Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 22:05

Mise à jour : Mardi 19 avril 2011. Article écrit par Mathilde Arrault. 

 

Le Musée Carlos Gardel à Buenos Aires :  

L’univers du tango a été marqué par de grands artistes, et Garlos Gardel est sans aucun doute l’un d’entre eux. Il suffit de se promener dans le quartier de Abasto pour le croiser à tous les coins de rues : sur les murs sous forme de peintures ou mosaïques, sur les enseignes des magasins… Depuis la réouverture du Marché d’Abasto transformé en Centre commercial en 1998, la ville de Buneos Aires a misé sur son image et veut transformer cet ancien quartier marginal en nouveau quartier « branché tango». Rien de surprenant donc de trouver le musée Carlos Gardel au 735 de la rue Jean Jaurès.

 

Le musée, son ancienne maison ? 

On voudrait bien y croire, mais...

Le siège du Musée Carlos Gardel est représentatif du genre architectural “casa chorizo”. Ces édifices à un étage se sont développés dans les zones résidentielles de classe moyenne. La division actuelle du bâtiment, en 2 parties, séparées par le patio central, s’explique par la croissance de la population suite aux vagues migratoires du début du 20e siècle.

La maison fut d’abord connue sous le nom de « maison de la tolérance », à l’époque où c'était un bordel, puis en 1918, fut transformée en tailleur pour dames.

En 1927, Berta Gardès, la mère de Carlos Gardel acquiert l’édifice, grâce à un prêt contracté à la Banco Nacion. Ils y vécurent sous-disant ensemble jusqu’en 1933, année durant laquelle Carlos Gardel quitte Buenos Aires pour la France. On peut en effet douter du fait que Carlos Gardel y ait réellement vécu, ayant 37 ans au moment de l’acquisition de l’édifice. D'ailleurs une plaque est posée sur un immeuble de la calle Rincón 100, indiquant que Carlos Gardel y a vécu entre. Une autre « véritable » maison de Carlos Gardel serait aussi située au 162 de la rue Uruguay : c'est là bas qu’il a vécu avec sa mère de 1893 à 1904. Ce qui est certain néanmoins est que Carlos Gardel était attaché à la maison de sa mère, au 735 rue Jean Jaurès, car lors de sa mort dans un accident d’avion, il portait au poignet une gourmette avec l’inscription « Carlos Gardel, 735 Jean Jaurès, Buenos Aires ». A la mort de Berta Gardès en 1943, la maison passe aux mains d’Armando Defino, le dernier représentant des Gardel.

Photo : La Casa dans les années 1990, avant d'être un musée elle fut Milonga !

 

La transformation en musée :

Dans les années 1980, La Maison du Tango occupe les lieux et transforme l’édifice. Des murs sont abattus afin d’obtenir des pièces plus spacieuses, accueillant des tables et des estrades. Des modifications qui enlevèrent le charme originel de la maison, et nous éloigne de ce que a pu connaitre Gardel à l’époque où il fréquentait les lieux. Aujourd’hui, des cloisons ont été construites afin de diviser le rez-de-chaussée en plusieurs salles.

En 1996, Eduardo Eurnekian, un puissant investisseur argentin alors à la tête d’un empire médiatique, acquiert la propriété puis la donne à la municipalité de Buenos Aires en 2000, dans le cadre d’un programme de conservation du patrimoine. Le 8 février 2001, la Direction Générale des musées en prend la possession ; et le 4 mars 2003 est inauguré le Musée Carlos Gardel. Ce musée est le premier en hommage au grand artiste qu’il était. Mais il y aurait une salle Carlos Gardel, sorte de précurseur du musée du même nom, à « la Casa del Teatro » de Buenos Aires. Y sont exposés des objets lui ayant appartenus, comme sa guitare, des photographies et autres documents d’époque.

Visite du musée :

Le musée est censé se diviser en trois parties: « le temps et l’espace », « Gardel et le tango » qui retrace la vie de Gardel à travers le prisme du tango et de son histoire, et « le personnage et le mythe » pour aller au delà de l’imagine laissée par Gardel. Mais derrière ces titres aguichants, difficile d’y voir une nette séparation.

Très peu d’éléments architecturaux et décoratifs sont d’origine dans ce musée. Malgré les sous-disant efforts de restauration fait pour retranscrire le style originel du bâtiment, l’atmosphère ne nous plonge pas des années en arrière. Déception pour ceux qui cherchent à se retrouver dans l’ambiance porteña des années 20. Seulement trois pièces ont été conservées, suivant les plans originels de la maison : la cuisine avec son plafond bas, une lingerie exigüe, et la salle de bain dont les murs sont recouverts par une faïence d’origine. Dans le bureau, sont exposés des objets ayant appartenus à Carlos Gardel, notamment une magnifique radio. Une table et deux chaises données par la confetería « Los Angelitos » sont présentées à coté des montants de lit du Roi du Tango, qui trouvent de façon assez incongrue leur place dans le patio.

