Mise à jour : 07 août 2025. #Actualité.

 

 

07 août 2025 : Situation de l’Argentine

 

Je pense que cette habitude de vous présenter succinctement la situation du pays tous les mois va devenir une habitude, car vous êtres très nombreux à la lire... et merci !

Ce site qui avait commencé comme un blog touristique devient un peu plus indicatif sur la position de l’Argentine et sa tourmente perpétuelle à trouver un équilibre.

Nous sommes le 07 août 2025, et aujourd’hui au petit matin la nouvelle fait la une de tous les médias, puisque les députés ont passé une nuit blanche au Congreso à plancher sur les derniers décrets émis par Javier Milei.

Je sais que ces dernières nouvelles ne vont pas pour autant remettre votre futur voyage dans le pays en question et qu’il n’a aucune incidence sur le monde merveilleux et magique du tourisme, mais pour ce qui est de la vie des habitants, je pense qu’il y aura plus d’implications dans leurs vies que de savoir comment faire la boucle sud de Salta, donc plongeons tête baissée dans ce qu’on appelle « la vraie vie ».

 

Comme toujours, cet article n’a pas pour but de créer des accrocs, des tiraillements et de la zizanie entre nous. Il est uniquement mis en place pour donner de l’information et de poursuivre la mise à jour de la situation dans le pays.

Nous sommes tous différents et avons tous des idées différentes sur tout, et donc personne n’atteint la vérité unique et absolue et c’est normal, c’est comme ça que la démocratie fonctionne.

Vous êtes donc tous invités à apporter votre pierre à l’article en donnant votre point de vue si vous vous apercevez d’un oubli, ou pire d’une erreur. Vous pouvez écrire en dessous un commentaire, ou prendre contact avec moi par mail à petitherge@hotmail.com ou sur FB : https://www.facebook.com/petit.herge

Argumentez vos dires bien sûr et de manière courtoise car une insulte de votre part permettra uniquement aux autres de croire que vous êtes plus bêtes qu’eux !

 

 

 

Nuit de cauchemar à l’assemblée : 5 décrets d’urgence qui ne passent pas.

 

La Chambre des Députés a porté un coup politique sévère aux ajustements de Javier Milei et de son ministre de la  "Desregulación y Transformación del Estado", Federico Sturzenegger, en rejetant une série de décrets délégués émis par le Pouvoir Exécutif qui introduisaient des changements majeurs dans plusieurs organismes décentralisés, comme «Vialidad Nacional » (l'Administration Nationale des Routes), l'INTA (Instituto Nacional de Tecnología Agropecuaria) et l'INTI (Instituto Nacional de Tecnología Industrial).

L'un des plus controversés était le décret de délégation de pouvoirs 461/25, qui avait mis fin à l'existence de l’Administration nationale des routes sans préciser quel organisme ou département de l'État la remplacerait dans ses fonctions. Son rejet a été approuvé par 138 voix pour, 65 contre et deux abstentions.

Le rejet du décret de délégation de pouvoirs 462/25, qui introduisait une restructuration majeure de l'Institut national de technologie agricole (INTA) et de l'Institut national de technologie industrielle (INTI), a également suscité la controverse. Il a été rejeté par 141 voix pour, 65 contre et une abstention.

Ce décret modifiait radicalement la structure de l'INTA. Il dissolvait le conseil d'administration, le transformant en conseil technique, et établissait que l'institut aurait été dirigé par un secrétaire, directement nommé par le pouvoir exécutif.

En un mot, bien que tous ces instituts soient nationaux et donc d’une manière ou d’une autre contrôlés par l’Etat, ils gardaient tous une certaine autonomie et avaient la possibilité de ne pas être d’accord avec le pouvoir exécutif, ne serait qu’en traînant les pieds et retarder ou rendre impossible certaines de ses décisions.  

Parallèlement, le décret 345/25 voulait ordonner la restructuration des organisations culturelles. Sa mesure la plus significative était l'intégration des Instituts nationaux du théâtre et de la musique en tant qu'"unités organisationnelles" du ministère de la Culture. Le vote s'est soldé par un rejet par 134 voix contre 68, avec trois abstentions.

 

Photo : Guillermo Francos (chef du cabinet des ministres) lors de la cession du 06 août 2025. 

