8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 15:26

Mise à jour : 08 octobre 2010. Article écrit par Mathilde Arrault.

Le Musée Evita :

 

Le musée est situé à Palermo dans le sous quartier de Botanico, proche de Plaza Italia.

Il est logé dans une maison construite dans les années 1910 pour la famille Carabassa. En 1923 l’architecte Estanislao Pirovano réalise une importante rénovation de la bâtisse, ajoute un troisième étage et une tour. Il lui a donné une image formelle en combinant des éléments baroques espagnols et ceux de la renaissance italienne.

Un peu d'histoire :

 

En 1948 la fondation Eva Perón achète le bâtiment, le restaure et en fait un foyer de transit, un abri pour les femmes et les enfants démunis. Ce foyer. Le 18 juillet 1948 Eva Perón inaugure ce centre qui offre un lit et du réconfort à ceux qui en ont besoin. Quelques salles du musée rendent hommage à ce lieu représentatif des actions sociales menées par Evita via sa fondation : le patio central, et la reconstitution de la cuisine. On trouve également des détails architecturaux conservés après la restauration de 2002, et la statue de la vierge qui trônait dans la chapelle du foyer.

 En 1956 le gouvernement exproprie les biens de la Fondation et les années suivantes, le bâtiment est occupé par les bureaux administratifs de différents ministères.

 En 1999, le bâtiment est cédé à L’Institut d’Investigation Historique Eva Perón et en devient le siège. Cet institut est actuellement installé au deuxième étage, au dessus du musée.

 En 2000 le bâtiment est déclaré « d’intérêt culturel  et patrimonial »  et en 2007 il rejoint la liste des « monuments nationaux historiques ». En 2002, le bâtiment connait des restaurations et une mise en valeur. Le 26 juillet de la même année, 50 ans après la mort d’Evita Perón, sa petite nièce prénommée Cristina Alvarez Rodriguez inaugure le musée, dont elle est à la tête.

 Le Musée Evita Perón fait aujourd’hui parti du circuit touristique culturel de la ville de Buenos Aires, avec le musée d’art décoratif, le Palais des Glaces, le Musée d’Art Latino-Américain.

 

Visite du musée :

  

Dans le musée sont exposés divers objets prêtés ou donnés par des collectionneurs ou par la famille Alvarez Rodriguez, les petits neveux d’Evita et gérants du musée. On y trouve des photographies d’époque, allant de la communion de la petite Eva aux photographies officielles de ses déplacements en tant que femme du Président. Egalement des articles de journaux, des ouvrages politiques, des extraits de la constitution. Mais les pièces remportant indéniablement le plus de succès auprès des visiteurs sont les robes d’Evita, ses chapeaux et bijoux.

Bien que ce musée soit de taille modeste, l’ambiance est soignée, les objets admirablement mis en valeur, et un air de tango nous accompagne le temps de la visite. Extrait radiophoniques, cinématographies et journalistiques, tous les moyens sont mis en œuvre pour raconter la vie et l’œuvre d’Eva Perón.

“Para los que no la conocen. Para los que la conocen y quieren conocer más. Para los que quieren recordar. Para los que quieren saber más.” Voila ce que l’on peut lire sur le site internet du musée. Je doute cependant de la véracité de cette affirmation… Car ce musée parait définitivement destiné aux fans d’Evita, qui veulent contempler quelques reliques de l’époque du péronisme ou ayant appartenu à Eva Perón.

La première salle a pour fonction de nous rappeler - ou de nous montrer - l’importance d’Eva Perón pour la nation Argentine : dans une salle plongée dans le noir, sont projetées des images du défilé suivant sa mort, impressionnante manifestation où tous les porteños semblaient dans la rue. Belle introduction pour un musée qui glorifie Eva Perón et fait l’éloge du péronisme.

Sur les murs tout le long de l’exposition, des citations d’Eva Perón et des extraits tirés de ses livres, notamment de son autobiographie, « la razon de mi vida ». Ils traduisent sa grandeur d’âme et on y découvre son attachement pour la liberté, la dignité humaine, l’égalité,  la justice… belles maximes qui éveillent la curiosité des visiteurs avides de savoir comment cette grande dame a défendue ses convictions.

 Musée Evita = Musée d'un conte de fée ?

Si les panneaux informatifs nous font bien comprendre qu’elle a joué un rôle prépondérant dans l’Argentine des années 40, on reste sur notre faim. Au fil des salles, on en apprend d’avantage sur son œuvre politique et sociale : son engagement pour l’émancipation des femmes, pour la dignité des personnes âgées, ses actions pour défendre les droits des enfants et l’éducation. On découvre le nom des associations qu’elle a fondé, la Cruzada de Ayuda Social, la Fondacion de Ayuda Social Maria Eva Duarte de Peron ; des établissements qu’elle a ouvert comme les « Cuidades infantiles ». Mais aucun chiffre n’apparait, aucun moyen concret de réaliser l’influence de ses actions sociales et aucun bilan de ceux-ci.

