5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 16:52

Mise à jour : 05 septembre 2010. Article écrit par Nabil Naamane.

 

Augmentation du coût du "panier de la ménagère" à Buenos Aires :

 

L’inflation qu’ont connu les produits alimentaires ces derniers temps devient de plus en plus problématique pour beaucoup de foyers argentins. En effet, selon les chiffres de la Direction Générale de Statistiques et Recensementsde la ville de Buenos Aires, 30,7% des habitants de la capitale ne parviennent déjà plus à couvrir leurs dépenses mensuelles totales. Les quelques 32,4% d’inflation annuelle des produits alimentaires y sont bien évidemment pour quelque chose. Les prix qui ont été pris en compte dans ces calculs sont ceux de novembre 2009 qu’avaient relevés des chercheurs de la Direction de Statistiques de Buenos Aires. La ville de Buenos Aires étant la "province" la plus riche de tout le pays, on peut imaginer que les argentins vivant dans les autres provinces ont encore plus de difficultés à maintenir leurs niveaux de vie.

Dessin : Prix Vs Salaires

Les chiffres annoncés à Buenos Aires : 

 

Il y a environ 1,2 millions de foyers à Buenos Aires (intra muros, sans compter la banlieue), hébergeant ainsi près de 3 millions de personnes. Il y a donc 921 000 personnes à Buenos Aires qui ne peuvent d’ores et déjà plus couvrir leurs dépenses mensuelles totales. Les calculs ont été réalisés a travers un certain nombre de facteurs, parmi eux le nombre de personnes vivant dans le foyer, le fait que la personne (ou la famille) soit propriétaire ou non de son logement, le tout en contraste avec les revenus déclarés de cette même personne (ou famille). Il en découle que, pour une famille type, c’est-à-dire un couple marié avec deux enfants, propriétaire de son logement, les dépenses alimentaires mensuelles s’élevaient fin 2009 à 1172 pesos (234 euros au taux de conversion actuel). Les dépenses mensuelles totales étaient pour cette famille de 2844 pesos (568 euros). Pour une famille non propriétaire de son logement, le total était alors de 3000 pesos (600 euros) par mois.

Des résultats officiels totalement différents :

 

Les calculs ont également été réalisés en adéquation avec les dépenses propres aux habitants de Buenos Aires, contrairement de ceux élaborés par l’INDEC (Institut National de Statistiques et Recensements). Les résultats annoncés par l’INDEC sont totalement différents : une famille type dépenserait mensuellement 469,77 pesos (94 euros) en aliments et seulement 1056,10 pesos (211 euros) au total. Selon le rapport officiel de Buenos Aires, l’augmentation du pourcentage de foyers ne pouvant pas couvrir leurs dépenses alimentaires s’explique à travers la structure des foyers dans la capitale. Il y en effet une plus grande proportion de propriétaires à Buenos Aires que dans le reste de l’Argentine, l’augmentation du prix des produits alimentaires fut donc bien plus significative pour eux étant donné que d’une part l’augmentation du prix des produits alimentaires a été bien plus forte que celle du prix des loyers, et que d’autre part le prix de l’eau, l’électricité ou le gaz est resté stable.

 

Photo : "je veux arriver à la fin du mois"

Inflation : que donnent les chiffres « officieux » pour la capitale?

 

Les aliments ayant connu le plus d’inflation cette année sont les boissons alcoolisées et non alcoolisées, avec des pics supérieurs à 30%, le sucre, les bonbons, les fruits et légumes, avec plus de 20%, suivis par le lait, les yoghourts et les produits laitiers. Les produits alimentaires auraient augmenté de 4,6% en juillet 2010, l’inflation mensuelle en juillet excèderait les 2% alors que celle de l’année 2010 est estimée à environ 25%. D’après le site Internet http://www.inflacionverdadera.com/, les prix des aliments ont augmenté l’année dernière de 32,4% à Buenos Aires. Ce site Internet est alimenté par un groupe d’économistes qui enregistrent tous les jours les prix d’un certain nombre de produits dans deux grands supermarchés de la capitale et les publient sur leur site pour plus de « transparence en Argentine » selon eux.  Plus de précisions sur les dépenses des habitants de Buenos Aires sont ainsi visibles.