Dans les vitrines, des vinyles, des articles de journaux et des photographies d’époque, mais aussi des objets personnels. On y trouve également quelques pièces plus importantes comme un gramophone, une guitare, un bandonéon. Dans la salle du fond sont projetés des extraits des films dans lesquels a chanté et joué Gardel. Les affiches de ces derniers retracent la carrière cinématographique du chanteur, qui est allé jusqu’à tourner à Hollywood avec son film « cazadores de estrellas ».

 

Vidéo : Le musée Carlos Gardel de Buenos Aires ( Mai 2010). 2 mn 46 s.

Un musée qui n'intéresse que le passionné :

Le musée nous fait découvrir des aspects peu connu de sa vie, notamment sa passion pour le turf et son affection pour Lunático, son cheval. On aurait pu croire qu’un homme si passionné, par la musique et les sports hippiques, l’aurait été aussi en amour ; mais cet aspect de sa vie, son intimité, ne sont abordés que brièvement. Il aurait eu une « éternelle amante », Isabel Martinez del Valle, qu’il n’aurait jamais vraiment aimée.

Le musée ne se contente pas d’afficher des textes informatifs, biographiques. On peut y lire des extraits romancés, des anecdotes tirées d’ouvrages sur sa vie. Un moyen très appréciable de découvrir Carlos Gardel, et de nous plonger dans son univers. On apprend ainsi comment il a débuté à l’Armenonville, sur l’ancienne avenue Alvear.

Le musée ne traite pas uniquement de Carlos Gardel, mais aussi des hommes qui lui sont contemporains et ont donné une âme au tango , qu’ils aient côtoyé ou non Carlos Gardel: chanteurs, compositeurs, musiciens. Ainsi, sur les murs on peut lire de nombreuses biographies, celles par exemple de ses guitaristes, ou alors des compositeurs qui ont signé les œuvres chantées par Gardel (German Ziclis, Michel Emer, …). La liste est longue. Et ce qui est captivant pour un aficionado de tango peut paraitre monotone pour le touriste moyen, à qui ces noms ne disent rien.

Quelques panneaux traitent du tango de façon plus générale, de sa diffusion à Buenos Aires, grâce à l’essor de la radio, et du rôle qu’a joué la communauté juive. Le musée véhicule l’image d’un tango fédérateur, trait d’union entre les immigrants de différentes nationalités.

Le musée réduit à néant la controverse sur le lieu de naissance de Carlos Gardel, qui oppose la théorie française à celle uruguayenne. Carlos Gardel serait bel et bien né à Toulouse, le 11 décembre 1890 et non en 1887 à Tacuarembo en Uruguay. Dans le patio central justement figurent des photos des monuments français construits récemment en l’hommage de Carlos Gardel, à Toulouse et à Paris.

Les conseils du Petit Hergé :

 

Ce petit musée à l’atmosphère familiale n’a clairement pas été construit pour être rentable : gratuit le mercredi, l’entrée ne coute qu’un peso les autres jours – il est financé par la municipalité. Le staff nous y accueille chaleureusement et nous accompagne indirectement le long de la visite : leurs discussions parfois animées résonnent dans toutes les salles. Très peu d’argentins parmi la clientèle mais plutôt des étrangers et fanatiques de Carlos Gardel, ou alors des curieux qui survolent les vitrines sans s’attarder sur les textes affichés.

Vous aurez compris que seuls les fanatiques du tango et Carlos Gardel seront interessés par cette visite. Les autres le survoleront au milieu de leur découverte du quartier d'Abasto.

Autre intérêt : Le musée est également un modeste mais sympathique centre culturel. Les mercredis et jeudis soir, le patio se transforme en piste de danse, pour ceux désirant suivre gratuitement des cours de tango. D’autres évènements sont régulièrement organisés : projections de films, présentations de livres…

Adresse : Jean Jaures 735. (Métro Carlos Gardel).

Horaires : Tous les jours sauf mardi. De 11h à 18h. Le samedi et dimanche de 10h à 19h. Entrée à 1 Ars (mercredi gratuit)-

Liens extérieurs :

Le site web du Museo Carlos Gardel.

 

A lire dans le Petit Hergé :

 

- Le Musée Evita de Buenos Aires.(Octobre 2010).

- Le Musée Fortabat à Buenos Aires.(Août 2009).

- Le Musée National des Arts Décoratifs de Buenos Aires.(Août 2010).

- Le Zoo de Buenos Aires.(Août 2009).

- Le Musée d'Art Espagnol Enrique Larreta.(Septembre 2010).

- Le Musée National des Beaux Arts de Buenos Aires.(Septembre 2010).

- Le Jardin Botanique de Buenos Aires.(Août 2009).

- Le Cimetière de Chacarita.(Septembre 2010).

- Le Jardin Japonais de Buenos Aires.(Août 2009).

 

Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme
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