Mise à jour : 27 août 2025. #Guide Rouge. #Gastronomie. #San Cristobal. #Buenos Aires
 
 

 

Bar Pizzeria Tropical

Note 9/10

 

Encore un petit restaurant sans prétention à San Cristobal à la limite de Balvanera.

Il affiche à l’entrée « Pizzeria » ce qui laisse supposer qu’on ne peut y manger que des pizzas, mais on peut aussi déguster autre chose, et c’est pour cela qu’il a le droit de figurer dans le guide rouge des petits restaurants - bouibouis de la capitale.

Tout est au rendez-vous, ce qu’il y a dans l’assiette, le service des mozos, la propreté, la clientèle et l’ambiance. Et pour le moment le Tropical est le meilleur petit resto de San Cristobal dans la liste !

Certainement aujourd’hui l’endroit le plus propre et le moins cher dans un rayon de 500 m !

Adresse : Pichincha 810. (Quartier San Cristobal). Ouvert tous les jours du matin au soir de 7h du matin à 1h du matin sans interruption !

 

 
Photo : Du temps de la Gata Alegria. photo janvier 2019.  
 

La Gata Alegria (La joie du chat)

 

Un look année 60-70 se dégage de cet endroit, il faut dire que l’immeuble qui le surplombe est aussi de cette époque, et lorsqu’on sait que le Tropical qui occupe l’angle de l’Avenida Independencia et de la calle Pichincha n’est autre que le nouveau nom de l’ancienne pizzeria de « La Gata Alegria », tout s’explique !

« La Gata Alegria » fut inaugurée en ces lieux le lundi 20 septembre 1971 et resta en place jusqu’en décembre 2024.

Cette pizzeria fut ouverte par José Omar Pastoriza (1942-2004) surnommé "Pato" Pastoriza, joueur de foot à partir de 1966 dans l’équipe de Independiente qui l’a vraiment propulsé comme figure emblématique du foot argentin de l’époque. Puis passe à l'AS Monaco en 1972 jusqu’en 1976 où il y termine sa carrière.

Il retourne ensuite en Argentine et passe entraîneur.

Entre 1976 et 2004, il sera entraîneur de très nombreuses équipes en Argentine, en Espagne, au Brésil et en Colombie, mais son équipe de cœur fut simplement Independiente qu’il entraînera durant 8 saisons, et c’est en 2004 alors qu’il occupe le poste de directeur sportif de cette même équipe, qu’il décédera le 02 août 2004 d’un arrêt cardiaque.

 
 
Photo : Inauguration de la Gata Alegria en septembre 1971. 
 

En plus du football, ce joueur avait une autre passion, la gastronomie, mais surtout les pizzas, et on comprend donc pourquoi « Pato » avait déjà ouvert une première pizzeria sur Santa Fe 2000 (Santa Fe et Junin) en 1967 et se lança en 1971 dans cette seconde pizzeria.

Pendant de nombreuses années, la « Gata Alegria » était donc vraiment le QG de tous les hinchas de Independiente de la zone, et « Pato » y passait très souvent en voisin puisqu’il en était le patron !

Apres son décès en 2004, on sent que l’ambiance n’y est plus, et la pizzeria commence sa lente décadence, elle est reprise par Lazzaro qui la mènera jusqu’en 2015 mais ensuite la « Gata » entre en agonie.

Je me souviens y être passé vers 2021-2022, franchement ça ne donnait pas envie d’y retourner, ni même d’y entrer. Mozos pas vraiment serviables, la qualité n’était plus au rendez vous et surtout assez sale !

Fin 2024, « La Gata » jette l’éponge et c’est peut-être tant mieux !

Le nouveau dueño prend les choses en mains en janvier 2025, c’est celui du Tropical du quartier de la Nueva Pompeya, déjà propriétaire d’une autre à Parque Patricios.

C’est un professionnel et donc remet de l’ordre et relance la « Gata » sous le nom de « Tropical de Balvanera » (alors que nous sommes à San Cristobal !).

