12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 00:45

Mise à jour : 24 avril 2012 / 11 mars 2008.

 

nullFlorida, entre Córdoba et Corrientes :

La « peatonal Florida », c’est le triangle des Bermudes des "punguistas” (voleurs à la tire) et des “arrebatadores” (pickpockets). Florida c’est à la fois le principal axe de la zone bancaire de la City mais aussi du centre d’achat des touristes. Il y a en semaine à la fois énormément de monde et la rue offre une multitude de “distractions” (vendeurs ambulants, boutiques, vitrines, artistes ambulants, etc…) pour l’œil du passant, qui profite à "l’arrebatador".

 

Photo : Rien de mieux qu'un spectacle pour détourner l'attention  

 

Station Florida dans le microcentro9h00 du matin. C’est la mauvaise heure pour les employés de bureau, ceux par exemple qui se baladent avec leur notebooks sous le bras ou dans la sacoche. "Il y a une bande de types qui font les cent pas, bousculent l’employé et lui lance « tu as ton costume taché », le temps que celui-ci réagisse, son ordinateur aura disparu ! » explique un commerçant de Florida.

De midi à 17h. Tout angle de rue de Florida devient dangereux, au passage piéton de Viamonte à coté des entrées du shopping Galerías Pacífico, « pican en punta los arrebatos » (les pickpockets piquent). Il y a les «motochorros” (contraction de moto et de chorros = les motofilous) qui travaillent avec encore plus de vigueur les samedis et dimanches quand les rues du micro centre sont presque vides. Mais en général les “arrebatadores” sont à pied et vont à l’essentiel, c’est à dire : Sac à main, chaînes, bijoux et montres.

 

Florida et Avenida CordobaPour les « punguistas » les meilleures victimes sont les femmes, ils choisissent les angles des rues quand le feu est encore vert et que les piétons doivent attendre quelques secondes avant de traverser. En général il y a 2 ou 3 complices qui se mettent en “cortina” (en rideau) entre le voleur et la victime pour mieux le cacher de la vue des autres piétons. Le punguista a donc quelques secondes pour faire les poches ou le sac de sa victime qui ne se rend compte de rien. 
Les cibles les plus faciles : Les touristes qui ignorent totalement l’existence même de ces procédés, et qui portent à la vue de tous des sacs. C’est pour cela que les punguistas sont les plus nombreux sur Florida quand ils savent qu’une vague de touristes va déferler dans la rue piétonne avec l’arrivée de bateaux de croisière.
Les punguistas travaillent toujours en équipe et font même du travail “d’intelligence” en entrant dans le shopping de Galeria Pacifico et vont « marquer » leurs futures victimes. Ils peuvent donc suivre plusieurs minutes ou même une heure des touristes et vérifier en entrant avec eux dans des commerces si ils possèdent de l’argent et à quel endroit ils le rangent. Ils n’attaqueront qu’une fois à l’extérieur du shopping et parfois même plusieurs cuadras plus loin.

 

Diagonal Norte et FloridaDe 10h à 16h, Microcentro

C’est toujours le lieu des « arrebatadores » et des “opportunistes”. Pendant janvier, sur Reconquista et Paraguay, à 10h du matin, une femme range quelque chose dans son coffre de voiture et avait laissé les fenêtres ouvertes. Un jeune en moto est passé, a mis sa tête à l’intérieur de la voiture et est parti avec le sac sous le bras. Un fait encore plus curieux en février 2008, sur Reconquista du coté de avenida Cordoba, un touriste avec sa valise à roulette à la main attend sur le trottoir pour pouvoir traverser. A ce moment deux hommes passent et jettent en l’air une liasse de billets (faux bien sur !). Le touriste commence à ramasser les billets restés au sol, et lâche donc sa valise. Les deux hommes repassent et repartent tranquillement avec la valise !
Dans le micro centre, il y a une multitude de sièges sociaux d’entreprises nationales et étrangères, organisme gouvernementaux, banques et autres sociétés financières. Sur Bartolomé Mitre et 25 de Mayo dans le propre immeuble du  ministère de l’intérieur, par une fenêtre entrouverte, deux hommes se sont laissés glissés le long d’une corde avec l’équivalent de 700.000 USD en pièces d’or en janvier 2008. C’était un dimanche, et ils ont ainsi atterri sur le toit d’un kiosque à journaux et sont partis laissant la corde pendre le long de la façade.
D’ailleurs les plus “beaux” cambriolages de bureaux de la City ont toujours lieu le dimanche quand le centre est totalement vide. Sur Bartolomé Mitre 311, un homme “araña” (araignée, ce dit de ceux qui passent par les toits, les façades et les extérieurs pour cambrioler) a profité aussi de la nuit pour entrer dans différents bureaux en janvier 2008.

