Le quartier de Recoleta en version essentielle. Buenos Aires 2026
06 mars 2026Mise en ligne : 06 mars 2026. #Recoleta. #Buenos Aires.
À visiter dans le quartier de Recoleta : Version Essentielle.
On ne lâche pas l’affaire ! Voici le deuxième volet consacré à Recoleta.
Pour les étourdis ou les nouveaux arrivants qui auraient raté le premier épisode, séance de rattrapage par ici : Le quartier de Recoleta.
Généralement, on débarque tous par le même entonnoir : le secteur ultra-touristique face au célèbre cimetière. C’est un coin particulièrement plaisant, très arboré, où l’ombre des arbres offre un salut bienvenu.
L'avantage ? C'est une bulle de silence, bien à l'abri du vacarme des grands axes de circulation.
Par où on commence ?
Si vous ne logez pas sur place, le plus simple reste le métro : descendez à la station "Las Heras" (Ligne H).
Vous êtes pile au bon endroit pour attaquer les festivités par "La Isla", la "Biblioteca Nacional", la "Faculté d'ingéniérie" ou, pour les accros du shopping, le "Mall Recoleta".
Pour arpenter Recoleta, deux écoles s'offrent à vous selon votre timing :
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La version "Essentielle" : Idéale si vous ne faites que passer. On se concentre sur les 10 incontournables (en rouge) pour saisir l’âme du quartier en une journée, sans fioritures. C'est celle qui est développée dans cet article.
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La version "Immersion" : Pour les curieux qui ont le luxe du temps. On explore les 20 autres points d’intérêt pour débusquer les secrets bien gardés. Comptez 2 à 3 jours pour vraiment « vivre » Recoleta. La version "Immersion" est en cours de montage ! ;-)
À vous de choisir votre rythme, l’important reste de ne pas s’éparpiller !
Le Nota Bene du Petit Hergé :
Attention aux guides papier qui mélangent tout ! Ils vous collent l’Ambassade de France, le Patio Bullrich ou le Palacio Duhau à Recoleta... Erreur ! Ces trois-là appartiennent au quartier de Retiro.
Inutile de s'éparpiller : restez dans les clous de Recoleta pour aujourd'hui, le programme est déjà bien assez chargé sans aller déborder chez les voisins. Gardez Retiro pour une autre expédition !
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Envie d'aller plus loin et de ne rien rater des pépites du quartier ? - Si vous cherchez un « bon guide » qui connaît le terrain comme sa poche, ne cherchez plus : c’est par ici ! - Pour qu'on organise ça ensemble, faites-moi signe :
- Petit conseil d’ami : Une fois votre message envoyé, jetez un œil discret à vos spam Ma réponse s’y est peut-être glissée par erreur, ce serait dommage de se louper ! Je réponds dans les 24 h.
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Version "Essentielle" : Les 10 incontournables :
On ne va pas se mentir, si vous êtes pressé, on commence par le « pack de survie » du touriste.
Voici les 10 spots incontournables que tout le monde « fait » lors d’un premier passage à Recoleta.
C’est la base, l’ADN du quartier, à boucler en une grosse journée pour ceux qui veulent aller à l’essentiel sans perdre de temps.
Le plan de bataille : Vos 10 spots à la loupe !
Jetez un œil à la carte ci-dessous. Comme vous pouvez le constater, c'est du concentré : 9 de ces incontournables se bousculent aux abords immédiats du cimetière. Pas besoin de courir partout !
Le seul petit dissident de la bande, c’est l’Ateneo Grand Splendid, qui monte la garde sur l’Avenida Santa Fe.
Mon conseil d'ami ? Gardez-le pour la fin. C’est le point de chute idéal pour terminer votre boucle en beauté (et au frais !).
1 - Le cimetière de Recoleta :
Il faut bien un endroit pour débuter cette visite, et choisissons donc le plus touristique (même trop touristique), à savoir le cimetière de Recoleta.
Le monument le plus "instagrammé" de tout le continent
C’est le point de passage obligé, même si, entre nous, c’est devenu un peu l’autoroute des touristes.
Imaginez ça comme le "Père Lachaise" version porteña, mais avec un soleil qui cogne plus fort sur le marbre.
