc à la première question qu’on me pose assez souvent est de savoir si c’est « bien » de loger à Palermo pour visiter Buenos Aires, je pourrai vous répondre par une boutade, pour visiter Buenos Aires installez vous à Buenos Aires pas en banlieue. Même si les communications sont faciles (comme à Paris), pour découvrir Paris, on ne va pas s’installer dans un hôtel a Arcueil, ce n’est pas très pratique.

Donc logez-vous quelques jours dans le centre de Buenos Aires pour Buenos Aires, puis changez d’hôtel et installez vous à Palermo pour visiter …Palermo !

Car Palermo vaut la peine d’être vu !

Photo : Le musée Malba.

 

Photo : Le secteur de "Palermo Nuevo" au niveau de avenidas Santa Fe et Juan B.Justo.

Plan de Palermo : Au nord les bois de Palermo et le Rio de la Plata; à l'est, le centre ville, Recoleta et Balvanera; au sud, Almagro et Villa Crespo, à l'ouest Chacarita et Colegiales; au nord ouest, Belgrano.

Cliquez ici pour agrandir 

Un peu d’histoire :

 

Jusqu’en 1888, Palermo n’est pas dans Buenos Aires (en tout cas, une grande partie), mais dans la commune de Belgrano. Tout ce qui trouve au nord de l’avenida Pueyrredon est considéré hors les murs, et comme il y a très peu d’habitants et surtout presque aucune construction entre cette avenue et le centre de la commune de Belgrano, on est plutôt en pleine campagne !

Le Terme de « Palermo » apparait pour la première fois sur les plans de 1880 mais désigne uniquement les zones boisées (artificiellement) pour stabiliser les lagunes conquise sur le Rio de la Plata. C’est dans le secteur de l’actuel Bois de Palermo. Par contre le tracé des nouvelles rues pour commencer a peuplé cette campagne entre la Plaza Italia et ce qu’on appelle aujourd’hui Palermo Viejo est nommé Villa Alvear. C’est le premier nom de ce quartier.

En 1882, sur un plan de la ville de Bianchi. Le nom de Palermo n’apparait pas, pourtant, existe déjà le début des bois, que l’on nomme encore Parque 3 de Febrero, inauguré en 1874) mais que populairement on surnomme « Los bosques de Palermo ». (Les bois de Palermo).

Existe déjà le tracé de l’Avenida Libertador (nommée Avenida Buenos Aires puis prendra le nom de Avenida Alvear), la Avenida Las Heras est aussi tracée depuis très longtemps, puisque c’était un sentier qui suivait la berge du Rio de la Plata depuis le XVIIème siècle sous le nom de calle Chavango (la rue des Lamas) quant a l’autre grande artère de Palermo qui est aujourd’hui la Avenida Santa Fe, elle porte ce nom depuis 1822.

Photo : L'Arroyo Maldonado est alors la limite nord-ouest de Palermo. On voit au loin le pont sur lequel passe la avenida Santa Fe. Aujourd'hui l'Arroyo est remplacé par la Avenida Juan B Justo.  

Palermo en 1892 est à la campagne !

 

Sur ce plan de 1892, « Palermo » (A) ne désigne que le secteur limité au bois de Palermo. (Aujourd'hui emplacement du Planetarium et du Rosedal)

La avenida Buenos Aires (1) (aujourd’hui Avenida Libertador) la sépare du parc zoologique et du terrain de la Rural.

Ce qu’on appelle aujourd’hui Palermo Viejo est encore nommé "Villa Alvear" (B).

Tout le secteur autour de la avenida Las Heras (2), autour du centre pénitencier n’est pas urbanisé. (on le comprend)

Le seul axe vraiment déjà urbanisé et la Avenida Santa Fe (3). A partir du pont qui enjambe à l’ouest l’arroyo Maldonado, on se trouve à la campagne. Au sud sur l’actuelle avenida Cordoba (4), que des terres agricoles. En rouge, la limite actuelle de Palermo.  

Mais alors d’où vient le nom de Palermo ?

 

Deux thèses, la première vient du nom du Palais (San Benito de Palermo) que fit construire en 1838 Juan Manuel de Rosas, dans l’actuel « Parque 3 de Febrero » (date de la bataille de Caseros). Ce palais fut détruit en 1899. L’autre thèse est peut être plus simplement le nom du premier propriétaire des lieux Juan Domingo Palermo au début du XVIIème siècle, né a Palermo en Sicile.

Sur un plan de 1892 (Plan de Pablo Ludwig), le quartier se nomme toujours Villa Alvear, l’appellation « Palermo » est uniquement utilisée pour la partie des bois.

 

Photo : Plaza Italia en 1927, au fond les immeubles de 1 à 2 étage donnant sur la Avenida Santa Fe. 

Villa Alvear, ancien nom de Palermo : 

 

La seule partie construite (et encore par de petites maisons basses, souvent agricoles) est le secteur compris par l’actuelle avenida Santa Fe et la calle Paraguay (donc sur 400 m) et allant du sud de l’actuelle calle Austria a l’«Arroyo Maldonado» rivière (aujourd’hui souterraine) qui passe sous l’actuelle Avenida Juan B Justo. Mais en 1892, la rivière est encore à l’air libre et monte la limite naturelle au nord du quartier de « Villa Alvear ». Les seuls points de passage pour traverser cette rivière et continuer vers le nord vers le village de Belgrano est un pont l’enjambant avenida Santa Fe, et un autre sur l’Avenida Buenos Aires (actuelle Avenida Libertador).

C’est ainsi que l’on peut dire que l’arroyo Maldonado délimite le quartier de « Villa Alvar ». Au nord de l’Arroyo, la campagne jusqu’au bourg de « Belgrano ».

Il faut attendre les années 1910 pour qu’au delà de l’arroyo on commence à construire et que l’appellation « Villa Alvear » laisse la place a « Palermo » sur les plans.

Dans les années 30, les dernières fermes et établissements agricoles, laissent la place aux tracés des nouvelles rues.  Dans les années 1940 Palermo est entièrement urbanisé. 

 

Photo : L'entrée du parc Zoologique de Buenos Aires sur la Plaza Italia.

Caractéristiques du quartier de Palermo :

 

Comme le quartier est vaste, les porteños ont pris l’habitude de le diviser en sous quartiers qui ne sont absolument pas officiels. On les nomme « Barrios no oficiales » comme La Imprenta, las Cañitas, Botanico, Hollywood, Boulevard, Viejo, Verde, Freud, en y faisant précédé ou non le « Palermo » devant. Au total une bonne vingtaine de sous quartier. Les limites entre sous quartiers sont mal délimitées et certains portent deux ou trois noms. De quoi rester flou en voulant définir une zone exacte. On y reconnait l’art Porteño d’envelopper tout sujet concret dans une nébuleuse artistique. C’est ainsi que les habitants d’un même édifice vous assureront vivre à Palermo Soho et d’autres à Palermo Viejo, et que d’autres se sentiront être à Palermo Sensible. Il me brûle l’envie d’éditer une carte « définitive » avec les limites actuelles de chaque sous quartier, historie de mettre un peu d’ordre a tout ça ! (Historie d’écrire aussi un nouvel article !).

Photo : Le Rosedal de Palermo.

Photo : Le Planetarium de Buenos Aires dans les bois de Palermo.

A chaque sous quartier, une atmosphère propre :

 

Chaque sous quartier, un type d’habitat et un type d’atmosphère différent. Un rapide tour d’horizon, permet de dire que les zones les plus denses sont celles qui sont concentrées autour de l’avenida Santa Fe, très chics et commerciales. Les plus bobo a Palermo Viejo autour de la Plaza Serrano (rebaptisée Cortazar) et de la Plaza Armenia. Les plus « fringues », sur la avenida Cordoba. Les plus restos sur Palermo Hollywood sur les calles Fitz Roy, Humboldt et Bonpland, les plus discothèques sur la calle Cabrera 5500, les plus chics sur Palermo Chico, les plus bling bling sur Palermo Nuevo, les plus BCBG sur las Cañitas et la Imprenta. A chaque fois un monde différent, une sorte de village bien a lui, où on ne se mêle pas et on ne côtoie pas ceux du village d’à coté. Lorsque on est « étranger » et que l’on passe que quelques jours a Palermo, on n’a pas le temps d’en prendre la mesure, mais quand on habite et on appartient à « un » Palermo, on ne perd pas son temps à flaner dans un « autre » Palermo. C’est ainsi que j’ai du mal à imaginer le Porteño de la Imprenta aller diner sur la Plaza Serrano.

Il serait intéressant de s’attarder sur la sociologie de Palermo !

Comme le quartier est vaste, je ne vous cache pas que les sites d’intérêts le sont aussi ! La visite de Palermo c’est au moins entre 3 jours et une semaine.

A lire donc la seconde partie : A visiter dans le quartier de Palermo.

Photo : Les maisons tres chics de Palermo Chico.

 

Photo : Alto Palermo Shopping sur Avenida Santa Fe.

Pour les fanatiques : 

 

Ci-dessous pour les fanatiques (d’histoire et de Buenos Aires) quelques dates rangées chronologiquement avec accès sur des sujets déjà traité dans le site. Cette liste s’allongera au fil de mes découvertes !

 

1836 : Acquisition des terres par Rosas et début de la construction de sa résidence qui prendra le nom de « Casona » ou de « Palacio» de Rosas.

1838 : Fin de la construction du Palacio de Rosas aussi nommé « San Benito de Palermo ». Il en fait sa demeure principale pendant 14 ans.

1852 : Bataille de Caseros, défaite de Rosas, ses biens, et donc sa Casona de Palermo, sont confisqués par le nouveau gouvernement. Son Palais commence a se délabrer.

1867 : 29 juin. Premier match de football joué en Argentine sur le terrain occupé aujourd’hui par le planétarium.

1869 : 11 octobre, la Casona Rosas devient le collège militaire.

1871 : 04 octobre. Le gouvernement accorde une concession pour construire une ligne de tramway entre Buenos Aires et le village de Belgrano passant par Palermo.

1874 : 27 juin  Décision de Sarmiento de créer un parc nommé Parque 3 de Febrero sur l’ancienne propriété de Rosas. La même année on décide aussi de créer le parc zoologique et le parc botanique.

1875 : 11 novembre. Inauguration du Parque 3 de Febrero (Initiative de Domingo Sarmiento) par le président Nicolas Avellaneda. Dans une partie de celui-ci est aussi inauguré le premier zoo (pas sur le terrain actuel, mais proche de l’actuel planétarium).

1876 : Les travaux du parc se terminent réellement un an après l’inauguration.

1876 : Inauguration de l’Hipodromo Argentino de Palermo.

1888 : Février. Le Parque 3 de Febrero passe de l’autorité de la Nation à l’autorité de la ville de Buenos Aires.

1888 – 30 octobre. Ordonnance municipale qui sépare la gestion du Parc 3 de Febrero, le jardin zoologique et le jardin botanique.

1889 : Début de la démolition de l’ancienne Casona de Rosas (alors collège militaire)

1890 – Début et ouverture du nouveau Parc zoologique (celui qu’on connait aujourd’hui).

1892 : Fin des travaux du Parc Zoologique. Cependant la construction de nouveaux  « temples » continueront d’agrémenter le zoo jusqu’en 1904.

1892 : 22 février. Présentation du projet de Charles Thays à la Municipalité de la création d’un jardin botanique sur un terrain de 7 hectares le long de l’avenida Santa Fe qui avait reçu depuis l’époque coloniale espagnole un dépôt de poudre surnommé « El polvorín de Cueli ». En cette année 1892, le terrain est occupé par le Departamento Nacional de Agricultura et le « Museo Histórico Nacional »

1892 : 02 septembre. Acceptation des autorités Municipales du projet de jardin botanique. Le terrain passe de la Nation à la Municipalité.

1897 : 22 avril. Le premier tramway électrique de la ville débute sa ligne à Plaza de los Portones (actuelle Plaza Italia) pour suivre la avenida Las Heras et terminer à Caning (Actuelle Scalabrini Ortiz). La ligne est extrêmement courte (moins d’un km), mais a surpris les premiers passagers par sa vitesse (30 km/h)

1897 : Achat d’un terrain de plus de 3 hectares se trouvant à l’angle de la calle Beruti et de la avenida Coronel Diaz pour la construction de la nouvelle brasserie Palermo.

1898 : Début de production de la Brasserie Palermo. Marques : Salvator, Victoria.

1898 : 7 septembre. Inauguration du Jardin Botanique (sous la direction de Charles Thays)

1898 : Début des travaux pour créer la Plaza Italia, alors appelé Plaza de los Portones (Place des portails) en raison des grilles et des portes qui ouvrent sur la avenida Sarmiento qui entre dans le Parque 3 de Febrero.

1899 – Destruction définitive des derniers murs du Palacio de Rosas avec de la dynamite, décidé par le président Roca.

1904 : 19 juin. Le monument à Garibaldi (toujours en place) est inauguré sur la Plaza Italia

1907 : La Brasserie Palermo sort une bière à sa marque, la Cerveza Palermo.

1910 : Expo Industrielle de 1910 pour la fête du centenaire de la Nation. De nombreux pavillons sont dressés pour le temps de l’expo dans le parc 3 de Febrero.

1910 : Installation de la statue « Monumento a los Españoles »

1910 : Décision de la ville de créer une roseraie le « Rosedal » à l’emplacement du pavillon de Mendoza pour l’Expo de 1910.

1914 : Inauguration de la Plaza de Alemania.

1914 : Début des travaux du Rosedal le 5 mai et terminé le 22 novembre. Inauguration du Rosedal (sous la direction de Charles Thays) le 24 novembre.

1917 – Destruction des portails qui se dressaient à chaque entrée du Parque 3 de febrero.

1929 : Le Patio Andaluz est offert à Buenos Aires par la ville de Séville pour le placer dans le Rosedal.

1938 : 29 décembre. Inauguration de plusieurs stations de métro de la ligne D. « Bulnes », « Canning » (aujourd’hui Scalabrini Ortiz), et « Plaza Italia » qui servira de terminus jusqu’au 23 février 1940.

1940 : 23 février. Inauguration de la Station « Palermo » de la ligne D qui va servir pendant de très nombreuses années (jusqu’en 1987) de terminus à la ligne.

1977 : La Brasserie Palermo achetée par Quilmes ferme ses installations à l’angle de Beruti et de Coronel Diaz.

1978 : Démolition de l’ancienne Brasserie Palermo.

1985 : 26 mars. Accident mortel à la station de métro Plaza Italia après le déraillement d’une rame qui heurte les parois du tunnel. 4 morts (dont le conducteur) et 35 blessés.

1987 : 29 décembre. Inauguration de la station « Carranza » de ligne D. Mais les rames ne peuvent y aller directement. Le terminus reste « Palermo » et ensuite les voyageurs prennent une correspondance dans un mini métro qui relie « Carranza ». Ce service de « navette » va se poursuivre jusqu’en 1993.

1990 : 17 octobre. Inauguration du centre commercial de « Alto Palermo Shopping » à l’emplacement de l’ancienne Brasserie Palermo.

1993 : 1er décembre. Les travaux pour enfin faire arriver les rames de métro à station « Carranza » sont terminés. On peut se rendre de la station « Catedral » à « Carranza » en un seul trajet.

1994 : Fermeture du Rosedal qui est en total abandon. Début des travaux de rénovation

1996 : 03 juin. Réouverture du Rosedal.

1997 : 31 mai, Ouverture de la dernière station de métro du quartier de Palermo. La Station « Olleros ». Jusqu’au 13 novembre de la même année elle sera le terminus de la ligne, jusqu’à l’ouverture de la station « Jose Hernandez » dans le quartier de Belgrano.

2008 : Rénovation du Patio Andaluz du Rosedal

2008 : 29 mai Ré inauguration du Alto Palermo Shopping après plusieurs mois de rénovation.

 

Photo : La serre du Jardin Botanique.

Les conseils du Petit Hergé : 

Toujours aussi difficile de faire le point d’un quartier aussi étendu que celui de Palermo en quelques lignes. Mais ce que je peux conseiller est de loger quelques jours a Palermo (entre 3 et 4 nuits) pour pouvoir en profiter au mieux, avant de déménager dans le centre de Buenos Aires pour être au plus près du centre ville (Dans le centre ville restez y au moins une bonne semaine). Comme Palermo est le quartier comptant le plus d’espace vert de la capitale, la saison a donc une réelle importance. Entre le 15 juin et le 15 sept, c’est la période la plus froide, la plus grise et aussi ou les jours sont les plus courts, donc peut être passer 1 ou 2 jours à Palermo sans y loger. Par contre pendant les autres neuf mois de l’année c’est un véritable régal. Les mois les plus intéressants à Palermo sont ceux de novembre et décembre, pour les fleurs des jacarandas sur les avenues ! (Ca n’engage que moi, mais j’adore ces deux mois). Une seule ligne de métro dans le quartier, donc insuffisants pour s’y déplacer et vous serait tributaire du taxi en permanence (à part le premier jour ou vous aurez 15 km dans les pattes). Les bars, les restaurants ne manquent pas, les musées et les espaces verts non plus ! C’est un quartier récent (la zone la plus ancienne « palermo Viejo » (Ex Villa Alvear) ne commence a se construire que vers 1890, donc nous sommes loin des vielles pierres et des monuments historiques les plus intéressants de la ville. Difficile de se faire une idée en marchant au hasard dans ce quartier, aucune unité architecturale, ni même une trame sociale compréhensible ou une logique dans le tissu urbain. Un vrai puzzle chaotique qui en ravira plus d’un ! Donc un dernier conseil : Allez y vous y perdre et laissez vous conduire par le vent.

Photo : Le dernier shopping de Palermo, Distrito Arcos de Gourmet ouvert en mai 2015. 

 

 

 

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 18:02

Mise à jour : 30 septembre 2016. Catégorie Buenos Aires.

Le Railway Building (1907-1910) (Quartier de Montserrat – Buenos Aires)

 

Ne vous trompez pas, bien qu’ayant reçu un nom anglais, ce bâtiment est bien installé à Buenos Aires. Il est considéré aujourd’hui comme le premier gratte ciel édifié dans la ville (Si on fait abstraction du Plaza Hotel, datant de 1909). Il fut monté entre 1907 et 1910 pour les différentes sociétés contrôlant les chemins de fer argentins (souvent aux mains de capitaux britanniques ou français) pour regrouper leurs services au sein d’un même bâtiment.

Voilà comme on pouvait voir le centre de Buenos Aires en 1928.

 

Sur cette photo aérienne de 1928, le Railway Building apparait en plein centre du cadrage.

Le Railway Building (A) qui a déjà 18 ans, se dresse comme l’immeuble le plus haut sur le Paseo Colon. Derrière lui, l’ancien bâtiment de Rentas Nacionales (B) installé depuis 1858-1860 sera démoli quelques années plus tard en 1936 pour laisser la place au bâtiment du Ministère de l’Economie. En (C) La Casa Rosada, au premier plan, on voit l’aile qui sera détruite en 1938. L’Ancien Gran Hotel Argentino (1868) sera détruit en 1927 pour permettre en cette année 1928 de construire l’édifice (D) qui deviendra le siège de la SIDE (Services secrets argentins). En (E), l’ancienne bourse de Buenos Aires (1885) qui était déjà depuis 1916 rattachée au Banco Nacion. L’ensemble sera détruit en 1939 pour construire le Banco Nacion que l’on connait aujourd’hui. L’ancien Palais Episcopal (F) est accolé à la Cathédrale (G). Il sera détruit par un incendie intentionnel en juin 1955. Le Palacio de la Municipalidad (H)(1890-1893) fut le premier bâtiment à se construire sur la toute nouvelle avenida de Mayo. On aperçoit les toits du Cabildo (I). Sur Diagonal Sur, l’énorme bâtiment du Palacio Législatif de la ville (J) est en construction (1926-1931). En construction aussi le gratte ciel de l’Edificio Union Telefonica (K) (1928-1929). Sur la Plaza de Mayo, se dressaient un certain nombre de grands hôtels dont celui de Londres (L) (1897), il fut détruit lui aussi en 1942. La Basilique San Francisco et ses patios (M). Les ruines de l’ancien Moulin San Francisco (N), inauguré en 1846 et détruit en 1937 pour laisser la place à l’Edificio La Forestal. L’Edificio Villalongua (O) datant de 1908 est aujourd’hui démoli depuis longtemps ! Par contre, l’Edificio Lahusen (P) (1926) est toujours bien debout !

(Pour agrandir la photo).

Construction du premier gratte ciel porteño :

 

La commande date de 1907 et il faut montrer alors à tout Buenos Aires la puissance de ces nouvelles sociétés ferrovières.

Le projet est confié aux architectes Eustace Lauriston Conder (1863-1935) anglais immigré en 1888. Il a travaillé essentiellement en Argentine sur quelques gros projets dont la gare de Retiro. Il sera accompagné lors de la construction de cet immeuble par Sydney George Follett (1883-1968), arrivé en 1911 en plein chantier. C'est ce Follett qui, à la mort de Conder, reprendra son atelier.

Conder travaille sur ce projet en partenariat avec un autre gros cabinet anglais installé à Buenos Aires, celui de Paul Bell Chambers (1868-1930), aussi Anglais et qui a principalement oeuvré à Buenos Aires, c'est l'architecte des grands magasins Harrods de Buenos Aires et de son associé et ami Louis Newbery Thomas (architecte du siège de Bank Boston sur Diagonal Norte en 1920).

Le projet est copié sur le Ansonia Hotel de New York datant de 1889 et construit par l'architecte français Paul-Emile Duboy (1857-1907). Le Railway est un peu plus modeste est ne monte qu’a 80 mètres.

Son style est un mélange d’architecture victorien et édouardien.

 

Photos : A gauche le modèle, l'Ansonio Hotel de New York, à droite le Railway Building de Buenos Aires.  

Siège successif de Ferrocarriles Argentinos et de Aerolineas Argentinas : 

 

 

On dit que s’il ne fut pas inauguré juste a la fin de sa construction en 1910, c’est qu’il semblait que la bâtiment penchait et qu’on émettait des doutes sur la structure de l’ensemble. Je pense que nous avons plus à faire à un mythe urbain qu’à la réalité. De toute façon ce qui est vrai, c’est que le bâtiment fut inauguré que 4 ans plus tard en 1914.

Après la nationalisation de toutes les compagnies de chemins de fer en 1947, il devint le siège de Ferrocarriles Argentinos. En 1955 c’est au tour de Aerolineas Argentinas d’en faire son siege.

Au fil des années et des différentes sociétés l’occupant, la décoration intérieure originale fut changée. Les grands travaux entre 1994 et 1996 pour recevoir l’annexe des bureaux du Ministère de l’Economie (tout proche, sur la Plaza de Mayo) eurent raisons des derniers vestiges intérieurs de 1907. A part le grand escalier en marbre d’origine, tout le reste fut modernisé.

Installé à l’angle du Paseo Colon et de la calle Alsina, cette dernière est très pentue ce qui permet d’avoir une entrée secondaire au premier étage du bâtiment donnant sur cette rue.

 

Photo : Façade donnant sur la calle Alsina. 

Photo : Façade sur le Paseo Colon des trois premiers étages du Railway Building.

Fiche technique :

 

Adresse : Paseo Colon 181

Dates de construction : 1907-1910.

Inauguration : 1914

Utilisation : Bureaux

Visite : N’a pas de visite organisée, mais on peut y entrer en semaine aux heures de bureaux. 

 

Photo : Porte d'entrée donnant sur la calle Alsina. 

Photo : Le Railway Building, vue à partir du Paseo Colon sur l'étroite rue Alsina. 

Les conseils du Petit Hergé :

 

Certainement un de mes bâtiments préférés du Paseo Colon avec l’Edificio Lausen et le Ministerio de Agroindustria. Pour les amants de l’architecture du début du XXème siècle, assez pompeux. Comme il s’agit d’un bâtiment de bureaux, il n’y a aucune visite prévue, mais ne sous estimez pas la « buena onda » des porteños et demandez au concierge de vous laissez entrer, c’est du domaine du possible. Uniquement en semaine. Comme vous trainez dans le coin, n’oubliez pas d’aller voir le Musée du Bicentenaire, le musée de l’Ancien Congrès, la Basilique San Francisco, la Casa Rosada et le Musée de la Ville, tout ça dans un rayon de 200m. Un des coins les plus riches au niveau du Patrimoine du quartier de Montserrat

 

Photo : La coupole du Railway Building.

Photo : Une douzaine d’années après la première vue aérienne placée au début de l’article, en voilà une autre datant de 1940.

