19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 02:07

Dernière mise à jour : 18 juin 2020 / 21 juin 2012 / 20 août 2009. Article de Pierre Lavenue et du Petit Hergé.

Jardin Botanique de Buenos Aires

(Quartier de Palermo)

 

Le Jardin Botanique de Buenos Aires, s’étend sur près de 7 hectares dans le quartier de Palermo au niveau de la Plaza Italia. Une des grandes réalisations du paysagiste français Charles Thays nommé directeur des services des parcs qui, dès 1892, s’est atteler à la tâche pour doter la ville d’un jardin botanique digne des plus beaux au monde. En 1898, le parc est inauguré. Différents jardins le composent entourant un bâtiment central qui fut la résidence du paysagiste pendant les 6 ans que durèrent les travaux. Le parc aujourd’hui compte un jardin d’hiver et de nombreuses statues agrémentent les allées.

Pour comprendre l’histoire de ce jardin, il faut d’abord s’intéresser à celle d’un homme : Charles Thays (Carlos Thays), le jardin s’appelle d’ailleurs officiellement depuis 1937, « Jardin Carlos Thays de la ville autonome de Buenos Aires ». Cet architecte français né en 1849 à Paris était de plus paysagiste et botaniste. Il fut l’élève du célèbre paysagiste Edouard André, pour lequel il a travaillé sur de nombreux projets en Europe.

   

Charles Thays :

 

Sous l’administration du maire porteño Seeber, on décide de créer un parc botanique dans la ville. On nomme alors un botaniste allemand, Schubeck, qui jusqu’alors avait la tache de mener à bien en Bavière la supervision des parcs. Malheureusement pour lui, le changement d’air ne lui fut pas propice puisqu’il décéda peu de temps après. On dut alors faire appel à un autre paysagiste et cette fois français : Charles Thays (1849-1934).

Lorsqu’il fut appelé par la ville de Buenos Aires, le Français commençait à se faire une belle réputation à travers plusieurs projets en Argentine. Il était arrivé dans le pays au milieu de l’année précédente (1889) pour venir réaliser le Parque Sarmiento de la ville de Córdoba. Et c’est ainsi qu’en 1891 il gagne le concours pour le poste de Director General de Paseos de la Ciudad de Buenos Aires. En 1892, le terrain est cédé par la Nation à la ville de Buenos Aires et le projet démarre, ainsi que toute la modernisation du parc de Tres de Febrero. Pour la petite histoire, sachez qu’avec Francisco Pascasio Moreno (scientifique et botaniste argentin), il fut l’un des pionniers de la création des parcs nationaux en Argentine. En 1911, il fut l’instigateur de la création du Parc National d’Iguazu.

Photos :  En haut, le pavillon central du jardin vers 1900, ou vécurent Charles Thyas et sa famille entre 1892 et 1896 (Photo). En vignette, Charles Thays.

L'époque de la poudrière :

 

Ce même terrain durant la période coloniale espagnole et pendant la première moitié du XIXème siècle, se dénommait El Polvorin de Cueli, puisqu’il servait de dépôt de poudre de l’armée. (Voir photo lotissement 35). Quatre lotissements dont celui de la famille Cueli formaient l’ensemble au milieu du XIXème siècle. On était alors à la limite nord de Buenos Aires et pour des raisons de sécurité on préférait ne pas l’avoir en centre-ville ! En 1984, mais surtout en 2004 et 2005, ont été effectuées des fouilles archéologique sur cette parcelle pour retrouver des traces de cette poudrière.

Lorsque que notre paysagiste français prit ses fonctions, le terrain appartenait au Département National de l’Agriculture et le bâtiment central (construit en 1881 par l’ingénieur polonais Jordán Wysocki et qui existe toujours) renfermait le Musée Historique National (de 1894 à 1896). Thays déplace ce musée dans le parc Lezama (où il s’y trouve toujours aujourd’hui) et prend possession du bâtiment vide pour en faire sa résidence dès 1896.

Le 07 septembre 1898, on inaugure et ouvre le parc, mais il faut vraiment attendre 1902 pour qu’il aboutisse dans sa forme actuelle.

Photo : Le lot 35 et la polvora. Au bout du lot 34, la future Plaza Italia. Plan de 1867.Les lots 34,35,36 et 37 formeront le futur Jardin Botanique. On remarque au-dessus en pointillé, l'avenue Santa Fe qui n'est pas encore tracée.

Photos : A gauche, plan du Jardin Botanico de Buenos Aires en 1896 (Photo). A droite, les enfants de Charles Thays dans le jardin (le fils Carlos Leon Thays et sa sœur).

Que voir dans le jardin ?

 

Au beau milieu du quartier de Palermo, on peut se promener sur les neuf hectares de verdure accueillant plus de sept milles variétés de plantes qui sont parfaitement entretenues.

Le jardin propose aux visiteurs un vaste tour d’horizons des 5 continents et de sa flore. Il a pour cela découpé en zones bien délimitées les 9 hectares qui le composent. Sur l’avenida Santa Fe, L’Asie et l’Afrique ; le long de l’avenida Las Heras, l’Argentine et l’Océanie ; vers la calle Republica Arabe Siria, l’Europe et l’Amérique du nord. De plus il a mêlé avec soin les compositions et le dessin des allées en jardin à la française du côté de l’entrée principale sur l’Avenida Santa Fe, et en jardin à l’anglaise sur le reste du parc. En 1996, le jardin a été déclaré monument historique national.

