11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 03:00

Mise à jour : 10 septembre 2013

nullLe Bar El Hipopotamo :

Difficile de dater l’ouverture du Bar Hipopotamo, même si les propriétaires ont indiqué qu’il datait de 1904. D’autres sources indiquent l’année 1909 ou même 1911. A son ouverture Il fut à la fois un bar et une « despensa » (épicerie) Aujourd’hui, l’Hipopotamo est devenu un des bars les plus connus de San Telmo, il a gardé presque intact la décoration d’origine et fait partie des endroits à connaître lors d’une visite du quartier.

Situé sur une des plus anciennes rue de San Telmo, la calle Defensa qui relie la Plaza de Mayo au Parc Lezama, le Bar Hipopotamo est devenu le pendant de l’autre bar occupant l’angle opposé de l’angle Defensa et Brasil. Je parle du bar Britanico. Comme deux phares trônant de chaque coté de la calle Defensa et faisant face au Parc Lezama, ils représentent à eux deux la porte de la mythique calle Defensa. Toute visite du quartier se doit de passer prendre un moins un café dans ces deux lieux les plus représentatifs de San Telmo.

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A gauche, carte postale de 1900-1910 prise à partir du Parc Lezama. Au fond l'immeuble déjà sur pied qui abritera le Bar Hipopotamo. A droite avec le même angle de vue, le bar en avril 2008.

nullUn peu d’histoire :

A l’origine, le Bar Hipopotamo se nommait « La Estrella del Sur ». On connaît que très peu de choses des premières années de cet établissement. Même l’année de fondation reste assez floue, certains parlent de 1904 d’autre de 1911. En tout cas, on sait que cette « despensa » alimentait les habitants du quartier où se mêlaient les ménagères faisant leurs courses aux hommes qui « tomaban » (buvaient) plus que de raison. En ce début du XXème siècle, le quartier de San Telmo est populaire, mélange de « conventillos » où s’entassent les nouveaux émigrants européens. Les usines et fabriques sont proches (la plupart au bas du parc Lezama) et le port de Puerto Madero se situe juste au bas de calle Brasil. On est loin des endroits chics de l’avenida de Mayo. Ici on côtoyait l’ouvrier, le cheminot, le dockers…et le mauvais garçon. Les femmes entraient coté « despensa », les hommes (les vrais) coté bar.

nullOn pense que la « Estrella del Sur » existait même avant la construction de l’immeuble actuel. En effet, ce coin de rue ou s’emmêlent (encore) les rails du tramway était très passant, et le parc Lezama dessiné par Charles Thays ouvre ses portes en 1896. D’ailleurs l’ouverture de ce parc, si on peut dire, donne un petit coup de pouce à la modernisation de cette partie du quartier de San Telmo. On y trouve alors encore des demeures de bois et de tôle, et ce nouvel espace vert, « embourgeoise » tout du moins l’angle Defensa et Brasil sur la première cuadra de chaque rue. On démolie peu à peu les masures pour y placer des immeubles a étages. C’est donc le cas de l’angle nord ouest de Defensa et Brsil, qui voit l’élévation d’un immeuble de deux étages sous la conduction des frères Albinatti. Pas de date non plus bien établie. L’immeuble date d’entre 1903 et 1909. Une photo prise du parc Lezama (photo de 1905-1909) montre en effet que l’immeuble des frères Albinati et c’est le seul de la zone dépassant l’ensemble des autres constructions voisines.

Ce qui est certain, c’est que dès la construcion de ce petit immeuble, de suite c’est installé le « bar-despensa » La Estrella del Sur.

Comme la mémoire humaine est peu fiable ! En écrivant cet article je me suis rendu compte que sans trace écrite, la mémoire verbale de chacun se déforme et les versions différentes s’opposent les unes aux autres. Depuis quand la Estrella del Sur se nomme elle el Hipopotamo ? Voila un nouveau sujet de discussion, ou chacun à l’impression de détenir la vérité.

nullEn tout cas, le nom « Hipopotamo » n’est qu’un nom très récent. Julio Duran (Père) dans les années 40, est venu à l’âge de 16 ans de la province de Pontevedra, du village de Mondariz. Il a commencé à travailler à Buenos Aires en répartissant les pains de glaces dans les bars et restaurants. Puis a chercher à acheter un bar déjà existant dans le quartier. (Le rêve de tout Gallego arrivant à l’époque à Buenos Aires est un jour de posséder son propre bar !). En 1980, c’est chose faite, il achète la Estrella del Sur et le convertit en Bar Hipopotamus. Clin d’œil à un restaurant alors très chic de Recoleta. D’ailleurs pour cette raison, et pour éviter des poursuites, il devra changer de nom, et transformera Hipopotamus en Hipopotamo.  Aujourd’hui c’est son fils (aussi prénommé Julio qui est propriétaire des lieux). Le père comme le fils sont des collectionneurs, ils ont su préserver la salle mais aussi la compléter en y installant des objets des plus éclectiques qu’il ont amassé au cours de leur vie.

