28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 22:03

Mise à jour : 28 décembre 2013.

nullLes bandes organisés du Buenos Aires des années 30 :

Au début des années 30, une nouvelle criminalité apparait à Buenos Aires, les gangsters, plus fortement armés et surtout très violents. Leurs cibles préférées les banques et les transports de fonds. Mieux équipés que la police, ils ont souvent l’avantage, la puissance de tir et aussi des voitures bien plus puissantes pour pouvoir s’enfuir !

La Police Fédérale (Policia Federal) en a bien conscience, mais voilà, l’argent manque !

Elle organise alors réunion de sensibilisation (comme on dirait aujourd’hui), des quêtes, des fêtes de bienfaisance, des loteries et lotos, et des kermesses uniquement dans le but de récolter des fonds. La plus grosse collecte se nomme « “Colecta del Día de la Seguridad Pública” (Collecte du jour de la sécurité publique). L’opération est réussie !

Le 15 juillet 1934, la Police Fédérale acquiert 50 Ford V8. Puissantes, rapides, blindées et aménagées pour pouvoir tirer au pistolet ou à la carabine Bereta à partir de l’intérieur. Il faut préciser que la Ford V8 était, depuis son lancement en 1932, la voiture préférée de Bonny et Clyde, abattus en cette même année 1934. Les 50 unités sont donc équipées aussi de radios pour recevoir la LPZ (Radio policière). 1ère mission d’une de ces Ford V8, le même jour, un échange de tirs entre une unité et 4 voleurs qui ont volé 4 pesos à un ouvrier sur avenida Las Heras et angle calle Lafinur. On ne retrouva pas les voleurs qui se sont enfuis par le Jardin Botanique.

Photo : 1932 : Vicente Padula et Gardel dans le film Melodia de arrabal. Les années 30 en Argentine, des histoires de gangsters, de mauvais garçons, de "malevos" et de "guapos" hantent les esprits de tous. Publications, revues, magazines, livres, tangos et films en foisonnent. Le gangster est à la mode. "Melodia de araval" est un film argentin mettant en scène Carlos Gardel mais sera tourné aux studio de Joinville à Paris.

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Photos : La toute nouvelle Ford V8 flambant neuve pour la Policia Federal. Rapidement la police va se rendre compte que les deux lunettes avant permettant de glisser une carabine ne permettront pas d'avoir toujours l'angle suffisant pour faire mouche.

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Photos : Toutes les modernisations et nouveautés des années 1933 - 1934 de la Policia Federal. Tout d'abord un équipement bouclier pour les policiers (à gauche). Au dessus, le Cinetiro, où comment entrainer les agents à tirer sur une cible mouvante ! Rien de mieux que de tirer sur un écran ! Enfin ci dessous, dans la revue Caras et Caretas du 17 octobre 1933, la nouvelle radio Radiopolicia qui diffuse aux véhicules les informations en temps réel. 

nullPhoto : Dans la revue Caras et Caretas du 17 août 1933, la nouvelle radio Radiopolicia qui diffuse aux véhicules les informations en temps réel. 
nullPhoto : Le magazine "maison" de la Policia Federal "Magazine Policial de août 1933 qui deviendra Radiopolis Magazine en mars 1934, quand le service radio à bord des véhicules sera installé. On peut lire dans ce genre de revue les avancées technologiques mises à la disposition de la police, les arrestations les plus spectaculaires du mois, les conseils aux agents, etc...

nullRuggierito contre Valea :

Une des figures les plus emblématiques des gangsters des années 30 à Buenos Aires est « Ruggierito » de son vrai nom Juan Ruggiertio. Son pire ennemi, Julio Valea. Chacun a la tête de bandes rivales voulant régner sur Buenos Aires. Juan Ruggiertio règne sur la banlieue sud, à partir de son fief installé dans la commune d’Avellaneda, l’autre Julio Valea  règne sur Buenos Aires Capital Federal. Des années de règlements de compte entre les deux hommes pour se partager le milieu des jeux clandestins. De quoi faire des films, tout y est, l’ambiance, les femmes, les vengeances, les familles qui s’entretuent à tour de rôle pour des histoires d’honneur. Une anecdote : le journaliste du quotidien « Critica », Gustavo Germán Gónzalez, spécialisé dans les histoires policières et les fais divers est un jour convoqué personnellement par Julio Valea  à l’Hotel Castellar (avenida de Mayo). Le journaliste y va et est reçu dans les salons par le parrain. Julio Valea lui déclare “Je ne veux plus de sang. J’ai suffisamment d’argent pour que la police ne m’ennuie plus. Vous le connaissez bien Ruggiero. Allez le voir et nous ferons la paix. Que ces hommes ne viennent pas sur Buenos Aires, et les miens ne passeront pas le pont » (pont qui enjambe le riachuelo et qui délimite Buenos Aires de la banlieue sud).

Après la réunion, le lendemain le journaliste va voir Eduardo Santiago, chef de la police de Buenos Aires pour lui faire part de son entrevue. Ce dernier lui repondra : “- Se puede arreglar. Para la semana que viene los juntaremos aquí, en mi despacho, a los dos y trataremos de que se firme la paz”. (Ça peut s’arranger. Pour la semaine prochaine nous les réunissons tous les deux ici dans mon bureau et nous essayons de leur faire signer la paix !).

Si cette fois-ci les deux hommes arrivèrent à un accord, c’est pourtant seulement quelques années plus tard que les deux mouraient à nouveau sous les mitraillettes. Julio Valea qui n’avaient pas le droit d’entrer à l’hippodrome de Palermo, suivait tout de même la course ou trottait un de ces chevaux debout sur le toit de sa voiture les jumelle à la main, une rafale de balle le jeta à terre. Quant à  Ruggiero, c’est une après midi à la sortie d’une visite galante à Avellaneda qu’on ne le « rata » pas. Dans les deux cas, on ne sut jamais qui avait commandité les deux meurtres.

Photo : Quelques semaines avant sa mort, à l'age de 36 ans, à droite Ruggiero. Au centre Carlos Gardel et à gauchje le poète, écrivain et parolier Bartolome Aprile. C'est l'époque ou les stars de la chanson et du cinéma aiment se faire photograpier avec les parrains de la mafia porteña !

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Photo : Operation de la Policia Federal en banlieue de Buenos Aires en 1934.

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 19:00

Mise à jour : 18 septembre 2012. Article écrit par Nicolas Piquet Gauthier.

nullJuan Manuel Fangio :

 

" Il faut essayer d’être le meilleur, mais jamais croire qu’on l’est ", Juan Manuel Fangio. Ce pilote était indéniablement le meilleur de son temps mais il ne s’est jamais considéré comme tel. Cet homme d’exception était sur la piste un véritable fauve prêt à tout pour gagner mais dès qu’il quittait son baquet, on découvrait là un homme simple et humble. Pour comprendre cette double personnalité, je crois qu’il faut remonter à son enfance.

nullUne famille venue des Abruzzes :

Originaire de la région des Abruzzes en Italie, le grand-père de Juan manuel tenta l’aventure américaine en 1887 près de Balcarce (à 400 Kms de Buenos Aires). Pari gagné pour cet italien qui a misé sur l’agriculture puisque trois ans plus tard sa famille le rejoint pour s’installer définitivement en Argentine. Son troisième fils Loreto Fangio se marie à 19 ans avec Herminia Deramo, une italienne originaire d’une autre famille des Azures. Ce jeune couple donne naissance le 24 juin 1911 (même si par erreur il est né le 23 juin sur les registres de Balcarce) à Juan Manuel le quatrième de leurs six enfants : José, Herminia, Juan Manuel, Carmen, Celia et Rubio. Il doit son nom à son jour de naissance, la San Juan et au royalisme de son père Loreto qui en hommage au Roi d’Italie choisit Manuel. Il fut aussi souvent surnommé affectueusement « el chueco » (le tordu)  par ses proches à cause de ses jambes arquées.

 A six ans, Juan Manuel fit sa rentrée au primaire à l’école n°4 de Bacarce dirigé par le maitre Meliton Lozano. Bien que ne voulant pas être maçon comme son père, Juan Manuel aidait son père à son travail avant que celui-ci lui trouve un poste d’apprenti dans la forge de Fransisco Cerri en 1921. Deux ans plus tard, il laissa l’enclume pour s’intéresser à la mécanique en intégrant le garage de Capettini. Il commence alors à se familiariser avec « ces machines infernales » venues de l’autre côté de l’océan. Devant laver les pièces des moteurs, il découvrit alors comment les pièces s’articulaient les unes les autres. C’est là aussi qu’il apprit les rudiments du pilotage d’une automobile à seulement 11 ans. Plutôt précoce le garçon ! L’année suivante, il intégra la concession Rugby de Carlini, un coureur automobile de la région. Avec lui, il affuta sa technique de pilotage en conduisant sa camionnette lorsqu’ils allaient à la chasse. De plus, Carlini accompagné de « el chueco » devait se déplacer dans toute la région pour réparer des machines agricoles, ce qui permit à Juan Manuel d’augmenter son expérience de la conduite.

Vidéo : Juan Manuel Fangio 1ère partie /sur 4. 10 mn 54 s.

nullMécanicien à 13 ans :

Après un rapide passage dans la succursale Ford de Estevez, il devint à 13 ans l’apprenti mécanicien de Miguel Viggiano, un pilote local. Ce dernier travaillait pour le compte de la concession Studebaker. Ce fut alors l’occasion pour Juan Manuel de préciser sa technique de pilotage. Devant parcourir la campagne sur des routes parfois poussiéreuses, boueuses pour aller chercher des pièces dans les villages voisins, il se frotta à tout type de terrain : une véritable école de la conduite. D’autre part, Viggiano lui enseigna l’art de la mécanique : l’ajustement parfait des différentes pièces d’un moteur pour qu’il tourne comme une horloge. Grâce à ses nombreuses heures passées à travailler en plus de l’école, Juan Manuel put s’offrir sa première voiture en 1927 : une Overland à quatre cylindres. Mais victime d’une maladie proche de la tuberculose, il dut passer toute une année au fond de son lit. Remis sur pied sans séquelle, il se prit de passion pour le football et joua pour le club de Rivadavia avant d’intégrer en 1933 la sélection de Balcarce.

nullEncouragé et aidé par son père et ses amis, il monta à 21 ans avec l’un de ses proches José Duffard son propre garage. Ses amis lui achetèrent les outils nécessaires, son père une partie du terrain et Francisco Cavalloti un ami du football lui fit don d’un vieux camion. En effet, Fangio de part son caractère jovial et sympathique avait beaucoup d’amis qui l’ont constamment soutenu et aidé. Sans eux, il n’aurait pas pu réaliser ce qu’il a fait. « A l’automobile je lui dois tout ce que j’ai, ce qui est beaucoup. Mes amis sont venus à moi grâce à l’automobile, c’est ainsi que j’ai pu acquérir mon premier garage. Mes amis qui à maintes reprises firent bien plus que ça, ce qui est déjà beaucoup ».

Les premières courses :

Le 24 octobre 1936, il participa à sa première course automobile au volant d’une Ford A de 1929 dégoté par ses amis. Malgré son abandon à deux tours de l’arrivée, grâce au réseau de ses amis convaincus de son talent, il courra par la suite de nombreuses courses régionales non-officielles à bord de différentes voitures. C’est en 1940 qu’il connaît son premier succès lorsqu’il gagne les 9445 Kms du Grand Prix International du Nord sur des routes allant de Buenos Aires à Lima. Le coéquipier de sa Chevrolet, Oscar Galvez devint alors à partir de cette course son plus proche ami jusqu’à la fin de ses jours. En fin d’année, il obtint son premier titre de champion d’Argentine de Carreteras (épreuves très populaires de plusieurs centaines de kilomètres, disputées sur des routes sinueuses et caillouteuses, aussi éprouvantes pour les machines que pour les organismes). Titre qu’il conserva en 1941 avant que la seconde guerre mondiale n’éclate et mette fin aux courses automobiles en Argentine pour cause de rationnement.

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Photo : Benito Juarez, le 24 octobre 1936. Fangio est dans la voiture "19".

nullLe soutien de Perón :

Mais avec l’arrivée au pouvoir du Général Peron à la sortie de la guerre en 1946, sa carrière va prendre une toute autre dimension. En effet, le Général étant un grand amateur de sport automobile, il lance ainsi l'idée d'organiser en Argentine une saison de course sur circuit (une temporada) au cours de laquelle les meilleurs pilotes mondiaux viendraient se frotter aux gloires locales. Soutenu par l’Automobile Club d’Argentine (ACA) en 1948, Fangio s’illustre en rivalisant avec les meilleurs. Il obtint alors son billet pour l’Europe et participe à sa première course de Formule 1 au volant d’une Gordini à Reims le 18 juillet 1948. D’autre part, Peron, voulant faire du sport automobile un outil de prestige pour l’Argentine, finance l’ACA qui constitue ainsi en 1949 une équipe d’Argentine compétitrice pour courir en Europe. Fangio enchaina alors les succès (San Remo, Monza…) ce qui lui permet de décrocher un volant de pilote officiel au sein de l'écurie Alfa Romeo pour la saison 1950 et le tout premier championnat du monde de Formule 1.

nullCarrière internationale sur Alfa Romeo et Mercedes :

C’est là le début de sa grande carrière internationale. Après un premier titre de champion du monde en 1951 avec Alfa Romeo puis deux ans d’absence dues à un grave accident le 8 juin 1952 à Monza (où il frôla la paralysie), il rejoignit l’écurie Mercedes en 1954, ce qui marque le début d’une proche collaboration qui durera jusqu’à ses derniers jours. Sous les couleurs de la firme à l’étoile, il vit là l’apogée de sa carrière en écrasant toute concurrence et s’adjugeant alors deux titres de champions du monde en 1954 et 1955. A 44 ans, Fangio pense alors profiter du retrait de Mercedes de la Formule 1 pour mettre un terme à sa carrière. Mais le renversement de Peron en septembre 1955 compromet ses plans. En effet, étant l’un des « protégés » du président déchu, il préfère rester courir en Europe plutôt que de rentrer dans son pays où le gouvernement lui est hostile. Il rejoint alors l’écurie Ferrari pour la saison 1956 où il gagna sans briller son quatrième titre mondial. L’ambiance détestable qui régnait au sein de l’écurie provoqua son départ pour Maserati lors de la saison 57. Il réalisa là, la plus belle saison de sa carrière couronnée par une course d’anthologie à Nurburgring où il reprit 45 secondes de retard aux leaders après un ennui mécanique pour signer sa 24ème et dernière victoire de sa carrière en Formule 1. Il est champion du monde pour la cinquième fois alors qu’il reste deux grands prix à disputer !

Vidéo : Juan Manuel Fangio en 1950 à Modena a bord d'une Ferrari 250 F

nullPris en otage à Cuba :

A 47 ans, il se retire alors progressivement du sport automobile. Il participe seulement à quelques courses dans diverses catégories dont le Grand Prix de La Havane à Cuba  où il est séquestré le 23 février 1958 par le mouvement du 26 juillet mené par Fidel Castro. Gardé en otage pendant 27 heures, il fut très bien traité et n’eut jamais peur pour sa vie. Au contraire, il confia à ses agresseurs qu’ils lui avaient peut-être sauvé la vie lorsqu’il apprit que la course à laquelle il devait participer avait été interrompue à la suite d’un terrible accident causant la mort de six pilotes. Cet événement fut un merveilleux coup de publicité pour les rebelles et pour Fangio. Celui-ci confia une semaine plus tard : « J’avais gagné cinq championnats du monde, j’avais couru et gagné à Sebring mais la prise d’otage à Cuba fut ce qui me rendit le plus célèbre aux Etats-Unis ». Depuis el 58 (séquestration de Fangio à Cuba), le champion garda de très bonnes relations avec les castristes. Ainsi, en tant qu’invité d’honneur il se rendit à Cuba en 1981 et de la même manière Arnold Rodriguez (un des séquestreurs de 58) fut invité en 1992 pour la célébration du sixième anniversaire du musée construit en hommage au pilote. 

A la fin de sa carrière, Fangio reçut un nombre incalculable de prix. Parmi eux, celui du « citoyen illustre de la ville de Buenos Aires » en 1973 (en même temps que Jorge Luis Borges) ou encore en 2007 celui du « plus grand argentin de tous les temps » devant René Favaloro et José de San Martin. De plus, le musée de Balcarce qui rassemble tous ses trophées fut inauguré en son honneur en 1986.

nullPolémique politique et sentimentale :

Ainsi, Fangio fait partie de ses légendes immortelles que l’on peut seulement aduler et non critiquer. Pourtant, quelques pans de sa vie restent occultes. En effet, Fangio ayant toujours été proche de l’enseigne à l’étoile, il fut nommé en 1974 Président de Mercedes-Benz d’Argentine et même Président d’honneur à vie en 1987 ce qui explique la construction de sa statue par Joaquim Ros Sabata devant le siège de la marque à Puerto Madero. Or sous la dictature de Videla, Mercedes a un passé peu glorieux : 14 employés « disparus » en novembre 1975, appropriations de mineurs, contrats avec la dictature… Cependant, Fangio président à l’époque semble passer à travers les mailles du filet comme le montrent les deux rapports rédigés sur sa vie à l’occasion de son centenaire par Fernando de Andreis et Avelino Tamargo qui omettent la période de 1973 à 1980. Certes, quelques voix se sont élevées à l’encontre de ces rapports comme la député Delia Bisutti ou encore des membres de la Defensoría Adjunta del Pueblo porteña (Défense adjointe du peuple de Buenos Aires) mais finalement sans grand succès. Pourtant, cela semble évident que Fangio savait ce qui se passait au sein de Son entreprise. D’autant plus qu’en mai 1977, Fangio a accompagné Videla au Vénézuela pour promouvoir les actions du gouvernement. Sur ces faits, Fangio n’a jamais voulu s’exprimer.

Moins polémique mais tout aussi occulte, Fangio officiellement n’a jamais eu de femme ni d’enfant. Mais vers 1935, il commença à fréquenter Andrea Beba Berruet aussi originaire de Balcarce et donna naissance en 1938 à Oscar Cacho Fangio connu sous le nom de Oscar Cacho Espinosa. Pendant sa carrière, il voyait chaque été son fils confié à la sœur de Andrea Berruet et retrouvait sa compagne dans leur appartement sur Talcahuano (qu’il a d’ailleurs conservé jusqu’à la fin de sa vie). Mais à partir de son retrait des pistes, la relation s’est dégradée et ils ont rompu en 1960. Depuis cette date, Fangio n’a jamais souhaité revoir son fils caché, ni nommé son ex-compagne. Il confiera seulement à 80 ans que son seul regret dans sa vie fut de n’avoir pas pu fonder de famille !

El Maestro est une légende vivante du sport automobile comme en témoignent les trois jours de deuil national déclarés à sa mort. Mais dans toute légende il y a une part d’inconnu, et Fangio n’échappe pas à cette règle !

