22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 16:46
Mise à jour : 22 aout 2009.

Si ils disent ça, moi je dis pareil ! Le journaliste conformiste :

Le poids des mots et le choc des photos, pourquoi toujours vouloir exagérer des faits entre les mains des journalistes ? Pourquoi à partir d’un évènement, le déformer, le détourner de son contexte et le présenter sous une forme brute (et souvent brutale) ? Et finalement tomber dans le conformisme d'un titre accrocheur pour vendre et être lu au péril de désinformer !
Comme toujours j’épluche la presse francophone sur les sujets argentins du jour (ou de l’avant-veille, puisqu’il faut au moins 2 à 3 jours pour que l’on publie des sujets argentins en Europe), et comme toujours, j’ai l’impression quand on parle du Buenos Aires vu de « là bas »que je vis pas dans la même ville !


Les familles décortiquent les fans ! Ce matin donc une émeute !

Dans la Tribune de Genève : Emeute à Buenos Aires, après le verdict sur un incendie qui a fait 193 morts lors d’un concert"
rangé dans la rubrique « Tragédie » (sic) de ce très sérieux journal.

Une émeute où ? Il y a une émeute à Buenos Aires ? Quand ? Où ? Comment ?

Ahhhh, à la sortie du Tribunal ! Moi j’appelle ça une « manifestation », en effet mercredi 19 août sur la cuadra de Lavalle 1400 en face de la sortie du Tribunal, on en est venu aux mains (et aux pieds) entre familles des victimes de l’incendie de la discothèque Cromañon (c’était le 30 décembre 2004) et le fan Club du groupe Callejeros (ceux qui donnaient un concert lors de l’incendie). Les premiers voulant imputer une responsabilité aux intégrants de ce groupe Rock, et les seconds défendant leurs idoles. A la fin du verdict, les intégrants du groupe ont été relaxés. Ce qui a provoqué d’une part la joie des fans et la « bronca » des familles qui ont voulu en découdre physiquement avec eux dans la rue Lavalle (puisque tout le monde n’avait pas pu pénétrer dans le tribunal).

L’histoire de cet incendie du « Cromañon » est importante en effet, il y a eu d’une part près de 200 morts, mais surtout cette histoire a montré en plein jour le taux de corruption des agents municipaux qui s’occupaient de l’habilitations des lieux public à l’époque qui avaient plus de soucis à remplir leurs poches que de s’assurer de la mise en règle des condition de sécurité des discothèques de la ville.

En lisant l’article de ce grand journal suisse, ce qui retient l’attention c’est « l’émeute » (ça doit être plus vendeur !). Il n’y a pas eu de « charge » contre la police comme ce qui est aussi écrit, mais simplement des affrontements entre fans et famille ! On a le droit d'avoir eu un décès dans sa famille lors de l'incendie de Cromañon et d'être aussi con et violent à vouloir faire péter la tête d'un fan du groupe Callejeros.(Pour preuve voir la photo).

L'excellent article de la Tribune de Genève

Pour en terminer avec ce sujet, sachez que lors de « ces émeutes », il n’y eu aucun blessé ni aucune arrestation. Dans la tête des medias francophones on aimerait tellement en voir du sang !


Les gentils  Pendant que j’y suis au tour de La Croix (quotidien français) qui titre :
"
Affrontements entre jeunes et police à Buenos Aires"

Ah ben merde alors ! Je n’étais pas non plus au courant ! On parle aussi des manifs à la sortie du tribunal ? Non, non, c’est autre sujet !

Les faits : Près d’une villa miserias de Buenos Aires (vous savez l’endroit ou même les flics n’y vont pas la journée, mais lorsqu’il y vont, c’est en opération commando avec appuis d’hélicoptère car en général c’est plutôt chaud !), un militaire appartenant à la Préfecture navale (en fait il est plongeur)  a tiré avec son arme réglementaire sur une fille de 17 ans, et l’a tué ! La question se pose : pourquoi a-t-il tiré ? La réponse arrive : En général dans ces coins là, on tire et ensuite on discute. Facile comme réponse ? Peut être ! Mais si un jour vous y allez, vous aurez vite compris qu’il n'aurait pas fallu y aller. Et vous devez alors prendre les « devants », soit la fuite, soit la confrontation. Bref, le militaire dans sa voiture particulière aurait été agressé par deux femmes (17 et 21 ans) en sortant d’une bretelle de l’autoroute au niveau de la villa 31 bis, et a tiré dans le tas. L’une est morte, l’autre est blessée. Le militaire a été mis en examen, et dans la villa miseria, il a fallu dépêcher des renforts de « groupe spéciaux d’opérations », après la mise à sac d’un poste de gendarmerie.

En fait les charmantes donzelles, étaient munies de deux carabines à canon scié et se « faisaient les voitures » qui descendaient de l’autoroute, pas de chance pour elle, elle sont tombées sur un militaire armé ! Voila qu’ensuite on a retrouvé les deux carabines, qui en fait étaient des répliques ! Conclusion : Quand vous vous faites tenir en joug par des armes à feu dans une villa miserias, assurez vous bien que ce soit des vraies avant de tirer !

