Mise à jour : 30 juillet 2025. #Guide Rouge Gastronomique. #Montserrat. #Buenos Aires

 

El Encuentro (Montserrat) 73%

 

Encore un restaurant qui passe inaperçu même quand on passe devant car la façade aux couleurs neutres et sans enseigne n’attire par l’œil, et pourtant il est à la fois connu dans le quartier et surtout connu dans le monde du tango.

En place depuis des dizaines d’années, il est extrêmement bien situé dans une partie très commerciale de la Avenida Entre Rios du côté pair de cette avenue c’est-à-dire coté quartier Montserrat mais limite Balvanera.

Difficile de trouver à redire sur ce lieu très prisé des habitués du secteur.  On sent que certains travaillant dans la zone y viennent déjeuner tous les jours. Les prix sont donc au rendez-vous tout comme ce qu’il y a dans les assiettes.

Vous ne comprenez pas le "73%" affiché dans le titre ? C'est la note, de 0% le plus infecte à 100% le sublime inatteignable ! Sous les 50% le restaurant boui boui n'a pas le doit de citer dans cette catégorie !

Notre dernière visite date de juillet 2025. 

Avec 73%, El Encuentro a le doit de figurer dans les bons Bouibouis. 

 

 

Photo : Carlos Gardel et Jose Razzano, il y a juste un siècle en 1925. 

 

Une histoire 

 

Comme je l’ai déjà dit, les lieux brillent par leur simplicité avec une façade dépouillée d’enseigne, pourtant une plaque apposée à l’extérieur est le seul élément qui peut attirer l’œil.

Il s’agit d’une simple plaque relatant un événement de 1911.

En cette année le bar El Encuentro se nomme el Bar del Pelado (bar du chauve).

Le chanteur de tango Carlos Gardel alors âgé de 21 ans commence à avoir une petite notoriété dans son secteur d’Abasto (Balvanera).

Un ami (Luis Pellicer) le met en rapport avec José Razzano (24 ans), un Uruguayen chanteur dans le registre folklorique gaucho.

 

 

Photo : Plaque apposée sur la façade du bar-resto El Encuentro. 

 

A cette époque il n’est pas rare de voir des figures célèbres de la chanson se défier dans des rixes verbales ou chantées (soit improvisées, soit connues) et ce fut le cas en cette année 1911 à Abasto donc sur les terres de Gardel qui invite donc Razzano à une « tenida ».

Et comme souvent la « tenida » se transforma entre les deux hommes en un recital ou l’un accompagna l’autre jusqu’à l’aube.

Quelques jours plus tard, comme il se devait suivant les usages de l’époque, c’était donc à Razzano d’inviter cette fois sur ces terres Gardel pour une seconde « tenida ».

Cette nouvelle rencontre eut lieu au Bar del pelado. Les deux s’y retrouvèrent mais rapidement devant l’ampleur que la nouvelle avait suscitée, le lieu devint trop petit et les curieux resterent sur le trottoir de la avenida. C’est un ami de Razzano, Enrique Falbi, qui proposa alors sa maison bien plus grande et toute proche pour continuer la « tenida ».

A partir de ce moment commença une profonde amitié entre les deux hommes qui décidèrent d’entreprendre une série de tournés ensemble dans le pays. C’est ainsi que naquit le duo Gardel-Martino entre 1911 et 1925.

Le bar ne fut donc pas le premier mais le second lieu de la rencontre, mais qu’importe, maintenant vous savez pourquoi aujourd’hui le bar se nomme « El Encuentro ». 

 

    

Photos : Angle de l'Encuentro à la façade très dépouillée angle Entre Rios et Moreno. Cadre remémorant el encuentro entre Gardel et Mazzaro. L'angle vu de l'intérieur.    

 

 

 

Photo : Petit dejuener au Bar Resto El Encuentro. 

 

Les lieux 

 

Certes, l’endroit n’est pas grand, cela vient de la bande de terrain où est situé ce petit immeuble de 1870 comptant qu’un seul étage. Etroit c’est seulement 5 m de profondeur pour 20 m de façade sur la avenida Entre Rios.