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nullEl Hipopotamo aujourd’hui :

Ambiance tout en bois, portes, fenêtres, chaises, vitrines, comptoir et tables et on s’y sent à l’aise de suite. Déclaré bar notable par la ville de Buneos Aires depuis 2005, les inspecteurs municipaux passent en permanence maintenant pour voir si rien n’y change (et ne doit changer). Quelques avis la dessus de la part de la direction de l’établissement qui trouve que la pression municipale est un peu trop forte à ce sujet. Coté clientèle, une fois assis, un menu avec couverture en bois (aussi) vous est apporté. Justement c’est la dernière mode dans les « bars notables » de vous apporter des menus entre deux plaques de bois (un peu lourds). Le Miramar, Bar de Cao, etc.. font de même ! A l’intérieur, une dizaine de feuilles que vous parcourez du regard et qui vous font comprendre de suite que si vous aviez cru y passer un grand moment gastronomique, vous venez de vous tromper ! En effet, liste longue sur les types d’apéritifs de tout genre (et de toutes époques), tapas à profusion, pour lesquels d’ailleurs les habitués viennent, mais pour ce qui est des plats chauds et savoureux, il faut se limiter, aux frites, omelettes, milanesas et hamburgesas.

nullNe croyez tout de même pas que vous ayez fait fausse route en posant votre séant sur ces vétustes, robustes et presque centenaires chaises de notre bon hippopotame. Regardez l’heure et changer vos envie. Le matin, le café doble (ou café con leche) avec des facturas feront l’affaire. Si vous êtes proche de midi, lancez vous sur les omelettes et hamburguesas (oui ça existe depuis bien plus longtemps que chez Macdo), en après midi la cidra tirada est obligatoire (cidre pression). L’heure du vermouth approche (17h) et c’est l’heure des picadas. Là, il faut reconnaître que c’est tout de même leur spécialité. C’est du fromage et de la charcuterie (donc cher ! Car la charcuterie en Argentine est chère !). On prend rarement une picada seul, c’est un plat apporté sur une Tabla (en bois aussi) que l’on partage, donc trouvez vous des amis pour venir pour le vermouth (on écrit Vermut sans « h » à Buenos Aires). Il y a des tablas pour 2 et aussi pour 4 personnes.

nullPour les plus jeunes qui ne savent ce qu’est le vermouth, c’est la multitude de vins cuits blancs et rouges lancés par les italiens (donc bien implantés dans les habitudes porteñas) au XIXème siècle. Martini, Gancia, Cinzano, Pineral, Ferroquina, Campari, Hesperidina, Livenza, etc… Tous ceux-ci mélangés entre eux à l’infini avec ou sans boissons gazeuses. Par exemple du Carpano avec eau gazeuse et citron, Campari avec orange et Schweppes, Fernet avec son eternel Coca Cola, Le Pineral avec eau gazeuse et citron, etc…..

Bref, vous ne regretterez pas, lancez vous dans des gouts inconnus avec deux tranches de jambon et des olives, histoire de dire ensuite que vous savez maintenant ce que c’est du Ferroquina !

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nullInformations pratiques :

Adresse : Brasil 401 (juste à l’angle de la calle Defensa, en face de l’entrée principale du Parc Lezama)

Horaires : Du dimanche au jeudi de 07h à 02 h du matin. Les vendredis et samedis de 07h à 04h du matin.

Pour s’y rendre : Pas vraiment de métro proche. Metro Constitucion à 7 cuadras (dès la tombée de la nuit, Constitucion craint). Bien plus pratique et rapide le « Colectivo » (bus), prenez le 29. Direct depuis la Plaza de Mayo, Tribunales, La Plaza Italia et même Boca.

Si vous êtes à Almagro, Avenida Corrientes, Obélisque, prenez le 24.

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nullL’avis du Petit Hergé :

On peut y manger, certes ! Mais le bar Hipopotamo reste avant tout un bar ! Donc si vous êtes de passage en journée, pour le midi vous pouvez demander une milanesa, des frites et une bière mais ne vous attendez pas à vous lécher les doigts. Il existe à Buenos Aires des centaines de restaurants bien supérieurs à celui-ci. Le Bar Hipopotamo, c’est avant tout pour prendre un verre entre ami, et une « picada » (ce qu’on appelle « tapas » en Espagne) à l’heure du vermouth (17-18h). C’est aussi pour passer un moment dans un décor 1900. Bien situé dans le quartier, le spectacle est autant dans la salle que dans les rues si vous vous installez aux tables qui bordent les grandes baies vitrées. Un passage certes obligé, mais pour un ptit dej, une bière ou une empanada, rien de plus ! Dernier point ou il faudrait faire des progrès, le service ! Il est très lent, donc armez vous de patience, ou lisez le Clarin qui traine sur les tables ! (Asseyez vous plutôt proche du comptoir, vous serez plus vite servis !)

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