Quartier de Recoleta (Buenos Aires) Septembre 2025
12 sept. 2025Mise à jour : 12 septembre 2025. #Recoleta. #Buenos Aires.
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Le quartier de Recoleta de Buenos Aires :
Recoleta, le quartier le plus au nord du secteur macro centre de Buenos Aires.
Recoleta, c'est la campagne pendant l’époque coloniale espagnole, puis un faubourg où quelques maisons se regroupent autour de la propriété des Récollets.
Ils ont donné le nom au quartier et puis leur cimetière est devenu municipal en 1822, se peuplant de plus en plus de cadavres exquis et raffinés de l’aristocratie et de la bourgeoisie "portègne" à partir de 1870.
Quand on pense Recoleta, touristiquement on pense avant tout au cimetière et à la tombe d’Eva Peron, mais Recoleta c’est tout de même plus que ces simples clichés un peu trop faciles.
Recoleta c’est 5,9 Km2 et ses 158.000 habitants.
La partie la plus moche, tout comme pour le quartier de Retiro, c'est son extrême nord qui est occupé par les voies ferrées et une partie de la Villa 31 bis.
Le plus chic et le plus cher, autour du cimetière et allant vers Retiro, mais surtout le secteur surnommé "La isla" situé au nord ouest du cimetière, autour de l'ambassade britannique.
La partie la plus animée et commerciale, le long de l’Avenida Santa Fe.
La partie la plus estudiantine et aussi la plus branchouille, le secteur de Facultad de Medecina touchant Balvanera et sa Fac de Sciences économiques avec sa toute nouvelle place Bernardo Houssay et son pole gastronomique et son complexe de cinémas.
La partie la plus BCBG, autour de parque Vicente Lopez y Planes.
La partie la plus touristique, autour de l’Ateneo Splendid tout comme le cimetière de Recoleta et ses bars et restos attrape touristes à éviter.
La partie la plus verte, entre Plaza Francia, Parque Mitre, le musée des beaux arts et la Floralis Generica.
La partie la plus populaire, entre la avenida Cordoba et Santa Fe autour de l'Hospital de Niños.
Bref, vous aurez compris, tout un programme !
Ce premier article sur la Recoleta vous ébauche rapidement à la fois l'état actuel du quartier, son passé et son devenir.
Comme toujours, n’hésitez surtout pas à apporter votre pierre à l’article si vous vous apercevez d’un oubli, ou pire d’une erreur, en écrivant en dessous un commentaire, en prenant contact avec moi par mail à petitherge@hotmail.com ou sur FB : https://www.facebook.com/petit.herge
Enfin, sachez que je peux vous proposer une visite du quartier de La Recoleta pour vous en faire découvrir ses secrets.
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Recoleta un quartier qui vieillit
Recoleta fait rêver les étrangers, voilà plus d’un siècle que ce quartier est considéré comme le XVIème arrondissement de Buenos Aires.
En tout cas, lorsqu on parlait de Buenos Aires comme le "Paris" de l'Amerique du sud, nous étions dans les années 1890-1920, car depuis c'est de moins en moins le cas. J'ai placé plus loin de nombreuses photos de cette époque où la perle de la Plata pouvait en effet rivaliser avec la capitale française.
Depuis l’invasion de la bourgeoisie porteña en 1870 fuyant la fièvre jaune précipitamment des quartiers sud comme celui de San Telmo, le quartier de Recoleta fut toujours à la mode.
1890 et 1900 voient l’explosion de la construction des hôtels particuliers pullulant sur les avenidas Quintana, Alvear, Las Heras et Callao.
C’était chic d’y habiter, c’était chic de s’y promener et c’était aussi très chic de s’y montrer.
J’emploie le passé car depuis 1970, la tendance s’est inversée.
Recoleta ne s’est pas popularisé pour autant et on ne voit pas se monter d’HLM pour entasser des milliers de boliviens, mais voilà que les nouvelles générations argentées (et argentines) ne s’y installent plus.
Bref Recoleta c’est un peu « has been ». Quand on est un jeune couple de bonne famille avec les premiers enfants qui arrivent en 1980, on va Barrio Norte (au sud-ouest de Recoleta sur Avenida Santa Fe).
Dans les années 1990, c’est plutôt Palermo vers Scalibrini Ortiz et Las Heras.
