11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 22:28

Mise à jour : 11 septembre 2008.

Sculpture des lunettes cassées d'Allende trouvées le 11 septembre 1973 La date du 11 septembre n'est pas forcement synonyme du Word Trade Center. Ce matin dans les médias argentin, cette même date évoque plutôt la fin de Salvador Allende au Chili.

Les elections de 1970

Il se présente en 1970 aux élections presidentielles du Chili à la tête de la "Unidad Popular", alliance des principaux blocs politiques de gauche socialistes et communistes. Malgrèhent tous les sondages qui donnent gagnant le candidat de droite Jorge Alessandri Rodríguez, le 04 septembre 1970, Salvador Allende arrive en tête avec 36,6% des voix. Les élections sont alors à un seul tour et il est d'usage que le parlement se prononce alors pour élire le candidat arrivé en tête. L'assemblée nationale se réunit le 24 octobre 1970 pour voter et déclarer président de la Nation Salvador Allende pour la période novembre 1970 - novembre 1976.

Son gouvernement est formé comme il se doit par différents hommes politiques des mouvements qui l'ont porté au pouvoir. (PC, PS, Parti Radical, Parti Social Démocrate, et Action Populaire Indépendant).
Il met en place une action gouvernementale de gauche avec des axes de réformes importantes dans l'économie, comme la nationalisation des grosses entreprises du pays y compris les mines de cuivre, la réforme de la politique agraire, une main mise sur la liberté des prix et des tarifs, ainsi qu'une forte augmentation des salaires les plus bas.

1970, Allende vient de gagner les electionsUne politique économique catastrophique :

Il est certain que ce virement économique "inquiète"  au plus haut point le milieu chilien des affaires ainsi que les intérêts étrangers investis dans le pays. De plus le gouvernement nord américain dirigé alors par Nixon, qui a soutenu financièrement la campagne de Jorge Alessandri Rodriguez est pour le moins "méfiant" vis à vis d'Allende affichant ses sympathies pour Fidel Castro et ses idéaux.

Apres les premiers mois euphoriques de son gouvernement : augmentation de la consommation, approbation de la majorités des chiliens quant à son action politique, et même augmentation du PIB de 8% entre fin 70 et le milieu de 71; le déficit de la Nation aidant, les économistes eurent vite fait de reconnaître au deuxième semestre de 71, une décélération de l'économie et même le début d'une crise.

On peut même admettre que dès fin 1971, certains produits de premières nécessités sont difficiles à trouver et tout un système parallèle de marché noir se met en place. Allende maintient cependant sa vision économique, reçoit Fidel Castro en visite officielle durant 3 semaines, alors que dans les rues retentissent les premiers "cacerolazos" (casserolades) de ménagères mécontentes.

Bagarre quotidienne dans les queues devant les magasins Le début de l'anarchie :

Durant cette période les plus modérés des alliés d'Allende le quittent pour rejoindre l'opposition de droite, comme la Démocratie Chrétienne. Les années 1971 et 1972 furent violentes. D'une part, les partis de droite essayèrent dans un premier temps de mettre à mal (par les voies législatives) toutes les tentatives d'étatisation des entreprises privées programmée, et d'autre part en réaction, les mouvements d'extrême gauche (MIR) prirent la décision de mener des actions violentes et poursuivre la lutte sur le modèle du Che Guevara et de s'éloigner d'Allende.

A cela, le groupe d’extrême droite « Patrie et Liberté » opta pour des actions dures et terroristes contre à la fois les mouvement d’extrême gauche et contre le pouvoir en place. Les manifestations de rue en faveur ou contre le gouvernement se succédaient et la rue remplaçait progressivement l’Assemblée Nationale.

A partir de fin 1972, le pays était devenu difficilement gouvernable, et surtout l’économie s’enfonçait avec chaque jour de nouvelles difficultés. L’inflation passa de 225% en 1972 à 606% en 1973. Malgré les augmentations des salaires, avec une telle inflation, le salaire réel des chiliens recula de -11% en 1972 et de -38% en 1973.

