Jeudi 21 juin 2012 4 21 /06 /Juin /2012 12:00

Mise à jour : 18 juin 2012.

nullAvenida de Mayo :

En plein centre de la ville, à partir de la Plaza de Mayo, l’Avenida de Mayo est inaugurée en 1894. Elle va vite devenir le centre de la vie culturelle de la ville surtout par l’apport des émigrés espagnols et des intellectuels porteños qui en font leur rendez-vous. C’est ainsi que tout au long de cette avenue, dès son ouverture, s’ouvrent bars, restaurants, clubs, associations littéraires et hôtels tenus par des espagnols. La Gran Via de Madrid trouve son pendant en Amérique du Sud avec en plus un petit air de Paris. Un premier article sur cette fastueuse avenue retraçant la genèse de ce projet important de cette fin de XIXème siècle, lorsque l’Argentine compte parmi les puissances les plus riches du Monde et veut s’offrir une capitale à la mesure de ses prétentions. Voici la premiere partie de l'article concernant l'Avenida de Mayo.

Photo : Avenida de Mayo au niveau de la calle Piedras. Photo Petit Hergé le 20 juin 2012.(Photo)

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Photo : Une des photos les plus intéressantes de l'Avenida de Mayo. Elle doit dater des années 1926-1927. En effet au loin, coté droit de l'avenue, on voit les échafaudages de la construction du beffroi du Palacio Legislatura de Buenos Aires sur Diagonal Sur.  Au premier plan, la cuadra des 1000 de l'Avenida de Mayo, celle qui sera détruite dans les années 1940 pour laisser passer l'Avenida de 9 de Julio. L'imposant bâtiment à droite de l'Avenida, et occupant presque toute la cuadra, est l'immeuble appartenant al Banco de Italia Y Rio de la Plata, construit en 1889 par l'architecte Juan Antonio Bischiazzo. Le tramway électrique traverse l'avenue sur la calle Buen Orden (qui deviendra Calle Bernardo de Irigoyen). Juste derrière le tramway sur Avenida de Mayo 1102, au même angle se trouvait l'Hotel d'Arc (ouvert jusqu'en 1942) et son célèbre bar de l'Alhambra. Aujourd'hui en juin 2012, le batiment est occupé par l'Hotel La Fresque et son bar en rez de chaussée..(Photo)

nullArchitecture et urbanisme à la française :

Première grande avenue digne de ce nom à Buenos Aires. On prépare la fête du Centenaire de la jeune république argentine, et il faut montrer à l’ancien continent et surtout à l’ancienne puissance coloniale espagnole, que le pays est aujourd’hui majeure et économiquement en mesure de dépasser les anciennes nations européennes. La manière la plus facile de montrer et surtout d’étaler ses richesses est de construire des édifices richement ornés et aux dimensions supérieurs de ceux qui peuvent exister à Paris, à Madrid ou à Londres. Pour cela, on fait appel aux meilleurs professionnels de l’époque (tous européens), artistes et sculpteurs italiens, décorateurs espagnols, architectes français, ingénieurs belges, allemands ou britanniques. Le pays est riche, il en a les moyens et il faut le montrer. L’Avenida de Mayo doit être la plus belle avenue du monde, ou en tout cas se montrer digne de pouvoir concurrencer celles de Paris.

L’architecture des édifices longeant cette avenue est donc éclectique. L’avenue est tracée à partir de la Plaza de Mayo et les premiers immeubles de 1894-1898 sont donc académiques au style très français avec un enclin de-ci de-là à verser dans un style hispano moresque. Au fil du percement de l’avenue, les immeubles de 1900-1905, ajoutent des touches Art Nouveau dans leurs façades et leurs entrées. En arrivant vers la Plaza de Congreso vers 1910, ce sont les derniers bâtiments à se monter, mais quelques « dents creuses » le long de l’avenue seront comblées dans les années 20 et permettent ainsi de disposer d’ensembles au style Art Déco redoutable. La promenade de l’Avenida de Mayo est un véritable cours d’histoire de l’architecture des années 1900-1920.