Dans les années 2000, c’est Palermo Viejo ou Belgrano, en 2010 c’est au tour de Colegiales, Villa Urquiza ou Nuñez, et aujourd’hui dans les années 2020, le top du top chez les jeunes c'est de s'installer à Chacarita ou à Villa Ortuzar.
Bref au fil des décennies, Recoleta s’est vidé de ses habitants et il ne reste plus que les "vieux".
C’est le quartier aujourd’hui qui compte la moyenne d’âge la plus élevée de toute l’Argentine.
En même temps, le tourisme international a explosé avec l’arrivée massive des Brésiliens, alors on a construit des dizaines d’hôtels entre 1990 et 2010, et de préférence à Recoleta pour faire plus chic !
Dans les rues de Recoleta ne restent plus que deux groupes d’humanoïdes, les porteños des anciennes générations et les brésiliens venus faire du shopping. A chaque décès d'un "ancien", les enfants récupèrent l'appart pour le mettre sur Rb&b, bref de moins en moins d’habitants et de plus en plus de logements à touristes
Recoleta reste un beau quartier, mais le patrimoine a subit une hécatombe entre 1940 et 1970 quand le quartier était encore à la mode et que les promoteurs se sont donnés à cœur joie pour racheter hôtels particuliers, les démolir et les remplacer par des immeubles de 15 à 25 niveaux.
L’avenida Quintana n’est plus reconnaissable. Certes, on découvre encore de beaux restes ! Et la visite en vaut la peine, mais je pleure à chaque fois que je tombe sur d’anciennes photos des années 20 ou 30 !

Photos : Un exemple parmi tant d'autres. L’hôtel Particulier de Avenida Callao 920, entouré lui même d'autres hôtels particuliers. Photo de 1900, on peut voir que toute la cuadra des 900 comme celle des 800 sont occupées que par des hôtels particuliers. La Residencia Castelhum fut démolie en janvier 1938.
L'histoire et la movida de Recoleta entre 1867 et 2025 :
Photo : Une des première photo de Recoleta vers 1867. On y voit l'église et le cimetière la jouxtant.
Un peu d‘histoire pour commencer
L'histoire c'est toujours important, si on ne connait pas le passé, on ne comprend pas le présent et encore moins se projeter dans l'avenir !
Tout commence en 1708 lorsqu’un ordre Franciscain, les Récollets, viennent d’Espagne.
Ils achètent une « chacra » (terrain agricole) tout au nord, hors la ville, sur une butte.
Ils y montent un couvent et une église, Nuestra Señora del Pilar dont la construction se termine en 1732. La butte ne mettra pas beaucoup de temps à se nommer la butte des Récollets (ou en espagnol « La Recoleta »).
Cette butte est placée le long du Rio de la Plata qui coule au nord. A l’ouest l’Arroyo (Rivière) Manso à l’emplacement actuel de l’avenida Pueyrredon. Comme la zone est uniquement occupée par des propriétés agricoles et très espacées les unes des autres, la zone est très peu empruntée.
Il y a, alors le long du Rio de la Plata, énormément de fermes ou on élève poules, ovins et petits bétails. Puis s’ouvrent quelques abattoirs qui drainent avec eux, l’ouverture de bars, de « pulperias », où on boit, on joue, on parle, on discute, on se bagarre.
Le secteur se couvre de ces pulperias et les malfrats et vagabonds sont légions. On s’y donne aussi rendez vous pour préparer le prochain mauvais coup et comme les autorités sont peu présentes dans le secteur, on s'y installe pour se faire oublier si on vient de s’évader. Une fois la nuit venue, personne n’ose s’aventurer dans la zone.
En 1822, L’ordre des Récollets est dissous et le gouvernement de la ville en profite pour récupérer le cimetière et le transformer en premier cimetière public de la ville. On le nomme officiellement « Cementerio del Norte ». A noter aussi que les mendiants sont si nombreux dans la zone que la municipalité de Buenos Aires décide d’installer dans une partie de l’ancien monastère en 1858, un asile de mendiants.
Quelques maisons commencent à pousser le long des voies principales d’accès vers le centre de Buenos Aires, comme la future Avenida Santa Fe, celle de Las Heras et la future calle Quintana.
Photo (Cliquez dessus pour agrandir) : 1890. La lavandière se trouve sur une parcelle de l'intersection des calles Posadas et Ayacucho, là où roule le tramway. Il monte vers la Avenida Alvear. Tous les hôtels particuliers ont leurs façades sur Alvear. Aujourd'hui il n'en reste pas un seul !