Alors on s’accommode des lieux, et le comptoir comme la cuisine se situe au fond à droite, alors que la salle est plutôt du côté de l’angle avec la calle Moreno.

Les tables de deux places semblent danser lorsque les clients arrivent car il faut faire de la place et puis la clientèle arrive souvent en groupe à midi. Alors on les place pour constituer de longues attablées. Il s’agit souvent d’une clientèle constituée d’employés travaillant dans le voisinage et qui s’échappent de leurs bureaux ou de leurs magasins vers 13h-13h30. Ce qui explique que l’heure de pointe est un peu plus tardive que la plupart des autres bars et restos de la ville. Vers 14h la salle est souvent pleine. Attention la cuisine ferme à 16h pour réouvrir en soirée.

Bien que le bar reste ouvert en soirée, un peu moins de monde, mais tout de même quelques tables occupées vers 19h-21h. Mais le midi reste avant tout le moment le plus prisé.

La déco est sobre, même assez moderne et neutre (connaissant le passé des lieux), tout de fois, quelques cadres à la mémoire de Carlos Gardel et de José Razzano, mais sans en faire une débauche de passéisme. Si vous n’êtes pas au courant de cet « Encuentro de 1911 », la décoration ne saura pas trop vous le rappeler.

La star des lieux, c’est Carlos, mozzo depuis … on ne sait plus, qui se débat seul avec ses plats pour servir toute la salle et qui y arrive ! Il faut dire que le service est excellent et très rapide. Carlos est plus important que le dueño. C’est franchement Carlos qui fait la pluie et le beau temps, vous lui faite un beau sourire, il vous le rend, vous entrez avec une tête d’enterrement, ça sera à votre tour d’avoir le droit à un service servi digne d’un croque mort !

 

Photo : Toujours de grande tablée comme cet anniversaire en soirée en octobre 2021.

 

 

 

Les plats 

 

Comme toujours dans ces endroits, les proportions sont généreuses (à quoi bon même le rappeler puisque presque toujours le cas).

On y trouve tout ce qu’on peut toujours trouver dans ce type de bodegon classique porteño, comme les pâtes (essayez les ravioli maison à la bolognaise, ou mostaccioles (en it. Mostaccioli) con carne).

Coté poisson, l’incontournable Merluzza con purée maison.

Coté viande, ça va de l’éternelle milanesa aux bifes en tout genre avec frites, puré de calabasa ou papas a l’española. On a aussi le droit au poulet a toutes les sauces (horno ou grillé) ou à la tapa de asado.

Donc pas de grande recherche gastronomique, on ne cherche pas à être original, mais à être bon et généreux. C’est ce qu’on attend de ce genre d’endroit !

 

 

 

Les conseils du Petit Hergé 

 

Pour être sur une avenue, le prix peut aller quoiqu’un chouillat au-dessus de la moyenne. L’endroit ouvre tous les jours sauf le dimanche entre 07h du matin et 21h.

Le ballet commence donc à partir du petit déjeuner. C’est un lieu d’habitués, donc pas mal. Quand on y revient, ça veut dire que c’est bon !

On est seulement à 200 m du Palacio del Congreso, donc très pratique quand on est dans le coin ! 

Vous pouvez y aller en famille, en couple, entre copines ou avec des enfants.

 

La note : Nous y sommes passés la dernière fois en juillet 2025.

  • Propreté 4/5 Propre mais quelques petites imperfections
  • Service 4/5 Parfait grâce à Carlos, mais un peu débordé quand il y a du monde.
  • Plats 4/5 Excellent très bon, manque un peu d’originalité, mais abondant.
  • Cadre 3/5 Classique, mais un peu froid, ils auraient pu faire un petit effort dessus.
  • Ambiance 4/5 Clientèle du quartier, donc sympathique et bon enfant.
  • Prix 3/5 Les prix sont bons, mais on est en avenue, donc un peu plus cher que la moyenne

Total 22/30 ça vaut une note de 73%.

 

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