En mars 1973, les élections législatives approchent et Allende essaye de mettre de l’eau dans son vin pour pouvoir de nouveau faire coalition avec la Démocratie Chrétienne mais il est déjà trop tard pour pouvoir récupérer à la fois une nouvelle crédibilité et mettre en place une nouvelle politique. La situation est alors devenue incontrôlable, tout le monde se doute que le pays est soit au bord d’une guerre civile ou d’un coup d’état. On comprend mieux alors comme il est facile à la CIA de convaincre (sans trop pousser) une partie de l’armée chilienne à se soulever pour mettre fin au gouvernement d’Allende. En ce mois de septembre 1973, la très grosse partie de la population chilienne n’approuve plus du tout ni la politique du gouvernement ni même l’homme Allende. Il faudra donc comprendre qu’en cette journée du 11 septembre 1973, lorsque l’armée sort dans la rue, elle ne rencontrera que très peu de résistance ci ce n’est qu’autour du Palais de la Moneda.

Comme on dit : On sait ce que l’on perd, mais on ne sait pas ce que l’on gagne !

Il est certain que si le peuple chilien avait pu se douter que cette « libération » d’une politique marxiste d’Allende allait aboutir sur 25 ans de totalitarisme d’extrême droite de Pinochet, il aurait en cette journée du 11 septembre 1973 empêché les tanks d’atteindre la Moneda.  

Le 11 septembre 1973 :

 

Depuis la veille le 10 septembre, des unités militaires se déplacent dans le pays.

Le 11 à 6h00 du matin la ville de Valparaiso est prise.


07h15 Allende arrive à la Moneda
 

A 7h15, Allende dans sa voiture se réfugie dans le palais de la Moneda

A 10h00, les forces militaires cernent le Palais.

A 10h15 Allende donne son dernier discours à la radio.


10h30 les militaires ouvrent le feu sur la Modeda

A 10h30, les militaires ouvrent le feu

Certains gardes du Palais se rendent aux militaires
Certains gardes du Palais se rendent aux militaires juste après la première attaque.

On donne jusqu'à 11h00 un ultimatum au président Allende pour qu’il se rende.

A 11h50 c’est l’attaque contre le Palais

A 14h30 Allende accepte de se rendre

Les militaires entrent alors dans le bâtiment et découvre le corps d’Allende (la thèse officielle est toujours celle du suicide)


On sort le corps d'Allende
Il est 16h, on sort le corp d'Allende de la Moneda.

A 18h00 les derniers combats cessent
à Santiago de Chile.

La journée du 11 septembre 1973 est terminée
Fin de la journée du 11 septembre 1973, début d'une nouvelle tragédie qui va durer 25 ans.

Santiago de Chile 1973Autres sujets dans le Petit Hergé :

- Le Dakar 2009 en Argentine.
- La crise du campo en Argentine à partir de mars 2008.
- L'explosion du Chaiten en mai 2008.
- Juan Domingo Peron.
- L'INDEC ou l'hyperinflation en Argentine en aout 2007.
- Elections présidentielles argentine en octobre 2007
 

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Published by Le Petit Hergé - dans 12 - Chili
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commentaires

ALAIN LENUD 15/09/2008 08:57

Pour terminer sur cet anniversaire du 11 septembre 1973 et pour montrer toute l'actualité du débat je citerais deux cas de figure:- Quand, par la voie démocratique, une vraie alternative économiques se mettent en place, l'éternel pouvoir économique mutinational met tout en oeuvre pour l'abattre. Le coup d'état n'étant plus de mode, on a inventé le séparatisme qui touche  l'Oriente bolivien, la côte équatorienne et peut-être bientôt une partie du vénézuela ou du Paraguay. L'Argentine serait un terrain parfait pour ces manoeuvres si un jour ????- Quand une dictature qui se dit communiste adopte le modéle économique dominant au mépris de sa population et de ses minorités, elle obtient le soutien tacite de la "communauté internationale". Tout le monde aura reconnue la Chine. C'est le pire que l'on peut souhaiter au Cuba d'aprés Fidel