Ici, on ne trouve que du beau monde : les barons de la finance, les généraux à moustache, les politiciens de haut vol et les cerveaux de la nation.
Pourquoi ici ? Tout simplement parce que depuis les années 1880, c’est dans ce quartier que la crème de la crème a posé ses valises (et ses hôtels particuliers).
La vie, la mort et le gotha :
Pour ces grandes familles, le chic ne s'arrête pas à la porte de la chambre à coucher. Il fallait épater la galerie jusque dans l'au-delà ! On se faisait construire des caveaux à l'italienne, plus imposants les uns que les autres, pour montrer au voisin qu'on en avait encore sous la pédale.
D'ailleurs, le rituel est immuable :
On se marie en grande pompe dans l'église Nuestra Señora del Pilar, juste à côté (la liste d'attente est plus longue qu'un jour sans maté, et même avec le bras long, c'est coton !).
On y baptise les héritiers.
Et enfin, on y pleure dignement quand l'heure du dernier voyage a sonné.
Si vous avez de la chance (ou un nom à rallonge), vous faites vos trois enjambées funèbres depuis l'église et paf ! Vous entrez au cimetière. C’est la consécration ultime, l'entrée directe au paradis des Porteños émérites.
Bien, sur ce, après cette envolée lyrique, revenons sur Terre, et répondons aux questions les plus élémentaires.
Est-ce que ça vaut vraiment le coup de payer son ticket pour aller saluer les défunts ?
Pour un touriste lambda qui restera que quelques jours à Buenos Aires, OUI ! Car il faut cocher les cases des « incontournables ».
Donc photos du caveau de Eva Peron (Duarte) comme il se doit, facile à trouver car c'est là où tout le monde va ! D'autres photos des quelques chats qui circulent dans les allées et de quelques selfies tirées à la hâte dans le dédale des tombeaux impressionnants.
Pour un voyageur qui aura déjà une certaine expérience du pays : NON, car y entrer seul sans être accompagné par un Argentin ou d'un "excellent guide comme moi-même" pouvant lui rappeler à chaque tombe, l’historique ou une anecdote de la personnalité qui y gît, n’est pas d’un grand intérêt et donc autant aller boire une bière en face !
Enfin cerise sur le gâteau : Depuis le 04 avril 2022 l’entrée pour les étrangers (et seulement les étrangers) est payante. En mars 2026, c’est 22.600 ARS (13 euros taux WU).
Bref, pour les radins, les contestataires et les républicains, je vous invite à visiter plutôt celui de Chacarita (plus grand, plus impressionnant et gratuit comme il se doit).
Photo Petit Hergé : Nuestra Señora del Pilar. 08 février 2026.
2 – Nuestra Señora del Pilar
Un pilier de l'histoire !
Accolée au cimetière, cette église doit son nom à une apparition de la Vierge (de son vivant) à Saragosse (Espagne) en l’an 40, debout sur un pilier de jaspe apporté par des anges. Pourquoi pas !
C’est un riche marchand aragonais, Juan Narbona, qui a financé le chantier de cet ensemble monastère et église à condition de lui donner le nom de la sainte de sa ville natale.
Qui sont ces "Récollets" ? : Ce sont des Franciscains (un ordre mendiant). Si on connaît leur influence au Canada ou en Louisiane, on sait moins que des prêtres espagnols de cet ordre ont choisi ce point haut, face au Rio de la Plata, pour bâtir leur couvent dès 1717. C’est d’ailleurs d’eux que le quartier tire son nom : Recoleta.
Côté architecture : L'église est plutôt intime, avec une nef unique et des azulejos qui intéresseront les compatriotes : ils viennent tout droit du Pas-de-Calais ! Ils décorent les murs et le sommet de la coupole depuis 1860.
Infos pratiques :
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L'église : Entrée libre (et heureusement !).
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Le Musée (Museo de los Claustros) : Pour voir les vestiges de 1715, c'est au milieu à gauche de la nef. C'est payant et les horaires sont... capricieux : mardi, mercredi et jeudi de 14h à 17h, et le premier dimanche du mois de 15h à 18h.
Est-ce que la visite de l’église vaut la peine ?
