1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 03:59

Buenos Aires, lundi 31 mars 2008. 20h00 (01h du mat à Paris)


 

Photo : Supermarché à Mar del Plata au rayon viande et poulet ! Dimanche 30 mars 2008.

Journée riche en événements.


Tout d’abord le gouvernement a planché toute la journée sur les questions rurales pour pouvoir à 19h présenter de nouvelles propositions dans une déclaration télévisée.

Pendant la journée quelques affrontements sur les routes quand le gouvernement a envoyé la gendarmerie à Gualeguaychu pour déloger les agriculteurs des routes. Ce qui bien sur n’a servi à rien, car ce n’est pas 100 ou 200 gendarmes qui vont surveiller les milliers de Km de route de l’Argentine. Bref, les ruralistas se sont déplacés de quelques Km. pour aller couper ailleurs la route.



Photo . Petite mise en jambe pour les medias, on disperse les ruralistas de la route a Gualeguaychu. Lundi 31 mars 2008.
 

En fait tout le monde était pendant toute la journée concentré sur cette déclaration tant attendue. Alors bien sur à 19h, 10 chaînes de télévisions sur Buenos Aires retransmettaient la déclaration en direct.

Les 10 premières minutes réservées au ministre de l’économie qui a rabaché pourquoi il fallait augmenter la rétention et les aides qu’il allait accorder aux agriculteurs du NOE et NEA et aux producteurs de moins de 500 t de soja par an (d’après lui représentant plus de 80% des producteurs).

Donc rien de neuf….. Le gouvernement ne veut pas revenir sur son augmentation de rétention, il veut donc taxer tout le monde et ensuite rendre à ces 80% petits exploitants la différence de rétention. Il faut dire que maintenant il y va de la crédibilité du gouvernement, on a déjà largement dépassé le stade d’une crise agricole, alors bien sûr, Cristina Kirchner et le reste du gouvernement sont embourbés dans une idée qu’ils doivent coûte que coûte défendre, même si ils sont conscient maintenant d’une énorme gaffe psychologique et tactique.



Photo, les ruralistas deversent un camion d'orange sur la chaussée. lundi 31 mars 2008.
 

Coté ruraliste….A la fin du discours de Cristina Kirchner, même plus l’ombre d’une révolte ou d’une exaspération, mais plutôt des visages complètement figés dans une torpeur qui pourrait traduire de leurs parts : « Elle est complètement à coté de la plaque, cause toujours, on ne peut pas dialoguer avec une sourde, on n’arrivera à rien avec elle »

 

Peut on dire qu’en ce 20ème jour de crise, nous soyons arrivés à une nouvelle étape dans le pourrissement ? Je n’en sais rien, il me semble en tout cas, que ce soir nous soyons passés dans l’esprit des agriculteurs de « Essayons de dialoguer et de lui expliquer que nous allons tous à la débâcle dans nos exploitations si ils nous pressent comme des citrons » à «  On ne croit plus en elle, on n’a plus avec qui dialoguer, enfonçons nous dans un pourrissement, c’est elle qui sera la première à s’étouffer »

 

Cristina Kirchner a le chic dans un discours d’apaisement, de faire à la fois les yeux doux et de lancer des phrases totalement provocantes….. Je me demande si elle en a conscience, ou si c’est dans sa personne. Elle aura donc pu sortir ce soir la phrase « "Piensen como parte de un país y no como propietarios” (s’adressant aux agriculteurs : “pensez comme faisant partie du pays et non pas comme si vous en étiez les propriétaires » …C’est vrai que c’est très diplomate de sortir des trucs comme ça, et puis ça fait avancer le débat !

 

Je crois que ce soir…il n’y a plus rien à rajouter, si ce n’est ce sentiment d’avoir affaire à une personne qui n’a rien de la stature de chef d’état.


Merci à vous tous !
 

Depuis maintenant presque une semaine que je publie des bulletins sur la situation du campo, je reçois beaucoup de courrier (en plus de vos commentaires directs) de France mais aussi d’Argentine (10% des lecteurs de ce site sont en Argentine). Tout d’abord je vous remercie de vos mails, de vos questions aussi qui montrent que ce sujet vous intéresse mais je remercie aussi les français et autre francophiles qui vivent ici et qui sont directement touchés de m’apporter leurs commentaires.

Je vous joins ici un mail d’un exploitant agricole français installé à Carabelas dans la province de Buenos Aires.

 

« C'est l'accumulation de plusieurs décennies de désaccords avec les gouvernements successifs qui expliquent le "ras le bol" du secteur agricole après l'annonce de 44% de rétention à la source. D'autre part les agriculteurs sont déjà confrontés aux "compensaciones" par l'intermédiaire d'un organise d'état, ONCCA qui  doit payer des compensations sur les ventes de blé aux moulins et pour les producteurs de blé. Les réalités veulent que ces compensations attribuées par décrets sont distribuées au compte goutte et la grande majorité des bénéficiaires n'ont pas encore encaissé après plus de 6 mois, ce qui est mon cas pour un blé vendu le 19 septembre et dont les compensations sont bloquées Dieu sait où. Ce cas comme tant d'autres explique le refus systématique du secteur d'accepter toute intervention de l'état pour la commercialisation dans une orientation bureaucratique soviétisée.

