4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 21:18

Mise à jour : 15 mars 2014 - 03 Avril 2012 - 05 juin 2011.

Gualeguaychu (Entre Rios) :

Troisième ville de la province (après Paraná et Concordia), Gualeguaychu est avant tout connue pour son célèbre carnaval qui a lieu tous les ans entre janvier et février. Il est sans aucun doute le plus grand et le plus célèbre des carnavals d’Argentine. Certains argentins vous diront même qu’il n’a rien à envier à celui de Rio de Janeiro ! En tout cas, il est certainement dans la région le plus important avec celui de Montevideo. Pour ce premier article concernant cette ville, un peu d'histoire pour se mettre dans l'ambiance de ce que fut cette ville au tout debut de sa fondation au XVIIIème siècle mais aussi lors de l'arrivée massif d'émigrés européens à la fin du XIXème siècle.  

La ville de Gualeguaychú : 81.000 habitants en 2010. (76.000 hab. en 2001).

Departamento de Gualeguaychú : 109.000 hab.

Provincia de Entre Rios.

Positionnement : 33°00′S, 58°31′O.

Altitude : La Plaza San Martin est à 14 m d'altitude. 

Distance : Buenos Aires à 240 Km.

Photo : A partir du Paseo del Puerto en regardant la Isla libertad.

Autres articles sur Gualeguaychu :

 

Pour compléter votre connaissance sur la ville de Gualeguaychu, cet article est suivi de quatre autres articles qui sont :

   

  A visiter dans le centre.     A visiter dans les alentours.    L'immigration européenne.        L'affaire Botnia     

Histoire coloniale :

 

La ville fut créée le 18 octobre 1783 par Tómas de Rocamora, et fut nommée San José de Gualeguaychú (ou Villa San Josef de Gualeguaychú). Son nom bien particulier proviendrait des guaranis alors installés dans la région au XVIIème siècle et qui avait nommé cet endroit pour désigner les « eaux tranquilles ». Quelques voyageurs en 1662 avaient déjà repérer les lieux et les indiens (en plus des guaranis, il y avait des chanás et des charruás, mais il faut attendre 1753 pour que les premiers colons s’installent et montent des estancias dans les parages. En 1777 on monte un fort pour justement les protéger contre les attaques répétés des portugais et en 1780 une première église est construite autour de laquelle s’agglutinent quelques constructions. C’est donc trois ans plus tard que l’on confie à Tómas de Rocamora (sergent major de son rang) qui provenait du vice royaume de Grenade (aujourd’hui Nicaragua) de fonder la ville, de tracer rues, délimiter les « solares » (parcelles) et de les distribuer aux colons, ainsi que de former le premier « Cabildo » de la ville (administration  municipale). Cet ordre militaire de fondation de la ville a pour rôle de contrecarrer toutes velléités de la part des portugais de vouloir s’installer su la rive occidentale du Rio Uruguay.

Photo : Premier plan connu de Gualeguaychú. La Plaza Mayor changea en Plaza de la Independencia puis en 1936 en Plaza San Martin.

 

60 ans de guerre à Gualeguaychu :

 

Après la « Révolution de Mai 1810 », le village se range du coté des indépendantistes (en Argentine on les nomme les « patriotes ») mais quelques mois plus tard en novembre de la même année, les pro-espagnols (nommés en Argentine, les « royalistes ») restant fidèles à la couronne espagnole reprennent le contrôle de la ville. Pendant 4 ans c’est une succession de luttes, de renversements entre les deux camps qui met à feu et à sang la région, jusqu’à la victoire des indépendantistes en 1814. Puis viennent les guerres civiles entre fédéralistes et unionistes qui culminent pendant al période 1817-1819, le tout avec quelques attaques de Portugais et ensuite de Brésiliens (indépendants en 1822) qui sont venus envahir la province orientale (aujourd’hui Uruguay) et qui en ont profité pour passer de ci de là sur la rive occidentale du Rio. Puis la vie dans Gualeguaychu redevient paisible jusqu’en 1839 où le General Juan Lavalle envahit Entre Rios (il venait d’Uruguay) pour attaquer Buenos Aires. (Pour la petite histoire, sa lutte se termina deux ans plus tard à Salta ou il fut blessé à mort par les fédéralistes, il aura passé les deux dernières années de sa vie à guerroyer). La ville de Gualeguaychú fut toujours par son emplacement géographique le théâtre de batailles, de luttes et de rencontres, un des passages les plus faciles au début du XIXème siècle pour passer le Rio Uruguay. La route la plus directe entre Buenos Aires, la bande Orientale (Uruguay) et l’empire du Brésil.