On reconnait le Railway Buiding (A) sur Paseo Colon noirci par la pollution de l’époque (On se chauffait au charbon et le port de Puerto Madero et ses vapeurs n’étaient pas loin). L’édifice tranche par rapport à la blancheur du tout nouveau Edificio La Forestal (N) (de 1938), et le Bâtiment du Ministère de l’Economie (B) (de 1937). La Casa Rosada (C) a déjà perdu (en 1938) son aile sur la calle Yrigoyen. Sur la Plaza de Mayo, on voit encore l’ancien Congreso (R) (qui sera détruit en 1942), tout comme l’Hotel de Londres (S) détruit aussi en 1942. L’Edificio Union Telefonica (K) lui a aussi noirci depuis la photo de 1928, tout comme l'Edificio Lahusen (P). La Basilique San Francisco (M) est toujours là, et sur cette vue on voit aussi un peu plus loin l’Eglise Santo Domingo (V). Le collège National (T) se dresse sur la calle Bolivar depuis 1908, comme le Palacio Raggio (U) occupe l’angle de la calle Alsina depuis 1910. Au centre de la photo, L’Edificio Villalonga (O) est toujours debout mais n’y restera plus longtemps ! 

A lire aussi dans le Petit Hergé : 

   

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 23:05

Mise à jour : 07 juillet 2016. Catégorie Buenos Aires.

Le quartier de Puerto Madero : 

 

Voici les principaux points d’intérêt à connaitre ou à visiter lors de votre circuit dans le quartier de Puerto Madero. Haut lieu de l’architecture moderne de Buenos Aires, le quartier regroupe quelques unes des tours les plus hautes d’Amérique Latine.

Pour une lisibilité plus grande je sépare les espaces et bâtiments visitables (titre en rouge), des autres constructions intéressantes mais qui ne permettent pas forcement d’y pénétrer (en noir).

Cet article vient en complément d’un premier article que vous avez surement déjà du lire : Quartier de Puerto Madero.

Comme toujours, je recommande de bien vous chausser et de préférer  une journée ensoleillée pour la découverte de ce quartier étendue sur plus de 2 km2.

Découpez peut être votre visite en deux demies journées, ce qui vous permettra de gouter à Puerto Madero à la fois lors d’un jour de semaine et d’y plonger aussi un samedi ou dimanche, quand l’ambiance est toute autre.

Comme toujours si vous avez des questions à me poser au sujet de ce quartier ou même vouloir que je vous fasse découvrir Puerto Madero sur place, prenez contact avec moi sur : petitherge@hotmail.com 

Bonne visite !

Photo : Le Yatch Club Argentino datant de 1915. Photo : 23 décembre 2010.

A visiter dans Puerto Madero :

 

Commençons la visite en partant du nord (Dique 4) et descendons vers le sud (Vers les diques 3, 2 et enfin 1). Les dates figurant à coté des titres des bâtiments correspondent au début du projet et à l’inauguration)

NB : Les bâtiments de Buquebus ainsi que ceux du nouveau projet de Malecon Dique 4, tout comme ceux du Yacht Club Argentino se trouvent au nord de la Avenida Cecilia Grierson. Ils sont donc officiellement dans le quartier de Retiro mais par raison de commodité seront traités dans cet article concernant Puerto Madero.

Vous avez ci-joint, le plan du quartier sur lequel sont répertoriés par un nombre tous les éléments interessants. Le circuit (en rouge) a une longueur approximative de 13 km entre le point 1 et le point 43 pour se terminer sur la Plaza Dorrego de San Telmo.

 

 

Plan de Puerto Madero. En rouge le circuit proposé. Départ au #1 Edificio Guardacostas.

Cliquez sur le plan pour agrandir, et imprimez le pour vous permettre de le visiter sur place. 

Video : Puerto Madero. Février 2016. 2 mn 22 s.

1 - Edificio Guardacostas (1945-1949) :

Av. Eduardo Madero 235

 

Cet édifice fut installé juste à l’entrée de Puerto Madero a la fin des années 40 pour recevoir le « Secretaría de Marina » et plus particulièrement la « Capitanía General de Puertos ». Ce qui allait devenir avec le temps la « Prefectura Naval ».

A l’origine était prévus deux immeubles sur la Avenida Madero de chaque coté de la calle Peron, un pour abrier les services de la marine, et l’autre pour le Ministère de la guerre. Finalement seulement celui de la Marine sera construit entre 1945 et 1949.  Nous sommes en pleine architecture rationaliste des années 40. Il possède 9 étages, un rez-de-chaussée et deux sous sols. 

2 - La Corbeta ARA Uruguay :

 

Construite en Angleterre en 1872, cette corvette est la plus ancienne appartenant à la marine argentine. Elle mouille aujourd’hui dans le bassin 4 (coté docks) et peut être visitée. Déclarée Monument historique en 1967, elle fut dans les années 90 transformée en musée. On peut la visiter tous les jours entre 10h et 19h.

3 - Le restaurant Cabaña Las Lilas :

 

Alicia Moreau de Justo 516.

Certainement le restaurant le plus chic, le plus « m’as tu vu » et donc le plus cher du quartier, de Buenos Aires, d’Argentine, et peut être d’Amérique du sud !

Il est pourtant sur les guides du routard ! ! ! A 40 euros le plat, il n’y a que des touristes étrangers cherchant désespéramment « le typique ». Bref la viande est bonne (Il y a intérêt à ce prix là), mais on est loin de l’ambiance de Buenos Aires !

Si j’en parle dans cet article, c’est que ce restaurant fut certainement l’un des premiers à ouvrir dans les premiers docks dans les années 1995-1996. Un des derniers vestiges (Avec Bice) des années Menem ! Passez y pour vous y rincer l’œil (et voir le genre de clientèle kéké locale ou brésilienne) et regardez la carte et les prix en présentation à l’extérieur. (Histoire de rigoler un peu). Peut être votre premier souvenir de l’insécurité à Buenos Aires quand on vous apporte l’addition.

On regrette peut être les autres restaurants (fermés) de la fin des années 90 qui eux tout en étant (quand même) un peu cher (mais moins) pour l’époque proposaient de la vraie gastronomie (Ex : Katrine, ou Dique 4).

4 - Google Argentina : 

Alicia Moreau de Justo 350

 

Le siège est installé sur 3000 m2 de l'ancien dock 3. Google débarque en Argentine et à Buenos Aires en 2008, et vient s’installer bien sur dans le plus chic du plus chic des quartiers. Ca fait partie de la " communication ".

5 – Restaurant Bice : 

Alicia Moreau de Justo 192.

 

Vous êtes riche, et vous voulez vous offrir des plats entre 20 et 30 euros, c’est ici qu’il faut aller quand on ne sait pas ou déjeuner. Car quand on sait, on ne va jamais se restaurer à Puerto Madero. Bice est (se veut être) un resto italien, moins cher que Las Cabañas Las Lilas, mais quand même ! Bref par personne comptez entre 50 et 80 euros pour manger moyennement. Si je l’inscrits ici c’est tout simplement parce qu’il fait partie des « incontournables » des tables de Puerto Madero qu’on essaye de vous vendre. N’oubliez pas qu’a Puerto Madero vous ne payez pas le service ou le produit mais vous payez les frais de location du local.

6 - Edificio Telecom

(1995-1998) :

Av Alicia Moreau de Justo 50

 

La seule tour construite sur la partie ouest de Puerto Madero, c’est à dire du coté des anciens docks rénovés. En effet, le plan ne prévoyait aucun bâtiment nouveau de ce coté des bassins (et encore moins une tour), mais pourtant le 18 février 1998, la tour de 15 niveaux et haute de 70 m est inaugurée. Elle reçoit alors le siège de Telecom Argentina (alors filiale de France Telecom et de Telecom Italia). C’est aussi la première tour (donc la plus ancienne) du quartier !

En 2007, Telecom Argentine (Aux mains de Telecom Italia et du Grupo Werthein) met son immeuble en vente, mais les services y restent. Conflit entre les deux associés qui reporte plusieurs fois la vente. Il sera vendu en 2008.

En février 2014, a été retiré l’énorme logo « Telecom » accroché aux derniers étages de l’édifice (Les dernières actions appartenant à Telecom Italia furent vendues à Fintech Telecom LLC (Mexique), fin 2013).

7 - La Terminal de Buquebus

(2006 – 2007) :

 

Buquebus est la principale société de ferrys reliant depuis 1990, Buenos Aires à la cote uruguayenne (Colonia ou Montevideo). La Terminale fluviale déménagea plusieurs fois à Buenos Aires entre la Darsena sud au début des années 1990 à l’emplacement actuel sur Darsena nord à la fin des années 1990. La terminal jusqu’en 2007 est simplement composé de l’ancien bâtiment de docks (toujours debout et bien délabré à ce jour). En octobre 2007 est inaugurée la nouvelle Terminal qui existe aujourd’hui. L’ancien bâtiment de docks est toujours en cours d’études pour y installer un hôtel. Un article sur la société Buquebus a été ecrit en 2010 et peut vous interesser. Lire ici.

8 - Madero Riverside (2015 - 2016) :

 

Petit bâtiment de bureaux dessiné par l’Atelier d’architecture Mario Roberto Álvarez y Asociados. Ce projet se trouve sur l’ancien terrain ayant reçu dans les années 90 la discothèque-restaurant BA Opera Bay. Puis démoli, un projet portant sur un hôtel géré par le groupe St Regis fut commencé puis abandonné avant de voir ce troisième projet débuter en 2015.

En juin 2016, le bâtiment n’est toujours pas achevé.

9 - Tour Madero Office (ICBC) (Ex Standard Bank)

(2008-2011) :

Cecilia Grierson 355

 

Quand l’entreprise RAGHSA achète le terrain en 2007, c’était avec l’intention de construire une tour de logements. Cette tour devait accompagner le projet de la construction de l’hôtel Saint Régis sur l’ancien terrain d’Opera Bay le jouxtant à l’ouest. Finalement comme le projet Saint Régis périclita, RAGHSA préféra ce lancer dans le montage d’un projet de bureaux.

C’est l’atelier d’architecture Mario Roberto Álvarez (1913-2011) (dont les projets sont innombrables) qui fut mandaté pour dessiner le projet. En 2007 tout était prêt pour commencer le chantier, mais la crise internationale de 2007- 2008 arrêta tout net, et le chantier démarra réellement qu’à la fin de cette même année pour se terminer en 2011. L’Immeuble fut inauguré en mars 2011.

De l’extérieur, on comprend facilement le fonctionnement de la tour. Deux énorme piliers latéraux abritant tous les services techniques, escaliers et blocs ascenseur, encadrant entre le 2éme et le 27éme étage, les niveaux de bureaux totalement vitrés. Les blocs ascenseur comptent 8 ascenseurs dans chaque pilier reliant les 4 sous-sols de parking, l’entrée principale au rez-de-chaussée et les niveaux de bureaux. Les deux piliers dépassent le 27eme étage pour terminer au dessus (renfermant aussi des étages techniques, réservoir d’eau etc..)

10 – Yacht Club Argentino 

(1913-1915) :

 

A l’extrême nord du quartier (et même déjà dans le quartier de Retiro), le Yatch club est le premier ouvert à Buenos Aires. Créé en 1883, il s’installe a son emplacement actuel sur Darsena Norte le 23 décembre 1915. Le bâtiment est l’œuvre de l’architecte français Edouard Louis Le Monnier.

Vous pouvez toujours demander à entrer pour aller dejeuner à midi ! 

11 - Réserve Ecologique :

 

Il s’agit en fait d’un terrain de 350 hectares gagnés sur le Rio dans les années 70 et 80 en remblayant de terres et de gravats provenant de la percée de l’autoroute « 25 de Mayo » (1978-1980). Ce terrain fut totalement laissé à l’abandon et la nature fit son travail de récupération en la peuplant d’une faune lacustre, de très nombreux oiseaux (250 especes) et une végétation dense et souvent provenant du nord de l’Argentine apportée par les limons du Rio de la Plata.

Une première ordonnance municipale reconnait l’intérêt de cette espace en 1986. On vient de fêter ses 30 ans. En 1989, on délimite l’espace de la nouvelle aire écologique, rentre dans le patrimoine porteño en 1994 et le parc est créé en 2001 géré et protégé par un conseil de la « Reserve Ecologique de Costanera Sur ».

La réserve comporte 3 lagunes et de nombreux sentiers en faisant le tour. Il existe deux entrées. Une au nord dans le prolongement de la Avenida Cecilia Grieson (Avenida Cordoba), et une autre plus au sud à 2,3 km dans le secteur de l’ancien « Balneario ».  Comptez 7 km pour en faire le tour, mais il existe des allées de traverse.  L’entrée est libre et gratuite (on peut y entrer avec son vélo). Ouvert du mardi au dimanche entre 08h et 18h en hiver et 08h et 19h en été. Les lundis fériés la réserve est ouverte.

Déjà écrit sur le site, un article complet sur la Réserve Ecologique en 2012.

12 - Colección Fortabat :

(2002-2008) 

Olga Cossettini 141

Ce musée est privé et regroupent les œuvres artistiques appartenant à la famille Fortabat et plus spécialement à Amalia Fortabat (1921-2012). La collection est installée dans un édifice dessiné par l architecte uruguayen  Rafael Viñoly. Le projet a débuté en 2002 et le musée fut inauguré en 2008.  On peut le visiter, ouvert tous les jours sauf le lundi entre 12h et 21h et le week end à partir de 10h. Le mercredi demi tarif.

Un article complet a déjà été écrit sur la Coleccion Fortabat sur le site en 2009 et 2016.

13 - Yacht Club Puerto Madero : 

Sur Dique 4 coté est.

C’est joli, c’est l’endroit ou on mouille son bateau quand on en a un pour le montrer et puis parce qu’on habite le quartier. Ca fait partie du standing.

Un salon flottant de deux niveaux en bois permet de donner des réceptions. De quoi afficher sa fortune et faire des envieux.

Dommage que ces salons fonctionnent uniquement en réceptions, et non en restaurants. Un bel endroit pour faire des photos.

14 - Torres del Yacht

(2007 - 2010) :

Avenida Juan Manso 530.

 

2 tours (Torre Norte et Torre Sur) dessinées par Fernández Prieto, commencées en 2007 et inaugurées en mars 2010 pour la Sud et avril pour la Nord. Haute chacune de 140 m avec 44 étages, elles offrent 448 appartements de 2 pièces de 65 m2 et de 3 pièces de 110 m2.

15 – Hilton Buenos Aires Hôtel 

(1998-2000) :

Macacha Güemes 351

Certainement le premier bâtiment à se lever du coté ouest de Puerto Madero.

Le projet date de 1998 sous la direction de l’atelier d’architecture Mario Roberto Álvarez y Asociados, et fut entrepris rapidement. Le centre de convention a été inauguré en janvier 2000, et pu servir à la remise des prix des Martin Fierro de la même année. L’hôtel lui fut ouvert un peu plus tard en juillet 2000. On se souviendra que l’hôtel (pas encore ouvert au public) servi de décors pour de nombreuses scènes du film « Las 9 reinas » toujours en 2000.

Comme tout hôtel, vous pouvez y entrer et prendre quelque chose au bar !

Le principal intérêt du hall est qu’il englobe tout l’espace central du bâtiment, les chambres donnant dessus en coursives. Vaut le coup d’œil !

16 - Torre YPF

(2005-2008) :

Bv. Macacha Güemes 515

 

La seule tour de bureaux de Puerto Madero à l’ouest de l’avenida Juana Manso.

Troisième tour dessinée par l’architecte Tucumano César Pelli après la Tour Bank Boston (1998-2001) dans le quartier de San Nicolas et l’Edifice Republica (1994-1996). La tour compte 36 étage, et 3 sous sols et haute de 160 m.

En regardant la façade, un angle semble contraster avec le reste de la tour, en effet au 26eme étage et jusqu’au 31ème, se trouve une sorte de serre dans laquelle ont été plantés des eucalyptus.

17 - Torres River View

(2001-2003) :

Juana Manso 780

Les premières tours d’habitations construites de Puerto Madero. Le chantier commença très peu de temps après celui du Hilton tout proche. Elles furent inaugurées en mars 2013. Il s’agit d’un ensemble de 2 tours de 30 étages chacune.

18 – Puente de la Mujer (1998-2001) :

 

Une des icones de Puerto Madero, le « puente », qui en fait n’est qu’une passerelle pour piétons enjambe le dique 3. Œuvre de l’architecte espagnol Santiago Calatrava (celui du Puente del Alamillo (1992) à Séville). Il parait que le pont représente un couple dansant le tango !?!

Dimensions : 160 m de long sur 39m de hauteur.

Les deux parties latérales sont fixées aux quais, alors que la partie centrale (celle qui porte la structure) est giratoire sur l’axe de sa pile centrale. Elle tourne sur elle même et permet de laisser passer les embarcations.

19 - Buque Museo Fragata Sarmiento

(1897) :

Datant de 1897, il fut intégré a la marine argentine comme bateau école entre 1899 et 1939. Puis resta le long des rios Parana et Uruguay jusqu’en 1961. Déclaré monument historique en 1962, il fut enfin transformé en musée en 1964. Plusieurs fois déplacé, il trouve enfin son mouillage définitif sur Dique 3 a la fin des années 90. Il se visite, et est ouvert tous les jours entre 09h et 19h (20h le samedi et dimanche). Un article déjà complet a été écrit sur la Fragata Sarmiento.

20 – UCA :

(1992-2015)

Juana Manso 780 à 1300.

Les bâtiments des 4 docks furent tous construit entre 1904 à 1906, mais plusieurs incendies successifs des docks poussèrent à faire des transformations partielles entre 1912 et 1914. Le Dock 9 par exemple ne fut jamais terminé.

La UCA, université Catholique argentine fut fondée en 1958. Elle achète en 1992 4 anciens docks. Les travaux commencent presque immediatement et intègre le premier bâtiment à Puerto Madero en mai 1994. Il s’agit de l’ancien dock 10, aujourd’hui renommé Santo Tomas Moro, pour recevoir la faculté de Sciences économiques. En avril 1996, c’est au tour de l’ancien dock 11 (Edificio San Alberto Magno) qui est inauguré par la Faculté d’Ingénierie. En décembre 1998, vient le tour de l’inauguration d’un troisième bâtiment, la partie nord de l’ancien dock 9 (Aujourd’hui Edificio Santa Maria de Buenos Aires). Apres une longue période sans grand chantier, la restauration du 4eme et dernier ancien dock (le 12) est entreprise en mars 2003. Ce dernier fut inauguré par tranche successive jusqu’en octobre 2009. Enfin ce fut au tour du Dock 9 d’être (enfin achevé) sur sa partie sud. Cette dernière partie fut inaugurée fin 2014 et il ne restait plus qu’à la nouvelle église qui y est comprise d’être à son tour inaugurée en mars 2015.  

21 – Le Tramway fantôme de Puerto Madero

(2007) :

Station Independencia.

Projet embryonnaire de tramway à Buenos Aires tombé au fin fond des oubliettes après la fin du rêve d’Alstom de construire le TGV en Argentine. Article entier écrit sur le sujet en 2007. Une rame de tramway est tout betement abandoné sur ses rails à la station fantôme « Independencia » depuis le 09 octobre 2012. A voir 

22 - Mercredes Benz Center (2005)

Azucena Villaflor 435

Anciennement nommé « Edificio Daimler-Chrysler », avant le grand divorce des deux marques. A l’extérieur juste au centre de l’avenida Azucena Villaflor, la sculpture de Fangio a bord de sa Mercedes. La sculpture est inaugurée en novembre 2005. C’est en fait une copie en bronze d’un original du Catalan Joakim Ros Sabaté.

23 – Faena Art Center :

Azucena Villaflor 460 - Dique 3

Comme son nom l’indique, le Centro de Arte « Faena » appartient au groupe argentin Faena déjà propriétaire de l’Hôtel Faena et de différents immeubles d’appartements (Résidence Faena) à location temporaire dans le quartier. Celui-ci fut ouvert en septembre 2011.

Le bâtiment occupé est celui de l’ancien Los Molinos datant de 1902 et entièrement restauré. Les anciens moulins pouvaient produire jusqu’à 1000 tonnes de farines par jour.  Les 4000 m2 d’expo sont majoritairement installés dans l’ancienne salle des machines.

Attenant le reste de l’ancien immeuble (Los Molinos Building, appartenant aussi au Faena) a été inauguré deux ans avant en octobre 2009 pour recevoir des bureaux et des appartements.

Ouvert du mardi au dimanche entre 11h et 20h. Entrée 4 euros.

24 - Torres Le Parc Puero Madero 1 et 2 et 3 (2003-2008) :

Azucena Villaflor 550,

Il s’agit d’un ensemble de 3 tours de logements, Torre del Río (2003-2005), Torre del Parque (2004-2006) et Torre del Boulevard (2005-2008), toutes trois hautes de 146,50 m. 

25 – Alvear Icon Hotel

(2009-2016 ?) :

Aimé Painé 1130.

Tout appartenant au groupe Alvear (Alvear palace Hotel) comprenant à la fois un hôtel et des appartements de luxe à louer. Le projet a été confié à l’atelier d’architecture Pfeifer-Zurdo (PFZ Arquitectos).

La partie inférieure (de l’étage 1 à 19) sera occupée par l’hôtel et ses 146 chambres. Le 20ème et 21ème étage par une piscine et un spa, puis du 22ème jusqu’au dernier par 50 appartements de luxe. Hauteur totale de la tour : 129,50 m.

L’hôtel aurait du être inauguré en 2013, mais en 2016 l’ensemble est toujours en chantier !

Le Plaza Hotel (du même groupe Sutton) va bientôt fermer pour deux ans (2016-2018) le temps de sa rénovation totale, toute l’activité sera alors transférée à l’Alvear Icon Hotel.

26 – El Mirador de Puerto Madero (2004-2006) :

Aimé Painé 1150

A première vue on a l’impression de voir une seule tour, en fait elles sont trois indépendantes mais reliées entre elles. Cela fait son originalité.

Le projet est signé Estudio Urgell - Penedo – Urgell.

Le chantier débuta en septembre 2004 pour s’achever en décembre 2006.

Photo : Les deux tours Renoir sont celles qui sont au premier plan entourant la piscine aux lignes courbes.

 

27 – Torres Renoir (2005-2011) : 

Maria Lynch 500.

Ensemble de deux tours de logements, comprenant la Torre Renoir 1 haute de 40 étages (2005-2008) et la Torre Renoir 2 (2007-2011). La Torre 2 haute de 50 étages et de 175 m est la plus haute d’Argentine. La première tour fut inaugurée en décembre 2008.

28 - Musée de l’humour : (1927)

Av. de los Italianos 851.

Il s’agit de l’ancienne brasserie Munich monté en 1927 sur la promenade alors très en vogue de Costanera sur.  La Brasserie se réclame du style classique centre-européen d’époque. Les terrasses recréaient ainsi le charme traditionnel des brasseries-jardins de la ville de Munich d’antan. De nuit, l’édifice était entièrement illuminé avec ses réverbères et les vitraux reflétaient leurs couleurs à l’extérieur. La brasserie ferme dans les années 1970. En 1979, la ville de Buenos Aires la loue à l’entreprise téléphonique Entel. En 2002, la ville en fait son centre des musées avant de la transformer définitivement en musée de l’humour (de la BD) en 2012. A partir de ce musée, et jusqu'à l’angle de Defensa et Chile (Quartier de Montserrat), ont été placés les principaux personnages des BD argentines.

Ouvert du lundi au dimanche de 11h à 18h (le weekend de 12h jusqu'à 20h). Entrée 0,60 euro (2016).

29 - Costanera Sur : (1918)

Cette promenade longue de 2,5 km longeait jusque dans les années 1970 le Rio de la Plata. Elle fut tres en vogue a partir des années 1918. A partir du moment où les berges furent remblayées, elles perdirent de l’attrait et la zone tomba en décadence. Quelques roulotes à sandwichs survécurent, essentiellement rendez vous des chauffeurs de taxis. Il faut attendre le renouveau de Puerto Madero dans les années 90 et surtout la rénovation de 1998 pour que les habitants de Buenos Aires reprennent possession des lieux le weekend.

Un article déjà écrit sur Costanera Sur en 2012.

30 - Monumento al tango : (2007)

Haute de 3m et pesant 2 tonnes la Sculpture représentant le tango fut apportée par une caravane de 30 voitures en novembre 2007, à partir de l’atelier où elle fut montée sur Avenida Corrientes 6383, en descendant toute l’avenue et s’arrêtant a chaque fois sur les lieux les plus symboliques du tango comme la Esquina Osvaldo Pugliese, à Abasto, au niveau de l’Obélisque puis au Luna Park.

La sculpure « Virulazo » est l’œuvre de Estela Trebino et de son fils Alejandro Coria.

31 - Torres El Faro

(2000-2005) :

L’ensemble de deux tours fut construit entre 2000 et 2003 pour la Tour 1 et 2003 et 2005 pour la tour 2.

A l’époque la Tour 1 (160 m sans les antennes) fut la plus haute d’Argentine, avant d’être dépassée en 2009 par las Torres Mulieris (161 m).

Au total dans les deux tours, 160 logements, une piscine a l’air libre, un spa, saune, gymnase et stationnements en sous sol.