Photo : Premiere cuadra de l'Avenida de Mayo, au fond la plaza de Mayo. 1900, début de l'électrification, des lignes au dessus de l'avenue.(Photo).

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Photos : Les deux photos sont prises du même endroit.

Photo de gauche : Une des première photo de l'Avenida de Mayo. Nous sommes probablement en 1889. A gauche le Cabildo, à droite de l'avenue les ruines de ce qui fut autrefois le commissariat. Il n'existe en tout est pour tout que deux immeubles sur l'Avenida. Celui au fond à droite est en construction. Il s'agit de l'immeuble construit par l'architecte Edwin Merry et terminé en 1890. Au rez de chaussée, la boutique Sastreria Schawrtz qui va y rester jusqu'en 1910. Au fond, les petits immeubles de la calle Peru qui ne sont pas encore démolis.

Photo de droite : Photo prise entre 1918 et 1920 à partir de la Plaza de Mayo. Au fond on arrive a distinguer le Congreso. A gauche de la photo le Cabildo. Juste derriere toujours à gauche, l'imposant immeuble du Passage Roverano terminé en 1918.  A droite, le bâtiment de la Municipalité et du quotidien la Prensa. Au centre de l'avenuel des terres pleins pour y installer l'éclairage public électrique. La première coupole apparaissant sur le trottoir de droite, et celle des grands magasins Gath y Chaves (ouvert en 1910).

nullLa symbolique :

Le tracé de la nouvelle avenue se fait avec la symbolique de relier par une même avenue deux places qui logent chacune un des deux pouvoirs de la nation. La Plaza de Mayo et le pouvoir exécutif (La Casa Rosada), et la Plaza de Congreso avec le pouvoir législatif (Le Congreso de la Nacion, le parlement). La Plaza de Mayo a une longueur 2 cuadras, celle de Congreso une longueur de 3 cuadras, entre les deux, 10 cuadras d’avenue aux larges trottoirs d’une longueur de 1250 m. De murs à murs entre ceux de la Casa Rosada et ceux du Congreso 2000 m tout juste dans une splendide perspective.

 

Photo : Bar et fleuriste sur l'Avenida de Mayo. Photo Petit Hergé 20 juin 2012.

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Photos : A gauche, une lecteur passionné de la "Prensa" sur le trottoir de Avenida de Mayo. Au centre, la construction de la première ligne de métro sur Avenida de Mayo juste devant le Cafe Tortoni.  A droite, un matelot sur le trottoir de la Prensa.

nullLe projet urbanistique :

Le 12 octobre 1880, Julio Agentino Roca devient président de la Nation Argentine (il le restera jusqu’en 1886) et nomme Torcuato de Alvear, au poste de président de la Commission municipal de Buenos Aires. Ce poste sera transformé en 1883 en « intendant de la ville » (maire), la charge de Torcuato de Alvear sera reconduit, et restera donc intendant jusqu’en 1887.

C’est ce personnage de Torcuato de Alvear qui est le véritable instigateur du projet de l’Avenida de Mayo. Il appartient à la très haute bourgeoisie de la ville et peut donc sans aucune difficultés et aucun souci d’opposition prendre des décisions concernant Buenos Aires et sa formidable expansion due à l’afflue important d’émigrés européens. Il veut changer l’image de sa ville, lui faire perdre son caractère coloniale espagnole (c’est peut-être aujourd’hui ce que l’on peut lui reprocher) pour la transformer en ville moderne et surtout tracer un tissu urbain à la Haussmann. On appelait alors à l’époque en France, ce système d’urbanisme, le « Culte de l’axe ». Haussmann à Paris c’est la période 1853 – 1869. Torcuato de Alvear, onze ans plus tard, sera le nouveau « Haussmann de Buenos Aires » entre 1880 et 1887.

C’est pour cet argentin une véritable fixation qu’il a pour l’œuvre du Baron Haussmann.

