Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 19:38

Mise à jour : 11 juin 2012 / 12 aout 2009. Article de Pierre Lavenue

El Gato Negro de Buenos Aires :

Le Gato Negro, situé au 1669 de l'Avenida Corrientes, a été déclaré site d’intérêt culturel en 2003 par la ville de Buenos Aires et « café notable » en 2004.
Les différents propriétaires n'ont jamais été supersticieux car cette boutique existe depuis 1927 et quatre générations ont déjà fait connaitre les saveurs exotiques des épices aux porteños et aux provinciaux de passage dans la capitale.
Le Gato Negro fait partie de l'âme de l'Avenida Corrientes, allez y tremper vos narines et déguster un café ! (Photo)

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Un espagnol british s'installe à Buenos Aires :

L’homme qui a créé ce café s’appelait Victoriano Lopez Robredo, un Espagnol. Cet homme avait traversé de nombreux pays puisqu'il travaillait pour une société anglaise de distribution d'épices, il parlait anglais couramment et en avait pris l'allure. Il avait vécu de nombreuses années à Ceylan, aux Philippines et à Singapour, portant une attention toute particulière outre aux épices de par sa profession, aux fleurs exotiques.
Plusieurs histoires se mèlent pour savoir où l'idée lui serait venue, certains pensent qu'au cours d’un de ses voyages dans l'Orient Express, lors d’une soirée dans le wagon restaurant, il participa à un diner ayant pour thème le chat.
C’est alors que sentant aussi l’odeur des épices il pensa créer une épicerie où l’on pourrait conseiller et vendre ces fameuses « especias » en essayant toujours de les marier le mieux possible.
Quant au nom de la boutique « el Gato Negro », le chat noir, il proviendrait d'un café "romantique" de la calle Alcala à Madrid qu'il connaissait et qui portait le même nom !

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nullLa Martinica puis le Gato Negro :

En 1926, fatigué de ses voyages et surtout marié à une argentine, il vient s'installer à Buenos Aires et ouvre une première boutique d'épice la même année (nommée La Martinica) sur Corrientes 1600 juste à l'angle de la calle Montevideo.
Puis l'année suivante s'installe à quelques mètres de là sur la même cuadra dans le local actuel. L'immeuble était alors flambant neuf puisqu'il avait été construit en 1922.
Certains employés étaient aussi connus que le propre patron. Au total quatre espagnols avaient été embauchés, et Benito Ferreiro fut l'un d'eux qui porta le local à sa renommée connaissant les goûts des clients les plus illustres.
Nous sommes dans le quartier des théâtres, et la clientèle politique se mélangeait à celle des artistes et du demi monde.

A la mort de Victoriano, le local revint au fils Andrés ainsi qu'à 3 des anciens employés (l'un d'eux était déjà décédé). Nous sommes alors en 1969, le fils abandonne donc son ancien métier (ingénieur industriel) et se lance à fond dans la recherche de nouvelles odeurs et saveurs pour relancer l'affaire (Le local avait un peu décliné pendant les années 60), et d'incorporer la vente de café. La torrefaction étant propre et s'élaborant au sous sol de la boutique.
Andrés apporta son expérience acquise en tant qu’ingénieur, surtout dans les domaines de la rigueur mais aussi avec l’envie de tester de nouveaux mélanges et d’innover davantage.
Les trois employés "historiques" continuèrent à s’occuper du lieu. Tout comme son père, il continua à silloner le monde à la recherche de nouvelles odeurs et s'eteignit le 02 juin 1978 à Genève pendant son voyage de noce (deuxieme mariage). Les heritiers furent sa femme (May More), sa premiere femme et son fils unique.

Photo : De nuit, en regardant par la vitrine. (Photo)

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Les années Jorge Crespo :

Quelques années après, Jorge Crespo (actuel propriétaire) hérita de ce fils unique (son demi frère).
Depuis que Jorge Cresp dirige le Gato Negro, il a ouvert le café au rez de chaussée en 1997, et en 1998 monte un restaurant à l'etage. Il confiera la responsabilité du restaurant à plusieurs chefs successifs, mais ne pu jamais le faire décoller. Le restaurant dut fermer ses portes en 2007, les plats proposés, assez élaborés, nécessitaient un temps de préparation bien trop long par rapport à l’attente des clients. Et puis il est très difficile de faire monter le public à l'étage ! Les personnes qui travaillaient et venaient pour déjeuner le midi voulaient en réalité passer moins de temps à table.
Mais si une histoire est encore presente dans toutes les mémoires (du moins celles de l'Avenida Corrientes), c'est ce coup de tonerre relayé par la presse porteña qui annonça en 2005-2006 la fin du Gato Negro !
En effet après 80 années de bons et loyaux services pour les fins grastronomes, nous avons pu pensé un instant que la fermeture était proche.
Le 31 octobre 2005, la location du Gato Negro prenait fin. Le bâtiment fut vendu par Cristian Bengolea en février 2005 et en juillet 2005, les nouveaux propriétaires des murs entreprirent une procedure pour déloger le "Gato Negro" avant même la fin du bail. Le proprétaire et successeur du local, Jorge Crespo s'arma d'avocats et grâce au classement historique du lieu, put à plusieurs reprise repousser le "desalojo".
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Le Gato Negro aujourd'hui :

Dès que vous entrez dans la boutique, l’odeur du café et des épices vous envahit. L’endroit est idéal pour lire son journal où même un livre que vous aurez acheté dans une des librairies dont l’avenue Corrientes regorge. En hiver, rien ne vaudra un thé aux épices ou un café pour se réchauffer et vous redonner le sourire. Vous pourrez également déguster une ou deux sucreries, gâteaux pour accompagner votre boisson. Ensuite, montez l’escalier, et vous pourrez découvrir certains jours un spectacle de tango dans une ambiance tamisée. (Il a bien fallu remplacer le restaurant !)

