Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 11:23


Mise à jour : 20 août 2009. Article de Grégoire Borgoltz.

 

 
nullLe Musée Fortabat de Buenos Aires :

Ouvert en 2008, la Coleccion de Arte de Amalia de Fortabat est la plus importante collection privée du pays. Ce week end la « dueña » a eu 89 ans, nous en profitons pour la présenter elle et son musée… Amalia Lacroze de Fortabat est considérée comme la femme la plus riche d’Argentine : sa fortune est estimée à 1600 millions de dollars, elle possède 40 estancias en argentine et des appartements dans plusieurs grandes villes du monde.

En 2005 elle décida de vendre les cimenteries Loma Negra à un grand groupe Brésilien pour plus d’un milliard de dollars. Trois ans plus tard, la « Coleccion de Arte Amalia Fortabat » ouvrait ses portes sur Puerto Madero…


Amalia FortabatRapide petite chronologie sur la famille Fortabat :

Tout commence en 1924, quand Alfredo Fortabat (1894-1976) décide de construire à 300 Km de la capitale dans la province de Buenos Aires une fabrique de production de ciment (Loma Negra). En 1927, l’usine entre en production et des centaines de nouveaux immigrés tout fraîchement arrivés d’Europe s’installent pour y travailler. Un village se développe donc autour de la fabrique et prend le nom de Villa Alfredo Fortabat. Le 09 novembre 1947, le village est administrativement reconnu comme commune. Aujourd’hui 4.000 argentins y vivent. Le village c’est LA fabrique, et la fabrique c’est LA famille Fortabat, qui monte à partir de la fin des années 20, un empire dans le monde de la construction. On peut estimer qu’à partir des années 50, la famille Fortabat est l’une des plus fortunée du pays. Il se marie avec María Amalia Lacroze de los Reyes Oribe (né en 1921) dans les années 40, elle venait juste de divorcer de Hernán de Lafuente avec lequel elle s’était mariée à l’age de 19 ans et eut son seul enfant (Maria Ines). Elle est issue d’une des grandes familles de ce début du XXème siècle. A la mort de son mari Alfredo Fortabat en 1976, elle a hérité de la totalité de sa fortune et de ses cimenteries, Loma Negra – quand on dit totalité c’est vraiment le cas car au moment de la mort d’Alfredo Fortabat, la ministre des finances de l’époque Martinez de Hoz (sous Jorge Raphael Videla) a supprimé l’impôt sur les héritages. Ensuite elle a financé la campagne présidentielle du président Menem qui le lui rendit bien une fois élu en la nommant successivement ambassadrice plénipotentiaire de l’Argentine puis directrice du fonds national des Arts. Ce fut son entrée dans le monde de l’art et les premiers signes de son influence sur la politique en Argentine. Quelques années plus tard, en 1997, elle déclarait d’ailleurs « en Argentine je peux faire ou défaire un président de la république ». Personne n’en doute…

Elle reprend donc en 1976 la direction de l’entreprise et la dirige d’une main de fer et continue de développer l’empire Fortabat. Dès 1999, la revue Forbes la classe comme la troisième personne la plus riche d’Argentine. A l’age de 85 ans, en 2005, elle vend la société Loma Negra au groupe Camargo Correa (investisseurs brésiliens) pour plus d’un milliard de dollars et devient cette fois ci la femme la plus riche du pays. Amalia Fortabat a toujours participé à la vie culturelle du pays et à très souvent participer à des mécénats. Elle s’est toujours montrée passionnée d’art et de peinture et a au cours de sa vie acheté de très nombreuses œuvres. Sa fortune personnelle serait estimée aujourd’hui à 1.200 millions d’euros.


Museo Fortabat et au loin le Micro Centro de Buenos Aires

L'Architecture futuriste de la "Coleccion de arte Amalia Fortabat" :

L’architecte uruguayen Rafael Viñoly (né en 1944) est le créateur de cet espace. Cet architecte après avoir résidé longtemps à Buenos Aires et maintenant installé à New York depuis 1979. On lui doit entre autres le Forum de Tokyo, le Centre Financier du Caire et la Bibliothèque de Chicago.

Le chantier du musée fut commencé en pleine crise économique en 2002, et fut à plusieurs fois interrompu. Il faut dire que la collection elle-même faillit périr sous une dette qui pu être rééchelonnée à partir de 2003. En effet en avril 2003 la collection du être placée en garantie pour financer la dette de 240 millions de Usd de la société Loma Negra. Ce n’est qu’en 2006, que la collection retourna aux mains des Fortabat. Pendant de longs mois on espérait enfin voir ses portes ouvrir, Amalia Fortabat prenant part aux dernières modifications de l’agencement intérieur, plusieurs décalages de dates d’inauguration, tout d’abord prévue en 2007, puis pour mars 2008, finalement elle eut lieu le 08 octobre 2008.

Avec ses baies vitrées et son style futuriste, le bâtiment s’intègre parfaitement dans le style de Puerto Madero. Une fois à l’intérieur, on retrouve le style sobre et élégant avec des murs nus. Les employés sont accueillants. Au total 230 œuvres sont exposées au public. Peut être trop de lumiere dans ce bâtiment, quelques mois après son ouverture on se pose la question de savoir si le soleil ne met en peril les oeuvres ! 


Façade bassin du Musée Fortabat de Buenos Aires
Photo : Façade sur bassin du Musée Fortabat de Buenos Aires.

 

 Entrée Musée Fortabat de Buenos Aires
Photo : Porche d'entrée du Musée Fortabat de Buenos Aires.

 

Domingo en la chacra, oeuvre de Berni. Fortabat Buenos Aires.Que voir dans le musée ?

