18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 02:12

Mise à jour : 18 juillet 2010. Article écrit par Mathilde Arrault.

L’Argentine dans la compétition mondiale.

 La capitale argentine affiche un taux de création d’entreprise qui la place parmi les villes les plus dynamiques au niveau mondial. D’après les études du GEM (Global Entrepreneurship Monitor), Buenos Aires se place en 7ème position en termes de pourcentage d’entrepreneurs parmi la population active (14,7%), devant Paris, Madrid, Barcelone, Londres ou New York. Selon Francisco Cabrera, le ministre du développement économique de Buenos Aires, 13 000 entreprises sont créées chaque année dont 64% dans le secteur des services. Les domaines porteurs sont ceux liés aux nouvelles technologies, au design et arts graphiques.

 

Photo : En matière de design, informatique, nouvelle technologie, communication, information, video, Buenos Aires, nouvelle capitale de l'innovation ?

Les raisons :

Ce dynamisme aurait plusieurs raisons. Tout d’abord la crise économique : sans travail, de  nombreuses victimes de la crise économique décident de créer leur propre entreprise. Ce phénomène s’est déjà observé en 2001. Ensuite, l’évolution des mentalités et des aspirations professionnelles : intégrer une grande entreprise n’est plus aussi gratifiant que devenir "son propre patron". Enfin il existe en argentine un marché inexploité dans le secteur des nouveaux services et produits innovants, propice aux créations d’entreprises.

D’autre part, il existe à Buenos aires une dynamique favorable aux créations d’entreprises, liés aux actions conjointes des institutions académiques, des ONGs, des fonds de capital risque et de la municipalité. Celle-ci favorise certains secteurs considérés comme stratégiques et travaille à réduire la lourdeur administrative. Par ailleurs, la ville de Buenos Aires a mis en place un programme d’assistance technique et financière aux entrepreneurs. En 2009,  2,4 millions de pesos furent octroyés à près de 5 000 entrepreneurs, et la municipalité propose des crédits à taux avantageux (7 à 11% pour des  montants jusqu’à 24 000 pesos). Il est également possible pour les créateurs d’entreprises de recevoir des aides du COE (centre d’orientation pour les entrepreneurs), un institut de conseil et d’appui technique pour la construction de projets innovants.

Les statistiques montrent néanmoins que 50% des créations d’entreprises sont des échecs et survivent moins d’un an. Selon le Global Entrepreneurship Monitor de 2009, la politique nationale de Kirchner est à blâmer tout autant que le contexte économique chaotique, qui rend difficile l’accès au capital.

Signe de dynamisme, le taux de créations d’entreprises à Buenos Aires est un indicateur positif pour appréhender l’environnement économique général de la ville.

Photo : De multiples salons, concours et rencontres de design, mode, musique et graphisme à Buenos Aires tout au long de l'année permettent la création de PME. L'Argentin est créatif !

 

L'Argentine entre dans l'exportation de services :

L’exportation de services aux entreprises (calls centers, conseils, vente de logiciels…) représente une manne de 3 000 millions de dollars par an pour l’Argentine, qui cherche sa place sur le marché mondial. Celui-ci est indéniablement attractif, représentant  170 000 millions de dollars par an.

Ce secteur en Argentine est récent, né après la crise de 2001, et représente aujourd’hui 5% des exportations totales du pays. Les principaux clients sont les Etats Unis et l’Espagne. Son essor est lié au développement mondial des nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais aussi à la mondialisation des entreprises. Une attention croissante est portée à l’efficacité du réseau, à la communication en son sein, au recrutement et à l’information des consommateurs. Les entreprises se concentrent sur leur cœur de métier et délocalisent le reste, dans des pays à faible coûts salariaux.

Photo : Entreprise Global Accenture installé à Buenos Aires (Secretariat à distance).

Les SSI :

En Argentine, ce type de service se nomme les SSI (Empresas de software y servicios informáticos).

A partir de 2006, ont débarqué en Argentine, les géants mondiaux dans le domaine informatique et software. Tout d'abord Intel à Córdoba puis EDS (Acheté par HP en 2009) dans la même ville. Sykes reprend Apex America. En 2007, c'est au tour de Google de venir s'installer à Puerto Madero à Buenos Aires. D'autres sociétés ont suivi à partir de 2008, comme la mexicaine Sofftek, la française Capgemini et même l'indienne Tata.

