20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 02:07

Mise à jour : 21 juin 2012 / 20 août 2009. Article de Pierre Lavenue et du Petit Hergé.

Jardin Botanique de Buenos Aires :

Le Jardin Botanique de Buenos Aires, s’étend sur près de 7 hectare dans le quartier de Palermo sur la Plaza Italia. Une des grandes réalisations du paysagiste français Charles Thays nommé directeur des services des parcs qui, dès 1892, s’est atteler à la tache de doter la ville d’un jardin botanique digne des plus beaux au monde. En 1898, le parc est inauguré. Différents jardins le composent entourant un bâtiment central qui fut la résidence du paysagiste pendant les 6 ans que durèrent les travaux. Le parc aujourd’hui compte un jardin d’hiver et de nombreuses statues agrémentent les allées.

Pour comprendre l’histoire de ce jardin, il faut d’abord s’intéresser à celle d’un homme : Charles Thays (Carlos Thays), le jardin s’appelle d’ailleurs officiellement depuis 1937, « jardin Carlos Thays de la ville autonome de Buenos Aires ». Cet architecte français né en 1849 à Paris était de plus paysagiste et botaniste. Il fut l’élève du célèbre paysagiste Edouard André, pour lequel il a travaillé sur de nombreux projets en Europe.

nullCharles Thays :

Sous l’administration du maire porteño Seeber, on décide de créer un parc botanique dans la ville. On nomme alors un botaniste allemand, Schubeck, qui jusqu’alors avait la tache de mener à bien en Bavière la supervision des parc. Malheureusement pour lui, le changement d’air ne lui fut pas propice puisqu’il décéda peu de temps après. On du alors faire appel a un autre paysagiste et cette fois français : Charles Thays (1849-1934).

Ce dernier commençait à se faire une belle réputation à travers plusieurs projets en Argentine. Il était arrivé dans le pays au milieu de l’année précédente (1889) pour venir réaliser le Parque Sarmiento de la ville de Córdoba. Et en 1891 il gagne le concours pour le poste de Director General de Paseos de la Ciudad de Buenos Aires. En 1892, le terrain est cédé par la Nation à la ville de Buenos Aires et le projet démarre, ainsi que toute la modernisation du parc de Tres de Febrero. Pour la petite histoire, sachez qu’avec Francisco Pascasio Moreno (scientifique et botaniste argentin), il fut l’un des pionniers de la création des parcs nationaux en Argentine. En 1911, il fut l’instigateur de la création du Parc National d’Iguazu.

Photos :  En haut, le pavillon central du jardin vers 1900, ou vécurent Charles Thyas et sa famille entre 1892 et 1896 (Photo). En vignette, Charles Thays.

L'époque de la poudrière :

Ce même terrain durant la période coloniale espagnole et pendant la première moitié du XIXème siècle, se dénommait El Polvorin de Cueli, puisqu’il servait de dépôt de poudre de l’armée. (Voir photo lotissement 35). Quatre lotissements dont celui de la famille Cueli formaient l’ensemble au milieu du XIXème siècle. On était alors à la limite nord de Buenos Aires et pour des raisons de sécurité on préférait ne pas l’avoir en centre ville ! En 1984, mais surtout en 2004 et 2005, on été effectuées des fouilles archéologique sur cette parcelle pour retrouver des traces de cette poudrière.

Lorsque que notre paysagiste français prit ses fonctions, le terrain appartenait au Département National de l’Agriculture et le bâtiment central (construit en 1881 par l’ingénieur polonais Jordán Wysocki et qui existe toujours) renfermait le Musée Historique National (de 1894 à 1896). Thays déplace ce musée dans le parc Lezama (où il s’y trouve toujours aujourd’hui) et prend possession du bâtiment vide pour en faire sa résidence dès 1896.

Le 07 septembre 1898, on inaugure et ouvre le parc, mais il faut vraiment attendre 1902 pour qu’il aboutisse dans sa forme actuelle.

Photo : Le lot 35 et la polvora. Au bout du lot 34, la future Plaza Italia. Plan de 1867.Les lots 34,35,36 et 37 formeront le futur Jardin Botanique. On remarque au dessus en pointillé, l'avenue Santa Fe qui n'est pas encore tracée.