OUI et même si vous avez la possibilité d’aller voir le petit musée, allez-y aussi !
3 - Centro Cultural de Recoleta :
Quel endroit fascinant que ce Centre Culturel Recoleta, une véritable boîte à surprises pour tout voyageur curieux de l'âme argentine !
Imaginez un peu le tableau : un ancien couvent des Récollets qui, après avoir abrité un asile de mendiants en 1858 (époque héroïque, s'il en est !), puis une maison de retraite au siècle dernier, se transforme soudain après de gros travaux en 1977 en un temple de la création. Sapristi, quelle métamorphose !
Même si vous n'êtes pas un mordu d'art moderne — ou pire, de ce post-modernisme parfois aussi obscur qu'un brouillard sur la Mer du Nord — la visite vaut son pesant de cacahouettes :
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L'antichambre du talent : C'est le pendant idéal du musée Malba, mais avec ce petit supplément d'âme des artistes qui font leurs premières armes. (donc il y a de tout, du bon au franchement destabilisant)
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Vernissages en série : J'adore y traîner mes guêtres ! Les expositions s'y succèdent à un rythme d'enfer, et c'est le prétexte rêvé pour aborder les créateurs de vive voix (il faut dire qu'ils ne sont pas "encore connus", donc approchables) . Rien de tel qu'une discussion directe pour percer les mystères d'une toile, n'est-ce pas ?
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Une enquête complète : Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet et l'historique, j'ai déjà publié un compte-rendu détaillé sur ce haut lieu de la culture porteña : Centro Cultural Recoleta.
Autres avantages :
On a accès aux trois anciens patios du monastère : On y respire encore le calme des siècles passés, une véritable oasis de sérénité au milieu du tumulte de la ville.
Aussi à l'ancienne chapelle : Transformée en salle d'exposition, elle conserve une architecture qui impose le respect, quel que soit l'objet qu'on y expose.
Et surtout aux terrasses panoramiques : Voilà le clou du spectacle ! De là-haut, on surplombe le futur centre commercial OH! Buenos Aires (un sacré chantier qui ne finit pas d’être repoussé !) et les jardins de Recoleta. La vue sur le Musée National des Beaux-Arts est tout simplement imprenable, une véritable carte postale !
C’est un lieu vibrant, une escale indispensable entre deux explorations de la ville. Ne passez pas à côté ! Surtout l'entrée est totalement gratuite ! Rien que pour cela, franchir le seuil est une aubaine.
Est-ce que la visite du Centro Cultural vaut la peine ?
Réponse : 3 fois OUI (attention, fermé le lundi). Ouvert tous les jours de midi à 21h (samedi et dimanche à partir de 11h)
4 - La Feria de Recoleta :
C’est sans doute la foire artisanale la plus chic et la plus bohème de la capitale.
Ici, on n'est pas dans le souvenir "made in China". Non, non !
Pour avoir un stand ici, c’est la croix et la bannière : les artisans sont triés sur le volet par la municipalité. C’est du sérieux !
Bref, une sorte de « pendant » à la feria de San Telmo, je vous recommande tout de même d’aller voir les deux.
Comme celle-ci s’étale sur les deux jours du weekend, venez à celle de Recoleta le samedi, pour ensuite profiter de celle de San Telmo le dimanche.
Bref on y trouve du cuir travaillé comme nulle part ailleurs, de l'argent ciselé (la grande spécialité argentine), des bijoux en rhodochrosite (cette pierre rose typique du pays) et des poteries qui ont de la gueule.
Des les beaux jours, le soleil pointe son nez et les pelouses en pente se remplissent. On y croise des étudiants, des familles et des touristes, tous mélangés dans un joyeux brouhaha.
Bonne ambiance, et l’après midi, le tout est agrémenté de mimes qui ne bougent pas d'un poil, de guitaristes de tango et de groupes de percussions, c’est un festival gratuit à ciel ouvert.
Bien entendu, c’est un haut lieu touristique donc forcement haut lieu de pickpockets professionnels (comme la Feria de San Telmo) déguisés en touristes, donc méfiance fermez bien vos poches et portez vos sacs (si vous n’arrivez toujours pas à les laisser à l’hôtel) sur le ventre !