L’originalité est de découvrir entre les deux tours 4 passages les reliant tous les 10 étages. Comme elles furent les premières tours mais aussi les plus hautes de Puerto Madero, on pouvait les voir de très loin à Buenos Aires, surtout dans l’axe de la avenida Belgrano. 

32 - L’Alvear Tower (2012-2018 ?) : 

Azucena Villaflor 559

Elle sera la tour la plus haute de Puerto Madero (de Buenos Aires, d’Argentine et d’Amérique du sud).

54 étages pour 235 m de haut. Sa construction est comme toujours en Argentine en retard. L’inauguration était prévue en 2016, on parle aujourd’hui (juin 2016) d’une inauguration courant 2018. Comme cette tour se trouve au sein même d’un ensemble de très haute densité déjà occupés par de très nombreuses tours (Les 2 tours du Faro, la Tour Château, les deux tours …) sans compter les autres tours faisant face a l’avenida Azucena Villaflor, comme les 3 tours Le Parc, il faudra monter au moins au 40ème étage pour avoir enfin un panorama dégagé.

Les architectes du projet sont PfZ arquitectos (Pfeifer-Zurdo), les mêmes que pour l’autre tour (Alvear Icon Hotel) montée par le même groupe en ce moment.

La tour abritera des appartements de très haut standing, 3,30 m sous plafond et des unités de 500 m2 se surface.

33 - Château Puerto Madero Residence

(2006-2010) :

 

Un des gros édifices de ce secteur, 50 étages et 155 m de haut, elle sera malheureusement un peu à l‘ombre de l’Alvear Tower quand elle se terminera.

Son style surprend, une sorte de  néo classicisme à la française ! Il faut dire que le même groupe avait déjà fait mouche dans le même style dans le quartier de Nuñez en montant le Château Libertador (40 étages et 130 m de haut) construit entre 2006 et 2010.  

34 - Faena Hotel (2000-2004) : 

Martha Salotti 445

Le premier projet d’Alan Faena à Puerto Madero pour transformer un ancien silo à grains de 1902 ayant appartenu au Molinos de la Plata pour le transformer en hôtel 5 étoiles. La décoration (tres kéké) a été confiée à Philippe Starck.

L’hôtel de 105 chambres fut inauguré en octobre 2004. Son premier nom fut le Porteño Building.

35 - Hotel Madero

(2003-2004) :

Rosario Vera Peñaloza 360

Hotel 4 étoiles appartenant au groupe Accor. Il fut inauguré en octobre 2004. Au total 193 chambres. Restaurant au dernier étage.

36 - Parroquia Nuestra Señora de la Esperanza (1994) : 

Aimé Painé 1680

Certainement le premier bâtiment construit à Puerto Madero au tout début de la récupération puisque cette église date de 1994. L’ensemble fait ressortir les briques comme un élément représentatif des docks passés du quartier. Originalité, l’autel est ouvert sur les jardins. 

37 - La Fuente Monumental de las Nereidas (1903) : 

Avenida Tristán Achával Rodríguez 1550

La fontaine est une œuvre de la sculptrice argentine Lola Mora (1867-1936), représentant la naissance de Vénus. Elle est sculptée en marbre de Carrare et fut inaugurée le 21 mai 1903. C'est une très grande sculpture où l'on peut voir Vénus sortant d'une grande valve marine supportée par son père Jupiter, et entourée de Néréides totalement dénudées axées vers la scène centrale.

Elle était destinée à la Plaza de Mayo, mais le déshabillé des statues causa un grand émoi et une intense polémique, à la suite de quoi on la logea a l’intersection de l’avenida Alem et de la calle Peron en 1903, où elle resta jusqu’en 1918. On la transféra alors sur la Costanera Sur à la limite du quartier de Puerto Madero et de la réserve écologique de Buenos Aires. Enfin en 1971, on voulu à nouveau la déplacer sur Avenida Santa Fe et 9 de Julio, mais l’apparition de petites fissures firent changer d’avis. Depuis 1997, la sculpture est classé au patrimoine historique national.

 

38 - La villa Rodrigo Bueno :

Eh oui, à Puerto Madero mais officiellement dans le quartier de la Boca vivent entre 2000 et 4000 personnes dans ce bidonville. Ce qui explique dans les nouveaux parcs proches les gamins vêtus de manières différentes à ceux de Puerto Madero. Cette villa s’est installée dans les années 1999-2000 mais s’est considérablement étendue entre 2010 et aujourd’hui.

39 - Museo de Calcos y Escultura comparada (1928) :

Elvira Rawson de Dellepiane et angle avenida de España 1701.

 

Son autre nom est Museo Ernesto de la Cárcova. Le musée est ancien puisqu’il date de 1928. Il regroupe des répliques en tout genres de sculptures (à peu près 700). Ouvert tous les jours de 10h à 18h.

40 - Madero Harbour (2006 - ?)

 

Voila des lustres, que l’on nous présente le méga-projet de Madero Harbour (peut être le plus complet, le plus grand le plus ambitieux, le plus couteux donc le plus compliqué à lancer). Il s’agit de monter sur un terrain de 4 hectares, un ensemble regroupant boutiques, logements, tours de bureau et un centre commercial sur 140.000 m2. En 2006 lorsque le projet est lancé, on nous annonce déjà l’ouverture d’un hôtel Emirati, Jumeraih en 2009 de 185 chambres et deux tours de bureaux de 23 étages pour 2010. On parle aussi d’un centre commercial de 150 boutiques et deux grands magasins Falabella et Paris. Enfin coté culture, un théâtre et 6 salles de cinema. Le tout confié aux architectes Pfeifer-Zurdo et Carlos Ott

10 ans plus tard (en 2016), seules les deux tours (WTC1 et WTC2 ont été construites et un bloc de logements du nom de Harbour Residence sur la calle Lola Mora. Un embryon du futur centre commercial ou seul le supermarché Jumbo a ouvert ses portes.

Pourtant ça bouge en 2016, un autre bâtiment de bureaux sur Avenida Juana Manso est presque terminé, et le centre commercial est en construction (quand finira t’il ‘).

La nouveauté, c’est la tour, une énorme tour (50 étages), Harbour Tower de l’architecte Carlos Ott. (On parle de 4 ans de chantier). On attend de voir…

41 - Projet : SLS Lux Puerto Madero (2017-2019 ?)

 

The Related Group (Miami) vient d’acheter (2016) le terrain se trouvant sur Dique 1 juste à l’angle de l’avenue Rosario Vera Peñaloza et de la rue Pierina Dealessi. Avec l’objectif de construire deux tours et un hôtel 5 étoiles. Au total 2 tours de 30 étages pour recevoir 164 appartements et au centre un hôtel comprenant 60 chambres. Surface construite approximativement 40.000 m2. L’atelier d’architecture choisi est  BMA Bodas Miani Anger Arquitectos & Asociados. La déco intérieur est à la charge de Piero Lissoni, Studio de Milan et la place et les espaces verts seront dessinés par Enzo Enea Studio de Zurich.

The Related Group est une entreprise étatsunienne avec a sa tête un cubain né en Argentine (Jorge Perez). Voila des années que le groupe était a la recherche d’un terrain à Buenos Aires pour pouvoir édifier une des ses propriétés. Mais l’instabilité financière du pays faisait à chaque fois reculer les concrétisions d’achat et de démarrage d’opération. Cette fois en avril 2016, le projet a été officiellement lancé. 

42 - Edificio Galeno : (1998-1999)

Av. Elvira Rawson de Dellepiane 150

 

Un peu comme son pendant de l’autre coté des bassins, l’Edificio Telecom, Le Galeno fut une des premières tours de Puerto Madero. Aux dimensions modestes, 60 m de hauteur, cet immeuble de bureau fut construit entre 1998 et 1999. Le projet est confier a l’atelier d’architecture  HOK International LTD (Ripley Rasmus, Chris Cedergreen, Hans Hecker et Lyle Hodginel) de Saint Louis (EE-UU).

L’immeuble comte un seul sous sol, un rez-de chaussée et 12 étages. Les deux façades sont courbées.

43 - Dock 15. Cinemark Puerto Madero (1996-1997)

 

Un des premiers complexes de cinéma à Buenos Aires à ouvrir. L’inauguration date de mai 1997. C’est l’époque ou à Buenos Aires, les salles indépendantes ferment, ou l’axe de la calle Lavalle et de l’avenida Santa Fe perdent leurs salles. Un défi pour l’époque d’ouvrir un complexe de salle, été encore plus dans un secteur totalement encore a l’abandon et en friche que pouvait être Darsena 1 au milieu des années 90. 2 décennies plus tard, en 2016, le complexe est toujours là ! 

Les conseils du Petit Hergé :

 

Quartier en éternellement changement en raison de son jeune âge, voilà que cette description de Puerto Madero peut même sembler vite obsolète après quelques mois. Cette liste va surement au fil des mois se compléter en fonction de l’achèvement de nouveaux projets comme le SLS, Madero Harbour, la tour Harbour, l’Alvear Tower, Madero Riverside, et d’autres nouveaux projets qui seront mis en chantier en 2017-2018.

Prenez votre temps pour al viiste de cet immense quartier, qui compte la surface la plus grande d’espaces verts. Donc même pour les amateurs de la nature, vous y trouverez votre compte.

Bonne visite !

Comme toujours si vous avez des questions à me poser au sujet de ce quartier ou même vouloir que je vous fasse découvrir Puerto Madero sur place, prenez contact avec moi sur : petitherge@hotmail.com 

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Published by Le Petit Hergé - dans Buenos Aires
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 15:34

Mise à jour : 08 juin 2016. Catégorie Buenos Aires.

Le quartier de Puerto Madero :

 

Puerto Madero est l’un des quartiers les plus récents à se créer dans la ville de Buenos Aires. En effet cet ancien secteur du port de la ville fut transformé officiellement en 47ème quartier le 6 décembre 1996. Il s’agit d’un secteur de 211 hectares gagnés sur le Rio de la Plata au fil des années à partir de 1887.

C’est aujourd’hui le quartier le plus résidentielle de la ville, et qui compte les édifices les plus prestigieux et les plus onéreux de la capitale argentine. Construit essentiellement à partir du milieu des années 1990, le quartier ne compte que 7.000 habitants. Voilà une bonne vingtaine d’années qu’on reproche à ce quartier d’être sorti de terre plus pour le blanchiment d’argent et sans une préoccupation de rentabilité que de répondre à une demande de logt ou d’agrandir la surface d’offre de bureaux à la ville. Ce qui explique que les nombreuses tours du quartier soient partiellement vides, mais officiellement totalement vendues.

Le résultat d’urbanisme est tout de même intéressant, mélangeant d’anciens bâtiments du port et d’entrepôts conservés et transformés, avec de nouveaux immeubles de bureaux et des tours de logement de très haut standing. Le tout entouré de très nombreux parcs qui font le régal des porteños surtout les fins de semaine.

Pour comprendre cette rapide transformation, revenons un siècle en arrière …

Un second article complet sur "A visiter dans le quartier de Puerto Madero" vous permet d'aller decouvrir les principaux points d'intérets du quartier.

Si vous avez des questions sur le quartier, ou si vous désirez que je vous fasse visiter Puerto Madero, prenez contact avec moi sur : petitherge@hotmail.com

Photo : Dique 4 (Bassin 4) de Puerto Madero. 

Buenos Aires sans port mais avec trois pontons :

 

Buenos Aires, pour des raisons politiques et économiques (du temps de la colonie espagnoles jusqu’en 1816) n’a jamais compté de port. Les navires devaient se mettre en rade dans le rio devant la ville et ensuite devaient décharger leurs marchandises sur des chaloupes plus légères. Quelques quais existaient seulement à l’époque sur le Rio Riachuelo dans le quartier actuel de Barracas.

Pour établir des liaisons commerciales et des déchargements plus aisés les nouvelles autorités du pays commencèrent tout d’abord à installer trois pontons. Le premier en bois (Muelle de Pasajeros) en 1854 à partir du Paseo de Julio (aujourd’hui l’Avenida Alem) presqu’au niveau de la calle Cuyo (aujourd’hui calle Sarmiento), un deuxième en 1857 derrière la Casa Rosada à partir de l’ancienne Douane de Taylor pour les marchandises, et un troisième moins connu, construit en 1874, nommé le « Muelle de las Catalinas » situé dans l’axe de la calle Paraguay et qui servit surtout pour l’arrivée des immigrés d’Europe. Ce dernier « muelle » comptait des voies de chemin de fer qui pouvaient donc apporter des wagons directement aux vapeurs et les aiguiller sur la voie qui longeait la berge au sud et au nord.

Ces trois pontons seront vite saturés et il faudra penser à créer un véritable port.

Photo du dessus : Agrandissement d'un plan de Buenos Aires de 1886, avec l'emplacement des 3 pontons. En (1) Muelle de la Aduana Nueva, en (2) Muelle de Pasajeros et en (3) Muelle de las Catalinas. Ce plan date d'un an avant le debut des travaux de Puerto Madero. En (A) la Plaza de Mayo, en (B) la gare Terminus de Buenos Aires Central, en (C) Plaza San Martin, en (D) La fabrica de Gaz, première fabrique de gaz, qui etait installée ou aujourd'hui se dresse la tour des Anglais. Cliquez sur le plan pour agrandir.

Photo du dessous : Photo de 1880, avant le début de la construction de Puerto Madero, vue de l'entrée du ponton des passager (2) a partir d'un immeuble situé sur le Paseo de Julio (actuelle Avenida Alem).

Photo : Datant de fin 1890 ou début 1891. On voit au premier plan, l'ancienne gare centrale de Buenos Aires (B). La Casa Rosada juste derriere (E), la Aduana Nueva (F) et son ponton qui est en voie de destruction (1), pour faciliter l'extension de la construction de Puerto Madero.  

Eduardo Madero, homme d’affaire :

 

C’est ainsi que plusieurs projets sérieux ce succèdent à partir de 1858, mais il faut attendre 1882 pour que la Nation confie à Eduardo Madero (homme d’affaire, mais surtout neveu du vice président Francisco Madero (entre 1880-1886), ça aide beaucoup !) la lourde tache de mettre au point un concours pour déterminer le meilleur projet proposé. C’est celui des britanniques  Hawkshaw, Son & Hayter qui est retenu (En fait celui d'Eduardo Madero). Ils projettent un port formé de 4 bassins interconnectés entre eux mais totalement isolés du Rio par lesquels on peut entrer de chaque coté par deux canaux d’accès.

Parmi les autres projets écartés celui de Luis Augusto Huergo, celui-ci proposait de récupérer l’embouchure du Riachuelo dans le quartier de la Boca pour l’aménager en port moderne. C’est plus tard à partir de 1906, que l’on récupérera les idées de Huergo pour dessiner le Puerto Nuevo plus au nord dans le quartier de Retiro.

Le projet retenu de Madero était plus couteux (Imaginez, une ile artificielle de 350 hectares), bien plus compliqué et le futur donnera raison à Huergo. Puerto Madero fut de suite bien trop petit, totalement saturé et d’accès peu pratique.

Pourtant pour des raisons politiques, ce fut celui qui fut accepté et entrepris ! 

Photo : Construction du dique 2 en 1891. 

Photo : Puerto Madero en 1915.

1887 : Début des travaux

 

Le 1er avril 1887, le premier coup de poche est donné pour commencer le port sur sa phase sud. La « Darsena Sur » (Darse sud) au niveau de La Boca qui doit donner accès au « Dique 1» (Bassin 1). Le 28 octobre 1889, le bassin sud est inauguré. Suivront le Dique 1 le 31 janvier 1890, le Dique 2 le 28 septembre 1890, le Dique 3 le 31 mars 1892, et enfin le Dique 4 et la Darsena Norte le 07 mars 1897. Eduardo Madero meurt en 1894 avant de voir son œuvre conclure.

Pour la construction, la compagnie Anglaise Walker & Co. Ltd. utilisa une grande quantité de pierres et de sable venant de la localité de Conchillas sur la rive uruguayenne.

En suivant l’avancement des travaux des bassins, furent aussi installés peu à peu entre 1895 et 1905, les bâtiments en briques (Les docks) toujours présents du coté ouest, dessinés en Angleterre par la société Hawkshaw, Son & Hayter mais construite sur place par la société allemande Wayss & Freytag Ltd.

L’autre portion gagnée sur le Rio et accolée à Puerto Madero au sud se nomme Isla Demarchi étendue sur une centaine d’hectares, mais dépend du quartier de La Boca. Elle n’entre donc pas officiellement dans le quartier de Puerto Madero.

Ce n’est qu’à partir de 1900 que d’autres entrepôts furent construit du coté est (sur l’ile artificielle). Dans un premier temps il avait été décidé de construire d’autres dépôts tous identiques sur l’ile pour donner un ensemble au tout, mais cette idée fut abandonnée et c’est chaque entreprise qui décida d’élever ces propres hangars, silos ou dépôts sans se soucier d’un semblant d’homogénéité.

Un des plus gros bâtiments fut celui élevé par la Société Molinos del Rio de la Plata en 1902, bâtiment aujourd’hui rénové et aménagé pour recevoir l’Hôtel Faena.

Photo : Puerto Madero, 16 mars 1937.

Puerto Madero obsolète et décadent :

 

Ce n’est même pas 10 ans après son ouverture intégrale, vers 1905, que l’on se rend compte que le port n’est plus à l’échelle du commerce maritime, les bateaux étant chaque fois plus gros, et le nombre d’entrées et de sorties du port obstruent l’activité au sein même des darses. Il faut se résoudre à ressortir les plans de l’ingénieur Huergo pour proposer un nouveau port ouvert sur le Rio dont les quais seront cette fois ci perpendiculaires au Rio facilitant les accostages. Ce nouveau port nommé « Puerto Nuevo » sera inauguré en 1919 au nord de Puerto Madero.

L’activité maritime et fluviale commença donc dès les années 20 à déménager vers le Puerto Nuevo, et vers 1940, il y avait déjà plus de hangars vides à Puerto Madero que d’entrepôts fonctionnant encore. On peut dire que les dernières sociétés en partirent dans les années 60.

Il y a eu beau avoir de très nouveaux projets pour récupérer la zone, aucun ne put se concrétiser. J’ai pu en compter pour le moment 7, échelonnés sur les années 1925, 1940, 1960, 1969, 1971, 1981 et 1985.

Il faut attendre 1989, pour qu’enfin le Ministère des services publics, le ministère de l’Intérieur et la ville de Buenos Aires signent ensemble la constitution d’une société anonyme "Corporación Antiguo Puerto Madero SA" pour le transformer en un nouveau quartier.

Photo : L"Atlantique" des Messageries Maritimes à Puerto Madero. Il relia Bordeaux à Buenos Aires entre 1900 et 1912. Cette photo pu etre prise lors de la premiere traversée en mai 1900 lors de l'embarquement des passagers pour Bordeaux. Il comptait plus de 600 passagers repartis en 4 classes. 

Photo : Le Dique 1 de Puerto Madero en plein abandon. La photo date de mai 1999. Immeubles abandonnés, bateaux rouillés, eau souillée et odeurs nauséabondes. Telle était l'image de Puerto Madero dans les années 1980 et 1990. 

Photo : L'ancien édifice des Molinos de la Plata (1902) totalement à l'abandon au niveau du Dique 2 dans la partie ouest de Puerto Madero en friche. Photo de mai 1999. Ensuite transformé en hotel en 2004.

Photos du dessous : Les docks avant leurs rénovations au début des années 1990 et apres à la fin des années 2000.

 

La construction du nouveau quartier :

 

La ville de Buenos Aires avec l’aide de la ville de Barcelone met en place une étude qui met en place les bases d’un lancement d’un concours national en 1991. On en sortira un plan de définition des zones concernées sur 170 hectares. Deux équipes d’architectes sont retenus qui devront travailler ensemble sur le même projet. L’Etat débourse 1 milliard de dollars pour la partie de la voirie et de l’infrastructure. Tous les terrains passent aux mains de la société « Corporación Antiguo Puerto Madero » qui à son tour les modifie en lotissements pour les vendre ensuite à des promoteurs immobiliers privés.

En 1994, commence la rénovation de tous les docks en brique sur le coté est des bassins. Le rez-de-chaussée des bâtiments sont occupés principalement par des locaux gastronomiques, alors que les étages sont destinés à des bureaux. Le succès est presque immédiat. Il y avait un besoin évident de m2 de locaux de bureaux de grand standing dans les années 90.

A partir de 1997, on commence à s’intéresser à la partie se situant de l’autre coté des bassins (à l’ouest). Pour cela on commence à démolir les anciens hangars et surtout à tracer les nouvelles avenues, les ronds points et les rues.

Début aussi de la récupération de la « Costanera Sur » et de ses bâtiments des années 1920 (Ancienne brasserie Munich, par exemple)

En 1999, ouvre le premier casino de la ville de Buenos Aires (interdit en ville), à l’extrême sud du quartier, sur deux bateaux flottants (donc hors ville), mais les parkings, restaurants et infrastructures sont au sol.

Toujours en cette même année, le premier bâtiment totalement nouveau sur la partie ouest voit le jour, commencé en aout 1999, il est terminé en avril 2000, il s’agit de l’Hôtel Hilton.

Suivront ensuite peu à peu au fil des mois les projets les plus connus de Puerto Madero (entre parenthèses, année d’inauguration), comme les deux premières tours montées et inaugurées en 2003 les « River View » (112 m) , les deux tours El Farro (en 2003 et 2005), la tour YPF (2008), Le Musée Fortabat (2008), La tour Château Puerto Madero (2009), les deux tours Mulieris (2009) et la tour Renoir 2 (2015) qui est pour le moment la plus haute de Puerto Madero (171 m).

Une particularité aussi pour Puerto Madero est d’avoir connu déjà la démolition d’un bâtiment neuf ouvert en 1997, je parle du restaurant, bar discothèque « Divino » plus connu sous le nom de Opera Bay BA, car il ressemblait au bâtiment de l’Opéra de Sydney. Il fut démoli en 2007. Décision dommageable car dans les premières années de Puerto Madero, il était devenu le symbole de ce quartier.

Coté Est, en plus des anciens docks rénovés, quelques bâtiments nouveaux implanté dès le début des travaux de réhabilitation, comme l’Edificio Telecom (1998), l’Edificio Malecón (1999) (connu aujourd’hui comme Edificio Galeno), ou le complexe Cinemark (mai 1997). La UCA (Universidad Catolica Argentina) entre 1993 et 2014 (Dock 10) et ensuite 11 et 9, puis le 12.

Pour le futur, on attend l’inauguration en 2018 de la tour la plus haute de Buenos Aires, la « Alvear Tower » (Tour Alvear) d’une hauteur de 235 m. Ca sera la tour la plus haute d’Amérique du sud. (Pour info, Tour Montparnasse 209 m, ou même plus haute que la Tour First de la Défense 231 m).

On attend aussi l’ouverture de tout un complexe commercial, cinémas, de bureaux et de logements face au bassin 1 du nom de « Harbour Madero » pour 2018. Seul l’hypermarché Jumbo inauguré le 23 juin 2011, est ouvert pour le moment dans ce qui sera le futur shopping.

Photos : De haut en bas, l'ancien Opera Bay (16 septembre 2006) aujourd'hui démoli, Le centre d'art Faena (30 decémbre 2011) et le Faena Hotel vue de la Tour Chateau en construction (2008) 

Photo : Le dique 4 aujourd'hui Photo 12 aout 2013.  

Les conseils du Petit Hergé :

 

Puerto Madero est à voir, surtout si vous aimez marcher ! Retenez vous une bonne journée avec du soleil (s’il pleut allez ailleurs). Je préfère soit en semaine à l’heure habituelle des bureaux, où vous allez avoir beaucoup d’employés, ou alors le samedi dimanche, très familial mais uniquement l’après midi. Les coins préférés des porteños sont du coté du Musée de la Colección Fortabat, les docks du coté Est avec ces nombreux restaurants, le pont de la femme, le musée bateau Sarmiento, les jardins du coté de la Tour Château (Parque Micaela Bastida), la Costanera Sur et bien sur la Reserve Ecologique ! Pour vous restaurez évitez les restaurants hors de prix et préférez un sandwich, choripan, paty et autre morcipan et lomito, bondiola et churrasquito dans les barraques sur Costanera Sur.

Un second article en préparation sur « A visiter dans le quartier de Puerto Madero ».

Si vous avez des questions sur le quartier, ou si vous désirez que je vous fasse visiter Puerto Madero, prenez contact avec moi sur : petitherge@hotmail.com

  

Photos : de gauche à droite, la tour Chateau en construction et les deux Tours El Faro 1 et 2 (29 novembre 2009), le bateau musée Sarmiento (30 janvier 2005), La fondation Fortabat et la tour Standart, devenue depuis la tour ICBC (en fait son veritable nom est Torre Madero Office) (07 decembre 2013). 