A Lenud 15/09/2008 08:39

Je vois avec intérêt que cet anniversaire du 11 septembre 1973 susdite encore 35 ans après un débat de bon niveau sur le sens de la démocratie et le pouvoir de l'économie. Allende n'est donc pas mort en vain et je vous invite à lire avec attention l'émouvant discours testament qu'il prononça depuis La Moneda avant de mettre fin à ses jours.
L’HISTOIRE NOUS APPARTIENT, C’EST LE PEUPLE QUI LA FAIT        Je paierai de ma vie la défense des principes qui sont chers à cette patrie. La honte tombera sur ceux qui ont trahi leurs convictions, manqué à leur propre parole et se sont tournés vers la doctrine des forces armées. Le peuple doit être vigilant, il ne doit pas se laisser provoquer, ni massacrer mais il doit défendre ses acquis. Il doit défendre le droit de construire avec son propre travail une vie digne et meilleure. A propos de ceux qui ont soi-disant " autoproclamé " la démocratie, ils ont incité la révolte, et ont d'une façon insensée et louche mené le Chili dans le gouffre. Au nom des plus gros intérêts du peuple, au nom de la patrie, je vous appelle pour vous dire de garder l'espoir. L'histoire ne s'arrête pas  ni avec la répression, ni avec le crime. C'est une étape à franchir, un moment difficile. Il est possible qu'ils nous écrasent mais l'avenir appartiendra au peuple, aux travailleurs. L'humanité avance vers la conquête d'une vie meilleure.
  Compatriotes, il nous est possible de faire taire les radios, et je prendrai congé de vous. En ce moment sont en train de passer les avions, ils pourraient nous bombarder. Mais sachez que nous somme là pour montrer que dans ce pays, il y a des hommes qui remplissent leurs fonctions jusqu'au bout. Moi je le ferai mandater par le peuple et en tant que président conscient de la dignité de ce dont je suis chargé.
  C'est certainement la dernière opportunité que j'ai de vous parler. Les forces armées aériennes ont bombardé les antennes de radio. Mes paroles ne sont pas amères mais déçues. Elles sont la punition morale pour ceux qui ont trahi le serment qu'ils firent.
  Soldat du Chili, Commandant en chef, associé de l'Amiral Merino, et du général Mendosa, qui hier avait manifesté sa solidarité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd'hui s'est nommé Commandant Général des armées. Face à ces évènements, je peux dire aux travailleurs que je ne renoncerai pas. Dans cette étape historique, je paierai par ma vie ma loyauté au peuple. Je vous dis que j'ai la certitude que la graine que l'on à confié au peuple chilien ne pourra pas être détruit définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais n'éviteront pas les procès sociaux, ni avec le crime, ni avec la force. 
  L'Histoire est à nous, c'est le peuple qui la fait. Travailleurs de ma patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez reposé sur un homme qui a été le seul interprète du grand désir de justice, qui jure avoir pu respecté la constitution et la loi. En ce moment crucial, la dernière chose que je voudrais vous adresser est que j'espère que la leçon sera retenue.
  Le capital étranger, l'impérialisme, ont créé le climat qui a cassé les traditions : celles que montrent Scheider et qu'aurait réaffirmé le commandant Araya. C'est de chez lui, avec l'aide étrangère, que celui-ci espérera reconquérir le pouvoir afin de continuer à défendre ses propriétés et ses privilèges.
  Je voudrais m'adresser à la femme simple de notre terre, à la paysanne quia cru en nous ; à l'ouvrière qui a travaillé dur et à la mère qui a toujours bien soigné ses enfants. Je m'adresse aux personnels de l'état, à ceux qui depuis des jours travaillent contre le coup d'état, contre ceux qui ne défendent que les avantages d'une société capitaliste. 
  Je m'adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur esprit de lutte. Je m'adresse aux chiliens, ouvriers, paysans, intellectuels, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme est présent déjà depuis un moment. Les attentats terroristes faisant sauter des ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et gazoducs face au silence de ceux qui avaient l'obligation d'intervenir, l'Histoire les jugera.
  Ils vont sûrement faire taire radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe, vous continuerez à m'écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d'un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et se laisser humilier.
  Travailleurs : j'ai confiance au Chili et à son destin. D'autres hommes espèrent plutôt le moment gris et amer où la trahison s'imposerait. Allez de l'avant sachant que bientôt s'ouvriront de grandes avenues où passera l'homme libre pour construire une société meilleure.
  Vive le Chili, vive le peuple, vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j'ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu'au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison.
 
