8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 13:00

Mise à jour : 08 Août 2011. Catégorie : Buenos Aires.

Article écrit par Laurence Hilleret.

Le Bar de Cao à Buenos Aires :

 

A la limite entre les quartiers de San Cristobal et de Balvanera, sur l’avenida Independencia juste à l’angle de Matheu s’élève le bar le plus célèbre du quartier le Bar de Cao. Presque 100 ans de loyaux services aux habitués des lieux. Almacen, despacho de bebidas mais aussi café. Voilà qu’il maintient son décor et son atmosphère malgré fermetures et changements de propriétaires.

 El Almacen La Armonia :

 Créé en 1915 dans le quartier alors ouvrier de San Cristobal, le bar prend le nom de « El Almacen La Armonia ». Il s’agit alors de ce qu’on appelle en Argentine une « Despensa y despacho de bebida » accompagné d’un petit secteur où quelques tables sont dressées pour servir quelques boissons à la clientèle. La facturation se fait bien plus sur les ventes de boites de conserves, de bouteilles et de quelques articles de bazar que sur les boissons à consommer sur place.

En janvier 1919, lors de la « semaine tragique » le bar essuya tout comme le quartier les manifestations, les barricades et les charges de la police contre les ouvriers des ateliers Vasena situés à quelques cuadras de là, qui se soldèrent par 700 morts. 

En 1920 un des frères Cao provenant tout juste des Asturies y trouve un emploi comme garçon et saura se rendre indispensable pendant plus de 40 ans, jusqu'à ce qu’il puissent acheter le fond de commerce avec l’aide de ses frères en 1958.

Le Bar de Cao :

 En 1958, la despensa La Armonia prend le nom de Bar de Cao, les frères Cao régnant en maître sur les alentours. On prend l’habitude de dire « Voy a lo de Cao ». Quatre décennies qui forgent la réputation des lieux dans le quartier. En 1999, le dernier des frères Cao alors très âgé décide de vendre.

en 1999. C’est Nestor Rosales, ne voulant pas voir mourir ce qui était devenu une institution à San Cristobal, qui achète le bar. Cet habitué du quartier et des lieux décide de le reprendre et essaye de garder le style et l’esprit des frères Cao. Il entreprend des travaux à l’intérieur, notamment en abattant la paroi du fond du bar pour l’agrandir. Il redonne au bar son nom initial d’El Almacen. Cependant, n’étant pas très commerçant et manquant d’expérience, il le revend.

En c’est un musicien, Jorge A Mehaudy, qui reprend à son tour le commerce pour le gerer pendant 2 ans avant qu’il ne ferme définitivement en 2004.

En septembre 2005, restauré et rénové, par son actuel propriétaire, il ré-ouvre, en reprenant son ancien nom de Bar de Cao, et reste aujourd’hui encore un lieu incontournable du barrio.

Bar Hermanos Cao (de Ana María Torres Buchieri).

Lentamente camino por Avenida Independencia,
mis ojos contemplan porteñas estrellas como guías,
el gris de los cordones va formando vías...
en esa trocha de ensueños mi alma es ambrosía.

En esta noche, de silencios y armonías,
mi sombra se espeja en algún charquito azul de la vereda,
cuando llego a la esquina de Matheu e Independencia.
"Carlitos" con su ancha sonrisa, transparente, me espera...

 Acodado en el estaño del Café Hermanos Cao,
me hace una seña, me acerco y toco ese velo
impalpablemente tenue que lo cubre... ¡y lo beso!
y en mis sueños de poeta, le digo entre susurros quedos

Mis versos son humildes pero, si tú los dijeras!...
Si los cantara tu voz!..., en una noche de esas,
en que el viento se ha dormido y los árboles sueñan,
comprendería mi razón en la tierra.

De pronto el Bar se ilumina,
fosforescentes contornos rodean las mesas,
los estantes con botellas tintinean,
un Bandoneón suena, que prodigio,
una flor tuvo cita de amor,
pétalos empurpurados cayeron en derredor.

Una mano acerada me saluda, mientras se va diluyendo...
se quita el sombrero y sonríe,
con sutil gesto me muestra una chapa que dice
"mil novecientos quince CAO HERMANOS, Despacho de comestibles".

Aujourd’hui que trouve t’on au Bar de Cao ?

 

Sur la porte d’entrée, l’emblème « cafés notables » donne le ton : le bar de Cao est un des heureux établissements qui en fait partie, c’est-à-dire qu’il fait partie du patrimoine de Buenos Aires, par son authenticité, sa conception architecturale ou sa légitimité locale au sein de la vie du barrio. C’est donc supposé être un bar digne d’attention et qui vaut le détour.

Tout ici rappelle l’époque d’alors. De la carte retranscrite sur des ardoises à la craie aux simples tables de bois, en passant par les vieux percolateurs d’époque ou encore la charcuterie qui sèche, pendue au plafond.

Sur les murs, de vieilles affiches de pub pour Coca-cola et Cinzano sont encore là, à côté desquelles trônent des portraits d’artistes. Même les vitres sont décorées, notamment peintes au nom du bar. Il se dégage une atmosphère particulière, comme si le temps s’était arrêté au début XXème,  comme si en sortant du café on ne s’étonnerait pas de voir passer une calèche et se balader des gentlemen en complet. 
D’ailleurs, le comptoir, la porte d’entrée et les grandes vitres sont d’époque et contribuent au charme du café.

Au fond, une grande toile blanche recouvre le mur, ce qui nous étonne, alors on demande : en fait, cet espace est dédié aux artistes, qui exposent ici par période de 15jours (malheureusement pour nous, ce devait être le moment du renouvellement...). Ainsi, la nouveauté s’invite parfois dans ce café, au gré des œuvres des artistes, comme une fresque du dehors qui s’immisce au dedans.

