24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 14:45

Mise à jour : 24 septembre 2010. Article écrit par Pierre Largeas.

"Pepe" Mujica :

 

José Mujica, surnommé «Pepe Mujica», est le 40ème président de la République orientale de l’Uruguay. C’est également le deuxième président de gauche de l’histoire de l’Uruguay, petit pays de 3,5 millions d’habitants.

José Mujica, du parti Frente Amplio (Mouvement de participation populaire) dirigé par Jorge Brovetto, a pu depuis le 29 Novembre 2009, date de son investiture, reprendre les rennes d’un gouvernement néo-libéral de gauche instauré par son prédécesseur et co-allier l’ex-président Tabaré Vazquez. Ce dernier n’a pu se présenter aux dernières élections car la loi uruguayenne interdit la réélection d’un président sortant.

José Korzeniak (ancien sénateur) et Reinaldo Gargano (ex-Ministre des Affaires Etrangères), deux membres de la coalition au pouvoir, avaient tout de même proposé en Janvier 2008 une réforme de la Constitution autorisant les mandats successifs. Réforme qui a été jetée aux oubliettes.

Tabaré Vazquez s’est donc placé en tant que soutien du gouvernement actuel: «Yo apoyo totalmente a mi presidente. Digo mi presidente porque lo votó la mayoría del pueblo uruguayo y yo lo voté. Es mi gobierno».

Avec une côte de popularité de 71% au moment des élections de novembre 2009, Tabaré Vázquez, ayant désigné José Mujica comme son successeur potentiel, a donc permis au Frente Amplio de remporter 48% des voix aux élections générales d’Octobre 2009 contre 29% pour le Partido Blanco (centre-droite) et 17% pour le Partido Colorado (droite libérale), tandis que le rival à la gauche du Frente Amplio, l’Assemblée Populaire, n'obtenait que 0,66% des voix.

Présenté comme un adepte d'une gauche modérée sur le modèle du président brésilien Lula, le nouveau président José Mujica doit composer avec son passé de guérillero et avec l’héritage politique, économique et social de Tabaré Vázquez afin de conserver son pays en aussi bon état qu’il l’a trouvé. 

 Des Tupamaros à la présidence de l'Uruguay :

«El Pepe», 75 ans, a passé quinze ans de sa vie en prison. Ex-guérillero des Tupamaros,  Mouvement de Libération Nationale qui prôna l'action directe et la guérilla urbaine dans les années 1960 et 1970, il a été détenu en tant qu'otage par la dictature de 1973-1985. Les Tupamaros reflétaient la culture nationale d’un pays démocratique et pacifique en menant des opérations où la ruse primait sur la force brutale. On sait que de nombreux Tupamaros ont préféré se faire tuer plutôt que de tirer les premiers sur des policiers ou des militaires (d’où leur image de Robin des Bois parmi la population).

 Amnistié au retour de la démocratie, en 1985, il abandonne la lutte armée pour s'engager dans la voie électorale, en co-fondant le Mouvement de Participation Populaire (MPP), qu'il dirige. En 1994, il est élu député sur la liste 609 (à l’époque d’extrême gauche, et qui regroupe plusieurs groupes autour du MPP), puis sénateur en 1999.

Dans le privé, José Mujica vend des fleurs avec sa femme, Lucía Topolansky, tandis que son langage populaire, faisant appel à des métaphores issues de l'imaginaire gaucho, ainsi que ses capacités de négociation contribue à l'imposer sur la scène politique.

A la fin des années 1990, il est élu président du Congrès uruguayen, poste qu’il occupera pendant plus de 10 ans. Réélu sénateur en 2004, il est désigné ministre de l’Agriculture sous Tabaré Vázquez. Mais à l’occasion d’un remaniement ministériel en Mars 2008, Mujica est poussé à démissionner et reprend son rôle de sénateur. Toutefois, il continue de rendre visite aux chefs d'Etat voisins (Kirchner en Argentine, alors en pleine « guerre du papier » contre l'Uruguay; Lula au Brésil,..) si bien que, s'il n'est pas alors véritablement considéré comme présidentiable en Uruguay, les autres présidents américains le considèrent comme tel.

Le 29 Juin 2009, José Mujica remporte l’investiture du parti Frente Amplio contre Danilo Astori, représentant de la tendance centriste de la coalition, pour être candidat à l'élection présidentielle. Mujica démissionnera en Mai 2009 du MPP pour devenir le représentant de l’ensemble du Frente Amplio. Le 1er Mars 2010, il devient officiellement président de la République orientale de l’Uruguay, au cours d'une cérémonie organisée place de l'Indépendance, à Montevideo, au pied de la statue du héros national, José Gervasio Artigas.

 

 

Vidéo : Bande Annonce du film : Asuncion del Pepe Mujica. (Avril 2010). Kamikaze Producciones.

Le style Mujica :

Déterminé à résoudre les problèmes sociaux de manière «politique et négociée», comme il le dit dans des lettres publiées au cours de la campagne, José Mujica prône ouvertement une adoration pour le président brésilien Lula. En Novembre 2009 encore le président uruguayen avait qualifié de «coup de génie» la décision par Lula de recevoir à Brasilia le leader iranien alors très controversé, Mahmoud Ahmadinejad. En évoquant Lula comme modèle, on comprend que José Mujica revient de loin. Il a été révolutionnaire, socialiste, mais il est maintenant disposé à faire alliance avec le centre ou la droite. Comme Lula, il est issu de la gauche radicale, son style est informel, son verbe haut et imagé, et il n’a pas de formation universitaire.