A lire aussi dans le Petit Herge :

      

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 00:53

Mise à jour : 01 juin 2016. Catégorie Buenos Aires.

Pasaje Roverano

 

Le passage Roverano fut sans nul doute le passage le plus ancien de la ville de Buenos Aires. Quand je parle de passage je fais allusion à la vague de la mode des passages parisiens couverts (galeries couvertes comme on disait alors) qui furent très appréciés des parisiens et parisiennes dès 1799 (Passage du Caire ou celui des Panoramas). Ce n’est que quelques décennies plus tard que la mode arriva dans le Rio de la Plata. On devrait parler non pas du passage Roverano, mais des passages Roverano, car il y en eut plusieurs.

Au dessus du passage, deux dates, celle de 1878 qui correspond a la construction du premiere galerie et celle de 1918 date d'inauguration de la troisiéme galerie. 

Comme toujours si vous voulez avoir des renseignements sur cet immeuble, ou si vous voulez que je vous en fasse la visite personnellement, contactez-moi sur : petitherge@hotmail.com

Revenons un peu dans le passé…

  

Photos : Les façades actuelles, de gauche à droite, la facade sur Avenida de Mayo, l'entrée de la galerie est entourée par deux boutiques (Un locutorio et un coiffeur) donnant aussi sur l'avenue. Au centre zoom sur les derniers étages de l'immeuble. A droite, la façade donnant sur la calle Hipolito Yrigoyen où on voit toute la structure métallique du bâtiment. 

Le premier bâtiment :

 

En 1878, les frères Ángel et Pascual Roverano ouvre sur la calle Victoria 557 (actuelle calle Hipolito Yrigoyen) une construction comprenant un Rez-de-chaussée et un étage. Sur rue s’ouvrait une galerie marchande qui était presque exclusivement occupés par des bureaux d’avocats. Le terrain des Roverano était accolé à celui du Cabildo et il ne faut pas oublier qu’à l’époque le Cabildo (toujours entier) recevait les services de Justice, tribunaux et prison. Ce qui explique le mouvement incessant du personnel et employés de justice qu’avait cette portion de la calle Victoria. Au fond de la parcelle et à l’étage, les bureaux laissaient place à des locations de « meublés » à l’année et servaient donc de domiciles aussi à certains employés.

En 1888, les travaux du percement de la nouvelle Avenida de Mayo commencent sur la première cuadra des 500, celle du terrain des frères Roverano. Ceux ci cèdent gratuitement à la ville les 135 m2 du fond de leur parcelle qui sert à la création de la nouvelle voie, et demandent uniquement en compensation une somme représentant plusieurs mois de loyer à tous les locataires touchés par la démolition. Ce geste vaudra aux frères Roverano une distinction de la Ville en 1894.

Je n'ai trouvé encore aucune photo de cette première galerie ni de sa façade. 

Photo : La toute premiere cuadra de l'avenida de Mayo. C'est aussi certainement la toute première photo de la Avenida de Mayo (en 1890) qui ne compte alors qu'une seule Cadra (celle des 500) entre la Plaza de Mayo (derriere nous) et la calle Perú (on voit encore au fond les petits édifices encore debout et pas encore démolis.

Sur le trottoir de gauche, le deuxième bâtiment du Passage Roverano (au numero 560) tout fraichement terminé. En face le numero 591 celui de la famille Ortiz Basulado en construction. Ce sont les deux premiers immeubles de la avenida de Mayo (aujourd'hui ces deux n'existent plus).

 

Le deuxième bâtiment :

 

Sur la calle Victoria, l’ancien bâtiment demeure, mais sur la Avenida de Mayo, un nouveau bâtiment et une nouvelle façade se monte l’année suivante (1889) comprenant trois étages et un quatrième mansardé. (Voir photo au dessus). La Galerie peut donc pour la première fois relier la calle Victoria à l’avenue de Mai. Il s’agit du tout premier bâtiment monté sur l’Avenida de Mayo. (Le second étant en 1890, sur le trottoir d’en face, un immeuble de rapport appartenant à la famille Ortiz Basualdo).

Photo : Voila donc sur une photo de 1892, le batiment (560) du Passage Roverano. Possedant 4 étages. On peut voir le 3eme et le 4éme mansardé. Sur le (A) les terrains démolis pour permettre la construction du batiment du 602 de l'avenida de mayo qui se montera en 1894.

Photo : Une des meilleures photos du second bâtiment du Passage Roverano (N 560), la photo date de vraisemblablement de 1896. La façade du Roverano est composée d’un premier étage avec un balcon linéaire au milieu duquel se dégage une énorme niche englobant le deuxième étage. Au troisième étage, un autre balcon décorant toute la largeur de la façade.  Le 4eme étage est mansardé.

A gauche du 560, l’ancienne façade du Cabildo donnant sur l’avenida de Mayo. Cette façade fut en 1940 détruite. A droite l’emplacement du terrain du 570 vide comprenant seulement une énorme affiche publicitaire, l’édifice actuellement encore en place fut construit vers 1898.  Au 580, les grands magasins « A la Ciudad de Londres » construit en 1894 et qui fut ravagé par un incendie en 1910. 

Axonométrie : Etat Actuel. L'écorché du Passage Roverano (Edifice actuel) dans le bâtiment du 560 de Avenida de Mayo. Par rapport à la photo de 1890 au dessus, aucun des 3 lotissements (560,570 et 580) ne sont occupés par les mêmes bâtiments aujourd'hui. 

Le troisième bâtiment : L'édifice actuel.

 

Cette fois ci en 1912, tout l’ensemble est démoli (y compris l’ancien bâtiment donnant sur la calle Victoria) pour monter un édifice bien plus haut de 8 étages. Le chantier est mené pendant 6 ans par l’architecte Esteban Fermin Sanguinetti sur les plans du français Eugene Gantner, qui termine le nouvel édifice en 1918.

La galerie comporte 12 boutiques, et en son centre 4 kiosques et 2 balcons a partir desquels il est possible de voir les sous sols (2 au total) où sont aujourd’hui installés d’autre commerces essentiellement typographes, photocopies et imprimeries. Le second sous sol possède aussi un bar qui donne directement sur le quai de la Station « Peru » du métro de la ligne A. Cette connexion est unique dans le métro de Buenos Aires reliant directement un quai à un immeuble privé. Cette autorisation fut donnée en 1915, lors de l’achèvement du bâtiment. La station étant ouverte un peu avant en décembre 1913.

Le coiffeur et Barbier Romano est toujours à l’entrée de la Galerie coté avenida de Mayo et aux mains du seul propriétaire Mario Sariche, depuis 1975, mais ce local de barbier existe depuis 1960 du nom du premier propriétaire. Depuis quelques années, une affichette est fièrement exhibée pour annoncer à tous passants qu’ici Jorge Bergoglio, le futur Pape Francisco, se fit rafraichir pendant des années.  Au fond de la galerie, défiant le temps du coté de la calle Yrigoyen, la boutique d’Optique « Optica Galilei, ne semble pas voir non plus passer les années, dans son jus depuis certainement plus d’un demi siècle. En face un local qui a toujours été occupé par des bars et restos, et qui, au fil des modes alterne entre bars d’employés, et cuisines un peu plus raffinée. Depuis 2014, un bar « Old Times » avec enseigne « Fernet Branca » un bon endroit pour prendre un rafraichissement ou un café. Le patron est l’ancien de celui du Bar Brighton. Par contre pour déjeuner (ou diner) choisissez plutôt collé à ce local, au 575 de la calle Yrigoyen, le Restaurante El Caserio. Bien meilleur sans casser votre tirelire.  Autre local figé dans le temps, le kiosque au milieu de la galerie du serrurier Ramilo. En effet depuis 1978, Antonio Aranda et René Maniac se partagent les horaires de ce minuscule kiosque.

Pour la petite Histoire sachez de Saint-Exupéry passait assez souvent dans l’immeuble pour aller chercher le courrier au deuxième étage ou était installé les bureaux de la Aeroposta Argentina S.A.

  

Photos : Intérieur du passage. Photo du haut, facade en 1919 

  

Photos : Les 5 photos datent de septembre 2011.

Intérieurs du passage et façade sur la calle Hipolito Yrigoyen.

Les conseils du Petit Hergé :

 

L’entrée de la galerie est libre en semaine, mais fermée le dimanche. Donc comme pour l’ensemble de la zone située autour de la Plaza de Mayo, je recommande toujours d’aller la visiter en semaine et non le weekend.

Faites un tour dans la galerie, descendez en sous sol pour voir la connexion avec le métro. Un café dans le boui boui du sous sol tremblant à chaque passage de rame de métro, un verre un peu plus raffiné au Old Times, et un déjeuner al Caserio tout proche.

Si vous voulez prenez l’ascenseur jusqu’au dernier étage et ensuite à demi étage par l’escalier vous avez des fenêtres qui donne sur la Plaza de Mayo, une bonne manière d’avoir des clichés de la place avec le Cabildo au premier plan que personne ne fait habituellement !

Comme toujours si vous voulez avoir des renseignements sur cet immeuble, ou si vous voulez que je vous en fasse la visite personnellement, contactez-moi sur : petitherge@hotmail.com

  

Photos : Peluquero Romano. Photo : Fevrier 2013. 

A lire aussi dans le Petit Hergé :

   

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 00:45

Mise à jour : 26 mai 2016. Catégorie : Buenos Aires.

La Plaza de Mayo :

 

La Place de Mai est la place historique principale de Buenos Aires, constituée par deux anciennes places nommée la Plaza Mayor (à l’ouest) et la Plaza del Fuerte (à l’est).

Ces deux places étaient séparée par une galerie (la Recova ou Antigua Recova) qui à sa démolition en 1884 laissa place à un espace qui fut arboré, aménagé et prit alors le nom de Plaza de Mayo.

Aujourd’hui située dans le quartier de Montserrat, elle est la place principale du centre historique, administratif et financier de la ville. Autour de laquelle, on trouve le siège du pouvoir exécutif argentin (Casa Rosada), de la Cathédrale et de l’épiscopat argentin, Le Banco Nacion, l’ancien bâtiment de la présidence de la ville (Edificio du Palacio Municipal), ainsi que le plus ancien bâtiment, le Cabildo.

Une visite de la ville commence forcement sur cette place !

Si vous avez des questions au sujet de la Plaza de Mayo, ou que vous vouliez faire une visite, n'hésitez pas à prendre contact avec moi : petitherge@hotmail.com 

Histoire de pie, de vara et de surface :

 

Toute ville coloniale espagnole s’articule toujours autour d’une « Plaza Mayor » aux mêmes dimensions depuis 1573, dont les mesures officielles sont calculées en « Varas castillanas » (0,8359 m).

Pour info, en France aussi nous avions la Vara, qui se traduit en « Verge ». Sachant que 1 verge = 3 pieds. Et qu’il faut 2 Verges pour faire une Toise. Mais chaque ville (En France comme en Espagne) avait sa propre verge de longueur différente.

C’est pour cela qu’en 1568, le royaume de Castille choisit la verge de Burgos (déjà utilisée officiellement dans cette ville depuis 1348) pour en faire l’unité de longueur officiel dans tout le royaume, et donc aussi pour l‘ensemble des possessions espagnoles dont le Rio de la Plata. Le système métrique sera adopté bien plus tard en Argentine, il faut attendre le 04 septembre 1863.

Buenos Aires est donc construit sur le plan d’un damier de 15 blocs sur 9 blocs, de 140 varas de coté (117 m) et dont les rues ont 11 varas de large (9,20 m). La Plaza Mayor fait donc 140 varas plus 2 largeur de rue de 11 varas soit au total 162 varas sur 162 varas (135m x 135m)

En 1884 après la démolition de l’Antigua Recova, la toute nouvelle Plaza engloba l’ancienne Plaza del Fuerte et ses dimensions passèrent à 313 varas par 162 varas (261 m x 135 m). Ce sont toujours ses dimensions actuelles.

On annonce souvent une surface de 19.713 m2 (pour être précis) qui correspond à peu près à 212 m x 93 m. C’est simplement la surface du terre-plein sans prendre en compte les chaussées et les trottoirs des bâtiments entourant la place. En fait l’espace mur à mur de la place est de 261 m x135 m = 35.200 m2.

C’est une grande place mais pas la plus étendue de la ville. ( Ex : Plaza Congreso : 63.000 m2).

Video : Un voyage dans le temps sur la Plaza de Mayo entre l'époque coloniale et aujourd'hui.

 (2011). 15 mn 05 s.

La fondation de la Plaza Mayor et de la ville :

 

Le mercredi 11 juin 1580, Juan de Garay au nom du roi d’Espagne « Felipe II de España » fonde la « Ciudad de la Trinidad y Puerto de Santa María de los Buenos Ayres » au centre même de cette ancienne Plaza Mayor en y plantant l’«árbol de justicia» et en déclamant : « yo Juan García Garay, teniente de Governador y Capitán General y Justicia mayor y alguacil mayor en todas estas provincias, por el muy Ilustre el Licenciado Juan de Torres de Vera y Aragón, del Consejo de su magestad, y su oidor en la Real Audiencia de la ciudad de la Plata en los Reynos del Pirú, Adelantado..., y en lugar del dicho señor Adelantado Juan de Torres de Vera y Aragóon... estando en este Puerto de Santa María de los Buenos Ayres, hago y fundo una ciudad... La iglesia de la cual pongo su advocación de la Santísima Trinidad... y la dicha ciudad mando que se intitule Ciudad de la Trinidad. ».

Pour la petite histoire, Juan de Garay est arrivé avec 76 familles de colons, plus 200 familles guaranis, quelques soldats et du matériel en partant d’Asunción à la tête de deux expéditions, une par voie terrestre (partie en février) et une autre par voie fluviale (partie en mars). Juan de Garay arrive sur place le 29 mai 1580 du coté de l’embouchure du  Riachuelo où il installe un premier campement, mais préfère installer la nouvelle ville un peu plus au nord. Lorsque le 11 juin il choisit l’emplacement de la future ville et la fonde officiellement, l’arbre de la justice n’est pas encore arrivé ! Il arrivera avec l’expédition terrestre un mois plus tard ! Donc le tableau le représentant le jour de la fondation face à « el arbol de la justicia », n’est qu’une interprétation artistique et loin d’être historique ! Tout comme les indiens agenouillés et faisant acte d’allégeance…Buenos Aires s’étant fait attaqué par eux quelques jours après sa fondation.

Juan de Garay n’y reste pas longtemps, puisque en octobre 1580 il repart pour la ville de Santa Fe (fondée aussi par lui 7 ans avant) ou trois ans plus tard (1583), il mourra sous les flèches des même indiens.

Photo : Vue artistique de ce que devait etre la Plaza Mayor vers 1618. Au nord, construction de la Cathedrale, à l'est le premier bâtiment du Cabildo. Au centre, attroupement autour de l'arbre de la justice. 

Les premières années :

 

La Plaza Mayor délimité aujourd’hui par les rues Rivadavia, Hipólito Yrigoyen, Bolívar et Defensa commence à s’entourer de maisons simples, pour ne pas dire plus que rustiques, murs faits d’un mélange de paille et de boue séchée (très peu de briques, car on manque de bois pour les cuire), et toits de chaume. Pas de constructions robustes et on alterne démolitions et constructions au fil des intempéries. Même le terrain destiné à l’édifice du Cabildo et celui destiné de la cathédrale restent vident plusieurs dizaines années. Le premier Cabildo (aussi très sommaire) sort de terre en 1608, quant à la Cathédrale, son terrain sera pour la première fois occupé par une église en 1605. Entre temps, on avait édifié sur la plaza même une première petite chapelle en 1580 qui aura tenu bon an mal an tout de même 25 ans avant d’être démolie.

En 1608, donc trois ans après l’ouverture d’un semblant d’église à l’emplacement de la Cathédrale actuelle, les mêmes jésuites ouvrent sur la « manzana » (« le paté de maison », celui délimité par les rues Rivadavia, Hipólito Yrigoyen, Balcarce et Defensa)  bordant la Plaza à l’est, une autre église nommée Nuestra Señora de Loreta puis en 1610 renommée San Ignacio. Les Jesuites sont alors assez puissant en ville, de quoi aussi monter un « rancho » (une petite ferme), sur la même parcelle et en 1617, un colegio (école) accolé à l’église. Certainement le premier de la ville.

Entre 1645 et 1649, les jésuites vont même réussir à posséder toute la manzana. De l’autre coté de cette manzana, sur les bords du Rio de la Plata, le fort prend forme au fil des années, les canons pointés vers le large pour défendre la ville de toute incursion portugaise.

Le fort était implanté à l’endroit juste où se lève aujourd’hui la Casa Rosada. C’est à dire que la manzana occupée par les jésuites se trouvait juste entre le fort et la Plaza Mayor. Ce qui au fil des années indisposait les autorités militaires puisque la garnison ne disposait pas de terrain pour faire leurs manœuvres. En 1661, le gouverneur don Alonso Mercado y Villacorta achète le terrain au Jésuite pour démolir toutes les constructions et ouvrir le terrain aux exercices militaires.

Pendant un temps, l’ancienne église de San Ignacio est préservée pour la simple raison qu’elle sert de garnison à une brigade chargée de s’occuper des « natifs » vivant en ville, en gros une sorte de « police indienne ». Pendant encore plus d’un siècle, cette ancienne église aura des rôles les plus différents, comme celui de devenir la maison du «  Fiel Ejecutor », le responsable des prix des marchandises vendues en ville, il faut dire que le terrain (en plus de son rôle militaire) était aussi devenu au fil des années le lieu du marché le plus important de Buenos Aires.

En 1711, l’ancienne église s’est même transformée en remise pour les voitures du clergé jésuite, puis pour les coches et carrosses du gouverneur. Elle fut définitivement démolie en 1822. Date a laquelle on peut estimer que les deux places (Mayor et Del fuerte) étaient enfin libérées de toutes constructions parasites.

Photo : Vue artistique de la Plaza Mayor vers 1640. La calle San Martin va vers le nord, la calle Defensa vers le sud. Déjà une petite cathédrale à l'emplacement où s'élève aujourd'hui la Cathédrale Métropolitaine. A droite le tout premier bâtiment du Cabildo. Au centre, la Picota ou Pieu de la Justice.

Au fond, du coté de la calle Defensa l'emplacement qui était déjà réservé au marché. 

Photo : Image de synthèse de la Recova, vue vers 1820 de la plaza del Fuerte et regardant vers la Plaza de la Victoria. Au fond on apperçoit l'obélisque et le Cabildo.  

 

La Recova de la carne (1802-1884)

 

Alors que les deux places commençaient à être débarrassées de toutes constructions intempestives (provisoires ou non), une idée survint en 1774 au gouverneur Juan José de Vértiz y Salcedo (gouverneur de Buenos Aires entre 1770 et 1776, puis vice roi du Rio de la Plata jusqu’en 1784).

Depuis près d’un siècle cette place servait de marché et le gouverneur voulait gérer une certaine anarchie qui y régnait. Et quelle idée lumineuse avait-il de vouloir tout simplement créer un bâtiment spécialement affecté à recevoir les nombreux marchands ! Il fallait y penser ! Bien que cette idée plût à tout le monde, elle resta encore de nombreuses années à l’état de projet.

En 1784, les autorités du Cabildo relancent l’idée, mais sans plus, et le projet ne se concrétise pas encore ! Nouvelle tentative en 1800, ou enfin le Cabildo réussit à récolter des fonds pour monter un bâtiment. En 1801, on change le projet, et en 1802 le projet définitif tracé par Agustín Conde sous la conduite des travaux par Juan Bautista Segismundo (architecte plus tard connu pour la construction en 1807 du couvent de San Lorenzo dans la province de Santa Fe). Le marché est constitué de deux longues galeries formées chacune par 11 arcades. A la fin de 1803 la Recova est terminée. "El 22 de diciembre del año que corre (1803), se echó el bando donde manda vender la carne, verduras, frutas, etcétera, en la recova". On la nomme la « Recova de la carne ». (La galerie de la viande).

 

L’année suivante (1804), on construit la partie centrale, un grand arc (nommée « Arco de los Virreyes ») qui lie les deux galeries entre elles. En 1808, la Plaza Mayor change de nom et devient la Plaza de la Victoria (en référence aux deux invasions anglaises sur la ville (1806 et 1807) repoussées).

En 1840, la Recova est « privatisée », puisque vendue par la ville de Buenos Aires aux frères Manuel et Francisco Murrietava qui continue à la faire fonctionner comme marché.

Mais la ville grossit, la population devient importante, et en un sens la Plaza Mayor s’embourgeoise, donc la vente d’aliments, de viandes, de fruits et légumes deviennent importuns aux yeux et surtout aux narines des passants et des voisins.

 "La doble fila de cuartos que forman la Recova vieja, constaba casi en su totalidad de tiendas de ropa hecha, generalmente de lo más ordinario: allí acudían preferentemente los marineros… Por aquellos años de Dios, comían todos los tenderos de la fonda. Los llevaban la comida en viandas de lata, y entre 2 y 3 de la tarde, (hora en que entonces se comía), no se podía pasar por la Recova porque el olor a viandas era insoportable y el tufo a comida que en verano salía de cada tienda de esas, volteaba como un escopetazo. Es imposible que los que por aquella época acostumbraban pasar por allí, hayan olvidado ese olor sui generis…" (Wilde)

Pour ses questions, en 1850, les boutiques de bouche partent et sont alors remplacées par des artisans. En 1869, pour la première fois, on pense démolir la Recova pour unir les deux places. Mais le gouvernement eut plus à faire avec tout d’abord la guerre de la triple alliance (1864-1870), et puis par les épidémies de fièvre jaune (1870-1871).

C’est pour cela qui si l’idée de démolition est acceptée dès 1869, il faut attendre 1883 et la première année du mandat du nouveau maire Torcuato Antonio de Alvear. On démolit en premier en 1883, l’arc central qui était resté propriété de la ville, puis après expropriation des deux galeries, propriété de la famille Anchorena, les travaux de démolition sont entrepris en 1884. Le 14 mai 1884, il ne reste plus rien de la Recova.

Photo : En 1880, la Plaza de la Victoria avec l'obélisque, la Recova et au fond le premier Teatro Colon.

L’Obélisque de la Plaza de Mayo

 

Il fut érigé entre mars et avril 1811 au centre de la Plaza de la Victoria pour les fêtes du premier anniversaire de la réunion du Cabildo du 25 mai 1810. Cette date est appelée aujourd’hui début de la « Révolution de Mai ». Il fallait un élément simple à monter, peu onéreux, et dans un premier temps peut être avait on pensé à un monument provisoire, dressé au milieu de la place le temps des fêtes. Bien qu’il s’agisse d’un obélisque, rapidement le peuple la surnomma la Pyramide (à savoir pourquoi ?). Bref, encore aujourd’hui ne demandez pas à voir l’Obélisque (on vous indiquera celui de la avenida Corrientes), mais demandez la « pyramide » !

La « pyramide » mesure donc 18,75 m est se trouvait au centre même de l’ex Plaza Mayor, devenu Plaza de la Victoria, devenue cette même année 1811, Plaza del 25 de Mayo. Trop long à dire, et qui devint rapidement la Plaza de Mayo (un point c’est tout !).

Comme elle devait être (vraisemblablement provisoire), elle se détériora très rapidement, et ce ne sont pas les coups de peinture blanche répétitifs qui purent la consolider. Donc en 1856, on fit appel à l’artiste Prilidiano Pueyrredón pour la refaire (voir photo ci dessus de 1852 avant la restauration). En un mot, il a monté un second obélisque autour du premier surmonté d'une statue représentant une allegorie de la république

En 1912, on la déménage, en la déplaçant de 63 m et 17 cm vers l’est pour la placer au centre de la nouvelle Plaza de Mayo (après démolition de la Recova en 1884). D’autres raisons flottent dans l’air, mais nous y reviendrons lors d’un autre article.

Enfin comme tout le sait, la « pyramide » de mayo est devenue depuis la dernière dictature (1976-1983) le symbole même de la résistance des femmes ayant perdu un membre de leur famille lors des « disparitions ». Chaque jeudi à 15h30, les femmes tournaient un foulard blanc sur la tête en signe de protestation autour de la Pyramide de manière pacifique. La première marche date du 30 avril 1977. Depuis 2006, les marches hebdomadaires du jeudi ont cessé. A quelques occasions, anniversaires, prises de positions politiques, etc, certaines associations des mères de la place de mai organisent de nouvelles marches.

La dernière restauration en date importante de la « Pyramide » fut celle faite en 2010 en prévision des fêtes du bicentenaire. 

Photo : La Plaza de Mayo en 1890. Intense circulation un jour de semaine. Le terre plein de la place est rehaussé de 3 marches depuis 1889. On voit à droite la colonnade de la Cathédrale, au fond le Cabildo. A sa droite le nouveau percement de la Avenida de Mayo avec ses deux premiers immeubles. La pyramide de Mayo en son premier emplacement face à la Cathédrale.  