Le bar de Cao, c’est tout un univers. Ici, c’est le rendez-vous des gens du quartier qui s’arrêtent volontiers pour continuer leurs discussions sur le pas de la porte, ici, on trouve des étudiants un peu artistes qui viennent crayonner les lieux, on trouve des couples d’amoureux plus tout jeunes qui se sourient en partageant des alfajores artisanales, on trouve aussi les trois vieux copains du coin, piliers de comptoir, qui viennent parler de la vie du barrio ou encore des personnes seules qui viennent simplement profiter des lieux.

On sent que c’est un endroit à habitués mais qui accueille volontiers de nouveaux arrivant de passage.

Les spécialités :

 Au-delà de son ambiance, le Bar de Cao, c’est aussi une carte fournie qui nous ravie. Si les picadas restent la spécialité de la maison (La Cao à 59 Ars, et la Gran Cao à 70 Ars pour deux personnes), on trouve aussi des salades, pâtes artisanales et ravioli (Ravioles et les tallarines, les deux spécialités de la maison). Au dessert, il y a bien sûr le fameux flan à la crème (16 Ars sans crème et 19 Ars avec) mais aussi des strudels aux pommes (22 Ars). Les amateurs de cafés devraient, quant à eux, y trouver leur compte tellement le choix est large. Pour les autres, la maison propose des boissons typiques, douceurs et bières artisanales spécialement conçues pour ce bar. Le Fernet et le Pineral arrivant en tête !

 Le bar de Cao est loin de toutes les zones dites touristiques, tant mieux, que des habitués du quartier, on fera donc volontiers le détour pour profiter de son univers.

On a testé pour vous :

Les panqueques au Dulce de Leche ($20) : superbe présentation cependant ce ne sont pas des pancakes mais…des crèpes. Aromatisées mais très bonnes et très épaisses, elles nous étonnent et nous ravissent !

Le Thé dulce de leche ($12) : assorti d’un peu de lait chaud et de vrais gros morceaux de sucre qui concurrencent l’éternel édulcorant, on le conseille.

Le Strudel de Manzana (22 Ars) : Enorme dessert, une variante de ce gâteau allemand à base de pommes. Plus pour le partager à 2 personnes que pour le manger seul.

Les Ravioles de pavita con salsa de champiñones (28 Ars les raviolis + 14 Ars la sauce). Comme son nom l’indique des vrais raviolis maison fourrés de morceaux de dinde le tout baignant dans une sauce de champignons de Paris. Un régal.

Le Pineral : (23 Ars) Un apéritif ressemblant fort au Fernet mais moins aigre. A mélanger avec une dose de soda sifon. Ca passe très bien !

La bière artisanale : (De 13 Ars à 15 Ars) Au nombre de trois, le goût de la blonde tranche sur la Quilmes, un peu plus forte, servie dans une choppe de 33 cl et accompagnée par une tablita de chips et de cacahouettes.

Tous les prix sont d'août 2011.

Fiche technique :

Adresse : Avenida Independencia 2400 (Esquina Matheu) dans le Barrio de San Cristobal.

Horaires d’ouverture : Du dimanche au jeudi de 8h à 2h. Vendredi et samedi de 8h à 4h. 

Tél : (54 11) 4943 3694

Bus : 23-53-61-95-96-188

Les conseils du Petit Herge :

Enfin un véritable bar de quartier encore dans son « jus », aucun touriste brésilien, aucun provincial, que des plats pour les habitués, des alcools sortis d’un autre age, on est projeté dans le passé. Petit, intime, les tables en bois sont véridiques, pas de « faux vieux » comme à San Telmo ou à Abasto. Ca sent le vécu. Les tarifs ont malheureusement suivis l’inflation, encore bon marché il y a un an, il faut aujourd’hui s’apprêter à lâcher 100 pesos par personne pour goûter aux plats, desserts, apéritifs alcools et bières ! Pas de doute, pour voir enfin de l’authentique aux antipodes du Tortoni et de la Biela, il faut y mettre son nez !

A lire dans le Petit Hergé :

Cafe de los Angelitos (Buenos Aires)- Cafe Los Angelitos à Buenos Aires. (Juillet 2011). 

Le « café de los angelitos », un nom derrière lequel se cache plus d’un siècle d’histoire ainsi que deux facettes pleines de surprises pour le visiteur. Café du matin dans un décor sympathique, nid à touristes, haut lieu du Tango ou véritable institution en Argentine ?

Les bars historiques de Rosario (Santa Fe)- Les bars historiques de la ville de Rosario.(Janvier 2008).

Rosario, troisième ville du pays regorge aussi de vieux bars historique, un rapide tour d'horizon des endroits les plus celebres de la ville.

 

Buenos Aires : Le Bar Merval- Le bar Merval de Buenos Aires. (Juillet 2009).

Au 852 de la calle Viamonte à Buenos Aires, un bar où les prix varient chaque minute selon la loi de l’offre et de la demande : plus une boisson est commandée, plus elle augmente et inversement. Un concept simple et original, encore fallait il y penser ! 

La Confiteria Las Violetas (Almagro - Buenos Aires)- La Confiteria Las Violetas. (Septembre 2010).

La Confitería Las Violetas fut inaugurée il y a plus de 125 ans à l’angle joignant l’avenue Rivadavia –qui fait le lien entre la fameuse Plaza de Mayo et l’Ouest de la ville jusqu’à Flores –et la rue Medrano.

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