Il va donc développer de vastes projets pour la ville, créations de larges avenues, de nouvelles places, des parcs et aussi la plantation de milliers d’arbres dans les rues de la ville. Son premier projet est la démolition de la Recova qui sépare la Plaza 25 de Mayo de la Plaza de la Victoria. Les deux places s’unissent donc en 1883 et deviennent une seule et unique place du nom de Plaza de Mayo. Point de départ de son second projet pharaonique, le tracé d’une avenue Est-Ouest dans le centre pour créer une voie large et espacée venant en complément de la calle Rivadavia (parallèle) totalement saturée. Dès 1880, il émet l’idée de cette nouvelle avenue, en 1882, il demande au ministre de l’intérieur de déclarer d’utilité publique le tracé de la nouvelle avenue pour pouvoir exproprier 13 manzanas (patés de maison) entre la Plaza de Mayo et l’avenida Entre Rios. Le 31 octobre 1884, c’est chose faite avec la loi 1583 qui autorise à percer l’avenue !

Torcuato de Alvear ne verra jamais son avenue car il décèdera en 1890.

Photo : Vers 1940, devant l'Hotel Español, au fond le Congreso.(Photo).

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Photo : Une ligne d'immeuble sur la cuadra du 900 totalement intact. Photo Petit Hergé 20 juin 2012.(Photo)

nullUne vielle idée qui traînait dans les cartons :

 

On peut sûrement remonter à Domingo Sarmiento (président entre 1868 et 1874) qui déjà à la fin des années 1840, émet l‘idée de moderniser la ville en traçant un nouveau plan d’urbanisme intégrant percement d’avenues, élargissements des rues, installation d’un système d’égout, installation d’un système d’eau courante, bref un plan total d’assainissement de la ville. Sarmiento avait voyagé en Europe et était passé à Paris en 1846. Il faut attendre 1872 pour que deux ingénieurs Carlos Carranza et Daniel Soler présentent un projet de percement d’avenue entre la Plaza Victoria (Plaza de Mayo) et la Plaza Miserere (Plaza Once) en élargissant la calle Rivadavia.

A partir de la réglementation d’octobre 1885, un débat commence à s’amplifier chez les porteños pour savoir si il n’est pas plus utile d’utiliser les sommes allouer au percement de cette nouvelle avenue pour continuer la politique d’assainissement en créant égout et développer le système d’approvisionnement en eau déjà en cours depuis 1869. La ville par contre considérait qu’il fallait développer un nouvel axe pour désengorger l’étroite calle Rivadavia et unir le centre de Buenos Aires à la nouvelle place Once qui recevait la nouvelle station de chemin de fer en 1883. Les détracteurs du mandat de Torcuato de Alvear l’affublaient de vouloir suivre une politique du « superflu au détriment du nécessaire ». Ces débats lui valurent sa démission et Torcuato Alvear dut renoncer à son poste. Déjà malade, il partit en Europe et fut remplacé par Antonio F.Crespo pendant un an, en mai 1887. C’est finalement la mairie de Buenos Aires qui fait pencher le choix sur la création d’un nouvel axe entre le centre et l’ouest de la ville. Reste maintenant à savoir si il faut tracer une nouvelle avenue ou tout simplement profiter du tracé de la calle Rivadavia pour démolir un coté et élargir la rue en avenue. Ca sera le prétexte à de nouveaux débats très houleux au Parlement, au Sénat et à la Mairie. Elargir la calle Rivadavia était la solution la moins onéreuse, car il fallait tout simplement exproprier un seul coté de la rue pour l’élargir, de plus la calle Rivadavia était aussi juste dans l’axe de la Plaza Once. L’autre solution consistant à  tracer une nouvelle avenue permettant par contre de pouvoir l’ouvrir dans l’axe de la Plaza de Mayo et d’avoir une plus belle perspective. Mais pour cela il fallait exproprier bien plus de propriétés, puisqu’il s’agissait d’ouvrir une brèche de 100 m de large à démolir sur plusieurs kilomètres pour rejoindre la Plaza Once. Donc plus de travaux, plus de dédommagements, plus de conflits, plus de temps et donc un coût bien supérieur.

