Mise à jour : 15 janvier 2026. #Actualité

 

Inflation en Argentine en 2025 :

 

Le début d’année signifie tout d’abord, de vous souhaiter une très bonne nouvelle année 2026 qui débute, mais surtout au niveau économique de faire le bilan de l’année écoulée et surtout du niveau d’inflation (sujet des plus brûlants) en Argentine.

Alors verre à moitié plein ou à moitié plein ? Tout dépend d'ou vous vous situez sur l’échiquier politique argentin, mais d’une manière globale, on va dire que "ça se termine bien". Car si on compare les chiffres à ceux de 2024 et pire à ceux de 2023, inutile d’avoir fait polytechnique pour se rendre compte que c'est moins nul au premier coup d’œil !

Point culminant de l’inflation en taux inter-annuel (12 mois en coulissant), avril 2024 : + 289,4 % (oui, on a du mal à se représenter le chiffre dans la vie de tous les jours). Taux le plus bas en octobre 2025 avec (seulement) +31,3%.

Nous venons d’obtenir les chiffres publiés par l’INDEC pour le mois de décembre 2025 et il est fait glisser les 12 derniers mois à 31,5 %, donc légère hausse par rapport à octobre 2025. A première vue, pas d’alarme, mais comme l’inflation remonte peu à peu depuis mai 2025, on commence à se poser des questions sur "l’objectif Milei de 2026" de faire baisser l’inflation à 10%. Donc même si les batailles furent gagnées début 2025, les dernières de 2025 laissent des doutes sur l’aboutissement de la guerre contre l’inflation.

 

 

Inflation de décembre 2025

 

Le taux d'inflation de décembre a atteint 2,8 % sur un mois et 31,5 % en 2025, son niveau le plus bas depuis huit ans et une baisse significative par rapport à 2024, année où il s'établissait à 117,8 %.

Cependant, l'Institut national de la statistique et des recensements (INDEC) doit actualiser le panier de biens et services utilisé pour calculer l’indice des prix à la consommation (IPC) afin de refléter les dépenses actuelles des ménages. Il en résulterait un chiffre légèrement supérieur à celui publié.

L’ajustement de la méthode de mesure commencera à prendre effet ce mois-ci ; certains segments gagneront en importance au sein de la structure de l’indice, tandis que d’autres verront leur part relative dans le calcul final diminuer. C’est ce qui explique sur le graphique ci-dessous les deux chiffres affichés par mois avec les deux systèmes de calcul. (En passant le nouveau système colle plus à la réalité)

Les services prennent une part plus importante dans le calcul du niveau de vie et de l’inflation :

Par exemple, la catégorie "Logement, électricité, gaz et autres dépenses" passera d'environ 9,4 % à 14,5 % des dépenses des ménages, soit une hausse de 5,1 points de pourcentage. Les transports, quant à eux, verront leur part augmenter de 11 % à 14,3 %. Enfin, la part des communications, qui comprend des services comme la téléphonie mobile et l'internet, fera plus que doubler, passant de 2,8 % à 5,1 %.

À l'inverse, certaines catégories qui ont historiquement pesé plus lourd dans le calcul perdront de leur importance. Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées, qui représentent actuellement environ 26,9 % de l'indice, verront leur pondération diminuer à 22,7 %.

Les différences mensuelles avec la mesure actuelle (ENGHo 2004/05) sont minimes, mais elles font que l'inflation annuelle se clôture à 32,2 %, soit 0,7 point de pourcentage au-dessus du record officiel.

Pour la deuxième année consécutive, les services ont augmenté plus que les biens : 43,1 % contre 26,5 %, après avoir affiché une dynamique inverse entre 2018 et 2023. Contrairement à 2024, la croissance des services privés (+48 %) a dépassé celle des services publics (+32 %).

Si vous êtes "fana" des stats et chiffres économiques, je vous invite à vous endormir sur la page officiel : 

https://www.indec.gob.ar/uploads/informesdeprensa/ipc_01_266741F036E8.pdf

 

 

 

Si on reste optimiste : 

 

Si on reste optimiste, on peut donc annoncer que : L'inflation en décembre était de 2,8 %, et l'année 2025 s'est terminée au niveau le plus bas depuis 2017.

En passant, 2017, c’était l’année où il avait atteint 24,8 % lors de la deuxième année de la présidence de Mauricio Macri.

Si on reste pessimiste, on constate que le chiffre mensuel n'a pas réussi à franchir à nouveau la barre des 2 % . Il est resté supérieur à la fourchette de 2,3 % à 2,6 % prévue par les économistes et a atteint son niveau le plus élevé des sept derniers mois : il était identique à celui d'avril, qui s'élevait à 2,8 % .

Si on demeure optimiste, on rajoutera, pour faire bonne figure en trouvant des excuses, que décembre est généralement un mois plus inflationniste en raison de facteurs tels que le versement des primes de Noël et les dépenses de fin d'année. Malgré les promotions de fin d'année, l'impact des services réglementés s'est fait tout de même sentir, avec des hausses dues aux ajustements tarifaires, comme ce fut le cas les mois précédents ; et le prix de la viande a augmenté de plus de 12 %, soit plus que la hausse saisonnière habituelle.

 

 

 

Un objectif de Milei pour 2026 inatteignable :

 

L’objectif d’inflation de 10,1 % fixé par le gouvernement pour 2026, inscrit dans la loi de finances, suscite des débats parmi les analystes quant à sa faisabilité. Il représente un ralentissement significatif par rapport aux niveaux actuels et repose sur l’hypothèse de la persistance d’un contexte macroéconomique tendu.

Bien qu’ils s’attendent à ce que l’IPC reprenne progressivement sa tendance à la baisse, ils estiment peu probable que l’objectif officiel soit atteint et prévoient que l’inflation annuelle se situera (au mieux) entre 15 % et 20 % .

Mais bon, pour 2025, ; Milei a posté sur X : « Toto, tu es le meilleur ». Comprenez Toto = Luis Caputo (Ministre de l'Économie de la nation argentine depuis décembre 2023 et le début du mandat de Milei, une sorte de super ministre ici).

Le gouvernement reste donc optimiste et reste sur une inflation programmée de 10 % pour 2026 (Méthode Coué). Franchement si on obtient +20% ça sera déjà une énorme victoire ! Les chiffres 2026 seront publié en janvier 2027, et n’oublions pas que les élections présidentielles auront lieux en octobre 2027 soit 9 mois après les chiffres.

L’inflation n’est pas l’unique thermomètre de l’économie argentine, mais en est certainement à la fois le levier pour relancer le pays et la conséquence de la politique économique et sociale 12 mois plus tard.

En 2023, l’Argentine était le pays avec le plus haut taux d’inflation au monde depuis 32 ans (surpassant le Venezuela et le Liban), en 2024 l’Argentine était classée 4eme des cancres mondiaux (après la Syrie, le Zimbabwe et le Soudan du sud) et pour cette année 2025, nous voilà 6eme cancre mondial, donc il y a du mieux (dépassé par le Venezuela, Soudan du sud, Zimbabwe, Soudan, et l’Iran).

Comme on dit, au royaume des aveugles, les borgnes sont rois !

Bref l’élève Argentine peut mieux faire !

 

A lire aussi dans le Petit Hergé :

- Les Français en Argentine : #10. Michel Vaginay.

- La Faculté d'Ingénieurs de Recoleta.

- Bar El Federal à San Telmo.

- Le quartier de Recoleta.

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