20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 22:45

Mise à jour :  Du 20 au 23 juin 2010

nullUshuaia :

 

Ushuaia : 45.400 habitants (Chiffre 2001). 60.000 estimation 2010.

Departamento Ushuaia : 55.000 hab.(Chiffre 2001).

Provincia de Tierra del Fuego (Officiellement : Tierra del Fuego, Antártida e Islas del Atlántico sur).

Positionnement : 54°48′57″S 68°19′04″O

Altitude : 6 m. (Au niveau de la mer)

Distances :  Rio Grande à 228 Km, Porvenir (Chili) pour prendre le bac vers Punta Arenas à 462 Km, Embalse Bahia Azul (Chili) pour prendre le bac pour le continent vers l'Argentine à 463 Km, Rio Gallegos (Santa Cruz) à 594 Km, Buenos Aires à 3.068 Km.

Photo : Avenida San Martin à Ushuaia sous la neige en 2008. 

nullUn peu d'histoire :

 

Me voilà parti dans l'élaboration de ce sujet qui se voulait simple et résumé, mais voilà ! Impossible de faire court surtout quand je commence à mettre mon nez dans des vieux bouquins pour vérifier l'info ! Une info en apporte une autre et le sujet s'allonge...Alors la décision est prise, il y aura plusieurs articles sur Ushuaia ! Voici le premier concernant l'histoire de ce patelin perdu tout en bas d'une carte.

 

Infographie : En parlant de carte, en voilà une, qui donne une idée de l'emplacement d'Ushuaia au sud de la "grande ile", mais plus au plus au sud, on voit apparaître le village chilien de Puerto William. Au nord, l'autre grande ville "Rio Grande", la spécialiste de la fabrication et du montage des téléviseurs, écrans plasma, LCD et ordinateurs. Normal, c'est une zone franche ! Au nord ouest, la ville chilienne de Porvenir, départ des bacs pour rejoindre la grande ville chilienne de Punta Arenas.

 

nullD'ou vient le nom d'Ushuaia ?

 

Avant tout sachez que le nom d’Ushuaia  se prononce « Ussuaya » et surtout pas  « uchuaya », avec un accent tonique sur le premier « a » et non sur le deuxième comme font tous les français ! (Voilà c’est dit !).

 Ushuaia viendrait en fait de la déformation de ush-waia (au fonde la baie, ou vers l’ouest de la baie) dans le langage yagán (Aujourd’hui langue morte, qui se parlait en Terre de Feu jusqu’au début du XXème siècle). Quant à son orthographe en espagnol, il varie pendant de nombreuses années, en 1884, lors de la création de ce village, on le nomme Oshovia. Dans une encyclopédie argentine de 1912 que je détiens, on le nomme Ushuayá mais on renvoie le lecteur  à « Usciuaiá ». D’ailleurs toujours sur cette édition on accepte même une troisième orthographe « Uchuaiá », toujours avec l’accent sur le deuxième « a ».

nullJusqu’au début du XXème siècle, les habitants de la Terre de Feu étaient les indigènes (« indigenas » en espagnol, aucune connotation péjorative), encore très peu d’européens. Les indigènes se répartissaient en trois grand groupes, les  Yamanas (ou aussi nommés les Yaganes) au sud de la grande Ile, donc actuel zone de Ushuaia mais aussi dans l’Ile de Hoste (aujourd’hui au Chili) et l’Ile de Navarino (actuel village de Puerto William, aussi en zone chilienne). Les Haus, qui vivaient dans l’extrême est de la grande Ile ainsi que dans l’Ile de los Estados. Et enfin le peuple des Selk’Nam (aussi nommés les Onas) dans le nord de la Grande Ile, tout le nord de l’ile à partir de Rio Grande (y compris la zone de la ville de Porvenir en secteur chilien). Il n’existe plus aujourd’hui un seul indien dans toute la Terre de Feu, la dernière descendante (Ona) nommée Virginia Choinquite décéda en 1999 à l’âge de 56 ans dans la ville de Rio Grande.

Voilà ce qu’on dit d’Ushuaia en 1912 (résumé) : Colonie (dans le sens de village) installée en territoire argentin  dans la baie du même nom. Elle a pour origine une mission de pasteurs anglais protestants, lesquels ont formé un noyau d’habitations autour d’une église.  Il y a une école, des ateliers et un orphelinat. Le climat est très sain, et la colonie est située au pied de la cordillère. Le département créé par décret le 27 juin 1885 porte le même nom.

Photo : En haut : Les indiens Ona de la Terre de Feu. En bas : Les Yamanas dans la région de Ushuaia (Photo de 1882, de l'expédition française).

nullPremière période : Ushuaia mission britannique (1869-1884)

Thomas Bridges + familyEn fait en grattant bien dans les vieux dossiers, le nom apparait pour la première fois  en 1869 dans des documents de la South American Missionary Society (Anglaise). Le 18 janvier de cette année, les premiers pasteurs anglicans commencèrent à édifier les premiers baraquements.