En 1851, le gouverneur de la province de Entre Rios, Justo José de Urquiza, s’allie avec l’Uruguay et l’Empire Brésilien lors d’un accord signé sur l’ile de Libertad (se trouvant juste en face de Gualeguaychú sur le Rio Uruguay) contre les troupes de Rosas (donc contre Buenos Aires), en 1852, les troupes de Buenos Aires envahissent la ville un court moment avant de devoir se replier sur la capitale. (Urquiza arrivera lors de la bataille de Caseros le 03 février 1852, à battre définitivement les troupes de Rosas et à entrer triomphalement à Buenos Aires accompagné par les troupes … brésiliennes, on ne lui pardonnera jamais). En 1870, Le Général Urquiza fut assassiné non loin de Gualeguaychú dans son palais (Palacio San Jose), et débute de nouveau une époque de violence entre les troupes jordanistas (de Ricardo Lopez Jordan, que l’on soupçonne d’avoir fait assassiner Urquiza) et les troupes envoyées de Buenos Aires par Sarmiento qui dans un premiers temps s’installèrent à Gualeguaychú. 3 années de guerres dans les provinces d’Entre Rios et de Corrientes, qui terminèrent par la défaite de Jordan devant passer en Uruguay pour s’y refugier. La paix revint définitivement sur la ville en 1873.

Photo : En haut, gravure de Gualeguaychu de 1848. En bas, surement la plus ancienne photo de Gualeguaychú de 1868. 

 

Garibaldi, corsaire et pilleur :

 

Il est connu en Europe pour avoir dès 1848 combattu pour la réunification de l’Italie, mais ses premières années dans le Rio de la Plata où il passa 14 ans à participer aux guerres platenses sont bien moins populaires. En 1834, il s’enfuit de Marseille pour se refugier dans un premier temps au Brésil, il devient pour des raisons purement lucratives, corsaire (si, si) pour le compte de l’Etat du Rio Grande do Soul qui voulait se séparer du Brésil. Par malchance, les choses n’allant pas dans le sens désiré,  il doit venir se refugier de la marine brésilienne dans le Rio Paraná, et mettre même pied à terre dans la ville de Gualeguay (A 130 Km. de Gualeguaychú). Il est arrêté, puis libéré et enfin reprend les armes contre le Brésil. Quand l’Etat du Rio Grande do Soul est de nouveau occupé par les troupes brésiliennes, il gagna Montevideo en 1841 pour y résider. Il arrive à Montevideo en pleine « Guerra Grande », il donne quelques cours de mathématiques, mais une fois de plus l’odeur de la poudre est plus forte et se met en 1842 aux ordres du gouvernement de facto de Rivera à Montevideo. Rivera est en conflit contre le gouvernement constitutionnel de Manuel Oribe (alors en exil en Argentine). Nous sommes donc en pleine guerre civile. Oribe reçoit l’aide et le soutient de Buenos Aires et des federalistes. A Montevideo, Rivera a le soutien du Brésil, de la France, de l’Angleterre et des unitaires argentins. La France avec sa marine essaye plusieurs fois de bloquer le port de Buenos Aires. Garibaldi reçoit le commandement de la flotte de Montevideo, mais par deux fois affronte et sonne la retraite face aux vaisseaux de l’Amiral Brown (Confédération de Buenos Aires). Ne s’avouant jamais battu, il met en place ensuite une brigade de mercenaires comptant des compatriotes italiens installés à Montevideo qu’il appelle la Liga Italiana (La légion italienne). En Avril 1845 avec l’aide de la marine anglaise et française il débarque à Colonia qu’il met à sac, puis débarque sur l’Ile Martin Garcia et enfin remonte le rio Uruguay pour débarquer à Gualeguaychu. Cette dernière connaît le même sort que Colonia. La mise à sac dure deux jours, les magasins sont pillés et les familles les plus riches dépouillées. En octobre c’est au tour de la ville de Salto (aujourd’hui en Uruguay). En février 1846, c’est justement près de cette ville qu’il affronte l’armée de la Confédération qui met définitivement un terme à ses aventures platenses. Il retournera en Italie en 1848.

Photo : La Casa Aedo a servit de quartier générale à Garibaldi lors de son passage à Gualeguaychú. La maison fut cronstruite entre 1801 et 1802.

Lire la suite sur :

 - A visiter dans le centre de Gualeguaychu.

 - A visiter dans les alentours de Gualeguaychu.

 - L'immigration européenne à Gualeguaychu.

 - L'affaire Botnia.

A lire dans le Petit Hergé :

       

 

 

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Published by Le Petit Hergé - dans 02 - Tourisme
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commentaires

Paddy 08/06/2011 09:36



A Stéphane :


il semblerait que la ville de Gualeguay ait le même fondateur que Gualeguaychú. Ceci peut expliquer cela. (Au cours d'une tournée d'inspection, envoyé par le Virrey Vértiz, Tomás de Rocamora a
restructuré, comme l'explique Hergé, des villages installés de façon anarchique par les premiers colons. A cette époque - 1783 - ont donc été "fondées" trois villes : Gualeguay, Gualeguaychú et
Concepción del Uruguay)



stephane 08/06/2011 00:28



RJ, encore bravo pour ton blog, qui est tellement interessant (domage que les anglophones ne puissent pas en profiter aussi.


J'ai remarque qu'il y a une autre ville dans la province de "Entre Rios" appele Gualeguay. Est-ce que cette ville a un lien avec Gualeguaychu, pour avoir un nom aussi proche ?


Merci, Stephane / Sydney



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