2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 00:53

Mise à jour : 01 juin 2016. Catégorie Buenos Aires.

Pasaje Roverano

 

Le passage Roverano fut sans nul doute le passage le plus ancien de la ville de Buenos Aires. Quand je parle de passage je fais allusion à la vague de la mode des passages parisiens couverts (galeries couvertes comme on disait alors) qui furent très appréciés des parisiens et parisiennes dès 1799 (Passage du Caire ou celui des Panoramas). Ce n’est que quelques décennies plus tard que la mode arriva dans le Rio de la Plata. On devrait parler non pas du passage Roverano, mais des passages Roverano, car il y en eut plusieurs.

Au dessus du passage, deux dates, celle de 1878 qui correspond a la construction du premiere galerie et celle de 1918 date d'inauguration de la troisiéme galerie. 

Comme toujours si vous voulez avoir des renseignements sur cet immeuble, ou si vous voulez que je vous en fasse la visite personnellement, contactez-moi sur : petitherge@hotmail.com

Revenons un peu dans le passé…

  

Photos : Les façades actuelles, de gauche à droite, la facade sur Avenida de Mayo, l'entrée de la galerie est entourée par deux boutiques (Un locutorio et un coiffeur) donnant aussi sur l'avenue. Au centre zoom sur les derniers étages de l'immeuble. A droite, la façade donnant sur la calle Hipolito Yrigoyen où on voit toute la structure métallique du bâtiment. 

Le premier bâtiment :

 

En 1878, les frères Ángel et Pascual Roverano ouvre sur la calle Victoria 557 (actuelle calle Hipolito Yrigoyen) une construction comprenant un Rez-de-chaussée et un étage. Sur rue s’ouvrait une galerie marchande qui était presque exclusivement occupés par des bureaux d’avocats. Le terrain des Roverano était accolé à celui du Cabildo et il ne faut pas oublier qu’à l’époque le Cabildo (toujours entier) recevait les services de Justice, tribunaux et prison. Ce qui explique le mouvement incessant du personnel et employés de justice qu’avait cette portion de la calle Victoria. Au fond de la parcelle et à l’étage, les bureaux laissaient place à des locations de « meublés » à l’année et servaient donc de domiciles aussi à certains employés.

En 1888, les travaux du percement de la nouvelle Avenida de Mayo commencent sur la première cuadra des 500, celle du terrain des frères Roverano. Ceux ci cèdent gratuitement à la ville les 135 m2 du fond de leur parcelle qui sert à la création de la nouvelle voie, et demandent uniquement en compensation une somme représentant plusieurs mois de loyer à tous les locataires touchés par la démolition. Ce geste vaudra aux frères Roverano une distinction de la Ville en 1894.

Je n'ai trouvé encore aucune photo de cette première galerie ni de sa façade. 

Photo : La toute premiere cuadra de l'avenida de Mayo. C'est aussi certainement la toute première photo de la Avenida de Mayo (en 1890) qui ne compte alors qu'une seule Cadra (celle des 500) entre la Plaza de Mayo (derriere nous) et la calle Perú (on voit encore au fond les petits édifices encore debout et pas encore démolis.

Sur le trottoir de gauche, le deuxième bâtiment du Passage Roverano (au numero 560) tout fraichement terminé. En face le numero 591 celui de la famille Ortiz Basulado en construction. Ce sont les deux premiers immeubles de la avenida de Mayo (aujourd'hui ces deux n'existent plus).

 

Le deuxième bâtiment :

 

Sur la calle Victoria, l’ancien bâtiment demeure, mais sur la Avenida de Mayo, un nouveau bâtiment et une nouvelle façade se monte l’année suivante (1889) comprenant trois étages et un quatrième mansardé. (Voir photo au dessus). La Galerie peut donc pour la première fois relier la calle Victoria à l’avenue de Mai. Il s’agit du tout premier bâtiment monté sur l’Avenida de Mayo. (Le second étant en 1890, sur le trottoir d’en face, un immeuble de rapport appartenant à la famille Ortiz Basualdo).

Photo : Voila donc sur une photo de 1892, le batiment (560) du Passage Roverano. Possedant 4 étages. On peut voir le 3eme et le 4éme mansardé. Sur le (A) les terrains démolis pour permettre la construction du batiment du 602 de l'avenida de mayo qui se montera en 1894.

Photo : Une des meilleures photos du second bâtiment du Passage Roverano (N 560), la photo date de vraisemblablement de 1896. La façade du Roverano est composée d’un premier étage avec un balcon linéaire au milieu duquel se dégage une énorme niche englobant le deuxième étage. Au troisième étage, un autre balcon décorant toute la largeur de la façade.  Le 4eme étage est mansardé.