  

Photos : A gauche, plan du Jardin Botanico de Buenos Aires en 1896 (Photo). A droite, les enfants de Charles Thays dans le jardin (le fils Carlos Leon Thays et sa soeur)

Que voir dans le jardin ?

Au beau milieu du quartier de Palermo, on peut se promener sur les neuf hectares de verdure accueillant plus de sept mille variétés de plantes qui sont parfaitement entretenues.

Le jardin propose aux visiteurs un vaste tour d’horizons des 5 continents et de sa flore. Il a pour cela découpé en zones bien délimitées les 9 hectares qui le composent. Sur l’avenida Santa Fe, L’Asie et l’Afrique ; le long de l’avenida Las Heras, l’Argentine et l’Océanie ; vers la calle Republica Arabe Siria, l’Europe et l’Amérique du nord. De plus il a mêlé avec soin les compositions et le dessin des allées en jardin à la française du coté de l’entrée principale sur l’Avenida Santa Fe, et en jardin à l’anglaise sur le reste du parc. En 1996, le jardin a été déclaré monument historique national.

Les gingko bilboa proviennent d’Asie, les acacias et eucalyptus d’Océanie, les chênes, noisetiers et ormes d’Europe, tandis que l’on peut observer des fougères, palmiers, et autres dattiers venus d’Afrique. Une serre gigantesque du style « art nouveau » a aussi été rapportée de France en 1890 et abrite des espèces tropicales et subtropicales. Outre la flore, les monuments, sculptures ornant le parc valent aussi le détour. Parmi les plus connus, on peut citer « les premiers froids » du catalan Miguel Blay y Fábreguas : sculpture en marbre représentant un vieil homme et une jeune fille et symbolisant ainsi les étapes de la vie. Le jardin comprend aussi des sculptures autour d´un cercle représentant les mouvements de la symphonie de Beethoven « La Pastorale ». Celle qui symbolise le second mouvement s´intitule « escena por la orilla de una corriente », la quatrième « la tempête » et la cinquième « la cancion de los Pastores ». Toutes les trois ont été inaugurées en 1962 et ont été réalisées par le sculpteur italien Leonor Tomassi. Quant aux autres, elles sont l´oeuvre de Juan de Pari et furent inaugurées bien plus tôt le 5 octobre 1938, l´ensemble est connu comme « el despertar de la naturaleza ». Passage également obligé devant l´arbre sacré le gino vilo boa qui a plus de 2500 ans, et qui fut ramené de Chine : cet arbre était utilisé par les empereurs pour méditer.
Plus récent, un jardin des sens a été ouvert en 2006 où l´on trouve des espèces aux senteurs particulières.

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nullLes chats du Botanico :

Vous pourrez aussi être surpris par les habitants permanents du jardin : les chats. Ils sont une centaine actuellement et avaient même été plus de 500 en 2004. Cela menaçait alors la bonne marche du jardin botanique et le directeur de l´époque Carlos Consentino avait alors choisi d´intégrer un programme d´adoption des chats pour permettre la diminution du nombre de ces animaux au sein du parc.

Photo : Des chats de toutes sortes au Botanico de Buenos Aires.

  

Les serres et constructions dans le jardin :

Il existe aussi trois autres constructions importantes dans l’enceinte du jardin, l’Ecole Municipale de Jardinerie (Escuela Municipal de Jardineria) datant de 1914 et ouverte sous l’impulsion de Benito Carrasco sur avenida Las Heras,  cette école de jardinerie dépend aujourd’hui de la faculté d’Agronomie de Buenos Aires, elle abrite de plus une bibliothèque botanique très fournie (700 livres et 10 000 publications) et un cabinet de photographies. le Musée Botanique (qui se visite) vers la calle Siria, et surtout le jardin d’hiver (ou serre centrale) en pur style « art nouveau » qui fut primé lors de l’exposition universelle de Paris en 1889. Cette serre fut démontée à Paris en 1890 et remontée sur place dans le parc l’année suivante.