Vous aurez également l’impression d’être sur un marché oriental en plein centre de Buenos Aires lorsque vous verrez les gens acheter des sacs d’épices diverses.(En vrac et au poids) Celles-ci sont de provenance variées, Brésil, Colombie, Europe, Moyen Orient et Indes voire plus loin mais une constante demeure : la haute qualité des produits. (Photo)

 Thé et café sur Corrientes :

La concurrence est aujourd’hui  plus rude qu’au temps de Victoriano Lopez Robredo  puisque les supermarchés sont apparus et vendent eux aussi des épices. En outre, la crise ne va pas non plus dans le sens des affaires.
Mais que diable ! Un chat retombe toujours sur ses pattes, la preuve : le Gato Negro emploie actuellement 14 personnes et reste un lieu incontournable de Buenos Aires. Vous pourrez emporter quelques souvenirs, des boîtes remplies d’épices signées le chat noir  par exemple, si vous êtes uniquement de passage dans la ville. Si vous comptez rester un peu plus long le Gato Negro est aussi très pratique pour acheter des produits difficiles à trouver ailleurs comme certaines épices ou des kiwis, faites y un tour, vous serez surpris par l’éventail de choix proposés et par l’originalité de certains produits qu’on ne penserait pas voir en Argentine. Cependant l’endroit reste à mon sens assez touristique, (car historique), la clientèle porteña, se mélange à celle de province qui profite de son passage dans la capitale pour faire ses emplettes, quelques autres touristes étrangers entrent par curiosité, le routard sous le bras.
C'est mieux qu'un café de quartier, plus authentique qu'un café branchouille, et certainement de meilleure stature qu'un café des beaux quartier. On n’échappe ici pas au prix, il faudra par exemple compter 14 pesos pour un thé au gingembre, il faut payer la qualité ! (Août 2009).

Venez trainer sur Corrientes, avant ou à la sortie d'un théâtre de l’avenue et lorsque vos  jambes commenceront à se faire lourdes, vous verrez à quel point le lieu est sympathique.
Si les produits peuvent vous sembler un peu chers, c’est aussi qu’ils sont choisis avec soin. L’ambiance est propice au calme et à la détente et cela ça n’a pas de prix.
Le charme de l’époque est aussi conservé, je vous conseille donc vivement de passer faire un tour, surtout si comme moi vous vous êtes levés du mauvais pied ou que vous êtes passés sous une échelle, en réalité il se pourrait que vous ne soyez pas si malchanceux et que vous découvriez un lieu insolite et charmant…

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Fiche technique :

Adresse : Avenida Corrientes 1669 (1042 Capital Federal).
Heures d'ouverture : Lundi à Jeudi de 9h à 23h. Du Vendredi au Samedi de 09h à 21h.
Téléphone : (54 11) 4374-1730. Fax : (54 11) 4371-6942.
Les sites web :
Ancien site Gato Negro web (toujours en activité)
Nouveau site Gato Negro web.
Email : gatone@elgatonegronet.com.ar

D'autres articles externes :

- Article du Clarin sur le délogement du Gato Negro. Article du 03 août 2006.
- Article de La Nacion sur le délogement. Article du 21 août 2006.

D'autres articles dans le Petit Hergé :
- Bars notables de Buenos Aires : Vous êtes sur le portail d’entrée des bars historique de la ville de Buenos Aires. En effet depuis 1998, la ville a déjà répertorié 82 bars ou cafés à travers tous ses quartiers. La plupart sont encore debout et ouverts au public. Une excellente occasion au fil de vos visites d’y jeter un coup d’œil, cela vous plongera dans le passé culturelle de la ville et vous fera de plus découvrir aussi un endroit qui encore aujourd’hui propose en plus d’un verre, des activités culturelles.

 

Bar de Cao (San Cristobal - Buenos Aires)- Bar de Cao : A la limite entre les quartiers de San Cristobal et de Balvanera, sur l’avenida Independencia juste à l’angle de Matheu s’élève le bar le plus célèbre du quartier le Bar de Cao. Presque 100 ans de loyaux services aux habitués des lieux. Almacen, despacho de bebidas mais aussi café. Voilà qu’il maintient son décor et son atmosphère malgré fermetures et changements de propriétaires...

 

 

Bar El Británico (San Telmo - Buenos Aires)- Bar Britanico : Toute promenade à San Telmo passe nécessairement par la calle Defensa, mythique rue de la feria de San Telmo. Ainsi il parait difficile de passer à côté de ce bar emblématique du quartier sans même le voir. Sa façade recouverte de bois, et ses miroirs muraux en font probablement l’indéniable charme. Mais que l’on soit un habitué du quartier, ou simple promeneur de passage, une halte au Britanico est toujours l’excuse pour prendre le temps de boire un café. « El nostalgioso café de las reuniones si apuro » comme disait le poète Norberto Caral...

 

- Franchises alimentaires argentines : Les exportations de produits alimentaires argentins ont fortement augmenté ces deux dernières années, et déjà plus de quarante entreprises ont un pied à l’étranger. Déjà dans plusieurs villes dans le monde on peut trouver des produits typiquement argentins (empanadas, café, glaces, alfajores…) dans des boutiques qui sont souvent des franchises de marques argentines (comme Havanna, El Noble, Freddo ou Almacén de Pizzas), dont la cote est en hausse. Havanna a été une entreprise pionnière de ce type de franchises à l’étranger en Argentine...

Par Le Petit Hergé - Publié dans : 3B - Manger - Communauté : Argentine pour tous !
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