15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 00:00

Mise à jour : 15 et 16 décembre 2013.

nullDu Bon Marché à las Galerias Pacifico :

En 1889, Les grands magasins parisiens du Bon Marche ont dans l'idée de venir s'installer et d'ouvrir une succursale à Buenos Aires. L'architecte français Roland Levacher a pour tache sur une manzana complète de recréer un énorme grand magasin à la parisienne s'inspirant de la Galerie Victor Emmanuelle II de Milan. Pourtant, une fois de plus, une crise en cette fin de XIXeme siècle fait capoter le projet et le Bon Marche de Buenos Aires n'ouvrira jamais ses portes !

La Galerie est tout de même terminée et se dénommera en ce début du XXème siècle, Galeria Florida, occupée par des locaux commerciaux, quelques bureaux et des administrations. En 1908, les services de la compagnie des trains de "Buenos Aires al Pacifico" s’installent dans la galerie, et les porteños surnomment la Galerie "Pacifico" ou "Edificio Pacifico". Malgré un renouvellement de la galerie entre 1945 et 1947, la Galerie plonge peu a peu a l'abandon et perd de sa splendeur. Il faut attendre 1990 et le début de la rénovation complète de l'édifice pour retrouver l'âme originelle du projet. La Galeria Pacifico seront ré-inaugurée en 1992. Au total 42.000 m2 de surface commerciale dont 10.000 m2 occupés par le Centro Cultural Borges au dernier niveau de l'édifice.

Photo : Angle de l'Edifice Pacifico angle Florida (à droite) et Avenida Cordoba (à gauche). Photo Petit Hergé 27 spetmebre 2012.(Cliquez sur photo pour agrandir).

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Photos Petit Hergé : A gauche, l'entrée principale de l'avenida Córdoba. Au centre l'angle entre Avenida Córdoba et la calle Florida: A droite, la façade sur calle San Martin juste au niveau de l'angle avec la calle Viamonte. Photos : 27 septembre 2012. (Cliquez sur les photos pour agrandir).

nullLe terrain à la limite des beaux quartiers :

En 1888, la calle Florida devient l’endroit ou il faut être si on veut installer une boutique de luxe, surtout entre la calle Rivadavia et la calle Cordoba. Plus au nord de la calle Cordoba (vers la Plaza San Martin), personne ne veux s’y installer, trop excentré et assez mal famé. C’est ainsi que deux hommes d’affaires argentins avec l’amont des grands magasins du Bon Marché de Paris décident d’acheter en cette année un terrain juste sur cette limite psychologique qu’est Florida angle calle Cordoba pour y créer le plus grand des grands magasins jamais construit au monde. Le terrain comprenant presque l’ensemble de la manzana appartenait à Mr Ladisloa Martinez sur lequel était placé sa maison mais aussi tout un jardin maraicher. Du coté de l’angle des rues Viamonte (calle del templo) et San Martin juste en face de l’église Santa Catalina s’élevait une ancienne caserne qui depuis 1860 était transformée en prison.

Photo : La calle Florida vers 1880. Déjà des boutiques tout du long !

 

nullLe Bon Marché à Paris et son installation à Buenos Aires :

Le magasin Au Bon marché est fondé à Paris en 1838 par les frères Paul et Justin Videau. Ce n’est qu’une modeste boutique de la rive gauche. Il faut attendre 1852, pour les deux frères s’associent avec Aristide et Marguerite Boucicaut. En 1863, le couple Boucicaut rachète les parts de l’affaire aux frères Videau et enfin en 1869, ils agrandissent l’affaire pour monter un véritable grand magasin. Si le concept est nouveau, à Paris bon nombre deja de grands magasins se sont ouverts les dernières années : Les Grands Magasins du Louvre en 1855, le Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV) en 1856, À la Belle Jardinière en 1856, le Printemps en 1864, et la Samaritaine en 1869. Le Bon Marché de Paris nait sous les dessins de l’architecte Louis Charles Boileau entre 1870 et 1887 comme on peut encore le voir aujourd’hui. Même Gustave Eiffel intervient dans un des agrandissements. En 1877, Aristide Boucicaut décède et sa veuve Marguerite qui tiendra les rênes de la Maison jusqu’en 1887.

