9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 22:00

Mise à jour : 09 décembre 2012. Article écrit par Vincent Ottenheimer de Gail.

nullEnclaves urbaines de la pauvreté :

Une des problématiques les plus importantes de l’histoire de l’Argentine concerne l’exclusion sociale, incarnée notamment par ceux qui vivent dans ce qu’on appelle à Buenos Aires, les « villas miseria ». La société argentine, et tout particulièrement la société porteña, ne s’est jamais vraiment soucié des immigrés argentins qui ont migré vers Buenos Aires. On pourrait même  qualifier d’ « immigrés dans leur propre pays », ceux qui, depuis les années 1930, ont laissé leur lieu de naissance pour chercher du travail et une vie plus décente dans la capitale fédérale. Dès lors, les villas miseria sont apparues, et de manière permanente jusqu’à aujourd’hui, soulignant les inégalités et les contradictions de l’Argentine de la seconde moitié du XX° et du début du XXI° siècle. L’économiste et sociologue Alicia Ziccardi, qualifie ces quartiers d’ « enclaves urbaines de la pauvreté ».

nullLe terme « Villa Miseria » apparait pour la première fois en 1957, dans le roman de Bernardo Verbitsky, Villa Miseria tambien es America, où il dénonce la croissance de ces quartiers de misère comme conséquence de l’appauvrissement du pays. L’habitant d’un de ces quartiers est, depuis le début, victime de discrimination et est considéré comme un intrus dans la ville. Selon l’INDEC et le gouvernement de la ville de Buenos Aires, la population des villas porteña s’élevait à 52.000 personnes en 1993, 183.000 en 2006 et plus de 200.000 aujourd’hui. Plus de 60% des adultes vivants dans ces villas sont sans emplois. Et 95% des familles qui y vivent sont installés sur des terrains insalubres et pollués. Depuis l’apparition des villas miseria en 1930, l’organisation sociale, les relations avec l’Etat, les Partis politiques et la société en général de ces quartier a fortement évolué.

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Photo : En 1907, aprés ce qu'on a nommé la "grève des conventillos", la police chasse à la rue les familles qui refusent de payer le loyer. Les familles devront trouver un autre logement ou s'installer dans des terrains vagues.

nullOrigine et installation (1930-1943) :

Sociologiquement, les villas représentent la continuation des quartiers pauvres de l’époque. Les Européens, arrivés en masse à partir de la fin du XIX° siècle, ont dû affronter le fait que les terres argentines n’étaient plus « vierges » et que l’accès à la propriété était très contrôlé. L’attroupement dans les vieilles demeures bourgeoises abandonnées par la classe supérieure à la suite de l’épidémie de fièvre jaune de 1871 dans le sud de la ville (San Telmo, Barracas et La Boca) est caractéristique de cette époque. On parle alors de « conventillos » pour désigner ces habitations.

En 1930, le chômage fut la première plaie laissée par la crise économique. De nombreuses familles, dans l’impossibilité de payer un loyer – y compris dans les conventillos, commencèrent à construire des habitations précaires sur des terrains non construits. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières villas miseria, notamment  la Villa Desocupacion à Puerto Nuevo (Retiro). C’est dans cette villa, que sont apparues au milieu des habitations en tôle, les premières soupes populaires.

nullLa crise de 1929 a mis fin au modèle, agro-exportateur de l’Argentine et a initié la lente transition vers un modèle de substitution aux importations. En conséquence, s’est développée une industrie locale à Buenos Aires et sur le littoral. Les nouvelles possibilités de travail attirèrent un grand nombre d’habitants des provinces intérieures du pays. La révolution mécanique dans les campagnes est aussi une des raisons de cet exode de la main d’œuvre rurale.  C’est ainsi, que jusqu’en 1940, la population de la Villa Desocupacion s’est considérablement accrue. Sa proximité avec le port et la gare (porte d’entrée des travailleurs de l’Intérieur argentin). La ville ne disposait pas du nombre de logement nécessaire pour accueillir cette masse de nouveaux habitants. De plus l’augmentation des loyers, qui accompagna cette hausse de la population porteña, poussa les nouveaux arrivants à se diriger vers les terrains non construits, où poussèrent par milliers les habitations faites de tout ce que la ville pouvait offrir : bois, plastique, tôle… Et par un processus naturel les gens se regroupèrent par lieu d’origine. Le bilinguisme ou le monolinguisme était une des grandes difficultés pour les nouveaux arrivants qui souffrait de l’exclusion due à la barrière de la langue. Cependant, l’entre-aide entre habitants de même origine était respectée dans chaque villa.