C’est une "salvacíon", car conscient de l’histoire des lieux, il n’est pas là pour effacer l’héritage de « Pato » mais bien au contraire tout a été fait pour conserver les lieux en état après un bon nettoyage et reconquérir la clientèle qui avait fui au fil des dernières années.

Dernière info, le chat est resté, il y en a même deux aujourd’hui (2025)

 

 

Photo : la Pizzeria Tropical aujourd'hui. Photo mars 2025.

 

Les lieux :

 

Façade ultra moderne (pour les années 60-70) avec une paroi vitrée sur toute la longueur du restaurant, porte blindex à deux battants et vous entrez face au comptoir de la même époque. Un retour en arrière de plus de 50 ans, on imagine même quelques flippers hanter un coin, mais ils ont disparu depuis longtemps.

En tout cas, si les lieux respirent une autre époque, on sent tout de même qu’un gros lifting fut mené tout d'abord il y a une dizaine d’année, car les tables, les chaises et surtout la banquette en skaï brillent. Donc bravo pour la restauration, car elle n’enlève en rien au charme de l’époque.  

Comme souvent à cette époque, le resto est sur deux niveaux. Le comptoir et les tables au rez de chaussé, et d’autres tables avec les sanitaires au niveau de la mezzanine.

On n’a pas l’impression d’être serré les uns contre les autres que ça soit en bas ou en haut, (le principal inconvénient que je trouve aux établissements parisiens). Et tout est plein les jours de match. (surtout quand Independiente joue)

Car on sent justement que les derniers réaménagements du lieu a apporté deux énormes écrans accrochés aux murs en bas et un autre à la mezzanine, donc pour les matchs de foot, l’ambiance est grande.

Petit plus, la bonne terrasse aménagée sur le trottoir depuis l’époque de la pandémie coté Pichincha qui reste à l’ombre en plein été.

 

 

Photo : En plus des pizzas, des sandwichs chauds à la Tropical. 

 

Les plats :

 

La Tropical se définie comme une pizzeria avant tout, donc inutile de s’étonner de la longueur des variantes existantes de ce plat. Entre les pizzas « Clásicas », les « Especiales », mais aussi les « Fugazzetas especiales » les plus généreuses, on a le choix entre une bonne trentaine.

En taille, comme toujours il y a la « grande » pour 4 bonnes personnes, et la « chica » pour deux (et quand je dis pour deux, ce sont deux Argentins, ou alors pour trois Français).  Pour les « clásicas », il y a aussi la possibilité de pouvoir demander des portions. Donc pas de grande originalité, c’est ce qu’on trouve en taille ou en variante dans toute bonne pizzeria porteña qui se respecte.

Il y aussi bien sûr les empanadas, les classiques mais aussi celles de osso-buco coupé au couteau. Là, c’est plus original.

Enfin pour ceux qui n’aiment pas les pizzas, il y a tout de même un choix portant sur une bonne quinzaine d’autres plats qui permet de la classifier dans les restaurants et non pas dans les pizzerias toutes simples.

Choix dans la viande en bife accompagné de frites, purée ou salade, mais aussi du poulet grillé, des milanaises ou supremas, un choix assez ample de pates (gnocchis, spaghettis, ravioli ou "sorentino con estofado").

Ensuite vient un choix important de salades et aussi de sandwichs froids ou chauds.

En un mot, on y vient surtout pour les pizzas, mais on peut tenter autre chose (ce que j’ai fait) et c’est bon !

 

     

 

 

 

La clientèle

 

On sent qu’il s’agit d’une clientèle d’habitués du quartier. Le lieu est ouvert depuis 60 ans et il y a au moins déjà trois générations qui se sont succedées aux tables.

Comme les horaires sont amples, on voit alterner ceux qui viennent pour le petit déjeuner et qui travaillent dans le quartier, puis ceux qui viennent rapidement prendre un café en matinée avec des connaissances.

Le midi la salle se remplit vite et on y reste au grand maximum 45 mn à 1 heure avant de repartir travailler.

En après-midi, le rythme se ralentit un peu plus, ce sont les paires de copines qui prennent le thé avec une viennoiserie ou un gâteau, en fin d’après-midi ce sont plutôt les hommes revenant du travail ou les « senior » qui ont leurs habitudes qui se rencontrent et s’il y a en plus un match c’est tout bénef.

