13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 14:41

Mise à jour : 12 mars 2011. Article écrit par Nabil Naamane.

le concept "à emporter" gagne du terrain en Argentine :

De nombreux touristes s’accordent pour dire que les cafés traditionnels, bars d’époque et autres confiterías font partie du charme de la capitale argentine. Cependant, tout bon porteño au courant des tendances urbaines s’est rendu compte que quelque chose a changé à ce propos. Il s’agit de la manière de boire son café : aujourd’hui on va de moins en moins dans des cafés pour s’y asseoir tranquillement et siroter son café. La mode du « take-away » (à emporter) tout droit venue des Etats-Unis connaît un franc succès, le café se boit donc désormais plutôt dans un grand gobelet en carton recouvert d’un capuchon en plastique que dans une tasse. C’est le géant Starbucks qui est à l’origine de cette mode et a même réussi à introduire un nouveau vocabulaire dans le monde du café : les termes mochas, lattes, macchiatos ou encore frappuchinos (ces cafés qui se boivent très froids !) ne doivent plus avoir de secret pour vous.

 

Petit dejeuner au bar avec le Clarin ou petit dejeuner a emporter à la maison de chez Burger ?

Starbucks arrive à s'implanter avec ce nouveau concept :

Le changement fut si brutal que même Starbucks ne put le croire. Il est vrai que la marque à la sirène est arrivée avec certaines prétentions, mais il est évident qu’elle l’a fait avec une crainte réelle : la crainte d’un envahisseur qui arrive sur des terres inconnues. Finalement ce fut une excellente surprise puisque le porteño s’est révélé sans attaches à un café particulier, depuis le premier jour il y eut donc des centaines de personnes attendant de pouvoir emporter leur café. Le succès fut si fulgurant qu’en l’espace de deux ans, 24 cafés Starbucks se sont implantés à Buenos Aires. Le dernier vient de voir le jour à Recoleta (1700 Pueyrredón). « Les habitants de Buenos Aires se sont très bien adaptés au concept de « take-away », en particulier les personnes qui travaillent ou étudient et qui ont par conséquent un temps assez limité pour boire leur café »,  a affirmé Diego Paolini, directeur général de Starbucks. Rappelons que le café le moins cher que vous pourrez trouver chez Starbucks en Argentine coûte 11,50 pesos (2,09 euros) alors que certains avec suppléments atteignent parfois 20 pesos (3,63 euros).

Photo : Publicité, la société Havanna n'a pas attendu pour réagir ! "El Cafe para llevar".

La concurrence suit le mouvement :

Le « café de la rue » fait aussi de plus en plus d’adeptes dans d’autres établissements comme McDonald’s, Café Martínez (12,50 pesos avec deux croissant, soit 2,27 euros), Havanna (10 pesos le grand verre, soit 1,82 euros), Bonafide, Coffee Store, Aroma y Establecimiento General de Café, où le café à emporter est à 9 pesos (1,63 euros) et le cappuccino à 16 pesos (2,90 euros). De nombreux bars ou cafés de quartier se sont eux aussi mis à proposer le café « à emporter ». Mais faites attention à votre vocabulaire : il faut savoir que maintenant lorsqu’on demande un café noir il faut dire un « espresso », alors que pour une goutte de lait ce sera plutôt « latte ».

Photo : Il ne faut pas croire que seuls les grands sont entrés en concurrence, une nuée de petites marques, dont celle de la photo "Cafe de la facu" (comprendre de la Faculté) s'est ouvert sur avenida Cordoba en face de la faculté des Sciences economique et de l'école de médecine et proposent du café "para llevar".

La mode du café pour les moins de 30 ans : 

Nicolás Artusi, journaliste et sommelier de café, soutient que les produits de Starbucks ont eu un tel succès ici parce que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le porteño n’est pas vraiment attaché à un bar ou un café en particulier. « Bien sur, il existe une grande culture du café et du bar, mais la consommation de café est très basse » affirme ce dernier. Il explique, qu’en plus, le « take-away » est à la mode « car il a entrainé avec lui une nouvelle génération de consommateurs jeunes qui boivent leur café comme un dessert ». Le Café Martínez semble être d’accord avec ces paroles puisqu’ils ont récemment dit que le gobelet en carton est désormais incontournable, comme un classique de la maison. « Ceux qui le prennent sont des consommateurs qui vivent à toute vitesse, avides de produits novateurs » nous affirme une source de ce café. Martín Mellicovsky, le propriétaire des cafés Establecimiento General de Café, pense lui aussi la même chose, et raconte qu’il vend énormément de cappuccinos, en particulier aux « sub 30 » - comprenez moins de 30 ans – au local de la calle Reconquista.

Photo : A Cordoba Capital la concurrence s'organise aussi, des independants lancent leur propre marque de café a emporter, c'est le cas de Mariano Germain et de Diego Rozada. Leur café se trouve sur Ituzaingó 769.

Entre concept "Café et Glace" :

 

Selon Artusi, « la tendance va se maintenir pendant l’année 2011 ». D’une part car le café fait partie d’une certaine routine qui aide les porteños à bien débuter leur journée. D’autre part, il plait beaucoup et peut être assimilé à une glace, comme le fameux frappuchino qui fait déjà des ravages dans des cafés renommés comme le Café de los Angelitos ou le très grand Tortoni. Une folie pour certain ! Tout est fait pour se sentir comme à New York, mais cela en plein cœur de Buenos Aires.