SALVADOR ALLENDE
11/09/73

Paddy 12/09/2008 21:24

Bonsoir Hergé (Oui, il est 21 h en France !)Comme Alain Lenud, je te remercie de rappeler que le 11 septembre est un "autre" anniversaire, forcément un peu oublié depuis le temps, mais toujours bien présent dans les mémoires de tous ceux qui aiment l'Amérique du sud. Comme lui, je suis un peu étonné cependant de la manière dont tu résumes, un peu rapidement et simplement à mon avis, les événements politiques et économiques qui se sont succédés pendant l'ère Allende. Il me semble que l'analyse est un peu plus complexe. Allende une fois élu, les Etats-Unis n'ont eu de cesse de saper les fondements de son régime. Et pour cela, ils n'ont pas lésiné sur les moyens. Ce sont eux qui ont installé la dictature de Pinochet. Le désastre qui s'en est suivi, et la réprobation de l'opinion mondiale ont ensuite pas mal contribué à édulcorer l'interventionnisme nord-américain au sud. Mais il ne faut pas se voiler la face et faire dans l'angélisme. On peut le voir en Bolivie, au Vénézuela, au Paraguay (déjà !), en Equateur. Dans ces pays, les possédants ne supportent pas les vélléités égalitaristes des nouveaux élus, qui en plus présentent pour certains la tare impardonnable d'être d'origine indienne (l'horreur !) Le cas Bolivien est exemplaire dans ce domaine. Les situations politiques se crispent, et la démocratie y est en grand danger. (L'opposition n'accepte pas le verdict des urnes, le pouvoir se durcit en retour.) Personnellement, je partage assez le point de vue développé par A. Lenud dans son dernier paragraphe, au sujet de la conception de la démocratie qu'ont certains "libéraux". Il pourrait y avoir d'autres 11 septembre... 1973 !

Le Petit Hergé 13/09/2008 00:16



Bonjour Paddy, content de te revoir (ou de te relire) en commentaire. Je pense que j’ai largement
répondu sur le commentaire d’Alain. Je rajoute cependant que je reconnais que mon article est rapide sur les deux années de gouvernement d’Allende. Si il fallait entrer dans les détails (un jour
le ferais je ?), ça nécessiterait bien plus d’articles et me voila déjà à parler d’autres pays que l’Argentine. Je ne te cache pas que j’ai très envie de parler des « pays
limitrophes » comme on les appelle ici ! Et ma plume me démange fortement sur les événements actuels de Bolivie.


Pour en revenir a Allende, mon sujet était sur le coup d’état de 1973, c’est pour cela que je me
suis senti obligé de parler un peu de la période 1970-1973 pour permettre à ceux qui ne connaissent pas trop cette époque de se plonger un peu dedans.


Pinochet sera sûrement le thème d’un autre article.