Le plus connu fut  Thomas Bridges. Leur mission était à la fois d’évangéliser les aborigènes de la baie et d’autre part d’aider les différentes missions britanniques qui étudiaient la Terre de Feu et l’Antarctique. Il faut admettre qu’entre 1869 et 1884, il n’y eut pas l’ombre d’un argentin dans les parages ! Ce qui explique pourquoi  l’empressement de l’administration de Buenos Aires à vouloir « organiser » un peu Ushuaia en y implantant le plus rapidement possible une administration, histoire de montrer à qui appartenaient les terres.  Il ne fallait quand même pas avoir deux fois de suite le coup des Malouines !

 

 De plus trois années avant (en 1881), l’Argentine avait signé à Buenos Aires avec le Chili, le traité dit « Tratado de 1881 », qui trace les limites entre les deux pays en Terre de Feu et dans l’extrême sud de la Patagonie. Il fallait donc maintenant montrer que l’Argentine était bien sur place. Cette arrivée argentine en 1884 se fit en grande fanfare avec  la canonnière « Paraná »commandée par Augusto Lasserre (pffffff même pas argentin de pure souche ! Puisque Français né à Montevideo en 1822, parti en France faire ses études, revenu à Buenos Aires en 1850 pour lutter contre...les français qui maintenaient le blocus de Montevideo. Comme quoi l’Histoire n’est pas simple !

Photo : Le reverant Thomas Bridge et sa famille en 1880. Il est mort à Buenos Aires en 1899.

nullDeuxième période : La cohabitation anglo-argentine (1884-1902)

Bref notre cher Auguste Lasserre pose le pied dans la mission britannique de Ushuaia le 12 octobre 1884 et s’active à monter quatre cabanes en bois (ils avaient apporté planches, outils et matériaux dans ses bateaux) pour héberger « l’Autorité Argentine », c'est-à-dire lui et ses marins. Bref en ce beau jour de septembre, l’Argentine pousse un « ouf » de soulagement, ils ont sauvé la Terre de Feu ! On pourrait en faire un bon film !

Pour la petite histoire (pendant qu’on y est), quand notre cher Auguste met le pied à Ushuaia, la mission abrite 250 indigènes yámana et une poignée de pasteurs, scientifiques et commerçants anglais, au total presque 300 personnes. Mais quelle angoisse quand Auguste Lasserre voit le drapeau britannique flotter sur les bâtiments. On dit qu’il y eut « une petite discussion » avec le pasteur Bridges et que celui-ci accepta de descendre les couleurs britanniques pour hisser le drapeau argentin. En avait il le choix le bon pasteur Bridges ?

Photo : Auguste Lasserre. Il meurt à Buenos Aires en 1906.

Pendant les dix ans qui suivront, pas beaucoup de changement, d’un coté une garnison argentine, et de l’autre une mission anglicane, des deux bords c’est à ceux qui construiront le plus de cabanes. Bref en 1894, il y a des cabanes partout montées sans ordre, pas de rues, pas d’infrastructure, pas de logique !

10 ans après l’arrivée des argentins, bien que la garnison semble conforter l’Etat dans la mission britannique, dans les faits on ne sait toujours pas qui des deux est celui le plus puissant. Il faut que Buenos Aires vote l’installation en 1902 d’une unité pénitentiaire à Ushuaia pour que le basculement s’opère.  On construit pour la première fois des bâtiments en dur (dont la Mairie et ce qui est aujourd’hui le Musée), et on demande aux anglicans d’aller jouer ailleurs ! La mission britannique est démantelée, elle aura durée 43 ans de 1869 à 1902. En fait quelques autres pasteurs anglicans y resteront jusqu'en 1923.

Photo : La cannonière Paraná, construite en Angleterre en 1872, armée pour la marine argentine en 1874, sous les ordres du capitaine Lasserre dès 1875 et jusqu'en 1885. Navigue en Atlantique sud entre Rio et Ushuaia, ainsi que sur le Rio Uruguay. En 1900, le Parana est désarmé et sert de transporteur toujours pour la marine argentine. Il est baptisé "Piedra Buena". A deux reprises, en 1907 et en 1908 il naufrage dans la zone du Cap Horn, il est à chaque fois renfloué et réparé. Le 26 avril 1921, il naufrage définitivement près de Rio Grande. Le vaisseau est abandonné, il n'y a pas de victime. En 1922, il est récupéré et démantelé.

 

Vidéo :  Document de Kuntur Producciones sur Ushuaia. Un peu touristique mais intéressant pour la partie historique. 10 mn. (2009).