 

L'argentin est toujours trés tenté d'essayer le "nouveau", toujours tres ouvert aux modes, mais une fois l'effet de découverte passée, il reste assez conservateur dans sa manière de se nourrir et de boire. Attendons de voir comment celui ci va réagir au fil des mois prochains !  

 A lire dans le Petit Hergé :

 

- La réplique du Cabildo à San Luis.(Mars 2011).

- Recoleta Mall à Buenos Aires.(Mars 2011).

- L'or en Argentine.(Octobre 2010).

- Mineurs médiatiques au Chili.(Octobre 2010).

- Hugo Moyano et la CGT Argentine.(Septembre 2010).

- Le CAC 40 indice Maison d'inflation.(Septembre 2010).

- Le président uruguayen Mujica.(Septembre 2010).

- Alto Palermo Shopping.(Septembre 2010).

- Buquebus, lien entre l'Argentine et l'Uruguay.(Septembre 2010).

- L'ERP à Tucuman.(Septembre 2010).

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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commentaires

roger 29/03/2011 00:22



Ecoute...je pense que c'est dans le Café qui est à la esquina de Florida et Cordoba, coté pair (sur la carte interactive ils disent au 616)... Si quelqu'un va là bas (??) qu'i essaie et
confirme..!! Je me souviens que c'était penadant qu'il y avait "el humo" en Avril 2008, suite aux incendies et au vent qui ramenait la fumée sur la ville. Le Café est assez "cher et chic", normal
sur Florida, mais nous nous étions réfugiés là dedans pour échapper à cette fumée... Et là, bonne surprise...un bon expresso...!! Rarissime dans la ville...donc d'autant plus apprécié...!!


Sur que j'y retournerai la prochaine fois...



Paddy 28/03/2011 15:21



Merci Roger ! Je ne vais pas traverser de sitôt l'Atlantique, je reviens juste du Chili ! Mais ton info serait bien utile à des tas d'autres amateurs en difficulté :-) ! Hasta luego,


Paddy



roger 26/03/2011 13:18



Pour Paddy...moi qui adore le café, le vrai, l'expresso à l'italienne...j'ai trouvé UN seul Bar à Buenos Aires (j'ai du en faire environ 25/30 en 3 semaines) qui sert ça...!! Tellement bon
(enfin...par rapport aux autres...) que j'en ai pris 2..!! Je ne saurais plus dire vraiment où il est , peut-etre sur Florida...si tu veux absolument savoir réponds ici, je ferai l'effort de me
souvenir...



Paddy 17/03/2011 18:41



Merci Lerma, pour l'excellent article de Slate ! Mais venir après ça faire la pub de Néness ! Je ne vois pas bien la différence avec Starbucks : du café de qualité quelconque (et je suis gentil)
emballé dans des capsules totalement anti-écologiques et vendues au prix de la joaillerie de luxe, à laquelle font d'ailleurs penser les boîtes dans lesquelles elles sont conditionnées : de vrais
écrins à bijoux. Deux escroqueries au fond très semblables, du marketing à l'état pur. What else ?



lerma 16/03/2011 21:50



http://www.capital.fr/enquetes/derapages/starbucks-se-brule-les-doigts-sur-le-marche-francais-390763


http://www.slate.fr/story/33915/starbucks


En France,la mode est au café "nespresso" dont G Clooney vend l'image


Les machines à café nespresso se vendent comme des petits pains ainsi que les capsules de café dont le café est excellent  (cosi,roma....) 


http://www.nespresso.com/#/fr/fr


Je leur fait de la pub,car non seulement les cafés sont excéllents mais en plus c'est pour la maison ou le boulot 


 


 


 


 


 


 


 


 



Paddy 16/03/2011 09:27



Hello Lerma ! Content de voir qu'on partage certaines valeurs gastronomiques, de Cafayate à Buenos Aires ! Hélas, en parlant de mode, il faut bien admettre que Starbucks fait fureur y compris en
Europe, et prend pied en France, même si c'est avec un certain "retard". Effectivement, on peut se demander ce qui "fait" la mode. Et surtout, ce qu'on peut bien trouver de si excitant dans ces
boissons chères et de qualité douteuse.



lerma 15/03/2011 23:35



Franchement,je préfére un vrai café argentin (comme à Rosario ou ailleurs) qu'une merde américanisée


Je pense que c'est pas un succès mais du marketing vendu par des médias vendu à des pages de publicité de ces marques


L'information n'étant pas objectif,qui peut dire qui fait la "mode" ??


 


 


 



Paddy 15/03/2011 18:21



« Ce fut une excellente surprise puisque le porteño s’est
révélé sans attaches à un café particulier » Je veux. En cuanto al cafe, le souvenir que je garde de l’Argentine, c’est d’avoir renoncé à trouver un bar qui en serve un buvable dans tout
Buenos Aires. Bon, évidemment, j’ai dû jouer de malchance, et je n’ai pas beaucoup insisté. Néanmoins, que les Porteños se soient mis au café en plastique nord-américain ne m’étonne pas vraiment.
Starbucks est très fort : ils réussissent à (bien) vendre leur concept. Du gros gobelet tape-à-l’œil rempli de flotte marronnasse surmontée de Chantilly industrielle, des parfums chocolat,
caramel, vanille et j’en passe tirés de flacons en plastique ressemblant furieusement à des bouteilles de gouache liquide, le tout proposé à des prix stratosphériques.


On interroge un « sommelier » de café. Dommage qu’on n’ait pas songé à l’interroger sur la qualité gustative de la
chose, mais seulement sur le succès du concept.


« Tout est fait pour se sentir comme à New York ». On allait le dire ! New-York, une référence pour le bon
café !



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