17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 18:38

Dernière mise à jour : 17 juin 2020 / 11 juin 2012 / 12 août 2009. Article de Pierre Lavenue 

 El Gato Negro

(Quartier de San Nicolas)

 

Le Gato Negro, situé au 1669 de l'Avenida Corrientes, a été déclaré site d’intérêt culturel en 2003 par la ville de Buenos Aires et « café notable » en 2004.

Les différents propriétaires n'ont jamais été superstitieux car cette boutique existe depuis 1927 et quatre générations ont déjà fait connaitre les saveurs exotiques des épices aux porteños et aux provinciaux de passage dans la capitale.

Un endroit presque unique dans le centre de Buenos Aires pour acheter toutes les épices vendues dans le pays. Ce temple des parfums est toujours debout malgré le passage du Coronavirus en 2020.

Le Gato Negro fait partie de l'âme de l'Avenida Corrientes, allez y tremper vos narines et déguster un café !

Un espagnol "british" s'installe à Buenos Aires :

C’est un espagnol, Victoriano Lopez Robredo, qui, travaillant pour une société anglaise de distribution d'épices, eut l’idée de monter une boutique d’épices et de thé. Il avait vécu de nombreuses années à Ceylan, aux Philippines et à Singapour.

Plusieurs histoires s’entremêlent et il est difficile de savoir avec certitude comment lui est venu cette idée, mais sa connaissance des épices, son mariage avec une Argentine et le développement de Buenos Aires au début du XXème siècle, ont fini par convaincre l’homme de sauter le pas et de se lancer dans l’aventure "porteña".  

Quant au nom de la boutique « el Gato Negro », le chat noir, il proviendrait d'un café "romantique" de la calle Alcala à Madrid qu'il connaissait.

   

 

La Martinica puis el Gato Negro :

 

En 1926, jeune marié à une argentine et fatigué de ses voyages, il vient s'installer à Buenos Aires et ouvre une première boutique d'épice la même année (nommée La Martinica) sur Corrientes 1600 juste à l'angle de la calle Montevideo.

Puis l'année suivante s'installe à quelques mètres de là sur la même cuadra dans le local actuel. L'immeuble était alors flambant neuf puisqu'il avait été construit en 1922.

Il pris soin d’embaucher quatre autres espagnols connaissant aussi bien que lui les épices afin de permettre de conseiller au mieux sa clientèle. C’est ainsi que rapidement Benito Ferreiro put permettre à sa boutique de lui donner une renommée et d’y faire venir les connaisseurs.

Son emplacement sur la Avenida Corrientes, déjà axe principal du monde du théâtre et des spectacles lui apporte aussi une clientèle politique, artistique et célèbre.  

A la mort de Victoriano, le local revint au fils Andrés ainsi qu'à trois des anciens employés (l'un d'eux était déjà décédé). Nous sommes alors en 1969, le fils abandonne donc son ancien métier (ingénieur industriel) et se lance dans la recherche de nouvelles odeurs et saveurs pour relancer l'affaire (Le local avait un peu décliné pendant les années 60), et d'incorporer la vente de café. La torréfaction étant propre et s'élaborait au sous-sol de la boutique.

Andrés apporta son expérience acquise en tant qu’ingénieur, surtout dans les domaines de la rigueur mais aussi avec l’envie de tester de nouveaux mélanges et d’innover davantage.

Les trois employés "historiques" continuèrent à s’occuper du lieu. Tout comme son père, Andres continua à sillonner le monde à la recherche de nouvelles odeurs et s'éteignit le 02 juin 1978 à Genève pendant son voyage de seconde noce. Les principaux héritiers qui reprirent l’affaire furent sa seconde épouse (May More), sa première et son fils unique.

    

Les années Jorge Crespo :

 

Quelques années après, Jorge Crespo (actuel propriétaire) hérita de ce fils unique (son demi-frère).

Depuis que Jorge Crespo dirige le Gato Negro, il a ouvert le café au rez-de-chaussée en 1997 (avant cette date, n’existait que la « boutique »), et en 1998 monte un restaurant à l'étage. Il confiera la responsabilité du restaurant à plusieurs chefs successifs, mais ne put jamais le faire décoller. Le restaurant dut fermer ses portes en 2007, il n’est jamais évident de faire monter la clientèle à l’étage, et puis peut être quelques erreurs, temps d’attente trop long, etc….