Vidéo : Fangio sur Ferrari à Monte Carlo en 1957.

nullFangio en chiffres :

Né le 24 Juin 1911 à Balcarce, mort le 17 juillet 1995 (3 jours de deuil national) à Buenos Aires mais enterré avec sa famille à Balcarce

200 courses dont 80 victoires de 1929 à 1958 (pour l’anecdote il passa son permis de conduire en 1961)

49 voitures de course différentes

2 titres de Turismo Carretera en 1940 et 1941 sur Ford et Chevrolet

5 titres de champion du monde de Formule 1 avec quatre équipes différentes (Alfa Romeo, Mercedes Benz, Lancia Ferrari, Maserati)

24 victoires en Formule 1 pour 51 Grands Prix disputés ce qui lui vaut encore le meilleur classement à la moyenne devant Ascari et Schumacher

Film : Fangio réalisé en 1971 par Hugh Hudson

Livre : Siglo Fangio, écrit par Elias Perugino en 2011

Musée Fangio : construit par Antonio Eduardo Mandiola, inauguré en 1986 Adresse : Dardo Rocha (18)  esq. Miltre (17) – Balcarce

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 10:00

Mise à jour : 29 décembre 2011. Article écrit par Elodie Charrier.

Antonio Domingo Bussi :

 

Près de 8 ans après avoir passé sa détention à domicile, Antonio Domingo Bussi s’est éteint le 24 Novembre 2011 dans la clinique de cardiologie de San Miguel de Tucuman. Cet ancien général de l’armée argentine, ayant été deux fois gouverneur de la province de Tucuman, est surtout très connu pour son implication dans la dite « guerre sale ». Il est tout autant mêlé à de nombreuses disparitions et meurtres qu’à la direction même de nombreux camps de détention clandestins ou disparurent des centaines de personnes dans le nord-ouest argentin au milieu des années 70. Pas trop étonnant que de vieux dossiers oubliés ressurgissent au moment même de sa mort, et que les surnoms fusent : le nazi tucumano, El Mussolini de Tucuman..etc...

Vidéo : Antonio Bussi 2 mn 31 s

L'Ecole américaine et française :

Antonio Domingo Bussi, né en janvier 1926, à Victoria dans la province d’Entre Rios est issu d’une famille d’origine piémontaise. Apres ses études primaires et secondaires, il aide son père, boucher de profession, en effectuant les livraisons à domicile à l’aide de sa bicyclette. En 1944 il entre au « Colegio Militar » de Tucuman (le colegio dispensant ici des cours de type universitaires). Il en sort en 1947, et 10 ans plus tard il est reçu diplômé de la « Escuela Superior de Guerra ». Il se marie alors avec Josefina Bigolio, devient professeur au « Colegio Militar », et père de 4 enfants.

Dans les années 60, Antonio Bussi est très influencé par les théories militaires alors en vogue aux Etats Unis, notamment celles concernant la guerre antirévolutionnaire, dont il entend parler à l’école de Fort Leavenworth dans l’Etat du Kansas. Fasciné par ses théories il part deux mois au Vietnam en 1969 comme « observateur argentin » afin d’en apprendre plus sur la mise en œuvre de cette théorie. Les théories de luttes antisubversives, de combats urbains et de renseignements sont alors très en vogue dans l’ambiance de guerre froide et de lutte anticommuniste. Fruit de l’enseignement dite aussi de « l’école française » C’est en rentrant de ce voyage qu’il accède au poste de dirigeant et qu’il met en pratique ce qu’il a appris lors de l’ "Opération Independencia". 

El Operativo Independencia :

"El Operativo Indepedencia” est le nom de code de l’opération militaire menée dans la province de Tucuman contre “L’Ejercito Revolucionario del Pueblo” (ERP, l’armée révolutionnaire du people). Cette opération contre ce groupe révolutionnaire guévariste, débute en 1975. Il a pour but d’endiguer la volonté des guévaristes à faire d’une partie de la province de Tucuman un Etat indépendant. Cette opération est considérée comme la première opération militaire de grande ampleur de la dite “Guerre sale"

C'est à cette époque que les centres de détention clandestins de la province de Tucuman sont sous ses ordres. On compte 33 CCD comme ils sont surnommés ici (Centres Clandestins de Détention) dans la seule province de Tucuman. Les détenus étaient ensuite tués puis enterrés dans les fosses communes. Les récentes recherches et fouilles menées à partir de 2003 dans la région de Tucuman ont montré qu’il en existe un très grand nombre. Les fosses auraient commencé à être utilisées en 1975, sous le gouvernement de María Estela Martínez de Perón, et auraient continué à fonctionner pendant la dictature militaire, et ce jusqu’au début des années 1980. Le premier endroit à servir de lieu de détention a été l’école Diego de Rojas à Famaillá. Dans ce seul “camp” seraient passés près de 1500 détenus. Puis Bussi décide d’intensifier la répression et construit des camps similaires un peu partout dans la province de Tucuman.

L'ancien et tristement connu “Arsenal Miguel de Azcuenaga” était également sous les ordres d’Antonio Bussi. Ce camp est devenu plus « célèbre » que les autres car il est réputé pour avoir été un des plus cruels que la région ait connu, avec la préfecture de police, la prison de Villa Urquiza et le CDD de Ingenio Nueva Bavieria.

En effet, les détenus n’y étaient pas simplement enfermés, tués, puis jetés dans les fosses communes, mais ils y étaient torturés selon les mêmes méthodes. Ils étaient amputés, brulés vif, ou encore battus à mort. Et Antonio Bussi ne manquait pas de cruauté. Il était au contraire le premier à montrer l’exemple a ses subordonnées, abattant de sang-froid le premier des détenus à être brulé et enterré dans une des fosses communes de ces CDD.

 Video : El operativo Independencia. 6 mn 30 s.

 

Gouverneur de Tucuman :

En 1976, Antonio Bussi devient gouverneur de Tucuman par obligation dictatoriale. Sa gestion de la province à cette période est réellement marquée par l’autoritarisme et la répression. Bussi lance la province dans un gigantesque plan de travaux publics. Cela lui permet d’éviter au maximum tout type de rébellion, et de palier au chômage ambiant. L’économie de la province a en effet était très gravement touchée par la crise économique dite « crise du sucre » apparue dans les années 1965. Grace à ces grands travaux de nombreuses installations sportives sont construites, mais parmi ces réussites on retient surtout un échec. Faisant fi des avis des géologues et urbanistes, il décide de construire des terrains de football et de basquet près du lit du Rio Sali. Or quelques années après, lors des crues du Rio de 1981 et 1982, les stades sont bien évidemment inondés. Bussi réussit également grâce à ses travaux publics à attirer quelques entreprises dans la région de Tucuman. Ainsi s’installe l’usine de camion Scania par exemple.

L'administration d’Antonio Bussi est également très connue pour ses mises à l’écart successives des communautés les plus pauvres de la ville de Tucuman. Bussi fait ériger des murs, afin que les quartiers pauvres (les « villas ») ne soient plus visibles depuis le centre-ville. Il choisit également d’expulser les mendiants et autres habitants de la rue en haut des collines entourant la ville lors de la visite du dictateur Videla dans la province de Tucuman. Son mandat de gouverneur prend fin en 1980, mais Contrairement à toute attente, les habitants de Tucuman semblent lui apporter son soutien. Cela s’explique notamment par la peur qu’ils éprouvent face au déploiement de la dictature.

Bussi occupe les postes de directeur national de la Gendarmerie et commandant des corps numéros 3 à Cordoba et 1 à Palermo, puis se retira en 1981. A cette date, il est également nommé Général.

Photo : Bussi en 1979 lors d'une revue des corps juvenils de Gendarmerie Nationale. (GN Infantil) 

La loi du Punto Final :

Au retour de de la démocratie, Bussi fut accusé, aux côtés de dizaines d'autres militaires, de violations des droits de l'homme. Les premières années suivant l'accession au pouvoir du radical Raúl Alfonsín, en 1983, étaient marquées par l’enchaînement des procès et des arrestations. Cependant la loi appelée “Ley de Punto Final” empêcha son jugement. La loi 23 456 du "Point Final" (Punto Final), présentée par les députés Juan c. Puglieses Carlos Bravo et Antonio Macris est promulguée le 24 décembre 1986, sous la présidence de Raúl Alfonsín (UCR). Elle a pour but d’interdire les poursuites au pénal contre les crimes commis par les militaires lors de la dictature argentine. Alors que Bussi était inculpé dans plus de 800 affaires distinctes, pour privation arbitraire de la liberté, torture, homicide et falsification de documents, il est donc Amnistié donc en 1986, le Congrès attendra ensuite 2003 pour déclarer nulle la loi de Punto Final et ressortir les dossiers contre Bussi.

Dessin : J'ai coupé un arbre, tué un fils et brulé un livre. Que puis je demander de plus à la vie ?

Video : La representante des Madres de Plaza de Mayo de Tucuman ne regrete pas la mort de Bussi. 1 mn 27s.

Sa vie politique durant la démocratie :

C'est donc réellement en 1987 qu’Antonio Bussi fait sa réapparition dans la vie politique. Il se présente comme candidat de la « Defensa Provincial Bandera Blanca » au poste de gouverneur. Il perd mais obtient cependant un nombre honorable de votes avec ce parti de mouvance conservatrice. L’année suivante il fonde son propre parti la « Fuerza Republica » (Force Républicaine).  En 1989 il est élu député national, mais refuse le poste, en 1993 il l’occupe mais est cependant demis de ses fonctions pour avoir menti devant la Chambre des députés. Il est à nouveau élu gouverneur de Tucuman en 1995 pour une durée de 5ans. Cependant un scandale vient très vite mettre fin à sa carrière politique battant a nouveau son plein. Le quotidien argentin Clarin révèle en effet que Bussi, sa femme et ses fils, possèdent a eux seuls 4 comptes en Suisse.  Bussi aurait négligé de déclarer 100 000 dollars possédés en Suisse.

Ces comptes suisses lui valurent les admonestations du tribunal d'honneur de l'armée, en mars 1998. Il perd alors son titre de Général.En raison de son active participation à des crimes contre l’humanité, Bussi se voit empêché de siéger à deux reprises. La première fois lorsqu’il est élu député national, puis lorsqu’il est élu maire de Tucuman.

Arrestation et jugement :

Le 15 octobre 2003, il est arrêté et mis en examen dans plus de 600 affaires. Elles sont de tous types : du détournement de fonds, aux plus graves crimes contre l’humanité. Après avoir été détenu dans un lycée militaire jusqu’en décembre 2003, il bénéficie d'une surveillance à domicile en raison de son âge et de son état de santé. La cour d'appel fédérale de Tucumán déclare Bussi coupable et l’inculpe en 2004 pour crimes contre l'humanité. Son jugement débute le 28 novembre 2007 en compagnie de l'ex-commandant de la junte militaire argentine Jorge Rafael Videla. Il est enfin condamné le 28 août 2008 à une peine de prison perpétuelle, pour la disparition forcée du sénateur Guillermo Vargas Aignasse, mais il obtint le droit de purger celle-ci à domicile. Les deux militaires furent condamnés en tant que co-auteurs de crimes contre l'humanité, violation de domicile, privation arbitraire de liberté, tortures réitérées, disparitions forcées, homicides aggravées, association illicite et génocide.

 Cet homme aux surnoms aussi nombreux que ses fautes et ses vices, surnommé « Le boucher de Tucuman », “El loco Vera”, “Pachequito” ou encore « El loco Peron », a cependant presque toujours était soutenu par le peuple de Tucuman. Il perdit une élection mais en gagna 8 autres dans sa province. Sa carrière politique ne pris vraiment fin que lorsqu’il menti a propos du compte qu’il détenait en Suisse. C’est à ce moment que la majeure partie du peuple de Tucuman se détourne de lui. Il fut destitué de son grade de Général pour « Faute grave sur l’honneur » et on dut même le supplier en public afin qu’il arrête de pleurer. Et c’est bien ce même homme qui jusqu’à sa mort a défendu la dictature comme une chose légitime. S’il est pleuré par peu de personnes en raison des nombreuses atrocités qu’il a commises, nombreux sont ceux qui lui reconnaissent des qualités, ou qui au moins lui sont reconnaissants du travail qu’il a effectué pour la ville de Tucuman. Eloignant les communistes alors que le monde entier est obnubilé par la guerre froide, et faisant de Tucuman une ville paisible et tranquille pour la plupart de ses habitants, sa mort sonne néanmoins la fin d’un homme cruel qui a été à l’un des principaux représentant d’une terrible époque.

Photo : Antonio Bussi durant son procès.

A lire dans le Petit Hergé :

L'ERP à Tucuman  - L'ERP de Tucuman.(Septembre 2010). Tucumán est la ville qui a le plus souffert de la répression armée contre les guérillas communistes dans les années 1970 (surtout entre 1974 et 1977). La ville compte le plus grand nombre de disparus et a connu l’ouverture du premier "camp de détention" argentin. Certains parlent même du début d’un génocide. Prémices de la dictature (nous sommes encore sous le gouvernement de Isabel Peron), les violations des Droits de l’Homme qui y eurent lieu sont encore de douloureux souvenirs pour les habitants. Une guerre n'est jamais propre, de la part de l'ERP ou de l'armée, les operations menées furent brutales et sans merci...(Lire la suite).

San Miguel de Tucumán : Historique- San Miguel de Tucuman, l'historique.(Avril 2011).La ville de Tucuman est aujourd’hui la plus importante ville du Nord Ouest Argentin, deux fois plus peuplée que Salta, bien moins touristique que cette dernière, la municipalité a néanmoins depuis 2007 mis en place une politique de revalorisation du patrimoine historique de la ville avec transformation de la calle Congreso en rue piétonne au pied de la Casa de la Independencia, et nettoyage des façades des principales demeures du centre ville. Déménagement de l’ancienne Terminal de bus et revalorisation de son quartier. Aujourd’hui la ville de Tucuman est une étape touristique intégrant le circuit du NOA...(Lire la suite)

Tafí del Valle (Tucuman)- Tafi del Valle.(Juin 2008). Tafí del Valle est le principal centre touristique de la province de Tucumán et la porte d’entrée vers les Vallées Calchaquíes.  Ancien territoire de la culture Tafí suivie par d’autres avant l’arrivée des espagnols, ce village s’est créé autour de l’estancia jésuite fondée à cet endroit en 1718. Les jésuites furent chassés en 1767, et le village retomba en sommeil pendant deux siècles jusqu’en 1943, date à laquelle un chemin fut tracé entre Tafi et la vallée vers Monteros...(Lire la suite).

 

Ciencias Morales ou l'oeil invisible- Ciencias Morales (Juin 2011).L’Argentine qui a gagné la coupe du monde 1978, l’Argentine de Mario Kempes et des généraux est à bout de souffle. La société étouffe sous l’épaisse bâche tissée par six ans de dictature, et, pour reprendre – à peu près –  une formule de l’historien Tulio Halperin Donghi (à propos d’une autre époque, il est vrai), « dérive en suivant un cap imprécis ». En une pathétique tentative pour la remobiliser, les dits généraux, Galtieri en tête, croient pouvoir revenir aux temps glorieux des San Martín et des Belgrano et entreprennent de faire revivre la dernière chose susceptible de colmater les fissures qui s’agrandissent : la fibre nationaliste...(Lire la suite).

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 20:00

Mise à jour : 19 juillet 2011.

El Adelantado : Une idée de la Reconquista applicable aux Amériques.

Un adelantado (En français “Un avancé”, celui qui part et arrive en premier) est le terme utilisé en Espagne à la fin de la Reconquista pour désigné une sorte de fonctionnaire qui avait pour charge à partir de la deuxième moitié du XIIIème siècle de gérer et d’administrer au nom du Roi les terres nouvellement acquises sur les maures. Cette charge fut peu à peu amplifiée en lui conférant des compétences militaires. Au XVème siècle, le titre devenait plus qu’honorifique. A la fin du XVème siècle, avec la conquête de l’archipel des Canaries « el Adelantado » retrouve son statut militaire et désigne celui qui au nom de roi d’Espagne peut s’emparer de nouveaux territoires en finançant en partie lui-même la campagne mais en pouvant tirer économiquement profit par la suite d’une partie des richesses découvertes (Terres, esclaves, bétails, mines).

La campagne du premier Adelantado « moderne », Alonso Fernández de Lugo, lors de la conquête des Canaries commence en 1493 et prendra fin en 1496.

Devant le succès du nouveau « concept » de faire financer en partie les découvertes par des privés, la couronne espagnole utilisera la même méthode pour conquérir les Indes Occidentales, et les premiers « Adelantados » s’élancèrent vers le nouveau monde. Pour des raisons pratiques La couronne espagnole confère aux Adelantados américains des droits amplifiés aux questions judiciaires. Le titre est aussi héréditaire.

Le roi d’Espagne put ainsi à peu de frais pendant tout le XVIème siècle s’emparer de toute l’Amérique.

1534 : Adelantamiento del Rio de la Plata :

 

Si Christophe Colomb part lors de son premier voyage en 1492 avec le titre d’amiral et de vice roi et de gouverneur de toutes les terres qu’il allait découvrir, c’est son frère Bartolomé Colomb qui en 1494 l’y rejoint et peut être considéré comme le premier Adelantado en territoire américain sur l’ile "La Española" (Actuelle Saint Domingue). Il y restera jusqu’en 1500. Les expéditions restent tout de même à la charge de la couronne de Castille.

L’Adelantado règne sur ce qu’on appelle en espagnol un « Adelantamiento”. Le premier créé fut donc « l’ Adelantamiento de las Indias » en 1492, qui regroupent toutes les découvertes de Christophe Colomb au cours de ses 4 voyages (Saint Domingue, Cuba, Bahamas, Guadeloupe, Petites Antilles, Bahamas)

Entre 1492 et 1580 c’est plus d’une vingtaine d’Adelantamientos qui seront créés et gérés par autant d’Adelantados.

Celui qui nous concerne le plus est l’Adelantamiento del Rio de la Plata créé en 1534 et géré par l’Adelantado Pedro de Mendoza.

Pedro de Mendoza, Chevalier et pillard :

 

Pedro de Mendoza est né en 1487 dans la ville de Gadix (province de Granada - Espagne). Fils d’un très riche commerçant provenant d’une famille aristocratique. Il entre très jeune à la cour de Carlos I comme page, et la renommée de sa famille lui permet d’entrer directement au service du Roi. On entrait généralement au service d’un noble comme page à l’âge de 7 ans, on devenait  ensuite écuyer à 14 et enfin chevalier à 21.

Il faudra attendre l’âge de 37 ans pour qu’en 1524 il devienne Chevalier de l’Ordre d’Alcantara puis de Santiago. Il participa ensuite en 1527 aux guerres en Italie menées contre les français par les troupes espagnoles. Et participa à la mise à sac de Rome le 6 mai 1527 où des mauvaises langues diront qu’il amplifiera sa fortune lors de cet événement.

 

Un poème fut d'ailleurs écrit par Martin del Barco (en 1602) :

" A Don Carlos pedía la Argentina

“Provincia, pretendiendo su memoria

“Levantar en conquista de paganos

“Con dinero robado entre Romanos

1534 : Pedro de Mendoza, Adelantado et préparation de son expédition :

Sa participation à la mise à sac de Rome a facilité certainement le financement de son expédition en Atlantique sud qu’il propose en 1534 au roi Carlos I. Le 21 mai 1534, il reçoit donc de son souverain son consentement et le titre d’Adelantado.

Pedro de Mendoza finance ainsi la constitution de sa flottille, de son armement ainsi que de ses équipages.