 

Le même système s'appliquait aux Instituts nationaux Eva Perón, Sanmartiniano, Yrigoyeneano et Juan Manuel de Rosas. Il dissolvait également les conseils d'administration de la Commission nationale des bibliothèques populaires (Conabip) et de la Commission nationale des monuments, sites et biens historiques.

Le décret 351/25 a été rejeté par 133 voix pour, 69 contre et une abstention. Également promue par le ministère de la Déréglementation et de la Transformation de l'État, cette mesure prévoyait la perte d'autonomie de la Banque nationale de données génétiques (BNDG) en la plaçant sous la juridiction du Secrétariat à l'innovation, à la science et à la technologie, qui, à son tour, dépend du chef de cabinet.

Enfin, le décret d'urgence 340/25 voulait instaurer un régime exceptionnel pour la marine marchande nationale. Dans ce cas, le rejet a aussi été prononcé par 118 voix pour, 77 contre et 8 abstentions.

En un mot, après cette nuit, ces 5 principaux décrets rejetés permettent à ces entités toutes nationales de pouvoir être encore tout de même autonomes et de ne pas devoir suivre aveuglement les ordres d’un seul homme.

 

Photo : La Loi Garrahan et les fonds universitaires sont votés lors de cette même cession du 06 août 2025 contre l'avis du gouvernement. 

 

On sait que Milei n’a pas la majorité à la chambre, mais de là à penser qu’il n’aurait pas eu assez d’appui de la part des députés d’autres formations autres que les kirchneristes, c’est tout de même une surprise.

C’est un peu groggy que Guillermo Francos (chef du cabinet des ministre, l’équivalent du premier ministre) a bien sûr reconnu la défaite en dressant un bilan sévère des résultats, accusant le kirchnérisme de faire de la démagogie en profitant de la proximité des élections nationales (on renouvelle l’assemblée nationale à moitié en octobre prochain) et annonçait qu'il opposerait son veto à "tout ce qui peut l'être".

"Nous avons tout perdu, tout perdu", a reconnu le chef de cabinet lorsqu'on lui a présenté la liste des projets de loi approuvés, notamment le projet de loi sur le financement des universités (en crise depuis des mois, par volonté du gouvernement de restreindre le financement public) et la loi Garrahan (projet de loi des oppositions exigeant une augmentation des salaires du personnel soignant et la "garantie" de ressources pour le fonctionnement complet et durable des hôpitaux pédiatriques).

 

 

 

Est-ce pour cela que tout est terminé ?

 

Je ne pense pas, car Guillermo Francos s’attend à ce que le gouvernement maintienne sa politique de veto sur les lois votées par le Congrès qui "sapent la politique d'excédent budgétaire" (je cite).

En contre-attaque, Guillermo s’en prend directement aux kirchneristes : "Ce siècle a été dominé jusqu’à présent par le kirchnerisme. Le pays a été détruit. C’est comme le Venezuela. Avec cette rhétorique sur l’aide aux pauvres, aux plus démunis, ils ont détruit l’Argentine."

Maintenant ce n’est pas parce que le gouvernement kirchnériste a été nul, que pour autant (même pour vouloir rétablir la balance) Milei a le droit de jeter le bébé et l'eau du bain.

En tout cas, essayer de faire passer un veto sur des décisions prise au 2/3 par l’assemblée, c’est risqué !  On attend la suite !

 

 

Photo : Inflation en chute régulière entre juin 2024 et juillet 2025. 

 

L’inflation 

 

Coté économique, c’est plutôt dans le vert. On attend que l’INDEC (Institut national de la statistique et du recensement) annonce ces prochains jours, un taux d’inflation national du mois de juillet 2025 à moins de 2% (pour le troisième mois consécutif).

Par contre le chiffre de l'inflation du mois de juillet de la ville de Buenos Aires vient de tomber cet après midi, c'est +2,5 % pour le mois (+18,1% depuis le 1er janvier, et +40,9% interannuel).