Mais si le projet sur la calle Rivadavia se faisait, l’avenue aurait eu un coté neuf (coté pair) avec de beaux immeubles de six à sept niveaux et un ancien coté (coté impair) ancien, avec des maisons d’un ou de deux niveaux, absolument pas en harmonie avec les nouveaux édifices du trottoir pair. Il fallait donc aussi démolir l’autre coté impair pour arriver à atteindre un équilibre dans le projet. Finalement, on se décide sur un projet moins ambitieux et de créer une avenue de 1600 m de long dans l’axe de la Plaza de Mayo entre la calle Bolivar et le Boulevard Callao. La Plaza Once ne verra donc jamais arriver l’Avenida de Mayo.

Photo : 1960, angle de l'Avenida de Mayo et de la calle Peru. Entre 1930 et jusque dans les années 70, la Tienda El Coloso.(Photo).

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nullDémolition et début du percement de l’Avenida de Mayo :

Le 25 mai 1888, (sous le mandat du maire Antonio F.Crespo) les démolitions commencent sur la première « manzana » donnant sur la calle Bolivar et la Plaza de Mayo. Il s’agit de la partie nord du Cabildo, de la moitié du bâtiment y étant accolé et accueillant les services de police, ainsi que sur la calle Peru, de la caserne des pompiers.

En août 1888, Antonio Crespo démissionne et est remplacé par Guillermo Cranwell, d’origine irlandaise, ce dernier restera en poste que 9 mois, mais durant lesquels les premiers travaux de démolition pourra avancer des calles Bolivar, à la calle Peru, Chacabuco, Piedras et Tacuari.  Le 10 mai 1889, le remplace au poste de maire, Francisco Seeber qui ne restera en place que 13 mois, mais qui lancera un énorme projet de pavage de plus de 400 cuadras dans le centre de Buenos Aires, il va aussi élargir la calle Florida (alors la plus commerciale de la ville) de 3 mètres. Pendant ce temps, les travaux de démolition se poursuivent au niveau de l’actuelle avenida 9 de Julio. Le 22 juin 1890 est nommé provisoirement Maire de Buenos Aires, Francisco P. Bollini qui est aussi un architecte (tout comme son père arrivé d’Italie), il devait rester en place jusqu’au retour de l’ancien maire Tortucuato de Alvear en voyage en Europe pour se récupérer de sa maladie, mais celui-ci décède très peu de temps après son arrivée en décembre 1890, et Bollini sera confirmé au poste de Maire pour une période de deux ans. A l’arrivée de Bollini, l’Argentine est en pleine crise économique, elle coûtera la place à Celman, président de la république, qui doit démissionner le 06 août 1890, et sera remplacé par Pellegrini à la tête de la Nation. Bollini doit se charger d’une ville au bord d’une banqueroute financière et gérer à la fois les énormes travaux déjà entrepris sans pour autant les annuler. Une gestion serrée mais qu’il arrivera à mener à terme. 1890 c’est aussi l’année où il confie au français Charles Thays la responsabilité de la direction des jardins et promenades de la ville. Le français aura la lourde tache de créer le jardin botanique de Plaza Italia. Sur l’Avenida de Mayo, les travaux de démolition arrivent presque à la hauteur de l’actuelle Plaza Congreso, et en bas de l’avenue, une des premières constructions de l’avenue de Mayo prend forme, il s’agit du tout nouveau palais de la Ville (Mairie) se trouvant à l’angle de la Plaza de Mayo et de l’avenida de Mayo. Il sera achevé en 1893, il est toujours debout aujourd’hui et accueille encore les services de la Ville. 1892, Carlos Pellegrini perd la présidence et Bollini la ville. Le nouveau maire Miguel Cané ne restera en place que 8 mois, le pays n’est toujours pas sorti de la crise, il va administrer Buenos Aires au plus juste, et sans luxe, sans entreprendre aucun grand chantier. Le 20 juin 1893, nommé par Luis Saenz Peña, Federico Pinedo (père) va prendre ses fonctions de maire pendant un peu plus d’un an. C’est pendant le mandat de Pinedo que sera aménagé le Parc Lezama à San Telmo, sera remonté le pavillon argentin de l’Exposition Universelle de Paris de 1889 sur la Plaza San Martin pour abriter le premier Musée des Beaux Arts, mais c’est aussi surtout ce mandat que sera inauguré, le 9 juillet 1894, en grandes pompes la toute nouvelle Avenida de Mayo terminée entre la Plaza de Mayo et la Plaza Lorea. La future Plaza Congreso n’est pas encore d’actualité et est occupée par des constructions. L’avenida de Mayo n’est pas encore non plus terminée (bancs, trottoirs, mobilier urbain), mais il fallait que l’inauguration se fasse pour le 9 juillet.