Il est reçoit ainsi officiellement par décision du Roi (on dit en espagnol par « Capitulacion ») les titres de Adelantado, « gobernador » et « capitán general » de tous les territoires à conquérir entre les latitudes 25º et 36º. (De l’embouchure du Rio de la Plata jusqu’aux alentours sud de Sao Paulo). Il a de plus le droit de garder à titre personnel 50% de toutes les richesses « confisquées aux natifs » et même 90% de tous ceux qu’il aura jugé et emprisonné.

1534 : Ce que Pedro de Mendoza pouvait connaitre avant de partir :

 En 1534, on connaît très peu de chose des côtes de l’Amérique du Sud et encore moins de l’intérieur du continent. Pedro de Mendoza doit connaître les deux principales expéditions antérieures qui ont déjà eu lieu sur le Rio de la Plata :

Celle de 1516 sous le commandement de Juan Díaz de Solís, qui entra dans le Rio de la Plata, posa même pied sur l’Ile Martin Garcia (aujourd’hui argentine) et qui se termina même très mal, puisqu’après avoir débarqué lui-même avec quelques hommes proche de Punta Gorda (aujourd’hui en Uruguay), Solis et cinquante de ses hommes furent attaqués et massacrés sous une pluie de flèches par les chandules (de la famille des guaranies). Les autres espagnols restés sur le navire ne purent rien faire et témoignèrent de la fin tragique de Solis. Les chandules se livrèrent alors à des scènes de cannibalisme, le seul survivant de ceux qui débarquèrent fut un jeune mousse Francisco del Puerto. Le reste de l’équipage sans vouloir lui venir en aide reprit de suite la direction de l’Espagne. Quant à Francisco del Puerto, il vécu 10 ans avec les indiens, s’adaptant totalement à sa nouvelle vie.

L’autre expédition est celle de Sebastian Caboto (vénitien mais armé par le Roi d’Espagne) en 1527 (4 navires, et 200 hommes). On retrouve Francisco del Puerto qui raconte son aventure au sein des chandules et raconte à Caboto qu’au plus profond du pays existe des richesses fabuleuses d’argent. Caboto fonde le premier fort sur le Rio de la Plata, le fort San Lazaro près de l’actuelle ville Uruguayenne de Carmelo ou il laissera une douzaine d’homme pendant 3 ans. Caboto fonde aussi un second fort en 1527 bien plus au nord sur le rio Paraná, le fort de Sancti Spiritu à 60 km au nord de Rosario. En 1529, Sancti Spiritu est attaqué par les indiens et Caboto se replie. En 1530, Caboto évacue à son tour le fort San Lazaro et rentre en Espagne. Il n’y a plus alors un seul espagnol dans toute la région. Quant à Francisco del Puerto, il accompagna comme interprète Caboto à Sancti Spiritu en 1527 lors de sa fondation et ensuite à partir de 1529 on perd sa trace et la légende dit qu’il ne rentra jamais en Espagne, restant et s’intégrant de nouveau à une tribut indienne.

Il est certain que Pedro de Mendoza alléché par l’odeur de richesses gigantesque d’argent comme l’a relaté l’équipage de Caboto à son retour en Espagne en août 1530, ne tarda pas longtemps à demander à Carlos I de lui permettre d’organiser une nouvelle expédition au pays de la Plata !

Photos :  La mort de Solis en 1516 et le massacre de Sancti Spiritu en 1529 par les indiens.

1534 : Connaissance en Cartographie du Rio de la Plata

Pour ce qui est de la cartographie de la région. D’énorme progrès ont été fait en 20 ans entre 1520 et 1540 pour dessiner les contours de l’Amérique du Sud, mais encore rien de fait pour l’intérieur du continent. En 1534 : Les deux meilleurs cartographes de l’époque sont :

-          Le portugais Diego Ribero (mort en 1533) qui est le cartographe royal de la cours d’Espagne. En 1529 il réalise une carte universelle prodigieuse et extrêmement détaillés des cotes.

-          Le vénitien Giovanni Battista Ramusio (1485-1557) qui publie des cartes en 1534. Tous deux géographes, cartographes, marins et ont publié des livres de leurs voyages.

Photo du bas : Extrait de la carte de Diego Ribero. La partie du Rio de la Plata (1529). Cliquez sur la carte pour agrandir.

Vignette du haut : 1534. La Carta universal de la tierra firme y de las islas de la India occidental. Giovanni Battista Ramusio. Cliquez sur la carte pour agrandir.

 

1535 : Départ vers le Nouveau Monde :

Plus d’un an de préparation et le 24 aout 1535 à la tête d’une flottille de 11 embarcations, Don Pedro de Mendoza quitte le port de Cadix pour se rendre non loin de là à Sanlúcar de Barrameda (30 Km. au nord de la province de Cadix), où les vaisseaux devront attendre quelques jours bloqués par une tempête. Le 01er septembre les voiles sont mises et l'Armada se dirige vers l'archipel des Canaries.

 Au total, l’expédition de Pedro de Mendoza compte 3.000 personnes se décomposant en 2.000 hommes d’arme et 1.000 civils.

Il n’y a pas que des Espagnols à bord, ils sont tout de même 2.500 mais il y aussi 150 allemands, des hollandais et des saxons.

Le roi avait exigé de Don Pedro de Mendoza en échange de ses titres, qu’il puisse en un laps de deux ans, transporter un millier de colons, cent chevaux, fonder 3 forts et construire une route entre le Rio de la Plata et l’Océan Pacifique. On peut alors imaginer que personne n’avait la moindre idée des dimensions du territoire qui pouvait s’étendre entre les deux océans ni même du relief des Andes !

Parmi les 1.000 civils, de nombreuses femmes dont María Dávila son amante, huit ecclésiastiques, un médecin et un chirurgien, et deux de ses frères Diego et Gonzalo de Mendoza. Aucun homme de loi puisqu’il a lui-même le pouvoir de juger et de faire appliquer les sentences.

Un autre passager d’une grande importante fut l’allemand Ullrich Schmidel de Straubing, soldat mais aussi narrateur et écrivain qui entreprend d’écrire tous les faits de cette expédition dans une œuvre intitulée : "Viaje al Río de la Plata", Ce fut aussi un des rares hommes a revenir vivant de cette aventure en Espagne et donc à rapporter le plus exactement possible tous les faits qui se sont déroulés entre 1536 et 1537. Il fut présent lors des 4 fondations de Buenos Aires, Corpus Christi, Buena Esperanza et Asunción. Il fut aussi de toutes les expéditions menées en 2 ans par les hommes de Don Pedro, accompagnant Ayolas dans ses remontées du Paraná et du Rio Paraguay. Il accompagnera aussi Irala lors de sa traversée du Chaco. Le recueil comporte quelques exagérations et erreurs mais reste incontestablement un témoignage historique essentiel du début de la colonisation du Rio de la Plata. (La première publication en allemand date de 1567 et fut éditée à Francfort, une seconde publication date de 1599 et fut éditée à Nuremberg. Il existe une version traduite en français publié à Paris en 1837).

Il fait escale aux Iles Canaries pour s'approvisionner et trois autres navires armés par le gouverneur de l'archipel, Pedro Fernández de Lugo, se joignent à eux. L'escale est assez longue, quatre semaines. Les 14 embarcations reprennent enfin la mer après quelques jours d'escale.

Don Pedro de Mendoza était déjà un homme mur (48 ans quand il embarque, donc âgé pour l’époque) et possédant une très longue expérience militaire. Il était cependant très gravement malade de la syphilis et pendant les préparatifs comme durant la traversée, sa maladie le clouait au lit. Il est surement possible qu’une fois arrivé dans le Rio de la Plata il fut a plusieurs reprise dans l’impossibilité de prendre les bonnes décisions en raison de sa maladie.

Les origines de la syphilis ne sont pas bien connues encore aujourd’hui, mais on pense à l’époque de Mendoza qu’elle provenait du Nouveau Monde et qu’elle avait été apportée en Europe et à Naples par des marins de l’équipage de Christophe Colomb. Si Pedro de Mendoza entreprend ce si long voyage à son âge c’est aussi parce qu’il espère trouver sur place un remède.

Quelques jours plus tard, la flottille fait une derniere escale en terre connue, dans l'archipel du Cap Vert (Déjà possession portuguaise). Cinq jours d'escale, afin de fournir les vaisseau en eau et ensuite l'ensemble met cap sud ouest.

Proche des côtes du Nouveau Monde, il doit essuyer une terrible tempête, sa flotte s’éparpille et doit débarquer sur les cotes de l’actuel Brésil (aux alentour de l’actuelle Rio de Janeiro) le temps de la regrouper. Son état empire alors et doit laisser le commandement à son second Juan de Osorio, qu’on soupçonne de vouloir le trahir. C’est certainement le premier qu’il aura à juger et à exécuter pour trahison (Il fut poignardé). Pourtant il s’apercevra plus tard, qu’il n’y eut aucune rébellion !

Une fois la flottille reconstituée, ils reprennent la mer en suivant les côtes en direction du sud pour accéder à l'embouchure du Rio de la Plata !

Bientôt la suite à lire sur :

- 1536 : Fondation de Santa Maria del Buen Aire.

A lire dans le Petit Hergé :

Buenos Aires : Métissage pendant l'époque coloniale- Le Métissage à l'époque coloniale à Buenos Aires.(Mai 2009).

 

 

Uruguay : Gouvernement de Tabaré Vazquez (2005-2010)- Uruguay : Gouvernement de Tabare Vasquez de 2005 à 2010.

(Septembre 2010).

 

Humahuaca (Jujuy)- La ville de Humahuaca (Jujuy). (Juin 2010).

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 18:39

Mise à jour : 01 septembre 2010. Article écrit par Nathilde Arrault.

ERP contre Répression :

Tucumán est la ville qui a le plus souffert de la répression armée contre les guérillas communistes dans les années 1970 (surtout entre 1974 et 1977). La ville compte le plus grand nombre de disparus et a connu l’ouverture du premier "camp de détention" argentin. Certains parlent même du début d’un génocide. Prémices de la dictature (nous sommes encore sous le gouvernement de Isabel Peron), les violations des Droits de l’Homme qui y eurent lieu sont encore de douloureux souvenirs pour les habitants. Une guerre n'est jamais propre, de la part de l'ERP ou de l'armée, les operations menées furent brutales et sans merci.

Photo : Un groupe de combattant de l'ERP (Ejército Revolucionario del Pueblo - Armée Révolutionaire du Peuple)

 

L’Operativo Independencia

L’Operativo Independencia est le nom de la mission menée par l’Armée contre les guérillas des montagnes de la province de Tucumán. A ce moment, un tiers de la province est dite « libérée » du contrôle du gouvernement. L’ERP pratique alors un système de péage afin de contrôler les routes de la zone.

Le 5 février 1975, Isabel Perón signe un décret secret ordonnant le début de l’opération à Tucumán (Decreto “S” Nº 261) et le 9 février, la ville est occupée. Les moyens mis en œuvre sont impressionnants : l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air, la Gendarmerie, la Police fédérale et celle de la province sont mobilisées. C'est également pour le gouvernement l’occasion d’inaugurer leurs tout nouveaux hélicoptères et les IA-58 Pucará, avions de fabrication nationale utilisée contre les mouvements d’insurrection.

Les premiers mois de l’Operativo Independencia, Acdel Vilas est en charge des opérations. L’Armée ne cherche pas le combat et ne s’aventure pas dans les montagnes, contrairement à ce que prévoyait l’ERP. Elle œuvre à neutraliser les bases du ERP installées dans les villes et villages alentours. Les premiers centres de détention et de torture d’Argentine sont construits, comme la tristement célèbre Escuelita de Famailla, qui aurait vu passer près de 2 000 détenus. Alors appelés « Lugar de Reunión de Detenidos », ce sont des sections intégrées aux casernes militaires ou des centres indépendants. Les méthodes pratiquées dans ces camps sont issues des pratiques françaises et étatsuniennes. Sous prétexte de neutraliser la guérilla rurale, de nombreux habitants de la province sont emprisonnés, séquestrés et torturés, parfois fusillés.

Photo : Journal Cronica (contôlé par le gouvernement) "14 guerrilleros sont tués à Tucuman".

 

Le General Antonio Bussi :

A la fin de l’année 1975, le général Antonio D. Bussi remplace Vilas et prend en charge les opérations de Tucumán. De nouveaux camps de concentration sont bâtis sur le modèle de ceux nazis et la répression devient plus forte. Il ordonne à ses troupes de fouiller méticuleusement les 127 hôtels et pensions de San Miguel de Tucumán. Il n’hésite pas non plus à s’en prendre aux soldats récalcitrants, qui s’opposent à ses décisions, en cachant ses actes criminels derrière ceux de l’ERP.

Bussi, soutenu par les riches industriels de canne à sucre et par la bourgeoisie, est alors gouverneur de la région et a donc les plein-pouvoirs. C'est alors que les troupes armées montent dans les montagnes pour anéantir la "Compañía de Monte Ramón Rosa Jiménez", alors affaiblie par les séquestrations et désertions.

Lors de cette opération, l’Armée prépare déjà le coup militaire de Videla du 24 mars 1976, date à partir de laquelle les méthodes de répression illégales expérimentées à Tucuman sont étendues à tout le pays.

Photo : Antonio Bussi (à gauche) à la tête de "l'opération Independance" en 1975. 

 

ERP :

Ejercito Revolucionario del Pueblo :

L’ERP est une guérilla d’influence trotskiste dirigée par Mario Roberto Santucho ayant pour objectif de créer des zones libérées du pouvoir gouvernemental par la lutte armée, puis d’étendre cette influence à l’Argentine, et enfin aux pays voisins. Les actions de l’ERP s’inscrivaient dans un mouvement plus global en Amérique Latine et dans le monde. Crée en 1968 sur décision politique du Parti Révolutionnaire des Travailleurs (PRT) lors de son dernier congrès, ce groupe faisait partie de la Junta de Coordinación Revolucionaria, qui intégrait également le Mouvement de Libération National (Tupamaros) d’Uruguay, le Mouvement au Chili et l’Armée de Libération Nationale (ELN) de Bolivie. En effet, en 1976, les succès de mouvements communistes influencent l’ERP et nourrissent l’idéal révolutionnaire : celui de Fidel Castro 15 ans auparavant, celui de Che Guevara en Bolivie 6 ans auparavant, mais surtout celui du Viêt-Cong au Vietnam.

L’ERP n’était pas une branche armée du PRT mais plutôt une section de lutte populaire. Cependant des conflits internes apparurent rapidement, notamment au cause de la scission entre les dirigeants politiques et ceux militaires. L’ERP militait pour un gouvernement populaire et révolutionnaire, tandis que le PRT vantait le modèle marxiste léniniste et dépendait de la Quatrième Internationale.

L’ERP se finançait en attaquant les banques et en séquestrant des chefs militaires pour obtenir des rançons.  Il s’en prenait également aux casernes militaires afin de s’équiper en armes et munitions. Dans l’optique de séduire la masse populaire, l’ERP réalisait dans les quartiers démunis des distributions de nourriture et vêtements volés.

Dès 1973, l’ERP adopte une organisation d’armée clandestine régulière, avec la création de nouvelles unités dans les villes et les campagnes. Les deux centres majeurs sont Buenos Aires, pour la zone urbaine, et Tucumán, pour celle rurale. La branche influente dans la province de Tucumán s’appelait la "Compañía de Monte Ramón Rosa Jiménez", et c'est contre elle que luttèrent les soldats de l’Opérativo Independencia.

 

L’hymne de l’ERP :

El sonido de las Armas

Por las sendas argentinas
va marchando el ERP
incorporando a sus filas
al pueblo que tiene fe.

Va marchando al combate
en pos de la revolución
que entregue al pueblo el mando
de esta grandiosa nación.

Adelante, compañeros,
adelante sin parar,
que con nuestro pueblo en armas
nada ya nos detendrá.

Va marchando al combate
por el camino del Che
con su bandera en la mano
y sin dejarla caer.

Por la Patria Socialista
como consigna final,
la etapa capitalista
para siempre morirá.

Adelante, compañeros,
hasta vencer o morir
por una Argentina en armas
de cada puño un fusil.

 

Une guerre à Tucumán?

 

Les soldats qui participèrent à "l’Operativo Independencia" réclament désespérément une pension d’anciens combattants. Seulement, accepter d’accorder une telle pension signifie pour le gouvernement de reconnaitre qu’il y a eu une guerre et rouvrir le dossier des centres de détention clandestins.

Une guerre, c'est ce dont parlait l’ERP dans les années 70, et c'est ce que revendiquent les anciens combattants se réunissant dans une vieille bâtisse de Tucumán, aux murs couverts de lettres et témoignages à propos des évènements. D’autres associations, tels que « Reivindicación Histórica y Social », militent depuis des années pour la reconnaissance des actes commis, en vain.

Durant l’Operativo Independencia, aucun réel combat mais deux affrontements mineurs (ceux de Manchalá et San Gabriel), et surtout un climat de peur et des emprisonnements illégaux, qui avaient surtout lieu la nuit, et parfois au domicile des habitants. Il est impossible de connaitre le nombre exact de victimes mais on parle de 2 000 morts et disparus. La majorité des victimes fut les ouvriers des plantations de cannes à sucre, et les étudiants. C'est l’Université de Tucumán qui a enregistré le plus grand nombre de disparus, lors de cette opération qui semble d’avantage avoir eu pour objectif d’éradiquer toute pensée antagoniste à la politique gouvernementale.

Il a fallu attendre 2008 pour que les délits commis à Tucumán lors de l’Operativo Independencia soient punis. Les généraux Bussi et Menendez sont accusés de crimes contre l’humanité, de séquestrations et tortures, et impliqués dans près de 600 affaires similaires.

Photo : Armée argentine dans le "monte tucumano".

 

Le devoir de mémoire et l’identification des corps

 Depuis 2006, l’EAAF (Equipo Argentino de Antropología Forense) sur la demande de la Justice Fédérale de Tucuman, travaille à identifier les restes des corps des disparus de la province. Dans le cimetière nord de Tucuman, une fosse commune compte 55 corps non identifiés. Ce secteur, appelé Cuadro 54, était au début des investigations complètement laissé à l’abandon et couvert d’ordures. L’identification des corps nécessite des besoins importants, notamment en terme de technologies ADN, et sont le résultat d’un partenariat avec des laboratoires nord américains. L’EAAF est intégrée à l’Initiative Latino-Américaine pour l’Identification des Personnes Disparues, qui régie des actions similaires au Pérou et au Guatemala.

Photo : Premier centre clandestin de détention (CCD) d'Argentine installée dans une école en construcion dans le village de Famailla (Province de Tucuman) en 1975.

 

Liens externes :

- Identification de 2 "disparus" à Tucuman. Article du Clarin du 11 décembre 2009.

- L'attaque de la caserne de Azul par le ERP en 1974. Article du Clarin du 18 janvier 2009.

- Vidéo de la condamnation de Bussi. Sur Youtube. Images Tele Noticias

- L'ERP dans le Monte Tucumano. Article du Clarin du 25 juillet 2010.

 

A lire dans le Petit Herge :

- Le Formosa pendant la guerre des Malouines.(Juillet 2010).

- Dictature : Les vols de la mort.(Octobre 2009).

- Le cimetière Darwin, un symbole des Malouines.(Octobre 2009).

- Le Cordobazo de 1969. (Mai 2009).

