Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 21:52

Mise à jour : 26 Août 2011. Article écrit par Elodie Charrier et Hergé.

Le Club Espagnol de Buenos Aires :

En marchant sur la 9 de Julio, entre les porteños sortant du travail et les touristes venus admirer l’obélisque, il est impossible de passer à côté du Club Espagnol sans le voir. En effet, cet ancien bâtiment semble lutter pour survivre entre les grands buildings ou les immeubles des années 60 qui l’entourent. La coupole surmontée d’un ange attire notre regard. Et lorsqu’on cherche un restaurant, on ne peut passer à côté sans voir la carte fièrement dressée sur le trottoir et nous présentant des mets argentins aux côtés de typiques mets castillans. Et à y regarder de plus près, ce bâtiment inauguré en 1911 en devient vraiment impressionnant. Il s’agit du Club Español.

Photo : grand escalier du Club Espagnol de Buenos Aires.

De l’ancienne Sala Española de Comercio au Club Espagnol:

L’Argentine s’est faite avec l’émigration européenne á partir du milieu du XIXème siècle. Les premiers à débarquer sur ces nouvelles terres furent les espagnols, abandonnant leurs provinces hispaniques les plus pauvres telles que les Asturies, le Pays Basque ou la Galice. L’association espagnole de Buenos Aires est une des plus anciennes au monde puisque dès 1852, ils sentirent la nécessité de s’unir pour se rappeler leur terre natale mais surtout pour s’organiser en force dans leur nouvelle vie de pionniers. Ils formèrent alors ce qu’ils dénommaient : La Sala Española de Comercio. Cette « Salle »  eut la vie courte puisque en 1857 ils la dissolvent pour former de suite une autre association au nom de « Casino Español » dans un nouveau bâtiment construit à cet effet sur la calle Victoria (aujourd’hui Hipolito Irigoyen) juste á l’angle de la calle Peru. Quelques années plus tard en 1872, le « Casino » change de nom et prend définitivement l’appellation de « Club Español ». L’association devient importante et représentent les intérêts des commerçants, négociants et industrielles ibériques dans le pays. Elle n’oublie pas non plus de mettre en place des projets caritatifs pour venir en aide au plus démunis de ses compatriotes.  En 1887, lors du recensement national, on compte déjà 40.000 espagnols installés à Buenos Aires. 8 ans plus tard, le nombre d’espagnols en ville double ! A mesure que le nombre de d’associés au club croit, l’association devient plus puissante. Pour exemple en 1892, le Club est en mesure d’offrir à la Nation Argentine les fonds afin de remplacer le torpilleur Rosales qui sombre le 09 juillet de cette année avec 50 membres d’équipage au large de l’Uruguay.

En 1896, une seconde association voit le jour : « La Asociación Patriótica Española » qui a pour but de regrouper toutes les associations espagnoles du pays, dont celle de Buenos Aires qui reste la plus importante. C’est souvent à travers La Asociación Patriótica Española, que le Club Espagnol de Buenos Aires intervient. Par exemple en cette même année que l’association met en chantier la construction d’un navire le « Río de la Plata » ainsi que l’envoi de fortes sommes d’argent au fil des années suivantes pour venir en aide aux espagnols a travers le monde, comme les blessés espagnols de la guerre de Cuba (1898), les prisonniers de la guerres des Philippines, ou les victimes d’inondations de Galice et du pays Valenciano. A travers cette association, le Club espagnol interviendra de nombreuses années comme lors de la publication de la revue « Hispania » á partir de 1953.

         

Photo : Facade du Rez-de-Chaussée du Club Espagnol. En 2003, les balustrades inférieures en bronze furent volées.  

La Construction du Club Espagnol :

 

Au début du XXème siècle, le club décide d’agrandir ses locaux mais surtout de faire construire un véritable palais pour y loger son siège. En 1907 sont acquits deux parcelles sur la calle Buen Orden (qui deviendra Bernardo de Irigoyen quelques années plus tard, la Avenida 9 de Julio n’existe pas encore !). Le Club lance un concours international pour retenir le meilleur projet architectural. Le 08 juin 1908, c’est celui du hollandais Hendrik Folkers qui sera retenu. Le Hollandais s’installera á Buenos Aires et suivra aussi le chantier jusqu’á sa fin. Le 27 septembre 1908 est posée la première pierre et le 08 mai 1911, le club prend possession du bâtiment ! Il aura fallu trois ans de chantier !