D’après la Croix : On relate plus ou moins le même incident en donnant le nom de la victime « Mabel Guerra » mais pas celui du militaire de la préfecture naval (je vous le donne : Luis Luque), comme si en le nommant on lui donnait raison…étonnant !


La différence entre un "jeune" en France et en Argentine :

Puis on parle des « jeunes » puisque dans les médias fran
çais le terme de « jeunes » veut tout dire à lui seul !
Une sorte d’adjectif pour définir une race à part, en France une sorte de « pauvre » mais de préférence un noir, arabe ou en plus large un « non blanc » et bien sur : jeune ! On ne parlera donc pas de jeunes du VIIIème ou du XVIème (puisqu'ils sont blancs et riches), mais on parlera des jeunes des banlieues (et encore, le terme « banlieue », n’est pas assez péjoratif puisqu’il y a maintenant des banlieues riches, alors on préférera le terme de « cité »), voilà, "un jeune des cités" !

Alors c’est sur, le journaliste en herbe débarqué de Paris sur un sujet de Buenos Aires, va donc informer dans sa langue de bois habituelle et écrira sur une villa miserias des « 
Affrontements entre jeunes et police à Buenos Aires », comme si dans une villa miserias il n’y avait que des jeunes !

Le lendemain en effet, l’atmosphère était chaude dans la 31 et la 31bis, et les gueules de ceux qui affrontaient la police avaient plutôt l’air d’appartenir à des délinquants (de tout age) qu’à des « jeunes ».

Mauvaise connaissance du terrain, lecture des dépêches de l’AFP saupoudrées d’une pointe perso d’un paternalisme français et voilà un article balancé dans la Croix !

Pour en terminer avec ce sujet, voilà un passage de cet article : « 
Trente mille personnes vivent entassées dans le bidonville de la Villa 31, situé à proximité des grands hôtels du centre de Buenos Aires ».

Pour « entassées », oui certainement, mais qu’apporte le mot « entassés », si ils avaient de l’argent, ils vivraient sûrement dans un autre quartier !
Pour « grands hôtels du centre », on aurait pu dire « à coté de la terminal de Retiro, ou 2 millions de banlieusards arrivent tous les matins pour travailler honnêtement en ville », on aurait pu aussi dire «  à coté du micro centro ou 3 millions de salariés viennent s’entasser dans des tours de bureaux pour avoir un maigre chèque à la fin du mois »….
« Grands hotels du centre » ça doit faire mieux !  Ah les salauds de riches, ils viennent en plus construire leurs 5 étoiles juste au pied des villas miserias pour les provoquer !

Voici l'excellent article de La Croix.

Mon petit chez moi à Buenos AiresEn conclusion :

Voilà j’en termine là pour aujourd’hui, c’était mon coup de gueule, ça ne m’arrive pas souvent, mais en ce matin du samedi, trop c’était trop, et mes plombs ont sauté ! Je vous rassure, je n’ai pas la grosse tête et moi aussi de temps en temps, j’écris des bourdes. Bon voilà, la parenthèse est refermée, merci à tous ceux qui me tiennent informé des dernières parutions d’articles dans la presse francophone sur l’Argentine. Ça permet de voir le vaste gouffre qui existe entre la réalité et ce qui en est retenu par nos copains journalistes. Merci à Daniel, pour m’avoir aussi envoyé le lien du nouvel article paru dans le Figaro ce matin sur Kirchner et la pauvreté. (pendant que j’y suis :
fait, faut il ouvrir une nouvelle rubrique dans ce site : L’Argentine vue par les franchouillards ?
L'Article du Figaro de ce matin.

A bientôt et merci à tous pour avoir la patience de me lire (et de me supporter) !

Photo :
Mon petit chez moi à Buenos Aires, c'est si facile d'avoir bon goût quand on veut ! Un truc simple et facile à entretenir !


 Villa 31 à Buenos Aires Belgrano R à Buenos Aires
Photo : Les honnêtes gentils pauvres vivent dans la villa 31, et les méchants riches profiteurs vivent à Belgrano R. Si les pauvres sont pauvres ce n'est pas de leurs fautes, mais les riches sont riches parce qu'ils le veulent !  

Faire un article à partir de son hotel quand on est journaliste comme c'est plaisant ! D'autres articles dans le Petit Hergé :

- Le musée Fortabat. (Août 2009).
- Le jardin botanique de Buenos Aires. (Août 2009).
-
Le Café Gato Negro. (Août 2009). 
-
Le Bar Le Merval de Buenos Aires. (Juillet 2009).
-
La Bodega Viña Ona. (Août 2009).
- Institut de langue à Buenos Aires. (Août 2009).
-
Confiteria del Molino (1916). (Mai 2009).
- Le Cabildo de Buenos Aires.
-
City Hotel & Diagonal Sur. (1935).
-
Le Ciné Teatro Opera. (1936).

 

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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