 On constate par exemple que pour un homme de 25 ans, actif, propriétaire de son logement, les dépenses mensuelles en aliments étaient de 384 pesos (77 euros) et les dépenses totales de 958 pesos (191 euros) à la fin 2009. En revanche, un couple actif de deux adultes de 25 ans, sans enfant et payant 624 pesos (125 euros) de loyer par mois,  dépensaient au total 2182 pesos (436) mensuellement.

Photo : Restriction sur les achats en promotion dans la grande distribution (huile dans le cas de la photo, 3 bouteilles maximum par client, ou sucre), le manque (des fois créé) influe les prix à la hausse.

 Où se trouve le seuil de pauvreté ?

 

La dernière mesure de l’INDEC (Institut National lié eu gouvernement soulignons-le), c’est-à-dire celle de la seconde moitié de 2009, affirme que dans la ville de Buenos Aires 4,5% des ménages sont sous le seuil de pauvreté et 2,8% n’ont pas de toit pour s’abriter. L’INDEC considère qu’un foyer est sous le seuil de pauvreté s’il n’arrive pas à couvrir ses dépenses alimentaires mensuelles et qu’il est sans abri s’il ne parvient pas à couvrir ses dépenses mensuelles totales. Or nous avons vu que les chiffres annoncés par l’INDECsont probablement erronés (nous passons du simple à plus du double avec les chiffres de la Direction Générale de Statistiques et Recensements de la ville de Buenos Aires).

Photo : La Cava, une villa Miseria du Gran Buenos Aires.

Les derniers chiffres de l'inflation dans la ville de Buenos Aires :

 

Pour les aliments et boissons : + 30,2 % (Entre sept 2009 et sept 2010).

Pour le panier de la ménagère (Canasta Basica) : + 25 % (Entre sept 2009 et sept 2010).

 

Depuis le 1er décembre 2007 :

+ 82,7 % sur l'alimentaire, et + 67,1 % sur la canasta basica.

Lien exterieurs :

- Site de la "véritable inflation" à Buenos Aires. Verdadera Inflacíón.

Infographie : Déjà une difference entre les chiffres officiels de l'INDEC sous estimé et les chiffres des instituts privés plus proches de la réalité. Une difference de +57,5% fin décembre 2009. Comme la canasta basica est sous estimé par l'INDEC, le gouvernement annonce 3,5% de la population de Buenos Aires sous le seuil de pauvreté, en fait les instituts privés économiques en surélévant le prix de la canasta de +57,5%, font passer de 3,5 % à 30,7% la proportion de la population de la ville de Buenos Aires intra muros vivant sous le seuil de pauvreté. Quand on connait la quantité de bidonvilles en banlieue, on ose imagnier quel est le véritable chiffre de pauvreté sur le "Gran Buenos Aires" (regroupant 13 millions d'habitants).

A lire dans le Petit Hergé :

 

- Plus d'importation et moins d'investissement.(Sept 2010).

- Quand un employé gagne plus que son patron.(Août 2010).

- Villa Crespo, le nouveau Outlet de Buenos Aires,(Août 2010).

- Les marques alimentaires argentines à l'export.(Août 2010).

- Buenos Aires, la ville des entrepreneurs.(Juillet 2010).

- Quand les économies passent dans l'immobilier.(Juillet 2010).

- La guerre des cellulaires en Argentine.(Juillet 2010).

- Premier bilan de l'inflation en Argentine en 2010.(Juillet 2010).

 

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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commentaires

Gregoire 06/09/2010 10:03



Tres bon article Nabil



Le Petit Hergé 17/09/2010 18:17



Nabil bosse bien ! Normal, le chef est bon ! ;-)



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