 

Photo : Certainement une des rares photos du Club Espagnol juste après son inauguration dans la calle Buen Orden. Le trottoir est alors plus qu'étroit !

Un style éclectique Neomudejar :

Le Bâtiment est a classer dans un style « éclectique » comme on aimait le définir, une sorte de « fourre-tout » très á la mode a cette époque, où les architectes européens á Buenos Aires rivalisaient en ingéniosité et osaient mélanger des styles venus d’un peu partout. Pour un club Espagnol, il fallait faire « espagnol » et l’architecte hollandais n’hésita pas á mêler du style « Neomudejar » (Neo espagnol arabisant) alors très en vogue en Espagne mélangé à du style Art Nouveau avec pointe de Jungendstill allemand. Ce bâtiment possède deux entrées distinctes de chaque côté de sa façade. La ferronnerie omniprésente rappelle que l’Espagne est présente ! Le bâtiment haut de quatre étages et couronné d’une coupole surplombé d’un génie ailé. Cette sculpture comme les deux autres du troisième étage,La « Recolección » et « La Navegación » sont l’œuvre de l’artiste catalan Torcuato Tasso y Nadal. Enfin au rez-de-chaussée de la façade entre les deux entrées se trouve une impressionnante balustrade en bronze dont la partie inférieure fut malheureusement volée en 2003. Au premier étage surplombant cette balustrade s’ouvre trois loggias ornées de lustres et de mosaïques.

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Photos : A gauche la porte d'entrée du Club Espagnol, au centre la salle Alhambra au sous-sol du Club, á droite les deux ascenseurs du club.

L’intérieur du Club :

Aujourd’hui en façade, la porte de droite donne directement accès au restaurant du Club, dans lequel règne une atmosphère légèrement guindée mais tout du moins chaleureuse. Décor baroque, dorures clinquantes, lustres très typés art nouveau et mozos à l’ancienne donnent à la salle un air d’antan. L’autre porte, celle de gauche, gardée farouchement par un concierge cerbère est celle des membres du Club. Une fois passé le contrôle, c’est un hall qui s’offre aux visiteurs á partir duquel on peut accéder soit au restaurant que l’on surplombe et que l’on peut admirer á travers une porte fenêtre, soit prendre un majestueux escalier de marbre à double volée. Quelques plaques commémoratives comme les aiment tant les argentins finissent de meubler les quelques espaces laissés encore libre sur les parois entourant l’escalier. Enfin au fond, deux anciens ascenseurs de l’époque toujours en service font face à une banquette au feutre rouge.

A l’origine, le sous-sol était destiné à recevoir deux salons. Ils existent toujours dont  le Salon de l’Alhambra (anciennement salon de baños), il sert aujourd’hui de salle pour des réceptions privées. Les fresques et peintures sont de l’artiste espagnol Francisco Villar et de sa femme Léonie Matthis.

Au rez-de-chaussée se tenait la salle de billard et bar (aujourd’hui occupé par le restaurant), à l’entresol un salon de coiffure occupait ces dames qui n’existe plus que dans certaines mémoires, au premier étage un grand salon de style impérial continue au fil des fêtes et des réunions de revivre les grandes heures du Club. Les salons du deuxième étage étaient réservés quant à eux à la lecture avec son admirable bibliothèque de 20.000 volumes qui vient d’être restaurée, aux conversations et aux jeux de salon. Enfin le troisième étage était presque exclusivement réservé en 1911 à un grand restaurant (qui n’existe plus), le reste du niveau hébergeait et héberge toujours les bureaux et l’administration. On se servait enfin, à l’inauguration du bâtiment, de la terrasse au quatrième et dernier étage exclusivement l’été pour les déjeuners et diners du restaurant.

Le Club aujourd’hui :

Si le club Espagnol est toujours aujourd’hui un « club », cela impliquant que l’accès n’est réservé qu’aux seuls membres, il est possible d’accéder au restaurant au rez-de-chaussée ainsi qu’à certaines expositions temporaires aux étages. Ne vous privez donc pas d’y aller déjeuner ou diner pour le simple plaisir des yeux et des papilles.