Je me suis toujours demandé pourquoi hormis les « engagés politiques de gauches » (et
il y en avait beaucoup) personne n’avait bronché ce 11 septembre pour sauver la démocratie. Alors bien sur, de ce fait je dois me découvrir et laisser de coté mon impartialité, pour me lancer
sous les jets de commentaires quand j’affirme mes convictions (peut être changeront elle), mais pour le moment : « Je pense que la politique économique d’Allende depuis 1970 na pas été
celle qui aurait du être mise en place ». Je ne suis donc pas un fidèle partisan ni de sa politique, ni de son idéologie. A bientot !



michek lerma 12/09/2008 19:05

Vous oubliez que le "chaos économique" a été organisé par la CIA et des multi-nationales (dont le Crédit Lyonnais en France)La grave crise a été créé pour retourner la population contre ses élus

Le Petit Hergé 12/09/2008 23:54



Bonjour, Ce que je peux rajouter en plus (par rapport à la réponse apportée à Alain) : oui, je sais très bien
que le chaos a été organisé aussi par la CIA (et pas seulement par elle), que le but de cette agence est justement de déstabiliser comme tout le
monde le sait. Que chaque pays important au monde a mis sur pied un service d’intelligence et d’action à l’étranger.


Mais justement c’est de …..bonne guerre.


 



charlotte 12/09/2008 18:45

Bonjour Hergé et un grand merci pour ta visite dans mon panier de crabes, j'ai également beaucoup aimé ton article et tous ses documents mais hélas je ne parle ni ne comprend l'espagnol, j'ai fait le relai pour ton blog icihttp://panier-de-crabes.over-blog.com/article-22747755.htmlBien à toi.

Alain LENUD 12/09/2008 09:05

Il est bien de rappeler que le 11 septembre marque un autre anniversaire bien oublié par les médias officiels. Un jour noir pour le Chili, pour la démocratie et plus généralement pour ceux qui pense que le monde peut être changé profondément et pacifiquement. Il y eu là aussi plusieurs milliers de morts et de disparus, mais aussi des dizaines de milliers de torturés, d'exilés et de familles brisées. Plus largement, il y a le souvenir de l'espoir assassiné.Par contre je me porte en faux sur l'idée répandue qui explique que l'Unité Populaire aurait creusée sa propre tombe en favorisant l'anarchie par l’application du programme économique sur lequel elle avait été élue. Dés l'élection d'Allende, l'administration Nixon s'était donnée pour objectif de mettre fin à l'expérience de l'UP qui pouvait faire tache d'huile sur le continent et même ailleurs plus rapidement que la révolution guevariste. Tous les moyens (financiers, politiques, diplomatiques et terroristes) furent utilisés pour déstabiliser le Chili et redonner le pouvoir aux oligarchies qui dirigeaient le pays depuis l'indépendance. Allende resta dans une légalité pointilleuse qui le priva des moyens pour lutter efficacement contre ces attaques. Ainsi le désordre économique s'installa bien relayé par les acteurs locaux financés par les USA. Néanmoins, le peuple chilien confirma son choix lors des élections législatives de mars 1973 (8 mois avant le coup d'état) en donnant 43.30% des voix à l'UP contre 36.60% à Salvador Allende en 1970.
Si l’on pense que la démocratie est le meilleur des systèmes (ou le pire à l’exception de tous les autres comme disait Churchill), il faut en accepter les règles et le fait qu’un changement profond peut venir des urnes. Si l’on pense que l’économie libérale est le meilleur des systèmes et que la démocratie est bonne tant qu’elle lui convient, il faut le dire clairement et s’accommoder des simulacres de démocratie qui un peu partout régente les peuples.Je pense que l’homme est bon par nature et que c’est le système qui le pervertie. Je veux espérer que ce système pourra être changé profondément, pacifiquement et démocratiquement. Je ne veux pas que Salvador Allende soit mort en vain.

Le Petit Hergé 12/09/2008 23:37



Bonjour Alain, merci tout d’abord d’apporter ton commentaire pour étoffer et pour placer ton propre point de
vue sur l’évènement. Il est toujours difficile de décrire une situation sans pour autant prendre parti pour l’un des camps et de savoir comment 30 ans avant on aurait du faire pour éviter une
crise. Pour cela, il aurait fallu vivre au quotidien la vie à Santiago avec une mentalité des années 70 et de plus avec une conception politique d’un citoyen moyen chilien.


