15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 04:00

Mise à jour : 12 septembre 2012. Article écrit par Igor Dniestrowski et le Petit Hergé.

nullLe Centre Culturel Général de San Martin (CCGSM) :

El Centro Cultural General San Martin est un haut lieu de la culture porteña. Il est dédié au théâtre, à la danse, au cinéma mais aussi aux conférences et séminaires sur l’art. Il remplit aisément cette fonction grâce aux nombreuses et vastes salles pouvant accueillir de 70 à 750 personnes. C’est un endroit qui est en ébullition permanente, où la culture vibre à travers l’enchaînement des diverses programmations. Mais la transmission de la culture ne se fait pas uniquement de manière passive, spectatrice car ce centre culturel propose de nombreux cours tels qu’une initiation au théâtre, des cours de dessins, de musique et la liste est encore très longue. Le CCGSM est donc une adresse incontournable en plein cœur de Buenos Aires sur l’avenida Corrientes. Le « Centro San Martin » est, en matière de théâtre, l’un des lieux les plus importants d’Amérique latine.

nullLe Teatro San Martin :

L’actuel siège du Centro Cultural San Martin est le développement de ce qu’on nommait autrefois Teatro San Martin. En effet dès 1908, la municipalité de Buenos Aires est intéressée en la construction de son propre théâtre. On parle alors de monter un théâtre populaire Teatro Popular de Buenos Aires. Le projet repart dans les cartons et ce n’est qu’en 1936 qu’il refait surface, puisque le maire de la ville Mariano de Vedia y Mitre décide de faire construire un théâtre pour y loger le Teatro Popular (qui existe depuis 1930) mais qui ne dispose pas encore d’une salle propre. Le 23 décembre 1936, la ville ne décide pas de construire une nouvelle salle mais préfère exproprier une salle de théâtre déjà existante sur l’avenida Corrientes au numéro 1530, qui se nomme Teatro Nuevo (inauguré en 1911) pour y placer le Teatro Popular. C’est après le coup d’état de Perón en 1943, que le Teatro Popular est dissout et que la salle demeure vide. Le 23 mai 1944, Perón et le maire de facto de la ville Basilio Pertiné puis Cesar R. Caccia réoccupent la salle en y plaçant le « Teatro Municipal de Buenos Aires » qui a pour but promouvoir le « Théâtre National Argentin ». Nous sommes en pleine époque d’un nationalisme ardent et le pouvoir péroniste applique aussi aux arts sa doctrine. Il faut attendre 1950, pour que la salle change de nom est prennent définitivement le nom de Teatro San Martin (San martin étant le « libérateur de la patrie », rien donc de plus « national » que lui !). On juge l’ancien théâtre (datant de 1911) trop petit, trop vétuste, trop « Pas assez représentatif de l’image de la culture triomphante de l’Argentine » et on décide de suite de démolir l’ancien Teatro Nuevo pour y construire une salle « moderne ». Le projet est confié le 24 juin 1954 aux architectes Mario Roberto Álvarez et Macedonio Ruiz, par le maire de la ville de Buenos Aires, Jorge Sabaté (lui aussi architecte). Les travaux vont durer 6 ans et le Nuevo Teatro San Martin sera inauguré le 25 mai 1960 (date obligatoire pour le 150ème anniversaire de la « Revolution de Mai ». En fait le chantier n’est pas encore fini et les spectateurs pourront y entrer qu’en 1961. C’est pour 1961, la salle de Théâtre la plus moderne mais aussi la plus complète d’Amérique Latine. 30.000 m2, 13 étages, 4 sous sols, 3 salles de théâtre, des salons d’expos et de conférences, et une salle de cinéma.

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Photos : Style fin des années 50 fonctionnaliste.

nullUn projet par étape :

Les architectes savent dès 1954, que le Teatro San Martin sera un projet en étapes, il faut donc à la fois que le Teatro soit opérationnel à son inauguration dans un premier temps, puis qu’il puisse s’articuler avec les futurs bâtiments quand l’extension sera donnée pour abriter le centre culturel.  De plus, le lotissement sur l’Avenida Corrientes est enclavé dans une manzana déjà fortement construite, et meme avec les démolitions ultérieures pour laisser place au centre culturel, les formes sur le plan ne seront pas simples, mais découpées en fonction de futures parcelles annexées. Ca sera justement le cas à partir de 1962, lorsqu’on démolira des bâtiments à l’angle des calles Sarmiento et Paraná. Il n’y a donc pour le projet de 1954 qu’une seule et unique façade, celle donnant sur l’Avenida Corrientes. Elle sera traitée sous le postulat du rationalisme ambiant de l’époque, c'est-à-dire de la « boite à chaussure ». Un bloc simple, une façade mur rideau vitré sur l’avenida et les deux parois de chaque coté mitoyen totalement aveugle sans aucune ouverture. Pas de balcons, pas de décrochements, pas d’ornementations extérieures, 4 façades lisses, qui aujourd’hui on très mal vieilli à l’œil. On constate que le rationalisme des années 50 a terriblement pris un coup de vieux et que 60 ans plus tard on s’en est considérablement éloigné.