Ce 9 juillet, on installe des feux de Bengale sur la Plaza Lorea et on y tire le soir un feu d’artifice. Les travaux se terminent réellement en septembre 1894.

Au total, pour tracer l’Avenida de Mayo, la Municipalité aura exproprié 115 parcelles entre 1888 et 1894, desquelles 85 seront cédées par leurs propriétaires contre exonération d’impôts, et les 30 autres rachetées à un prix d’or.

Photo : Entrée de la station de métro Avenida de Mayo sur la ligne A. Photo Petit Hergé 20 juin 2012.

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Photos : Les multiples hôtels de l'Avenida de Mayo. Certains ont eu du mal à sauvegarder leur prestige et sont tomber en décadence. Photos Petit Hergé 20 juin 2012.

nullContraintes architecturales :

Tous les immeubles de l’Avenida de Mayo devaient être de tailles similaires, à savoir, devaient présenter en façade une hauteur comprises entre 20 et 24 mètres en dehors des toitures mansardées. La chaussée de l’avenue fait exactement 17 m de large et les deux trottoirs ont sur toute la longueur de l’avenue, une largeur de 6,50 m. Toutes les tuyauteries, gaz et eau passent en sous sol dans des tunnels installés sous le trottoir, tout comme le câblage électrique. Les arbres sont plantés à égale distance les uns des autres, et le choix se porte sur les platanes, bien que ceux-ci peuvent provoquer des allergies. Les platanes sont toujours en place.

L’illumination de l’ensemble se fait au gaz, les réverbères sont aussi installés sur les trottoirs, et sur 3 petits refuges au milieu de la chaussée sur chaque « cuadra », tout au long de l’avenue, l’illumination est complétée par des réverbères électriques.

Le pavage est entier sur toute la longueur de l’avenue, par des pavés de bois (comme on le faisait alors a Londres ou à Paris), moins cher que la pierre, plus facile à poser et aussi moins bruyant au passage des chevaux. Mais aussi, bien plus fragile, car les pavés de pins placés en 1893 furent tellement usés qu’en 1895, ils durent déjà être remplacés par des pavés de caroubier le long des caniveaux et par des pavés de granit de Tandil sur la chaussée.

En haut de l’avenue, vers les numéros 1300-1400, au niveau de la calle San Juan, un ancien ruisseau (nommé Zanjon de Granados) présente à l’avenue un léger dénivelé, qui pour des raisons esthétiques en 1894, la ville voulut combler pour maintenir l’avenue au même niveau. Il aurait fallu combler un dénivelé de 1,80 m sur 100 mètres. Mais pour des raisons budgétaires, la Ville sans passa. On peut encore voir aujourd’hui ce léger « creux » à cet endroit.

En haut de l’Avenida de Mayo, le projet s’arrête au niveau de la Plaza Lorea aujourd’hui disparue. Nous sommes en 1894. Il y a déjà plusieurs idées pour la création d’un futur parlement dans ce quartier (l’idée du concours germe en novembre 1894), mais aucun projet n’est encore arrêté. On sent toutefois la nécessité de terminer cette avenue par un élément important, une place. On pense à un rond point sur la Plaza Lorrea, d’autres veulent continuer l’Avenida de Mayo sur encore 300 m pour arriver sur l’avenida Callao, lieu du projet le plus susceptible d’être adopté quant à l’implantation du futur Congreso. En octobre 1895, sont présentés 28 projets différents pour le Palais du Congreso. Pourtant entre 1894 et 1907 rien ne bouge. L’Avenida de Mayo vient toujours « mourir » sur la Plaza Lorea. En janvier 1896, on choisit enfin le projet de Palacio de Congreso. En 1897, le chantier du Palacio est commencé pour s’achever en 1906. On détruit alors quelques constructions dans l’axe de l’Avenida de Mayo pour relier la Plaza Lorea à la façade du Congreso. On se demande alors si l’avenida de Mayo ne sera pas allongée de 300 m pour relier l’Avenida Entre Rios. Mais le 08 septembre 1908 par la loi Nationale 6286 on approuve la création d’une vaste place devant ce qui sera le Palacio de Congreso. Plusieurs projets sont alors proposés et c’est celui de Charles Thays qui sera adopté. Le chantier de démolition des dernières maisons entre la calle San Luis Peña y la avenida Entre Rios se termine en 1909 et en janvier 1910, la Plaza Congreso est enfin achevée.