Le (A) (pas encore de données dessus, mais en 1940, existait encore). Le (B) fut démolie en 1920 pour construire l'Alvear Palace Hotel. Le (C), on ne voit qu'un petit bout sur Avenida Alvear encore debout en 1940. Le (E) était à l'angle d'Ayacucho et de Quintana, il est démoli en 1939. Le (F) à l'angle d'Ayacucho et Alvear encore debout en 1965.
Le (G) est le Palacio Dose, le plus beau d'entre tous. Il date de 1890. Sur la photo on voit que les jardins ne sont pas terminés, il y a encore des palissades en bois qui l'entourent. Le Palacio Dose fut démoli en 1938.
Photo (Cliquez pour agrandir) : En 1895, les mêmes hôtels particuliers sous un autre angle, toujours à partir de la calle Posadas. Quelques années plus tard (vers 1893-1895). Le Palacio Dose (G) est terminé. Le (H) pas encore d'information dessus, mais en 1940 encore debout.
Photo (Cliquez pour agrandir) : Enfin dernière photo de 1915.
La voie de tram est toujours sur Ayacucho, mais cette fois, c'est une charrette qui y passe. L'électricité passe dans la rue, ça se voit, on a placé des poteau en bois à même sur les trottoirs.
Les 3 hôtels particuliers (H) (A) (B) sont toujours en place, et on voit une construction de plein pied (D) plus simple à l'angle de Posadas et d'Ayacucho. Cette dernière construction sera démolie en 1938.

Photo 1895 : Promenade dominicale en calèche Avenida Alvear.
L’embourgeoisement du quartier
Il faut attendre les premières épidémies de fièvres jaunes qui s’abattent sur Buenos Aires pour que le secteur commence véritablement à se peupler.
La première en 1852. La bourgeoisie, occupant les quartiers sud de Buenos Aires, comme San Telmo ou Montserrat, déménagent à chaque épidémie (1852, 1858, 1870, 1871) touchant toujours ces mêmes quartiers et achètent des terrains sur la bute des frères Récollets de l'ordre des Franciscains pour construire des propriétés à chaque fois plus prestigieuses les unes que les autres.
Vers 1880, tous les terrains sont construits. On en démolit même certaines pour s’agrandir ou pour transformer et moderniser sa « quinta » en « Hôtel Particulier » avec tout le luxe parisien et ses derniers apports modernes en terme d’hygiène.
Voilà l’époque du Paris de l’Amérique Latine, entre 1890 et 1910, on peut même penser que les hôtels particuliers de Recoleta (et de Retiro) sont alors capables de rivaliser avec ceux de la plaine Monceau de Paris.
Cet âge d’or de l’architecture du « petit Hôtel » (comme on dit alors à Buenos Aires) arrive entre 1915 et 1925. Pas un seul immeuble dans le quartier de Recoleta en 1915-1920, uniquement des maisons basses et des centaines d’hôtels particuliers.
Le coup final qui annoncera la fin d’une certaine Recoleta dans sa partie la plus chic est la mise en chantier du « Alvear Palace Hotel » sur l’Avenida Alvear.
Imaginez en 1923, alors que l’Avenida Alvear ne connait que des « palais », le début d’un chantier pour monter un immeuble de 12 étages abritant plus de 200 chambres et suites !
Ça sera le début de la transformation d’un quartier alors occupé par de l’habitat individuel de très haut standing par un quartier avec des immeubles de 10 à 15 étages.
Photo 1935 : Avenida Alvear. C'est déjà la décadence de Recoleta. On a détruit l'Hotel Particulier (B) pour construire l'Alvear Palace qui écrase tous les hôtels particuliers de l'avenue.
Le Palacio Dose (G) devant parait bien petit. il sera à son tour détruit 3 ans plus tard en 1938.
A l’extrême droite, on aperçoit juste l'angle de l’hôtel Particulier Mitre (aussi démoli).
Photo 1916 : Immeuble de rentes de la Franco Argentina tout juste terminé.
La décadence de Recoleta
Les premières maisons à subir les démolitions sont celles qui se trouvaient sur les grands axes, comme l’Avenida Santa Fe à partir de 1915-1917, remplacées rapidement par des « buildings ».
L’« Edificio de Rentas » de Avenida Santa Fe 1801 (juste à l’angle d’Avenida Callao) inauguré en 1916 est le premier que j’ai pu trouver avec 10 niveaux s’élevant à presque 60 m de haut avec sa coupole.
