1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 17:12

Mise à jour : 1er mai 2012. Ecrit par Léo Sounigo d'EM Lyon.

nullRicardo Darin :

Viril et cheveux poivre et sel, sourire aux lèvres, démarche arrogante, barbe des trois jours, à priori rien d’extraordinaire. Je dis bien à priori.

On dit toujours que le succès ne porte pas de nom, que la « vraie » célébrité est l’affaire des anonymes, des hommes de l’ombre. La description peut paraître brève, mais il est difficile de mettre de mots sur ce que l’on appelle le charisme. Ricardo Darin, acteur, réalisateur, scénariste est aujourd’hui l’homme qui porte le cinéma argentin à travers le monde. Son nom raisonne comme une évidence dans les salles de cinéma européennes et américaine. « Je me sens bien quand je me sens reconnu pour mon travail. Une de mes luttes de tous les jours en me réveillant le matin est un travail contre la banalité », déclarait il récemment » au journal argentin, Tv Show. Portrait de cet artiste hors norme.

 

Vidéo : Dernier film avec Ricardo Darin : "Elefante Blanco" de Pablo Trapero. Sortie en salle en Argentine, le 17 mai 2012.

Vidéo : Emission "Que fue de tu vida" de canal 7 en Avril 2011. 1ère partie avec Ricardo Darin.

nullUn "bon gamin" dans les premières telenovelas :

L’enfant prodigue, ou l’enfant incompris, Ricardo Darin est ce que l’on peut appeler un autodidacte. Né à Buenos Aires le 16 janvier 1957, il arrête l’école après le collège, mais en garde tout de même un très bon souvenir : il y  avait, une sorte d’atmosphère incroyable, une combinaison chimique où se mêlaient et s’entremêlaient amour et amitié. De sa professeur de français, Madame Suzanne, à ses amours incompris, en passant par des amis qu’il fréquente aujourd’hui, Ricardo parle encore de ses années d’école avec une certaine émotion. Il obtient à douze ans le prix de la camaraderie, il rejette toute forme d’agressivité dans les rapports humains : ce sont justement ces traits de caractère qui fondent aujourd’hui son orgueil et son identité d’homme. Il abandonne ses études académiques au moment du lycée, pour se lancer dans ce qu’il appelle une autre éducation : l’école de la vie.

Si Ricardo Darin est Ricardo Darin aujourd’hui, c’est d’abord et avant tout en raison de son contexte familial : venant d’une famille ou le spectacle a une haute importance (ses deux parents sont comédiens), Ricardo Darin débute sa carrière sur les planches dés l’âge de six ans et apparaît au cinéma à douze ans. A l’âge de seize ans, il joue dans un programme qui s’appelle « Alta Comedia ». Sous les ordres d’un grand réalisateur de télévision (Alberto Migré), il commence peu à peu à percer l’écran à la télévision. Des rôles dans certaines télénovelas comme La playa del amor (1980) ou encore dans la Discoteca del amor, sonne le début de sa carrière à la télévision.

Photo : En 1987, "Estrellita Mia" avec Ricardo Darin sur Telefe.

Vidéo : Emission "Que fue de tu vida" de canal 7 en Avril 2011. 2ème partie avec Ricardo Darin.

nullDu jeune premier aux premiers pas sur les planches :

Dans les années 80, Darin sort définitivement de l’ombre et commence à être connu du grand public. Il fait ainsi partie de ce que l’on appelait les « Galancitos », un groupe de jeunes acteurs débutant et prometteurs. Dans les années 90, la série « Mi Cunando » qui durera de 1990 à 1993, au coté de l’acteur Luis Brandoni, est un de ses plus grands succès à la télévision en tant que comique. Dans cette série, il joue le rôle d’un beau frère insupportable.

 De la télévision au théâtre, l’acteur change de personnage, travestit son visage et son caractère dés qu’il le faut : des œuvres théâtrales comme Sugar, Taxi,  Algo en Commun ou encore Extrana Pareja ont fait de lui un comédien remarquable, à ses premières apparitions dans La discoteca del amor, ou La cancion de Buenos Aires. Au théâtre, l’artiste, a été récompensé a plusieurs reprises : pour Algo en Commun, il remporte le prix  Estrella del Mar (prix de la meilleure interprétation), à Mar del Plata en 1997. L’acteur est au sommet de sa gloire : le sentiment de succès, les applaudissements du public et les frissons des grands soirs. La lumière s’éteint, le film commence. Le trophée n’est pas loin.