 L’agencement topographique des villas était anarchique bien qu’il y avait des espaces communs ouverts où se développait une vie sociale et communautaire de premier ordre. C’est également à cette époque qu’apparaissent les premiers mouvements sociaux de revendication des droits de l’homme et des droits sociaux au sein de ces villas. Notons que la participation des femmes dans la construction des habitations a été fondamentale du fait de l’absence des hommes partis au travail. Les habitants vivaient également dans la peur de se faire expulser du fait de l’illégalité de leur installation.

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Photo : Carlos Gardel va visiter la nouvelle Villa Esperanza à Retiro en 1932.

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Photo : A gauche, 1907 expulsion des familles qui ne payent pas les loyers des Conventillos. Au centre, le patio d'un conventillo. A droite, en 1932 distribution de pommes de terre pour les ouvriers de la villa de Retiro.

Organisation et éradication (1943-1966) :

Vers 1950, le niveau de vie des quartiers populaires s’améliore considérablement ; les habitants des villas font leur entrée dans le marché de consommation. La politique sociale menée par le Péronisme porte ses fruits : 500.000 logements sont construits et 2.500.000 Argentins accèdent à un niveau de vie décent. Rien que pendant la période 1943-1949 furent construits 35.000 logements populaires. Le gouvernement promulgua de plus des lois sur le logement tout en instituant des organismes dédiés à la construction et au financement de ces logements.

 Paradoxalement, l’opposition attribue au Péronisme le développement des villas miseria. Selon l’opposition, les villas restent un problème fondamentalement politique, un problème créé par la tyrannie.

 Mais la chute de Peron n’améliora rien : une des conséquences des mesures économiques adoptées dès 1955 fut la baisse du niveau de vie dans les campagnes et l’augmentation des flux humain des zones rurales vers Buenos Aires. A cette époque, la croissance annuelle des villas était de 20% rien qu’à Buenos Aires.

 En 1958, apparut la Fédération des Quartiers et des Villas d’Urgence de Capital Federal, sous l’appui du Parti Communiste. Cependant, malgré l’incursion du Parti Communiste dans les villas et de son importance dans l’organisation du premier regroupement institutionnel des « villeros », sa répercussion politique fut mineure. Mais, en 1956, la Mairie de Buenos Aires créa la Commission Municipale pour les Logements Sociaux (CMV), financée par la Banque Interaméricaine de Développement. A cette époque, la violence faite envers les « villeros » est terrible : répression contre les mouvements péronistes, razzias policières, incendies volontaires… C’est dans ce contexte que la CMV mit en œuvre son premier Plan d’Eradication des villas miseria, dont le but était d’expulser par la force les habitants des villas, sans se préoccuper de leur relogement.

 En 1958, sous le gouvernement de Frondizi, la Commission d’Eradication des villas miseria a encouragé la construction des Barrios Ceve. Les habitations étaient construites avec de la tôle de zinc incurvée, complètement inadaptée aussi bien pour l’été que pour l’hiver.

Sous la présidence d’Arturo Illia, fut approuvée la Loi 16.601 : le Plan Pilote pour l’Eradication des Villas d’Urgence 5,6 et 18 du Parc Amiral Brown. Cette loi imposait aux habitants des villas de payer un pourcentage de leur salaire à l’Etat, en échange de quoi ce dernier assurait le financement de nouveaux logements. Pour réaliser ce Plan, l’Ordonnance Municipale 20.220 de 1965 proposait la création de Centres Communautaires. Ces derniers avaient pour but de répondre aux besoins sociaux (recensement, infrastructures sportives et culturelles), sanitaires (campagnes de vaccination et permanences médicales) et éducatives (campagnes d’alphabétisation, colonies de vacances). Cependant, le gouvernement d’Illia ne parvint pas à concrétiser ce projet. De l’autre côté, à cette époque, la Fédération des Villas et des Quartiers d’Urgence fut reconnue comme un interlocuteur officiel et privilégié de l’Exécutif National. Et à partir des années 1960, la population villera n’a cessé d’augmenter : en 1956, on comptait 33.920 personnes. Entre 1962 et 1967, le taux moyen de croissance dépassa les 20%. Et en 1970, la population villera dépassait les 109.000 habitants.