La place de Mayo depuis 1850 :

 

En 1854, installation d’un premier système d'éclairage au gaz tout autour de la place.

En 1858, on peut commencer à parler d’aménagement urbain des deux places. En effet d’une part on plante des arbres sur les deux places, et on place pour la premières fois des bancs en briques sur son pourtour. On délimite aussi des trottoirs le long des constructions l’entourant. On importe même du marbre du Brésil pour le trottoir de la Cathédrale, et on pave toute la chaussée.

En 1870, la ville commande une statue équestre de Manuel Belgrano au sculpteur Français  Albert-Ernest Carrier-Belleuse (le même qui sera chargé de préparer le tombeau de San Martin que l’on peut voir dans la cathédrale). La statue équestre sera inaugurée en 1873 face à la Recova regardant vers l’ouest sur la Plaza de la Victoria. En 1886, elle déménage pour s’installer juste devant la Casa Rosada et regarde vers le nord.

Tours la même année en 1870, pour la première fois on installe deux fontaines sur la plaza de la Victoria. Elles existent toujours mais on été déplacé plusieurs fois dans la ville, aujourd’hui les deux se trouvent sur l’avenida 9 de Julio presqu’à l’intersection avec l’avenida Cordoba depuis 1965.

En 1882, une idée totalement saugrenue est de planter des palmier sur la place, pour la rendre exotique. Bien entendu Buenos Aires n’a absolument pas le climat propice à abriter des palmiers ou une quelconque palmeraie. On aura donc pendant quelques années des palmiers en plein milieu de Buenos Aires !

La Place change totalement de physionomie à la démolition de la Recova en 1884. En effet, on dessine un parterre commun aux deux anciennes places. Tout d’abord on laisse la calle Defensa entre Rivadavia et Yrigoyen (la portion qui longeait la Recova) puis on la coupera en 1889 pour unifier la place.

Toujours en 1889, on rehausse la place, ou plutôt on creuse les chaussées l’entourant de presque un mètre et pour créer donc un dénivelé qui nécessite 3 marches pour accéder à la place. On trouvait ca jolie !

Le 9 Juillet 1894, on inaugure le début du percement de la Avenida de Mayo, et on en profite pour à nouveau redessiner les nouveaux parterres de la place. On confie le projet au paysagiste Français Charles Thays Il essaye d’égaliser à nouveau le terrain au niveau de la chaussée. Redessine les allées, enlève certains des palmiers pour les remplacer par des platanes.

Le métro y arrive depuis 1913. Une sortie est située sur la place même, coté sud.

La mosaïque existante aujourd’hui au sol date de 1929.

Photo : La Plaza de Mayo et les alentours aujourd'hui. Cliquez dessus pour agrandir à 1920x 1080.

Photo : De gauche à droite, le Palacio Municipal, la Avenida Diagonal Norte et la Cathédrale. Photo : 26 novembre 2009.

 

Autour de la place aujourd’hui

 

Coté Ouest :

 

La Casa Rosada qui est le siège du pouvoir exécutif de la Nation depuis 1886. Implanté sur l'ancienne forteresse protegeant la ville. C'est ensuite en 1873 sur la partie sud du terrain qu'est édifié le batiment de la poste centrale, qui se convertira ensuite en Casa Rosada.

Le bâtiment est partiellement démoli sur la calle Yrigoyen en 1938. Pour anecdote, on se souviendra toujours de la fuite du président De la Rua en décembre 2001 à partir d'un hélicoptère des terrasses du bâtiment. 

 

 

 

 

Coté Nord :

 

Juste en face de la Casa Rosada, l’ancien hôtel Argentino rehaussé dans les années 1920, devenu ensuite le siège de la SIDE (Service d’Intelligence de l’Etat).

A coté, le siège du Banco Nacion, sur l’ancien emplacement de l’ancien Teatro Colon. Ce bâtiment plusieurs fois modifié et rehaussé garde son aspect de 1940-1955.

A coté : la Cathédrale Metropolitana, dans son aspect de 1752-1852.

 

 

 

 

Coté Est :

 

Le début de la Avenida Diagonal nord (1913-1943) reliant la Plaza Lavalle et passant par l’Obélisque

Le Palacio Municipal de Buenos Aires (1887-1893), ancien siège des autorités de la ville.

Le début de la Avenida de Mayo reliant la plaza de Mayo a la Plaza Congreso.

Le Cabildo. Aujourd’hui Museo historico de la revolucion de Mayo.

Le début de la Avenida Diagonal Sur reliant la avenida Belgrano.

 

Coté sud :

 

Bâtiment du café Gran Victoria (1925)

Edifice de la Franco Argentina

Bâtiment de la AFIP (Administración Federal de Ingresos Públicos) (datant de 1949) à l’intérieur duquel, vous pouvez aller voir l’ancien Congres de la Nation (ancienne chambre des députés) conservé et datant de 1864 et ayant fonctionné jusqu’en 1905.

Bâtiment du Palacio de Hacienda (1937-1950), le siège du Ministère de l’Economie de la Nation

Les conseils du Petit Hergé :

 

Comme je le dis souvent, toute visite de Buenos Aires, commence forcement sur cette place et se poursuit par la visite des bâtiments qui l’entourent. L’endroit est bien plus intéressant en semaine, lorsque les dizaines de milliers d’employés la traversent du matin au soir. Une ambiance ou se mêlent touristes et cols blancs. Dès la tombée de la nuit, la place se vide. Il n’y a donc aucune activité en soirée. Le weekend de même, la place est offerte uniquement aux touristes, donc perd de l’intérêt. Privilégiez donc votre visite en semaine et aux heures de bureaux.

Inutile de s‘attarder ici sur l’intérêt des visites des bâtiments la bordant, vous les connaissez déjà (Cathédrale, Casa Rosada, Cabildo, Banco Nacion, café Victoria, etc…).

Haut lieu des manifestations en tout genre, on peut en compter presque une par jour (quelquefois uniquement une centaine de personne), vous finirez certainement par en croiser une. Depuis 2008. Coté sud, un camp retranché d’anciens combattants de la guerre des Malouines assure une garde en permanence de leurs installations, ils réclament des indemnités. En mai 2016, le campement existe toujours.

Depuis 2001, des grilles barrent aussi la place dans l’axe nord sud au niveau de la calle Defensa pour protéger la Casa Rosada en cas de manifestations chaudes. Ce qui arrive presque une fois par semaine. La circulation est alors coupée sur la place, et parfois les piétons ne peuvent pas non plus se rendre près de la Casa Rosada. On en a pris l’habitude et les grilles on ne les remarque même plus !

 

Si vous avez des questions au sujet de la Plaza de Mayo, ou que vous vouliez faire une visite, n'hésitez pas à prendre contact avec moi : petitherge@hotmail.com 

Photo : Vers 1900, on reconnait la Cathédrale juste à l'intersection des calles Rivadavia et San Martin. L'immeuble où se trouve la publicité "Centenario" sera démoli pour le percement de la Avenida Diagonal Norte en 1911.

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Published by Le Petit Hergé - dans Buenos Aires
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 15:59

Mise à jour : 15 mai 2016. Catégorie : Buenos Aires.

Catedral Metropolitana

 

La Cathédrale de Buenos Aires (officiellement nommée “Catedral Metropolitana de Buenos Aires”) est la principale église de Buenos Aires. Elle est situé sur la Plaza de Mayo juste à l’intersection des calles Rivadavia et San Martin (quartier de San Nicolas). Toute visite de la ville commence forcement sur cette place et plus particulièrement par un petit coup d’œil à sa Cathédrale. Elle renferme aussi depuis 1880, les restes du Général San Martin dans un mausolée ou est placé le tombeau sculpté en France.

Le Pape Francisco fut archevêque de la ville entre 1998 et 2013, ce qui donne depuis peu une nouvelle dimension à ce temple. Entre 1994 et 1999 la Cathédrale fut entièrement restaurée, et en 2011, la façade fut rénovée et illuminée à nouveau, ce qui permet aujourd’hui de pouvoir profiter d’un bâtiment entièrement  remis à neuf !

La Cathédrale étant à la limite des quartiers de Montserrat et de San Nicolas, et dans un rayon de 500 m autour vous n’aurez que l’embarras du choix pour continuer votre visite aux alentours.

Quelques idées : La Casa Rosada (à 200 m), Le musée du Bicentenaire (à 300 m), le Cabildo (à 100 m), L'Eglise de San Ignacio (à 300m), la Librairie de Avila (à 300 m), le Café La Puerto Rico (à 300 m), La Avenida de Mayo (à 100 m), Le Café Tortoni (à 500 m), la Calle Florida (à 200 m) et la Galerie Guemes (à 300 m).

Si vous avez des questions au sujet de la cathédrale ou tout simplement que je vous la fasse découvrir, par une visite prenez contact avec moi : petitherge@hotmail.com

Photo : La Cathédrale de Buenos Aires juste sur la Plaza de Mayo. Photo : 18 avril 2015.

1580 : Une première église de torchis et de paille

 

Le 11 juin 1580, lorsque Juan de Garay venu d’Asunción fonde la ville de Trinidad, il quadrille le plan de fondation et destine cette parcelle pour y bâtir une église. Dans l’acte de fondation, il est dit « hago y fundo en el asiento una ciudad la cual pueblo con los soldados y gente que al presente he traído para ello, la iglesia de la cual pongo por advocación de la Santísima Trinidad, la cual sea y ha de ser iglesia mayor parroquial ». En un mot, il vient de lui choisir son nom, « Iglesia Mayor », il faut dire qu’en 1580, le « Rio de la Plata », possession du Roi d’Espagne, a pour capitale Asunción et son diocèse dépend de cette dernière ville. Buenos Aires ou plutôt le village de « Ciudad de la Santísima Trinidad y Puerto de Santa María del Buen Ayre » est et restera encore longtemps qu’un petit village.

L’Eglise paroissiale n’est qu’une simple cabane de bois et de torchis certainement placée (selon certains historiens) sur la place centrale, que le gouverneur Hernandarias fait démolir en 1605 pour la trouver trop ancienne (Elle n’a que 25 ans) et indécente.

Vidéo : La Cathedrale de Buenos Aires (2015) 1 mn 53 s.

Carte : Emplacements des 8 premières villes du Rio de la Plata en 1580. (La carte date de 1600).

 

La ville principale et ausi la première et la plus peuplée était Asuncion (1) (fondée en 1537), puis chronologiquement venaient Santiago del Estero (2)(1553), Ciudad Real del Guayra (3)(1557), Santa Cruz de la Sierra (4)(1561), San Miguel de Tucuman (5)(1565), Cordoba (6)(1573), Santa Fe (7)(1573) et enfin Buenos Aires (8)(1580). Il est donc logique et comprehensible en 1580 et jusqu'en 1620, qu'Asuncion fut à la fois la capitale administrative, militaire mais aussi le siège de l'église pour toute la région.

On a du mal aujourd'hui à imaginer qu'Asuncion était la capitale de la future "Argentine".

Cela explique pourquoi Juan de Garay soit venu avec armée et habitants d'Asuncion pour créer Buenos Aires, qu'il fallut à chaque fois aller chercher bois et provisions à Asuncion pour monter maisons et églises.

Comme la carte date de 1600, on voit apparaitre d'autres villes fondées postèrieurement à Buenos Aires comme Salta (1582) et Nueva Madrid de las Juntas (1592). Si vous observez bien entre Tucuman et Salta, deux villes, Yuntas (ou Madrid de la Juntas) et Nuestra Señora de Talavera qui vont au fil des premières années changer d'emplacements puis s'unir (en 1609) pour enfin disparaitre sous un tremblement de terre le 13 septembre 1692.

1605 : une seconde église

 

Avec du bois venu une nouvelle fois du Paraguay (il n’y a pas non plus de forets autour de Buenos Aires), on édifie une seconde église, cette fois à l’emplacement actuelle de la Cathédrale. Malheureusement son toit s’écroule en 1616 (La seconde église n’aura duré que 11 ans). En attendant d’en édifier une troisième, on passe la paroisse dans l’église voisine de San Francisco (fondée en 1583).

Photo : Une idée artisitique de la Plaza Mayor (Aujourd'hui Plaza de Mayo) en 1600. 

Photo : Le premier plan de Buenos Aires de Juan de Garay en 1580. En bleu la future place de Mayo, et en rouge la parcelle (el solar) attribuée à l'emplacement de la Cathédrale. (Cliquez sur la photo pour agrandir).

Photo : Dessin de Carlos Moreno (2007) donnant une vision de la Plaza Mayor (actuelle Plaza de Mayo). On peut apercevoir à l'angle de la calle San Martin l'édification de la 3ème église (1618). Au centre, la "Picota" ou "Palo de Justicia" que l'on plantait au centre de la place lors de la fondation de la ville (voir photo au début de l'article : 1580 : Juan de Garay), et qui servait aussi de potence pour exposer tête decapitée, ou malandrain après jugement exposé au public pour humiliation. Il fut supprimé peu à peu dans le Rio de la Plata à la fin du XVIIIème siècle. (Article de la Gaceta sur le sujet).

1618 : Une troisième église qui devient cathedrale

 

A nouveau, on part chercher du bois au Paraguay et deux plus tard, en janvier 1618, on édifie la troisième église paroissiale qui s’inaugurera dans l’année. C’est uniquement une fois achevée, que l’on s’aperçoit que cette église est plus petite que l’antérieur et qu’elle ne suffit pas !

Entre temps (le 30 mars 1620), une bulle du Pape Paul V crée le diocèse de Buenos Aires (qui prend donc son autonomie par rapport à Asunción), et le 19 janvier 1621 est nommé pour la première fois un évêque de Buenos Aires, le carmélite Pedro de Carranza (voir photo). Comme l'Eglise a un évêque, elle devient donc de ce fait "Cathédrale".

La ville compte alors une bonne centaine de maisons. Pedro de Carranza prend possession de l’Eglise, va visiter son diocèse et quatre mois après son arrivée, envoie une lettre au Roi d’Espagne pour lui signifier « l’indécence (pauvreté) » de son temple. (“tan indecente que en España hay lugares en los campos de pastores y ganados más acomodados y limpios").

Pedro de Carranza aura beau protester, il restera avec sa vielle église qui prenait l’eau de toutes parts. Le second évêque en poste ne pourra non plus rien y faire. Il faudra attendre le troisième évêque, Cristóbal de la Mancha y Velazco qui arrive en 1641 pour commencer à demander l’autorisation au roi (les fonds devaient venir du trésor royal).

Photo : Peinture de Leonie Matthis (1883-1952) de ce que pouvait etre la plaza Mayor vers 1650. La cathédrale (la 3eme) est au fond à droite. L'église qui est au premiere plan, est l'église des Jesuites (nommée en 1608 Nuestra Señora de Loreta puis en 1610 San Ignacio) elle fut démolie en 1661.   

Dessin de Carlos Moreno donnant une idée de comment pouvait être la Plaza Mayor en 1640. En premier plan la Cathèdrale (3ème église) à gauche l'église des jésuites San Ignacio. La picota en son centre, et l'espace se trouvant à l'embouchure de la calle Defensa servait déjà de marché. 

1662 : Une quatrième église

 

Il faut attendre 1662, (il y a 3600 habitants à Buenos Aires) et surtout l’appui du gouverneur de la place Jose Martinez de Salazar qui appuie la demande de l’évêque, pour arriver à débuter les travaux de la « quatrième église paroissiale ». L’Eglise devait compter 4 nefs, mais lorsqu’elle se termine en 1671, elle n’en compte pour raison budgétaire que 3 ! On sait que le toit est en bois et qu’elle compte une seule tour.

On va vite s’apercevoir, que le budget restreint avait contraint les charpentier à utiliser du bois de très mauvaise qualité, et moins de 7 ans plus tard (en 1678), le bâtiment commence déjà à donner des signes de faiblesse.

En 1678, le nouvel évêque Antonio de Azcona Imberto demande au Roi une somme de 12.000 pesos pour réparer la cathédrale de toute urgence. Les fonds arrivent deux ans plus tard et en 1680, les travaux de consolidations sont entrepris… mais bien trop tard ! Le toit s’écroule peu de temps après, et l’autel entièrement détruit. Comme la tour commençait à penchait dangereusement, on prit la décision de la détruire !

1690 : Une cinquième église

 

Toujours pour des raisons économiques, la reconstruction de l’église prit du temps. On répara comme on pu réparer la toiture de manière provisoire en 1690, mais l’intérieur restait toujours à rénover. Tous les habitants contribuèrent avec leurs maigres économies y compris celles de l’évêque à participer au sauvetage de leur église. Lorsqu’Antonio de Azcona Imberto décède en 1700, l’église est toujours en « sauvetage ».

Son successeur, l’évêque Pedro Fajardo va passer sa vie à chercher des fonds et à reconstruire l’église. 21 ans plus tard, dans une lettre du 20 aout 1721, il communique au roi qu’une tour a été reconstruite et qu’il voudrait en commencer une seconde comme ce qui était prévu sur le projet initial de 1641. Mais l’année suivante en 1722, la toiture (provisoire de 1690) commence de nouveau à s’affaisser. Malade et alité, l’évêque suit un temps les travaux de son lit puis demande au Cabildo Ecclésiastique (Autorités des clergés de Buenos Aires) de continuer le chantier.

Toujours par manque de fond, le clergé se tourne alors vers les autorités civiles de la ville (Le Cabildo) pour demander de l’aide, mais pendant 2 ans (1722-1723) les deux cabildos vont se rejeter la responsabilité sans que rien ne se fasse.

Il faut attendre l’arrivée du nouvel évêque Marcos Rodríguez de Figueroa pour que les choses se débloquent. Avec des prêts, les travaux reprennent, sous la conduite de l'architecte Andres Bianchi, pour se terminer avec l’édification de la seconde tour, la consolidation de la toiture et de la façade en 1725. Lorsque Fray José de Peralta décède, on nomme un vicaire capitulaire Bernardino Verdún de Villayzán, qui aura pour principale tache de finir les réparations de la Cathédrale. Il fit venir de Potosi 400 livres d’or pour dorer le retable, blanchir la sacristie, la nef principale, toutes les chapelles et le baptistère.  

On peut penser alors que les souvenirs de construction mal faite, de mauvais matériaux utilisés, de budget restreint ne deviennent rapidement que de mauvais souvenirs et que l’histoire chaotique longue de 150 ans s’en arrête là, mais il n’en est rien …  

A 21h le 23 mai 1752, une partie de la voute s’écroule, et au matin du jour suivant entre 6h et midi c’est presque l’ensemble des 3 nefs qui s’écroulent à leur tour. Le nouvel évêque Cayetano Marcellano y Agramont informe le roi qu’il prit alors la décision de démolir ce qui restait debout, à savoir la façade et les tours.

Photo : Peinture de la Plaza Mayor le 25 mai 1810. On voit le Cabildo et la sixième Cathedrale constuite par Masella à partir de 1754, et dont la facade fut démolie en 1778. 

1754 : La sixiéme eglise et Cathédrale moderne (1754-1822)

 

Deux ans plus tard en 1754, sans attendre l’autorisation royale, l’évêque commence sous la direction de l’architecte turinois Antonio Masella la construction d’une nouvelle cathédrale avec les fonds de l’Eglise et des fonds privés en grande partie offerts par l’homme d’affaire Domingo de Basavilbaso. L’Architecte Antonio Masella (1700-1774)  était connu et se trouvait déjà à Buenos Aires puisqu’il travaillait à la même époque sur l’Hôpital des pères béthlémistas (1748) et sur l’Eglise de San Pedro de Telmo et le collège de Beelen (1751-1755), par la suite il collaborera aussi sur le Cabildo et sur le couvent de Santa Domingo et celui de Santa Catalina.

La nouvelle Cathédrale dessinée sur le plan de Masella en croix latine comptait 3 nefs et 6 chapelles latérales.

Une première inauguration eut lieu en 1758 sur la première nef (celle de droite) nommée San Pedro et sur le baptistère.

Cayetano Marcellano y Agramont du en 1759 laisser la Cathédrale car il fut nommé archevêque de Charcas (Actuelle Bolivie). Il fut remplacé seulement pendant un an (1760-1761) par José Antonio Basurco, mais son passage fut bénéfique puisqu’il donna le terrain jouxtant la cathédrale qui appartenait à sa sœur María Josefa Basurco. 

Une première aide financière royale arriva en 1760

Un premier problème arriva en 1770, lorsqu’on s’aperçu qu’il y a avait une fissure dans la coupole, et on du se résoudre à la démolir. Suivirent 7 ans de travaux pour en reconstruire une autre, mais les travaux durent cesser devant, une fois de plus, un manque de fond.

En 1778, c’est au tour de la façade d’être démolie, car on trouve qu’elle ne concorde plus avec les proportion de l’édifice, et puis vint aussi la démolition des deux tours qui ne correspondaient plus avec l’ensemble.

C’est l’évêque Manuel Azamor y Ramírez qui termina enfin la Cathédrale et l’inaugura le 25 mars 1791. En 1804, un autre évêque, Benito de Lué y Riega décida terminer définitivement la cathédrale en ajoutant la façade manquante et les deux tours mais à nouveau le projet ne pu se faire pour des raisons budgétaires, les travaux sont arrêtés en 1807.

Photo : Aquarelle datant de 1817 de la Cathedrale toujours sans façade.

Photo : Ci dessus certainement la plus ancienne photo de la cathédrale datant du 23 mai 1854. Il n'y a pas encore les scultures du tympan. 

 

Une nouvelle façade à la Cathédrale

 

En 1810, les luttes d’indépendance commencent, et il faut attendre 1822 pour qu’une nouvelle façade soit approuvée. C’est le français Prosper Catelin (1764-1842) qui est choisi. Depuis 1821, il a été nommé par Bernardino Rivadavia, chef des œuvres publics de la province de Buenos Aires. Donc le choix sur Catelin est logique. Nous sommes en pleine époque ou il faut « casser l’image espagnole » de l’Argentine, pour bien montrer que le pays n’en est plus une colonie. Donc même au niveau architectural, on recherche ce qui « fait français ou italien ». On doit aussi à Catelin, la chambre des représentants (encore visible aujourd’hui dans la manzana de las luces), et le portail d’entrée du cimetière de Recoleta.

Fier défenseur de l’architecture néoclassique, Catelin est influencé par la façade du Palais Bourbon de Paris (terminée en 1807). C’est une des rares églises ou cathédrale en Argentine possédant un narthex, c'est-à-dire un double portique. En entrant vous n’arrivez pas directement dans le temple, mais par une sorte d’entrée (le pronaos) qui donne ensuite dans la cathédrale.

La façade de la Cathédrale est terminée en 1822, et les colonnes sont enduites et peintes en 1862. Entre 1860 et 1863, le sculpteur français Dubourdieu réalise les sculptures du tympan.

On peut dire que depuis 1862, la cathédrale a enfin trouvé son équilibre et qu’aucune grande modification ne fut apportée. Elle a été déclarée monument historique nationale le 21 mai 1942.

Restauration entre 1994 et 2011 :

 

En 1994 et pendant presque 20 ans, un important chantier de restauration eu lieu sous la direction de l’architecte Norberto Silva, en commençant par les toitures, puis les extérieurs (en 1999) et se terminant seulement il y a quelques années par l’intérieur du temple.

Enfin en juin 2011, ont commencé des travaux de rénovation de la façade afin de rénover les peintures et les stucs des colonnes, des chapiteaux et du fronton. On en a profité aussi pour mettre en place un nouvel éclairage de la façade et de l’atrium.  

La curie ecclésiastique :

(Palacio Arzobispal)

 

Dans les jardins se trouvant à droite de la Cathédrale se dressait autrefois la Curie Ecclésiastique, projet de Pedro Fossati en 1856 en style italianisant. Bâtiment comprenant 3 niveaux autour d’un patio central. La curie (ou Palacio Arzobispal) fut inaugurée en 1862.

Au début des années 1920, on intègre un second étage.

Elle fut totalement détruite lors d’un incendie de militants péronistes le 16 juin 1955. Les services de la curie déménagèrent donc dans l’urgence au Colegio del Carmen (Paraguay 1750).

 

Le nouveau projet (1963-1981)

 

Le projet de la nouvelle Curie fut mis en place très rapidement dès 1956. On trace la première idée qui serait de monter une simple tour au milieu de la parcelle. Mais, comme le 18 avril 1958 le terrain voisin (Rivadavia 413) qui avait appartenu jusqu’alors à l’« Inspection de la Justice de la Nation » est cédé à l’Eglise (pour préjudice moral et financier de l’Etat envers l’Eglise), on dispose d’une parcelle plus large et on repense le projet. Le 21 juin 1960, officiellement le terrain adjacent est donc englobé dans l’ancienne parcelle. En 1963 est approuvé un projet de deux bâtiments, un de grande hauteur accolé à la banque  Banco de Crédito Argentino (aujourd’hui HSBC Banco Frances) et un autre plus bas au fond du terrain qui le relie a la Cathédrale. L’ensemble ordonné autour d’un petit jardin. C’est le projet que l’on peut voir aujourd’hui. Les travaux débutent en 1963, puis sont arrêtés et sont repris en 1977. Les travaux furent supervisés par l’architecte Alfredo Casares. L’ensemble fut inauguré officiellement par le Cardinal Juan Carlos Aramburu, le 16 avril 1981. Le samedi 12 juin 1982, à 9h du matin, Jean Paul II visita la Curia Metropolitana. 