Non loin de là, El Edificio del Splendid (1917-1919) de 9 niveaux sur Santa Fe 1860, enfin le plus haut de Recoleta en 1920, l’Edificio Roccatagliata sur Callao 1103 (juste aussi à l’angle de Santa Fe) qui doit dépasser les 70 m.
Dans les années 20, l’axe Callao, et l’axe Santa Fe s’édifient d’immeubles de type post haussmannien de très grande hauteur. Dans les années 30 c’est au tour du Recoleta plus chic entre Las Heras, Libertador, Callao et Uruguay de voir ses plus beaux hôtels particuliers disparaître.
Enfin, le désastre est le plus criant entre 1940 et 1970. Avec une pointe entre 1955 et 1970, où on ne respecte plus rien, ni la qualité, ni le patrimoine et l’histoire des hôtels particuliers démolis, ni la hauteur, ni le style, et les façades en béton brut gris des monstres qu’on y place ! Une calamité !
Le patrimoine du quartier part sous les marteaux piqueurs. On rase le passé et cela jusqu’au milieu des années 1990, ou on commence à avoir un début de prise de conscience de ce qui disparaît, mais le mal est déjà fait !

Photos : l'Edificio Rocca tagliata de 1920 et le Splendid de 1919.
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Photo 2010 : La Biela a remplacé sa clientèle aisées porteña par des touristes de passage.
Déplacements de la nouvelle population aisée
Les années 80, marque la fin d’une époque, la fin des dictatures en Argentine, le début d’un nouveau souffle démocratique et surement aussi la recherche chez les nouvelles générations de vivre autrement.
Les jeunes familles fortunées déménagent du quartier et les nouveaux couples pensent s’installer plus au nord, du coté des limites entre Recoleta et Palermo.
Le long de la Avenida Santa Fe qui est toujours à la mode mais entre les avenues Puerreydon et Coronel Diaz (Toujours à Recoleta) ou entre Coronel Diaz et Scalabrini Ortiz (sud de Palermo).
L’ouverture juste à la limite entre les deux quartiers du « Alto Palermo Shopping » dont les travaux débutent en 1988 pour être inauguré en 1990 accélère le mouvement.
En 1990, on ne s’installe plus à Recoleta c’est vraiment trop « ringard ». Les années 90 marquent aussi le développement du tourisme international et le quartier qui comptait déjà bon nombre d’hôtels 4 et 5 étoiles, en ouvre encore plus en une quinzaine d’années.
La jeunesse dorée "porteña" ne vient plus boire un verre en terrasse dans le quartier mais elle est remplacée par les touristes étrangers, les bars et restaurants survivent tant bien que mal.
Mais les discothèques ferment une à une, puis vient le tour des cinémas qui vont fermer les uns après les autres.
Le dernier ciné multisalles était celui de Village Recoleta pourtant ouvert en 1999 juste devant le cimetière mais qui est transformé en 2009-2011 en Mall Recoleta, un shopping pour Brésiliens ! Il reste uniquement quelques salles en sous sols.
Quant au secteur Callao-Santa Fe qui comptait encore au début des années 90, 8 cinémas indépendants avec de grandes salles, le dernier (Le Cine Atlas sur Avenida Santa Fe 2000) a fermé en juin 2011. On se souviendra donc encore longtemps du Cine America, du Cine Gran Spendid, du Santa Fe 1 et 2, du Cine Capitol, de l’Atlas Recoleta, …
Recoleta au fil des années 2000 se « touristise », il suffit d’entrer à La Biela, pour s’en rendre compte, plus beaucoup de Porteños dedans ! Tout comme les boutiques de Quintana, d’Alvear, d’Ayacucho ou de Junin. Les épiceries et les magasins de premières nécessités ferment devant les loyers exorbitants et les magasins de vêtements de mode prennent le relais.
Le seul secteur encore bruyant, joyeux et passant et où le touriste se mêle à l’habitant et l’Avenida Santa Fe du coté de Callao. Tout le secteur Cordoba-Callao-Coronel Diaz et Santa Fe est encore le seul secteur habité par des habitants réguliers et avec des commerces « normaux » ou les bars de quartier et restos résistent.
Au nord de Santa Fe vers Libertador, les bars, restaurants et boutiques ne tiennent que le temps d’un bail (3 ans), le temps d’une mode !