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Troisième période : La ville pénitentiaire (1902-1947)

 

Comme il est bon de vivre à Ushuaia dans ces années, tout le monde est fonctionnaire, pratiquement aucun commerce, toujours aucune liaison par terre (ni par air), tout se fait par la mer, et tout est géré par l’Etat ! Une sorte de Cayenne avec le froid et la distance en plus ! On peut alors parler de « bout du Monde ». L’unique activité commerciale proprement dite est l’installation des premières grandes estancias. Les indiens deviennent gênant pour le mouton (indiens Ona) et bon nombres d’estancieros payent des mercenaires pour s’en débarrasser (des indiens, pas des moutons). On peut dire qu’entre 1903 (date de la disparition de la mission britannique et 1930, la population indigène a presque totalement été décimée. La prison d’Ushuaia, habituellement nommé « El Presidio » a été construite à partir du 30 novembre 1902 par les 36 premiers prisonniers amenés sur place. Les travaux d'extension continuèrent ensuite jusqu'à 1920. La prison a pu compter jusqu’à 540 prisonniers surveillés par 250 employés. C’est Péron qui a décidé en décembre 1947 (pour raison humanitaire officielle) de fermer le centre de détention. Les prisonniers ont été déplacés dans d’autres centres de Patagonie, et les bâtiments furent cédés à l’armée argentine. Ils servirent alors comme dépôt mais aussi comme caserne ! Apres la fin de la « guerre froide avec le Chili », le Presidio fut à moitié abandonné au retour de la démocratie, et après la fin du service militaire obligatoire en 1994, totalement abandonné. En 1994, il est transformé en musée et en 1997 est classé comme monument historique national. A la fermeture du centre le 21 janvier 1947, la population d’Ushuaia s’effondre, tout comme son activité commerciale. Ushuaia devient presque une ville fantôme.

Photo du haut : La Banque de la Nacion de Ushuaia en 1917.

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Photo : Les bagnards d'Ushuaia dans le port dans les années 40.

Quatrième période : la ville fantôme (1947-1965)

En 1947, il y a exactement 2.182 habitants à Ushuaia. A la fermeture de la prison, les administratifs quittèrent la ville pour le sud de la Patagonie, et bon nombre de commerçants et d’autres indépendant immigrèrent vers la ville de Rio Grande (1.401 habitants en 1947). Je n’ai pas encore trouvé des chiffres des années 50, mais je pense que Ushuaia a du passer sous la barre des 2.000 habitants. Après la fermeture de la prison et le départ des fonctionnaires, ne reste a Ushuaia que l'activité ovine et la laine. Tout le commerce se fait non avec le reste du pays, mais avec le port chilien de Punta Arenas. De plus après le départ des fonctionnaires, ne restent plus que les estancieros et leurs peones qui sont presque tous chiliens. Quelques familles italiennes y émigrèrent au début des années 50, et en 1955, on commença à donner des noms aux rues. C’est en 1959, qu’on décréta officiellement la date du 04 octobre comme jour anniversaire de la fondation d’Ushuaia. Le gouvernement argentin met en place dès 1966 et surtout en 1972 une politique pour promouvoir l'économie et le tourisme dans le but de peupler d'argentins le territoire de la Terre de Feu.   

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Photo : La Calle Yaganes angle calle Deloqui à la fin des années 60. Il n'y avait que 6.000 habitants en 1970. Le camion de livraison Coca Cola. 

nullA suivre :  

Lire la suite dans : Ushuaia (1966-2010) .

Un troisième article est déjà en préparation concernant Ushuaia en 2010.

 

Photo : Le remorqueur Guaraní de la marine argentine dans le port de Ushuaia dans les années 50. En 1958 il sombra avec tout son équipage lors d'une intervention de secours en pleine tempête.

Liens sur Ushuaia externes :

- Ushuaiaretro.com.ar De vieilles photos d'Ushuaia.

- Limbos.org/sur/ Très bon site en français sur les indigènes de Patagonie et de Terre de Feu.

 

null D'autres articles du Petit Herge :

 

- Tourisme en Argentine.

- Bariloche : Généralités et histoire.

- Bariloche : Que voir en ville ?

- Bariloche : Que voir aux alentours ?

- Villa El Chocón.(Mars 2008).

- Le MNBA de Neuquén.(Mars 2008).

- Généralités sur la province du Chubut.

- Tourisme dans la province du Chubut. (Novembre 2008).

- L'arrivée des baleines à Puerto Piramides.(Mai 2008).

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Published by Le Petit Hergé - dans 02 - Tourisme
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commentaires

Michel Durand 21/06/2010 07:14



Salut amigo, bravo pour cet article. Je ne me lasse pas des précédents, mais, pour celui-ci tu te dépasse. J'attends le prochain.



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