On peut ainsi conclure le principal axe de la ville, de place à place, entre la Casa Rosada et le Congreso en ce mois de janvier 1910. Il aura fallu au total 17 ans pour mener à bien ce vaste projet.

Photo : Le Palacio Vera inauguré en 1910 sur l'avenida de Mayo. Photo Petit Hergé 20 juin 2012.(Photo).

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Photos : Quelques portes d'entrée sur Avenida de Mayo. Au centre l'edificio de la Prensa.

nullLes principaux bâtiments et curiosités de l’Avenida de Mayo :

 

En raison de l’importance de ce sujet, ce thème est développé dans un autre article. Bâtiments et curiosités de l’Avenida de Mayo. Boutiques, cafés, bars, hôtels... (Page en construction)

 

 

Photo : Façade du Gran Café Tortoni sur l'avenida de Mayo. Photo Petit Hergé 20 juin 2012.(Photo)

A lire aussi dans le Petit Hergé :

- Le Gran Café Tortoni :  Le café Tortoni figure dans tous les guides touristiques comme « le plus célèbre des grands cafés de Buenos Aires ». En effet, ce lieu chargé d’histoire transporte les visiteurs des années en arrière, quand les grands de la scène culturelle argentine fréquentaient ce lieu. Il est certain que le lieu ne manque pas de charme et l’atmosphère y est chaleureuse. Dans ce café, tout est d’origine: les tables recouvertes de marbre, les confortables fauteuils en cuir rouge, le bar mais aussi les vitraux au plafond...

 

- Le Club Español de Buenos Aires : Au début du XXème siècle, le club décide d’agrandir ses locaux mais surtout de faire construire un véritable palais pour y loger son siège. En 1907 sont acquits deux parcelles sur la calle Buen Orden. Le Club lance un concours international pour retenir le meilleur projet architectural. Le 08 juin 1908, c’est celui du hollandais Hendrik Folkers qui sera retenu. Le Hollandais s’installera á Buenos Aires et suivra aussi le chantier jusqu’á sa fin. Le 27 septembre 1908 est posée la première pierre et le 08 mai 1911, le club prend possession du bâtiment ! Il aura fallu trois ans de chantier !

 

- La Galeria Güemes : L’édifice Güemes à Buenos Aires, abritant au rez-de-chaussée la Galeria Güemes, est un des premier gratte-ciel de Buenos Aires. Première construction entièrement montée en béton armé dans la ville. L’ensemble fut dessiné et conçu en 1912, commencé en 1913 et inauguré en 1915. Ce bâtiment occupe une parcelle dans le micro centre comprise entre les rues Florida et San Martin qui sont reliées par cette galerie longue de 116 m ouvrant sur ces deux rues. Entièrement rénovée en 2007, c’est une des curiosités à découvrir lors de votre passage à Buenos Aires...

 - Le Cabildo de Buenos Aires : La ville de Buenos Aires est fondée en 1580, et 28 ans plus tard (1608) on décide d’édifier le premier Cabildo au même emplacement qu’il occupe aujourd’hui, à savoir sur le coté Ouest de la Plaza Mayor (Plaza de Mayo).  En cette année 1608, Buenos Aires est un gros village, on peut estimer la population de la ville autour de 800 habitants. Le Cabildo est l’instance civile locale de l’administration coloniale. Ce bâtiment abritera avant et après l’indépendance de 1810, les services de la justice,  de l’administration civile, d’archives, de réglementations de la ville, et même pendant un certain temps la prison...

Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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