Photo : L'icone de la Avenida Santa Fe, la librairie Ateneo, ex Teatro Gran Splendid.
Photo :Population toujours plus vieillissante à Recoleta.
Recoleta entre 2015 et 2025
Population stable mais vieillissante : C’est 158.000 habitants (d’après le dernier recensement de 2022), stable depuis 2010 en grande majorité installés dans le secteur Cordoba-Callao-Coronel Diaz et Santa Fe qui ne représente que le tiers de la surface du quartier. C'est le quartier qui a le pourcentage le plus bas d'enfants de tout Buenos Aires.
La population continue à vieillir et le quartier s'est dépeuplé au fil des années mains maintenant se stabilise. 199.000 en 1991, 166.000 en 2001, 158.000 en 2010 et le recensement de 2022 donnera le même chiffre. De beaux vestiges de ce Recoleta d’antan du coté de Guido 2500 et 2600 ou sur Alvear 1700 et 1600.
Des touristes toujours plus nombreux que les habitants et qui dépensent plus :
Les boutiques qui ont la côte toujours Avenida Santa Fe, et tout au long des quartiers de Retiro, de Recoleta et de Palermo. Les restaurants à touristes, du coté de Vicente Lopez 2000 à 2200. Quelques bars sur Avenida Las Heras, mais la plupart sont aussi sur Callao ou Santa Fe. Ou alors sur tout le pourtour du cimetière. On sent que tout le secteur aux environs du cimetiere ne s'adresse qu'aux seuls touristes, tout comme une bonne partie de la avenida Callao entre Libertador et Santa Fe.
Photo : Appel à manifester des habitants de Recoleta contre les prostibulos en 2012. le début de la lutte contre la prostitution dans le quartier.
Coup d’arrêt à la prostitution de luxe dans les bars mais qui déborde dans les appartements :
Les bars à champagne (enfin, vous voyez ce que je veux dire) connu depuis la nuit des temps ont été fermé peu à peu comme le Madaho's en 2013 sur Azcuenaga 1902, ou tous ceux se trouvant sur Vicente Lopez 2200, sans oublier en 2014 de l’historique Black d’Ayacucho 1981 où le bourgeois allait s'encanailler en compagnie d“alternadoras”. En 2015, c'est le coup de grace avec la fermeture définitive de 25 de ces bars spéciaux, et 18 autres dont les licences furent suspendus. Car oui Recoleta était (et est) tout de même le haut lieu de la prostitution de luxe à Buenos Aires. Clientèle aisée, beaucoup de touristes, et pas mal d’hôtels hébergeant les délégations des séminaires professionnels internationaux. Que demandez de plus ! Il fallait cueillir le pigeon sur place ! Les temps ont changé, les bars ont fermé, et maintenant ça se passent en appartement mais toujours dans le quartier de Recoleta. La police toujours à l’affût pour faire des perquisitions et rechercher les appartements privés qui pullulent avec RbnB qui facilite les locations temporaires de ces lupanars occasionnels.
Photo : Rénovation de la Plazoleta M.B. Mujica Lainez.
Des parcs et des jardins qui ont été entièrement rénovés pour certains :
Les places et jardins sont nombreux, La Plaza Rodriguez Peña en face du Ministère de la culture et de l’éducation, la Plaza Vicente Lopez ultra chic, la Plaza del Paraguay, que l’on nommait il n’y a pas encore aussi longtemps la Plaza Barrientos, avec quelques cafés autour, juste à coté la Plaza Emilio Mitre refaite à neuf depuis l’installation de parkings souterrains et de la nouvelle station "Las Heras" de ligne de métro H, juste en face de la Faculté d’Ingénieurs.
La plazoleta Gelly y Obe qui se trouve dans la partie la plus chic de Recoleta juste à coté de l’Ambassade du Royaume Uni, ensuite tous les jardins se trouvant entre les avenues Libertador et Alcorta.
Photo 2022 : La nouvelle Plaza Houssay.
Les nouveautés de Recoleta de 2025 :
Petit tour de vue de ce qui a changé ces dix dernières années (2015-2025) à Recoleta.
On a l'impression que c'est un quartier qui ne bouge pas, car à Buenos Aires tout bouge vite et en dix ans, certains coins de la ville sont difficilement reconnaissables, mais le Recoleta vieillissant parait immuable.