C’est juste après la mort de Marguerite Boucicot, que les établissements du Bon Marché décident de mettre un pied en Argentine et d’ouvrir une succursale à taille parisienne. Les clients porteños sont déjà nombreux à connaître le Bon Marché de Paris (via son catalogue français qui arrive en Argentine) et monter une succursale à Buenos Aires permettra au Bon Marché d’augmenter ses ventes dans le pays.

Photo : Le Bon Marché de Paris. 

 

nullEmplacement du Bon Marché à Buenos Aires :

On choisit tout naturellement la calle Florida pour y installer le premier grand magasin de Buenos Aires. Inutile de chercher un grand terrain du coté de la Plaza de Mayo ou même des premiers numéros de la Florida vers Ridavavia ou Cangallo. Les terrains sont chers, petits et acheter les petites parcelles aux petits propriétaires pour les transformer en grande parcelle prendrait trop de temps. On choisit donc le « bout de la rue », car si Florida est belle et bordée de belles boutiques entre Rivadavia et Tucuman, là bas plus au nord la calle Florida devient déjà moins commerciale et regroupe plutôt des « galpones » (hangars) et des constructions tenant plus des gourbis que de belles demeures. Les parcelles sont moins chères et un premier terrain est acheté à l’angle Florida et Cordoba en 1888. Toute la manzana est rasée en 1889 et les travaux débutent mollement en 1889 sous la direction de l’ingénieur Emilio Agrelo et l’architecte Roland Le Vacher. Ils se poursuivent malgré la crise de 1890 et ceci jusqu’en 1894.

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Devant les hésitations des français du Bon marché face a la crise de 1890, puis de la mésentente avec les investisseurs argentins, le projet sera changé de très nombreuses fois, laissant même d’autres projets venant s’y intégrer comme le Phoenix Hôtel sur l’angle Cordoba et San Martin en 1889. En 1894, lorsque les travaux se terminent personne ne sait ce que deviendra le bâtiment. Le Bon Marché a déjà jeté l’éponge et la partie du bâtiment sur la calle San Martin et Viamonte se termine en 1898. Enfin le dernier quart de la parcelle, angle Viamonte Florida, lui ne verra jamais le jour et sera revendu pour que d’autres immeubles se montent sans respecter l’ensemble architectural.

Photo du haut : La calle Florida vers 1890.

Photo ci contre : Le Phoenix Hotel ouvre ses portes à l'angle de la calle Corodba (coté droit) et San Martin (coté gauche) ouvre ses portes en 1889 alors que le Bon Marché est en plein chantier. (Cliquez sur la photo pour agrandir).

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Photos : A gauche, Emilio Bunge. A droite, Francisco Seeber. Les deux proicpaux promoteur du Bon marché Argentino. Au centre 100 actions de 100 pesos chacune : 10.000 pesos. Signée le 05 février 1890, quelques mois avant la "Panique de 1890" !

nullPourquoi le projet du Bon Marché a Buenos Aires ne se réalise pas :

Si l’enseigne du Bon Marché est français, l’idée de l’implanter a Buenos Aires vient de deux argentins, Francisco Seeber, militaire mais surtout homme d’affaire dans la construction et aussi maire de Buenos Aires entre 1889 et 1890, et de Emilio Bunge, homme politique argentin aussi maire de Buenos Aires entre 1894 et 1896. A eux deux, les hommes avaient à la fois le capital, les outils de construction et les aides politiques pour monter un tel projet. De quoi pouvoir convaincre le Bon Marché de Paris et aussi prendre les risques de leur coté sans épouvanter les français de devoir investir un seul peso dans l’affaire.