La simple association favorisant  l’intégration sociale de la communauté espagnole n’a aujourd’hui plus raison d’être et le club espagnol tend aujourd’hui à devenir un centre culturel hispano-argentin,.Grâce à sa toute nouvelle bibliothèque remise à neuf et de sa toute nouvelle pinacothèque, le bâtiment aujourd’hui dispose des ressources nécessaires pour accueillir des artistes, organiser des expositions, et augmenter et diversifier le nombre de séminaires éducatifs, culturels, et scientifiques qui y sont actuellement organisés. Enfin reconnu, le 9 décembre 2004, le Bâtiment du Club Espagnol a par la résolution 566/2004 reçu le statut de « Site d’intérêt culturel » de la Ville de Buenos Aires.

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Le restaurant: “El Palacio Español” :

Ouvert tous les jours de midi á 16h et de 20h jusqu’à fermeture (environ de minuit en semaine, 1h du matin nuit du vendredi et samedi).

En soirée reservé à des porte monnaies bien remplis. Les plats servis sont originaux et créatifs bien que se basant sur une cuisine traditionnelle. Les raviolis noirs de Galicie au saumon servis dans une sauce aux poireaux et crevettes satisferont les plus fins gourmets. Le service est parfait, distingué et souriant. C’est finalement un passage incontournable pour les gourmets de la gastronomie espagnole remise à jour à la sauce porteña. Les plats de poissons sont encore à la portée de toutes les bourses, mais les prix s’envolent quand on touche aux fruits de la mer !  Les autres plats (viandes et cochonnaille) sont dans la limite des prix acceptables. En dessert prendre la crème catalane.

Les incontournables sont la paella, les langostinos Juliette, le cochinillo

Par personne comptez minimum 100 pesos. (Un plat, une boisson, un café), si vous vous lâchez sur entrée, plat, dessert on arrive à 150 pesos.

Le restaurant a son propre site web :http://www.palacioespanol.com.ar/historia.asp

Chez Vidal Buzzi, la qualification du restaurant est de : 22/30 pour la cuisine, 6/10 pour le service et 4/5 pour la salle. Soit 32 points. Ce qui le place dans les moyens supérieurs.

Fiche Technique:

Adresse: Calle Bernardo de Irigiyen 172/178 (sur Avenida 9 de Julio) presqu’au croisement de l’avenida de Mayo. Dans le micro centre (Quartier Montserrat).

Pour s’y rendre :Station de métro « Avenida de Mayo ».

Pour vérifier le calendrier des manifestations du Club, voir son site web :http://www.clubespanolba.com.ar/

Les conseils du Petit Hergé :

 

Encore un immeuble du début du XXème qui mérite une visite. Cependant l’accès en est très réglementé. Reste le restaurant qui vaut déjà une visite à lui tout seul, et un peu de persévérance du coté du gardien pour jeter un coup d’œil au hall d’entrée. Pour le reste un peu de chance si il y a une exposition ou un événement qui y a lieu lors de votre passage à Buenos Aires.  Vois n’êtes pas loin de l’avenida de Mayo alors un petit détour quand même pour ne serait ce regarder cette belle façade.

Photo : La salle du restaurant

A lire dans le Petit Hergé :

Insécurité dans les quartiers de Caballito, Flores, Barracas et de Balvanera à Buenos Aires - Insécurité á Buenos Aires.(Mars 2008). Quatrième et dernier volet consacré à la délinquance et à l’insécurité à Buenos Aires en 2008. Tous les quartiers sont touchés et non seulement les quartiers centraux. Quatre exemples dans quatre quartiers de Buenos Aires : Caballito, Flores, Barracas et Balvanera.

Buenos Aires en 1750 - Buenos Aires en 1750.(Mai 2009). Petite recherche pour recouper quelques infos concernant le gros village de Buenos Aires en cette année 1750. Comment peut on y vivre, quels en sont les habitants, quel était le poid politique et commercial de cette communauté qui se developpe.

L'or en Argentine - L'or en Argentine.(Octobre 2010).L’or est à nouveau la "nouvelle" richesse de l’Argentine. Les entreprises canadiennes, australiennes ou encore sud-africaines, déjà bien implantées en Argentine, ont prévu d’augmenter leur budget lié à l’exploitation de terres rares dans les provinces de Santa Cruz, San Juan, Catamarca, La Rioja, Salta et Jujuy.

Le Peso argentin : ARS - Le peso argentin.(Mai 2011). Depuis le 1er janvier 1992, le peso argentin ou ARS (qui s’écrit $) est la monnaie légale de l’Argentine...

Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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