- Le vice royaume de la Plata en 1809.(Mai 2009).

- Buenos Aires : le métissage à l'époque coloniale.(Mai 2009).

- Buenos Aires en 1750.(Mai 2009).

- Coup d'Etat annoncé du 24 mars 1976.(Mars 2008).

 

 

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 00:06

Mise à jour : 21 juillet 2010. Ecrit par Pierre Largeas. 

Le "Formosa", navire marchand !

 

Voici l’incroyable saga du navire marchand "Formosa" qui sans être armé a pu à deux reprises forcer le blocus militaire imposé par le Royaume Uni autour des îles Malouines. Une histoire qui reflète l’état d’esprit et surtout le manque de préparation à la guerre de la part des militaires argentins. Un mélange d’improvisation, d’obstination pour ne pas dire de bêtises.

 

Photo : le capitaine du "Formosa", aujourd'hui chez lui à Ramos Mejia (Banlieue Ouest de Buenos Aires).

Chargement et appareillage de Buenos Aires :

 

Le 10 avril 1982 la compagnie ELMA (Empresa Líneas Marítimas Argentinas) informe Juan Cristobal Gregorio que l’armée le recherche pour utiliser son bateau marchand : Le Formosa. Il s’agissait d’un bateau récent, puissant et pouvant charger et décharger rapidement. Il se rend le même jour à l'Edificio Libertad (siège de l'armée argentine) pour chercher son ordre de mission mais aussi pour venir chercher un sous officier des services de communication pour interpréter les codes. Il informe ses officiers qu'ils doivent se diriger vers l'Atlantique Sud mais personne ne peut alors imaginer se retrouver en zone de guerre.

Pendant cinq jours le Formosa charge dans la darse C du port de Buenos Aires 3.200 tonnes de marchandises. On place des bidons de JP1 (combustible pour avion) dans la soute 1, des containers de munitions et d'aliments (jambon, lait en poudre) en soute 2, des caisses de munitions en soute 3, des véhicules légers, jeeps et cuisines de campagne en soute 4, des élements de pistes d’atterrissage démontables en soute 5, des camions citernes, d'autres véhicules et des containers sur le pont.

 

Photos : Le "Formosa", bâtiment datant de 1978 long de 159 m. Construit en Espagne à Cadix.

La route des Malouines :

 

Le mardi 13 avril, le Formosa sort du port de Buenos Aires avec ordre de se rendre à Puerto Deseado, mais reçoit ensuite l'ordre de se dévier sur Punta Quilla. A bord 41 membres d’équipage et 25 soldats qui étaient bloqués sur le continent et qui n’avaient pas trouvé comment se rendre vers l’Atlantique Sud.

Arrivé à Puerto Quilla le 17 avril à 22h30, un capitaine de frégate envoyé comme commandant militaire de bord monte à bord avec des ordres pour se rendre aux Iles Malouines. Il aurait du monter à Buenos Aires mais comme il ne s’était pas réveillé à temps, il avait raté le départ du Formosa. Le lendemain, le dimanche 18 avril à 21h30, le capitaine reçoit l'ordre de se rendre aux Malouines, on le rassure en lui promettant un appui aérien, mais il ne verra rien dans le ciel pour l'appuyer ! Ce 18 avril, les Malouines sont sous contrôle argentin mais les britanniques ont déjà mis en place un blocus maritime autour des îles en attendant de pouvoir les récupérer.

Le navire marchand sans armement est une proie bien trop facile face à l’armada britannique. Lorsqu'il comprend que sans aide de l'aviation argentine, il devra se débrouiller seul, Juan Cristobal Gregorio, n'écoute plus les ordres du nouveau commandant de bord, et décide d’augmenter la vitesse pour filer le plus vite possible vers les Malouines en traversant une tempête pour éviter tout repérage.

Le mardi 20 avril à 16h40, le Formosa arrive dans la baie de Groussac (Terre de Feu), passe près de l'ile de los Estados à 20h00 et fonce ensuite droit devant sur les Malouines. Au petit matin du mercredi 21 avril, c'est un patrouilleur argentin qui l'accueille au large de Puerto Argentino (Port Stanley pour les anglais). Le Formosa a reussit à forcer le blocus britannique !

Photo : Puerto Quilla.

Inconscience à Puerto Argentino :

 

Après le danger britannique, l'incompétence du gouvernement militaire argentin va surprendre Juan Cristobal Gregorio :

Rien n’est préparé pour recevoir le "Formosa", un modeste ponton de bois sert de quai. De plus celui-ci est déjà occupé un autre navire argentin, le "Isla de los Estados". Aucun équipement de déchargement n'est installé. Personne n’est venu avant pour planifier le déchargement. Le capitaine Juan Cristobal Gregorio comprend que l’improvisation régne en maître sur cette opération !

Les militaires argentins sur place n'ont aucun moyen pour décharger le Formosa, et ne comprennent même pas l'importance du chargement du navire. Comme le Formosa n'est pas accolé au quai, il ne peut utiliser ses 4 grues de 20 Tonnes. Pire, les militaires refusent de déplacer le "Isla de los Estados" pour lui laisser la place.

Entre le 21 avril et le 26 avril, à ce rythme on ne voit toujours pas le niveau baisser dans les soutes. Il faut attendre le 27 avril, pour que le "Formosa" puissent se mettre le long du quai, que l'on renforce immédiatement avec les élèments des pistes d'atterrissage.

Il faudra 10 jours de déchargement alors que 4 auraient suffit en mettant de suite le bateau à quai !

Pendant ce temps là, le commandement général est occupé à autre chose ! Comme l’orchestre du Titanic continuant à jouer, le gouverneur militaire argentin, Mario Benjamín Menéndez, n’a pas l’air de saisir la gravité de la situation.

Pour preuve, le 21 avril, au lendemain de l’arrivée du Formosa, le gouverneur invite le capitaine Juan Cristobal Gregorio à sa table pour le déjeuner. Apres un whisky, ils passent à table, la vaisselle anglaise aux armes de la reine est sortie pour la circonstance. Personne ne se rend compte que les anglais vont bientôt débarquer pour reconquérir les îles, et que les combats n’ont pas encore véritablement commencé. Le pire est à venir !

Les argentins attendent pourtant une réaction militaire de la part des britanniques et la logique voudrait que le déchargement se fasse le plus vite possible.

Le capitaine Gregorio met donc tout l’équipage à contribution, avec quelques conscrits de 18 ans, pour décharger à dos d'homme ! Le déchargement commencent, on trouve aussi venus d'on ne sait où, 6 dockers chiliens qui prettent mains fortes.

Attaque du samedi 01 mai 1982 :

 

Enfin le 01 mai à 03h du matin, le déchargement prend fin ! Ce même jour, les anglais prennent l’initiative et la guerre que personne n’attend éclate ! A 04h du matin, l'alerte jaune est donnée. A 04h20 alerte rouge. A 04h40 première attaque sur l'aérodrome. Impossible de sortir de la baie, les choses commencent à empirer, tout le monde s’énerve, les ordres par radio se contredisent. A 5h du matin, les avions anglais commencent à bombarder le port, à 10h30 un amiral passe sur le bateau pour souhaiter bonne chance à l’équipage. A 11h du matin, le "Rio Carcaraña" quitte le port, à 11h20 c'est au tour du "Formosa" de tenter sa chance sans escorte. C’est au petit bonheur la chance qu’il quitte le port.

A 17h40, le Formosa se présente au niveau du détroit de San Carlos, trois avions anglais Harriers se mettent en position de tir et mitraillent le bâtiment, puis lâchent quatre bombes de 500 kg chacune, deux ratent leur objectif, une percute la grue 2b, rebondit et tombe à l'eau (miracle), la quatrième touche le pont, le traverse et termine au fond de la cale. Autre miracle, la bombe n’explose pas ! L’équipage reste médusé, sous le choc la bombe a perdu son dispositif de déclenchement.

Bombardé par un avion argentin !

 

Le lendemain, le dimanche 02 mai, à 04h du matin, le Formosa quitte la zone des Malouines pour se refugier au large de la Terre de Feu et mouille dans la baie San Sebastian. Le lundi 03 mai à 02h20 du matin un officier de la force aérienne argentine monte à bord pour vérifier l’état de la bombe. Il recommande de bien la stabiliser mais de ne pas la déplacer. C’est en y regardant de plus près qu’il s’aperçoit qu’il s’agit d’une bombe argentine ! En effet on retrouvera le pilote argentin Pablo Carballo parti de Puerto Deseado sur le continent qui à bord de son Skyhawk A4-B a pris le Formosa pour un ravitailleur britannique, et a lâché ses bombes dessus !

Le Formosa a tout de même déployé un énorme drapeau argentin qui permet heureusement au deuxième passage du pilote argentin, de s'appercevoir de son erreur et d'éviter un second bombardement. Quelques années plus tard, lors d’une réunion d’anciens combattants, les deux hommes, le capitaine du Formosa et le pilote du Skyhawk A4-B se rencontrent et boivent à leurs santés tout en relatant les deux parties de l’histoire.

Photo : La bombe (Photo de 1982).

Fin d'une guerre et reconnaissance :

 

Lorsque le Formosa arrive enfin au large de Bahia Blanca (province de Buenos Aires), les membres de l’équipage préparent sur le pont un énorme asado en ayant la sensation de revenir de loin, tous ont l’impression d’être devenus des héros.

Le 06 mai, le Formosa arrive à Buenos Aires. Un mois plus tard c’est la défaite. La reddition est annoncée et le gouvernement du militaire Leopoldo Galtieri finit par tomber le 18 juin 1982. C’est la fin de la dictature en Argentine (dite période de Processus de Réorganisation National). Le 8 février 1983, alors que le pays marche à l’aveuglette vers la démocratie, le navire argentin se voit décoré de la médaille des «Opérations en combat», et son capitaine du «prix de l’effort et de l’abnégation».

Lorsque l’on prend conscience du degré d’hostilité des anglais dans cette guerre des Malouines, l’histoire du Formosa prend une toute autre dimension. On ne parle plus d’acte héroïque mais bien d’acte historique pour la Nation.

Le sujet de la guerre des Malouines reste toujours douloureux pour les argentins, la législature porteña a récemment rendu hommage à ce navire, à son capitaine et à son équipage. Une place porte désormais son nom, entre les rues Helguera et Pareja, dans le quartier de Floresta, vous pourrez admirer le Paseo Jardin Tripulantes Buque Mercante Formosa.

Photo : Plaque commemorative dans le parc "Paseo Jardín Tripulantes Buque Mercante FORMOSA/LRQF" en juin 2010.

La fin du Formosa :

 

- Entre 1982 et 1995, il continue à voger sur les océans sous le nom de Formosa pour le compte de la ELMA.

- En 1995, le Formosa est vendu et rebaptisé le "Magnus Challenger".

- En 2001, il change de nouveau de nom et se nomme le "Challenger".

- En 2004, le 06 janvier, il est desarmé et envoyé à Alang en Inde pour être démantelé.

 

Photo : Le "Formosa".

A lire dans le Petit Hergé :

- Le cimetière Darwin, un symbole des Malouines. (Octobre 2009).

- Le Cordobazo de 1969. (Mai 2009).
- Chili : Coup d'état du 11 septembre 1973. (Septembre 2008).
- Coup d'Etat du 24 mars 1976. (Mars 2009).

- Après le Mundial, la dure réalité politique. (Juillet 2010).

- Buenos Aires, la ville des entrepreneurs. (Juillet 2010).

- Le sentiment d'insécurité à Buenos Aires. (Juillet 2010).

- Juan Domingo Peron. (Mars 2009).

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 16:04

Mise à jour : 18 octobre 2009. Article écrit par Jean Rémy Bost

Les « vols de la mort » tourmentent encore :

L’Argentine n’en fini plus de chasser ses vieux démons. Plus de 30 ans plus tard, Les « vols de la mort » planent à nouveau dans les esprits des argentins, et notamment dans celui du juge Sergio Torres qui mène depuis peu une véritable traque contre les pilotes ayant participé à ces vols. Quelque 30.000 personnes ont été portées disparues durant la dictature militaire en Argentine (1976-1983), et au cours des "vols de la mort" les opposants politiques étaient drogués au Penthotal et jetés vivants, parfois morts, depuis des avions ou des hélicoptères militaires. Des centaines d'opposants à la dictature militaire en Argentine ont ainsi été tués, y compris l'une des plus célèbres, Azucena Villaflor, fondatrice du mouvement des Mères de la Place de Mai, dénoncée à l’époque par le notoire capitaine Astiz, l’ « ange blond de la mort ». Elle a en effet fait partie des premières victimes identifiées au cimetière du Général Lavalle (avec Esther Ballestrino de Careaga et Maria Ponce de Biancoles), et des experts argentins en médecine légale ont ensuite apporté la preuve que les fractures multiples retrouvées sur leurs corps révèlent qu'elles ont d'abord été « victimes d'une chute grave, probablement depuis une grande hauteur » selon les mots de Carlos Somigliana. Un constat qui est donc venu confirmer les rapports médicaux établis en 1977 faisant état des mêmes causes de leur mort, ne laissant plus de doute possible sur l’existence de cette pratique. Mais jamais cette méthode d'élimination n'a été reconnue par les responsables de la dictature. Adolfo Scilingo, condamné à 640 années de prison pour avoir été un ancien tortionnaire de l’Ecole de Mécanique de la Marine (Esma), où sont entrés pour ne jamais ressortir vivants des milliers d'opposants, avait certes publiquement reconnu l'existence des "vols de la mort" mais s’était ensuite rétracté.

 



Vidéos : Film "Escadrons de la mort, l'Ecole Française" (2004) Canal+. Film en 7 parties. 2 premieres parties : 9 mn 43 s et 10 mn 05s.


 Techique de disparition mis en pratique lors de la bataille d'Alger et enseignée en Argentine par les français sous la dictature.

 

Dans l'Edificio Libertador, les bureaux des instructeurs français jusque dans les années 80.L'école française :

L’amiral argentin Luis Maria Mendia, idéologue présumé des « vols de la mort », a demandé en janvier 2007, lors de son procès, en Argentine, pour crimes contre l’humanité, la présence de Valéry Giscard d’Estaing, ainsi que de l’ancien premier ministre Pierre Messmer, de l’ex-ambassadrice à Buenos Aires Françoise de la Gosse et des tous les officiels en place à l’ambassade de Buenos Aires entre 1976 et 1983, de comparaître devant la cour en tant que témoins. Tout comme Astiz avant lui Luis Maria Mendia a en effet fait appel au documentaire de la journaliste Marie-Monique Robin intitulé « Les escadrons de la mort – l’école française » pour tenter de faire le lien entre les « vols de la mort » et la pratique de la guerre d’Alger dite des « crevettes Bigeard », initiative de Marcel Bigeard, reprise ensuite au Vietnam, qui consistait à faire disparaître sans procès des opposants en les lestant, pieds et mains liés (d’où le mot « crevette »), pour les jeter au fond de la mer méditerranée ou d’un fleuve. La France aurait en effet tenu en Argentine une formation des forces argentines par des anciens membres de l’OAS.

 



Vidéos :
3ème et 4ème parties. 9 mn 16 s et 9 mn 50 s. Aide du Brésil lors du coup d'Etat chilien en 1973, et formation d'officiers chiliens au Brésil par les français dans les années 70.


Mars 76 mise en place en Argentine des techniques françaises lors des arrestations et des interrogatoires.
Les généraux argentins sont tous des élèves des français.

 

Julio Alberto PochLes démons du ciel :

Ainsi, cette pratique pourtant reconnue et admise à demi-mots par ses propres instigateurs n’a pas empêché Julio Alberto Poch, pilote de la compagnie Transavia, âgé de 57 ans et ayant la double nationalité néerlandaise et argentine, de continuer de voler tranquillement pendant 22 ans pour le compte de cette compagnie néerlandaise, filiale à bas coûts de KLM et d’Air France, jusqu’à a son arrestation mardi 22 septembre à l'aéroport Manises de Valence, sous ordre du juge argentin Sergio Torres. Le pilote arrivait de l’aéroport Schiphol à Amsterdam avec pour copilote son fils Andy lorsque l’unité spéciale d’intervention de la Police Nationale Espagnole a débarqué dans la cabine de l’ancien lieutenant de frégate à peine l’appareil atterri, munie d’un mandat d’arrêt international pour ensuite être conduit au centre pénitentiaire Picassent en Espagne avant de comparaitre devant le juge Eloy Velazco de l’Audience Nationale espagnole. Le juge Torres s'était rendu en décembre 2008 aux Pays-Bas pour recueillir le témoignage de collègues de Poch, dont l’un d’entre eux déclara : « (Poch) m'a raconté comment, à bord de son avion, des gens encore vivants étaient jetés dans le vide ». Selon ces mêmes personnes, Poch se vantait de son passé et il semblait évident que tout le monde était au courant de ces agissements, y compris la direction de Transavia. La police hollandaise a en outre fait une saisie au domicile de Poch, situé rue Westdijk à Zuidscherme, à environ 25 kilomètres d’Amsterdam, et y a trouvé quelques documents confirmant son sinistre passé.

 



Vidéos :
5ème et 6ème parties. 8 mn 45 s et 8 mn 20 s. Des anciens de l'OAS participant directement aux arrestations à Buenos Aires. Double language de la France.


Michel Poniatowski, ministre des affaires étrangères.. Collaboration entre la DST et les services chiliens entre 1978 et 1980. L'affaire Jean Yves Claudet Fernandez. Bras International du plan Condor.

 

Emir Sisul Hess :

Une semaine plus tard (Le 04 octobre 2009), c’est au tour de l’ancien capitaine de l’armée et pilote naval Emir Sisul Hess d’être arrêté à Bariloche à son domicile, au 4491de la calle El Atardecer,  sous ordre du juge Torres, dans ce qui semble être l’aboutissement de longues années d’enquête et de recueil de témoignages. Il sera cité à comparaître aux tribunaux de Comodoro mais nie déjà toute implication. De la même manière qu’avec Poch, les témoins qui accusent Sisul Hess parlent d’un homme assumant parfaitement ses anciens agissements et s’en vantant même, racontant comment les gens pleuraient et le suppliaient de ne pas les jeter à l’eau. Il aurait même détaillé les faits, précisant « qu’ils leur mettaient un sac sur la tête, les faisaient monter dans un avion et les transportaient jusqu’à les jeter dans le Rio ». En attendant d’être fixé sur son sort bien que les témoignages soient accablants, Sisul Hess a été transféré au centre pénitentiaire de Marcos Paz.

 

Du remou qui risque de déranger :

Ces dernieres arrestations de pilotes argentins à travers l'Europe, et la mise en place de procès ces prochains mois, risque de faire remonter à la surface une partie de notre histoire récente où l'aide de la France sous la présidence de Giscard d'Estaing n'est pas des plus glorieuses. A deux doigts de se demander si en plus d'appuis de conseillers militaires depuis la fin des années 50, la France n'aurait pas non plus appuyé politiquement la junte militaire argentine jusqu'en 1980. L'Histoire le dira !

Photo : Michel Poniatowski, ministre de l'Interieur entre 1974 et 1977. En visite officielle à Buenos Aires en octobre 1977. Il n'est alors plus ministre de l'Interieur, mais "représentant personnel du président Valéry Giscard d’Estaing". Petite déclaration de l'intéressé lors de son passage dans la capitale argentine repris dans le quotidien La Nacion : « Le terrorisme constitue une situation de guerre, et tous les États sont solidaires pour le combattre. La France est solidaire de toutes les luttes contre le terrorisme ».

