5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 14:43
Mise à jour : 25 mars 2009.

Perón en 1943 (en bottes)Juan Domingo Perón
 

Bien que sa politique tout comme l’homme peuvent être considérés par certains comme contestables, il faut assurément admettre que cet homme militaire et politique aura marqué de son empreinte l’Argentine du XXème siècle.

Il a dirigé d’une main de fer le pays entre 1943 et 1956, avec un retour au pouvoir à la fin de sa vie entre 1973 et 1974. Après la première partie retraçant ses premières années (voir : Juan Domingo Perón : 1895 -1943), voilà le deuxième volet de sa vie entre 1943 et 1945.


Peron et Farrel en 1943Coup d'Etat du 04 juin 1943 :
 
Le 04 juin 1943, l’armée sous influence du G.O.U. marche à partir du « Campo de Marzo » situé en banlieue vers la Plaza de Mayo, et renverse le gouvernement de Castillo. On appellera cette journée la « Revolución del 43 ». Le
Général Arturo Rawson puis le Général Pedro Pablo Ramírez assume le pouvoir. Perón est alors nommé secrétaire privé du ministre de l’armée, et enfin vice président et secrétaire de la guerre en février 1944. Entre les années 1943 et 1944, l’accroissement du pouvoir et de l’influence au sein de ce gouvernement militaire est du à l’alliance faite avec certains syndicats. Tout d’abord avec la CGT, Perón établis toute une série de lois ouvrières réclamées depuis fort longtemps par les syndicats. Peron alors secretaire du travailIl arrive par décrets à imposer ces lois sociales et se met de ce fait « à dos » toutes les forces conservatrices et radicales qui avaient soutenu tout de même la « Revolución del 43 », plus toute la bourgeoisie, les industriels, les estancieros et les commerçants horrifiés par toutes ses lois favorisant l’employé et l’ouvrier. Il transforme le Département du Travail en Secrétariat du Travail en novembre 1943 qu’il prend en charge. En 1944, il arrive même à se rallier les syndicats à idéologie anarchiste et marxiste. Tous les syndicats du pays se regroupent autour du Secrétariat du Travail, et Perón peut enfin compter sur l’entière fidélité du monde ouvrier. Les quelques courants syndicalistes qui voudront en septembre 1945 se séparer de la CGT seront isolés par Perón et disparaîtront en moins d'un an. 


Pour Farrell, Peron devient génant !Les journées d'Octobre 1945 :

Toutes l’année 1945 fut le théâtre de nombreux affrontements entre les deux mouvements alors que l’armée divisée n’intervenait que très peu. Le
général Edelmiro Farrell, président du gouvernement, sous la pression de l’armée et du Général Ábalos, demande à Perón sa démission le 09 octobre 1945. Pour plus de sécurité, le nouveau groupe militaire demanda aussi son arrestation le 13 octobre et sa mise aux arrêts sur l’île de Martin Garcia se trouvant dans le Rio de la Plata. Les syndicalistes pensant qu’avec la disparition de Perón tous les bénéfices sociaux allaient être annulés, se mobilisèrent et le 17 octobre 1945, une foule énorme envahit la Plaza de Mayo et le quartier pour réclamer le retour de Perón. L’indécision du gouvernement précipite sa chute, en fin de journée Perón apparaît au balcon de la Casa Rosada pour annoncer au peuple la création d’un nouveau gouvernement provisoire et sa candidature pour des élections en février 1946.
En l’espace de 2 ans et demi, entre juin 43 et octobre 45, Perón sera sorti de l’ombre et réussira à s’imposer pour les dix prochaines années à la tête du pays.
Marche de la Constitution contre Peron le 19 septembre 1945

Au sein même de l’armée, l’union entre Perón et le syndicalisme populaire est très mal perçu. Une très forte majorité de l’encadrement militaire de haut rang ne cache plus son hostilité à la nouvelle politique sociale.  La seconde guerre mondiale est terminée et les Etats-Unis voient d’un très mauvais œil l’ascension de Perón. L’ambassadeur des Etats-Unis de Buenos Aires, Spruille Braden, participe même aux luttes internes argentines en essayant de regrouper un front commun contre Perón. Il se comporta en véritable homme politique d’opposition en violation totale aux principes de non intervention dans les affaires internes d’un pays. Braden nommait Perón le « Hitler du futur » et publia en 1946 quelques semaines avant les élections le « livre bleu » dans lequel il publiait des documents des services secrets américains mettant en cause les liaisons entre Perón et l’Allemagne nazi. Dans le même temps, de nombreuses manifestations anti-péronistes avaient lieu presque toujours lancées par des mouvements étudiant au cri de «  A bas la dictature des espadrilles ». A cela répondaient les manifestants ouvriers péronistes « Les espadrilles OUI, les livres NON »

Eva Duarte avant sa rencontre avec Peron
Eva Duarte : La place d’Eva Duarte dans la politique de son futur mari est jusqu’en 1945 minime, ils se rencontrent la première fois au Luna Park de Buenos Aires le 22 janvier 1944 où se tient une soirée de gala en faveur des sinistrés du tremblement de terre de San Juan. Eva Duarte est présente car elle participe à des « Radio Théâtres» et depuis 1942 commence à avoir un statut de vedette. Dès le mois suivant, ils vivent ensemble et s’installent dans l’appartement que possède Eva Duarte sur la calle Posadas. Pendant les années 44 et 45, elle continue ses émissions à la radio et ne participe à aucune activité politique, si ce n’est que de se faire élire présidente du syndicat des travailleurs de la radio. La première fois qu’elle va intervenir politiquement serait en cette journée du 17 octobre 1945, d’ailleurs quelques jours auparavant le 13, c’est au domicile même d’Eva Duarte que Perón se fait arrêté pour être expulsé à Martin Garcia.

 

Le rôle de Eva Duarte pendant cette journée du 17 octobre est aujourd’hui discuté par les historiens. La version officielle lui donne un rôle historique et décisif pour avoir rallier toutes les organisations syndicales et leurs avoir demandé de se rendre Plaza de Mayo. En fait ce 17 octobre, Eva Duarte était dans son village natal de Junin, chez sa mère et serait rentrée précipitamment en écoutant les nouvelles en fin d’après midi sur Buenos Aires. Eva Duarte n’avait aucun poids politique, elle n’était que l’«artiste concubine» de Juan Perón dans un pays fortement catholique. Cinq jours plus tard, le 22 octobre, Eva Duarte devient officiellement María Eva Duarte de Perón, épouse légitime de Juan Domingo Perón. Une nouvelle page de l’histoire s’ouvre


Peron 2ème à gauche à Neuquen en 1930D'autres articles du Petit Hergé :

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Published by Le Petit Hergé - dans 6A - Histoire & Politique
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commentaires

guille 28/11/2008 16:01

sur peron, entre 43 et 45, j'aimerai bien que vous me citiez tous les syndicats marxistes et anarchistes ayant rallié le secrétariat au travail...
Le minimum est de tempérer de telles affirmations car il n'y a JAMAIS eu de péronisation totale et immédiate ni de la CGT, ni des syndicats autonomes (40% des syndicats à l'époque)  et encore moins des organisations anarchistes. Attention à la propagande péroniste qui, même si elle peut paraître sympathique par certains aspects, reste encore et toujours de la propagande, même si elle se pare de l'aube de l'historiographie.

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