Dimanche 19 août 2012 7 19 /08 /Août /2012 16:00

Mise à jour : 19 août 2012. Article écrit par Vincent Ottenheimer de Gail.

nullLa Réserve écologique Costanera Sur :

Officiellement nommée par la ville de Buenos Aires, Reserva ecologica Costanera Sur, cette réserve est bien plus qu’un parc urbain classique. Elle met à disposition une mosaïque d’écosystèmes aquatiques et terrestres dans le but d’éduquer ses visiteurs, de l’habitué aux groupes scolaires, à la conservation et à la découverte de l’environnement qui borde le Rio de la Plata depuis l’arrivée des conquistadors et autres adelantados. C’est aussi dans cet espace de 353 hectares, d’origine artificielle, qu’affluent les adeptes du cyclisme, de la marche, de la course, et autres adeptes de peinture, de photographie, ou tout simplement les porteños qui cherchent un traitement efficace pour lutter contre le stress de la ville, à travers une palette unique d’odeurs, de paysages et de couleurs. Ils sont également nombreux les étudiants et les scientifiques qui viennent y trouver l’endroit idéal pour étudier. Rare lieux de Buenos Aires d’où il est possible de voir le Rio de le Plata, la Réserve reçoit chaque année un million de visiteurs et quelques 30.000 porteños chaque week-end.

nullEntre projet de ville satellite et décharge :

Du temps où elle était immergée, la zone qu’occupe la réserve servit jusqu’à la fin du 19ème siècle de lieu de mouillage des navires, qui débarquaient sur les berges du Rio de la Plata à l’aide de chaloupes.

Ce n’est qu’en 1972 qu’un projet de terre-plein à cet endroit apparut. Il s’agissait de créer une ville « satellite » pour y mettre les bâtiments administratifs de Buenos Aires. Depuis la construction de Puerto Madero sur un terre-plein, la ville souhaitait gagner du terrain sur le Rio de la Plata.

Bien que le projet de ville « satellite » fut abandonné, le terre-plein fut quand même construit d’après le système des polders hollandais. Les premiers matériaux furent amenés en 1978. Il s’agissait des décombres provenant des démolitions occasionnées par le tracé des autoroutes de la ville. Dans un même temps, les sédiments amenés par le Rio remplirent les espaces laissés entre les différents terre-pleins construits. Les décombres continuèrent d’affluer jusqu’en 1984, année où la zone fut laissée à l’abandon. Dès lors différentes espèces végétales se développèrent autour des zones semi-inondables, favorisant la venue d’espèces animales. Et, avec l’apparition de lagunes, commencèrent à affluer les curieux de la nature. La succession de projets pour cette zone inspira le scénario du film argentin Sans réserve, qui relate l’histoire d’un groupe d’entrepreneurs sans scrupules qui tentent, en vain, de construire un quartier fermé au sein de la réserve.

Entre 1976 et 1983, le gouvernement militaire restreignit l’accès aux terre-pleins et à la Costanera Sur. L’ouverture démocratique permit la récupération de cette zone.

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Photos : A gauche photo satellite de la Réserve Ecologique de Buenos Aires. On distingue bien le centre ville (en bas), Puerto Madero avec ses 4 bassins (au centre), et enfin la réserve écologique (au dessus). A droite, le plan de la reserve, avec ses sentiers et ses lacs. Cliquez sur les photos pour les agrandir et voir les détails.  

null1986 : Naissance de la réserve écologique et debut du nettoyage de la zone  :

C’est le 5 juillet 1986 que fut reconnue officiellement la Réserve écologique Costanera Sur, lorsque le Conseil de Buenos Aires reprit les revendications de trois ONG – l’organisation Vida Silvestre, l’organisation Aves Argentine et l’organisation Amigos de la Tierra. L’ordonnance 41.247 la déclara Parc naturel et zone de réserve écologique. Et grâce à l’ordonnance municipale 42.859 de 1988 fut créée une équipe municipale œuvrant pour sa conservation. Enfin, l’ordonnance 43.609 de 1989 définit son emplacement actuel. A noter également que le Conseil de Gestion de la Réserve Ecologique Costanera Sur fut créé en 2001 par la loi 560.