 

Vidéo : Dernière partie. 3 mn 17 s. En conclusion, la derniere phrase parle d'elle même. 

 


Assemblée Nationale en FranceLes répercussions du film en 2003 en France :

Après la diffusion du film de Marie Monique Robin en France, un rapport est fait par le député Rolland Blum pour l'Assemblée Nationale. (Rapport 1295, enregistré le 16 décembre 2003). Ce rapport est rédigé dans le but de savoir si il est nécessaire de créer une commission d'enquête "sur le rôle de la France dans le soutien aux régimes militaires d'Amérique latine entre 1973 et 1984", La demande est faite par le député Noel Mamère.

Deux points sont débattus :

1) La recevabilité des propositions de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête.
A cela la réponse est que "la proposition de résolution de M. Mamère ne semble pas irrecevable en ce qui concerne la nature des faits pouvant donner lieu à enquête",

2) Si les conditions de recevabilité semblent réunies, il reste à déterminer s'il convient, en opportunité, de créer ou non une commission d'enquête sur une éventuelle responsabilité de la France dans la répression menée par les dictatures latino-américaines dans les années 1970 à l'égard de leurs opposants.
A cela est répondu : "les généraux argentins ou chiliens indiquent qu'ils ont appliqué des méthodes enseignées par d'autres peut se comprendre - ils cherchent à atténuer leur responsabilité individuelle en faisant croire qu'ils agissaient dans le cadre d'une lutte mondiale contre le communisme - mais cela ne doit pas nous faire oublier que les tortionnaires en question ne sont vraiment pas des témoins dignes de confiance".
Puis une deuxième série d'arguments concerne la période 1973-1984 elle-même, période pendant laquelle la France aurait joué un double jeu en soutenant en sous-main les dictatures latino-américains.
La réponse est :" aucun élément concret ne vient étayer cette affirmation gratuite".

Conclusion : "Votre Rapporteur estime donc que les allégations portées sur le rôle de la France en Amérique latine dans les années 1970 sont sans fondement sérieux. Elles reposent en effet largement sur des raccourcis discutables liés à la prétendue invention par l'armée française du concept de « guerre subversive ». Dans, ces conditions, il ne semble pas opportun de créer une commission d'enquête sur le rôle que la France aurait joué dans la répression menée par les dictatures latino-américaines entre 1973 et 1984, qu'elle a toujours condamnées.

Il n'y aura donc pas d'enquete !

Pour lire le rapport 1295 de l'Assemblée Nationale.




Escadrons de la mort, l'école française 
Les liens externes :

- Arrestation de Julio Poch à Valencia. Article du Clarin du 30 septembre 2009.
- Article de l'Agencia de Noticas de Bariloche de
l'arrestation de Emir Sisul Hess. Le 04 octobre 2099.
- Fiche technique du film
"Garage Olimpo" (1999) centre clandestin de détention.
- Fiche sur le livre de Marie-Monique Robin,
"Escadrons de la mort, l'école française"(2004).
Tortures et disparitions, méthodes françaises. Article publié par Pagina 12 le 02 septembre 2003.

 

Gouvernement de Giscard d'Estaing au grand complet periode 1974-1976D'autres articles du Petit Hergé :

- Histoire et politique en Argentine.
- Elections présidentielles argentines de 2007. (Octobre 2007).
-
La crise du campo argentin de 2008. (Mars 2008). 30 articles.
-
Le décès de l'ancien président Raul Alfonsin. (Avril et Mai 2009). 5 articles.
-
Juan Domingo Peron. (Mars 2009). 2 articles.
-
Le Cordobazo de 1969. (Mai 2009).
-
Chili : Coup d'état du 11 septembre 1973. (Septembre 2008).
-
Coup d'Etat du 24 mars 1976. (Mars 2009).

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 16:46
Mise à jour : 13 octobre 2009. Article écrit par Jean Rémy Bost

Cimetière Darwin aux MalouinesUn cimetière, un symbole.

Ici en Argentine, ce sont les Islas Malvinas (îles Malouines). Au Royaume-Uni, on les appelle les îles Falkland.  Un détail qui peut sembler anodin quand on ne sait pas à quel point une double appellation est révélateur d’un triste passé. Pour ces îles, c’est une guerre de 907 morts pour ce qui restera depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le premier conflit entre deux nations occidentales, l’Argentine et le Royaume-Uni.  Les Malouines sont encore aujourd’hui la source d’une relation internationale des plus tendues entre les deux pays,  le cimetière de Darwin et son histoire pourraient en être le symbole.


Thatcher, la dame de fer !Une affaire d'honneur :

Si la guerre des Malouines commence le 2 avril 1982, il faut remonter en fait en 1833 pour trouver l’origine véritable du conflit. A cette date, le Royaume-Uni reprend à l’Argentine cet archipel formé de deux îles principales, La Malouine orientale (Isla Soledad) et la Malouine occidentale (Isla Gran Malvina), depuis peu héritage de l’occupation espagnole. La question de la souveraineté de ces îles pour les Argentins se pose dès lors, et des négociations commencent au milieu des années soixante aux Nations unies.  Mais tout s’accélère dans les années quatre-vingt lorsque la junte militaire et le général Galtieri, se retrouve en grande difficulté face à la crise économique du moment. Pour détourner l’attention et redorer son blason, Galtieri décide alors de récupérer les Malouines, et convaincu du désintéressement du Royaume-Uni pour celles-ci. Malheureusement pour lui, le même intérêt dans une guerre victorieuse nait en face et Margaret Thatcher, alors Premier Ministre, voit dans une riposte l’occasion de flatter l’orgueil d’un peuple au moral austère. Ainsi s’en suivent 3 mois de guerre, jusqu’au 14 juin 1982 et  la victoire britannique, qui sans surprise permettra la réélection de la « Dame de fer » et dans le même temps la chute de la dictature militaire en Argentine.


La réalité britanique sur le terrain L'ONU doit trancher :

Depuis le retour de la démocratie argentine, les relations entre les deux pays ont toujours suivi l’evolution et surtout la situation économique de l’Argentine. Pendant les années glorieuses de Menem au temps du « Miracle économique argentin » du milieu des années 90, un réchauffement des relations a pu permettre aux familles des victimes argentines de se rendre sur les iles pour se recueillir.  Depuis le mandat de Nestor Kirchner et surtout de Cristina Kirchner, la débacle économique pousse le gouvernement à vouloir chercher un nouveau cheval de bataille pour rassembler les esprits et le dossier des Iles malouines revient sur la table.

L’Argentine ne reconnait toujours pas les « Falklands » et considère que l’archipel est occupé par une force militaire étrangère. La souveraineté est « officiellement » argentine (pour eux), et la « récupération » n’est qu’un principe à faire voter par l’ONU.

Dans la constitution argentine modifiée en 1994, apparaissent les « dispositions transitoires » concernant les Malouines :

« Première disposition

1) La nation argentine ratifie sa souveraineté légitime et imprescriptible sur les îles Malouines, les îles Géorgie du Sud et Sandwich du Sud ainsi que les espaces maritimes et insulaires correspondants comme faisant partie intégrante du territoire national.

2) La récupération de ces territoires et l'exercice entier de la souveraineté, respectant le mode de vie de ses habitants, et conformément aux principes du droit international, constituent un objectif permanent et irrévocable du peuple argentin. »


 

Ce 03 octobre 2009, un avion de Lan depose les familles argentines à Port StanleyUn vol spécial :

Récupérer la souveraineté des Malouines, un objectif à (très) long terme du gouvernement argentin ? On peut l’imaginer. Mais on en est encore très loin, à l’image de l’échange stérile qui s’est tenu entre Mme Kirchner,  qui a déclaré que « D’ici un siècle, un président argentin viendrait un jour rendre hommage à ses morts », et le vice-gouverneur britannique, Paul Martinez, qui lui a ironiquement répondu « [qu’il] ne serait peut-être plus vivant » pour le voir. Ce dernier a en outre affirmé que les habitants des Malouines voyaient d’un mauvais œil le politique de Kirchner et qu’ils regrettaient celle dite « de séduction »employée en son temps par Carlos Menem. La présence de la présidente au départ et à l’arrivée des familles parties se recueillir depuis Rio Gallegos a en effet été perçue par les  habitants comme une véritable volonté du gouvernement argentin de montrer qu’il est toujours bel et bien là pour récupérer ce qui selon lui lui revient de droit. Ce 3 octobre, c’est bien malgré tout grâce à un convoi très exceptionnel que 170 argentins ont pu aller se recueillir au cimetière Charles Darwin, situé sur l’île Falkland orientale, ou île Soledad, au sud-ouest de la capitale Port Stanley. Mais c’est à la mémoire des morts et non directement à leur dépouille que ces familles ont pu rendre hommage, car le cimetière de Darwin n’abrite en fait aucune tombe personnelle, sinon un mémorial attendu depuis 5 ans composé d’un parterre de nombreuses croix blanches et de 24 grandes stèles où sont gravés en espagnol les noms des 649 soldats argentins tombés pour leur patrie, et parmi lesquels 230 d’entre eux sont effectivement enterrés à Darwin. Un monument aux morts tout juste inauguré à l’occasion de ce premier voyage, en attendant le second vendredi 16 octobre, qui verra 205 personnes se rendre à leur tour à Darwin. Ce cortège sera cette fois-ci accompagné d’une image de la Vierge de Luján, la sainte-patronne du pays, tout un symbole pour l’Eglise argentine qui sera représentée par monseigneur Juan Carlos Romanín, évêque de Rio Gallegos. Les soldats dont seul le nom se trouve à Darwin sont enterrés à Cow Park et Fish Creek, « pour qu’on ne soit pas toujours à se rappeler de la guerre » à Darwin, selon les propres mots de Eric Goss, dernier homme vivant chargé à l’époque de ces enterrements.


Stanley, Falkland Islands ou Puerto Argentino aux Malouines Situation gelée :

La situation aujourd'hui est toujours aussi complexe et le niveau de relations entre les deux pays est au plus bas. Mais du côté argentin, les grandes déclarations qu’ont pu se faire les porte-paroles des deux nations lors de cet hommage ne trouvent pas leur public dans un contexte de crise.
Certains argentins (extrèmement minoritaires) considèrent la défaite comme une raison suffisante pour abandonner définitivement l’archipel tandis que d’autres pensent que son appartenance géologique à la Patagonie suffit à en faire un territoire national à reconquérir. Mais en attendant même qu’un officiel argentin puisse mettre les pieds aux Malouines pour en discuter, les Kelpers (nom donné aux habitants) préfèrent accueillir les touristes venus redynamiser leur économie; et cela semble leur convenir, car paradoxalement ceux-ci redoutent une détente des relations entre l’Argentine et le Royaume-Uni : c’est à leurs yeux un premier pas vers un abandon du soutien  inconditionnel de la Couronne envers leurs îles.


Presque toutes les municipalités d'Argentine disposent ce panneau le long des routesLes liens externes :

- Site de l'armée de l'air argentine sur le conflit des Malouines.
- Site web de la Fondation des vétérans argentins de la guerre des Malouine.
- Article dans le quotidien Critica sur le voyage des familles à Darwin. (Article du 9 octobre 2009).
- Article du quotidien la Voz del Interior sur la position des politiques argentins concernant le statut des Malouines. (Article du 4 octobre 2009).
- Site web du gouvernement des Falklands. (en anglais)
- Article sur le web de la BBC  concernant ces journées d'accueil du 4 et 10 octobre 2009 des familles argentines sur l'archipel. Point de vue britanique. (En espagnol).

Eglise de Port StandleyD'autres articles du Petit Hergé :

- Histoire et politique en Argentine.
- Elections présidentielles argentines de 2007. (Octobre 2007).
-
La crise du campo argentin de 2008. (Mars 2008). 30 articles.
-
Le décès de l'ancien président Raul Alfonsin. (Avril et Mai 2009). 5 articles.
-
Juan Domingo Peron. (Mars 2009). 2 articles.
-
Le Cordobazo de 1969. (Mai 2009).
-
Chili : Coup d'état du 11 septembre 1973. (Septembre 2008).
-
Coup d'Etat du 24 mars 1976. (Mars 2009).


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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 00:07
Mise à jour : 30 mai 2009.

Le Cordobazo de 1969Le Cordobazo de 1969 :

 

Nous voilà juste au 40ème anniversaire du Cordobazo de 1969, le moment de revenir sur cette période de l’histoire où une fois de plus les argentins durent affronter un gouvernement militaire.

Vidéo du film "El Cordobazo", durée de 30 mn. (En 3 parties).
1ère partie non disponible pour le moment.
Ci dessous vidéo de présentation avec traduction.

 

Vidéo de présentation du Cordobazo. Traduction ci-dessous.



Au matin du 29 mai 1969, dans la ville de Cordoba, de  nombreux ouvriers sortent des principaux centres industriels pour se diriger vers le centre manifester contre la politique de répression et d’ajustements économique mis en place par le gouvernement militaire de Ongania.

La protestation ouvrière est aussi accompagnée par des centaines d’étudiants et d’universitaires qui se regroupent dans le quartier de Clinicas pour attendre l’arrivée des ouvriers.

Alors que les étudiants et les ouvriers se rejoignent dans les rues de la ville, une énorme quantité d’effectifs policiers se placent autour de cette place principale pour empêcher le regroupement. La répression ne se fait pas attendre…

Ce qui commence comme une simple manifestation, termine comme une véritable rébellion populaire. Aux étudiants et aux ouvriers viennent alors se joindre les habitants du quartier, et en quelques minutes, la ville de Cordoba flambe.

La rébellion communément appelé le « Cordobazo » est étouffée uniquement dans l’après midi du jour suivant quand l’armée occupe l’ensemble de la ville. Une nouvelle ère dans la politique argentine, la mobilisation et la lutte populaire vont s’installer dans cette période d’agitation et de violence.


 

Juan Carlos OnganiaLe régime de Ongania :

 

Le régime du Général Juan Carlos Ongania est certainement un des régimes les plus détesté du XXème siècle par les argentins. Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1966, il a mis en place un régime dictatorial pour appliquer une politique nommé « Revolucion Nacional » entre 1966 et 1970, puis repris par deux autres généraux entre 1970 et 1973. Cette période prendra fin avec le retour de Peron en 1973 (après un bref passage du péroniste Hector Cámpora).

En 1969, nous sommes donc dans la troisième année de ce régime dictatorial de Ongania. Au tout début de sa présidence (en 1966-1967), Ongania a réussi a maintenir l’inflation, et a développer l’économie du pays, mais au prix de sacrifice social, congélation des salaires, interdiction syndicale (visant essentiellement la CGT) et répression systématique de toute contestation ouvrière et universitaire (la nuit des longs bâtons en 1966). Toute opposition étant considérée comme communiste, et donc manœuvrée de l’extérieur (via URSS), il fallait donc à la fois surveiller les frontières de toutes infiltrations « rebelles » et mener une guerre intérieure pour trouver les « terroristes ».

Pour le régime en place, un intellectuel, un étudiant, ou un ouvrier est donc forcément manipulé par l’International communiste. C’est justement le Cordobazo de 1969, qui affaiblira Ongania et il sera obligé de quitter son poste remplacé par le général Roberto Marcelo Levingstion, qui ne fut pas mieux !


 

Dans les rues de Cordoba. 1969La situation de 1969 :

 

Si l’amélioration économique des années 1966 et 1967, sembla profiter au gouvernement, celui ne perdit pas le temps de mettre en pratique sa nouvelle idéologie anti-contestataire. Dès 1966, la chasse aux syndicalistes « bolchevique », « péroniste », pire, les intellectuels, était de mise ; et lorsque à partir de 1968, la situation économique commença à se dégrader, c’est alors que l’argentin de la rue pu se rendre compte très concrètement que toutes les réformes mises en place depuis 3 ans par le gouvernement n’étaient pas pour lui faciliter la vie :

- Congélation des salaires.
- Disparition du minimum salarial.
-  Interdiction des grèves.
- Changement du mode d’indemnisation en cas de licenciement.
-  Loi de « Répression du Communisme » qui donna main libre à la persécution de toute contestation dans les entreprises qu’elle soit ou non de gauche, car tout contestation sera forcément considérée comme « communiste ».
- Dissolution des partis politiques.
- Création de la DIPA  (Dirección de Investigación de Políticas Antidemocráticas), son nom veut tout dire, une sorte de GESTAPO bien huilée ou tout individu est forcément suspect surtout si il ne rentre pas vite dans le rang.


Vidéo : El Cordobazo. 2ême partie (9 mn 59s)

Le Cordobazo de 1969Mai 1969 :

 

On comprend alors pourquoi dès le début de l’année 1969, le peuple gronde mais n’ose bouger. Pourtant dès le début du mois de mai 1969, on assiste ça et là, de manières sporadiques à des grèves sauvages et à des contestations dans les grands centres industriels, du pays (Tucuman, Buenos Aires, Rosario, Cordoba). Le déclencheur ? La goutte qui fait déborder le vase : la disparition du « sabado ingles » (Samedi chômé, droit obtenu par l’ouvrier argentin dans les année 20) décrété par le gouvernement, faisant ainsi passer la semaine ouvrable de 5 à 6 jours ! Dès le 14 mai, grève à Cordoba, Tucuman est en grève depuis la veille, le 13 mai pour salaires impayés dans certaines entreprise sucrières, Rosario à partir du 16 mai connaît aussi une époque de grands mouvements de grèves qui sera appelée le « Rosariazo ». Au départ les grèves débutent de manière désorganisée dans chaque usine et entreprise en difficulté économique, elles sont vite réprimées. Mais ensuite les courant politiques de gauche et les syndicalistes (encore en liberté) se regroupe et forment des manifestations plus unies dans les rues des faubourgs et des zones industrielles (surtout à Cordoba).

 

Le 14 mai à Cordoba pendant les manifestations il y a eu 11 blessés et 26 arrestations alors le 26 mai, le syndicalisme cordobes en liaison avec les mouvements étudiants décide une grève générale de 37 heures pour les 29 et 30 mai.

 

C’est ainsi qu’au matin du 29 mai 1969, la majorité des entreprises de la petite ceinture de Cordoba se mettent en grève et les ouvriers décident de marcher ensemble vers le centre de la ville, pour montrer leur mécontentement quant à leurs situations.

La nouvelle se repend vite, et les universitaires et étudiants décident de suivre le mouvement en se regroupant dans le quartier de Clinicas en les attendant pour participer à leur marche.

 

A 11h la police (municipale et provinciale) est déployée pour que les deux groupes de manifestants ne puissent se rejoindre. Les premiers jets de pierre sur les forces de l’ordre sont lancés de la part des étudiants et ceux-ci chargent en réprimant vigoureusement. Coté ouvrier premiers heurts sur l’Avenida Vélez Sarfield, puis devant le Hogar Escuela Pablo Pizzurno

Il est midi et demi, la police tire sur les ouvriers à l’intersection du Boulevard San Juan et de Arturo M. Bas, la première victime tombe, il s’agit de Maximo Mena, un ouvrier mécanicien de la fabrique automobile IKA.