    

La cote Zéro :

 

Au sol de l’Atrium, se trouve une étoile à huit pointes qui indique le niveau « 0 » officiel du sol de Buenos Aires. C’est à partir de ce niveau que toutes les nivellements des rues et des terrains de Buenos Aires furent faites et ceci jusqu’en 1899. Le péristyle de la Cathédrale se trouvait au niveau de la chaussée, ce n’est que plus tard (fin du XIXème siècle) que la chaussée de la calle Rivadavia tout comme celle du niveau de la Plaza de Mayo fut abaissée. Ce qui explique aujourd’hui qu’il y a 5 marches entre la rue et le sol de la Cathédrale.

Le 13 aout 1899, on abandonne la cote zéro de la cathédrale, pour prendre une nouvelle cote calculée sur le niveau de l’embouchure du Rio Riachuelo dans le Rio de la Plata. L’ancien niveau « 0 » de la Cathédrale se trouve à 19 m au dessus du nouveau niveau zéro du Riachuelo.

    

Le musée du pape :

 

Un pape Argentin ! Caressant l’ego de l’Argentin dans le bon sens, il est normal que son ancienne église (il en était l’archevêque) se soit autorisé le privilège d’ouvrir le premier « musée du pape ». C’est chose faite depuis le 7 juillet 2013 (5 mois après son élection). Vous pouvez y trouver ses affaires personnelles. Le musée est situé a l’intérieur de la Cathédrale a sa gauche en entrant. 

    

Le mausolée du Général San Martin :

 

A la droite de la nef, au niveau de la quatrième chapelle, se trouve le mausolée du général San Martin (1778-1850), haute figure de la lutte et des légendaires combats des troupes « patriotiques » contre celles des « royalistes ». San Martin fut accusé de trahison en 1824, et décida de sauver sa tête en fuyant en Europe. Il passa de nombreuses années tout d’abord en Ecosse, à Bruxelles et ensuite à Paris et à Boulogne sur Mer ou il mourût. Les restes du General furent rapatriés de France en 1880. Les statues comme le monument funéraire est du sculpteur français Carrier Belleuse. 

Comme Napoléon qui s’entourent des noms gravés dans le marbre de ses batailles les plus célèbres (Austerlitz, etc…), le « Napoléon argentin » de San Matin s’entoure lui aussi des 4 grandes batailles (gagnées) de San Lorenzo, Maipu, Chacabuco et de Lima On trouve aussi les urnes des generaux Juan Gregorio Las Heras et de Tomás Guido ainsi que celle du « Soldado Desconocido de la Independencia ».

L’Eglise refusa de placer son tombeau en la cathédrale, mais accepta dans une des chapelles. Pour la même raison si le cercueil est incliné la tête en bas, c’est non pas pour une raison de manque d’espace lors du montage du mausolée, mais aussi pour son appartenance à la franc-maçonnerie. 

    

Les conseils du Petit Hergé :

 

Même si le divin vous laisse froid, si vous êtes sur la Plaza de Mayo, n’hésitez pas tout de même à jeter un coup d’œil à la Cathédrale ! (C’est obligatoire, voilà c’est dit !). Allez voir le tombeau de San Martin pour y chercher des similitudes avec notre Napoléon bien à nous, le cercueil est tout de même moins imposant. Pour ce qui est du musée du pape, pourquoi pas ? Avec les années il va s’enrichir ! N’oubliez pas que Francisco est Argentin, donc au même titre que Maradona, Fangio, Messi et Gardel, il a le droit d’être respecté et idolâtré !

A ne pas rater, le changement de la garde, je parle des grenadiers (poste hyper valorisé, quand son fils monte la garde, la famille vient faire les photos !) qui veille le General San Martin. Le changement à lieu à 13h et à 15h (depuis 1903). Ils sont 5 grenadiers à sortir de la Casa Rosada à traverser la Plaza de Mayo, traverser la calle Rivadavia et entrer dans la Cathédrale, un grand moment !

La Cathédrale est à la limite des quartiers de Montserrat et de San Nicolas, et dans un rayon de 500 m autour vous n’aurez que l’embarras du choix pour continuer votre visite.

Quelques idées : La Casa Rosada (à 200 m), Le musée du Bicentenaire (à 300 m), le Cabildo (à 100 m), L'Eglise de San Ignacio (à 300m), la Librairie de Avila (à 300 m), le Café La Puerto Rico (à 300 m), La Avenida de Mayo (à 100 m), Le Café Tortoni (à 500 m), la Calle Florida (à 200 m) et la Galerie Guemes (à 300 m).

 A lire aussi dans le Petit Hergé :

      

 

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 01:33

Mise à jour : 08 mai 2016. Catégorie : Buenos Aires.

Alejandro Christophersen

(1866-1946)

 

Christophersen est un des architectes les plus prolifiques à Buenos Aires lors des trois premières décades du XXème siècle. Toujours fortement marqué par le style académique français, il est un des bâtisseurs des constructions les plus emblématiques de la capitale argentine, comme le Palais Anchorena, la bourse du commerce ou l’hôpital de Niños. Il fut aussi à la fois le fondateur de l’Ecole d’Architecture de la UBA en 1901 (dépendant de la Universidad de Buenos Aires) sur le modèle de l’Ecole des Beaux Arts de Paris, et un des fondateurs du renouveau de la Société Centrale des Architectes Argentins (SCA) en 1901.

 

Si vous voulez plus de renseignements sur le sujet, ou si vous désirez une visite de certains de ces bâtiments, contactez moi sur : petitherge@hotmail.com

Un Norvégien né en Espagne et ayant étudié en Belgique et en France :

 

Alejandro Christophersen, l’architecte le plus « Beaux Arts » de ce début du XXème siècle. De parents norvégiens, il nait à Cadix en 1866 parce que son père est consul de Norvège en Espagne. Il y restera jusqu'à l’âge de 11 ans avant de rejoindre la Norvège pour suivre ses études.

En 1885, à l’âge de 19 ans il part en Belgique pour commencer tout d’abord des études de peintures à l’académie Royale des Beaux-arts d’Anvers puis des études d’architecture à l’Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles qu’il terminera ensuite à partir de 1885 à Paris aux Beaux Arts dans l’atelier de Jean Louis Pascal en étant aussi l’élève de Julien Guadet. Il y restera deux ans !

Un rapide passage par Montevideo :

 

En 1887, son diplôme en poche, il voyage à Montevideo pour aller voir ses parents alors en poste à l’ambassade de Norvège. Il ne restera pas très longtemps à Montevideo. Ce fut en fait plutôt un séjour de « vacances » mais qui lui permettra tout d’abord de connaitre le milieu de la bourgeoise « Rio Platense » et de prendre des premiers contacts avec les architectes déjà en place. On sait de lui à Montevideo qu’il travailla tout de même sur un projet (qui n’arrivera jamais à se concretiser) d’un Casino et Hôtel sur la plage de Pocitos, commande de Thomas Howard. Mais déjà ce séjour lui aura donné envie de traverser l’estuaire « Cruzar el Charco » pour aller voir Buenos Aires.

Sur place il est impressionné par l’explosion urbaine et architecturale de la ville. 1887, c’est le début du percement de l’avenida de Mayo et de la mise en place de très grands projets comme le début des travaux de Puerto Madero (1er avril 1887). On manque d’architectes et la rencontre avec Ernesto Bunge est capitale.

Chritophersen reviendra bien plus tard en 1924 dans la capitale uruguayenne, pour un nouveau projet d’un particulier : la Casa Morato (toujours en place). C’est le seul projet qu’on lui connait en Uruguay.

Photo : Vue de Buenos Aires en 1888, la ville ne compte pas encore d'immeubles. A droite la coupole de la Cathedrale, au fond la Plaza de Mayo.

    

Photos : Quelques uns des premiers hotels particuliers constuits à Buenos Aires par Chritophersen entre 1892 à 1898. De gauche à droite : Residencia Vicente Peralta Alvear (Avenida Callao 1332) en 1898, Residencia Nicholas Bouwer Palacio Mihanovich (Juramento 1938) en 1892, Petit Hotel Alfredo Martinez de Hoz (Avenida Santa Fe 1026) en 1898. Ils ont tous été détruits. 

Un début chez Bunge et une rencontre avec Kihlberg :

 

Pendant presque 3 ans (jusqu’en 1890) il débute dans l’agence de Ernesto Bunge qui était à ce moment aussi président de la SCA (Société centrale des Architectes). Il travaille aussi dans l’agence du Suédois Carl August Kihlberg qui était installé à Buenos Aires depuis 1870 et qui avait déjà réalisé pour l‘Etat Argentin, des projets tel que le bâtiment en 1873 de la « Dirección de Correos y Telégrafos » en fait, la première partie de ce qui allait ensuite devenir la Casa Rosada. Kihlberg retourne en Norvège en 1877 mais n’abandonne jamais ni son « agence filiale argentine » dans laquelle il associera Christophersen, ni ses contacts au niveau de monde politique argentin. Kihlberg mourra à Buenos Aires en 1908.

    

Photos : D'autres hotels particuliers constuits à Buenos Aires par Chritophersen entre 1900 à 1903. De gauche à droite : Residencia Alberto Leloir (Avenida Cordoba 624) en 1900, Residencia Antonio Dellepiane (Viamonte 1465) en 1903, Residencia Domingo Acuña (Arenales 1107) en 1903. Ils ont tous été détruits. 

Deux ans dans la province de Santa Fe :

 

Juste avant la crise de 1890, Alejandro Cristophersen veut voler de ses propres ailes et se met à son compte. De plus au niveau personnel, entre de suite à la SCA (Société Centrale des Architectes Argentins) où il en devient très rapidement trésorier. Il rencontre aussi Mercedes Ramona Felisa Florencia de Lezica y Muñiz (1869-1948) avec laquelle il se mariera plus tard (Le 10 aout 1893). Ils auront deux filles, Mercedes et Maria-Rosa. La crise économique de 1890 est telle (on la surnomme en Argentine : « El Panico de 1890 », c’est tout dire !), que bon nombre d’architectes européens repartent en Europe. Quant à lui, il préfère partir de Buenos Aires pour s’installer dans la province de Santa Fe où il collabore à l’établissement de nombreuses colonies agricoles. Il faut dire que son cousin, Pedro Christóphersen (1845-1930) était établi en Argentine depuis 1871, homme d’affaire mais aussi heureux gagnant de la loterie nationale. Il avit debuté avec cette petite fortune petite fortune pour rapidement acheter des terres dans la province de Mendoza et de Santa Fe. Il embaucha de nombreux ingénieurs norvégiens pour irriguer ses terres, les a souvent parceller pour ensuite constituer des colonies de peuplement ou il installa les nouveaux colons suisses, français, italiens ou scandinaves. C’est ainsi qu’il embaucha aussi son cousin Alejandro Christophersen durant ses deux années de vaches maigres (1890-1891) en lui donnant la responsabilité de mettre au point le système d’irriguation ses terres. A ce sujet, une toute petite localité au sud de la province de Santa Fe se nomme « Christophersen », elle date de cette époque (fondée en 1893) sur les terres de Pedro Christóphersen et est peuplé aujourd’hui de 1000 habitants. 

  

Photos : D'autres hotels particuliers constuits à Buenos Aires par Chritophersen entre 1906 à 1912. De gauche à droite : Petit Hotel Gomez (Avenida Quintana 76) en 1906, Residencia Maximo Castro (Ayacucho 1456) en 1912. Ils ont tous été détruits. 

1892 : Ses débuts à Buenos Aires :

 

Il revient à Buenos aires en 1892, retrouve Kihlberg et s’associe un temps avec lui. De plus  grâce à son talent mais aussi à ses relations entretenues depuis son passage chez Bunge et chez ce même Kihlberg, il peut se présenter sur de nombreux projets publics et privés. Il en emporte quelques uns comme celui de la Chapelle de l’hôpital Espagnol (1897-1901) ou le Panthéon de la Société Espagnole de secours mutuels situé au cimetière de Chacarita (1895). Il en perd d’autres comme le concours ouvert pour le nouveau Palacio de Congreso en 1895. Plus tard (en 1905) il se présentera aussi pour un concours pour la « Facultad de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales » qui devait se situer sur la manzana de las Luces, et qui ne verra jamais le jour.

C’est un « touche à tout », il construit des bâtiments officiels, des immeubles de rapport, des hôtels particuliers, des sièges de banques, des églises et des chapelles. En parallèle il ne laissera jamais non plus ses pinceaux, c'est-à-dire qu’il aura professionnellement une double vie, l’architecture mais aussi la peinture. A ce sujet il participera de nombreuses fois à des salons de peintures en Europe (Salon d’automne de Paris en 1909 et 1910) et en Argentine. Grand admirateur de Sorolla, Monet ou Pizarro, c’est aussi un adepte de la technique « alla prima ».

Photo : Le Pantheon Espagnol du Cimetiere de Chacarita datant de 1895 encore debout ! Photo octobre 2011.

  

Photos : 3 des oeuvres les plus importantes de Alejandro Chritophersen. De gauche à droite, l'Hospital de Niños de Buenso Aires (1893-1896), la Basilique Santa Rosa de Lima (1926-1934). L'immeuble du café Tortoni (1893-1896).

Photo : Au desssus, une des réalisations de Christophersen totalement inconnue du grand public, le sige de la Cia. Nueva de Gas Buenos Aires Ltda (1904). Photo : Février 2016. Adolfo Alsina 1169. Quartier Montserrat.

 

Une Œuvre prolifique :

 

Difficile de donner une liste exacte de toutes ses réalisations, 3 décennies (les années 1890, 1900 et 1910) de travail intense avec des dizaines de projets souvent privés. Un nombre incalculable d’hôtels particuliers, qui ont pratiquement tous aujourd’hui disparus car placés dans les quartiers chics de la capital (Retiro, Recoleta ou San Nicolas) où les promoteurs à partir des années 1940 se sont donnés un mal fou à les faire disparaitre pour les remplacer par des immeubles de rentes de 10 a 15 niveaux au gout souvent du plus déplorable.

Ensuite pendant les années 20 et 30, Christophersen continue à dessiner des projets et à les faire bâtir, moins de commandes privées pour des hôtels particuliers mais des bâtiments plus imposants tels que des immeubles de bureaux ou des églises.

 

S’il fallait retenir 6 grands projets encore en place et les plus représentatifs de Chrisotphersen, on citerait :

 

- Hospital de Niños (Gallo 1330. Quartier Recoleta). Construction: 1893. Inauguration: 1896. Sa première époque, sobriété, simplicité, façades dépouillées, plan symétrique, toitures à double pans.

- Immeuble hébergeant le Cafe Tortoni (Avenida de Mayo 825. Quartier Montserrat) Construction 1893. Inauguration : 1898. Une incursion dans le style « Hausmann », académisme à la française.

- Palacio Anchorena. Aujourd’hui Palacio San Martin sur la Plaza San Martin (Arenales 761. Quartier Retiro). Construction : 1905. Inauguration : 1916. Une adaptation moderne des hôtels particuliers français de la fin du XVIIIème et début du XIXème siècle.

​- La Bourse du Commerce (San Martin 299. Quartier San Nicolas). Construction : 1913. Inauguration : 1916. Un style académique très sobre, à la limite de l’austérité. Il marque la fin de son époque « Beaux Arts ».

​- Basílica Santuario de Santa Rosa de Lima, (Avenida Belgrano 2216. Quartier Balvanera) Construction: 1926. Inauguration: 1934. Une recherche personnelle du « beau » a travers un style Eclectique, de l’influence Romano-Byzantine et surtout une volonté de décalage avec ses 30 dernières années de projets. Une inspiration de la Cathédrale de Périgueux et du Sacre Cœur de Paris.

- Edificio Transradio. Aujourd’hui HSBC (Avenida Corrientes 480. Quartier San Nicolas). Inauguration: 1940. Sa période « fonctionnaliste », de l’art déco épuré, et une influence du style newyorkais dans la façade.

  

Photos : Les 3 autres oeuvres les plus importantes de Alejandro Chritophersen. De gauche à droite, l'Edificio Transradio (1940), le Palacio Anchorena (1905-1916). La bourse de Buenos Aires (1913-1916).

Photo : Au dessus, l'intérieur du Palacio Leloir.

 

Liste des projets de Christophersen :

 

Bâtiments toujours existants à Buenos Aires, par ordre chronologique.

Pour le moment 23 répertoriés, mais il y en a d’autres...

  •  
  • - Hospital de Niños (Gallo 1330. Quartier Recoleta). Construction: 1893. Inauguration: 1896
  • - Hotel Astoria (Avenida de Mayo 902. Quartier Montserrat). Construction 1893. Inauguration 1895.
  • - Immeuble hébergeant le Cafe Tortoni (Avenida de Mayo 825. Quartier Montserrat) Construction 1893. Inauguration : 1898.
  • - Escuela Nº 19 Leandro Alem (Fray Cayetano Rodríguez 95. Quartier Flores). Inauguration: 1894.
  • - Panteón de la Sociedad Española de Socorros Mutuos dans le cimetière de Chacarita. Construction: 1898.
  • - L’Eglise Ortodoxe Russe (Calle Brasil 315. Quartier San Telmo). Le projet est de l’architecte Russe Mijail Timofeievich Preobrazensky. Christophersen s’est simplement chargé de la direction des travaux. Construction 1898. Inauguration 1901.
  • - Casa de Angel Braceras ou Residencia Bernardo Etchegoyen. (Avenida Belgrano 2852. Quartier de Balvanera). Construction : 1902.
  • - Cia. Nueva de Gas Buenos Aires Ltda. Aujourd’hui siège de la Direction Nationale du Patrimoine et des Musées de la Ville de Buenos Aires, (Adolfo Alsina 1169. Quartier Montserrat). Inauguration: 1904.
  • - Sociedad Hipotecaria Belga América. Aujourd’hui Immeuble de bureaux. Le rez-de-chaussée et les trois premiers niveaux sont d’origine (Bartolomé Mitre 226. Quartier San Nicolas). Construction : 1904. Inauguration : 1905.
  • - Palacio Anchorena. Aujourd’hui Palacio San Martin sur la Plaza San Martin (Arenales 761. Quartier Retiro). Construction : 1905. Inauguration : 1916.
  • - Palacio Leloir. Aujourd’hui Cercle Italien (Libertad 1264. Quartier Retiro). Construction : 1908.
  • - Parroquia Nuestra Señora de Caacupé (Avenida Rivadavia 4879. Quartier Caballito). Constructión : 1906.  Inauguration : 1909.
  • - La Bourse du Commerce (San Martin 299. Quartier San Nicolas). Construction : 1913. Inauguration : 1916.
  • - Palacio Dassen. Aujourd'hui Asociación Argentina de Actores, (Adolfo Alsina 1762. Quartier Balvanera). Construction: 1914.
  • - Instituto Nuestra Señora del Buen Consejo (Santa María del Buen Ayre 953. Quartier Barracas). Construction : 1914. Inauguration : 1918.
  • - Banco Escandinavo Argentino. Aujourd’hui Metropolis  (Sarmiento 354. Quartier San Nicolas).  Construction : 1919. Inauguration : 1920.
  • - Mercado Plaza Once. Aujourd’hui commerces et bureaux (Av Rivadavia 2749. Quartier Balvanera). Inauguration 1928.
  • - Basílica Santuario de Santa Rosa de Lima, (Avenida Belgrano 2216. Quartier Balvanera) Construction: 1926. Inauguration: 1934.
  • - Laboratoires Dupont (Balcarce 548. Quartier Montserrat). Inauguration 1930.
  • - Iglesia Regina Apostolorum (Av. Avellaneda 2679. Quartier Flores). Inauguration : 1931.
  • - Santa Magdalena Sofía Barat, (Salvador María del Carril 2458. Quartier Agronomia). Construction : 1934. Inauguration : 1941
  • - Edificio Transradio. Aujourd’hui HSBC (Avenida Corrientes 480. Quartier San Nicolas). Inauguration: 1940.
  • - Banco de la Nación Argentina, Succursale Plaza Miserere, (Avenida Rivadavia 2856. Quartier Balvanera).

  

Photos : La Residencia Bernardo Etchegoyen (Casa Angel Bracera), sur Avenida Belgrano 2852, date de 1902. 

Les conseils du Petit Hergé :

 

Un grand architecte qui a su, tout en restant toujours dans la pure ligne de l’architecture académique, traverser 5 décennies et toujours rester dans son époque. Passant d’un style purement « Beaux-arts » des années 1890 à une certaine modernité en se permettant quelques ajouts italianisants dans les années 1900, ou même quelques touches art nouveau dans les années 1910. Présentant toujours une architecture rigoureuse (à la limite de l’austérité comme celle de la bourse du commerce), il a su tout de même la nuancer au fil des modes. Ces derniers projets comme celui des laboratoires Dupont (1930) sur Balcarce 548 montre déjà l’arrivée de l’ère du fonctionnalisme tout en gardant quelques détails art déco, quant à l’Edificio Transradio (1940) de avenida Corrientes 480, nous sommes là de plein pied dans le rationalisme. Comme quoi en architecture « l’utile devient beau », pour un architecte ayant fait ses classes et débuté dans l’époque des stucs et staffs en mal d’imitation néo classique, un monde le sépare de ses projets de fin de carrière.

A travers lui, vous pourrez découvrir toute la complexité porteña de 1880-1930 qui s’évertue à courir derrière les démons du passé européen, dans une soif d’imitation à outrance mais qui aboutit tout de même à donner des réussites architecturales.

Encore une bonne vingtaine de bâtiments debout à Buenos Aires qui pourront vous surprendre plus une petite dizaine dans les provinces.

Vous pourrez entrer dans la plupart des bâtiments sans aucun problème.

Si vous avez des questions ou si vous désirez une visite de certains de ces bâtiments, contactez-moi sur mon mail : petitherge@hotmail.com

Photo : Le Palacio Dassen sur Adolfo Alsina 1762 date de 1914.

A lire aussi dans le Petit Hergé :

   

 

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 13:30

Mise à jour : 30 avril 2016. Catégorie : Buenos Aires.

Le Palacio Dassen

 

Un bâtiment assez original dans le quartier de Montserrat à Buenos Aires; celui qui abrite le siège de l’Association Argentine des Acteurs (AAA). Son originalité vient du fait que s’il s’agit à l’origine d’un hôtel particulier, celui-ci disposait en son sommet d’un observatoire astronomique. Une commande d’un homme de sciences et mathématicien Argentin, Claro Dassen, faite en 1914 à un des architectes les plus prestigieux de l’époque, je parle de l’architecte Norvégien Alejandro Christophersen.

Photos : A gauche la façade sur la calle Alsina, après rénovation. A droite, zoom sur l'observatoire (avant rénovation).

Photos : A gauche, la façade du palacio sur rue, au premier étage, on voit le balcon donnant sur le salon principal transformé aujourd'hui en bar. A droite, l'escalier en marbre menant du rez-de-chaussée au premier étage. 

Claro Cornelio Dassen

 

Cet hôtel particulier est une commande de la famille Dassen, et plus précisément de l’Ingénieur Claro Cornelio Dassen (1873-1941) qui fut un physicien, mathématicien de renom, astronome puis professeur à l’université de Buenos Aires en 1927. C’est aussi lui pour la ville de Buenos Aires, entre 1903 et 1917, qui s’occupa largement du système et de l’organisation du pavage des rues de la capitale.

L’Ingénieur Dassen s’occupera personnellement de l’avancement du chantier de sa résidence.

Excellentes connaissances en astrologie (ce qui explique son observatoire) mais aussi passionné de géométrie, il écrira 70 ouvrages sur les mathématiques et les mathématiciens. Ce fut aussi un des grands promoteurs de l’esperanto en Argentine.

A sa mort, une partie de son énorme bibliothèque (1200 volumes) fut donnée à la « Sociedad Cientifica Argentina », il en faisait partie depuis 1892 et en avait été un des directeurs entre 1927 et 1934. Il sera même promu chevalier de la légion d’honneur en 1933 par l’Etat Français. Il a écrit trois ouvrages en français sur les mathématiques dont deux cette même année.

Photo : Escalier menant du 1er au 2ème étage.

Photos : A gauche l'escalier du hall principal menant du 1er au 2ème étage. A droite, le même hall vu du 2ème étage. (Après rénovation)

Le Palacio Dassen :

 

Bien que la parcelle ne dispose que de 423 m2 et qu’en façade le lotissement ne fasse que 7,60 m de large (sur 55,66 m de profondeur), Christophersen arrive tout de même à un tour d’exploit en présentant un projet d’une surface totale de 2000 m2. Ceci en gagnant en hauteur, puisque son hôtel particulier arrive à une hauteur de 60 m !