 Un patrimoine de 1.500 euros :

Son style tiens, parlons-en. L’air un peu gaucho, «El Pepe» reçoit chez lui en pantoufles, mal rasé, ou bien encore en habit de chasseur. Personnage haut en couleurs, il est certainement le président le moins attaché aux apparences que le monde actuel connaisse. En Uruguay, les hauts fonctionnaires doivent obligatoirement rendre publique leur déclaration de revenus avec tous leurs biens et en discuter devant le Conseil de Transparence et d’Ethique Publique. Celle de Mujica fait couler beaucoup d’encre, a remarqué l’hebdomadaire Semana. Il a ainsi déclaré pour toute possession une vieille Volkswagen de 1987 estimée à 1500 euros, ce qui fait de lui le plus pauvre président de la région, voire de la planète. Selon le quotidien argentin Diario Uno le président reçoit un salaire de 250 000 pesos uruguayens (environ 9500 euros) dont 70 % sont reversés à son parti le Frente Amplio et un fond de logement qu’il a créé.

L'Héritage de Tabare Vasquez :

Lire l'article spécialement consacré aux années du Gouvernement de Tabare Vazquez (2004-2010).

La politique du gouvernement de Jose Mujica :

Avec un gouvernement composé de personnalités politiques majoritairement de gauche, et plus particulièrement du parti MPP, José Mujica entame son mandat sereinement.

A l'international : Ses premiers voyages ont été le Chili et la Bolivie, afin de renforcer ses liens avec la présidente chilienne Michelle Bachelet et le leader bolivien Evo Morales, mais surtout dans le but de développer des partenariats avec ces pays où les bénéfices seraient mutuels, notamment en termes de ressources énergétiques, thème particulièrement important pour l’Uruguay selon les premiers discours de José Mujica. L'Uruguay essaye de se démarquer économiquement des deux grands (Brésil et Argentine) et signe des accords commerciaux avec les "petits" de la région (Paraguay, Chili, Bolivie).

Sur le plan national : Plusieurs groupes de réflexion rattachés au gouvernement sont en pour-parler avec les leaders des différents partis afin de penser à l’amélioration de différents secteurs comme l’énergie, l’environnement, la sécurité et l’éducation. Durant les années Tabaré, ce que l’on reprochait le plus au gouvernement était la hausse de l’insécurité traduite par l’augmentation du nombre de vols, notamment dans la capitale. Les différents accords signés par les autorités correspondantes n’ont toujours pas permis d’aboutir à un réel progrès et le président Mujica dit vouloir concentrer la plus grande part de ses efforts sur ce problème qu’est l’insécurité.

L’éducation est également l’un de ses principaux axes de développement au cours de son mandat a t’il déclaré. La continuité du Plan Ceibal est assurée par son administration et l'Uruguay sera le seul pays de la région à adopter le programme "one laptop per child". L'accessibilité globale à internet en ADSL et en 3G sur l'ensemble du territoire étant garantie par l'opérateur historique ANTEL/ANCEL.

Outre son passé de Tupamaros, la raison de la popularité de Mujica repose sur le fait qu’il s’identifie avec les Uruguayens des classes populaires. Sa dégaine de gaucho, son langage parsemé de saillies qui font mouche, son style de vie spartiate (dans ses moments libres, il cultive des fleurs pour les vendre au marché, la plus grande partie de son salaire allant à des ONG), illustrent aux yeux de la population la cohérence entre son discours et ses actes. On lui a demandé maintes fois de changer sa garde robe, de renoncer au scooter, de déménager de la "misérable" petite ferme dans laquelle lui et sa femme coulent des jours heureux en dégustant quotidiennement leur sacro sainte infusion de mate et en savourant des biscuits à la graisse. Rien n’y fait.

Sa personnalité et ses projets pour le pays expliquent que sa popularité atteignait en juillet 2009 le niveau tout à fait exceptionnel de 71%. Depuis qu’il exerce la présidence, ont été particulièrement appréciées son ouverture en direction des partis d’opposition de droite auxquels il a offert la direction de plusieurs organismes d’Etat et la solution trouvée au conflit avec l’Argentine au sujet de l’usine de pâte à papier de Fray Bentos susceptible de polluer les eaux du fleuve séparant les deux pays. Pour le reste, il s’est contenté jusqu’ici de continuer à mettre en œuvre le programme de son prédécesseur. Un manque d’initiatives qui pourrait, à la longue, décevoir ses électeurs.

Les liens externes :  

- Présidence de la République Orientale d'Uruguay.

- Ministère du tourisme uruguayen.

- Site du parti politique Frente Amplio.

- Site du canal 10 Television de Montevideo.

- Site Monte Carlo TV. Canal privé de Montevideo.

- Site Canal 5. Télévision Nationale d'Uruguay.

- Quotidien uruguayen El Pais. Plutôt de droite, proche du Partido Nacional.

- Quotidien uruguayen La Republica.Plutôt de gauche, proche du gouvernement.

 

A lire dans le Petit Herge :

 

- Rubrique 10 : Uruguay.

- Le gouvernement de Tabare Vazquez (2005-2010).(Septembre 2010). 

- Buquebus, le lien entre l'Argentine et l'Uruguay. (Septembre 2010).

- La Renault Mini 4 en Uruguay.(Septembre 2010).

- Changement en Uruguay de la numérotation téléphonique.(Août 2010).

- La ville de Mercedes.(Août 2010).

- Elections présidentielles en Uruguay en Octobre 2009.(Octobre 2009).

- Elections présidentielles au Brésil en Octobre 2010.(Septembre 2010).

- Alto Palermo Shopping à Buenos Aires.(Septembre 2010).

 

 

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