 

Le concessionaire Citroen incendié à Cordoba La nouvelle se répand, les habitants descendent alors dans les rues pour prêter mains fortes aux manifestants et monter les premières barricades. La foule est furieuse, et la police est obligée de se retirer. La manifestation se transforme en insurrection. Le Cercle des sous-officiers de l’Armée est mis à sac et incendié, tout comme le siège de la société Xerox , ainsi que le concessionnaire Citroën., plus des bureaux de différents services de la ville, comme la douane et le fisc.

La ville est incontrôlable pendant toute la nuit du 29 au 30, ce n’est que le lendemain matin que l’armée est envoyée pour calmer les rues, et procéder aux arrestations. Les « meneurs » sont arrêtés, tels que Agustin Tosco (arrêté, condamné par un tribunal militaire à 8 ans de prison, mais libéré après 17 mois), il faut dire qu’il se déclarait lui-même communiste marxiste, une véritable tare pour l’époque !

Pendant encore 6 mois, les grands centres urbains connaîtront des grèves et des manifestations violentes ( le 2ème Rosariazo à Rosario en septembre 1969).


Vidéo : El Cordobazo. 3ème partie (7 mn 09s)

Symbole du mouvement des guerilleros montonerosLes conséquences :

 

Psychologiquement, pour la première fois, les argentins se rendent compte que le gouvernement militaire n’est pas si fort, et qu’un nouveau soulèvement est possible (et même souhaité par certain) pour le renverser. Puisque aucune contestation n’est possible, ne reste plus que la manière forte pour le déloger.

Il y a alors créations de nombreux mouvements clandestins d’extrême gauche de type guérilleros, qui appliqueront des sabotages et des attentats. El Ejército Revolucionario del Pueblo, Los Montoneros, Las Fuerzas Armadas Revolucionarias, etc…

Coté syndicalisme, le gouvernements est obligé de lâcher du lest dans les grandes entreprises (mécaniques et automobiles) en reconnaissant des mouvements syndicalistes.

Quant à Ongania, il en sort très affaiblit est devra quelques mois plus tard démissionner, pour laisser la place à un autre Général, Roberto Marcelo Levingstion.

Il y a eu en cette journée du 29 mai 1969 officiellement 34 morts et 400 blessés.


Le Cordobazo de 1969Autres articles dans le Petit Hergé :

- Juan Domingo Peron. (Mars 2009). 2 articles.
-
Chili : Coup d'état du 11 septembre 1973. (Septembre 2008).
-
Coup d'Etat du 24 mars 1976. (Mars 2009).
- Le Vice Royaume de la Plata en 1809. (Mai 2009).
- La débacle automobile argentine.(Avril 2009).
- Décès de Raul Alfonsin.(Avril 2009).
-
Une crise peut en cacher une autre.(Octobre 2008).

 




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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 22:26
Mise à jour : 27 mai 2009.

famille arriavnt au port de Buenos Aires à la fin du XIXème siècleL'Histoire argentine :

Vous entrez dans la rubrique concernant l’histoire et la politique récente de l’Argentine.

Nous sommes en mai 2009, et quelques articles ont été écrits sur les deux cents ans d’histoire de la jeune république argentine, ainsi que sur les trois siècles de présence coloniale espagnole sur ce vaste territoire du Vice Royaume du Rio de la Plata. Pour le moment quelques confettis d’articles pour cette vaste rubriques, mais qui j’espère au fil des années prendront corps pour former une rubrique plus importante touchant à tous les thèmes. Je me permets quelquefois des intrusions dans la politique et l'histoire des pays limitrophes.


crise de 2001-2002Dictature militaire argentineLa présidente Cristina Kirchner

Voici donc déjà classé par ordre chronologique ces articles. Entre parenthèse la date de parution ou de modification la plus récente.

XVIIIème siècle :

- Le métissage pendant l'époque coloniale à Buenos Aires. (Mai 2009).
-
Buenos Aires en 1750. (Mai 2009).
-
Les estancias jésuites de Cordoba. (Avril 2006).

XIXème siècle :

- Le Vice Royaume de la Plata en 1809. (Mai 2009).

XXème siècle :

- Juan Domingo Peron. (Mars 2009). 2 articles.
- Le Cordobazo de 1969. (Mai 2009).
-
Chili : Coup d'état du 11 septembre 1973. (Septembre 2008).
-
Coup d'Etat du 24 mars 1976. (Mars 2009).

XXIème siècle :

- Elections présidentielles argentines de 2007. (Octobre 2007).
-
La crise du campo argentin de 2008. (Mars 2008). 30 articles.
-
Le décès de l'ancien président Raul Alfonsin. (Avril et Mai 2009). 5 articles.


Les jésuites et les guaranisimmigration en ArgentineJuan et Eva Peron

Le mate argentinDans la rubrique 6-Culture,
les autres thèmes sont :

- 6 A Tout sur l'histoire et la politique argentine.
- 6 B Tout sur les coutumes argentines.
- 6 C Tout sur l'art et la peinture argentine.
- 6 D Tout sur la musique argentine.
- 6 E
Tout sur le tango argentin.
- 6 F Tout sur la mode et le design argentin.
- 6 G Tout sur le cinéma argentin.
- 6 H Tout sur l'architecture et les architectes argentins.
- 6 I Tout sur l'humour argentin.
- 6 J Tout sur la publicité argentine.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 20:09

Mise à jour : 25 mai 2009.

Introduction :


Je ne suis pas historien, loin de là, uniquement un curieux de l’histoire qui veut comprendre les faits tels qui sont arrivés et me basant sur mes lectures et les recoupements entre diverses sources (des fois contradictoires). Une façon de vouloir découvrir un moment important de ce qui donnera plus tard naissance à la nation argentine, et de l’aborder tel qu'il était et non tel qu’on aimerait qu’il fût (dans le politiquement correct).

Je vais peut être en heurter plus d’un, sûrement argentin, qui n’aura peut être pas appris l’histoire de cette façon, mais je suis prêt à lui répondre et à rectifier toute erreur de ma part le cas échéant.

Photo : En 1809, la Plaza de Mayo se nomme Plaza de la Victoria, à droite le Cabildo, tout au fond à droite le clocher de l'église de San Ignacio.

 

Le Vice Royaume de la Plata en 1809Que se passe t'il en 1809 ?

 

Toujours difficile de savoir réellement ce qui a pu se passer deux siècles avant et de comprendre aussi la mentalité des principaux acteurs d’un événement politique. On ne résonne pas aujourd’hui comme il y a cinquante ans, alors imaginez deux siècles avant dans le gros bourg de Buenos Aires de 1810 lorsque les nouvelles de la mère patrie l’Espagne ont du mal à arriver intactes sans intox. A cela, deux siècles de manuels d’Histoire recorrigés en fonction des événements du moment, et une pincée de patriotisme exacerbé pour ne pas dire de nationalisme à la sauce péroniste, et on finit par ne plus comprendre vraiment ce qui poussa en ce mois de mai 1810, une poignée d’homme à se détacher du pouvoir espagnol.

Officiellement (coté argentin), on parle de la Révolution de Mai, puisque le 25 mai n’est que l’aboutissement d’événements qui ont eu lieu à partir du 14 mai de la même année. Un petit aparté tout de même sur quelques faits de 1809 qui témoignent en tout cas d’une envie de rébellion de la part des « criollos » dans le Vice Royaume du Rio de la Plata.

Carte : Le Vice Royaume du Rio de la Plata, il englobait la moitié nord de l'actuelle Argentine, l'Uruguay, l'état brésilien de Santa Catarina, le Paraguay, la Bolivie, le nord de l'actuel Chili, et le sud du Pérou.

 

Le vice Roi du Rio de la Plata Baltasar de CisnerosLe Vice Roi du Rio de la Plata et la situation dans le Rio de la Plata en 1809 :

 

Jusqu’à présent existe donc le Vice Royaume du Rio de la Plata qui s’étend de Buenos Aires et de l’actuel Uruguay au sud, à l’actuel Paraguay et Bolivie au nord. Le pouvoir est détenu par un Vice Roi nommé par le Roi d’Espagne. En 1809, ce vice Roi se nomme Baltasar Hidalgo de Cisneros (né à Cartagena près de Murcia en 1755), il a donc 54 ans, ayant plus d’aptitude à être officier de la marine espagnol que fin diplomate, il est connu pour avoir affronter les anglais lors de la bataille de Trafalgar en 1805. Il est sourd comme un pot d’avoir été trop proche des coups de canon qu’il a lancé sur les vaisseaux anglais lors de cette même bataille. D'allier des français en 1805, il les combat lorsque Napoléon a des ambitions sur la Péninsule Ibérique. La couronne espagnole s’affaiblit et à la fin de la guerre entre l’Espagne et la France, il est envoyé par la Junta Suprema de Sevilla (conseil existant pendant les guerres et l’occupation de l’Espagne par Napoléon) en 1809 dans le Rio de la Plata.

Voilà donc Baltasar qui débarque pour la première fois en Amérique, dans le port de Montevideo en juin 1809 pour remplacer l’ancien Vice Roi Liniers (un peu trop francophile en cette période anti-française). Mauvaise ambiance à Montevideo et dans le reste du Rio de la Plata où différentes tendances s’affrontent. De plus l'incertitude du pouvoir royal espagnol remplacé par des juntes dans chaque grande ville de la péninsule ibérique à l'arrivée des troupes francaises, fait que les pricipales ville du Rio de la Plata sont inquiètes pour leur futur. Alors bien sur, chaque « caudillo » local appuie un courant différent.
Un premier bon point pour notre ami Baltasar qui arrive à calmer le jeu et à se faire accepter par tous les courants d’influence. La passation de pouvoir entre l’ancien (Liniers) vice roi et lui-même se fait à Colonia (actuel Uruguay). Il s’installe ensuite de manière définitive à Buenos Aires, ce qu’il y découvre n’est guère réjouissant, un peu de contestation qu’il dissipe en expulsant les plus virulents en Espagne, mais surtout un état économique catastrophique.

 

La bataille de Trafalgar où Cisneros aura fait ses preuves
Photo : Baltasar Hidalgo de Cisneros se fait remarquer lors de la bataille de Trafalgar au large de Cadix.

 

Les routes coloniales espagnolesCommerce et contrebande à Buenos Aires :

Quelques années auparavant (on en revient toujours à Trafalgar), la marine espagnole avait perdu de son prestige et surtout de nombreux vaisseaux avaient coulé, alors bien sûr, le commerce entre le Rio de la Plata et l’Espagne s’était terriblement réduit comme neige au soleil. Comme le commerce entre les colonies et la métropole ne pouvait être effectué que par les vaisseaux de la couronne espagnole et qu’il n’y en avait presque plus, il avait bien sûr fallu faire autrement, et depuis quelques années tout le commerce était aux mains de la contrebande. On appelle alors contrebande tout le commerce effectué avec des navires anglais, portugais et français. De grosses fortunes se sont donc faites dans les ports de Montevideo et Buenos Aires grâce à ces trafics bien plus que juteux pour les criollos.  Notre ami Baltasar décide de nettoyer un peu le commerce en l’autorisant de « manière officielle » avec les vaisseaux britanniques (Les anglais étant en 1809 alliés de l’Espagne). A première vue, cela parait être une bonne idée, mais du même coup tous les commerçants (forcément tous devenus contrebandiers en quelques années) s’en prennent violemment au Vice Roi et a son idée libérale. Baltasar ne gagne donc aucune sympathie avec les puissants de Buenos Aires et doit même reculer en annulant son décret de libre commerce. C’est donc ensuite au tour des anglais de le conspuer puisqu’ils perdent leurs avantages. Le Vice Roi arrive donc a mettre tout le monde d’accord en donnant 4 mois de libre commerce aux anglais qui peuvent se dépêcher de conclure leurs dernières cargaisons et ensuite de les interdire pour redonner le bénéfice aux trafiquants rio platenses.

Première bataille de perdu pour Baltasar Cisneros, on s’aperçoit tout d’abord qu’il est faible et qu’il suffit de lever un peu la voix, pour qu’il s’incline. Et puis on désapprouvera aussi les événements de Chuquisaca (actuelle Bolivie) en mai 1809, durant lesquels il enverra des troupes de Buenos Aires pour réprimer dans le sang une rébellion.

Baltasar Cisneros n’a jamais été un fin diplomate, il agit en homme militaire, lorsqu’il sent qu’il a le dessus il réprime bestialement, lorsqu’il sent qu’il est en position de faiblesse, il recule. Il est peu apprécié à Buenos Aires et dans le Rio de la Plata surtout par la haute société espagnole et créole totalement corrompue et affairée dans la contrebande.

 

La ciudad de ChuquisacaLes événements de Chuquisaca :

 

La ville de Chuquisaca est aujourd’hui connue comme Sucre et se trouve dans l’actuelle Bolivie, mais ce territoire faisait partie en 1809 du Vice Royaume du Rio de la Plata, donc administré par Baltasar Cisneros.

Comme dans l’ensemble du vice royaume, des mouvements s’affrontent (avant l’arrivée de Cisneros) dont l’un des plus importants est le « Carlotismo » qui demande que Carlotina de Bourbon assume la représentativité de la couronne espagnole dans le Rio de la Plata pendant l’occupation de l’Espagne. Carolita est la fille du roi d’Espagne Carlos IV, elle est forcée à se marier en 1785 à l’age de 10 ans au Roi du Portugal, et donc de ce fait est aussi Reine du Portugal. Devant l’avancée des troupes napoléonienne dans la péninsule ibérique, la cours du Portugal s’installe en 1807 au Brésil. Nous sommes donc en 1809, Carlotina est agée de 34 ans et demeure à Rio de Janeiro. Entre 1808 et 1812 se crée tout un mouvement pour qu’elle devienne à la fois « Reine » du Rio de la Plata et du Brésil (qu’elle est déjà puisque reine du Portugal). En fait, il ne faut pas être trop divin pour voir en ce projet une manipulation du Roi du Portugal Juan VI son époux, qui sent un très bon prétexte pour prendre possession au nom de la couronne du Portugal de tout le Rio de la Plata. (Si il avait réussi, le Brésil serait aujourd’hui gigantesque !). Et puis appuyant ce mouvement, n’oublions pas les britanniques qui malicieusement et intelligemment voient déjà s’ouvrir à eux de nouveau les ports qu’on vient de leur fermer !

Depuis 1808, éclate donc une lutte acharnée à Sucre, appelée Révolution de Chuquisaca, qui prendra réellement fin début 1810, pendant près deux ans, alliances, contre alliances, traîtrises auront raison d’être pour appuyer les prétentions de chacun dans des luttes internes de pouvoir et de couronne. On parle souvent de la Révolution de Chuquisaca comme de l’étincelle de l’esprit indépendantiste de l’Amérique coloniale, en fait en ces année 1808-1809 personne ne parle d’indépendance, au contraire chacun appuie un mouvement royaliste anti ou pro carlotiste, ou se mêlent ensuite des intérêts personnels de pouvoir local.

 

En préparation : Le mois de mai 1810, jour à jour.

 

Le Cabildo de Buenos AiresA lire dans le Petit Hergé :

- Métissage pendant l'epoque coloniale espagnole.
-
Buenos Aires en 1750.
-
Le Cabildo de Buenos Aires.
-
San Miguel de Tucuman. Historique.

- San Antonio de Areco.
-
La ville de Cordoba.
-
Alta Gracia.
-
Les estancias jésuites.
-
Buenos Aires . Quartier historique.
-
La ville de Lujan.

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 21:06

Mise à jour : 09 mai 2009.

Le métissage à Buenos Aires pendant l’époque coloniale :

Le mélange entre espagnols, esclaves noirs et indiens produit rapidement à Buenos Aires un brassage des populations qui apportent toute une palette de couleurs de peau et de métissages que les autorités coloniales espagnoles classent en plusieurs groupes : Les espagnols (aussi nommés les peninsulares), les criollos, les indigenas (ou indios), les negros, les castas (aussi nommés mestizos).
Dessin : Tout le monde se mêle das la calle de la Imprenta (Emplacement dans cette rue de l'imprimerie Niños Expósitos). Aujourd'hui Calle Perú. Cliquez pour agrandir.

Los españoles :

Ceux qui étaient nés en Espagne (et non à Buenos Aires) avait au sein de la colonie les meilleurs privilèges et étaient autorisés a assumer les postes les plus élevés dans l’administration, le gouvernement, l’armée et l’Eglise.

Bien entendu lorsque les espagnols d’Espagne n’étaient pas assez nombreux, on donnait les titres et les charges à ceux qui étaient nés dans le Rio de la Plata. Certains arrivaient à se faire anoblir d’un titre de « Hidalgo », un des plus bas dans l’échelle de la noblesse espagnole.

Parmi les espagnols existaient aussi une différenciation en fonction de leurs provinces de provenance, c’est ainsi que les castillans (de la Castille) accédaient aux meilleurs postes au détriment des catalans ou mallorquais (de l’ile de Mallorca). Enfin dernière ségrégation entre espagnols en fonction du nom et des biens de la famille.

Los criollos :

Ce nom provient du portugais « criullo » qui signifie « qui est élevé comme (sous entendu le blanc)» Ce terme désignait les descendants d’espagnols, et d’autres nationalités (essentiellement portugais et quelques italiens) qui étaient nés dans le Rio de la Plata.
Au début de la colonie (XVIème et début XVIIème siècle), ils étaient peu nombreux puisque les arrivées d’espagnols d’Espagne étaient encore plus nombreuses que les naissances locales de ces mêmes espagnols. Mais à partir de la fin du XVIIème et XVIIIème siècle) les criollos devinrent plus nombreux que les espagnols. Les criollos font partie du groupe des privilégiés car ils sont « hombres blancos », mais les naissances hors mariages (nombreuses et réels) entre blancs et indigènes laisseront toujours des doutes surtout si le bébé a une peau plus foncée que la mère et le présumé-père. On acceptera donc le criollo dans le groupe des blancs sans pour autant lui donner les mêmes postes à responsabilité dans la fonction publique.

Cette discrimination fut souvent motif à des conflits chaque fois plus forts entre une population espagnols moins importante au fil des années et criollas plus nombreuses à chaque génération qui passait. Les criollos exigeant les mêmes droits que les espagnols.
Dessin : L'allumeur de lanterne. 

Les indiens telhueches à Buenos AiresLos Indios : (Indigenas)

Ils étaient libres de par le droit espagnol et l’Eglise. Donc aucun esclave indien à Buenos Aires. Ils devaient se convertir au catholicisme, changer de nom et de prénom, être éduqués dans la foi et les coutumes espagnoles. Un mélange de paternalisme et de devoir chrétien reposaient sur l’administration coloniale et sur les nobles et principaux propriétaires terriens. Dans les faits, bien que libres et ayant donc une âme puisque eux aussi catholiques, ils étaient à la fois par les espagnols et les criollos considérés comme inférieurs, et à ce titre ne pouvaient que rarement exercer des charges même des plus minimes.

On les poussait à se vêtir de manière espagnole (en ville), et on leur interdisait de parler la langue de leurs ancêtres et encore moins de pratiquer leurs rites d’origine.

Dessin : En 1806, les Tehuelches de la Pampa viennent en renfort pour combattre avec les morenos et les pardos (voir à métissage ci-dessous) renforcer les troupes des criollos et des espagnols pour combattre les anglais qui viennent de débarquer à Buenos Aires.