Le projet démarre, sur le papier des idées à dépasser tout ce qui peut déjà exister au monde dans le domaine. Un département de vêtements, de meubles, même un regroupant les objets de décoration. Un autre département spécialisé dans la mode, un bar restaurant en terrasse au dernier étage, une bibliothèque. Enfin pratiquement tous les services disponibles pour les employés avec même des logements pour ceux-ci. Ce bâtiment est le plus haut et aussi le plus grand que compte la ville. Il faut dire qu’il était convenu dans l’accord signé entre le Bon Marché de Paris et les hommes d’affaires argentins, que le grand magasin envoyait dans un premier temps quelques uns de ses propres employés pour former les employés argentins. L’année 1889, se passe bien et les travaux avancent, mais en 1890 éclate la crise dite « La Panique de 1890 ». Une sorte de bulle spéculative (déjà) qui avait commencé dans les années 1880 et qui avait amené diverses banques à prendre trop de risques et a trop spéculer sur des lendemains qui chantent. Après la faillite en 1888 de du Banco Constructor de La Plata, l’Etat Argentin entre à son tour en cessation de paiement en juin 1890 et déclare aussi faillite. Le Banco Nacional fait a son tour faillite ce qui entraine de nombreuses banques à faire de même. L’effet de domino est tel, qu’il faudra 4 ans (1894) pour que l’Argentine se sorte de cette crise. Le 26 juillet 1890, devant la chute du système bancaire et l’écroulement de la production industrielle, une partie du monde politique (essentiellement de l’Union Civique) appuyé par une partie de l’armée fomente un coup d’état qui renverse le gouvernement et le président Miguel Juárez Celman, Carlos Pellegrini va lui succéder.

Photo : La crise dite du Progrès. Caricature de 1890 où l'on voit le président argentin Juarez Celman expliquant à Mariane "Mais ça devait arriver madame, chargé comme il l'était (parlant du pays), il a voulu aller tellement haut qu'il en a perdu l'équilibre". Publié dans le quotidien "El Mosquito".

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Photo : Le 17 juillet 1890 éclate la "Révolution del Parque" du nom de la caserne "del Parque" installée aujourd'hui à l'emplacement même du palais de Justice (Trubunales). Le régiment de la caserne aux ordre du Général Manuel Campos décide de soulever contre le gouvernement. Le Général sera immediatement arrété, mais le 25 juillet les civil du parti de l'Union Civique prennent les armes et montent des barricades pour se soulever à leur tour contre el gouvernement. Sur la photo de gauche, on les reconbait a leur béret ou "bonnets blancs". Photo de droite les premières barricades dans le quartier de "Tribunales". Les combats commencent dans le quartier le 26 juillet et finiront le 29 juillet par la rédition des révolutionnaires. L'Union Civique a tout de même gagné, puisqu'une semaine après le 06 août, le président Celman démissione et est remplacé par Carlos Pellegrini (alors vice-président).

nullLe Bon Marché de Paris jette l’éponge :

Tous ces événements mal suivis de loin, font peur au Bon marché de Paris qui préfère se retirer de l’affaire et ne plus continuer le projet. Les deux hommes d’affaires argentins, Francisco Seeber et Emilio Bunge tiennent tête. Le Bon Marché de Paris n’a pas le droit de rompre l’accord mais le fait tout de même. Les deux argentins attaquent en justice le Bon Marché et gagne même le procès avec une indemnité conséquente, mais restent seuls en course. Les fonds manquent, la bourse de Buenos Aires s’écroule et les actions émises du nouveau grand magasin ne représentent plus grand chose. Il faut se rendre à l’évidence, il n’est plus possible de continuer les travaux prévus. En 1891, quelques fonds arrivent et le chantier repart. Mais les problèmes se succèdent, en 1894 Francisco Seeber part en Europe pour chercher un autre associé, c’est alors que le Bon Marché Paris réussit à faire interdire l’appellation « Au Bon Marché » à celui de Buenos Aires. Qu’importe, on lui change son nom, il devient « Galeria Florida ». La situation économique de la société est telle, que les deux hommes argentins cherchent d’autres alternatives pour achever leur bâtiment et trouver les derniers fonds. Ils cherchent à y installer la Poste centrale, puis le Palais de Justice, peine perdue….. C’est la fin d’un rêve !