Photo : Ricardo Darin dans "Perdido por perdido", film de Alberto Lecchi en 1993.

nullLe tournant des Nueve Reinas :

Que ce soit pour jouer dans El Faro d’Eduardo Mignonga, ou pour jouer le rôle principal dans El mismo amor, la misma lluvia de Campanella, Ricardo Darin semble bien avoir marqué le grand écran argentin. Récompensé pour le prix du meilleur acteur, lors du festival de cinéma latino américain à Biartiz, pour le film Nueve Reinas de Fabian Beliensky en 2001, et pour le film El Hijo de la novia en 2002. Dans Nueve Reinas, Darin interprète le rôle d’un bandit, nommé Marcos, dans une Argentine en plein déboire économique. Dans la hijo de la novia, il retrouve pour la seconde fois, le réalisateur Campanella. Sa barbe a poussé, son nez a pris de l’allure. Les personnages qu’il interprète sont plus tourmentés, comme ce fils qui vit dans l’ombre de son père dans El hijo de la novia.

Vidéo : Emission "Que fue de tu vida" de canal 7 en Avril 2011. 3ème partie avec Ricardo Darin.

nullIl devient réalisateur et emporte un Oscar en 2010 :

On peut penser que l’année 2007 marque un tournant dans la carrière de l’acteur : il passe de devant la caméra à derrière. Il fait ses débuts en tant que réalisateur dans le film La Senal.

Mais c’est surement lors de la sortie du film argentin El Secreto de sus ojos de Campannella, que l’acteur argentin connaitra la plus grande notoriété qui soit au niveau mondial, puisque le film remporte l’oscar  du meilleur film étranger en 2010, apparaissant ainsi et pour longtemps comme un des films cultes du cinéma argentin.

En 2011, au coté de Muriel Santa Ana et d’Ignacio Huang, il joue dans Un Cuento Chino, un film réalisé par Sebastian Boreinsztein. La même année, il reçoit le prix Konnex du meilleur acteur de cinéma ; il reçoit également le prix du meilleur acteur argentin de la dernière décennie. Il recevra d’ailleurs le prix du meilleur acteur pour ce film.

Photo : "Un Cuento Chino" en 2011 de Sebastián Borensztein.

Vidéo : Emission "Que fue de tu vida" de canal 7 en Avril 2011. 4ème partie avec Ricardo Darin.

nullPrises de position dans la vie publique argentine :

Au vue de cette filmographie, on comprend qu’il existe une relation particulière entre l’acteur et le réalisateur Juan Jose Campanella. Les deux amis ont en effet collaboré sur déjà quelques films comme Dans les yeux, ou El mismo Amor. Alors que certains réalisateurs comme Bielinsky font tout pour révélé à l’écran le coté noir de l’acteur, Campanella tente de faire ressortir chez Darin un tout autre aspect de sa personnalité : un coté, rêveur et évasif.

Si Ricardo Darin apparaît comme un acteur de notoriété publique, c’est aussi parce qu’il n’hésite pas à s’engager dans le débat publique, dés qu’il est choqué par des prises de paroles ou des positions politiques des dirigeants du pays. C’est ce que l’on comprend lorsqu’il affirme son dégout et son déni pour le monde politique, au moment de la disparition d’une fillette de onze ans, nommée Candella Rodriguez, et retrouvée morte dans la banlieue de Buenos Aires. Depuis le gouvernement argentin, ainsi que l’opposition rejettent toute forme de responsabilité, concernant ce drame. Après le deuil, Darin entend mettre de coté toutes les manipulations politiques, et faire taire toutes les polémiques.

En fait, l’histoire de Ricardo Darin est l’histoire d’un homme qui depuis tout petit cultive, un amour de la vie et des autres. Sensible comme un acteur, comme un artiste, voilà tout. Avec plus de 69 films à son actif, plus de dix pièces de théâtres, et de nombreux prix qui lui ont été reconnu pour son jeu d’acteur.

Video : Bande annonce du film "Un cuento chino" en français. Film de 2011.

A lire aussi dans le Petit Hergé :

  Industrie Audiovisuelle à Buenos Aires : En Argentine, et à Buenos Aires notamment, une loi (la résolution 1.169), a récemment été mise en place afin de promouvoir et de favoriser l’émergence d’une zone spécialisée dans l’audiovisuelle. Qu’en est-il exactement ? Il convient alors d’expliquer en quel sens et en quelle mesure l’industrie de l’audiovisuelle tend à prendre une place de plis en plus importante. En 2010, l'industrie audiovisuelle a été la deuxième industrie exportatrice de la ville !...

- Pablo Trapero et "Leonera" : Depuis ce matin, on en parle partout dans la presse argentine, c’est la présentation du premier film argentin lors du festival de Cannes. Gros plan donc sur le réalisateur du film « Leonera ». Ici Pablo Trapero est connu, puisqu’il s’agit de son 5ème film long métrage, dans l’ordre : Mundo Grúa (1999), El Bonaerense (2002), Familia rodante (2004), Nacido y criado (2006), Leonora (2007)...