De même pour sa vie, on nous dit qu’Evita est « une fille du peuple » mais difficile de savoir exactement ses origines sociales en lisant les informations communiquées. Similairement, sa relation avec Juan Domingo Perón est présentée comme un conte de fée. Ce doit être un détail pour les gérants du musée, mais aucun moment n’est mentionné la cause de sa mort. Son cancer est négligé, le visiteur sait seulement qu’elle meurt à 33 ans « en martyr, suite à une douloureuse agonie ». Des omissions quelque peu gênantes pour ceux qui ne connaissent pas la personne d’Eva Perón, et qui visitent le musée pour en savoir plus. Elle est présentée comme une sainte, ayant connue une mort tragique après une vie dorée.

 
Vidéo : Difficile de résumer la vie d'Eva Peron à une simple video de quelques minutes. Alors un seul exemple, un film de propagande de la fondation Eva Peron. La fondation est les valeurs du sport, de la jeunesse. L'intéret portée aux personnes agées, aux enfants. Une cité sociale radieuse. 9 mn 20 s.

Pour en savoir plus :

Ce n’est pas dans la boutique du musée que l’on peut trouver des ouvrages plus détaillés que ce qui est présenté dans le musée. En revanche, les fans y trouveront une grande variété d’objets à l’effigie de leur idole, tee shirts, portes clefs, tasses…

Pour les curieux, il existe au sein du musée un endroit où trouver une documentation abondante sur la vie et œuvre d’Evita, sur le péronisme, l’histoire argentine, les sciences sociales et politique, ou le féminisme. En effet, le musée héberge une partie de la Bibliothèque de l’Institut National d’Investigation Historique, ouvert aux enseignants, aux étudiants mais aussi au grand publique. On y trouve des documents et des publications des années 40 et 50 jusqu’à aujourd’hui, que l’on peut consulter, emprunter ou photocopier. On peut également consulter des documents officiels datant des années 40, du type de ceux exposés dans le musée… la vitrine en moins. Mais pour avoir accès à cette bibliothèque, il faut être averti, se manifester auprès de la sécurité, monter jusqu’aux bureaux de l’Institut d’Investigation Historique Eva Perón et se faire guider à travers plusieurs pièces contenant des archives.

Photo : le patio du bar du Museo Evita de Buenos Aires.

Les conseils du Petit Hergé :

Il ne faut surtout pas visiter ce musée comme on le ferait dans un autre, totalement partial sur la vie et l'oeuvre de la déesse Evita. Ce n'est pas un musée historique mais plutôt un musée dédié au culte d'Eva Peron. Il est tout bonnement représentatif d'une époque ou la pensée unique était de rigueur. Le péronisme est bon, Peron l'a monté, Eva l'a sublimé !  Donc le visiter en lisant à travers les lignes et il est sûrement plus intéressant pour ceux qui ont déjà une petite connaissance historique de cette époque et du couple Peron, que pour un touriste fraichement débarqué dans le pays et qui ne pourra pas faire la distinction entre vérité historique et propagande. 

A voir tout de même !

Adresse : Lafinur 2988.

Pour y aller : le mythique bus de la ligne 60 vous dépose à une cuadra, sinon métro Plaza Italia à 4 cuadras.

Ouverture : Ouvert du mardi au dimanche. Lundi fermé. De 11h à 19h.

La bibliotheque est ouverte de 14h à 18h du lundi au vendredi. Il y a aussi un bar (pas mauvais) à l'arrière du musée ouverte de 9h à minuit tous les jours !

Prix d'entrée : Pour le musée d'une femme qui s'est (soit disant) battue pour l'egalité des classes sociales, les etrangers payent plus chers que les argentins ! 15 pesos pour les étrangers (5 pesos pour les argentins). Ne vous privez surtout pas de le mentionner à l'entrée, histoire de faire valoir "l'égalité et la justice".

Il y a des visites guidée (même en français), 10 pesos pour argentins et 25 pesos pour étrangers (l'entrée est inclue).

Le site web du musée : http://museoevita.org/sp/

A lire dans le Petit Hergé :

 

 

- Le Musée Fortabat à Buenos Aires.(Août 2009).

- Le Musée National des Arts Décoratifs de Buenos Aires.(Août 2010).

- Le Zoo de Buenos Aires.(Août 2009).

- Le Musée d'Art Espagnol Enrique Larreta.(Septembre 2010).

- Le Musée National des Beaux Arts de Buenos Aires.(Septembre 2010).

- Le Jardin Botanique de Buenos Aires.(Août 2009).

- Le Cimetière de Chacarita.(Septembre 2010).

- Le Jardin Japonais de Buenos Aires.(Août 2009).

 

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