Los negros : (africanos)


Au XVIIème siècle, il y avait trois ports d’accès d’esclaves noirs pour les colonies espagnoles d’Amerique. Cartagena (Aujourd’hui en Colombie), Vera Cruz (Au Mexique), et enfin Buenos Aires.

Les africains ont été amenés de force à Buenos Aires venant essentiellement d’Afrique centrale et équatoriale par des entreprises privées portugaises, françaises et anglaises. Ce négoce a toujours été tenu non par des états mais toujours par des sociétés et des compagnies.

Les esclaves avaíent pour tâche de devoir participer aux travaux les plus pénibles qui ne pouvaient être confié aux indiens (bien souvent physiquement moins forts et moins résistants). On choisissait donc de préférence les noirs de sexe masculin les plus robustes. De plus, comme hommes libres, les indiens aurait du être payés, donc moins rentables que les noirs.

Pour ce qui est de la province du Rio de la Plata entre 1590 et 1776, les noirs servent presque exclusivement aux travaux des champs et à l’élevage. Ils remplacent au fur et à mesure les indiens pour les remplacés si ces derniers ont été exterminés. C’est ainsi que les noirs sont très nombreux à Buenos Aires et à Cordoba, mais le sont très peu à Salta, Corrientes ou à Misiones, où les indiens sont très présents.

Ils n’ont aucun statut légal ni social, ils sont tous simplement considérés comme biens de leurs propriétaires. Quelques cultes chamaniques ou animistes ont perduré au XVIIème siècle puis le mélange avec le christianisme et les cultes indiens ont à partir du XVIIIème siècle donné le candomblé. Enormément d’influence aussi dans la musique (percussion, tambour).

Jusqu’en 1789, Il n’y a aucune règle régissant le transport, la traite, la vente et l’emploi des esclaves noirs dans les territoires espagnols. (En France, c’est Louis XV en 1724, qui est le premier à écrire un code sur l’esclavage). Coté espagnol, il faut attendre 1789, pour qu’un Código Negrero o Código Negro soit promulgué, totalement copié sur le code français.
Dessin : Les lavandières de Buenos Aires, étaient presques exclusivement noires.

Las Castas : (mestizos)

C'est un véritable casse tête pour l’administration coloniale espagnol, car au fil des années chaque fois plus nombreux et surtout les métissages chaque fois plus « métissés ». De plus, comme ne pouvant entrer dans aucunes des 4 catégories déjà précités, il était difficile de les répertoriés et de pouvoir leur attribuer des fonctions ou même de leur trouver une place dans la société. Les espagnols ont tout de même mis en place une catégorisation des plus compliquées à la hauteur d’un labeur à la fois inutile (pour notre logique de 2009), et inutile. Mais elle exista au moins pendant les  XVII, XVIII et XIXème siècles, même après l’indépendance de l’Argentine.

La base reste simple (à première vue) :

Les enfants des blancs et des noirs sont des mulatos (mulâtre en français).

Les enfants des blancs et des indiens sont des mestizos (métis en français)

Les enfants des noirs et des indiens sont des zambos (il n’y a pas de mot en français pour les désigner).

Bien entendu, lorsqu‘il s’agit de la première génération tout est clair dans la logique coloniale espagnole. Il y a trois nouvelles castes.

Mais dès que la seconde génération apparaît et que les mulatos, les mestizos et les zambos ont eu la mauvaise idée en plus de ne pas vouloir procréer entre eux. Nous voilà avec 3 nouvelles autres castes, mélange de mulato avec mestizo, mulato avec zambo et mestizo avec mulato. Nous entrons dans un monde ubuesque où une fois de plus l’administration trouvera de nouveaux termes pour les désigner. Et puis imaginez aussi qu’il puisse avoir un autre métissage entre un blanc et un zambo, un indien avec un mulatre …..



 

Le métissage en délire à Buenos Aires :

Rapidement passons à quelques combinaisons possibles (nous sommes maintenant dans le monde des mathématiques et des probabilités) :

 Les métissages entre espagnols et noirs :

Un Espagnol avec une noire donne un mulato.

Un Espagnol avec une mulata donne un morisco.

Un Espagnol avec une tercerona donne un albino.

Un espagnol avec une albina donne un « negro marcha atras ».

A ce niveau de métissage, l’administration espagnole considère le « salto atras » comme « presque un blanc », il sera rangé dans le groupe Criollo. Cela nous fait mathématiquement pour une personne possédant 15/16 de sang criollo, et 1/16 de sang noir, un criollo.

 Les métissages entre criollos et noirs :

Un Criollo avec une noire donne un “mulato”.

Un Criollo avec une « mulata » donne un « tercerón »(aussi désigné comme « morisco ».

Un Criollo avec une tercerona donne un cuarterón (aussi désigné comme « albino ».

Un Criollo avec une cuarterona donne un quinterón.

Un Criollo avec une quinterona donne un salto atrás (un saut en arrière).

A partir de ce niveau, l’administration espagnole considère le « salto atras » comme « presque un blanc », il sera rangé dans le groupe Criollo. Cela nous fait mathématiquement pour une personne possédant 31/32 de sang criollo, et 1/32 de sang noir, un criollo. Donc une génération de plus par rapport au métissage de l’espagnol avec le noir.

 Métissages avec les noirs et indiens donnaient :

Un noir avec une indienne donne un zambo.

Un noir avec une zamba donne zambo prieto

Métissages entre espagnols et indiens donnaient :

Un espagnol avec une india donne un mestiza.

Un espagnol avec une mestiza donne un castiza.

Un espagnol avec une castiza donne … un espagnol.

Sans passer par la case criollo, cela nous fait que mathématiquement pour l’administration espagnole une personne possédant 7/8 de sang espagnol, et 1/8 de sang indien donne un espagnol.

Métissages entre criollos et indiens donnaient :

Un criollo avec une india donne un mestiza.

Un criollo avec une mestiza donne un cuarterona

Un criollo avec une cuarterona donne un ochavona

Un criollo avec une ochavona donne un puchuela enteramente blanco.

On entre ensuite dans le délire avec :

Un Indio avec une Mestiza donne un coyote.

Un noir avec une indienne donne un lobo.

Un lobo avec une india donne un zambaigo.

Un indien avec une zambaiga donne un albazarrado.

Un indien avec une albazarrada donne un chamizo.

afrUn indien avec une chamiza donne un cambujo.

Un indien avec une cambuja donne un “negro marcha atrás con pelo liso » (véridique)

Le criollo avec la mulata blanca donne le mulato morisco. (celui là il pouvait même être blond avec les yeux clairs)

Le noir avec la mulata parda donne le mulato prietro (par contre celui-ci était souvent totalement noir).

A savoir aussi les zambos (et pardos) suivant la coloration de leurs peaux étaient aussi nommés cochos, chinos, cambujos, loros ou jorochos.

En conclusion :


10.000 habitants en 1744. 24.000 en 1778. A la fin du XVIIIème siècle, il ne doit y avoir que 10% d'espagnols ou d'européens à Buenos Aires, tout le reste n'est qu'un mélange infini de métissage.
De manière générale, il fallait avoir la peau la plus blanche possible pour avoir accès à des charges dans tous les domaines de la société. La différenciation dans le port des vêtements était due aussi à la variation du teint de peau, tout comme dans les habitudes de la vie quotidienne et les événements sociaux. Par exemple, les enterrements dans les cercueils étaient exclusivement réservés aux blancs. Autre exemple, les châtiments et les emprisonnements différaient suivant tous les dégradés de la peau entre le noir et le blanc.

On s’aperçoit ainsi de la complexité des us et coutumes locales dans la différenciation des mélanges dans une société porteña qui n’est ni majoritairement blanche, ni majoritairement noire, ni majoritairement indienne.

 A lire dans le Petit Herge :

 

- Eglise de San Ignacio de Loyola à Buenos Aires.(Avril 2011).

- Musée d'art espagnol Enrique Larreta à Buenos Aires.(Septembre 2010).

- La mafia chinoise à Buenos Aires.(Août 2010).

- Buenos Aires en 1750.(Mai 2009).

- La ville de Lujan (Prov. de Buenos Aires).

- Les estancias jésuites de la province de Córdoba.(Mai 2011).

- Photos anciennes de Mar del Plata (Prov. de Buenos Aires).(Septembre 2008).

- Historique de la ville de Tucuman.(Mai 2008).

 

Photo : Histoire des afroargentins. Où sont nos noirs ?

 

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 20:24
Mise à jour : 08 mai 2009.

Buenos Aires sur la rive du Rio de la PLata Comment était Buenos Aires en 1750 ?

Petite recherche pour recouper quelques infos concernant le gros village de Buenos Aires en cette année 1750. Comment peut on y vivre, quels en sont les habitants, quel était le poid politique et commercial de cette communauté qui se developpe. Comment était sa physionomie, son extention, et ses nouvelles constructions. De nombreuses questions que je me suis posé. Voici les premiers infos, comme si nous y étions en temps réel en cette belle année 1750.  

Buenos Aires vers 1760

Buenos Aires en 1750 :

 

Depuis près de deux siècles (1580), les espagnols y sont établis d’une manière permanente. La ville est capitale de la province du Rio de la Plata depuis 1617, mais il faut encore attendre 26 ans pour que le Roi d’Espagne confère un rôle plus important à la nouvelle colonie en créant le Vice Royaume du Rio de la Plata (en 1776).

Pour le moment en 1750 Buenos Aires est une grosse bourgade (en la comparant à Cordoba) qui n’existe que par son port pour recevoir d’Espagne et de ses autres colonies, esclaves et marchandises, et envoyer vers la métropole cuir, peau et minerais. Buenos Aires est aussi une place forte contrôlant l’embouchure des Rios Parana et Uruguay et permettant à l’Espagne d’avoir une position stratégique en Atlantique Sud.

Si on pouvait résumer d’une manière succincte le rôle de Buenos Aires en 1750, on peut affirmer que cette ville à pour but de retenir les portugais dans leur progression vers le sud, occuper le terrain pour que les français et les anglais n’y débarquent, assurer une voie maritime vers l’Espagne pour le commerce des provinces de l’intérieur (provenant des actuels Cordoba, NOA et Bolivie), et s’enrichir de manière illégale avec tous les trafiquants qui sillonnent l’Atlantique sud.

Photo : Dessin représentant la partie nord ouest de la Plaza Mayor vers 1760. Corrida devant le Cabildo, Ancienne façade la Iglesia Mayor


Marchand à Buenos AiresLa Population :

 

La population progresse que doucement entre sa fondation au XVIème siècle et 1750.

Seulement 9.000 habitants en 1720 et la barre des 10.000 habitants est passée en 1744. C’est à partir de ces années 40 et 50 que la population explose puisqu’en 1778, Buenos Aires est peuplé par 24.000 âmes. La population aura donc presque triplé en 60 ans !

Il suffit de regarder le développement urbains et la quantité d’Eglises qui sont édifiées entre 1730 et 1780 pour comprendre que la Capitale du Vice Royaume du Rio de la Plata connaît une période de forte croissance.

Tout comme Cordoba et les autres villes existantes le long du Rio de la Plata, les espagnols sont minoritaires dans la ville (10 à 15% de la population), l’énorme majorité est composée de métis de mulâtres et de noirs. L’esclavage est autorisé, et Buenos Aires est même l’un des 3 ports de la couronne espagnole (les deux autres étant Vera Cruz au Mexique, et Cartagena en Colombie) d’où il est permis d’importer des esclaves noirs pour les vendre dans les colonies d’Amérique. La population est donc totalement mélangée dans les rues de Buenos Aires, et a donné des métissages entre noirs, espagnols et indiens rarement atteint dans une quelconque autre colonie espagnole.


Eglise de san Ignacio de Buenos Aires en 1750Délimitation de la ville et traçage des rues et des terrains :

 

Dès sa fondation en 1580, le plan en damier, avec rues parallèles se coupant à angle droit est tracé, sur le modèle des cités romaines. D’ailleurs toutes les villes espagnoles d’Amérique seront ainsi créés et ensuite les français et anglais en feront de même pour leurs possessions américaines. Juan de Garay en 1580 avait vu large, car les limites de « sa » ville en 1750 ne sont toujours pas dépassées. Il ne suffisait pas de tracer 144 pâtés de maisons (manzanas) soit plus ou moins 14 rues coupant 10 autres, pour que celles-ci se peuplent et se construisent seules. Il aura fallu presque un siècle et demi pour y arriver car entre 1720 et 1750 on dépasse pour la première fois le plan originel.

 

En 1720, les limites de ce qu’on appelle le centre de Buenos Aires sont au sud et au nord les deux « Zanjónes » de Granados et de Matorras (il s’agit de deux cours d’eau), à l’est le Rio de la Plata, et à l’ouest l’équivalent aujourd’hui des calles Piedras – Esmeralda.

 

En 1580, les « manzanas » sont carrées et ont une surface de 100 varas par 100 varas (83,59m x 83,59 m), espacées chacune par une rue d’une largeur de 11 varas. Les mesures dans les colonies espagnoles sont exprimées en Vara. Il s’agit de la vara Castellana qui mesure exactement 0,8359 m.  1 Vara = 2 Codos = 3 pies = 4 Palmas. (En français : 1 vara = 2 coudes = 3 pieds =  4 palmes). Toutes les villes coloniales espagnoles sont crées sur l’unité de la Vara. Un terrain ou plus exactement un pâté de maison délimité par 4 rues à une surface de 10.000 varas carrés. (Soit 6.987,29 m2).

A sa fondation par Juan de Garay, chaque famille espagnole (ou ordre religieux) reçoit ainsi un terrain de 10.000 varas carrés ou si ils sont dans le centre d’un ¼ de « manzana » appelé aussi « solar ». (Une manzana = 4 solares).

Entre 1580 et 1720, les terrains restent entiers, des ventes ou des échanges sont faits, mais il n’existe donc que des terrains de 10.000 ou de 2.500 varas carrés. Mais pour la première fois entre 1720 et 1750, dans le centre, la population augmentant, le prix du terrain aussi et certains n’ayant pas besoin d’utiliser la totalité de leur « solar », on commence à diviser les manzanas et les solares pour les vendre en plusieurs lotissements. On passe ainsi de maisons de plein pied possédant jardin, verger, étable à des maisons dites de style colonial ayant quelquefois un étage mais ayant au sol une emprise plus réduite.


Plan de Buenos Aires en 1750

Légendes du plan de Buenos Aires de 1750 (Ci-dessus).

 

La ville de Buenos Aires est délimitée au sud (gauche) par le Zanjon de Granados (en bleu), et au nord (doite) par le zanjon de Matorras. La zone la plus rouge est la zone comptant le plus d’habitations, ensuite le tissus urbains s’effiloche en s’éloignant du centre.


En jaune
 : les principaux axes de la ville (aujourd’hui en 2009)

En rouge : Le Camino Real (aujourd’hui calle Rivadavia) partant de la Plaza Mayor

En bleu : Tous les cours d’eau, ruisseaux et autres qui souvent n’existait que par temps de pluie.

Cercles rouges : Les 3 faubourgs (hors les murs) existants en 1750. De gauche à droite, Alto de San Pedro, Concepcion et Montserrat.

Rectangle vert : Numerotés de 1 à 3. Les 3 emplacements de ce qui sont aujourd’hui places à Buenos Aires. Plaza Dorrego à San Telmo (1), Plaza Congreso (2), Plaza General Lavalle à Tribunales (3).

Ecrit en noir : Emplacements avec nom des 11 églises existantes à Buenos Aires en 1750.

 

Légendes :

 

a : Plaza Mayor (Aujourd’hui, Plaza de Mayo)

b : El Fuerte, la place forte de la ville. (Aujourd’hui détruit et occupée par la Casa Rosada)

c : Calle Santo Domingo (Aujourd’hui avenida Belgrano)

d : Camino Real puis Calle de las Torres en centre ville (Aujourd’hui calle et avenida Rivadavia).

e : Calle San Nicolas (Aujourd’hui Avenida Corrientes)

f : Déjà chemin en 1750, emplacement de la future avenida Córdoba.

g : Entre les deux traits jaunes, emplacement de la future avenida 9 de Julio.

h : Calle Mayor (Aujourd’hui calle Defensa), il n’y a pas en 1750 de pont pour enjamber le Zanjon de los Granados.

i : Déjà chemin en 1750, emplacement de la future avenida Santa Fe.

j : déjà chemin en 1750, emplacement de la future avenida Callao.

k : Calle de la Compañia (Aujourd’hui calle San Martin)

 

Le point rouge (4) : Futur emplacement de l’Obelisque.

L’ensemble des maisons au nord de Buenos Aires (à gauche) avec (4’), Retiro, alors en 1750, centre de réception des esclaves noirs.


Vue du Rio de la Plata sur Buenos Aires au XVIIIème siècleLes rues :


Jusqu’en 1734, les rues ne portent pas de nom, on se retrouve grâce à des « j’habite en face du boulanger à droite de l’Eglise San Ignacio au milieu de la manzana, là ou il y a une porte verte ». En cette année, le gouvernement de la ville (Le Cabildo) décide de nombrer les rues de noms de Saints. En 1769, Le Cabildo les modifiera de nouveau. Comme je l’ai déjà écrit plus haut, toutes les rues ont une largeur de 11 varas (9,20 m) sans exception. Bien entendu, aucune n’est pavée, on marche et on patauge donc dans la boue et dans les excréments des chevaux et des boeufs à chaque pluie. Il faut encore attendre 24 ans pour voir la première rue pavée : La calle San Jose (Florida) en 1774.

La seule place, la Plaza Mayor (actuelle Plaza de Mayo), tout s’y passe, procession, défilés des militaires, contestations, marchés, fêtes et corridas. On y va pour voir, pour être vu, pour se renseigner, et pour connaître les derniers ragots.

De la Plaza Mayor trois rues principales en partent. La plus importante la Calle de las Torres (actuelle Rivadavia) qui part plein Ouest et qui au bout de 7 cuadras (ou manzanas) se transforme en Camino Real, la seule route existante dans le Rio de la Plata et qui relie Buenos Aires à Cordoba puis au NOA. La plus commerçante, vers le sud, la calle Mayor (actuelle Defensa) qui relie la Plaza au port vers l’Alto de San Pedro (Actuel San Telmo), et enfin la calle de la Compañia vers le Nord (actuelle San Martin).

Noms des rues dans l'axe Nord/Sud (Liste des rues allant de la plus à l'Est à la plus à l'Ouest)

Nom de la rue en 1750

Pourquoi ?

En 2009

Calle del Fuerte Parce que la rue commençait au pied du fort. Balcarce et 25 de Mayo
Calle Mayor Parce que c’était la rue principale de Buenos Aires partant de la Plaza Mayor pour relier le port de La Trinidad par l’Alto de San Pedro Defensa et Reconquista
Calle de la Compañía Parce qu’elle fait référence à la compagnie de Jésus (les Jésuites), l’Eglise San Ignacio étant dessus Bolívar et San Martín
Calle San José   Perú et Florida
Calle San Pedro   Chacabuco et Maipú
Calle San Pablo   Piedras et Esmeralda
Calle Santo Tomás y Antonio   Tacuarí et Suipacha

Il existe bien en 1750 encore trois autres rues avec quelques maisons et sensiblement urbanisées, mais elles ne portent pas de nom, il s’agit des actuelles rues de Pellegrini, Cerrito et Salta-Libertad.