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Photo : En 1966, quelques temps avant son démentèlement, la villa du Bajo Belgrano.

nullOrganisation et résistance (1966-1973) :

La dictature de Juan Carlos Ongania (1966-1970) mit en place une politique de logement favorable aux secteurs financiers et industriels argentins et surtout étrangers qui concentraient la majeure partie du capital du pays. Ajoutons à cela le fait que le gouvernement ne reconnaissait plus les organisations villera existantes. C’est dans ce contexte qui fut approuvée le décret-loi 17.605 : « Plan d’Eradication des Villas d’Urgence de la Capitale Fédérale et du Grand Buenos Aires » (PEVE).  La première mesure prise fut l’interdiction d’agrandir ou de construire de nouvelles habitations dans les villas et l’interdiction d’accueillir de nouveaux arrivants. Ce plan fut accompagné d’un plan bien plus ambitieux qui souhaitait officiellement reloger 70.000 familles (280.000 habitants). En réalité, ces familles furent transportées de force dans des camions de l’armée sans relogement ou presque et leurs anciennes habitations furent détruites. De plus, les immigrants provenant de pays limitrophes furent expulsés vers leurs pays d’origine.

La résistance face à la politique du gouvernement s’organisait depuis la Fédération des Villas et ses diverses branches en tentant de conclure des alliances avec d’autres acteurs sociaux de l’époque. Cette Fédération cherchait aussi l’appui de la société civile, notamment les mouvements ouvriers et les groupes tiers-mondistes. Cet appui s’est précisé à partir de 1969 quand s’est constitué l’association des Curés et des Pasteurs villeros (EPV). En effet, tous les curés villeros participèrent au Mouvement des Prêtres pour le Tiers Monde. A partir de ce mouvement, ils cherchèrent à lutter contre l’injustice avec toute l’urgence et la radicalité que demandait la situation des pauvres du Tiers-monde. Notons qu’à cette époque, de nombreux jeunes, habités par les préceptes révolutionnaires courants en Amérique latine, se rapprochèrent des villas. L’entente entre les prêtres tiers-mondistes et les mouvements ouvriers – en particulier celui de la CGT argentine dirigée par Raimundo Ongaro – était devenu une étape clé pour dénoncer les absurdités des plans d’éradication du gouvernement d’Ongania. Et en effet, l’éradication voulue par l’Etat fut un échec, dû au manque de solution aux vrais problèmes de la misère dans le pays. Dans ce contexte, les organisations villeras commençaient à élaborer leur propre politique, dans le but de transformer les villas miseria en quartiers ouvriers. Ils demandèrent qu’on leur lègue les terrains sur lesquels se trouvaient les villas.

nullLe paysage politique argentin commença cependant à changer si bien que, depuis le mouvement de protestation du Cordobazo du 29 mai 1969, la participation des secteurs populaires à la défense de la condition des villeros s’intensifia sensiblement. En 1970, le porte-parole du ministère de la Condition Sociale donna les chiffres suivant concernant la population villera : 32% des habitants des villas miseria étaient né dans la Province de Buenos Aires, 21% dans celles de Corrientes, Entre Rios et Misiones, 21% dans celles de Catamarca, La Rioja, Jujuy et Tucuman, 10% dans celle du Chaco et de Formose, 12% dans les autres provinces argentines et 4% venaient de l’étranger. Dans cette conjoncture se constitua des organisations villeras de plus grande envergure politique, dépassant, au niveau de leur influence et de leurs actions, les précédents groupes villeros caractéristiques des années 1950 et 1960. Ainsi apparut en 1972 le Front Villero de Libération Nationale, qui se œuvra politiquement en faveur d’une réouverture démocratique et en faveur du retour de l’ex-président Perón, alors exilé en Espagne. La volonté, simple mais pleine de sens, de ce Front Villero était de « Transformer les villas d’Urgence en quartiers ouvriers ». Aussi demandèrent-ils des fonds pour construire de nouveaux logements ouvriers en faisant appel à la main d’œuvre villera. Ils bénéficièrent de plus de crédits et de l’annulation de la Loi qui empêchait toute nouvelle construction dans les Villas. Ajoutons à cela la création en 1972 d’un Fond National pour le Logement (FONAVI), dépendant du Ministère de la Condition Sociale, grâce auquel ces projets purent être financés.

