4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 18:29
Mise à jour : Samedi 04 avril 2009.

Départ du convois funèbre de Congreso35 ans sans voir ça !

Les obsèques les plus importantes depuis 35 ans (Depuis ceux de Perón), voilà ce qui restera sûrement gravé dans les mémoires des porteños au lendemain de l’adieu final.

80.000 personnes sur Avenida Callao dans le silence entrecoupé d’applaudissements et de cris de « Alfonsin » qui revenaient de temps à autres. Un ciel gris et humide mais la pluie avait cessé. On s'en souviendra encore longtemps, surtout que les élections législatives ne sont pas très loins.


80.000 personnes suivent le cortège sur l'avenida Callao à Buenos AiresDe la disgrâce au Nirvana :

Personne n’avait pu prévoir un tel engouement sur la personne de Raul Alfonsin. Rejeté à la fin de son mandat, accusé de tous les maux d’une Argentine alors en proie à la dévaluation, à l’hyperinflation et à une économie dévastée. Dès 1989, il se sera mis sur le banc de touche de la politique argentine, « laissant faire les autres » et passant de temps en temps à des meetings de l’UCR ou sur des plateaux de télévision. Une sorte d’homme politique prématurément à la retraite, il donnait son point de vue, mais sans jamais agresser quiconque et surtout se gardant de donner des leçons puisque lui aussi « avait échoué ».

Alors à première vue, on se demande vraiment pourquoi une subite envie de sacraliser ce personnage ?

J’ai passé ces 4 jours à tout éplucher chez les argentins, l’histoire et les médias, pour comprendre. On ne parlait plus de lui, et puis, sa mort précipite sa popularité au plus haut de sa vie (si on peut dire).

Une orgie d’éloges venant de ses amis, de ses adversaires péronistes, kirchneristes et même d’une certaine gauche hostile à tout ce qu’il pouvait représenter.

Il est toujours très facile de trouver à « un mort » des qualités à sortir des phrases du style « les meilleurs s’en vont les premiers », mais alors était il le meilleur ?


 


Vidéo : Le cortège sur Avenida Callao entre Avenida Cordoba et Santa Fe. 10 mn 00 s. Images C5N.


Vidéo : Images amateurs du passage du cortège.


On pleure au passage

Mais pourquoi ?


Des porteños plantés sur la Plaza Congreso pour venir à bout en pleine nuit de 4 heures et demi de queue sous la pluie afin de ne passer que quelques secondes devant la dépouille du « Saint Homme ». Ce n’est sûrement pas par hasard !  Ni par snobisme et ni par mode, on va se mettre à pleurer sur le passage du cortège. Il n’y aura donc qu’un seul homme ainsi tous les 35 ans à se faire vénérer ? Mais qu’a-t-il plus que les autres ?

 

Je pense avoir trouvé la réponse, puisque la majorité des argentins à qui on a posé la même question de savoir pourquoi ils étaient venus et que représentait pour eux Raul Alfonsin, ont répondu toujours de deux mots : Démocratie et Honnêteté !


Le command car à droite, les argentins suivent !Honestidad :

Voilà le mystère était éclairci, deux mots magiques, compatibles, inséparables, et complémentaires !

 

En Argentine, on est en admiration devant un homme politique Honnête !

 

Vous rendez vous compte, un président de la république qui aura terminé sa vie politique plus pauvre qu’il l’aura commencé ! C’est vrai, il n’y en aura eu qu’un seul en Argentine durant tout le XXème.

 

Aujourd’hui Alfonsin est le nouveau Gandhi argentin, parce qu’il Le Sage, l’Incorruptible et celui qui est resté honnête droit dans ses bottes, une sorte d’exemple que maintenant toute la classe politique va reprendre à son compte. (et devoir suivre ?)


L'arrivée à RecoletaLes élections législatives en ligne de mire :

Nous ne sommes pas loin des élections législatives (juillet 2009), d’un coté les kirchneristes usés jusqu’à la moelle, les péronistes contestataires qui tremblent devant la toute suprématie du couple en délire, et puis l’opposition qui voudrait trouver un projet qui tiennent la route et qui puisse mobiliser.

 

Depuis jeudi, l’opposition a trouvé son projet : La Démocratie et la Liberté. Elle a trouvé un modèle Le Mat mata Alfonsin. Elle a trouvé un parti pour réunir toutes les tendance : l’UCR. Elle a trouvé un dauphin : Julio Cobos qui s’est souvenu subitement qu’il avait commencé sa carrière politique dans ce parti, quant à ses amis ils viennent d’oublier qu’ils l’avaient expulsé de ce même parti en 2007, pour acoquinement avec le Diable.

 

Les élections de juillet 2009 ont été gagnées sur l’avenida Callao jeudi dernier.

La balle est maintenant entre les mains de Cobos, il doit rester lui aussi droit dans ses nouveaux principes, qu’il soit bon ou mauvais à gérer les problèmes du pays, les argentins s’en contrefoutent, ils veulent tout simplement « croire » car aujourd’hui en Argentine, on a besoin de miracle, on a besoin d’honnêteté, on a besoin de grand principe.


Jeudi 02 avril 2009 sur avenida Callao La morale de l'histoire :

Si il y avait une morale à tirer de cette histoire, c'est de savoir qu’on peut commettre dans la vie des erreurs de jugements, ne pas être apte à une situation, ne pas avoir su résoudre des situations, s’être fait huer et traîner dans la boue, mais qu’on peut être pardonné si on est resté fidèle à ses idées, à ses principes et avant tout honnête.

Simple, mais encore faut il le faire !


Julio Cobos devient la figure de l'oppositionArticles du Petit Hergé concernant Raul Alfonsin :

- Mardi 31 mars 2009. Raul Alfonsin est au plus mal.
- Mercredi 1er avril 2009.
Décès de Raul Alfonsin
-
Mercredi 1er avril 2009.Les argentins viennent saluer Raul Alfonsin.
- Jeudi 02 avril 2009. Une nuit de recueillement pour les argentins
- Samedi 04 avril 2009. Alfonsin : La morale de l'Histoire.

Photo : Julio Cobos, un vote et un décès plus tard, et le voilà sous les feux des projecteurs, en vaut il la peine ?

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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commentaires

Paddy 06/04/2009 11:29

JULIO Cobos, pardon.

Paddy 06/04/2009 11:26

La dernière question est la bonne. Si Julian Cobos "sort" maintenant, on pourra difficilement éviter le qualificatif d'opportuniste. Qualificatif qui peut désigner une qualité en politique, finalement, mais peut difficilement être associé à l'honnêteté ou même à une démocratie sans tache. En France, nous en avons deux beaux modèles au gouvernement, à savoir Kouchner et Besson : on est loin de la probité d'un Alfonsin. Celui-ci a été vaincu par sa propre personnalité, en quelque sorte. Avoir une haute idée de sa fonction, et de la démocratie, est une chose. Se donner les moyens de les faire triompher, en est une autre. A sa décharge, la tache était surhumaine.Il a cru pouvoir réconcilier l'Argentine avec elle-même, mais il est arrivé trop tôt, et il a manqué de temps. Après les vingt années qu'ils viennent de passer, les Argentins ont sans doute des remords, et on les comprend. Mais à l'époque, leur impatience était légitime.

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