 Photo du dessus : Dans les années 60, on veut etendre le Centre Culturel sur la Calle Sarmiento. Esquisse de l'architecte Mario Roberto Alvarez. On hesite à conserver ou non le bloc des maisons deja existantes sur l'angle. Finalement on decide de les détruire et de créer la Plaza America.

Photos ci dessous : Le projet final. On détruit les immeubles de l'angle. A gauche, le dessin de Mario Roberto Alvarez. A droite, photo des années 1990.

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Photos : Le Centre Culturel San Martin. De nombreux secteurs de l'immeuble n'ont absolument bougé depuis 1960. Peut être un intru parmi les photos.

nullLe CCGSM :

Le Centre Culturel Général de San Martin (CCGSM) ouvre ses portes le 8 mai 1970 et accueille des expositions de photos mais aussi des tournois d’échecs. Mais ce n’est qu’en 1983, avec le retour de la démocratie, qu’il prend de l’essor et devient une véritable agora pour les porteños. En 1984, il devient le siège de la CONADEP, la commission nationale sur les disparitions de personnes. C’est durant ces années qu’il acquiert son rôle de centre multiculturel, offrant aux artistes la chance d’établir les tendances de demain. Les années 80 virent donc la naissance des cycles de « jazzologie », des expositions d’arts plastiques mais aussi de nombreuses représentations théâtrales. Puis en 1994, un nouveau tournant est marqué avec la création de la Vidéothèque de Buenos Aires. 300 titres figurent alors aux archives. Aujourd’hui rebaptisé le Noyau Audiovisuel de Buenos Aires, c’est plus de 7000 films qui sont mis à disposition gratuitement. Mais le centre a également eu un rôle politique : il a été le siège provisoire de 1996 à 1999 de la nouvelle législature de la ville de Buenos Aires. C’est donc bien plus qu’un centre culturel, c’est une véritable institution. En l’an 2000, le plan de « Reconversion Intégrale » est adopté afin de promouvoir et de développer des activités ouvertes à l’expérimentation et à l’introduction des nouvelles technologies. C’est dans ce cadre, ainsi que pour les 35 ans du musée, qu’en 2005 une rénovation de l’édifice est entreprise. En 2004 déjà, la place de las Americas, se situant à l’arrière de l’ensemble à l’angle des calles Sarmiento et Paraná avait déjà été réaménagée pour ouvrir une entrée donnant directement sur les sous sols. La rénovation de 2005 consiste à moderniser la façade ainsi que les salles principales, mais les travaux principaux concernent la création de 6 salles en sous-sol destinées à la création d’un centre multimédia, de deux salles de cinéma et d’un nouvel espace pour la vidéothèque. Ces travaux furent entrepris avec la collaboration de Mario Roberto Alvarez alors âgé de 91 ans (l’architecte qui a conçu le bâtiment dans les années 60). Les fonds provinrent de la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Pour la bonne mise en place du chantier, le Centro San Martin ferment ses portes en 2006 au public, mais en 2007 les travaux furent suspendus faute de fonds. Ils reprirent en juin 2010 après que la ville aie vendu 10 immeubles afin de récolter des fonds suffisants pour terminer le projet. La rénovation s’acheva le 3 avril 2012.

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Photos : L'Architecte Mario Roberto Alvarez, et le Hall d'entrée du Teatro San Martin dans les années 60.

nullLes Salles :

Le centre Culturel San Martin possède une annexe dans le quartier de Villa Urquiza, se nommant Centro Cultural 25 de Mayo. Ancien Ciné-Théâtre construit en 1927, fermé et abandonné en 1982. Ce n’est qu’en 2003, que la ville de Buenos Aires s’en porte acquéreuse et après une rénovation, rouvre ses portes en novembre 2007. La salle principale a 700 places.