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Après sa reconnaissance officielle, son intérêt environnemental fut rapidement reconnu : la réserve fut catégorisée Aire Urbaine d’Intérêt Touristique en 1990 par le décret 692, Patrimoine Porteños en 1994 par le décret 1454, Site Ramsar le 22 mars 2005 lors de la journée mondiale de l’eau pour la protection de sa faune et flore aquatiques et enfin elle fut reconnue par la prestigieuse organisation Bird Life International pour la conservation de ses oiseaux.

Cependant, la Réserve dû faire face à un défi majeur : l’éradication de déchets toxiques. En 1995, le gouvernement achète 5,5 tonnes de composants chimiques dérivés du pétrole et 500 kilos de sel toxique à des fins de dératisation. Ces produits n’étaient cependant pas utilisables dû à leur haute dangerosité, on ordonna leur exportation dans des conteneurs pour être traités à l’étranger. Mais les conteneurs furent déposés dans la Réserve. En effet, l’Argentine, signataire de nombreux traités internationaux, ne pouvait pas exporter de résidus toxiques. Cependant, elle ne disposait pas non plus de la capacité de les décontaminer sur son territoire. Et ce n’est seulement qu’après 10 ans de délibération que les interdictions furent levées. Le 16 août 2005 furent exportés en Belgique les derniers résidus dangereux.

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Photos : De tres nombreuses especes d'oiseaux, de mammifères, de reptiles et papillons vivent dans la Réserve Ecologique de Buenos Aires.

nullRichesse de la faune et de la flore :

La Réserve écologique Costanera Sur possède une situation géographique peu commune pour un espace naturel : à l’extrême Est de Buenos Aires, sur la rive occidentale du Rio de la Plata, derrière Puerto Madero et à quelques cuadras du cœur financier et administratif du pays.

La Réserve permet de mieux comprendre comment faune et flore peuvent réapparaitre dans leur environnement naturel d’origine ; ici, c’est la nature qui a colonisé la ville et non l’inverse. La majorité des espèces animales et végétales s’y est développée spontanément. Ainsi, la flore de la Réserve peut être qualifiée de chaco-pampéenne avec ses pâturages, ses lagunes, ses bois de saules et d’acacias…

Elle abrite quelques 1500 espèces vivantes. On dénombre au moins 250 espèces d’oiseaux, 9 d’amphibiens, 23 de reptiles, 10 de mammifères, 10 de poissons, 50 de papillons et plusieurs centaines d’insectes et invertébrés. On compte aussi une grande variété d’arbres et de fleurs : 245 espèces végétales regroupées en 55 familles différentes.

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L’espèce végétale la plus visible est la Cortadera – herbe des pampas. Lors de sa fleuraison, la Cortadera développe une sorte de plume au bout de sa tige, reconnaissable à sa couleur blanche et à sa texture soyeuse.  Cette plante a notamment attiré l’attention de pépiniéristes nord-américain qui la cultivent et la commercialisent dans leurs pays sous le nom de « pampas grass ». A côté de la Cortadera, on trouve énormément d’Alisos de rio (Tessaria integrifolia), de Chilcas (Baccharis latifolia) ou encore de Saules pleureurs (Salix babylonica). On trouve au total près de cent espèces végétales argentines qui peuplaient originellement les berges du Rio de la Plata : la Celtis Tala, la Scutia Boxifolia et la Rhombifolia notamment. Enfin, on trouve dans la Réserve la fleur de Ceibo, qui a d’ailleurs sa fête nationale le 22 novembre depuis 1942. D’après une légende populaire qui explique la naissance de cette fleur, Anati, une petite indienne fut capturée par les espagnols avec sa tribu. Prisonnière, elle réussit cependant à s’échapper en tuant son gardien. Mais rattrapée, elle fut condamnée à brûler vive. Sur le bucher, elle se changea en Ceibo.

Et parmi toute cette flore, se cache une faune abondante. Les reptiles aquatiques et semi-aquatiques y sont nombreux : vipère Yarara (Rhinocerophis ammodytoides), couleuvre verte (Hierophis viridiflavu), lézards… Tout comme les amphibiens et les tortues (fluviales et de Floride surtout) Notons aussi les nombreux rongeurs : ragondins, rats des champs, cochon d’Inde sauvage, rat jaune pygmée, marsupiaux et même chauves-souris.