Outre l’Inde et la Chine, l’Argentine doit faire face à une concurrence venant de l’Europe de l’Est et plus récemment d’Amérique du sud, avec l’entrée sur le marché des call-centers du Chili, du Pérou et de la Colombie.

Alors que l’opinion publique voit la compétition perdue d’avance, certains experts sont beaucoup plus optimistes. Dans une interview parue dans iEco le 11 juillet 2010, des cadres supérieurs d’Accenture, PricewaterhouseCoopers, Teleperformance, Teletech, Globant et HP, s’expriment sur cette tendance.

Forces et faiblesses de l’Argentine :

L’Argentine jouit de plusieurs avantages concurrentiels. Son bon réseau de communication permet à l’Argentine d’être en contact avec le monde entier. Sur les mêmes fuseaux horaires et proches culturellement, de plus en plus de compagnies américaines se tournent vers l’Argentine. De plus, l’Argentine offre une stabilité juridique et une maîtrise de l’espagnol intéressante en comparaison avec la Chine, l’Inde ou les pays d’Europe de l’Est. Du point de vu des ressources humaines, l’Argentine est très attractive pour les entreprises multinationales. Et bien entendu, la dévaluation a accéléré la tendance. De plus les argentins sont doués d'une adaptablilité rapide et souvent bilingues dans des langues comme l'italien, le français, l'allemand ou l'anglais.

Néanmoins, l’inflation et la récente hausse des coûts salariaux en dollars sont des handicaps certains dans un environnement compétitif dominé par des pays à faibles coûts de main d’œuvre. L’Argentine doit se démarquer par d’autres moyens, car par exemple, en matière de call-centers, ses coûts sont 50% plus importants que ceux Indiens ou Chinois.

Photo : Bureaux de Google Buenos Aires.

 

Un modèle argentin ?

L’Argentine ne cherche pas à copier le modèle indien, qui absorbe une grande quantité de main-d’œuvre et créé des emplois à faible valeur ajoutée. Elle tente de se démarquer par une meilleure qualité des services offerts, mais aussi par leur diversité. Cette diversité est une composante stratégique de premier rang : de l’architecture à la médecine, en passant par la finance et la comptabilité, les services proposés sont nombreux.

Photo: Le centre Microsoft Buenos Aires dans le secteur de Catalinas dans le micro centro.

Quel avenir pour le

secteur ?

Une vision à long terme s’impose car au vu de la croissance du secteur, les ressources humaines du pays vont manquer.  Même si en 3 ans, le nombre de personnes travaillant dans le secteur des nouvelles technologies s’est multiplié par deux, cette croissance est insuffisante. Les experts préconisent donc de favoriser les études et parcours universitaires orientés vers les services, et mêmes de créer de nouvelles filières, courtes et spécialisées, comme c'est le cas au Chili ou au Mexique.

Il faut néanmoins garder à l’esprit que ce secteur est récent en Argentine, et donc depuis peu sujet d’étude pour les économistes. Cette immaturité et le manque de recul donnent un caractère incertain à la tendance, même si la forte croissance mondiale est prometteuse pour celle nationale.

Photo : Globalisation des services de Call Center sur Buenos Aires (exemple de location de voiture).

Liens extérieurs :

- GEM (Global Entrepreneurship Monitor).

- COE (Centre d'Orientation des Entrepreneurs de la ville de Buenos Aires).

- Article sur "l'industrie invisible argentine". Sur le site web paraguayen d'information Ñanduti.

- Article sur Global Accenture.

 

Photos : A l'angle Lavalle et Riobamba dans le quartier de Congreso, le siege de la société Avaya, 900 employés sur 10 étages. Spécialiste en GSS (Centro Global de Soporte de Servicios).

 A lire dans le Petit Hergé : 

- Inflation en Argentine en 2010.(Juillet 2010). - Histoire du cinéma argentin.(Janvier 2007).

- Fotolog et floggers.(Septembre 2008).

- La mode argentine.(Juin 2009).

- Bilan des fêtes du bicentenaire.(Mai 2010).

- La guerre des cellulaires en Argentine. (Juillet 2010).

- Les estancias jésuites de Córdoba. (Avril 2006).

- Tango Electrónico. (Janvier 2008).

Photo : Festival du film d'animation de Buenos Aires.

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