Malgré l’étroitesse de l’ensemble, une grande verrière installée au dessus du hall du premier étage permet à toutes les pièces de recevoir tout de même la lumière naturelle (même au sous sol).

Tout en haut de l’édifice, un observatoire astronomique par lequel on arrive par un escalier comptant juste 365 marches. Il faut imaginer le quartier de Montserrat encore essentiellement construit sur 1 ou 2 niveaux, ce qui permettait du haut de l’observatoire d’avoir une vue globale sur une bonne partie du centre de la ville !

On prête à ce bâtiment de nombreuses légendes (vraies ou fausses), comme le nombre de marche qui donne exactement le nombre de jour dans l’année et qui n’est pas un fait du hasard. On dit aussi qu’un passage secret rejoint le deuxième étage directement au sous sol. Et enfin, que les dimensions, les dessins et les éléments décoratifs de son bureau, de sa bibliothèque et de son observatoire correspondraient à ceux d’un temple maçonnique.

Dès 1914, cette hôtel particulier fut utilisé comme résidence par la famille Dassen, mais comptait déjà au rez-de-chaussée, sur la partie gauche du bâtiment, un local de vente automobile. A la mort de Claro Dassen (en 1941) le bâtiment fut vendu à l’Etat qui y installa  une dépendance du « Secretaría de Trabajo y Previsión », puis au début des années 1960 il fut occupé par une société textile. On dit que les salons du 1er étage servirent quelquefois pour les défilés de mode. Enfin en1983, la « Asociación Argentina de Actores » vient s’y établir. En 2016, c’est toujours le siège de l’AAA.

Photo : Vue du Palacio et de son observatoire. Vue arriere. (Avant travaux de restauration)

Photos : Au dessus, photo aérienne de 1925 de la Plaza Congreso. A un bloc de la place, sur la calle Alsina, se profile la silhouette du Palacio Dassen (entouré en rouge). En 1925, c’est encore un des bâtiments les plus hauts du quartier.

En dessous, photo prise 5 ans plus tard en 1930, toujours à partir de la Plaza Congreso. L’observatoire du Palacio Dassen est entouré en rouge. Il est certain que dans les années 30, on peut encore avoir une vue plongeante sur toute la Plaza Congreso à partir du Palacio.

 

Photos : Zoom de la photo de 1925. On peut voir plus en détail les étages. Aujourd’hui impossible de réaliser ce type de photo, puisque que le Palacio Dassen est totalement entouré d’immeubles plus hauts que lui.

Le Palacio compte 9 étages. Au 1er les pièces de réception, au 2eme les pièces des appartements, au 3ème terrasse sur la rue, mais une très vaste terrasse sur la partie arrière du Palacio. Au 4ème, étage avec plafond élevé. Au 5ème, étage bas, au 6ème terrasse et début de la tour de l’observatoire. Au 7ème, étage principale de la tour avec un balcon l’entourant. Au 8ème , un étage avec de simples oculus, au 9ème l’observatoire.

A droite, le zoom de la photo de 1930, il s’agit de la même façade donnant sur la calle Alsina. 

Les conseils du Petit Hergé :

 

Bien que ce soit aujourd’hui un bâtiment à usage privé pour les services de l’AAA, vous pouvez toujours demander à la réception l’autorisation de monter au premier étage. Vous aurez comme ça l’occasion de prendre l’escalier et de voir les anciennes pièces de réception de l’étage principal.  Celle donnant sur rue (l’ancien salon) est aujourd’hui transformée en bar. Vous pouvez y prendre un café (je l’ai fait quelquefois).

Bien entendu, y aller aux heures de bureaux et entre le lundi et le vendredi !

L’adresse : Adolfo Alsina 1762. (Métro Congreso).

A voir dans un rayon de 500 m autour du Palacio Dassen : Le Palacio Congreso (à 100 m), la Plaza Congreso (à 100m), la Plaza Lorea (à 200 m), la Confiteria del Molino (à 200 m), Le Mercado del Congreso (à 100 m), La Casa de Los Lirios (à 400 m), l’Immeuble Rivadavia 2009 (à 400 m), la Confiteria de los Angelitos (à 500 m), le Palacio Barolo (à 400 m), la Avenida de Mayo (à 400 m), La Basilica Nuestra Señora de la Piedad (à 400 m), Bar los 36 Billares (à 500 m), La Casa Moussion (à 500 m), le Departamento Central de Policia Federal (à 200 m).

 

A lire aussi dans le Petit Hergé : 

      

 

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 20:35

Mise à jour : 26 avril 2016. Catégorie : Buenos Aires

Catégorie Buenos Aires :

 

Vous êtes sur la page d’accueil de la catégorie Buenos Aires.

Au fil des années les articles s’étant accumulés, me voilà dans l’obligation de changer à nouveau les catégories dans un souci de lecture, ou plutôt de recherche plus facile !

La page d’accueil sur la Ville de Buenos Aires reste toujours la même, mais voici en complément une liste de tous les articles concernant la ville, environ dans les 200.

Pour ceux qui n’ont pas encore lu la page d’accueil, allez-y puis revenez sur cette page pour faire vos choix de lecture. 

 Video : Vues de Buenos Aires. (2015). 5 mn 07 s. 

Que regroupe cette catégorie ?

 

Cette catégorie regroupe l’ensemble de tous les articles concernant la ville (uniquement « Capital Federal », donc intra muros, pour ceux concernant la banlieue, une autre catégorie sera ouverte.

Cette catégorie n’inclut pas les articles relatifs à l’histoire et à l’actualité même à celles de Buenos Aires (exemple : Juan Perón), les thèmes de société (exemple : les cartoneros de Buenos Aires), les documentaires, les films, les publicités ont leur propre catégorie. Les bâtiments de Buenos Aires n’existant plus sont classés dans la catégorie Histoire (Exemple : Grand Hôtel de la Paix 1865-1889).

Ici uniquement donc les lieux, bâtiments et espaces verts, en un mot tout ce qui peut se visiter aujourd’hui ! Le classement se fait par ordre alphabétique. Sur chaque article sont indiqués le quartier, l’adresse exacte, et l’année de parution ou de réactualisation de l’article.

Pour le moment uniquement les 109 premiers articles publiés sur Buenos Aires entre 2011 et 2016.

Les quartiers et secteurs de la ville :

 

Montserrat :

Généralités sur le quartier de Montserrat (2014).

A visiter dans le quartier de Montserrat (2016)

 

Balvanera : 

Généralités sur le Quartier de Balvanera (2014).

A visiter dans le quartier de Balvanera (2014).

Secteur de Once (2015).

 

Recoleta : 

Généralités sur le Quartier de la Recoleta (2014).

A visiter dans le quartier de la Recoleta (2014).

 

La Boca : 

 

- Généralités sur le Quartier de La Boca (Avril 2015).

- A visiter dans le quartier de La Boca (Mai 2015).

- Match de Boca à La Bombonera (Octobre 2011).

- La Feria du Caminito de La Boca (Septembre 2011).

- Les faux clichés sur le quartier de La Boca (Mai 2017).

- La Calle Necochea de La Boca (Mai 2017).

 

Retiro : 

A visiter dans le quartier de Retiro (2014).

 

San Nicolas : 

Généralités sur le quartier de San Nicolas (2014).

 

San Telmo :

Généralités sur le quartier de San Telmo (2014)

 

Puerto Madero : 

Généralités sur le quartier de Puerto Madero (2016)

A visiter dans le quartier de Puerto Madero (2016)

 

Belgrano : 

Secteur quartier Chinois de Belgrano (2011).

Les thèmes :

 

Les ferias de Buenos Aires (2015).

Les marchés couverts de Buenos Aires (2015).

Les salles de spectacle à Buenos Aires (2015).

Les confiterias de Buenos Aires (2013).

Les pizzerias de Buenos Aires (2013).

Les églises de Buenos Aires (2012).

Les musées de Buenos Aires (2012).

Les cafés notables de la ville (2015).

Les milongas de Buenos Aires (2013).

Les bars, confiterias, restaurants et pizzerias

 

Bar La Puerto Rico (Montserrat) Adolfo Alsina 418 (2015).

Bar Los Galgos (San Nicolas) Av. Callao 501 (2015).

Bar Los 36 Billares (Montserrat) Av. de Mayo 1271 (2014).

Bar El Federal (San Telmo) Carlos Calvo 599 (2014).

Bar Petit Colon (San Nicolas) Libertad 505 (2014).

Bar El Hippotamo (San Telmo) Brasil 401 (2013).

Bar Palacio (Chacarita) Av. Federico Lacroze 3901 (2012)

Bar El Banderin (Almagro) Guardia Vieja 3601 (2012).

Bar Café Margot (Boedo) Av. Boedo 857 (2012).

Bar Café de los Angelitos (Balvanera) Av. Rivadavia 2100 (2011).

Bar Confiteria Esquina Homero Manzi (Boedo) Av. San Juan 3601 (2012).

Bar Confiteria Richmond (San Nicolas) Florida 468 (2011).

Bar Pizzeria Guerrin (San Nicolas) Corrientes 1368 (2013).

Bar The New Brighton (San Nicolas) Sarmiento 645 (2011).

Bar Britanico (San Telmo) Brasil 399 (2011).

Bar Miramar (San Cristobal) Av San Juan 1999 (2011).

Bar Sur (San Telmo) Estados Unidos 299 (2011).

Bar de Cao (San Cristobal) Av. de independencia 2400 (2011).

Bar Café Tortoni (Montserrat) Av de Mayo 825 (Version 2016).

 

Les monuments et édifices particuliers :

 

 

Edifice Ancienne Bibliothèque Nationale (Montserrat) Mexico 564 (2016).

Edifice Casa Rosada (Montserrat) Balcarce 50 (2015).

Edifice Casa de los Lirios (Balvanera) Rivadavia 2027 (2016).

Edifice Casa de Cataluña (San Telmo) Chacabuco 863 (2011).

Edifice Cathédrale anglicane San Juan Bautista (San Nicolas) 25 de Mayo 276 (2011).

Edifice Ciné Teatro Gran Rivadavia (Velez Sarsfiel) Av Rivadavia 8636 (2015).

Edifice Club Espagnol (Montserrat) Bernardo de Irigoyen 172 (2011).

Edifice Eglise Cathédrale de Buenos Aires (San Nicolas) San Martin 27 (2016).

Edifice Eglise San Pedro de Telmo (San Telmo) Humberto Primero 340 (2011).

Edifice Eglise Orthodoxe Russe (San Telmo) Brasil 315 (2011).

Edifice Eglise de San Ignacio de Loyola (Montserrat) Bolivar 225 (2011).

Edifice Facultad de Ingeniera Las Heras (Recoleta) Avenida Las Heras 2214 (2014)

Edifice Facultad de Sciences Economiques (Balvanera) Av. Córdoba 2122 (2016).

Edifice Galeria Guemes (San Nicolas) Florida 165 (2012).

Edifice Galerias de l’Obélisco (San Nicolas) (2015)

Edifice Galeria Pacifico (San Nicolas) Florida 737 (2013).

Edifice Hotel Plaza Hotel (Retiro) Florida 1005 (2013).

Edifice La Prensa (Montserrat) Av. de Mayo 575 (2011).

Edifice Librairie de Avila (Montserrat) Adolfo Alsina 500 (2011).

Edifice Librairie Fernando Blanco (San Nicolas) Tucuman 712 (2011).

Edifice Librairie El Ateneo Gran Splendid (Recoleta) Av. Santa Fe 1860 (2011).

Edifice Lutz Ferrando (San Nicolas) Florida 240 (2013).

Edifice Maison Moussion (Balvanera) Callao 316 (2015).

Edifice Mercado del Congreso (Montserrat) Moreno 1749 (2015).

Edifice Mercado del Progreso (Caballito) Av Rivadavia 5430 (2014).

Edifice Mercado de las Pulgas (Colegiales) Av Dorrego 1601 (2011).

Edifice Musée Pénitencier (San Telmo) Humberto Primero 378 (2012).

Edifice Musée Centre Culturel Recoleta (Recoleta) Junin 1930 (2012)

Edifice Musée Navire Ecole Fragata Sarmiento (Puerto Madero) Dique 3 (2012).

Edifice Musée La Usina del Arte (La Boca) Av. Don Pedro de Mendoza 501 (2013).

Edifice Musée du Bicentenaire (Montserrat) Av. Paseo Colon 100 (2011).

Edifice Musée Coleccion Fortabat (Puerto Madero) Dique 4 (2016).

Edifice Palacio Tribunales (San Nicolas) Talcahuano 550 (2016).

Edifice Palacio de las Aguas Corrientes (Balvanera) Av. Cordoba 950 (2016)

Edifice Palacio Paz (Retiro) Av. Santa Fe 750 (2014).

Edifice Palacio Estrugamou (Retiro) Esmeralda 1351 (2015).

Edifice Palacio Barolo (Montserrat) Avenida de Mayo 1370 (2013).

Edifice Palacio del Congreso (Balvanera) Hipólito Yrigoyen 1849 (2011).

Edifice Palacio Dassen (Montserrat) Alsina 1762 (2016).

Edifice Paseo La Plaza (San Nicolas) Corrientes 1660 (2012)

Edifice Passage Roverano (Montserrat) Avenida de Mayo 560 (2016).

Edifice Railways Building (Montserrat) Paseo Colon 181 (2016).

Edifice Rivadavia 2009 (Balvanera) Rivadavia 2009 (2016).

Edifice Teatro et Centro Cultural San Martin (San Nicolas) Corrientes (2012).

Edifice Teatro Opéra – Protection (San Nicolas) (2012)

Edifice Teatro Nacional Cervantes (Retiro) Avenida Cordoba 1155 (2011)

Edifice Teatro Picadero (Balvanera) Enrique Santos Discepolo 1857 (2012).

Edifice Teatro Colon (San Nicolas) Cerrito 628 (2012).

Edifice Trust Joyero Relojero (San Nicolas) Avenida Corrientes 950 (2016).

Les extérieurs :

Rues, avenues, places, cimetières, parcs et jardins

 

Avenida Corrientes (San Nicolas, Balavanera, Almagro, Villa Crespo, Chacarita) (2016)

Avenida de Mayo (Montserrat) (2012).

Calle Florida (Retiro et San Nicolas) (2016).

Cimetière de la Recoleta (Recoleta) Junin 1760 (2012).

Costanera Sur (Puerto Madero) (2012)

Feria de Belgrano (Belgrano) (2011).

Feria du Caminito (La Boca) (2011).

Feria Parque Centenario (Caballito) (2011).

Feria Parque Rivadavia (Caballito) (2011).

Feria de Mataderos (Mataderos) (2011).

Feria de San Telmo (San Telmo) (2011).

Obélisque de Buenos Aires (San Nicolas) Corrientes 1000 (2013).

Parc Zoologique de Buenos Aires – La dégradation (Palermo) (2012)

Parc El Rosedal de Buenos Aires. (Palermo) (2011).

Plaza Lorea (Montserrat) (2012)

Plaza de Mayo (Montserrat) (2016)

Reserve Ecologique de Buenos Aires (Puerto Madero) (2012)

Les conseils du Petit Hergé :

 

Surement un article un peu fourre-tout, mais c’est fait pour ! Au fil des prochains jours je compléterai la totalité de cette liste en insérant les autres articles concernant Buenos Aires.

Bien entendu je reste ouvert à toutes vos propositions, conseils et commentaires concernant cet article. N’hésitez surtout pas à me faire signe si vous voyez une erreur ou une coquille ou lien qui ne suit pas !

Vous adressez vos mail à  : petitherge@hotmail.com

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 20:19

Mise à jour : 23 avril 2016. Catégorie : Buenos Aires 

L'Avenue Corrientes de Buenos Aires :

 

L’Avenue Corrientes est une des principales avenues de Buenos Aires qui se prolonge dans la ville dans le sens est-ouest puis nord ouest allant du quartier de San Nicolas (Bloc des 000) au quartier de Chacarita (Bloc de Corrientes 6900). D’une longueur totale de 8600 m, cette avenue traverse aussi les quartiers de Balvanera, d’Almagro et de Villa Crespo. Elle est sur sa totalité extrêmement commerciale, et offre presque tous les styles d’architecture de 1870 à aujourd’hui. Lors de votre séjour à Buenos Aires vous serez forcement amené à la croiser ou à la longer ! De plus c’est en son axe que fut érigé l’Obélisque, cette avenue est donc a classer dans les « incontournable ». Autant active de jour que de nuit, c’est aussi un des principal pole gastronomique de la ville !

Photo : Sur l'avenue la plus "pizza" au monde, la plus grande pizza du monde chaque mois d'octobre a Buenos Aires (2014). Cliquez sur la photo pour agrandir.

 

Vidéo : La Avenida Corrientes (2014) 3 mn 36 s. (En espagnol).

Un peu d’histoire sur son nom :

 

Lors de l’époque coloniale espagnole (1580-1810), l’avenida Corrientes n’est qu’une simple rue (Son premier nom est la Calle del Sol). Elle commençait au niveau de la berge du Rio de la Plata qui passait à l’endroit exacte de l’Avenida Alem (donc au niveau de Corrientes 200) et s’achevait au milieu des champs à l’ouest à l’intersection de l’actuelle avenida Callao. Mais le tissu urbain s’achevait bien avant (toujours en 1810) au niveau de l’Obélisque juste à l’endroit ou une première église (San Nicolas de Bari, aujourd’hui détruite) sera érigée en 1729. Les  Porteños prennent donc l’habitude à partir de la première moitié du XVIIIème siècle de nommer cette rue de calle San Nicolas.

En 1808, juste après les invasions anglaises (de 1806 et de 1807) en hommage à José Santos de Inchaurregui (un des régisseurs du Cabildo) qui combattit ardument les britanniques, on la nomma calle Inchaurregui. Mais juste après le début des luttes contre les Espagnol (1810), ce dernier prenant parti des royalistes espagnols (donc contre le mouvement d’indépendance), on préféra la nommer Calle Corrientes (1814) et la municipalité officialisa le nom en 1822. C’est l’époque ou on enlève tous les noms des saints (la liste des rues de Buenos Aires jusqu’alors en étant presque exclusivement constituée) pour les remplacés par les noms des provinces (Tucuman, Corrientes, Cordoba ou Santa Fe). En 1882, on commence à paver la rue. Tout d’abord la partie entre avenida Callao et avenida Pueyrredon.

A l’autre bout de la rue, comme celle-ci à tendance à dévier de l’axe ouest et à remonter progressivement vers le nord. Au niveau du coude avec Angel Gallardo, on lui faisait changer de nom pour prendre le nom de Triunvirato, et l’avenida Corrientes se terminait « officiellement » au numéro 4800 jusqu’en 1895. Puis au fil des années, « Triunvirato » a laissé la place au nom de « Corrientes » car finalement il s’agit du même axe. Ce n’est que depuis 1937 que l’avenida Corrientes s’arrête officiellement à l’intersection de l’avenida Lacroze.

Photo : Montage sur photo de 2009 de l'emplacement de l'Eglise San Nicolas de Bari détruite en 1936. Cliquez sur la photo pour agrandir. 

    

Photos : Avenida Corrientes dans les années 40 et 50 après elargissement. Cliquez sur les phtoos pour agrandir.

La rue des théâtres et des plaisirs :

 

Difficile de savoir à partir de quand la calle Corrientes fut synonyme des divertissements nocturnes de la capitale argentine. Théâtres, Music halls, cafés, restaurants, et cabarets des plus louches. Mélanges des genres, des classes sociales et des plaisirs des plus variés au XIXème siècle. La calle Corrientes s’est bien assagie aujourd’hui, et si la vie culturelle est toujours aussi riche (et peut être bien plus riche qu’il y a un siècle), les plaisirs y sont bien plus chastes.

En fouillant comme il se doit, la recherche de l’ouverture des premiers théâtres (en tout cas des plus grands et donc des plus connus) datent de 1870-1880. On citera donc le Teatro Opera (1872), le Teatro Eden (sur Esmeralda et Corrientes) et le Teatro Politeama Argentino (1879). Les trois aujourd’hui n’existent plus.

Pour la petite histoire sachez que le tout premier théâtre de Buenos Aires fut ouvert en 1757 et était installé dans la calle de Alsina sur le bloc des 400 (quartier de Montserrat), plus ou moins là ou se situe aujourd’hui le café de la Puerto Rico. Il sera définitivement fermé en octobre 1761 par pression de l’Eglise, pour l’immortalité des scènes qui s’y produisaient.

Comme la ville de Buenos Aires est encore petite, il est aussi normal de voir apparaitre les premiers théâtres dans un rayon de 300 m autour de la Plaza de Mayo. On peut dire que le véritable premier théâtre construit à cet effet et disposant d’un nombre de place important fut sans nul doute le Teatro Coliseo de la Merced datant de 1804 et qui fut aussi en son époque le seul théâtre de la ville (angle calle Resistencia et calle Perón, à 2 cuadras seulement de Corrientes) il fut agrandit en 1834 et démoli en 1873. Le suivant fut Le Teatro Onrubia (ensuite nommé de la Victoria) datant de 1838 sur la calle Victoria (aujourd’hui Hipolito Irigoyen au 1300, angle San Jose)

Donc les théâtres de la calle Corrientes ne furent pas les premiers à ouvrir en ville, mais commencèrent à s’y installer entre 1870 et 1880. A partir de 1900 il y en avait suffisamment avec ceux de la calle Lavalle (dans sa partie entre les blocs des 200 à 900) et les rues perpendiculaires la rejoignant avec Corrientes pour que ce secteur devienne de suite le centre de la vie nocturne porteña.  Sachez justement que le premier cinéma de Buenos Aires construit à cet effet fut le « Select Lavalle » en 1913 dans la rue du même nom ! Quant au théâtre, le plus ancien du secteur encore debout est certainement le Teatro Maipo (sur Esmeralda 449) datant de 1903. A la « Belle Epoque », sortir à « Buenos Aires » pour diner, voir du théâtre ou souper se faisait dans le secteur de Corrientes et de Lavalle dans le quartier de San Nicolas.

Photo du haut : La salle la plus grande, le Teatro Gran Rex (2015).

 

Vidéo : La nuit des librairies (12 mars 2016). 1 mn 59 s.

 

    

Photos : La Corrientes de la culture, Le Teatro Tabaris (Janvier 2015), La librairie Zivals, et le glacier El Vesuvio (décembre 2007). Cliquez sur les photos pour agrandir. 

L’élargissement de la calle Corrientes :

 

Le premier projet date de 1822 mais ne fut jamais réalisé. Il faut attendre 1910 pour que soit mis en place une ordonnance du maire Joaquín Samuel de Anchorena préparant l’élargissement de la rue, en obligeant les nouveaux immeubles à se bâtir sur une nouvelle ligne d’édification de la future avenue. 21 ans plus tard en 1931, on commence à démolir les anciens immeubles ne se trouvant pas sur cette nouvelle ligne d’édification. La cuadra la première à être démolie est celle du bloc des 1400 (entre Paraná et Uruguay). Il faudra 2 ans entre 1934 et 1936 pour terminer d’élargir la calle Corrientes en avenue Corrientes. On placera aussi en son axe le célèbre Obélisque (1936) sur la Plaza Republica entre les calles Cerrito et Pellegrini, futur embryon de ce qui donnera plus tard la avenida 9 de Julio.

On déplore lors de ces travaux d’élargissement la destruction de l’église de San Nicolas de Bari (une des plus anciennes églises de l’époque coloniale de Buenos Aires) ainsi que la démolition du « Circo Hippodrome » datant de 1917 à l’angle avec la calle Pellegrini.

Les années 30 voient aussi l’arrivée de la seconde ligne de métro de Buenos Aires passant sous Corrientes. En 1930 la ligne est ouverte entre Lacroze et Callao, et en 1931, la line arrive à la station Leandro Alem (encore terminus actuel). Il s’agit de la ligne aujourd’hui nommé « B »

Enfin, ces derrières années, la municipalité a décidé d’élargir les trottoirs (passant de 3,5 ma 5 m de large) quitte à enlever une voie pour la circulation des voitures. Entre 2003 et 2005 les travaux furent fait pour les blocs allant 9 de Julio a Callao (de 1100 à 1700), et entre 2007 et 2009 entre Callao et Pueyrredon (de 1800 à 2700). Tout le mobilier urbain fut changé, amélioré et la municipalité a commencé a installer sur cette portion des statues des personnages les plus célèbres de la comédie et de la télévision argentine.

Photo : Elargissement de la calle Corrientes en 1936

Photo : Après elargissement des trottoirs en 2005, la ville de Buenos Aires a instalé tous les 50 m des staties des artistes argentins les plus connus de la télévision. Ici Alberto Olmedo et Javier Portales. Photo octobre 2015.