La première salle du musée est une mezzanine consacrée à la famille (portraits d‘Amalia entre autre) puis à des paysages, des scènes de vie et des portraits. On accède ensuite à la grande salle par un escalator. Si les noms des artistes de la première salle ne parlent pas beaucoup au visiteur novice européen puisqu’on y trouve essentiellement des artistes argentins comme Antonio Berni, Xul Solar et Luis Felipe Noé, les toiles exposées ensuite dans la salle principale n’ont rien à envier à un musée européen : on trouve des Dali, un portrait d’Amalia par Andy Warhol, une sculpture et des dessins de Rodin, un Turner et un Bruegel. Un gardien très sympathique m’a d’ailleurs confié que le Turner était estimé à plus de 170 millions d’euros… Si cette salle est assez agréable avec son parquet et ses murs blancs, on peut toutefois la trouver un peu grande et on aurait préféré la voir coupée en deux pour ne pas se sentir asphyxié voire découragé en voyant le nombre d’œuvres qu’il reste à voir. Le premier étage est consacré à l’art abstrait. Même pour ceux qui ne sont que très peu sensible à ce style, on peut tout de même admirer cette vaste salle et sans aucun doute la vue. Structure en verre donnant sur les quais de Puerto Madero, face au soleil qui se couche, c’est tout simplement superbe ! La vue du second étage est tout aussi belle, mais on change de registre : ici on trouve un vase grec du 4e siècle avant JC, un masque égyptien, des hiéroglyphes… On ne voit pas trop ce que cette dizaine d’objets sans lien apparent font là mais c’est agréable de finir sur cette touche originale…

 

Amalia Fortabat par Andy Warhol dans les années 80En conclusion :

On est marqué dans ce musée par la modernité et les moyens mis en œuvre : l’architecture est très moderne, les étages sont reliés par des escalators (et des ascenseurs : le musée est d’ailleurs équipé pour les personnes à mobilité réduite), mais le plus original est d’avoir placé un système d’Ipod Touch à la place d’audioguides ! Toutefois, le fait que ce musée soit si impressionnant aussi bien sur le plan des œuvres que sur celui des moyens mis en œuvre pour le réaliser n’est pas si étonnant ici puisque le mécénat privé est bien plus développé en Argentine qu’en France.

Il est certain que la visite du Musée Fortabat s’impose lorsqu’on fait un tour dans le nouveau Puerto Madero, il conclue à la fois le tour de vos visites artistiques de la capitale si vous êtes déjà passé au Musée des Beaux Arts de Recoleta et au MALBA de l’avenida Alcorta, et il achève la découverte de Puerto Madero en vous offrant par ses baies vitrées de superbes points de vue sur les bassins et les nouvelles constructions du quartier.

 

Derniers préparatifs avant ouverture du Museo Fortabat Buenos Aires

Fiche technique :

- Adresse : Olga Cossettini 50 (Sur le bassin 4 / Darsena 4) à la hauteur de l’avenida Cordoba.
- Horaires : Du mardi au vendredi de 12h à 21h, le samedi et le dimanche de 10 à 21h. FERME LE LUNDI.
Visites guidées en Espagnol du mardi au dimanche à 15h et 17h.
Possibilité de réserver des visites en anglais au +54 11 4310 6600 ou via le mail : visitas@coleccionfortabat.org.ar

- Telephone : +54 (11) 4310 6600
- Contact : info@coleccionfortabat.org.ar
- Tarifs : Normal :15 Ars, réduit 8 Ars pour les moins de 12ans, les étudiants et les personnes retraitées.

Amalia Fortabat par Alejo Vidal-QuadrasComme le reste du musée, la cafeteria est très agréable, mais comme dans le reste de Puerto Madero, elle est hors de prix : le menu est soit à 29 Ars (pour un sandwich), ou à 55 pesos pour avoir le droit a autre chose ! On pourra y déguster un café, des sandwich ou des viennoiseries. Si vous n’avez pas trop faim attendez d’être sortis du musée pour déjeuner !
Si vous voulez rapporter un souvenir de votre passage, le musée dispose d’une boutique qui propose des posters de quelques œuvres, rien de très impressionnant ni de très original pour ce musée qui se veut novateur.

Liens exterieurs :

- Site Web du Musée Fortabat.
- Site Web du cabinet d’architecture de Rafael Viñoly 
- Début des travaux du Musée. Article de la Nacion du 28 janvier 2001.
- Inauguration du musée décalé de 2007 à 2008. Article du Clarin du 18 avril 2007.
- Inauguration du Musée. Article de la Nacion du 21 octobre 2008.
- Ouverture du musée. Article du Clarin du 22 octobre 2008.
- Architecture minimaliste du Musée Fortabat. Article du Clarin du 25 novembre 2008.
- Les oeuvres en péril à cause du soleil. Article du Clarin du 26 mars 2009.

 

Coupe longitudinale sur le bâtiment Fortabat Buenos Aires
Photo : Coupe longitudinale sur le bâtiment du Musée Fortabat de Buenos Aires. 

 

L'architecte uruguayen Rafael Viñoly et son projet Museo Fortabat D'autres articles dans le Petit Hergé :

- Le jardin botanique de Buenos Aires. (Août 2009).
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La Bodega Viña Ona. (Août 2009).
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Confiteria del Molino (1916). (Mai 2009).
-
Le Micro Centro de Buenos Aires.
- Le Cabildo de Buenos Aires.
-
City Hotel & Diagonal Sur. (1935).
-
Le Ciné Teatro Opera. (1936).


Photo : L'architecte uruguayen Rafael Viñoly et son projet Museo Fortabat.
Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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