Les gingko bilboa proviennent d’Asie, les acacias et eucalyptus d’Océanie, les chênes, noisetiers et ormes d’Europe, tandis que l’on peut observer des fougères, palmiers, et autres dattiers venus d’Afrique. Une serre gigantesque du style « art nouveau » a aussi été rapportée de France en 1890 et abrite des espèces tropicales et subtropicales. Outre la flore, les monuments, sculptures ornant le parc valent aussi le détour. Parmi les plus connus, on peut citer « les premiers froids » du catalan Miguel Blay y Fábreguas : sculpture en marbre représentant un vieil homme et une jeune fille et symbolisant ainsi les étapes de la vie. Le jardin comprend aussi des sculptures autour d´un cercle représentant les mouvements de la symphonie de Beethoven « La Pastorale ». Celle qui symbolise le second mouvement s´intitule « escena por la orilla de una corriente », la quatrième « la tempête » et la cinquième « la cancion de los Pastores ». Toutes les trois ont été inaugurées en 1962 et ont été réalisées par le sculpteur italien Leonor Tomassi. Quant aux autres, elles sont l´œuvre de Juan de Pari et furent inaugurées bien plus tôt le 5 octobre 1938, l´ensemble est connu comme « el despertar de la naturaleza ». Passage également obligé devant l´arbre sacré le gino vilo boa qui a plus de 2500 ans, et qui fut ramené de Chine : cet arbre était utilisé par les empereurs pour méditer.

Plus récent, un jardin des sens a été ouvert en 2006 où l´on trouve des espèces aux senteurs particulières.

Plan du Jardin Botanique.

 

Les chats du Botanico :

 

Vous pourrez aussi être surpris par les habitants permanents du jardin : les chats. Ils sont une centaine actuellement et avaient même été plus de 500 en 2004. Cela menaçait alors la bonne marche du jardin botanique et le directeur de l´époque Carlos Consentino avait alors choisi d´intégrer un programme d´adoption des chats pour permettre la diminution du nombre de ces animaux au sein du parc.

Photo : Des chats de toutes sortes au Botanico de Buenos Aires

Les serres et constructions dans le jardin :

Il existe aussi trois autres constructions importantes dans l’enceinte du jardin, l’Ecole Municipale de Jardinerie (Escuela Municipal de Jardineria) datant de 1914 et ouverte sous l’impulsion de Benito Carrasco sur avenida Las Heras,  cette école de jardinerie dépend aujourd’hui de la faculté d’Agronomie de Buenos Aires, elle abrite de plus une bibliothèque botanique très fournie (700 livres et 10 000 publications) et un cabinet de photographies. Le Musée Botanique (qui se visite) vers la calle Siria, et surtout le jardin d’hiver (ou serre centrale) en pur style « art nouveau » qui fut primé lors de l’exposition universelle de Paris en 1889. Cette serre fut démontée à Paris en 1890 et remontée sur place dans le parc l’année suivante

Photos : La serre ou Jardin d'hiver, à gauche vers 1900 (Photo), à droite de nos jours (Photo). 

Fiche technique :

Adresse : Santa Fe 3951, Buenos Aires. (Metro : Plaza Italia)

Site : Jardin Botanico de Buenos Aires

Horaires d'ouverture du jardin : Tous les jours sauf le lundi de 08h à 18h45 (Hiver 17h45).

Le samedi, dimanche et jours fériés de 9h30 à 18h45 (Hiver 17h45).

Le parc est fermé aussi le 1er janvier, le vendredi saint, le 1er mai, le 21 septembre et le 25 décembre.  Entrée libre.

Liens externes :

Les chats du Botanico.

- Recensement des chats du Jardin Botanique. La Nacion 11 août 2006.

- Restauration de la Casona du Jardin Botanique. La Nacion 12 mars 2007.

- 110ème anniversaire du Jardin Botanique de Buenos Aires. Clarin 08 septembre 2008.

A visiter aussi dans le quartier de Palermo :

      

 

 

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commentaires

Sophos 21/06/2020 09:23

Bonjour !
Merci pour cette belle visite !!*Quelle serre magnifique :-)
Bon dimanche :-)

Le Petit Hergé 27/06/2020 21:11

Et a très bientôt à Buenos Aires, si tu y viens cette année !

jeff 20/06/2020 09:38

Super, comme d'hab...!!! mon parc préféré, je vais lire et me détendre à chaque occasion, en plus il y a plein de restos autour. Hâte d'y retourner lors de mon prochain passage … Gracias SR RG !!!

Le Petit Hergé 27/06/2020 21:20

A ce sujet, il y avait pendant longtemps un restaurant casi-historique à l'angle de Santa Fe et de la calle Armenia (Herman), on entrait dedans et on était dans un album de Blake et Mortimer. Dommage, le petit immeuble de 1900 de deux niveaux à "sauté" en 2019, pour laisser place à un "immeuble moderne". Il nous reste "El Galeon" angle Santa Fe et Gurruchaga

Studiolum 20/08/2009 22:25

An excellent collection. Merci beaucoup pour l'inclusion des chats!

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