 

Contrôles des motoqueros par la police fédérale (PFA)Je prend 5 minutes  

Mais les faits qui abondent le plus dans la City sont les “salideras bancarias” (« sortie bancaire », se dit de celui qui se fait agressé alors qu’il vient de sortir d’une banque avec du liquide sur lui). Il y aussi les vols de motos et de bicyclettes de ceux qui travaillent comme messagers et coursiers.
5 minutes suffisent pour se faire voler une moto. Sur Bartolomé Mitre sur la cuadra des 300. "Ca te rompt le coeur de voir les jeunes coursiers pleurer quand ils s’aperçoivent qu’on vient de leur voler la moto ou le vélo » explique un commerçant de la zone.
Les voleurs de moto travaillent toujours à deux. Si le coursier se gare et entre dans une banque, il se fait « marqué ». Un part derrière lui pour le suivre et vérifier si il en a pour longtemps. Faire une queue par exemple pour remettre son pli. Pendant ce temps là l’autre s’occupe de la moto, et est averti de suite par le premier par talky walky si le coursier a terminé.

 

Pas de plaque sur les motos (volés), qui peuvent ensuite servir lors d'agression. Photo janvier 2008Mythe urbain ou réalité, les motoqueros (coursiers) du micro centre  raconte qu’il existe une camionnette blanche dans laquelle on place les motos volées dans la zone. "On les monte dans la camionnette et on les démonte aussitôt, on sait tous très bien où sont situés les ateliers, mais si tu y vas pour rechercher ta moto, tu n’y trouves que des pièces détachées ».

D’autres racontent aussi que les motos volées sont déposées dans des parkings en sous sols, pour ne pas se faire repérer par les systèmes de recherche par satellite. Ils les laissent quelques temps, puis vont les chercher 1 ou 2 jours plus tard, une précaution prise par les voleurs pour ne pas enlever une moto équipée d’un module de recherche par satellite qui pourrait amener la police à saisir plus qu’une simple moto mais à tomber sur tout leur stock. La principale zone de vols de motos est le quadrilatère compris entre les rues : Paraguay, Perón, Reconquista et Carlos Pellegrini.

Javier Giardino, coursier et âgé de 35 ans, a un triste record personnel : "J’ai déjà perdu 50.000 pesos. Ils m’ont déjà volé 3 motos, la dernière était une Honda. Il devait ce tour là apporter un pli judiciaire dans les bureaux d’une entreprise. « je laisse la moto à la porte, monte l’escalier jusqu’au premier étage pour ne pas attendre l’ascenseur, j’ai laissé l’enveloppe et je suis redescendu, je n’ai pas mis plus de 5 mn. Quand je suis revenu, la moto n’y était plus ». La cuadra la plus « volée » dans la rubrique Moto, est certainement la Calle Viamonte à la hauteur du 1500 (dans le quartier de Tribunales), juste en face du Consejo Profesional de Ciencias Económicas.

 

 

Déjà traité : Introduction à la délinquance à Buenos Aires en 2008.

Un peu de patience, la suite de larticle est en préparation.

Linsécurité à Belgrano.

Linsécurité à Caballito, Flores, Barracas et Balvanera.

 

 

 

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