Il est indéniable (en tout cas par moi) que l’arrivée de Pinochet n’a en rien aidé la démocratie, les libertés,
et le concept même de ce que doit être une république. Bref en un mot, je me sens très loin de l’idéologie Pinochet. La question que je me suis donc posée est de savoir si étant
« anti-Pinochet » je devais être pour autant « pro-Allende ». Or plus je me penche sur cette période de l’histoire plus je m’aperçois que je ne partage pas non plus ses
idéaux. Non par esprit de contestation tout azimut, mais parce que (peut être justement avec un recul de 30 ans), l’idée de vouloir toujours faire le contraire d’un gouvernement qu’on remplace me
parait un peu « facile » en pensant régler les problèmes. (je pense par exemple à la réforme agraire voulu par Allende).


Allende devait il pour gagner les élections devoir faire alliance avec tous les partis de gauche ? Oui,
sûrement, car sinon ils n’obtenait pas assez de voix. Le mode d’élection au Chili, permettant a un parti ou a un homme de gagner un vote en arrivant premier lors d’un seul tour est il le
bon ? NON, je ne pense pas, Allende est arrivé avec 36% des voix à devenir président. Le manque d’un second tour, mécontente forcément 64% (soit deux tiers des chiliens) sur le choix de ce
président dès le premier jour de son mandat.


On ne peut pas diriger sans contestation un pays avec 36% des voix, je ne m’en prends pas à Allende, mais au
système chilien de vote. Et même avec 43% des voix aux législatives, on ne peut pas légiférer. La crise aidant, comment Allende pouvait même terminer son mandat ?


Bien sur, Nixon et la CIA ont fait tout leur possible pour mettre des bâtons dans les roues de l’économie
chilienne, c’est un élément important à prendre en considération. Comment pouvaient ils accepter d’avoir un état prosoviétique sur le continent américain en pleine guerre froide ? Mais (et
c’est là, que nos points divergent peut être), je pense que le système économique d’Allende allait de toute façon droit au mur en entraînant une crise et de la contestation grandissante de la
part des chiliens « non politisés » (si on peut dire). Ce que la CIA a fait, c’est d’armer les groupuscules d’extrême droite (et on peut aussi imaginer ceux d’extrême gauches), pour
arriver le plus rapidement possible à un chaos, pour ensuite pousser l’armée à venir « remettre de l’ordre pour le bien de la patrie ».


Chacun en politique doit connaître les enjeux et choisir son « camps », de penser toujours qu’il y a
d’un coté les « blancs » et de l’autre les « noirs » est assez réducteurs. Tous sont « gris », car tous défendent leurs intérêts. La CIA défend les intérêts des
Etats-Unis, Castro défendait Allende, Allende défendait ses idées. Et au milieu de tout ça…….le chilien moyen qui commençait à en avoir marre de ne pas trouver à manger, de devoir se bagarrer
pour monter dans un bus pour aller travailler, …. Lui, ne se posait pas la question de savoir si tout ce qu’on lui infligeait était voulu ou non par la CIA, l’extrême gauche ou l’extrême droite.
Il n’en pouvait plus, tout simplement.


Alors oui, je me demande si ce 11 septembre 1973, en voyant passer les tanks dans la rue, j’aurai du
« moi, pauvre chilien » me réjouir de l’arrivée des militaires, ou descendre pour aller sauver la Moneda !


Je crois que la réponse justement était dans la rue….combien y a-t-il eu de chiliens qui sont descendus dans
les rues des principales villes du Chili ce jour là pour défendre la « démocratie » ? Très, très, très peu … justement parce que cette démocratie, ils n’y tenaient peut être
pas trop.


Oh, c’est sûr ! Quelques mois plus tard, ils s’en sont sûrement mordus les doigts de voir ce que valait
Pinochet et ce qu’il représentait, mais c’était trop tard !



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