Dans le bâtiment du siège sur Avenida Corrientes, le centre culturel dispose de 35 000m² répartis sur 12 étages et 6 sous-sols. Il dispose d’atelier, de salle de spectacle, de salle de conférence, de salle de cours mais aussi de salle de cinéma. La plus grande salle est la salle Martin Coronado qui est celle qui se situe juste au dessus du Hall principal d’entrée sur l’Avenida Corrientes. Salle dite à l’italienne donc incurvée sur 180º et pouvant recevoir jusqu’à 1049 spectateurs. Sur la photo, à droite l'avenida Corrientes et on voit au centre la salle principale et sa scène.

La Salle Casacubierta, de 566 personnes. En forme semi circulaire aussi.

La Salle Cunill Cabanellas, de 200 personnes. Réservée a des œuvres un peu plus expérimentales.

La Salle Leopoldo Lugones, inauguré quelques années après en 1967, et qui abrita durant de très nombreuses années la cinémathèque de la ville. Salle de 233 spectateurs exclusivement pour le cinéma. On y accédait uniquement par des ascenseurs (puisque située au dernier étage du bâtiment principal sur l’avenue). Ce qui compliquait l’évacuation des spectateurs. Apres la rénovation du centre terminée en 2012, la cinémathèque va déménager en sous sol.

Il y a aussi les salles destinées aux arts de la scène. On trouve au 4ème étage du bâtiment principal la salle Enrique Muiño qui peut accueillir 254 spectateurs. La deuxième salle, plus petite, nommée Ernesto Bianco se situe en sous sol et se consacre à la danse, elle peut accueillir 70 spectateurs.

Une grande salle, dite la salle A/B de 750 place se situe à l’arrière du bâtiment central. C’est un espace multi usage mais plus généralement utilisé a des fins de conférences.

nullEnfin quatre autres salles de 200 places chacune (nommées C, D, E et F) aussi dans le bâtiment principal en étage reçoivent conférences et congrès.

Pour ce qui est des salles destinées aux arts plastiques, elles sont au nombre de six. Quatre d’entres elles se situent au CCGSM, tandis que les deux autres se trouvent au complexe culturel du 25 mai (CC25M). Leurs superficies varient entre 50 et 110 m².

Le CCGSM compte 2 salles de cinéma depuis cette année, en sous sol, chacune pouvant accueillir 100 personnes. Il s’agit du nouvel espace de la cinémathèque de la ville de Buenos Aires qui devient en 2012 le NABA (Núcleo Audiovisual Buenos Aires). Les deux salles furent inaugurées le 11 avril 2012.

nullUne coquille vide ? 

Le CCGSM peut être comparé actuellement à un phénix qui vient à peine de renaître de ses cendres. En effet, il y a à peine 8 mois de cela, le gouvernement de Buenos Aires a décidé de couper les subventions du centre et de licencier peu à peu le personnel. Des rumeurs prétendaient même que la fermeture du centre était pour bientôt. Le gouvernement voulait en effet se désengager du projet et faire appel à une société privée pour reprendre le lieu. Malheureusement ou heureusement, personne ne s’avoua intéressé. Cette situation rappelle celle du théâtre Colón.

Il ne faut donc pas avoir peur si le lieu vous paraît un peu abandonné, si les galeries d’art sont vides et si certaines salles de spectacles sont sans chaise car le gouvernement de Buenos Aires a changé d’avis récemment mais a apporté quelques modifications au projet CCGSM. En effet, bien que les cours et les cycles soient toujours d’actualité, le centre culture semble désormais s’orienter de plus en plus vers une cinémathèque. Celle-ci vient à peine d’être rénover et elle offre des salles de cinéma d’un grand confort avec de nombreux films qui plairont aux amateurs de cinéma d’art et d’essai. Il semblerait également que de nombreuses activités offertes par le CCGSM soient désormais transférées au CC25M, rendant le CCGSM encore plus vide.

Photo : Nouvelle partie du centre culturel en sous sol ouverte fin 2011.

 

nullLe noyau audiovisuel de Buenos Aires (la cinémathèque) :

Le Centre de Développement Multimédia :

Le noyau audiovisuel de Buenos Aires est divisé en deux parties. Il y a tout d’abord le centre de développement multimédia, destiné au professionnel et qui propose deux outils de travail :

Tout d’abord le service multimédia pour les réalisateurs qui est en fait un espace réservé à la production de film et qui dispose de tous les outils nécessaire au montage d’un film. Cet espace a pour but de faciliter toutes les étapes de la production audiovisuelle.