Est-ce que la visite de la Feria vaut la peine ?
Oui, si vous êtes touristes, histoire de rapporter des babioles à vos amis et à la famille.
Si vous êtes émigrés et installés, vous y allez une fois et ensuite plus jamais ! Ou alors vous attendez que la famille vienne vous voir pour y retourner avec eux ! Donc pas l'ombre d'un Porteño, mais agréable attraction à touristes !
5 - Plaza Francia
On est en 1909, la ville veut se pavaner pour le centenaire de l'indépendance et la communauté française, pour remercier l'accueil, offre ce monument magnifique que vous voyez au centre.
C'est l'œuvre d'Edmond Peynot, et croyez-moi, il n'a pas lésiné sur le marbre et le bronze !
Depuis en remerciement, la ville de Buenso Aires a appelé cet espace, Plaza Francia. L'ensemble a été dessiné par Charles Thays.
Maintenant si je vous parle de cette place, ce n'est pas uniquement pour la statue d'Edmond Peynot mais plutôt pour l'espace qui se trouve autour et qui sert une fois par mois à la "Feria Francesa".
Cette "Foire française" de la Plaza Francia est un événement gastronomique incontournable à Buenos Aires, l'entrée est libre puisqu’en extérieur.
Organisée par Lucullus, elle propose plus de 30 stands de plats traditionnels français, fromages, pâtisseries et vins, ainsi que des concerts et des cours de cuisine.
Elle a toujours lieu les deux jours de la fin de semaine généralement entre le mois d'avril et novembre. (Et lorsqu'il pleut, elle est généralement décalée au weekend suivant)
Donc si vous « tombez » le bon weekend, n’hésitez pas, vous y rencontrerez de nombreux français émigrés comme moi, histoire de papoter avec eux et pour ceux qui y sont installés un excellent remède au mal du pays
Est-ce que la visite de Plaza Francia vaut la peine ?
Oui quand il y la Foire française et quand il fait beau le weekend comme une extension de la Feria de Recoleta. Sinon prenez ça comme une pose, histoire de vous asseoir à l'ombre et de sortir un sandwich !
6 - Musée National des Beaux Arts :
C’est le seul musée du continent capable de présenter une telle armada de maîtres impressionnistes.
Avec plus de 12 000 pièces en réserve, vous y croiserez des géants comme Goya, Rembrandt, Van Gogh, Renoir ou Rubens.
Mais le cœur de l'enquête, c'est l'art argentin : des épopées de Cándido López aux chefs-d'œuvre de Berni, c'est toute l'âme de la nation qui défile sous vos yeux.
Si vous êtes un visiteur modéré, 2 à 3 heures suffiront. Mais pour les fanatiques de mon espèce, prévoyez plusieurs heures par niveau ! Le mieux est de fractionner la visite : une expédition pour les Européens, une autre pour les Argentins. (De toutes façons, au bout de 3 heures l'humain normalement constitué sature !)
Ce temple de l’art, installé depuis 1933 dans une ancienne station de pompage d'eau (la fameuse Casa de Bombas), s’apprête à vivre une transformation proprement « faraónica ».
Grâce à un crédit exceptionnel et au soutien de mécènes (en janvier 2026), le deuxième étage va s'agrandir de 600 m² pour offrir une salle d'exposition aux standards internationaux.
On annonce même l'installation d'un ascenseur panoramique pour relier les galeries au restaurant et à la boutique sans avoir à braver les éléments dans le parc ! (Bon, on est en Argentine, donc on n'a pas encore d'échéance, mais c'est dans les cartons !)
Sachez enfin que, tel le Louvre, le MNBA a ouvert une « succursale » en province, dans la ville de Neuquén. J’ai d’ailleurs publié des articles complets sur ces deux établissements pour les plus curieux d'entre vous.
Bref, que vous soyez un expert ou un simple promeneur à Recoleta, c'est une aventure dont on ne revient jamais bredouille. Alors, on se retrouve dans les salles ocre pour une petite expertise artistique ?
