7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 00:47

Mise à jour : 06 avril 2016. Catégorie : Buenos Aires.

Le palais des eaux (Quartier de Balvanera) : 

 

Enorme et imposant bâtiment dans le quartier de Balvanera juste à la limite avec celui de Recoleta. On ne peut pas s’empêcher de lever le nez en l’air quand on s’en approche en se demandant « mais qu’est ce ? ». Franchement on a du mal à trouver seul son utilité, mais lorsqu’on apprend qu’on est sur un des points les plus haut de la partie centre nord de la capitale, on comprend alors qu’il s’agit tout simplement d’un réservoir d’eau potable surmonté d’un bâtiment pour ne pas dire d’un « palais » abritant autrefois un enorme réservoir d'eau et aujourd'hui les services de cette même compagnie. On peut y entrer (en semaine) et même aller visiter le Musée de l’eau (Museo del Agua) le matin.

Photo : Angle avenida Cordoba à gauche et Ayacucho à droite. Photo 2011.

L’épidémie de 1871 :

 

Il a fallu à la ville de Buenos Aires le passage de plusieurs épidémies de cholera (1867), de typhoïde (1869) et la plus célèbre celle de fièvre jaune (1870-1871) pour que la ville se penche sur le problème d’alimentation de sa population en eau potable et de l’évacuation des eaux usées.

On estime que lors de la dernière épidémie de 1871, 14.000 personnes ont perdu la vie, ce qui représente pour l’époque le chiffre de 8% de la population totale de la ville (175.000 habitants). On ne connait pas les raisons exactes de l’arrivée de la fièvre jaune à Buenos Aires mais on suppose qu’elle arriva par bateau d’Asunción lorsque les soldats argentins revinrent de la guerre de la triple alliance (1864-1870). Quelques autres villes sur le Rio Paraná furent aussi touchées comme celle de Corrientes.

Les principales raisons pour lesquelles l’épidémie se propagea très rapidement à Buenos Aires furent : Le manque d’eau potable en ville (tres peu de fontaines ou de puits, la majorité des habitants s’approvisionne auprès des aguateros), La contamination des nappes (on a tendance à déverser n’importe ou cadavres d’animaux, excréments, décharges a ciel ouvert). Temps très chaud et très humide pour l’été 1870-1871. Habitat surpeuplé de la population noire (25 % de la population de la ville) ainsi que les nouveaux migrants européens les plus pauvres s’entassant dans les quartiers les plus pauvres de la ville (San Telmo, Montserrat, Constitucion). Les « Saladeros » (Etablissements de découpe et de conservation de la viande dans du sel) qui gérerait une quantité importante de restes pourrissant qui à son tour polluaient les cours d’eau (Riachuello, zanjon de granaderos…). Le pic de l’épidémie eut lieu la première quinzaine d’avril 1871. 

Photo : Les émigrés européens s'entassent dans les "Conventillos" dans les quartiers sud de Buenos Aires. Photo : Pulperia Quilapan

Les conséquences de l’épidémie de 1871 :

 

Elle a fait prendre (enfin) conscience aux autorités de la ville comme à la population de prendre des mesures urgentes pour améliorer la distribution de l’eau. Il y avait eu auparavant (après les autres épidémies de 1867 et de 1869) des études de faites pour mettre en place un système d'assaimissement en apport d'eau potable. L’ingénieur Irlandais John Coghlan avait déjà étudié et soumis en 1869 à la ville un plan d’évacuation des eaux pluviales et usées. La même année l’ingénieur anglais John F. La Trobe Bateman propose aussi une autre étude. C’est ce dernier qui s’occupera à partir de 1873 des premiers égouts et à partir de 1874 du réseau de distribution de l’eau potable.

En 1886, en travaillant toujours sur les plans de Bateman, la ville et le gouvernement national décident d’installer sur le point le plus haut du nord de la ville (Angle Ayacucho et Cordoba) un réservoir d’eau potable alimenté par des pompes installées à Recoleta sur le Rio de la Plata (aujourd’hui bâtiment du musée des beaux arts).