A gauche du 560, l’ancienne façade du Cabildo donnant sur l’avenida de Mayo. Cette façade fut en 1940 détruite. A droite l’emplacement du terrain du 570 vide comprenant seulement une énorme affiche publicitaire, l’édifice actuellement encore en place fut construit vers 1898.  Au 580, les grands magasins « A la Ciudad de Londres » construit en 1894 et qui fut ravagé par un incendie en 1910. 

Axonométrie : Etat Actuel. L'écorché du Passage Roverano (Edifice actuel) dans le bâtiment du 560 de Avenida de Mayo. Par rapport à la photo de 1890 au dessus, aucun des 3 lotissements (560,570 et 580) ne sont occupés par les mêmes bâtiments aujourd'hui. 

Le troisième bâtiment : L'édifice actuel.

 

Cette fois ci en 1912, tout l’ensemble est démoli (y compris l’ancien bâtiment donnant sur la calle Victoria) pour monter un édifice bien plus haut de 8 étages. Le chantier est mené pendant 6 ans par l’architecte Esteban Fermin Sanguinetti sur les plans du français Eugene Gantner, qui termine le nouvel édifice en 1918.

La galerie comporte 12 boutiques, et en son centre 4 kiosques et 2 balcons a partir desquels il est possible de voir les sous sols (2 au total) où sont aujourd’hui installés d’autre commerces essentiellement typographes, photocopies et imprimeries. Le second sous sol possède aussi un bar qui donne directement sur le quai de la Station « Peru » du métro de la ligne A. Cette connexion est unique dans le métro de Buenos Aires reliant directement un quai à un immeuble privé. Cette autorisation fut donnée en 1915, lors de l’achèvement du bâtiment. La station étant ouverte un peu avant en décembre 1913.

Le coiffeur et Barbier Romano est toujours à l’entrée de la Galerie coté avenida de Mayo et aux mains du seul propriétaire Mario Sariche, depuis 1975, mais ce local de barbier existe depuis 1960 du nom du premier propriétaire. Depuis quelques années, une affichette est fièrement exhibée pour annoncer à tous passants qu’ici Jorge Bergoglio, le futur Pape Francisco, se fit rafraichir pendant des années.  Au fond de la galerie, défiant le temps du coté de la calle Yrigoyen, la boutique d’Optique « Optica Galilei, ne semble pas voir non plus passer les années, dans son jus depuis certainement plus d’un demi siècle. En face un local qui a toujours été occupé par des bars et restos, et qui, au fil des modes alterne entre bars d’employés, et cuisines un peu plus raffinée. Depuis 2014, un bar « Old Times » avec enseigne « Fernet Branca » un bon endroit pour prendre un rafraichissement ou un café. Le patron est l’ancien de celui du Bar Brighton. Par contre pour déjeuner (ou diner) choisissez plutôt collé à ce local, au 575 de la calle Yrigoyen, le Restaurante El Caserio. Bien meilleur sans casser votre tirelire.  Autre local figé dans le temps, le kiosque au milieu de la galerie du serrurier Ramilo. En effet depuis 1978, Antonio Aranda et René Maniac se partagent les horaires de ce minuscule kiosque.

Pour la petite Histoire sachez de Saint-Exupéry passait assez souvent dans l’immeuble pour aller chercher le courrier au deuxième étage ou était installé les bureaux de la Aeroposta Argentina S.A.

  

Photos : Intérieur du passage. Photo du haut, facade en 1919 

  

Photos : Les 5 photos datent de septembre 2011.

Intérieurs du passage et façade sur la calle Hipolito Yrigoyen.

Les conseils du Petit Hergé :

 

L’entrée de la galerie est libre en semaine, mais fermée le dimanche. Donc comme pour l’ensemble de la zone située autour de la Plaza de Mayo, je recommande toujours d’aller la visiter en semaine et non le weekend.

Faites un tour dans la galerie, descendez en sous sol pour voir la connexion avec le métro. Un café dans le boui boui du sous sol tremblant à chaque passage de rame de métro, un verre un peu plus raffiné au Old Times, et un déjeuner al Caserio tout proche.

Si vous voulez prenez l’ascenseur jusqu’au dernier étage et ensuite à demi étage par l’escalier vous avez des fenêtres qui donne sur la Plaza de Mayo, une bonne manière d’avoir des clichés de la place avec le Cabildo au premier plan que personne ne fait habituellement !

Comme toujours si vous voulez avoir des renseignements sur cet immeuble, ou si vous voulez que je vous en fasse la visite personnellement, contactez-moi sur : petitherge@hotmail.com

  

Photos : Peluquero Romano. Photo : Fevrier 2013. 

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