Pour le dîner toujours bien plus de monde que pour le déjeuner, même en semaine !  

Enfin comme le Tropical reste ouvert très tard, il y a les noctambules qui restent jusqu’à la fermeture vers 1 heure du matin. D’ailleurs l'heure d’affluence les vendredis et samedis c'est de 23 h à 1h du matin

Donc clientèle très conviviale, on échange facilement avec la table d’à côté. Dès que les beaux jours arrivent, la clientèle se fait encore plus nombreuses et envahit la terrasse.

 

 

Les conseils du petit Hergé :

 

Il y a deux chats (ou plutôt chattes, la mère et la fille « Tigresa ») qui hantent l’espace, une gamelle de croquettes et une autre d’eau à l’entrée. Elles semblent connaitre la clientèle et passent leur temps à saluer tout le monde, leur lieu de prédilection la banquette en skaï entre deux clients pour y venir dormir.

Tout comme les chattes, on s’y sent bien aussi, c’est chaleureux, le son de la télé ne couvre pas les discussions, les prix sont extrêmement bas (c’est ce qu’on remarque peut-être même en premier). Comptez 10 à 12 euros par personne pour y déjeuner ou dîner (août 2025)

Il est 23h ou minuit et on a une petite fin si on traîne dans les alentours c’est l’endroit où on peut se rendre.

Familial, tout le monde se respecte, et les mozos sont bienveillant ! Que demandez de plus ?

 

 

Nos notes :

 

Propreté 5/5 Vraiment rien à dire, et c’est rare à Buenos Aires. La salle comme les toilettes sont propres. Les toilettes sont en haut, mais en bas, il y a celles des handicapés qu’on vous invite à utiliser si vous avez la flemme de monter les marches. Rien à redire ! 

Service 5/5 Suivant l’heure et la saison quand la terrasse est complète, entre 1 et 3 mozos qui sont là depuis des lustres. Donc ils connaissent tout le monde, mais ne sont pas envahissants. Pour certains ils servent les clients sans rien demander, les années font qu’ils connaissent d’avances les commandes. Très pros !  

Plats 3/5 Excellent très bon, Carte un peu réduite (c’est pour ça que je ne mets pas 4) si on ne veut pas de pizzas, mais on trouvera quand même son bonheur. La clientèle vient aussi uniquement pour prendre un café, un verre de bière ou une bouteille, donc même a midi on peut y débarquer pour un "submarino" ou un "cortado", on est bien accepté !

Cadre 4/5 Derrière cette énorme baie vitrée, on se sent comme un poisson dans un aquarium, mais l’avantage est de voir si on connait quelqu’un dans la salle pour entrer et aller le saluer, et une fois a l’intérieur, l’Avenida Independencia devient un spectacle à lui seul sur écran géant ! On voit et on y est vu ! Pour l’ambiance un peu rétro, j’adore !   

Ambiance 5/5 Très bonne, en fonction de l’heure, ça va du retraité qui vient prendre son ptit dej, du commercial qui termine son contrat avec son client en matinée autour d’un café, des employés qui viennent y déjeuner sur le pouce le plus rapidement possible, des mères de famille l’après-midi qui prennent un café avant d’aller chercher leur progéniture au collège, les fana de foot qui rappliquent à partir de 18h ou 19h s’il y a un match important, et qui se termine en « picada » dîner si il y a les prolongations, jusqu’à la troisième mi-temps qui peut se terminer à 1h du matin !

Prix 5/5 Les prix sont très bons, en août 2025, 20 à 25 euros pour deux personnes en y ajoutant vin et desserts.

Total 27/30 soit une note de 9/10

 

Adresse : Avenida Independencia angle Pichincha 810. Ouvert tous les jours du matin au soir (de 7h du matin à 1h du matin).

La Tropical a sa place dans notre guide rouge !

 

A lire aussi dans le Petit Hergé :

- Le Bar de Cao.

- A visiter dans le quartier de San Cristobal.

- Les confiterias de Buenos Aires.

- Le jardin botanique de Buenos Aires

 

 

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