Par manque de fond, c’est une société privée (et non la ville comme ce qui avait été décidé) qui se chargea du financement et de la construction du réseau : Bateman, Parsons & Bateman. La compañía Samuel B. Hale y Co fut, elle, chargée de construire le bâtiment du Palacio de Aguas, dessiné, supervisé et construit par l’ingénieur suédois Carlos Nyströmer et l’architecte norvégien Olof Boye. Ces deux derniers étaient des employés de la compagnie Bateman, Parsons & Bateman.

Photo :  L'avenida Cordoba. La facade du Palacio sur l'avenida. A l'angle de la calle Riobamba, un almacen. La photo doit dater de 1894. 

Photo : Facade et detail sur Avenida Cordoba. Cliquez sur la photo pour agrandir. 

    

Photos : Détails de la façade sur la calle Ayacucho.

La construction du Palacio de las Aguas :

 

Les travaux commencèrent en 1887, employèrent 400 ouvriers pendant 7 ans et fut inauguré le 1894 par le président de la Nation Luis Sáenz Peña (1892-1895).

Cet édifice est certainement un des plus exubérants de la capitale. On a du mal à le ranger dans un style particulier, il est plus facile même en Argentine de le ranger dans le style dit « Second Empire » (Napoleon III). Un sorte de catégorie « fourre tout » pour y  placer tout ce qui est difficilement classable. (Quand on pense à l’Opéra Garnier (1875) par exemple !)

Si de l’extérieur, on a l’impression d’avoir a faire à un Palais, en fait à l’intérieur c’est une véritable usine, ou plutôt un bâtiment technique, puisqu’il renferme 12 énormes réservoir d’eau (provenant de Belgique) avec une capacité totale de 72 millions de litre.

La façade est recouverte de 300.000 céramiques provenant aussi de Belgique (tout comme la structure métallique) et d’Angleterre. Les ardoises de la toiture proviennent de France.

  

 

 

Vidéo : Le Palacio de Aguas Corrientes. Reportage Aysa.S.A. (2015). 6 mn 20 s.

On parle rapidement sur cette video de l'installation de pompage à Recoleta, ainsi que du premier reservoir d'eau de la plaza Lorea, ensuite est abordé le Palacio de las Aguas.

  

Photos : Détails des céramiques des façades. Photos 2013.

Le Palacio aujourd’hui :

 

En 1913 il passa sous le contrôle de l’entreprise nationale « Obras Sanitarias de la Nación » (OSN). En 1920 la société en fait son siège et installe ses bureaux au rez de chaussée. Le bâtiment n’est plus utilisé comme réservoir depuis 1978. En 1989, le Palacio est classé monument historique. En 1991 l’entreprise est privatisé (Aguas Argentinas) est passe majoritairement dans les mains du français Suez. En 2006 l’entreprise est à nouveau nationalisée et devient AYSA. Depuis 2015, l’entreprise a commencé la rénovation des façades qui est toujours encours en ce moment (avril 2016).

A voir, le musée de l’eau (Museo del agua) ouvert depuis octobre 1996 au premier étage du bâtiment. 

Photo : Entrée du public sur la façade de la calle Riobamba. 

Photo : Rénovation des façades du palacio. Photo 2013.

Les conseils du Petit Hergé :

 

Vous êtes a Balvanera ou du coté sud de Recoleta, faite un détour pour aller le voir, même si vous n’avez pas le temps d’entrer dedans, une petite photo de sa façade s’impose ! Lorsqu’il y a du soleil, la façade en est même éblouissante ! Maintenant je vous invite aussi à aller faire une petite visite à l’intérieur ! Uniquement le matin entre 09h et 13h et du lundi au vendredi. 3 visites guidées par semaine à 11h uniquement les lundis, mercredis et vendredis. Les visites sont gratuites.

Adresse : Cordoba 1950, mais l’entrée se fait par la calle Riobamba.

Tout proche, d’autres points d’intérêt : la Faculté de Sciences Economiques (à 200m), Le Teatro Picadero (à 400 m), La librairie Gran Splendid (à 500 m).

Photo : Intérieur du musée des eaux. 

Photo : Vue aerienne du Palacio de las Aguas. Facade sur Avenida Corrientes. 

A lire aussi dans le Petit Hergé : 

  Palacio Estrugamou. Quartier Retiro. Buenos Aires. Photo 22 avril 2004.  null  Buenos Aires sur la rive du Rio de la PLata

 

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