 

Video : Avenida Corrientes par drone. 1 mn 40 s. (2015)

 

La avenida des pizzerias :

 

Il n’y a pas à dire, à Buenos Aires, on pense à la avenida Corrientes dés qu’on parle de pizzerias. Elle regroupe quelques unes des plus connues et des plus anciennes, mais aussi un très grand nombre d’autres qui sont apparues depuis 2000-2010, ce qui fait aujourd’hui peut être l’axe la plus « pizza » de la capitale ! Les premières se sont installées avec l’élargissement de la rue dans les années 30 à la fois pour proposer un repas rapide et bon marché à l’employé des bureaux qui cherche à se nourrir à midi en semaine, (depuis les années 30, on mange debout dans les pizzerias de Corrientes) et aussi pour la famille qui sort au spectacle (et alors on prend une table). La pizza « Fugazzeta » est même devenu la super classique de l’avenida Corrientes. Concentration forte dans San Nicolas autour des théâtres, mais aussi à chaque angle de rues importantes ou même autour de la gare de Federico Lacroze à Chacarita. Je ne me suis pas amusé à les compter, mais a vue de nez disons une bonne centaine de pizzerias !  Elles sont ouvertes du matin au soir tard dans la nuit. La majorité ouvre à 07h du matin, car on y prend aussi son petit déjeuner. Il faut dire que la pizzeria à Buenos Aires, c’est aussi pour manger autre chose que des pizzas ! C’est toutefois simple et assez limité en plats, mais tout de même une viande, du poulet, des salades, des pates et des sucreries et desserts. Mais dans la carte, la pizza ou les empanadas sont les incontournables, et d’ailleurs si on y va c’est pour en manger !  Les pizzerias ferment toujours très tard, toutes au moins à minuit (Tous quartiers confondus), et les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche et les veilles de jours fériés, On pousse la fermeture a 2h voire 3h du matin !  La « previa » en pizzerias avant d’aller au « boliche » a 3h du matin fait partie de l’itinéraire classique des nuits porteñas ! Bref, passage obligé dans les pizzerias de l’avenida Corrientes. (Continental, Guerrin, Kentucky, Bacherro, Imperio, Squzi, Cuartetas, Americana, …)

Photo : Pizzeria La Rey sur Corrientes (2013). Cliquez sur la photo pour agrandir !

 

Vidéo : Le Marathon Muzza 5k qui a lieu tous les ans en septembre sur la Avenida Corrientes pour donner le prix de la meilleure pizza de l'année. (2015). 1 mn 52 s. 

 

L’intérêt de la Avenida Corrientes :

 

Ils sont innombrables. On touche à la fois à la vie quotidienne, à la vie active et économique de la ville, a la vie culturelle, aux lieux d’intérêts historiques, à l’histoire du tango et de la musique, des arts, de la littérature et du spectacle. On est à la fois dans le passé et à la fois dans le Buenos Aires actuel. Un mélange qui peut saouler le piéton peu habitué aux grandes villes. Chaque immeuble a une histoire, chaque lieu peut raconter un événement, chaque détail rappelle un souvenir.

Il faudrait faire une liste exhaustive de tous ces lieux illustres disséminé sur les 8,6 km de cette artère phénoménale (soit un linéaire de 17,2 km de trottoirs) ou s’alignent boutiques, magasins, café, bars, restaurants, librairies, salles de spectacles à n’en plus finir !

Un autre article sera écrit avec les principaux bâtiments et lieux d’intérêt à ne pas manquer sur l’avenida Corrientes.

Ici, je vais uniquement découper l’avenue par secteurs les plus représentatifs.

La Corrientes de la City :

 

De la Cuadra des 000 (Avenida Eduardo Madero) à la cuadra des 600 (Calle Maipu).

Essentiellement le monde des affaires, pour ne pas dire exclusivement. Des immeubles de bureaux ou d’anciens immeuble de logement transformé en bureaux, des boutiques offrant tous les services possible de restauration ou de papeteries pour les milliers d’employés venant du lundi au vendredi travailler dans la zone. Bien entendu le samedi et dimanche le quartier est mort et il est difficile d’y trouver meme un bar ouvert ! C’est le secteur ou la calle Florida coupe l’avenue. Le seul point justement qui « bouge » un peu le weekend alimenté par les touristes brésiliens en mal de shopping. Quelques bâtiments les plus représentatifs, en se promenant du bloc des 000 à celui du 600, le palais des sport du Luna Park, l’ancien palais des postes devenu le Centre Culturel Kirchner (encore vide et sans activité en 2016), l’Edificio Comega, Le Jousten Hotel, l’Edificio Safico, le Palacio Elortondo Alvear (Burger King).

Photo : La City sur Avenida Corrientes dans le micro centre totalement et inhabituellement vide un 1er mai !(2013). Cliquez sur la photo pour agrandir. 

La Corrientes de la culture et du spectacle :

 

De la cuadra des 700 (calle Maipu) à la cuadra des 2000 (Junin).

Le secteur le plus riche de l’avenida, des dizaines de théâtres, des libraires à ne plus avoir ou donner des yeux, des bars et restaurants, actif en journée par le nombre de bureaux et de commerces ouverts, et en soirées par les salles de spectacles et les bars. Le vendredi, samedi et le dimanche, noir de monde à partir de 17h et jusqu’à 3h du matin. C’est cette partie qui a été cité dans nombre de tango comme la « calle Corrientes que no duerme nunca ». C’est aussi la zone qui compte le plus grand nombre de pizzerias qui s’y sont installées dans les années 1930 avec l’élargissement de l’avenue. Autre spécificité de la zone, les librairies (les disquaires autrefois très nombreux ont disparu peu à peu dans les années 2000, et se sont transformés à leur tour en librairies). Les Porteños sont de gros consommateurs de livres et de presse, les libraires se sont donc accolés au milieu artistique et le secteur (et rues adjacentes) est aussi le centre de la vie littéraire de Buenos Aires. Quelques bâtiments ou lieux les plus connus : Edificio Republica (Telefonica), l’Eglise évangélique méthodiste, la pizzeria las Cuartetas, Le Gran Rex, le Teatro Opera, l’Edificio Trust, l’Obelisque, le glacier El Vesuvio, le Teatro Lola Membrives, la pizzeria Guerrin, le restaurant Los Inmortales, le Cinema Lorca (le dernier encore en activité de l’avenida Corrientes), le café La Giralda, la chocolaterie Le Lion d’or, et une autre la Bombonella, la librairie Lorraine, le Teatro San Martin, la librairie Losada, le restaurant du Palacio de la papa frita, le Paseo La Plaza, la librairie Gandhi (qui a déménagé plusieurs fois sur l’avenue), le salon de thé du Gato Negro, le glacier Cadare, la librairie Zivals, le café La Opera, la pâtisserie La Somnambula, le passage Enrique Santos Discepolo, le Teatro La Casona, l’ancien ciné Cosmos.

Photo : La "nuit des libraries", chaque mois de mars à Buenos Aires (2016). Cliquez sur la photo pour agrandir.

Photo : Le salon de thé El Gato Negro (2016). Cliquez sur la photo pour agrandir. 

La Corrientes du Once :

 

De la cuadra des 2100 (Junin) à la cuadra des 2900 (Ecuador).

Le Once, c'est l'ancien quartier juif (l’équivalent du « Sentier » de Paris), je parle d’ancien car de nombreux commerçants chinois se sont lancés dans le tissu ! Les juifs tiennent encore au moins la moitié des commerces. Si les ateliers et les grossistes sont installés dans les rues adjacentes, l’avenida Corrientes reste la « vitrine » et toutes ses boutiques vendent au détail. Essentiellement vêtements et accessoires, quelques boutiques de blanc, papeterie, et chaussures. En étages, les ateliers qui occupent des fois des immeubles de plus de 10 étages. De très nombreuses galeries en approchant l’avenida Pueyrredon. Les commerces les plus connus : Le magasin de chaussures La Babel (depuis 1895), la Galeria de la Paz (la galerie des receleurs), la Galeria Internacional (l’autre galerie des receleurs), la pizzeria Podesta, la Galeria LH, le Paseo Imperial, Edificio Casa Grimoldi, la Galeria del Siglo, la Galeria Via del Sol, l’Edifice des 70 balcons, la confiteria Leon, la boutique Sabores Europeos,…

Photo : Le Once dans toutes sa splendeur ! Des boutiques à ne plus en finir, toutes specialisé dans le textile (Janvier 2010). Cliquez sur la photo pour agrandir.

La Corrientes d’Abasto :

 

De la cuadra des 3000 (Ecuador) à la cuadra des 3300 (Gallo).

Une continuité de Once, car s’il y a moins de boutiques de textile, c’est tout de même le secteur ou vit la communauté juive, de nombreuses associations et écoles hébraïques dans le secteur. Sur l’avenue des commerces tenus aussi maintenant par la collectivité péruvienne, de très nombreux restaurants péruviens et quelques autres boliviens. Et puis Abasto, c’est aussi … Abasto ! L’ancien marché central de la capitale qui a déménagé dans les années 1980 et qui a laissé la place au plus grand centre commercial intramuros de la ville « Abasto Shopping ». Ca devient aussi (à coup de marketing de la ville) le quartier du tango, car autour du musée de Carlos Gardel (sur Jean Jaures 735), c’est développé toute une politique de piétonisation des petites rues, fresques de tango, « fileteados » des murs, boutiques sur le tango, magasins de chaussures de tango, bar à theme sur le tango, spectacles de tangos, une sorte d’overdose sur le tango dans le secteur qui peut en écœuré plus d’un (sauf le tangero). On a même débaptisé la station de métro (Aguero) en Carlos Gardel !

Dans ce secteur sur l’avenida le plus connu : la Confiteria Pertutti, le shopping Abasto,...

    

Photos : Le seul Mac Do Kosher du monde en dehors d'Israel, dans le shopping d'Abasto (2016), l'entrée principale du Shopping d'Abasto. Inauguration du "paseo peruano de Abasto" (2012). Cliquez sur les photos pour agrandir.

La Corrientes d’Almagro :

 

De la cuadra des 3400 (Gallo) à la cuadra des 4700 (Estado de Israel)

Quartier fortement peuplé, il n’y a plus d’administrations ou de bureaux, les immeubles ne possèdent que des logements et la densité humaine fait que les boutiques sont collées les unes aux autres. Corrientes se peuple de commerces de bouche et de commerces de proximité. Des cafés ou des glaciers à chaque angle de rue. L’avenue de désempli jamais même le weekend. A partir de la calle Mario Bravo, les immeubles sont plus hauts et on se bouscule sur les trottoirs à l’heure de faire les courses, la densité continue à s’élever et la partie comprise entre les stations de métro Medrano et Angel Gallardo est la  plus active,  la plus vivante donc la plus interessante. 

Les endroits les plus connus : La casa del queso, la confiteria Gratto, la pâtisserie Boulevard Corrientes, on regrette la disparition de la confiteria Gildo (en plein chantier en 2016), le siège de l’Eglise évangéliste Universal (une sorte de temple (secte) à colonne), le glacier Banova (4202), l’immeuble moderne de l’école internationale de Pâtisserie (4367), l’Eglise Jesus Sacramentado (4433), Ecole catholique « casa de Jesus » (4471), la pâtisserie Delgado (4631), La poissonnerie Costa Marina (4683), la Confiteria Aromi (4690).

Photo : La Casa del Queso.

Photo : La devanture de l'ecole de patisserie de Almagro (2011). Cliquez sur la photo pour agrandir.

La Corrientes de Villa Crespo :

 

De la cuadra des 4700 à la cuadra des 6000 (passage à niveau).

Ce sont les avenues Estado de Israel et d’Angel Gallardo qui délimitent les quartiers d’Almagro de Villa Crespo. Si vous venez à pied d’Almagro et que vous passez à Villa Crespo en traversant ces avenues vous ne verrez pas à première vue la différence. Il faut dire que ce point (au niveau du métro Angel Gallardo) est le point le plus peuplé de ces deux quartiers, donc en continuant Corrientes vers le 4700, vous aurez à nouveau de très nombreux magasins des deux cotés de l’avenue. La zone la plus dense s’étend jusqu'à l’avenida Juan B Justo. Les 3 derniers blocs de l’avenida sur la partie de Villa Crespo deviennent moins denses et surtout plus populaires, il faut dire que la proximité de la voie ferrée de la ligne San martin n’a jamais attiré le bourgeois. Mais ne vous y fiez pas, continuez l’avenida pour passer à Chacarita.

Les endroits les plus connus : La Farmacia del Aguila (4996), le monument a Osvaldo Pugliese (5178), La pizzeria Imperio (5206), Café San Bernardo (5436), Pizzeria Napoles (5588).

Photo : Le bar San Bernardo (2012) dans un immeuble "Art Nouveau"

Photo : La Pharmacie del Aguila (2006).

La Corrientes de Chacarita :

 

De la cuadra des 6100 (passage a niveau) à la cuadra 6800 (Gare de Federico Lacroze).

L’avenida Corrientes coupe les voies ferrées (passage a niveau) des voies du « San martin » au niveau de la station « Chacarita » reliant le terminus de Retiro. A ce sujet très rapide de se rendre dans le centre de Buenos Aires (quartier de Retiro) en prenant ce train (plus rapide que le métro).

Très peu de constructions sur la premier cuadra du quartier et ceci jusqu'à l’angle de  l’avenida Dorrego. Le quartier se transforme pourtant rapidement sur les cuadras 6200, 6300 et 6400 de très nombreux édifices hauts voient le jour depuis 2015, et remplacent les petits ateliers mécaniques. Il faut dire que la situation donnant directement sur le Parque de los Andes est agréable, en un mot le secteur s’embourgeoise depuis moins de 5 ans.  Le parc de los Andes a été entièrement restauré et aménagé entre 2005 et 2006. Le samedi et dimanche une très importante féria y a lieu. Sur Corrientes (entre 6200 et 6500) la feria s’allonge sur 400 m et à l’intérieur du parc (Vêtements, ustensiles, et artisanat), du coté de l’avenida Dorrego et de l’avenida Guzman, se sont plutôt les puces (très intéressant, bien plus que San Telmo).

Plus loin à partir de la cuadra 6600, on sent que l’on se rapproche de la gare de Federico Lacroze et c’est une succession de pizzerias qui font front au cimetière de Chacarita. Face à la gare, c’est le point le plus vivant et dense qui va se continuer sur l’avenida Lacroze vers le nord. Ca y est vous êtes arrivés au bout de l’avenida Corrientes ! Pour rentrer c’est simple, vous prenez le métro à « Federico Lacroze », c’est direct jusqu’a l’Obélisque.

En 2016, on continue à moderniser le rond point et l’esplanade face à l’entrée principale du cimetière Chacarita. L’esplanade a été inaugurée en avril 2015, mais en 2016, on continue à avancer ! ;-)

A voir sur Corrientes dans la portion Chacarita : La gare de Chacarita à ciel ouvert (l’expérience des trains de banlieue), la pâtisserie et resto le Gran Corrientes (6199), la feria le weekend dans le parc, Albamonte Ristorante (6735), Pizzeria Santa Maria (6801) San Remo Ristorante (6867), la plus grande de toutes la Pizzeria Imperio (6895), la gare de Federico Lacroze, et bien sur … le cimetière de Chacarita (n’oubliez pas d’aller voir la tombe de Carlos Gardel).

Photo : La Pizzeria "Imperio", la plus célèbre de Chacarita (2013).

Photo : L'esplanade face au cimetière de Chacarita (2011).

Les conseils du Petit Hergé :

 

Très longue avenue à découvrir, prenez votre temps, entre le Puerto Madero et l’Obélisque, faite la visite en journée et en semaine. Entre l’obélisque et Junin, en semaine aux heures de bureau et en fin d’après midi ou en soirée pour les spectacles te les restos. Pour la partie de Once et Abasto, évitez le weekend, tout est fermé et puis c’est Shabbat ! Donc en semaine entre 10h et 17h. Pour Almagro tous les jours de la semaine (sauf le dimanche, ils dorment) en journée. Pour Chacarita, je préfère samedi et dimanche entre 10h et 17h pour la feria ! S’il pleut annulez, il n’y aura pas de feria !

Vous ne pouvez pas tout voir en une journée, trop long, et puis les jours et horaires sont différents en fonction des quartiers. Donc étalez ça sur plusieurs jours ! N’oubliez pas non plus que tout se visite de l’intérieur, bâtiments, théâtres, librairies, cafés historiques etc… Donc arrêtez vous partout, inutile de faire la course à celui qui va faire le plus de km dans la journée ! (syndrome du français en vacances). Ce n’est pas parce qu’on va « vite » que l’on a compris quelque chose ou qu’on s’est imprégné d’un lieu ! La valeur d’un livre n’est pas le nombre de pages, la valeur d’une visite n’est pas la quantité de km.

La ligne de métro B passe sous l’avenida Corrientes d’un bout à l’autre, ce qui permet donc de reprendre sa visite là ou on s’est arrêté la veille !

Pour toutes questions ou visites, envoyez moi un mail à : petitherge@hotmail.com

A lire aussi dans le Petit Hergé : 

      

 

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Published by Le Petit Hergé - dans Buenos Aires
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 22:26

Mise à jour : 17 avril 2016. Catégorie : Buenos Aires.

Palacio de Tribunales :

 

Il s’agit du palais de justice de Buenos Aires, officiellement il se nomme « Palacio de Justicia de la Nación », mais tout le monde le nomme « Tribunales » (donc au pluriel). Nous sommes dans le quartier de San Nicolas, mais en un peu plus d’un siècle, on a prit  l’habitude de nomme le secteur allant de l’avenida Cordoba à l’avenida Corrientes et de la calle Cerrito à celle de Montevideo de la « zona de Tribunales ». Edifice impressionnant par sa taille et sa hauteur, dans un pur style académique français, on peut y entrer en semaine, il vous impressionnera aussi de l’intérieur !

Photo : Vue de la façade principale de Tribunales donnant sur la calle Talcahuano et la Plaza lavalle. Photo 08 aout 2009. Apres ravallement des façades.

Un ancien arsenal et une caserne militaire :

 

Au même endroit avant la construction du Palais de justice, il y avait une fabrique d’armes dans ce qu’on appelait alors « el hueco de Zamudio », du nom du propriétaire de toute cette zone qui se trouvait alors hors les murs en 1815. En 1822, la zone se trouvant devant la fabrique qui servait alors de décharge, se transforme en place, et prend le nom de « Parque » et la calle Lavalle se nommait alors calle del Parque. L’entrée de la fabrique de trouvait du coté de la calle Lavalle, puis elle s’agrandit et un arsenal ouvre du coté de la calle Uruguay. Enfin vers 1850, la caserne s’installe sur le « parque » du coté de la calle Talcahuano, et on lui donne le nom de « Parque de la Artillera ». La zone se peuple peu à peu, et les voisins demandent en 1872 au président Sarmiento le déménagement de l’arsenal, par peur du risque d’explosion de l’arsenal (ça s’était déjà produit en 1865 à l’arsenal de la Plaza San Martin). L’Arsenal finalement déménage en 1885, mais les bâtiments sont alors toujours occupés par l’armée qui y héberge 1 bataillon. Lors de la « révolution de 1890 », c’est à cet endroit que se produit le début de l’insurrection. Finalement les derniers soldats partent en 1902 et en 1903 le bâtiment du « Parque de la Artillera » est enfin démoli. Ce n’est que quelques mois plus tard que les travaux du Tribunal commenceront ! 

Photo : Entrée principale de la caserne de la Artilleria donnant sur la calle Talcahuano, face a la Plaza Lavalle. Photo vers 1890.

Photo : Construction du Palacio de Tribunales angle Lavalle à gauche et Talcahuano à droite. L'immeuble du Mirador Massue (1903) se dresse déjà au fond à l'angle de la calle Tucuman.

Un palais de justice tout neuf pour le centenaire de l’indépendance :

 

C’est encore le projet d’un architecte français à Buenos Aires qui est retenu lorsqu’il fallut construire un nouveau palais de justice à l’image de la toute nouvelle et florissante Buenos Aires du début du XXème siècle !

Le premier projet date de 1889, dessiné par Norbert Maillart, mais la crise de 1890, sous la présidence de Miguel Juárez Celman, ne permet pas de le poursuivre, et il est rangé dans les cartons et remis à plus tard. Il faut attendre quelques années pour que le projet refasse surface et c’est sous la présidence de Julio Argentino Roca (1898-1904) qu’on parle à nouveau de l’édification du palais de justice.

Ce palais est installé donc au bout de l’axe de Diagonal Norte (projet archivé dans les cartons depuis très longtemps mais qui est accepté définitivement en 1907, donc après le début des travaux de Tribunales). Dans le même esprit de l’Avenida de Mayo qui relie la place de Mayo (siège du pouvoir exécutif : Casa Rosada) avec la Plaza Congreso (siège du pouvoir Législatif, le Palacio Congreso); la Diagonal Norte relie donc aussi le pouvoir exécutif (Plaza de Mayo) au pouvoir judiciaire (Plaza Lavalle : Tribunales). 

En 1904, on donne le feu vert au projet et la première pierre est posée en 1905. Avec la volonté de le terminer pour les fêtes du centenaire en 1910. Cependant les travaux prennent du retard, et à cette date, il faut se contenter d’inaugurer qu’une petite partie du nouveau bâtiment. Ce n’est qu’en 1912 que la cours suprême s’y installe, alors que l’architecte décide de se retirer du projet. La première guerre approche et en 1914 les travaux cessent alors qu’une partie du bâtiment est donc déjà en activité.

Photo : Pose de la premire pierre en 1905.

Photos : Deux photos aériennes datant de 1925 de la Plaza Lavalle. (A) Le Teatro Cervantes (1921). (B) L'ancienne grande synagogue (1898) et démolie en 1932 pour etre modernisée. (C) La calle Cordoba qui n'est pas encore élargie pour donner l'avenida Córdoba. (D) Le Palacio Miro (1841) et démoli en 1937. (E) Teatro Colon (1908). (F) La colonne de la statue de Lavalle (1887). (G) Escuela Presidente Roca (1903). (H) Palacio de Tribunales (1910). (I) Mirado Massue (1903) et transformé en 1989. (J) Immeuble du Passage Domingo Funes (pas de date exacte vers 1905). (K) Escuela Nicolas Avellaneda (1886). (L) Immeuble de la Calle Viamonte 1289 (vers 1910) démoli en 1938.

L’architecte Norbert Maillart :

 

Auguste Norbert Maillart est né dans l’Oise en 1855, et entre en 1874 aux beaux Arts de Paris dans l’atelier Guadet. Il en sort avec le diplôme et travaille tout d’abord sur des réalisations d’hôtels particuliers (comme celui du 04 de la rue Pétrarque dans le XVIème arr., aujourd’hui détruit) avant de travailler à Beauvais sur le projet (1889) du lycée Félix Faure construit entre 1896 et 1898. Il part entretemps au Chili après accord entre le Chili et la France pour construire le théâtre de Valparaiso (1886, détruit par un tremblement de terre en 1906) ainsi que quelques monuments commémoratifs, comme le monument aux héros (1888). C’est surtout le projet de ce théâtre qui va le faire connaitre aux autorités argentines et qui voudront lui confier de très nombreux chantiers de l’Etat à Buenos Aires.

Les 3 principaux projets pour Buenos Aires furent : La poste centrale (projet de 1886, débuté en 1889, mais Maillart se retire du projet en 1911), son second chantier important en ville sera donc le Palais de Justice (projet de 1889, mais débuté en 1905). Il poursuivra enfin par le Collège National (projet de 1908 et débuté en 1910). Il travailla aussi à de très nombreux autres projets confiés par les villes de Buenos Aires et de Montevideo, mais la crise de 1890 puis l’arrivée de la première guerre mondiale les annulèrent tous.

    

Photos : Interieurs et porche d'entrée principale sur la calle Talcahuano (2008)

Le chantier de Tribunales qui n’en finit plus !

 

Les travaux cessent pendant la première guerre mondiale (1914-1918) en raison de problème économique, il faut attendre 1920 pour que le projet soit une nouvelle fois modifié en ajoutant un étage de plus à la mansarde, les travaux reprennent en 1925, et vont se poursuivre jusqu’en 1942 ou on inaugure la salle d’audience. On place aussi à la fin des années 20, les statues qui tiennent les tables de la loi au sommet du bâtiment.

A partir de 2002 et jusqu’en 2007, commencent d’énormes travaux de rénovations intérieures et extérieures sur la façade donnant sur la Plaza Lavalle. En 2010, les trois autres façades seront à leur tour ravalées, et les travaux seront finalement achevés en 2011.

Pour le moment (2016), la municipalité parle de piétonniser la plaza Lavalle qui va donc certainement dans les 2 ou 3 prochains (2017-2020) voir de nouveau sa physionomie changer.

Photo : Ravallement de la façade donnant sur la Plaza Lavalle (Mai 2007).