17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 20:00

Mise à jour : 17 mars 2013.

nullPalacio Barolo :

 

Inauguré en 1923, cet immeuble haut de 100 mètres fut le plus élevé de la ville avant l’édification du Kavanagh sur la Plaza San Martin en 1936. C’est un immigrant italien devenu chef d’entreprise textile à Buenos Aires, Luis Barolo (1869-1922) qui passa le projet à son compatriote architecte milanais Mario Palanti (1885-1979) dès 1915. Les deux étant des admirateurs de Dante Alighieri (1265-1321), le bâtiment a de nombreuses références à son œuvre et plus particulièrement à la "Divine Comédie". Au sommet du "Palacio" un phare fut installé servant à guider les bateaux entrant dans le port de la ville. Après restauration en octobre 2009, le phare a repris du service mais ne sert plus aujourd’hui qu’à titre d’ornementation. Le Palacio Barolo comprend une galerie au rez-de-chaussée et les étages sont toujours occupés par des bureaux. Il a été restauré entre 1997 (année ou il est classé monument historique national) et 2009. On peut le visiter.

 

Photo : Vue du Palacio Barolo de la toiture de l'immeuble situé Avenida de Mayo 1401. (Cliquez sur la photo pour agrandir)

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Photo Aérienne : Prise de l'Avenida de Mayo vers 1925 où l'on distingue très bien le Palacio Barolo. (cliquez sur la photo pour agrandir).

A sa gauche, L'Edificio "La Inmobiliaria" (A) bureaux et habitations RDC + 6 étages plus les angles surmontés de coupoles, construit en 1910 et toujours debout. En (B) à l'angle de la calle San Jose, l'Edificio "Singer", RDC + 5 étages uniquement à usage commercial construit en 1913 et toujours debout. En (C) un immeuble d'habitations RDC + 7 étages, toujours debout et construit en 1915. En (D) Le Palacio Barolo (1923). En (E) Immeuble de logements RDC + 6 étages, toujours debout. En (F) Un hotel RDC + 4 étage toujours debout mais la façade est totalement défiguré, il s'agit aujourd'hui du "Gran Hotel Vedra". En (G) un bâtiment de bureaux RDC + 3 étages à l'angle de la calle Santiago del Estero démoli en 1974 pour laissé place en 1975 à deux horribles tours de logements qui défigurent toute la cuadra !  Enfin en (H), un immeuble haussmannien RDC + 7 étages, l'Hotel Mundial existant depuis 1913 et renové en 2009.

nullUn palais à la gloire de Dante :

Si l’Italien Luis Barolo avant son arrivée en Argentine (en 1890) était déjà un industriel et commerçant de textiles, une fois à Buenos Aires, il s’intéresse plus particulièrement aux machines à filer le coton qu’il va importer dans le pays. Il installe aussi les premières fileries de laines et achète des terrains dans le Chaco où il lance la culture du coton. C’est ainsi que lorsqu’il fait la connaissance de l’architecte Mario Palanti en 1910 lors des fêtes du centenaire, le jeune architecte venant de terminer le pavillon de l’Italie et sa renommée croissant, Barolo a déjà d’énormes moyens financier. L'industriel se lance à chaque fois dans des projets plus ambitieux les uns que les autres. Les deux hommes s’apprécient et leur amour en commun de Dante les rapprochent jusqu’à monter ensemble ce projet totalement idéaliste de placer à Buenos Aires l’édifice le plus haut d’Argentine à la gloire du poète. Les deux hommes appartiennent aussi à une même loge maçonnique de Buenos Aires et cette idée de rapporter les cendres de Dante pour les placer dans le Palacio aurait été prise ensemble sans en parler à quiconque. Le poète et écrivain Dante Alighieri (1265-1321) était maître de la Confrérie de la Fede Santa, organisation ésotérique et secrète dérivé de l’Ordre du temple. Ses initiés étaient obligés de communiquer en vers, tout comme Giovanni Boccaccio, Ludovico Ariosto et Torquato Tasso qui en furent aussi les intégrants. Photo : Luis Barolo

Vidéo : Bande annonce du reportage datant de 2009 que vous pouvez retrouvé en entier ci dessous.

