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Tout sur l'Argentine en 2009 |
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D’après une étude de la UCA (Universidad Catolica Argentina), 9% des moins de 17 ans qui vivent en zone
urbaine ont souffert pendant l’année 2007 de « risque alimentaire », soit le double de ce qui avait été calculé en 2006.
Tout le monde le sait, puisque Cristina Kirchner l’a dit : “Le journal Clarín ment”, pourtant ce matin un excellent article dans ce canard sur le sujet, signé Claudio Savoia. Je n'en suis inspiré
pour écrire ce qui suit.
Et pourtant Péron était péroniste !
Photo : Dans le Chaco argentin, en 2007.
Le général Perón l’a dit, et c’était un des fers de lance de la bataille menée par le péronisme à cette
époque : “les seuls et uniques privilégiés sont les enfants !” il ne fallait pas non plus être
péroniste pour être d’accord avec cette idée. Il faudrait peut être alors récupérer un peu de mémoire et passer à l’action !
En effet, d’après une étude menée par la UCA a laquelle ont participé de nombreux travailleurs sociaux, les problèmes de la faim chez les enfants ont doublé en un an, et la moitié des enfants en Argentine vivent dans des familles qui ont du acheter moins de produits alimentaires qu’en 2006 pour des raison économiques.
Tous sont d’accord pour constater que la crise de 2002 est bien loin, mais les effets sociaux de la récupération économique commencent à s’inverser. Autre nouvelle : La faim touche essentiellement les classes populaires les plus pauvres mais aussi maintenant certains secteurs de la classe moyenne.
Il y a deux semaines l’évêque Jorge Casaretto a tiré la sonnette d’alarme lorsqu’il a dit que les paroisses réclamaient plus d’aliments qu’avant et que la pauvreté augmentait.
Cristina Kirchner et l’INDEC se sont empressés de démentir. Pourtant la UCA depuis 2004, travaille sur des enquêtes faites sur 2.500 foyers dans les principaux centres urbains du pays.
Les résultats sont là :
- En 2004 : 22,1% des enfants avaient des problèmes de nutrition
- En 2005 : 11,9 % (donc nette amélioration due en partie à la récupération économique du pays).
- En 2006 : 4,6% (résultat excellent dans une Argentine qui redresse la tête).
- En 2007 : 9% (Les chiffres remontent à nouveau essentiellement en raison de l’augmentation des prix alors que les salaires qui ne suivent pas).
On dénombre ainsi approximativement 987.000 enfants avec des problèmes de nutrition en
Argentine. Curieusement ce n’est pas la banlieue de Buenos Aires qui est la plus touchée, mais les banlieues de Rosario et de Cordoba. Un autre chiffre aussi révèle que 44% des enfants vivent
dans des familles qui ont du restreindre leurs achats alimentaires. Ce pourcentage monte à 60% dans les familles pauvres. Dans la classe
moyenne ce chiffre est de 30%, et même de 21% dans la classe moyenne supérieure. On peut dire donc que cette “nouvelle crise” n’affecte pas uniquement les pauvres mais aussi l’ensemble de la
classe moyenne.
D'après Caritas :

Photo : La pauvreté dans la banlieue de Rosario.
Autre source qui alerte l’accroissement de la demande d’aliments sont les foyers et les « comedores » gérés par
Caritas. Cette association gère en Argentine 4.000 « restos communautaires » qui distribuent de l’aide à 600.000 argentins à travers le pays.
Gabriel Castelli, directeur régional de Caritas, déclare en pesant
chaque mot de sa phrase :
"L’Etat dispose suffisamment de recours pour pouvoir apporter une assistance alimentaire aux foyers qui en ont besoin”… donc… on en conclura ce
que l’on veut !
Quand les statistiques officielles (INDEC) ont commencé à devenir “opaques” il y a un an et demi, l’accroissement des demandes alimentaires avaient déjà été relevé par les volontaires de Caritas.
Cette même association en partenariat avec l’Ecole Vétérinaire de l’UBA ont lancé à cette même époque un plan pour construire “la carte de la faim en Argentine”. Ils ont déjà relevé 470 points où se battent 71.000 personnes pour pouvoir manger tous les jours. L’immense majorité est constituée d’enfants, mais derrière il y aussi 330.000 familles (2.000.000 personnes) qui ont chroniquement des difficultés à s’alimenter. 1 argentin sur 5 ne peut pas payer ce qu’il mange !
Une amélioration tout de même au sujet de la mortalité infantile :
Photo : Taux de mortalité infantile en Argentine entre 1999 et 2002. Une
manière aussi de savoir où géographiquement se toruvent les plus pauvres dans le pays. Plus c'est rouge et sombre, plus le paysage social devient difficile. Cliquez pour agrandir !
En 2003, 12 enfants de moins de 5 ans mouraient de faim chaque jour en Argentine. L’année dernière
(2007) d’après l’UNICEF le chiffre est tombé à 8 par jour.