Photo : 1891, façade sur Florida, la photo est prise de la calle Córdoba au 600. Le bâtiment est encore en travaux. La coupole (on voit la structure en acier) de l'angle qui ne sera jamais terminée (ni même aujourd'hui).

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Photos : Intéressantes photos prises presque du même endroit et avec le même angle. Celle de gauche serait prise vers 1895. Les travaux sont terminés du coté de la calle Cordoba et les premières boutiques ouvrent au rez-de-chaussée. La photo de droite est postérieure, peut etre vers 1898. Il y a déjà un reverbère au gaz sur le trottoir à l'angle de l'édifice. Les deux photos sont prises à partir de la calle Florida sur la cuadra des 800 en regardant vers le sud.

nullOn cherche d’autres affectations à la Galeria Florida  :

En 1895, une partie est louée pour en faire une salle de spectacle, c’est « l’Eden » qui ouvre ses portes. Une sorte de Music Hall, où se succèdent les passages de comiques troupiers pas forcement du meilleur goût.  Du coté de la calle Florida, viennent s’installer les magasins de « La Colmena Artistica », de « El Ateneo » ainsi que l’Association des Beaux Arts. Ce qui permet l’année suivante en 1896, d’y organiser le 4ème salon de peinture et de sculpture. Devant la réussite du salon, le musée des Beaux Arts s’y installe aussi la même année. Ce musée y logera jusqu’en 1910, date à laquelle il ira s’installer sur la Plaza San Martin dans le Pavillon Argentin.

En 1901, de nombreuses associations ont pour siège la « Galeria Florida », des associations artistiques, littéraires, scientifiques. Une partie abrite même les services du ministère de l’Agriculture et même de la « Commission des limites internationales ».

Ce n’est qu’en 1908, que le bâtiment arrive enfin à  trouver un acquéreur d’importance, il s’agit  du « Ferrocarril de Buenos Aires al Pacifico », la société des chemins de fer de Buenos Aires au Pacifique. Il s’agit d’une société aux capitaux britanniques et installent leurs bureaux dans la partie du bâtiment donnant sur Florida et Cordoba. La Galeria Florida change de nom et devient el Edificio Pacifico. Les années suivantes entre 1908 et 1914, les services de la compagnie du Pacifique s’agrandissent aux autres secteurs du bâtiment du coté des calles Viamonte et San Martin, mais les deux galeries centrales du bâtiment sont toujours découvertes et ressemblent plus à deux ruelles inhospitalières. La structure métallique (d’origine belge) qui devait les recouvrir fut montée mais jamais complétée par les verrières. Juste avant la première guerre mondiale, la structure d’acier est démontée et renvoyée en Europe pour être vendue. Dans les années 1930, personne ne prenait jamais ces deux passages qui étaient considérés comme très mal famés, surtout à la tombée du jour, un véritable coupe gorge !

Photo : Vers 1900, une des salles de peintures du Musée National des Beaux Arts à l'étage de l'Edificio Bon Marché (On le nomme encore ainsi en 1900).(Cliquez sur la photo pour agrandir).

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Photos : Au centre, le carton d'invitation de la cérémonie d'inauguration du Musée des Beaux Arts de Buenos Aires dans l´'Edificio Bon Marché le 25 décembre 1896.(Cliquez sur les photos pour les agrandir). A gauche en 1900, au rez de chaussée, la salle des sculptures. A droite, en 1903, le vernissage d'une exposition de peinture.

null1945 : Rénovation de las Galerias Pacifico puis décadence :

Dans les années 40, on décide de nettoyer un peu ces deux passages et de les transformer en galeries commerciales. La société des chemins de fer Pacifico libère le rez de chaussée de l’ensemble, et en 1945 les architectes José Aslan y Héctor Ezcurra sont chargés pendant deux ans de procéder à la nouvelle transformation de l’ensemble pour redynamiser le rez de chaussée et créer aussi une galerie en sous sol.