nullLe plus haut gratte ciel d’Amérique du Sud en 1923

Luis Barolo achète un terrain sur l’Avenida de Mayo qui vient de se terminer et une des dernières parcelles de libre se situe au bout de cette même avenue à quelques mètres de la Plaza Congreso. Cette parcelle donne sur l’avenue (au 1370) mais aussi à l’arrière sur la calle Victoria (qui prendra le nom de Hipólito Yrigoyen). Etendue sur 1365 m2 cette parcelle a une façade de 30,88 m sur l’Avenida de Mayo, bien que les réglementations de la ville stipulent qu’on ne peut pas dépasser une hauteur de 20 m, il obtient tout de même l’autorisation exceptionnelle de la part du maire Luis Cantilo en 1921 pour pouvoir monter à 100 m pour (je cite) « donner plus de prestige a la coupole du Congreso ». On a du mal aujourd’hui à comprendre comment se bâtiment situé à 300 m du Palacio de Congres put par sa seule présence donner plus de prestige puisqu’il le dépasse en hauteur.  En tout cas, après 4 ans d’étude, et surtout le retour de Mario Palanti parti pour la « Grande Guerre » se battre dans l’armée italienne, en 1919, le premier coup de pioche est donné avec la ferme intention de le terminer en 1921, pour le 600ème anniversaire de la mort de Dante. Mais comme toujours, de nombreux problèmes entraineront des retards et le Palacio ne sera inauguré qu’en juillet 1923. En cherchant bien, on trouve même encore des travaux de finitions dans le Palacio jusqu’en 1932.

Le bâtiment est ultra moderne techniquement pour l’époque, puisque ca sera le bâtiment le plus haut d’Amérique Latine mais aussi un des plus hauts du monde pour un édifice en structure métallique et béton armé. La plupart des édifices de l’époque étaient déjà en structure métallique (tel que le Palacio Congreso) mais le remplissage était souvent en briques. null Si l’ensemble du bâtiment n’est occupé que de bureaux, le rez-de-chaussée a toujours eu un caractère commercial. Une galerie (appelé Pasaje Barolo) occupe une grande partie de l’immeuble, elle unit l’Avenida de Mayo à la calle Hipolito Yrigoyen. On peut y passer librement (sauf le weekend). Un véritable courant d’air a toujours circulé dans ce passage qui a procuré plus d’un rhume à ceux qui y ont travaillé. En effet, depuis l’origine aucune porte ne matérialise l’entrée et la sortie de cette galerie. Il faut attendre le début des années 2000 pour enfin clore l’espace de portes vitrées. Au fil des années de nombreux commerces se sont alternés dans la galerie, mais sans aucun succès, le dernier fut un restaurant en mars 2007 qui ferma rapidement ses portes. Pourtant à l’origine existait déjà ce restaurant occupant une partie du Rez-de-chaussée et du 1er étage sur la galerie. Sur Avenida de Mayo au début des années 30, s’est installé même un concessionnaire Buick et Oldsmobile remplacé par la suite par un bazar du nom de "todo por dos pesos". Dans le Palacio Barolo fonctionna aussi l’agence de presse Saporitti. Aujourd’hui de nombreuses officines de petites PME occupent le Palacio. Photos : Image de synthèse du volume du Palacio Barolo (Cliquez sur la photo pour agrandir), et intérieur du concessionnaire Buick dans les années 30. (Cliquez sur la photo pour agrandir).

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Photos : Palacio Barolo et l'avenida de Mayo. A gauche, au fond la Plaza Congreso. A droite au premier plan l'Edificio Singer. (Cliquez sur les photos pour les agrandir)

nullUn style Rioplatense néogothique :

Le Palacio Barolo est un bâtiment de bureaux (au nombre de 400 à l’origine, certains ont fusionné et sont aujourd’hui au nombre de 297), aucune habitation n’y est présente, ni à l’origine ni même aujourd’hui. Barolo voulait y placer ses bureaux au 1er et 2ème étage, ce qui explique que certains ascenseurs ne desservent que les niveaux des sous sols, du rez-de-chaussée et des deux premiers étages. Alors que d’autres partent du Rez-de-Chaussée pour ne desservir que les étages situés à partir du 3ème.

Au fur et à mesure de la construction bon nombre de porteños restaient dubitatifs devant la façade et sa décoration, certains même n’hésitant pas à nommer ce style de «Remordimiento Italiano » (remord italien), de « Gothique Romantique », de « Château de sable » ou même de « Gothique Vénitien ».

Il est vrai qu’en comparaison avec déjà toutes les façades existantes de l’avenida de Mayo, on pouvait rester étonné des dimensions et du style de l’ensemble. On le classe sérieusement aujourd’hui dans un style néogothique, voire néoromantique. Même la coupole est inspirée d’un temple hindou (celui du Rajarani Bhubaneshvar du XIIème siècle). Edifice difficile à cerner, et difficile à cataloguer ! On lui reconnaît peut être un éclectisme historique que seul, un autre projet du même architecte Palanti, le Palacio Salvo de Montevideo partage. Photos : Images de synthèse du volume du Palacio Barolo (Cliquez sur la photo pour agrandir).

Vidéo : Palacio barolo, le ciel et l'enfer à Buenos Aires. En 5 parties. (2011)

Première partie : 10 mn 37 s.