Le musée vous accueille du mardi au vendredi (12h30 - 20h30) et dès 9h30 les week-ends et jours fériés. Attention, le lundi, c'est relâche, on range les pinceaux ! l’entrée est gratuite tous les jours ! Un luxe inouï pour accéder à une telle érudition.
Est-ce que la visite du MNBA vaut la peine ?
Réponse : OUI (attention, fermé le lundi). Même si vous n'êtes pas un "mordu" de peinture, allez-y au moins pour l'architecture et la section argentine. C'est une expédition dont on ressort toujours un peu plus riche d'esprit.
7 - Floralis Generica :
Attention les yeux, on arrive devant l'icône d'acier de Buenos Aires ! Préparez vos appareils photo, on s'arrête devant la Floralis Genérica, cette fleur monumentale qui semble tombée du ciel au milieu de la Plaza de las Naciones Unidas.
C’est un cadeau de l'architecte Eduardo Catalano à sa ville en 2002. Imaginez un peu la bête : 23 mètres de haut, 18 tonnes d'acier inoxydable et d'aluminium. C'est du solide, mais avec une élégance folle qui reflète les nuages de notre beau ciel de Buenos Aires.
Elle vit avec le soleil : C'est une fleur "intelligente" (enfin, quand le mécanisme n'est pas en pause pour maintenance !). Elle est censée ouvrir ses pétales à l'aube et les refermer à la tombée de la nuit.
Sa surface est tellement polie qu'elle reflète tout ce qui l'entoure : les pelouses verdoyantes, les passants et les magnifiques couchers de soleil de la Recoleta. C’est le spot numéro 1 pour les selfies, on ne va pas se mentir.
Catalano l'a appelée "Genérica" parce qu'elle représente toutes les fleurs du monde à la fois. Un bel hommage à la diversité, vous ne trouvez pas ?
Le saviez-vous ? Pendant quelques années, le mécanisme était resté bloqué. Les mauvaises langues disaient que la fleur faisait la sieste ! Ce véritable coup de grâce, celui qui l'a vraiment mise KO, c'est l'orage mémorable de la nuit du 17 décembre 2023.
Ce n'était pas juste une petite pluie d'été, mais une tempête d'une violence rare avec des rafales à plus de 130 km/h qui ont balayé Buenos Aires. Pour tout vous dire, le vent était tellement fort qu'il a littéralement plié l'un de ses pétales en acier et endommagé sérieusement le système de câbles et de pistons qui permettait l'ouverture.
Heureusement, elle a retrouvé sa mobilité en décembre 2025, même si elle reste parfois capricieuse. C'est ça aussi, le charme argentin : un peu de poésie mécanique qui fait ce qu'elle veut.
Est-ce que le coup d’œil à la Floralis Generica vaut la peine ?
Ah que OUI mon neveux ! Allez-y en fin d'après-midi, juste avant que le soleil ne décline. La lumière sur l'acier est absolument sublime, et c'est le moment idéal pour voir les habitants du quartier faire leur jogging ou promener leurs chiens (ou voir aussi les fameux paseadores) tout autour.
8 - La Biela :
S'il est un lieu à Buenos Aires qui a vu défiler l'histoire comme on tourne les pages d'un album, c'est bien La Biela, juste en face de l'entrée du cimetière de Recoleta ! (il n'y a qu'à contempler les nombreuses photos encadrées au murs des lieux)
Posez votre sac de neuneus et écoutez un peu la chronique de ce monument, classé "Café Notable" par la ville en 1999.
Une métamorphose de premier ordre !
Imaginez qu'en 1850, l'endroit n'était qu'une simple posta et une pulpería fréquentée par les mauvais garçons de la zone. Sapristi, on se croirait dans une taverne de haute mer ! Puis, le quartier s'est embourgeoisé et l'établissement a suivi le mouvement :
En 1910, il devient le Bar Viridita et surtout le lieu incontournable des premiers "fils à papa" possédant une automobile !
En 1940, changement de cap ! Il se nomme l'Aero Bar parce que bon nombre d'employés de compagnies aériennes dans le secteur s'y donnent rendez vous.
Enfin, "La Biela" (la bielle, en français) dans les années 1950 : un nom qui claque comme un moteur de bolide, adopté par les passionnés de mécanique et de courses automobiles qui s'y rencontrent depuis 1910.