Presque la fin en 2005 :

Mais si une histoire est encore présente dans toutes les mémoires (du moins celles de l'Avenida Corrientes), c'est ce coup de tonnerre relayé par la presse porteña qui annonça en 2005 la fin du Gato Negro !

En effet après 80 années de bons et loyaux services pour les amateurs de senteurs exotiques, tout le monde a pensé un instant à une fermeture proche.

Le 31 octobre 2005, la location du Gato Negro prenait fin. Le bâtiment fut vendu par Cristian Bengolea en février 2005 et en juillet 2005, les nouveaux propriétaires des murs entreprirent une procédure pour déloger le "Gato Negro" avant même la fin du bail. Le propriétaire et successeur du local, Jorge Crespo s'arma d'avocats et grâce au classement historique du lieu, put à plusieurs reprise repousser le "desalojo".

Intérieur du Gato Negro, le 25 octobre 2018.

Le Gato Negro, havre de calme sur une avenue grouillante :

Dès que vous entrez dans la boutique, l’odeur du café et des épices vous envahit. L’endroit est idéal pour retrouver un peu de tranquillité et de calme et venir s’y réfugier pour y lire son journal où un livre acheté dans une des nombreuses librairies de l’avenue. En hiver, rien ne vaudra un thé aux épices ou un café pour se réchauffer. Vous pourrez également déguster une ou deux sucreries, gâteaux pour accompagner votre boisson. Ensuite, montez l’escalier, et vous pourrez découvrir certains jours un spectacle de tango dans une ambiance tamisée. (Il a bien fallu remplacer le restaurant !)

Vous aurez également l’impression d’être dans un marché oriental en plein centre de Buenos Aires lorsque vous verrez les gens acheter des sacs d’épices diverses. (En vrac et au poids) Celles-ci sont de provenance variées, Brésil, Colombie, Europe, Moyen Orient et Indes mais une constante demeure : la qualité des produits.

 Les conseils du Petit Hergé :

La concurrence est aujourd’hui  plus rude qu’au temps de Victoriano Lopez Robredo, le Coronavirus est passé aussi par là, mais le Gato Negro a tenu le coup.

Mais que diable ! Un chat retombe toujours sur ses pattes, la preuve : le Gato Negro emploie actuellement 14 personnes et reste un lieu incontournable de Buenos Aires. Vous pourrez emporter quelques souvenirs, des boîtes remplies d’épices signées du chat noir, si vous êtes uniquement de passage dans la ville. Si vous comptez rester un peu plus long le Gato Negro est aussi très pratique pour acheter des produits difficiles à trouver ailleurs comme certaines épices ou des kiwis, faites y un tour, vous serez surpris par l’éventail de choix proposés et par l’originalité de certains produits qu’on ne penserait pas voir en Argentine. Cependant l’endroit reste à mon sens assez touristique, (car historique), la clientèle porteña, se mélange à celle de province qui profite de son passage dans la capitale pour faire ses emplettes, quelques autres touristes étrangers entrent par curiosité, le routard sous le bras.

Mieux qu'un café de quartier, plus authentique qu'un café « branchouille », et avec certainement plus de choix qu'un café des beaux quartiers. Les prix sont un peu plus élevés que dans un autre bar, mais on peut aussi demander quelques infusions originales comme le thé au gingembre que les autres bars ne servent pas.

    

Fiche technique :

Adresse : Avenida Corrientes 1669 (1042 Capital Federal).

Heures d'ouverture : Lundi à Jeudi de 9h à 23h. Du Vendredi au Samedi de 09h à 21h.

Téléphone : (54 11) 4374-1730. Fax : (54 11) 4371-6942.

Les sites web :

 - Site du Gato Negro.

 - Ancien site du Gato Negro.

 - Page Facebook

D'autres articles externes :

 - Article du Clarin sur le délogement du Gato Negro. Article du 03 août 2006.

 - Article de La Nacion sur le délogement. Article du 21 août 2006.

A visiter aussi dans le quartier de San Nicolas :

      

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