Autre caractéristique notable de la Réserve : les lagunes. Il s’agit d’eau stagnante, de caractère semi-permanent. Leur faible profondeur favorise le développement de plantes aquatiques comme les algues microscopiques. La faune y trouve une base alimentaire et un refuge pour ses nids et ses terriers. Cependant, la faible profondeur des lagunes rend les rives inondables et favorise le développement de plages boueuses sans végétation. Aussi la Réserve souhaite-elle transformer les lagunes en étangs, notamment celles de los Macaes, de los Coipos, de las Gaviotas et de los Patos. Rappelons-nous que l’objectif de la réserve est la pédagogie environnementale et non le maintien d’un processus naturel, contrairement aux parcs nationaux d’origine naturelle. De plus, conserver l’écosystème aquatique c’est augmenter la richesse des espèces et ériger une barrière naturelle contre le feu. En effet, on trouve dans ces lagunes de nombreuses espèces de poissons qui recréent la faune originelle du bassin du Parana. De plus la plupart ont la faculté de survivre aux périodes de sécheresse grâce à une sorte de poumon qui leur permet de respirer de l’air lorsque la sécheresse frappe les lagunes.

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Plus de 50 especes de papillons dans la reserve écologique de Buenos Aires.

1 – Isoca de la alfalfa (hembra) Colias lesbia – JST
2 – Cuatro ojos común Junonia genoveva hilaris – CGL
3 – Hortensia Euptoieta hortensia – JST
4 – Espejitos Agraulis vanillae maculosa – CGL
5 – Lechera argentina Tatochila mercedis vanvolxemii – CGL
6 – Dama manchada Vanessa carye – CGL
7 – Ajedrezada menor Pyrgus orcynoides – JST
8 – Frotadora esmeralda coluda Cyanophrys remus – CR
9 – Ajedrezada de lunar Heliopyrgus americanus bellatrix – JST
10 – Dama pintada Vanessa braziliensis – JST
11 – Claudina Claudina tegosa – JST
12 – Perezosa grande Actinote pyrrha – JST
13 – Saltarina amarilla Hylephila phyleus – CGL
14 – Medialuna común Lerodea eufala – CGL
15 – Monarca Danaus erippus- JST
© CGL

nullLe paradis des oiseaux :

Bien évidemment, L’espèce la plus recherché par les visiteurs ici est l’oiseau, bien que tous les représentants de l’espèce ne soient pas présents à la même période de l’année. Aussi la Réserve a-t-elle pour logo un canard Siriri Pampa – son bec orange le rend facilement reconnaissable. La majorité de ces espèces d’oiseaux  représentent la grande biodiversité argentine.

La diversité des oiseaux est impressionnante : poules d’eau, grandes aigrettes, grèbes, cormorans, cygnes blancs ou encore cygnes à cou noir. On ne trouve cependant pas que des oiseaux aquatiques. Il est aussi intéressant d’observer les rapaces : le Carancho ou caracara huppé (caracara plancus), le chimango (Milvago Chimango), la chouette effraie (Tyto Alba) ou encore la chevêche des terriers (Athene Cunicularia).

Deux espèces à ne pas manquer : le Zorzal colorado (Turdus rufiventris ou Merle à ventre roux) qui, se mettant à chanter d’août à décembre, donne un caractère mélancolique du plus bel effet à la Réserve, et l’Hornero (Furnarius rufus ou Fournier roux), oiseau national d’Argentine, connu pour ses nids faits en terre.

Notons que la passion des oiseaux est telle dans la Réserve que celle-ci a organisé en novembre 1998 le 5ème Championnat du monde de Colombophilie (élevage et dressage de colombes).

nullLes défis majeurs de la réserve :

Cadre idyllique, l’environnement de la Réserve est encore instable. Premièrement à cause de sa situation géographique : la ville amène  de nombreux chats et chiens errants qui attaquent la faune de la Réserve. De plus, le Rio apporte toutes sortes de déchets, menaçant la conservation de lagunes.

La Réserve doit aussi faire face depuis 2006 à des vagues de sécheresse, durant lesquelles les lagunes disparaissent. Cette sécheresse accentue également le risque d’incendies. Depuis sa création, la réserve a connu plus de 300 incendies. On évoque cependant des conflits d’intérêts. En effet, beaucoup d’incendies démarrèrent lors de discussions autour de projets d’urbanisme concernant la Réserve (immeubles héliport à usage présidentiel…). Ainsi, si le record fut enregistré en 1992 avec 49 incendies, c’est aussi cette année-là que démarra le grand projet de Puerto Madero. Le manque de contenu judiciaire empêcha de prouver la relation directe entre les incendies et les intérêts économiques. Or ces incendies dérèglent la biodiversité : il faut, par exemple, deux semaines à la Cortadera pour repousser après un incendie, contre beaucoup plus à la plupart des autres espèces végétales. Dès lors, chaque incendie permet lui permet de s’étendre encore un peu plus dans la Réserve.  Cependant, la Réserve a mis en place de meilleurs dispositifs de sécurité comme des caméras qui détectent les débuts d’incendies.