Félicitations et bonne continuation. »

 

Pour demain mardi 1er avril :

 

A 16h, grand poisson d’avril sur la place de Mayo, où Cristina Kirchner prendra la parole devant un parterre de fervents partisans, où elle entamera sûrement un discours des plus populiste. Où elle defendra « la veuve et l’orphelin affamés des villas miserias contre l’oligarchie des estancieros en 4x4 qui les privent de nourriture ».

 

Tiens au fait, en pensant à l’oligarchie, un numéro très intéressant de la revue hebdomadaire « Noticias » qui titre en couverture « El fin de la Hegemonía K » (K = Kirchner), on apprend aussi qu’en 5 ans, la richesse personnelle de Kirchner est passé de 2 millions à 16 millions de pesos. Comme quoi la politique est plus rentable que l’agriculture.


Photo : Elle fait peur, elle fait même tres peur ! Photo lundi 31 mars 2008.

Comme d'hab, voilà la liste chronologique des articles sur le campo :

Le 26 mars 2008 à 20h00 : - Les derniers jours du gouvernement Kirchner ?
Le 27 mars 2008 à 13h00 : - La crise argentine dans le campo.
Le 27 mars 2008 à 20h00 : -
Discours de Cristina Kirchner.
Le 28 mars 2008 à 16h00 : -
On attend la réponse des syndicats agricoles.
Le 28 mars 2008 à 23h00 : -
La situation se détériore à nouveau.
Le 29 mars 2008 à 09h00 : -
Après la réunion avec Alfredo Fernandez.
Le 29 mars 2008 à 20h00 : -
Les syndicats agricoles durcissent le ton.
Le 30 mars 2008 à 15h00 : -
19ème jour de blocage, où en sommes nous ?
Le 31 mars 2008 à 20h00 : -
 Les agriculteurs désabusés.
Le 01 avril 2008 à 15h00  : -
Brouillard ce matin sur Buenos Aires.
Le 01 avril  2008 à 21h00 : - La crise de Cristina Kirchner. 

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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commentaires

Paddy 01/04/2008 11:31

Bonjour !
 
Je viens de lire plusieurs articles sur ce discours dans la presse argentine. Ce qu’il en ressort clairement, c’est qu’en effet et comme tu le soulignes, Cristina Kirchner n’est absolument pas à la hauteur de la situation. Non seulement elle n’a pas la stature, mais elle semble entourée par des pantins. Ces raouts de gouverneurs à la Casa Rosada ressemblent furieusement à du grand guignol. L’inexistence de l’opposition politique, qui paraît se confirmer, prouve également que, contrairement à ce qu’elle insinue, ce mouvement n’est pas manipulé, encore qu’il doive réjouir un certain nombre d’opposants par procuration. Reste que vu d’Europe, on a un peu de mal à tout piger des tenants et aboutissants du problème. Par exemple, est-il vrai que la culture du soja représente aujourd’hui 50% de la surface cultivable, quand il représente 5% de la consommation totale agricole argentine ? Est-il vrai également que 20% de producteurs représentent 80% des cultures ? Peut-on parler, comme le dit le ministre Lousteau, d’une « Sojización » de l’agriculture argentine, qui s’apparenterait alors à une forme de monoculture, au détriment, notamment, du maïs et du blé ? Si oui, le problème agricole argentin me semble aller au-delà de celui des « retenciones », et il faudrait s’attendre à d’autres crises graves dans le futur, non ? Enfin, dernière question, jusqu’où peut aller ce conflit, si, comme le souligne « Pagina/12 », les grands syndicats agricoles ont du mal à en garder le contrôle ?
Grand merci pour tes articles, et salut à tous les amoureux de l’Argentine qui viennent sur ce site !

cathy pinard legry 01/04/2008 11:26

Bonjour à tous Argentins et Français qui ont choisi ce pays. Je suis vraiment triste et préocupée de voir ce désastre annoncé ( j'ai habité le pays entre 66 et 76) et tout ce que j'entends me rappel de très mauvais souvenirs: pas de sucre, de café, d'huile d'olive, d'oignons, de pomme de terre etc..............le tout avec une inflation tellement énorme que beaucoup ont quitté le pays et j'ai bien peur que des militaires "biens intensionnés" ne reprennent le pouvoir , on a déjà vu ça!Mais pourquoi voter pour cette femme?Que pouvons nous faire d'ici pour vous aider?De tout coeur avec vous,bien cordialement,Cathy

Pampaboy, Córdoba 01/04/2008 06:26

C'est tout à fait ça, le campo est désabusé. Dans son discours où il a tenté de noyer son auditoir sous une avalanche de statistiques, Lousteau a lui aussi plus qu'agacé le secteur. Ces gens là ne connaissent rien des réalités du campoJe ne vois aujourd'hui pas d'issues à ce conflit. Ici, dans lInterior, on n'attend plus rien de ce gouvernement...Cela ne sert à rien de regader le discours de demain, on sait déjà que ce sera une farce...

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