Les autres parties sont à voir sur :

2ème partie : http://www.youtube.com/watch?v=kXH-CCC7aZg

3ème partie : http://www.youtube.com/watch?v=1LTQaMCochA

4ème partie : http://www.youtube.com/watch?v=uMteABpoQdY

5ème partie : http://www.youtube.com/watch?v=JySe09ZF0uk

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Photos : On avait disposé dès l'origine du Palacio, 2 kiosques dans la galerie. Il en reste encore 1 original (aujourd'hui classé) du coté de la sortie calle Yrigoyen. Puis au fil des années d'autres kiosques ont commencé à emcombrer le passage. A gauche, photo des années 70, on en voit deux (dont un caché derrière celui des photocopies Xerox), en 2005 (photo de droite) il en reste encore un (celui qui était caché sur la première photo). En 2009 ce dernier sera enfin supprimé. Aujourd'hui (2013) il en reste encore deux du coté de la calle Yrigoyen, dont celui de 1924. (Cliquez sur les photos pour agrandir).

nullEsotérisme, symbolisme et nombre d’or :

Pour ce qui est de la relation entre architecture et de l’œuvre de la divine comédie, nous entrons en plein dans un délire ésotérique quant aux symboles employés mais aussi dans le tracé du plan et du volume de l’édifice. Rien n’est laissé au hasard, tout est calculé suivant le nombre d’Or, PI (la fraction 22/7 est assez présente), ou la symbolique de la Divine Comédie.

C’est donc en suivant l’œuvre de Dante, que le Palacio est aussi divisé verticalement entre Enfer (sous-sols et Rez-de-chaussée), le Purgatoire (les 14 étages inferieurs pour les 7 gradins de la montagne du purgatoire) et le Paradis (du 15ème au 22ème

Etage, soit 8 étages pour les 8 planètes que Dante avait identifiées). Les neufs espaces de la Galerie, représentés par les voutes, sont au nombre de 9, tout comme les 9 pas d’initiation et les 9 cercles de l’Enfer, quand au phare il est en 9 parties aussi pour représenter les 9 sphères concentriques du Paradis. Sur le phare est représenté la constellation de la Croix du Sud qui est aligné sur l’axe du bâtiment chaque premier jour de juin à 19h45. La hauteur totale (avec le phare) est juste de 100 m comme les 100 chants de la Comédie Divine et comporte 22 étages comme le nombre de strophe de versets de l’œuvre de Dante. Qu’il s’agisse d’architecture propre, de décorations, de peintures et de sculptures rien n’est laissé au hasard,  depuis de nombreux architectes se sont penchés sur ce bâtiment pour en connaître toute la signification. On est encore loin d’y avoir tout découvert !

nullDernier exemple des messages cryptés existants dans tous les recoins du Palacio, au niveau du phare, la circonférence a été divisée en 640 segments. Et pourquoi ne pas avoir inscrit plutôt 360º ? Parce que 640 divisé par 72 donne 8,88888 à l’infini. 8 étant le symbole ∞. Le chiffre 72 étant le nombre de vers existant avant et après l’apparition de Béatrice (au 73ème vers) sur un total de 72 + 1 + 72 = 145 vers que comprend le 30ème chant du Purgatoire.

Si on continue un peu dans le même 30ème chant : ce XXX° chant du Purgatoire est précédé par 63 chants (34 dans l’Enfer et 29 dans le Purgatoire)

et suivi par 36 chants (3 dans le Purgatoire et 33 dans le Paradis). 63 et 36 sont des nombres formés de

chiffres placés de façon symétrique autour du XXX° chant.

De plus, selon la Cabale, 30 est un nombre parfait car il est formé de 10, nombre parfait, multiplié par 3, nombre parfait.

63 est formé de 6 et de 3, soit 9, nombre parfait

36 est formé de 3 et de 6, soit 9, nombre parfait

100, nombre total des chants de la Comédie, est formé de 10 fois 10, et 10 est un nombre parfait.

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nullInauguration après la mort mystérieuse de Barolo :

 Luis Barolo ne vit jamais achever son Palacio, puisqu’il mourut quelques mois avant son inauguration le 07 juillet 1923. Cette mort fut suspecte, certains affirmèrent qu’il se suicida, et d’autres font état d’un possible empoisonnement. En tout cas la version officielle reprise par les journaux de l’époque fut décès après arrêt cardiaque. Il avait 52 ans et était en parfaite forme physique… bizarre ! Il parait plus possible qu’il se suicida, car après la disparition d’une sculpture faite par Palanti représentant Dante montant au ciel, il était devenu en peu de temps totalement dépressif.