Sous l’impulsion de la Municipalité de Buenos Aires et sous la gestion de Montero Ruiz, un nouveau plan pilote pour la Villa 7 fut mis en place. Ce plan était différent des plans antérieurs d’éradication des villas miseria ; il favorisait le dialogue avec les habitants et non le bénéfice des grandes entreprises de construction. La construction embauchait les sans-emplois de la villa. Les nouveaux logements pouvaient s’acheter sur plusieurs mensualités. Cette étroite relation entre les habitants de la villa et les travailleurs de la ville déboucha sur la formation de tables rondes de travail dans le but de former ces habitants. L’ambition des architectes était aussi de rompre avec la monotonie des bâtiments haut de gamme de la ville, que les villeros considéraient comme des nids à nouveaux riches.  Ainsi, furent bâtis des bâtiments de différentes tailles et formes, des rues et des espaces communs (on ne pouvait pas négliger la dimension communautaire de ces quartiers).

Vidéo : Vision de la télévision péruvienne sur la villa du Bajo Flores. Mai 2011. 14 mn 01 s.

De nombreux péruviens vievnt dans cette villa.

nullEntre illusion et déception (1973-1976) :

Les ambitions villeras de l’époque participèrent activement à la campagne présidentielle de Hector José Campora en 1973. Ainsi, le Front Villero de Libération Nationale s’unit avec le Mouvement Villero Péroniste. A partir de ce moment, le Front Villero perdit sa liberté d’action et fut contrôlé par le haut. Cependant, avec Hector José Campora au gouvernement, les tables rondes de travail furent renforcées et fut mise en place l’Opération Dorrego qui visait à faire travailler conjointement l’Armée et les Jeunesses Péronistes pour l’amélioration des Villas miseria, notamment dans les zones inondables de la Province de Buenos Aires. Quand José Lopez Rega fut nommé à la tête du ministère de la Condition Sociale en 1973, il nomma en tant que partenaire privilégié le prêtre tiers-mondiste Carlos Mugica afin de prendre des mesures favorables aux villeros. Le ministre annonça alors un plan de construction de 500.000 logements. Il offrait ensuite en 1974 le transfert des habitants de la Villa 31 vers des blocs de Ciudadela. La Villa 31 était alors dirigée par un Junte Déléguée des Quartiers d’Urgence de Retiro. Cependant, les Jeunesses Péronistes firent face au Ministère de la Condition Sociale et chercha pour contrer ses plans concernant la Villa 31. S’en suivit une marche contre le Ministère et dans le face à face avec la police, un habitant de la Villa 31 trouva la mort. Face à ces évènements, Carlos Mugica renonça à son poste de partenaire péroniste. Dans ce contexte, les tables rondes de travail ont fait entendre leur méfiance face au gouvernement populaire, surtout depuis que des fonctionnaires de la Dictature furent nommés pour gérer ces problèmes et qu’il fut décidé de transférer les responsabilités de la Commission Municipale des Logements vers le Ministère, renforçant ainsi le projet d’éradication des Villas miseria, aux dépens de la participation de la communauté villera.

En 1974, le Mouvement Villero commença à se démembrer silencieusement. En effet, délaissé par le Ministère de la Condition Sociale et attaqué par des groupuscules syndicaux, le Mouvement vit sa marge de manœuvre toujours plus réduite.

Photo : Le curé villero Carlos Mugica est abattu par le gouvernement militaire en mai 1974. Passage du cortège dans la villa 31 de Retiro.

Vidéo : La villa 31. canal TN. Avril 2012. 28 mn 35 s.

nullLa désarticulation sociale (1976-aujourd’hui) :

A partir du 24 mars 1976, la répression des Villas fut de plus en plus féroce ; durant les deux premières années du Processus de Réorganisation National, furent mis en œuvre des plans d’éradication dits compulsive, détruisant non seulement les organisations villeras restantes mais aussi les infrastructures construites par ces dernières. Les militaires prétendaient diriger une métropole ordonnée et efficace. Pour ces derniers, les Villas d’Urgence devaient être éliminées pour pouvoir construire des autoroutes et moderniser Buenos Aires. Leur volonté n’était pas d’éliminer la pauvreté mais de la déplacer, de la cacher de telle manière que vivre dans la Capitale Fédérale soit un privilège.