Bon j’exagère un peu bien sur, car ces dix derniers années, il y eu tout de même quelques changements.
Je vous propose 5 endroits à découvrir et qui n'existait pas si vous etiez passé avant 2015 :
Tout d'abord, la Plaza Houssay (limite sud du quartier, proche de Balvanera) terminée en 2019, inaugurée juste avant la pandémie et donc un peu retardée quant à l'installation du nouveau pole gastronomique qui prend réellement vie en 2021 et l’ouverture du complexe de cinémas en décembre 2022 qui confirme une revitalisation dans ce secteur très estudiantin placé entre la Faculté de Sciences Economiques et la Faculté de Médecine.
Photo : Nouveau centre commercial "Oh Buenos Aires"
Le centre commercial “Oh! Buenos Aires”, installé dans les vestiges de feu "Buenos Aires Design" fermé fin 2019 (au nord du quartier, face à "Plaza Int. Torcuato de Alvear"). Le nouveau centre commercial a commencé à se monter en 2023 et on attend son ouverture en novembre 2025. La concession doit durer 15 ans (2025-2040). Je pense qu'il est idéalement placé pour la clientèle touristique mais n'attirera pas les foules porteñas de moins en moins présentes dans le secteur. A suivre... en tout cas !
Photo : La station "Facultad de Derecho" de la ligne H.
La ligne H du métro atteint enfin le quartier de Recoleta (que le métro ne desservait pas encore) avec la station "Santa Fe" en juillet 2016, celle de "Las Heras" bien que plus loin sur la ligne ouvrit un peu avant en décembre 2015, mais c'est la correspondance à la station de Santa Fe avec la ligne D qui dut retarder l'inauguration de cette dernière.
Et enfin la station "Facultad de Derecho" fut inaugurée en mai 2018.
On attend toujours l'extension de la ligne au nord vers la villa 31, qui possédera sa propre station "Padre Mujica" et finalisera à la station "Terminal de Omnibus de Retiro". Pour ces deux dernières stations, toujours pas de date, et les travaux n'ont pas commencé !
Enfin toujours proche de la station "Facultad de Derecho", le Centro de Exposiciones de la Ciudad (CEC) appartenant à la ville, tout nouveau est inauguré en septembre 2017, mais qui n'attire pas les masses. Uniquement quelques dates chaque mois pour des congrès professionnels.
Photo 2023 : Réouverture de la Clasica y Moderna.
On termine avec une petite note positive, la Confiteria et librairie "Clasica y Moderna" ouvert en 1916 et qui a fait faillite en 2019 après le décès de sa propriétaire Natu Poblet (la petite fille du fondateur), a rouvert ses portes en novembre 2023 toujours au même endroit (Callao 892).
Cette fois, la nouvelle proprio Raquel Rodrigo (aussi propriétaire du "Tropezon" à Balvanera) a essuyé les dettes, et a remonté une équipe dans un endroit qui est resté totalement fermé pendant plus de 4 ans et qui n'avait pas changé, les tables comme les livres n'avaient même pas bougé !
Photo février 2025 : La Façade du Centre Culturel de Recoleta a retrouvé sa couleur originale.
Les conseils du Petit Hergé :
Voilà un petit tour d'horizon de ce que fut et de ce qu'est le quartier de Recoleta en cette fin d'année 2025.
Je ne recommande pas d'aller vous y installer pendant votre séjour, un peu éloigné du centre (bien que maintenant avec le métro c'est plus pratique), mais aussi assez cher (courses, bars et restos).
Mais il faut absolument y aller, ne serait ce que pour profiter de ses nombreux musées et de ses espaces verts.
Comptez entre une et deux journées entières si vous vous aventurez dans tous les secteurs du quartier et pas uniquement autour du cimetière. Mon coin préféré, le long de la Avenida Santa Fe, plus vivant et plus commercial !
Comme toujours, n’hésitez surtout pas à apporter votre pierre à l’article si vous vous apercevez d’un oubli, ou pire d’une erreur, en écrivant en dessous un commentaire, en prenant contact avec moi par mail à petitherge@hotmail.com ou sur FB : https://www.facebook.com/petit.herge
Enfin, sachez que je peux vous proposer une visite du quartier de La Recoleta pour vous en faire découvrir ses secrets.
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A lire aussi dans le Petit Hergé :
- La Faculté des Sciences Economiques.
- Palacio de las Aguas Corrientes.
