Cette sculpture est un mystère, en effet, on se demande déjà pourquoi Palanti se fut spécialement à Triste (Italie) pour la travailler (Un aigle de 1,50 m de haut et de 2 m de base). On se demande en fait si les cendres de Dante étaient vraiment à l’intérieur. Juste après son retour en Argentine, la sculpture est volée. On la retrouva qu’en 2002, elle était aux mains d’un collectionneur de Mar del Plata. L’administration du Palacio Barolo lui fit une proposition de rachat, mais celui-ci refusa. Très âgé, quelques années ensuite après sa mort, le Palacio Barolo refait une proposition à sa veuve, qui elle aussi refuse. Peu de temps après au domicile de cette veuve, la sculpture est mutilée, et une partie est volée. Le mystère demeure. Il est certain aujourd’hui d’affirmer que Barolo et Palanti avait bien prévu de faire venir les cendres de Dante à Buenos Aires pour les placer sous la voute central du Palacio. Au niveau de cette statue de bronze nommée « El Asuncion » qui représente justement l’envol du poète vers le paradis. Aujourd’hui c’est une réplique qui orne le centre de la galerie. Photo : La réplique de l'Asuncion dans le centre de la Galerie (Juillet 2012).

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nullL’architecte Palanti :

Après la mort de Barolo, Palanti reste à Buenos Aires ou il continuera à construire de très nombreux immeubles comme l’Hôtel Excelsior (1927-1928, aujourd’hui Hotel Castelar, aussi sur l’Avenida de Mayo au 1152) mais son projet le plus connu fut le Palacio Salvo (1923 à 1928) à Montevideo, une réplique du Palacio Barolo. L’Architecte voulait de l’autre coté du rio de la Plata construire le pendant de ce qui existait déjà sur l’Avenida de Mayo. Les deux Palacios représentant les deux colonnes d’Hercule marquant l’entrée du rio de la Plata comme un « pont de lumière » comme le disait l’architecte. (A gauche, photo de Mario Palanti)

Palanti était fasciste italien avec toute la symbolique antique romaine que cela entraine. Fervent admirateur de Mussolini dès son début (en 1922), il décide de rentrer en Italie une premire fois en 1924, et définitivement en 1933 pour mettre sa connaissance au service du Duce. Il se lance dans le projet de la Mole Littoria, qui devait être dans le style le plus fascisant possible en ces années 30, le gratte-ciel le plus haut d’Europe. null Le projet resta malheureusement dans les cartons car son projet recevra la désapprobation de Mussolini. Autre projet frustré est celui du concours pour le Palazzo Littorio en 1934 toujours à Rome. Palanti déçu mais surtout vexé se retire alors de l’architecture pour ne vivre qu’à la campagne. Il ira jusqu’à signé de sa main les documents officiels : le « paysan Palanti ». Il n’arrivera jamais à monter une opération ni à réaliser un projet en Italie, sauf le caveau de sa famille à Milan où finalement il sera enterré. Il passera donc la fin de sa longue vie, de son retour en Italie en 1933 jusque dans les années 50 à écrire des livres sur l’architecture. Le plus connu "Architettura per tutti" en 1947. Les 20 dernières années de sa vie passeront dans la plus totale indifférence jusqu’à s’éteindre en 1979 à l’âge de 94 ans. Photo : A gauche, un bureau original que vous pouvez voir lors de la visite organisée.

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nullFiche pratique :

Le Palacio Barolo est situé dans le quartier de Montserrat, au 1370 de l’Avenida de Mayo. Une station de métro se situe presque au pied du Barolo, il s’agit de la station « Saenz Peña » de la ligne A. On peut faire une visite guidée du bâtiment, choisissez tout de même une journée ensoleillée pour pouvoir faire de belles photos de la ville du haut de son phare. Les visites n’ont lieu que les lundis et les jeudis de 16h à 19h. Choisissez pour la luminosité plutôt les visites de 16h. Le tarif est assez cher pour une visite qui dépasse à peine une demi-heure : 45 pesos, pour argentins et résidents, 65 pesos pour étrangers (Tarif mars 2013). Comme les explications sont assez ardues (mythologie, Dante, et symbolisme), je recommande uniquement les visites à ceux qui ont un bon niveau en espagnol. Il existe des visites en anglais, mais dans une version un peu plus réduite avec peu d’explications. Je recommande donc la visite en espagnol.

Pour ceux qui ne veulent pas payer, vous avez accès uniquement à la galerie, du lundi au vendredi.

Le site web du Palacio existe en 3 langues. (Espagnol, Italien, Anglais).

Site : http://www.pbarolo.com.ar/sitio/es

Photo : Le Palacio Barolo, à gauche l'horrible ensemble construit en 1975 (Cliquez sur la photo pour agrandir).

 

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