nullLa volonté d’intimider de manière violente les villeros avait pour finalité de désarticuler la vie communautaire des Villas : furent détruits des cantines, des salons communautaires, des garderies, des centres d’éducation… Face à ces actions, les curés des Villas soutinrent la création de coopératives pour la construction de logements nouveaux : les coopératives de Retiro (Copacabana..), de Barracas (Caacupé), de Flores (Madre del Pueblo) et de Lugano (5 de noviembre) entre autres. L’objectif de ces groupes était de construire des logements neufs sur des terrains n’appartenant pas à l’Etat et en suivant la règle de l’entre-aide (tous les participants constituaient la main d’œuvre pour tous les nouveaux logements avec l’assistance technique de professionnels). Bien évidemment, cette initiative ne toucha qu’une faible proportion des Villeros. La Dictature parvint à désarticuler toute forme de vie communautaire et de possible réaction collective aux exclusions et à la violence exercée par les gendarmes. Le terrorisme d’Etat affecta lourdement la vie quotidienne de toute la Société : Individualisme, Délation, Peur…Le modèle économique libéral imposé par celle-ci condamnait la population des Villas à la pauvreté et à la marginalisation.

Carte : Les 12 villas (en rouge) de Buenos Aires intra muros. Cliquez sur la carte pour agrandir. Villa 31 (Retiro). Reserva Ecologica. Asentamiento Lamadrid (Boca). Villa 26. Villa 21-24. Villa 1-11-14 (aussi nommée Bajo Flores). Villa 3. Villa 6. Villa 20. Villa 15. Villa 17. Villa 19.

Avec le retour de la Démocratie, les Villas éradiquées se repeuplèrent progressivement. Les anciens habitants qui n’avaient pas d’autre choix, reconstruisirent leurs anciennes « habitations ». Ajoutons à cela, les immigrants des pays frontaliers qui arrivèrent en nombre dans les années 1990.

nullAujourd’hui, la grande majorité des Villas se trouvent dans le Sud de la ville (Villa Soldati, Villa 15, Villa Lugano, Complejo Piedra Buena, Ilia, Los Pinos, Barrio Obrero, Bermejo, La Fabrica, Villa 20…). La zone Sud de la  ville est aussi celle qui possède le plus fort indice de maladies respiratoires et digestives (dues à la malnutrition). De plus, la majorité des villeros travaillent au noir, résultat du processus néolibéral des dernières décennies. L’indice du chômage a fortement augmenté ces dernières années dans les Villas, raison pour laquelle, nombre de villeros sont bénéficiaires des Plans d’Hommes et de Femmes au foyer. Cependant, la majorité des habitants ne reçoit pas dette aide d’Etat. Nombreux sont ceux qui se lance dans la collecte de carton et deviennent ce qu’on appelle des Cartoneros. Dans beaucoup de Villas apparaissent des coopératives qui tentent d’améliorer les conditions de travail des cartoneros. Mais la précarité du travail reste absolue et de plus en plus d’enfants et de personnes âgées se lancent dans cette activité. Cette pauvreté structurelle a fait également naître de manière généralisée la vente de drogues (le Paco fait des ravages), les vols, la mendicité… Sans parler de la violence, qui prend la forme de bandes organisées pour le contrôle du territoire et des commerces illégaux. Les jeunes sont les premiers instigateurs de ces délits. En effet, hors su système éducatif et sans perspectives d’avenir, ils trouvent dans cette voie une réponse au moyen de gagner leur vie. De plus, le langage villero, apparu dans les années 1990, reflète cette Société déconnectée. « negros, vagos, chorros, yuta… » sont monnaies courantes.

nullLa fragmentation sociale s’exprime également dans la « guerre des pauvres », empêchant une unification des défavorisés dans la recherche d’une solution. Cependant, il existe toujours un grand nombre d’organisations qui œuvrent en tant que médiatrices avec l’Etat et le reste de la Société civile.

Photo : Peut-etre un exemple à suivre la tranformation de Villa 19, ex Barrio Inta, en cours d'urbanisation.

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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commentaires

JP 10/12/2012 01:00


Uné étude sérieuse a montré qu'avec le budget "propagande" (futbol para todos, 678, la presse officielle etc ....) sous l'ère K les villas du pays pourraient pu être rurbanisées et on pourrait
fournir eau, électricité, rues asphaltées etc ..... 


Etrange progressisme qui dépense pour dire ce qu'il fait plutôt que de faire.


 

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