 

- Le Cine Tetaro Opera de Buenos Aires : Il est certain qu'au début des années 30, le plus important entrepreneur dans le monde de l'industrie cinématographique porteña est Clemente Lococo qui détient déjà un important réseau de salles en ville. C'est en fait le fondateur de la société de production E.F.A. Il rachète début 1935 sur l'Avenida Corrientes une vieille salle du nom de "Teatro de la Ópera". Plus qu'une simple salle, le Vieux Teatro Opera est alors un symbole, c'est la deuxième salle de Buenos Aires, le choix de Clemente Lococo n'est donc pas un hasard, il est au plus haut de sa réussite professionnel et voit en cette acquisition une manière d'exprimer face à ses rivaux son indéniable suprématie dans les affaires...

- Palito Ortega : De son vrai nom : Ramón Bautista Ortega Saavedra, il est incontestablement la figure emblématique de la nouvelle vague argentine des années 60. On le surnomme Palito. Il aura tout au long de sa carrière abordé la chanson, le cinéma et même la politique dans sa province natale de Tucuman

 

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Published by Le Petit Hergé - dans 06 - Culture
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commentaires

Jeff 05/05/2012 08:06


Merci pour tout les liens que je vais consulter. Et pour en revenir aussi à Ricardo Darin, j'ai quelques-uns de ces fims, que je passe et repasse lorsque je me trouve à l'étranger, la majeure
partie du temps.


ET merci pour le blog, que je consulterai, je consulte tout ce qui concerne l'Argentine,

Rincon de la Pistola 04/05/2012 15:21


J'ai effectivement vu, par hasard, ce reportage sur M6, sans commentaires!!! Je ne reconnais pas "Mi Buenos-Aires querido", moi qui vit là-bas 3 mois par an.


Je viens d'écrire le 1er article d'un nouveau blog sur l'Argentine (http://fractales.uniterre.com) ; lisez-le et surtout cliquez à la fin du texte
sur le site indiqué, vous pourrez découvrir l'histoire incroyable d'Antoine de Tounens. Lire aussi "Moi Antoine de Tounens, roi de Patagonie" de Jean Raspail (Albin Michel). Je n'hésite pas à
affirmer que c'est plus beaucoup plus intéressant que ce reportage de M6.


Bien entendu je mettrai un lien avec "petit-hergé" que je consulte régulièrement.


Ricon de la Pistola

jeff 03/05/2012 08:12


Ok, toutes mes excuses si j'ai blessé quelqu'un, ce qui me choque c'est que ce reportage est diffusé à une heure de grande écoute, un dimanche, sur un support de chaine qui est beaucoup regardé
par le public français.


Si on veut "élever le débat", il faut aussi, comme ce blog, décrypter l'information qui nous est donné et pour le néophyte de l'Argentine, le mettre en garde contre la "désinformation qui
diabolise et misérabilise".


L'argentine est PLUS que ce qui nous a été présenté là, derrière les Cartoneros, il y a la volonté d'un peuple qui souffre, son dynamisme, sa volonté de progresser - partir de 0 en 2001 avec
plus de 10% de croissance par an - derrière les traficants les descentes de police n'ont pas encore trouvé de AK 47 (kalachnikov) comme en France-Italie ou ailleurs, que la pauvreté existe et
s'affiche mais de manière moins hypocrite que nos politicards essaient de masquer....


Regardez cet épouvantail télévisé et dites-moi de manière claire, si vous avez envie d'y passer ne serait-ce qu'une semaine, en toute objectivité !!!...


Le sujet est superficiel, mal traité et manque d'humilité, quant au commentaire final du journaliste "spécialiste de la "drogue-prostitution-violence", très mauvais genre et beaucoup d'audience,
il dit, en gros :


"L'argentine ne devrait pas oublier qu'après avoir été l'un des pays les plus riches du monde , il est à  terre et qu'il faudra faire encore plus d'effort et ravaler sa fierté..."


Belle leçon nauséabonde, comme on dit à Buenos Aires, avant d'aller sentir le caleçon des autres, il vaut mieux faire attention à ce que le mien ne soit pas en train de fumer !!!!


 


ARGENTINA !!!!!!


 


 

Michel T. 02/05/2012 21:02


Je ne comprend pas l'intérêt de se plaindre de M6 (ou d'une autre chaîne) sur le site du Petit Hergé. Elevons le débat por favor ...

Jeff 02/05/2012 17:55


Qui a vu ce "documentaire" minable et misérabiliste sur M6, qui traite superficiellement de l'Argentine et ses concitoyens.


A produire des niaiseries pareilles, le budget de cette émission de "décérébrés" en mal de mauvaises sensations, aurait pu servir à autre chose, sans oublier le commentaire final, qui donne la
nausée...


Allez sur m6 replay, et faites des commentaires, sur ce torche-écran qui diabolise une nation.

Michel T. 01/05/2012 23:23


Un grand acteur, vu dans deux de mes films préférés : "dans ses yeux" et surtout découvert dans "les neufs reines" !!

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