Une terrasse sous les ombúes
Aujourd'hui, c'est le rendez-vous incontournable des touristes qui logent dans le secteur (phagocyté par les hôtels et les immeubles bourrés de Rbnb). Et entre nous, même si les touristes y sont nombreux, sa terrasse à l'ombre des ombúes géants ne manque pas de panache. C’est l'endroit idéal pour rédiger ses carnets de route tout en observant le va-et-vient de la Recoleta. Le seul "hic" pas l'ombre d'un Porteño qui ont tous fuit la zone.
Enquête approfondie
Pour les curieux qui voudraient connaître les secrets de chaque table (et peut-être y croiser les fantômes de Borges ou de Bioy Casares), j'ai déjà publié un compte-rendu complet sur ce café de légende.
Est-ce que le détour à La Biela vaut son pesant de cacahuètes ?
Oui, mais avec le mode d'emploi ! C’est l'endroit idéal pour s'enfiler un petit cortado ou, mieux encore, une bière bien fraîche servie avec ses indispensables cacahuètes.
Là, on est en plein dans le décor de carte postale.
Mais attention, parlons franchement entre nous : le quartier a bien changé. La vieille aristocratie du coin a soit passé l'arme à gauche, soit déserté les lieux, laissant la place à des vagues de touristes en short.
Le décor est pur jus : Les boiseries, les souvenirs de course automobile et les mozos (serveurs) en gilet noir qui font virevolter les plateaux, c'est du 100 % typique. On adore !
La clientèle... beaucoup moins : Pour l'ambiance "vrai quartier porteño", vous repasserez. Vous entendrez plus parler brésilien, anglais ou français que l'argot local.
Le portefeuille tire la gueule : Les prix ont tendance à s'envoler et à nous rappeler les tarifs de la Place de la Concorde à Paris.
Mon conseil de terrain : Allez-y pour le "vécu", pour la photo sous l'ombre du gommier géant, mais n’y déjeunez pas !
C'est le piège à neuneus. Pour vous caler l'estomac, filez plutôt dans les rues de derrière. C’est là que se cachent les vraies bonnes tables, celles qui ne vous demandent pas votre livret A pour un bifteck de lomo.
9 - Mall Recoleta
Ou officiellement le Recoleta Urban Mall (on adore l’anglais pour faire jeune !) C’est pour cela qu’un « R » gigantesque est apposé à la façade.
L’ancien royaume magique des Brésiliens en weekend de shopping ! Je dis bien l’ancien car dans les années 2015-2020, c’était l’arrivage massif pour le weekend dès le vendredi soir de milliers de Brésiliens profitant de prix deux à trois fois plus bas qu’à Sao Paulo. Même les vendeurs étaient Brésiliens dans les boutiques.
Depuis l’eau est passé sous les ponts et le Brésil est devenu moins cher que l’Argentine, alors les allées sont un peu vides à l’intérieur !
Qu’importe, ça reste le petit bijou moderne du quartier, juste en face du cimetière. Mall « boutique », élégant, qui a su se nicher dans un ancien bâtiment de briques rouges sans défigurer le paysage. C'est l'endroit stratégique par excellence.
Parce qu’en plein été à Buenos Aires, quand le bitume commence à fondre, c'est votre oasis. On y entre pour la fraîcheur, on y reste pour le lèche-vitrine.
De plus, en sous-sol, le Cinéma (Cinépolis) offre un des plus confortables complexes de la ville. Parfait pour se faire une toile en VO (cherchez les séances "Subtitulada") après une longue journée de marche.
Et enfin au dernier étage, vous avez un « patio de comida », spot idéal pour un déjeuner rapide ou un café sans se ruiner et aux extrémités de très belles vues plongeantes sur le cimetière de Recoleta et sur le quartier.
Bref, Si vous avez besoin d'une pause technique ou d'un signal Wi-Fi qui dépote entre deux anecdotes historiques, c'est votre quartier général. Et pour les amateurs de livres, il y a souvent des rayons bien fournis chez Cuspide au rez de chaussée pour rapporter un bel ouvrage sur l'architecture de la ville !
Est-ce que la visite du Mall Recoleta vaut la peine ?