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Photos : La serre ou Jardin d'hiver, à gauche vers 1900 (Photo), à droite de nos jours (Photo). Les deux photos sont prises du bâtiment central.

Fiche technique :

Adresse : Santa Fe 3951, Buenos Aires.
Téléphone : 4831-4527.

Site web officiel : Jardin Botanico de Buenos Aires.
Contacto:
buenosairesjardin@buenosaires.gov.ar

Horaires d'ouverture du jardin : Tous les jours de 08h à 18h.
Horaires des visites guidées : Samedi,Dimanche et jours fériés de 10h30à 15h30.
Horaires de visites guidées nocturnes : le dernier vendredi de chaque mois à 21h (penser à s´nscrire).
Prix : gratuit

Liens externes :
Les chats du Botanico. (En espagnol).
- Recensement des chats du Jardin Botanique. La Nacion 11 aout 2006.
- Restauration de la Casona du Jardin Botanique. La Nacion 12 mars 2007.
- Le directeur du Botanico viré ! Clarin 27 juin 2008.
- Le directeur du Botanico viré ! La Nacion 27 juin 2008.
- 110ème anniversaire du Jardin Botanique de Buenos Aires. Clarin 08 septembre 2008.

 D'autres articles en relation dans le Petit Hergé :

- Le Rosedal de Buenos Aires : Le maire de Buenos Aires Joaquín Samuel Anchorena était avocat mais a toujours été un homme passionné par la botanique jusqu’à devenir enseignant à l’Instituto Superior de Agronomía y Veterinaria dès 1904. En 1908, il y fait d’ailleurs la connaissance de Benito J. Carrasco qu’il fera ensuite travailler sur le projet du Rosedal. C’est donc le maire qui en 1910 lorsqu’il occupe son nouveau poste demande la création une roseraie. Il se tourne tout naturellement vers Charles Thays qui depuis 1891 est le "Director de Parques y Paseos de Buenos Aires ». La réputation du français n’est plus à faire, depuis plus de 10 ans, c’est lui qui a à Buenos Aires mais aussi dans les plus grandes villes du pays dessiné la majorité de tous les espaces verts. 80 jardins et parcs uniquement dans la ville de Buenos Aires !

- Charles Thays (Carlos Thays), paysagiste de Buenos Aires : Si il y a un bien un français qui représente presque à lui seul l’apport de style français dans le panorama de la ville de Buenos Aires en ce début du XXème siècle, c’est bien de notre compatriote Charles Thays dont il s’agit. Haussmann aura changé la physionomie de Paris, Charles Thays (ou Carlos Thays en espagnol) est celui qui aura donné à Buenos Aires sa personnalité. Une chose est sûre, l’urbaniste et le paysagiste du Rio de la Plata aura en quelques décennies changer la physionomie des grandes villes argentines comme celles de l’Uruguay et transformé Buenos Aires en petit Paris d’Amérique du Sud.

- Le zoo de Buenos Aires : Sur l’actuelle avenida Las Heras (anciennement camino de Chavango) on peut encore voir l’unique portail d’accès au Parc 3 de Febrero. Toutes les autres furent démolies en 1917. Ce portail sert aujourd’hui de porte d’entrée au parc zoologique. Dans les années 1860, on avait pensé créer un zoo à Buenos Aires. D’ailleurs toute ville dite « moderne » devait s’en doter. Vienne et Paris en disposaient depuis la révolution française, mais l’ouverture de celui de New York en 1864, précipita la décision de créer celui de Buenos Aires. Le Parque 3 de Febrero alors situé aux limites de la ville fut choisi pour y recevoir le nouveau parc zoologique.

- Les Alentours de la ville de Tucuman : Pour ceux qui disposent d’une voiture ou tout simplement qui ont un peu plus de temps et qui peuvent se servir des lignes de bus urbain, voilà quelques idées de visites et d’excursions en dehors du centre ville. Un bon nombre de balades dans les quartiers périphériques ou dans les alentours dans un rayon de 30 Km.

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Published by Le Petit Hergé - dans 02 - Tourisme
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Studiolum 20/08/2009 22:25

An excellent collection. Merci beaucoup pour l'inclusion des chats!

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