 

nullProjets et modernisation de la Réserve :

Pour que la Réserve soit un centre de pédagogie environnementale, il faut en conserver ses écosystèmes et dans certains cas les restaurer, voire les recréer. Un service vétérinaire spécialisé dans la protection des espèces animales menacées a ainsi été mis en place. Depuis sa création, ce service a pris en charge plus de 2000 individus. Ce service a aussi mis en place une médecine vétérinaire préventive : le moindre agent infectieux qui colonise une partie de la réserve est contrôlé.

La création de ce service vétérinaire s’est accompagnée de la création d’un laboratoire, de l’informatisation de la Réserve et du projet de remaniement intégral des lagunes afin de les préserver.

Dans ses projets futurs, la Réserve, sous l’égide de son directeur Claudio Bertonatti, compte transformer 18 hectares, anciennement occupés par une entreprise de construction d’autoroutes. Vont être créés de nouveaux baños publicos et un centre moderne qui accueillera des expositions temporaires et permanentes ainsi que des congrès.

Un projet intéressant serait de créer un service archéologique. En effet, on trouve dans la Réserve d’anciens objets, ou restes d’objets (céramiques, vitraux..) très appréciés des chercheurs en patrimoine. Ces derniers y récoltent des données importantes sur la société porteña d’antan.

nullLa Reserve, rendez vous des porteños le weekend :

Il est certain que la réserve est bien plus active le week-end qu’en semaine. Allez-y donc faire un tour pour vous oxygéner le samedi et dimanche après midi. En été de nombreux moustique vous attendent au crépuscule, alors choisissez plutôt de vous y rendre en pleine journée.

Il existe plusieurs circuits parcourant la Réserve : le Chemins des Lagartos qui permet d’apprécier la lagune des Coipos, celle des Patos et celle des Gaviotas et le Chemin du Medio qui conduit directement au Rio en longeant les lagunes des Patos, celle des Gaviotas et celle des Macaes (l’accès à celle-ci se fait uniquement avec un guide). De plus, depuis le Rio partent 3 chemins : celui des Alisos, celui des Sauces et celui des Plumerillos. Il y a des circuits pour tout le monde : de 45 minutes à 2h 40 minutes. La Réserve organise, de plus, des visites guidées et des visites nocturnes les jours de pleine lune.

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nullFiche pratique :

L’adresse officielle de la réserve est Avenida Tristan Achaval Rodriguez 1550, C1107ACR, Buenos Aires. Mais pour vous y rendre il suffit de passer par la seule entrée du parc se trouvant dans l’axe de la calle Estados Unidos passant sur le pont délimitant Dique 1 de Dique 2 au niveau de Puerto Madero pour donner sur la calle Rosario Vera Peña.

Vous avez des visites guidées le matin à 10h30 et l’après-midi à 15h30, ainsi que des visites nocturnes généralement les vendredis de pleine lune, il est nécessaire de se renseigner et de s’inscrire au préalable. Un numéro de téléphone pour cela : 4315.4129 ou 4893.1853 ou alors des mails    visitasguiadas_recs@buenosaires.gob.ar, ainsi que reserva_cs@buenosaires.gov.ar.

 Allez jeter un coup d’œil sur leur site :  http://www.buenosaires.gov.ar/areas/med_ambiente/reserva/

 La réserve est ouverte toute l’année mais est fermée les lundis. Entre avril et octobre de 8h à 18h et de novembre à mars de 8h à 19h. L’entrée est libre et gratuite.

Il existe aussi deux sites amateurs et privé sur la réserve écologique :

Pour la Reserve : http://www.porlareserva.org.ar/DatosReserva.htm

Et surtout un excellent autre site spécialisé sur les oiseaux de la réserve, les photos des oiseaux de cet article en sont tirées : http://www.reservacostanera.com.ar/

A lire aussi dans le Petit Hergé sur le quartier de Puerto Madero :

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Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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