OUI pour respirer un moment (quand il fait chaud/froid ou quand il pleut), pour éviter la foule, car depuis la fuite des Brésiliens, c'est devenu tranquille et on peut s'asseoir boire un café au dernier étage et en profiter pour faire des photos de l’extérieur.
10 - Libreria Splendid :
Préparez-vous à entrer dans la quatrième dimension du livre ! On ne va pas simplement dans une librairie, on entre dans un temple. Direction l’avenue Santa Fe pour pousser les portes de El Ateneo Grand Splendid.
Imaginez un théâtre majestueux de 1919, l’époque où Buenos Aires se prenait pour la capitale du monde. On y jouait du tango, on y projetait les premiers films sonores... et en 2001, paf ! A quelques mois de la crise de 2001, on enlève les fauteuils d'orchestre et on installe des kilomètres d'étagères.
Levez le nez ! Vous avez une fresque incroyable peinte par Nazareno Orlandi pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale. C’est du grand art, et ça survole vos lectures avec une classe folle.
Mon petit secret ? Vous pouvez grimper dans les anciennes loges de côté. On s'y installe dans un fauteuil en cuir pour bouquiner gratos avec une vue plongeante sur tout le magasin. Un sentiment de replonger dans « la Belle Époque » !
Le rideau de velours rouge est toujours là, mais derrière, au lieu des acteurs, on trouve... un café ! Prendre son petit cortado exactement là où les plus grandes stars du tango ont poussé la chansonnette, ça donne un petit frisson, je ne vous cache pas.
Le saviez-vous ? Dans les années 20, le bâtiment abritait aussi une station de radio (LR2) et un studio d'enregistrement. C'est ici même que le grand Carlos Gardel a enregistré certains de ses chefs-d'œuvre.
Est-ce que la visite de la Libreria Splendid vaut la peine ?
Oui, c'est même obligatoire ou vous aurez affaire à moi !
Évitez le samedi après-midi si vous n'aimez pas la foule. Allez-y en semaine, en fin de matinée. C’est là que la lumière est la plus belle et que le silence du théâtre vous enveloppe vraiment.
Prenez l'ascenseur qui vous conduit au deuxième étage pour faire les photos ! Le troisième étages est fermé au public en 2026.
Les conseils du Petit Hergé :
Voici le mot de la fin pour ce tour d'horizon des 10 « incontournables ».
C’est la visite classique, celle que tout guide papier qui se respecte vous colle entre les mains dès votre arrivée.
Si vous êtes de passage en mode « touriste pressé » avec une seule journée au compteur pour Recoleta, c’est exactement ce qu’il vous faut !
Prévoyez une bonne expédition de 6 à 8 heures pour ne rien rater.
Manger et boire (c’est sacré !) : Poncez les arrêts café stratégiques pour recharger les batteries : un cortado à La Biela, une pause clim au Mall Recoleta ou un moment hors du temps à l'Ateneo.
Pour le déjeuner ou le dîner, vous avez l’embarras du choix : les terrasses branchées autour du cimetière pour voir et être vu, ou les pépites plus authentiques le long de l'Avenida Santa Fe.
Météo-dépendance : Gardez cette visite pour une journée de grand ciel bleu ! La Plaza Francia, la Feria, le cimetière et la Floralis Genérica, ça se déguste au grand air.
Le plan B (Pluie ou Canicule) : Si le ciel vous tombe sur la tête ou que le bitume fond, filez vous réfugier au Mall, au Musée des Beaux-Arts ou au Centre Culturel Recoleta.
Même si vous n'êtes pas des mordus de musées, ces deux-là sont gratuits et valent vraiment le coup d'œil.
Et n'oubliez pas d'entrer dans la petite église toute blanche de Nuestra Señora del Pilar, c'est un vrai bijou de sérénité.
Voilà, le plan de bataille est entre vos mains ! J’attends vos commentaires et vos retours de terrain juste en dessous de l’article.
Et surtout, si vous dénichez une petite pépite cachée au détour d'une rue que j'aurais zappée, faites-moi signe ! Je l'ajouterai illico dans ma prochaine liste. À vous de jouer !