Voilà ci-dessous, le taux d'inflation national des prix à la consommation pour chaque mois de 2025 :

Janvier : 2,2 %

Février : 2,4 %

Mars : 3,7 %

Avril : 2,8 %

Mai : 1,5 %

Juin : 1,6 %

Pourtant ces deux dernières semaines, le peso a de nouveau chuté face à l’USD (+14% de l’USD/ARS pendant juillet), et la semaine passée, on a vu à nouveau certains fournisseurs augmenter leurs prix qui depuis quelques jours sont répercutés sur les étiquettes des gondoles des supermarchés.

Donc même si juillet passe sous les 2% d’inflation, on craint un mois d’août bien supérieur !

 

 

 

La fronde "Provincias Unidas"

 

Ni pour Kirchner, ni pour Milei, cinq gouverneurs, Claudio Vidal (Santa Cruz), Ignacio Torres (Chubut), Martín Llaryora (Cordoba), Maximiliano Pullaro (Santa Fe) et Carlos Sadir (Jujuy) ont lancé un front électoral pour se présenter aux élections législatives d'octobre, servant de troisième option entre l'administration Milei et le kirchnérisme.

Ils visent à défendre "l'intérieur productif" (dans le sens provincial), le fédéralisme et l'équilibre budgétaire.

On verra ce que ça donne en octobre ! Un véritable nouveau parti ou un soufflé qui ne restera gonflé que le temps d’une campagne électorale ? 

 

 

 

Enfin le change en ce mois d’août 2025 :

 

Ces dernières semaines, le parallèle a repris des couleurs après un soubresaut entre début juillet et le 15 juillet, puis tout doucement le taux officiel est remonté pour presque le rejoindre.

Il reste tout de même aujourd’hui pour l’euro une mince différence entre Parallèle et officiel.

L’autre nouveauté, c’est qu’il y a de plus en plus de "Casas de cambio" légales dans le micro centro de Buenos Aires. Elles avaient toutes disparue à partir de 2008.

Les voilà qui reviennent avec agences et écrans donnant sur rue et affichant les cours.

En mai 2025, il y en avait déjà quelques-unes, mais celles-ci n’osaient pas trop encore afficher leurs taux à la vue de tous, car elle donnait quelques pesos de plus que le taux Officiel de BNA (Banco Nacion). Depuis fin juillet, elles osent les afficher sur leurs écrans.

Vous ne les trouverez pas encore calle Florida (car location très élevée) mais dans les rues transversales aux abords de la calle Florida. Par exemple calle Paraguay. 

Concernant WU (Western Union), peu intéressant avec leur commission, mais toujours avantageux au cas où vous n’avez plus d’euros sur vous à vendre.

Je recommande toujours de venir avec vos euros en poche pour votre séjour (ne prenez pas de coupures de 500 euros, très difficilement revendables) 

Pour base d’info en ce 07 août 2025 :

  • WU. Brut (avant commission). 1 Euro = 1.554 ARS
  • WU. Net (après commission). 1 Euro = 1.508 ARS
  • Officiel Banco Nacion. 1 euro = 1.510 ARS
  • Casa de cambio. 1 Euro = 1.550 ARS
  • Taux parallèle (cueva) 1 Euro = 1.570 ARS

Comme vous pouvez voir, tout se tient dans un mouchoir de poche !

Maintenant n’oubliez pas que de payer en espèces et toujours plus intéressant qu’avec une carte, vous avez en général des réductions. Même hier dans une pharmacie, j’ai eu -10%.

En pouvoir d’achat, comme le peso s’est plus vite déprécié en juillet face aux autres valeurs que le taux d’inflation, le pays est à peu près 10% moins cher en euros en août qu’en juillet. Donc une bonne nouvelle pour vous.

Enfin n'utilisez toujours pas vos cartes pour retirer des pesos des DAB. 

 

Vous êtes donc tous invités à apporter votre pierre à l’article en donnant votre point de vue si vous vous apercevez d’un oubli, ou pire d’une erreur. Vous pouvez écrire en dessous un commentaire, ou prendre contact avec moi par mail à petitherge@hotmail.com ou sur FB : https://www.facebook.com/petit.herge

Argumenter vos dires bien sûr et de manière courtoise car une insulte de votre part permettra uniquement aux autres de croire que vous êtes plus bêtes qu’eux !

 

A lire aussi dans le Petit Hergé :

- Situation de l'Argentine le 05 juillet 2025.

- Situation de l'Argentine le 13 mai 2025 

 

 

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