On décide alors de faire disparaître totalement les passages, de couler une dalle en forme de plusieurs voutes sur la totalité des deux anciennes galeries et de transformer tout le rez de chaussée en locaux à vocation commerciale. Les bureaux du Pacifico restent aux étages. Les façades restent inchangées mais le rez de chaussée et les accès sont totalement rénovés en pur style années 40. Le rez de chaussée revit, c’est un succès, les porteños viennent redécouvrir en 1947, la nouvelle galerie Pacifico. A noter la fresque qui recouvre la coupole du rez de Chaussée que l’on peut mieux admirer a partir du sous sol, est l’œuvre de Antonio Berni.

nullSi architecturalement et économiquement la nouvelle Galeria Pacifico est un succès en 1947, la crise du milieu des années 50 ajoutée à la nationalisation des chemins de fer Pacifico en Ferrocariles Nacionales font que le manque d’argent de l’Etat commence à se faire réellement sentir 10 ans après son inauguration dans toutes les taches d’entretien de l’ensemble. Infiltration, manque de nettoyage, très peu d’entretien, étanchéité vétuste voire disparaissante. En 1962, l’Etat avec l’aide de la banque municipal veut trouver de nouveaux investisseurs pour commencer les refections. On ne trouve aucun acquéreur !

Dans les années 70 et 80, la calle Florida perd de son attrait. La nouvelle bourgeoisie préfère faire ses achats du coté de Barrio Norte (Avenida Santa Fe) ou de Recoleta. Les boutiques deviennent moins chics sur Florida et ferment, la rentabilité est moindre et on peut parler d’un début de décadence de la zone. Plus grand monde se promène dans la Galeria Pacifico vers 1980.

Photos : En haut entrée principale sur la calle Florida en 1947. Juste au dessus, nef principale d'accès au dôme à partir de l'entree de la calle Florida. Photo de 1947.

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Photos : Au centre, publicité des années 50 du magasin de poupées espagnoles Mariquita Perez (marque qui a perdurée dans ce local jusqu'à la fin des années 60) qui était juste placée à gauche de l'entrée principale des Galerias sur la calle Florida. A gauche, le dôme de la galerie qui est en phase de se terminer, la même photo à droite une fois que la galerie fut inaugurée. Le dôme servait en permanence de lieu d'expositions temporaires toujours parainées par des marques. Le must des confiterias de la galerie (on la voit à droite en cliquant sur la photo) était la Confiteria Avignon (Aviñon, en espagnol). Enfin pour en terminer avec les poupées, juste en face des Locaux commerciaux 22 et 24 occupés par la poupée Mariquita Perez, il y avait la concurrence, je parle de la poupée Marilu qui avait son propre local juste en face de la Galerias Pacifico toujours sur Florida (au 774) ! Toutes les gamines tiraient les parents par la main pour aller voir les vitrines, où les poupées étaient toujours animées et mises en situation.

null1970 -1980 : A deux doigts de tout démolir :