Juan Carr (directeur de l’association Red Solidaria) déclare : “La majorité des
enfants qui sont morts sont de familles très nombreuses et souvent avec des mères adolescentes qui souvent ne sont jamais allées à l’école. 70% des décès de ses enfants se sont situés dans les
villa miserias des banlieues des grandes villes. »
Le système de la belle soeur :
Photo : Alicia Kirchner, la belle soeur de la femme du mari de la présidente de la république. Ou si vous voulez,
la soeur de celui qui fait semblant de ne plus être président.
Bien que la gouvernement national, les provinces et les municipalités tissent un réseau dense d’aides
sociales en tout genre sans lesquelles la situation serait bien pire, le Ministère du Développement Social (conduit par Alicia Kirchner, la soeur de Nestor et la belle soeur de Cruela) maintenait
le “Plan Nacional de Seguridad Alimentaria” dirigé aux familles en
situation de "vulnerabilidad nutricional". (Plan pour 1.316.480 familles exactement selon le site du ministère). Ce plan a été modifié et remplacé par la remise d’une carte aux bénéficiaire pour qu’ils puissent eux même choisir leurs
aliments.
Toujours d’après le site du ministère du développement social, l’Argentine a une “Comisión Nacional de Alimentación y Nutrición” qui a pour but “d’élaborer un plan stratégique” (dans le texte) pour permettre un objectif clair “possibilité d’accès à la population vulnérable à une alimentation adéquate, suffisante et en accord avec les coutume de chaque région du pays” (fin du texte).
C’est un beau programme, pourtant d’après l’étude de la UCA, la
moitié des enfants « vulnérables » ne reçoivent aucune assistance alimentaire de l’Etat.
Photo :
Vendeur ambulant dans le Chaco en 2007.
Entre 2003 et 2007, le gouvernement a investi dans le “Plan de Seguridad Alimentaria” 3 milliards de ARS (600 millions
d’EUR. actuels), pour cette année (2008) on attend 809 millions d’ARS (161 millions d’EUR.). Quand on laisse la théorie et que l’on regarde ensuite sur place dans la pratique, on remarque que
durant les 5 premiers mois de 2008, seuls 22% de cette sommes ont été versés.
Pour ce qui est ensuite de la distribution géographique de
l’argent, elle en est aussi curieuse. Tout d’abord Capital Fédéral (qui est sans doute, la zone la moins pauvre de toute la république, et qui compte le moins de villa miseria), elle a reçu a
elle seule plus de la moitié de l’argent déjà versé ! (91 millions d’ARS), alors que la très pauvre province de Jujuy n’a reçu que 294.000 ARS (59.000 EUR en 5 mois !!!)… à se foutre de
la gueule du monde ! Quant à Corrientes qui est une des provinces les plus pauvres (pour ne pas dire la plus pauvre)… vous savez ce qu’elle a reçu en 5
mois du gouvernement national ? : 0 ARS. On ne peux pas faire mieux !
Sans être péroniste, je pense qu'Evita doit se retourner en ce moment dans sa tombe !
L'arme de la faim :
Photo : "Quelles sont les causes exactes de la faim ?" -
"Rien à manger !".
Le journal Clarín a demandé comment s’administrait ce “Plan”. Jusqu’à présent la ministre Alicia Kirchner n’a autorisé aucun de ses collaborateurs à répondre aux
questions !
Pour en revenir aux retentions sur le soja. Le gouvernement déclare que c’est pour redistribuer les
richesses aux plus nécessiteux. En fait on assiste sans cesse à la même manœuvre, qui est de taxer les provinces (d’une manière ou d’une autre) pour centraliser l’argent récupéré par la Nation et
le gouvernement national pour ensuite jouer à mettre les gouverneurs à genoux. Si la province veut des subventions ou même « nourrir ses pauvres », elle devra se soumettre aux humeurs
et à la bienveillance du pouvoir national en place. En un mot, si tu n’est pas copain avec Cristina Kirchner, tu peux crever dans ta province !
Les 5 articles suivants dans le Petit Hergé :
- 02 juin 2008 : Le premier qui montre ses dents a perdu
- 04 juin 2008 : La
médiocratie
- 04 juin 2008 : Les camioneros s'en mêlent
- 05
juin 2008 : On rationne le lait
- 06 juin 2008 : Elle jette de l'huile sur le
feu
Les 5
derniers articles dans le Petit Hergé :
- 29 mai 2008 : Il fait froid chez les Kirchner
- 26 mai 2008 : En attente d'une réponse de Cristina Kircher
- 26 mai 2008 : Achetons à crédit
- 26 mai 2008 : Le dernier jour ?
- 18 mai 2008 : Entre dialogue et
durcissement.

Photo : L'Argentine en 2006, dans le NEA. (Nord est argentin).
Liens externes :
- Article en espagnol du Clarín : Une danse de cuillères qui raye les
assiettes et le futur.(juin 2008)
- Site web de Caritas
Argentine.
- Site web de Rutas Solidarias.
- Site web de la Faculté des Sciences Vétérinaires de la UBA.
- Site web de l'agence de nouvelles Pelota de Trapo.
- Site web du Movimiento Nacional de los chicos del Pueblo.
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