Mais il y a également le laboratoire d’expérimentation multimédia ouvert aux artistes et aux institutions qui souhaitent développer des projets avec la participation du CCGSM. Il s’agit ici d’expériences innovantes censées stimuler le processus créatif des artistes.

nullLe Noyau Audiovisuel de Buenos Aires :

Le projet de noyau audiovisuel de Buenos Aires a commencé en août 1994 avec la création de la première vidéothèque publique d’Argentine mais ce n’est qu’en mai 1995 qu’elle est ouverte au public afin que celui-ci puisse visionner les 300 œuvres dont dispose la cinémathèque. Ce n’est que bien plus tard que la collection ouverte au publique s’élève à plus de 10000 œuvres.

La cinémathèque a pour but de conserver et de préserver de nombreuses œuvres cinématographiques comme les documentaires et les films. Ces œuvres peuvent avoir un caractère scientifique ou artistique. Les objectifs de cette cinémathèque sont les suivants : préserver les œuvres, permettre la réalisation d’œuvres audiovisuelles mais aussi de transmettre ces œuvres.

Mais suite à l’ouverture du nouvel espace audiovisuel, la cinémathèque argentine s’est lancé dans la digitalisation des œuvres afin de pouvoir conserver et diffuser l’ensemble de la collection plus facilement. Grâce à ses deux salles de cinéma, le nouvel espace permet d’offrir des cycles de cinéma. En ce moment (août 2012), un cycle dédié au cinéma chinois contemporain et un cycle sur Jacques Tati sont proposés au public. Il y a également 4 toutes petites salles où des chercheurs peuvent visionner les films de la collection et un microcinéma qui peut accueillir 40 personnes.

nullLes cycles et les spectacles :

Le CCGSM offre de nombreux cycles comme les cycles dédiés au jazz au cours desquels des artistes importants de la scène jazz viennent discuter avec le public de l’évolution du jazz et viennent également interpréter certains de leur morceau.

Pour ce qui est des spectacles, le CCGSM s’oriente plutôt vers des spectacles expérimentaux et innovants. Il s’agit ici d’étonner le spectateur avec des œuvres qui sortent des sentiers battus.

nullLes cours et ateliers :

Le CCGSM et le CC25M offrent de nombreux cours dans de nombreux domaines comme par exemple une initiation au théâtre, un cours d’improvisation théâtrale, un cours de guitare, un cours de danse contemporaine, un cours de tango, un cours de dessin et bien d’autres. Ils sont destinés pour tous les niveaux et il faut prévoir en moyenne 120 pesos par mois par cours.

 

nullLes conseils du Petit Hergé :

Phare de la culture porteña dans les années 60, il est vrai que le Teatro San Martin et son centre culturel avait dans les années 90 plongé du nez et ce ne sont pas les crises successive du pays qui avait amélioré la situation. La ville de Buenos Aires après maintes hésitations a pu enfin prendre la décision de reprendre l’énorme paquebot et porter à terme la restructuration administrative interne ainsi qu’architecturale et continuer le projet de la fin des années 50 en augmentant la surface du centre et en développant l’art audio visuel. Pour le visiteur de passage que vous pouvez être en passant à Buenos Aires, une visite s’impose sur l’avenida Corrientes et surtout n’hésitez pas a pousser la porte du centre pour aller chercher le prospectus d’information des activités du mois. Les mois de janvier et février sont les plus légers en raison de la trêve des grandes vacances mais dès le début mars et jusqu’à Noel, les expos, les concerts et les pièces de théâtres sont très nombreuses. Les prix sont modiques. Une bonne adresse pour passer une après midi pluvieuse ou une bonne soirée à Buenos Aires.

Vous pouvez vous renseigner sur la programmation sur le site : http://www.centroculturalsanmartin.com/

L’histoire du CCGSM : http://www.centroculturalsanmartin.com/que-es-el-ccgsm/ccgsm/historia

Adresse exacte : Avenida Corrientes 1551, au niveau de la station de métro Uruguay (Ligne B). Ouvert tous les jours et toute la journée.

Pour en lire un peu plus sur le sujet :

24 novembre 2011 : Journal La Nacion : Inauguration de l’espace audiovisuel.

 24 novembre 2011 : Journal La Nacion : la récupération du San Martin.

24 août 2002 : Journal Clarin : Les 2 ans de sécession de la Sala Alberdi.

 04 avril 2012. Journal Clarin : inauguration des salles en sous sol.

 22 décembre 2011. Journal Clarin. Nouvelle façade du Teatro San Martin.

 07 novembre 2011 : Journal Clarin. Mort de l’architecte Mario Roberto Alvarez.

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Photos : Architectures rationaliste des années 50-60 dans le monde.

A lire aussi dans le Petit Hergé :

   

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