Il ne reste presque plus aucune boutiques dans la galerie en 1976. Toutes sont parties, plus aucun public n’y entre. Lancement d’un appel d’offre international pour reprendre le « Monstre Pacifico », personne n’y répond. Le secrétaire de la culture et les services des chemins de fer d’état se rejettent les responsabilités d’entretiens. On n’arrive même pas à délimiter les responsabilités de chacun et les devoirs. Ce sont les années noires de l’architecture porteña qui correspond aussi à la pire des périodes de dictature en Argentine. On démolit à tout va, il n’y a aucune opposition (même architecturale ou historique), 1976, c’est le début des tours en plein centre qui font place nette au XVIIième et XIXème siècle. La préparation du Mundial de football de 1978 sert d’excuse pour monter à toute hâte des tours hôtelières en béton défigurant le micro centre. Un projet de 1976 est approuvé pour démolir deux manzanas entières dont celle de l’Edificio Pacifico. On commence même à détruire la moitié de la manzana voisine où se trouve la Iglesia Santa Catalina (celle-ci devant tout de même être préservée). C’est un coup de chance inespéré qui fait capoter le projet, le Pacifico s’en sort. Au retour de la démocratie (1983), on commencera à regarder d’un peu plus près avant de détruire le patrimoine urbain. C’est une décision politique de 1989 qui classe enfin le bâtiment sur la liste de préservation historique nationale et le sauve mais la fermeture totale de la galerie et des services de Ferrocariles Nacionales est inéluctable.

Vidéo : Pendant les travaux de restauration en 1991, une partie de l'immeuble s'écroule alors que plusieurs centaines d'ouvriers y travaillent. On déplore plusieurs morts. C'était le 20 mai 1991. 5 mn 07 s.

Cette vidéo permet de montrer l'intérieur du chantier de l'époque.

Pour voir la seconde partie :  http://www.youtube.com/watch?v=czaCf7pyZVM

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null1990 : Création du Shopping Galerias Pacifico :

La Galeria Pacifico est fermée, abandonnée, mais sauvée et conservée. En 1990 le bâtiment est concédé à la société Galeria Pacifico SA (Privé) pour le restaurer et le transformer en Galerie commerciale.

Cette même année, débute des travaux de rénovation mais cette fois sur l’ensemble de la manzana, pour récupérer à la fois le sous sol, le rez de chaussée mais aussi les étages en collant le plus au projet de Bon marché qui ne vit jamais le jour : 4 niveaux entier de commerces ouvert au public. Ce dernier gros chantier de la Galeria Pacifico est confié à l’agence d’architecture Juan Carlos López y Asociados. A partir de 1991, l’ensemble est ouvert par tranche successive. L’ouverture totale et officielle s’effectue le 18 mai 1992.

Enfin le troisième étage qui regroupe le Centre Culturel Borges est ouvert en octobre 1995 et offre des activités culturelles et des espaces d’expositions temporaires. On y accède uniquement par l‘entrée se trouvant à l’angle des rues San Martin et Viamonte.

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nullLes conseils du Petit Hergé :

Même si cela parait très touristique, je conseille tout de même d’aller visiter las Galerias Pacifico. C’est un point sur le nord de la calle Florida qui est incontournable. Le sous sol pour aller voir la fresque de Berni, le Rez de chaussée pour voir les belles boutiques, le premier étage pour pouvoir faire des photos de l’ensemble. Le second pour avoir encore une vue meilleure, et enfin le Centre Culturel Borges qui offre toujours des expos de photos, des spectacles (des fois du tango). Pour le centre Borges, on y entre par l’angle Viamonte-San Martin, et il y a aussi un passage entre las Galerias et le centre au niveau du 1er étage. Suivant les mois l’agenda est intéressant ou non, demandez le à l’accueil du centre Borges.

Des bars en sous sol du Pacifico (toujours un peu bruyant) plus tranquille au rez-de-chaussée juste à l’entrée du centre Borges. Le centre commercial est intéressant pour savoir ce qu’il se vend en Argentine (les brésiliens débarquent par milliers dedans pour y acheter tout moins cher que chez eux). C’est beau, mais pour Buenos Aires ca reste cher ! Il y a des quartiers moins onéreux pour y faire ses emplettes.

Dans le coin, intéressant, juste derrière par la sortie du Centre Borges, allez faire un tour à l’église et au monastère Santa Catalina. A voir aussi !

Pacifico est ouvert tous les jours de 10h à 22h30. Les dimanches et lundis, ça ferme à 21h. Les vendredis et samedis à 23h30.

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