|
|
|
Pascal Terry
LE HAVRE. Pascal Gilbert, le Saint-Pairais, et Pascal Terry, le Percyais, ne se contentent pas de porter le
même prénom. Ni de piloter le même modèle de moto, une Yamaha 450. Non. Ces deux-là ne se quittent pas d'une roue. Se faufilent dans les méandres du gigantesque hangar consacré aux vérifications
techniques, l'un derrière l'autre, exactement de la même façon qu'ils envisagent leur prochaine aventure. Touchant, que de voir ces deux vieux copains se serrer de si près.
Le premier se prépare à son 3 ème Dakar (après 2000 et 2004). Le second vivra en Amérique du Sud son
bizutage en la matière. C'est même lui, qui a convaincu son pote de repartir pour un tour. « Je ne voulais plus le faire à moto, témoigne Gilbert. C'est fatiguant,
dangereux, et je commence à vieillir ! Mais comme on roule en enduro ensemble depuis longtemps, il m'a tanné. Au début, j'ai résisté. Et puis, lorsqu'on a appris quelle serait la destination, que
j'ai découvert le parcours qui a l'air très sympa, j'ai fini par dire oui. Pour une dernière. » Tous deux commencent à tutoyer la cinquantaine. Bien raisonnable, que de s'embarquer dans
telle épopée ? « Ben justement, on va vérifier si le bonhomme est encore costaud, s'amuse Terry. Je ne suis pas très inquiet là-dessus, mais à 55 ans ça serait sans doute
plus difficile. »
C'était donc le moment où jamais. Un choix qui s'imposait, « depuis que le Dakar existe, depuis les
départs sous la Tour Eiffel où j'allais finir mes soirées de Nouvel An à regarder ceux qui partaient, j'en rêvais. Mais je ne l'aurais pas fait seul. Pascal a la technique du truc, en connaît le
principe, et c'est plus facile pour moi de suivre son rythme. » Le facteur entraînant ne prédétermine cependant pas l'ordre de passage futur aux check points, aux ravitaillements
essence. L'un devant l'autre, l'autre devant l'un : ces deux motards-là ne se préoccupent pas de ça. En tout cas, pas pour l'instant. Ils s'engagent à équiper leurs machines de rétroviseurs,
« pour éviter d'avoir à se retourner toutes les deux minutes ce qui présente des risques », et se connaissent tellement bien qu'ils partagent exactement le même
rythme.
Car ce Dakar n'est que la continuité de nombreux raids partagés en Afrique, « même si cela peut
constituer une difficulté d'être à deux. En raid, si tu ne vois pas où est passé l'autre en te retournant, tu peux toujours faire demi-tour. Au Dakar, le règlement l'interdit. Trop de danger,
avec les véhicules qui t'arrivent alors de face. Il va donc falloir nous régler, et prendre nos habitudes. » Ils s'y projettent déjà goulûment, rêvent de ces paysages qui promettent plus
de variété qu'en Afrique, et de les conduire très haut en altitude. 3 200 m en spéciale ; 4 600 m en liaison. Et à coup sûr au sommet de l'amitié. En attendant la concrétisation d'un autre rêve :
celui de courir un jour ensemble en voiture.
Derniers Commentaires