Noms des rues dans l'axe Est/Ouest (Liste des rues allant de la plus au sud à la plus au nord)

Nom de la rue en 1750

Pourquoi ?

En 2009

Calle de la Zanja Parce que cette petite rue était la première le long du Zanjon de Granados. Chile
Calle San Bartolomé   México
Calle Santa Catalina   Venezuela
Calle Santo Domingo parce que l’Eglise de Santo Domingo était dessus Belgrano
Calle San Francisco   Moreno
Calle San Juan Bautista   Alsina
Calle del Cabido parce qu’elle commençait au pied du Cabildo Hipólito Irigoyen
Calle de las Torres parce qu’elle fait références au tours de la Cathédrale, que l’on voyait de loin dans l’axe de cette rue. Rivadavia
Calle Santa Teresa   Bartolomé Mitre
Calle de la Merced   General Peron
Calle Santa Lucía   Sarmiento
Calle San Nicolas

parce que l’Eglise San Nicolas de Bari était dessus.

Avenida Corrientes
Calle San Benito   Lavalle
Calle Santiago   Tucuman
Calle San Bernardo   Viamonte

La Cas de type colonial à Buenos AiresLes maisons :


Le style de la maison coloniale à Buenos Aires (Casa colonial) va donc s’étaler sur presque un siècle et demi, de 1750 à la fin du XIXème siècle. Une maison toujours articulée sur deux patios, le premier auquel on avait accès après être entré par une porte cochère et avoir traversé le « Zaguán » (entrée)  était le patio sur lequel donnait à la fois les pièces de réception au rez-de-chaussée et les pièces de nuit à l’étage. La salle à manger était souvent placée dans l’axe de l’entrée. Le deuxième patio était réservé au service, pièces de logement des esclaves, des domestiques, des cuisines et réserves.

Les vitres apparaissent aux fenêtres et aux portes, et de plus on commence à enduire les maisons de cal pour les blanchir. Les premiers à le faire furent les moines de l’église de San Francisco.

Dans la partie centrale de la ville, il n’y a plus en 1750 que quelques rares maisons encore couvertes de paille, la majorité sont maintenant couverte de tuiles. Seules les habitations à l’extérieur de la ville (aux limites des zanjones), sont encore rustres, en paille, bois, chaume ou adobe, comptant comme au XVIIème siècle que deux pièces, une de jour (qui sert de cuisine, salle à manger) et une de nuit (qui sert de chambre à toute la famille). On commence même à voir apparaître dans la partie centrale de Buenos Aires quelques terrasses. Les magasins disposent d’une large ouverture sur la rue, quelques uns ont même une vitrine. On récupère de plus en plus l’eau de pluie (d’où l’intérêt des tuiles et des terrasses qui servent de récolteur d’eau et qui permet ensuite le stockage dans des jarres). Jusqu’à présent on achetait l’eau à des marchands, mais cette eau provenait du Rio de la Plata qui est chaque fois plus polluée par le développement de la ville. Il faut dire que les marchands vont la chercher sur les berges aux mêmes endroits ou les lavandières lavent le linge !



Vente publique d'esclaves devant le Cabildo
Dessin : Vente publique d'esclaves devant le Cabildo vers 1760.
 
En ville :


Le centre de la ville est délimité par Le Rio de la Plata à l’Est, El Zanjon de los granados au Sud, la calle Pellegrini (en 1730), la calle Cerrito (en 1740), la calle Libertad (en 1750) à l’Ouest, bien que celles-ci soient même en 1750 que peu construites, en fait on pourrait dire qu’en 1750 le tissus urbain dense s’arrête à la calle Pellegrini, et par le Zanjon de Matorras au Nord.

Il y a plusieurs églises à Buenos Aires mais les paroisses n’existent pas encore, il faudra encore attendre 19 ans (en 1769), pour voir la création officielle des 5 premières paroisses de La Piedad, Catedral, San Nicolas, Montserrat et Concepcion qui donneront le nom aux futurs quartiers.

Pour le moment, on donne plutôt le nom de l’Eglise la plus proche pour se repérer.

J’ai pu dénombrer au total, 10 églises en cette année 1750 plus une autre en construction qui sont : San Pedro, Santo Domingo, San Francisco, San Ignacio, Concepcion, Iglesia Mayor (la Cathedrale), San Miguel, la Merced, San Nicolas de Bari, Santa Catalina et Montserrat en construction.

Les principaux batiment sont sur la Plaza Mayor :

Le fort : C'est la plus ancienne construction en cette année 1750, toujours debout depuis. Pour le moment, la garnison, l’administration, la prison siègent dans le fort. (En attendant l’ouverture du nouveau Cabildo). Le fort date de 1585.
Le Cabildo : En fait on vient juste de détruire le vieux Cabildo en 1725, c’était d’ailleurs un regroupement de plusieurs maisons construites depuis 1608 et collées les unes aux autres au fil du développement du village. Ce qui explique qu’on la nommait « Casas de Cabildo » (au pluriel). On a donc décidé de tout raser et de construire un véritable Cabildo digne de ce nom. Il est pour l’instant en construction, presque terminé, il sera inauguré l’année suivante (1751). Pour la petite histoire, les espagnols de Buenos Aires disent Cabildo, mais l’écrivent Cavildo. L’horloge, qui domine la tour, est apportée de Londres.

La Cathédrale, qui a encore son ancienne façade terminée en 1682, celle qui va s’écrouler dans deux ans (en 1752). On la nomme encore en 1750 : La Iglesia Mayor.


Eglise de San TelmoLes faubourgs :

 

On désigne alors comme faubourg les regroupements de maisons et petits centres urbains (donc avec Eglise) ne se trouvant pas dans le centre de la ville.

Au sud de la ville il en existe deux, le plus important El Alto de San Pedro (futur San Telmo) et plus à l’ouest El Arrabal de Concepción.

Tous juste cette année 1750 voit le jour un nouveau faubourg très proche de celui de Concepcion, celui de Montserrat. Le catalan Juan Pedro Sierra finance la nouvelle église en construction cette année, Nuestra Señora de Montserrat.  


Les noirs dans le Buenos Aires colonialL’esclavage :


La France obtient certaines concessions à partir de la fin du XVIIème siècle pour venir faire du commerce dans le Rio de la Plata comme celle qui déjà en 1703 permettait à la Compagnie de Guinée de donner aux français la libre exploitation de la traite des nègres. A partir du traité d’Utrecht, le commerce commence à passer aux mains des anglais puisque ce sont eux à travers la South Sea Compagny qui reprendront le commerce des esclaves.

Il y avait au bas de l’actuelle Plaza San Martin, une demeure qui appartenait à Agustin de Robles, nommé Retiro, que les français louèrent pour y en faire le centre d’arrivée des esclaves d’Afrique, puis il déménagèrent en 1706 sur l’actuelle Calle Brasil en face du Parc Lezama. En 1713, lorsque le roi d’Espagne Felipe V donne la licence aux anglais, ceux-ci s’installent à leur tout dans la propriéte de Robles à Retiro. Pendant tous le XVIIIème siècle, Retiro fut le centre de toute l’activité du commerce des esclaves mais aussi de toute la contrebande qui souvent passait entre les mains des anglais.


Sous le fort de Buenos AiresD'autres articles à lire dans le Petit Hergé :

- L'hisoire du cinéma argentin.
- Alfonsin : La morale de l'Histoire.
- Micro Centro : le Quartier de la City à Buenos Aires.
- Les estancias jésuites.
- San Antonio de Areco.
- Coup d'état annoncé du 24 mars 1976.


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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 19:32
Mise à jour : 24 mars 2008.

Isabel Peron en 1975La Situation avant le coup d’Etat du 24 mars 1976 :

 

L’année 75 fut catastrophique au niveau économique, emballement de l’inflation et augmentations des prix sans contrôle. Celestino Rodrigo fut nommé ministre de l’Economie en juin 75, du prendre des décisions impopulaires sans pour autant freiner la chute du peso et l’inflation galopante. Devant le risque de contestation ouvrière chaque jour plus présent, le gouvernement de Rodrigo musela la CGT (en totale osmose avec le gouvernement) en limogeant les anciens secrétaires syndicaux et en nomma des plus dociles. On a appelé ce renversement à la tête de la CGT le « Rodrigazo ». Les prix continuèrent à s’envoler alors que les salaires restaient stables, le gouvernement de Rodrigo ne concéda qu’une augmentation de salaire de 38%. (334 % d’inflation en 1975 !). Il était de plus en plus difficile de contrôle la base syndicale chaque fois plus en désaccord avec les hommes à la tête de la CGT nommés par le gouvernement. Une partie du régime mis en place une force d’action illégale nommée la triple A ou AAA (Alliance Anticommuniste Argentine) devant en fait faire le sale travail de la police ou de l’armée. Il n’y avait rien de « communiste » de la part de la base ouvrière argentine de vouloir obtenir des avances salariales au moins égale au coût de la vie. En fait la AAA était dirigé par José López Rega, qui n’était autre que le ministre des affaires sociales (surnommé le sorcier « El Brujo »), le reste du gouvernement regardait ailleurs et niait avoir connaissance de ses agissements lorsqu‘un attentat avait lieu de la part de la Triple A contre des personnalités de la vie publique (19 attentats en 1973, 50 attentats en 1974 et 359 attentats en 1975 !).

Mouvements sociaux de juin juillet 1975Sans aucun résultat d’amélioration économique, il y a changement de ministres en juillet et août 1975 mais la rue commence à se faire sentir ainsi que des débuts d’occupation d’usines.

En septembre 1975, l’assemblée nationale reçoit le projet de création du « Conseil de Défense National et de la Sécurité Intérieure » qui donne en fait totalement carte blanche à l’armée pour prendre « la responsabilité de la lutte contre la subversion armée ». C’est déjà un premier pas de moins pour la démocratie et la porte ouverte sur ce qui se passera quelques mois plus tard !

 

Inflation = Chômage = Grève donc Répression légale (Armée et police) plus Répression illégale (AAA).

Photos :
Mouvements sociaux de juin et juillet 1975. Les journées du 27 juin mais surtout du 7 et 8 juillet 1975.


Manifestation de la petrochimie en juin juillet 1975Quand tout le monde veut le coup d 'Etat :

En réaction, les syndicats de gauche augmentèrent leurs popularités et passèrent à des démonstrations de force chaque fois plus virulentes. Le pouvoir démocratique de Isabel Peron semblait au bout de son cycle, à droite on pensait que maintenant la seule façon de « débloquer » la spirale était de pousser les militaires à agir par un coup d’état, même au niveau de la classe moyenne (on a tendance à vouloir l’oublier aujourd’hui), on n’était pas vraiment contre l’arrivée d’un semblant d’ordre. Il y a même une petite tentative de coup d’Etat le 12 décembre 75, mais qui reste sans suite ! Il faut dire que les derniers mois (entre décembre 1975 et mars 1976) furent chaotiques ! Super inflation, dévaluation constante, grèves, appareil économique bloquée, gouvernement affaibli, manifestations et affrontements quotidiens, attentats terroristes de gauche contre attentats terroristes de droite.

Le pays était totalement paralysé et dans une impasse.

Maintenant avec le recul, il est facile de déclarer qu’il est toujours plus facile de savoir ce que l’on perd mais qu’il est plus difficile de savoir ce que l’on gagne !

Si une certaine partie de la bourgeoisie, de la classe moyenne et de la droite se réjouit de ce 24 mars 1976 et de l’arrivée de Videla (commandant en chef de l’armée depuis 1974). Il leur faudra que quelques semaines pour se rendre compte qu’ils ont misé sur le mauvais cheval, et qu’un mal tuant un mal peut parfois précipiter un pays dans un enfer.

Même pour la figure emblématique de l’opposition Ricardo Balbin, chef du mouvement Radical. Début 1976 à des journalistes qui lui demande que faire et si il y a une possibilité de proposer autre chose qu’un coup d’Etat, il leurs répond : "no tengo soluciones" (Je n’ai pas de solution).

Le coup d’Etat du 24 mars 1976, était annoncé, préparé (Dès le 22, les militaires avaient occupé les endroits stratégiques), et même souhaité par la plus grande partie de la classe politique (y compris par une certaine opposition de gauche)

 

L’Argentine devra connaître 7 ans de peur, d’atrocités et de terreur institutionnel !


 


Vidéo : Nunca Mas 1ère partie. (2008). 8 mn 57 s. Témoignages


Videla en 1976

24 mars 1976 : Coup d’Etat annoncé !

 

Le  24 mars 1976, la présidente Isabel Peron (en place depuis 1973), est arrêtée et envoyée à Neuquen, pendant cinq ans en résidence surveillée. (Presque contente de pouvoir sortir de sa charge empoisonnée qu’elle n’avait même pas voulu. Elle a quand même voulu tenir tête les dernières semaines aux militaires en refusant de « démissionner »)

Fin chaotique d’un gouvernement de moins en moins démocratique, une lamentable décadence péroniste. Depuis plus d’un an le pouvoir n’existait plus et pays était livré a lui-même dans des luttes incessantes de pouvoir entre activistes de gauche et répression de droite. En ce début de l’année 1976, les argentins ne sont pas politisés ils se débattent uniquement pour pouvoir survivre dans une inflation galopante et maintenir leur famille hors de l’eau dans un pays ou l’Etat n’existe plus !

 

Buenos Aires 1976Il est 3h21 du matin en ce mercredi 24, un premier communiqué est passé à la radio :

 

"Agotadas todas las instancias del mecanismo constitucional, superada la posibilidad de rectificaciones dentro del marco de las instituciones y demostrada, en forma irrefutable, la imposibilidad de recuperación del proceso por sus vías naturales, llega a su término una situación que agravia a la Nación y compromete su futuro." Se comunica a la población que, a partir de la fecha, el país se encuentra bajo el control operacional de la junta de Comandantes Generales de las FF.AA. Se recomienda a todos los habitantes el estricto acatamiento a las disposiciones y directivas que emanen de autoridad militar, de seguridad o policial, así como extremar el cuidado en evitar acciones y actitudes individuales o de grupo que puedan exigir la intervención drástica del personal en operaciones”.

 

(Traduction et adaptation )

« Toutes les possibilités du mécanisme constitutionnel ayant été employées, ne pouvant plus modifier la situation dans le cadre des institutions et démontrant qu’il est impossible de récupérer par une voie légale et irréfutable une situation qui devient maintenant grave pour la Nation et compromettant son futur ; il est communiqué à la population qu’à partir de maintenant le pays est placé sous le contrôle opérationnel de la junte de commandement des forces armées. Il est recommandé à tous les habitants dans le strict respect des dispositions et des directives des autorités militaires, de la sécurité et de la police, d’éviter des actions ou des attitudes à titre individuel ou en groupe qui pourraient exiger une intervention des forces en opération ».

 

La Junte des commandants renversant le pouvoir était composée de :

 

Teniente Gral. Jorge Rafael Videla

Almirante Eduardo Emilio Massera

Brigadier Gral. Orlando R. Agosti


 


Vidéo : Nunca Mas 2ème partie. (2008). 10 mn 13 s. Témoignages


Le processus en marche ! Mise en place du Processus de Réorganisation Nationale :

 

La Junte nomme en cette journée du 24 mars, Videla, président de la république argentine, il monte en quelques jours un gouvernement et met en place une politique qu’elle nomme elle-même : « Processus de Réorganisation National »

José Martínez de Hoz est désigné Ministre de l’Economie (il n’y a pas de premier ministre en Argentine) le 02 avril 1976 et annonce de suite son plan pour lutter contre l’inflation stopper la spéculation et stimuler les investissements étrangers. Dans ce contexte de dictature, la gestion du ministre de l’Economie parait (avec le recul) totalement cohérente par rapport aux objectifs des militaires. (Sans pour autant, bien sûr l’approuver). C’est une intervention directe de l’Etat sur toutes les affaires du pays, politiques, économiques, sociales, syndicales, éducatives et même d’ordre strictement privé. (Ex : cheveux courts obligatoire pour les hommes). Dans l’histoire de la jeune république argentine, il est certain que la période débutant ce 24 mars 1976 est sans aucun doute la plus sombre et dépasse toutes les autres dictatures qu’elle aura connu par cette mise en place d’un « système de terreur gouvernemental ».

 

En ce 24 mars 1976, les premières actions du gouvernement de Videla sont :

 

Suspension de l’activité politique.

Suspension des droits du travailleur

Contrôle des syndicats

Interdiction des grèves

Dissolution de l’assemblée nationale.

Dissolution des partis politique.

Destitution de la Cours suprême de Justice.

Contrôle de la CGT.

Fermeture de tous les lieux de réunions nocturnes (bars, discothèque, etc…)

Interdiction de diffusion de certains livres et de publications.

Censure de la presse.

Propagande contre l'inflation pendant la dictature militaire argentineLa Junte militaire met en place ce terrorisme d’Etat pour combattre dans un premier temps toute envie de contestation et d’action terroriste des guérillas, puis le développe dans un projet bien planifié pour détruire toute participation populaire. L’objectif ultime est de soumettre par la terreur la totalité de la population pour imposer « l’ordre ».

 

On arrête ainsi toute personne émettant le moindre désaccord, dans un premier temps chez les politiques, acteurs sociaux, intellectuels et étudiants, puis on en vient à arrêter ensuite toute personne arbitrairement, uniquement par délation, pour avoir entendu une de ses conversations ou pour détenir un simple élément « subversif » (journal, livre, etc.…)

 

On arrête, on enferme dans des centres de détention (souvent clandestins340 au total dans tout le pays), on interroge, et ensuite on décide si le “terroriste” est en effet en possession d’informations subversives. Il n’y a pas de jugement, on assassine et ensuite on fait disparaître les corps. Aujourd’hui sans avoir une liste détaillée des « disparus », on estime entre 9.000 et 30.000 leur nombre.

Toute la population est touchée, la torture et les assassinats durent 7 ans (1976-1983), les ouvriers sont les plus touchés (30% des disparus) ainsi que les étudiants (21%).


7 ans de dictature argentine4 Dictatures en 7 ans :

La dictature militaire dura donc du 24 mars 1976 au 30 octobre 1983 (Date des élections présidentielles qui fera triompher Raul Alfonsin).

 

Les 4 principales périodes sont :

 

1976-1980: Jorge Rafael Videla, Emilio Eduardo Massera et Orlando Ramón Agosti.

1980-1981: Roberto Eduardo Viola, Armando Lambruschini, Omar Domingo Rubens Graffigna.

1981-1982: Leopoldo Fortunato Galtieri, Basilio Lami Dozo et Jorge Isaac Anaya.

1982-1983: Cristino Nicolaides, Rubén Franco, Augusto Jorge Hughes.

 

En souvenir de cette époque ténébreuse de l’Histoire Argentine, la journée du 24 mars a été déclarée fériée à partir de 2006 (pour le 30ème anniversaire) et appelée : Journée Nationale de la Mémoire. (Dia Nacional de la Memoria).

Cette période est riche en événements et en informations, c’est pour cela que j’aborderai dans d’autres articles, les autres points importants de ces sept années.


Historia de una fuga D'autres articles dans le Petit Hergé :

 
- Juan Domingo Peron 1895-1943.
- Juan Domingo Peron 1943-1945.
- Chili : Coup d'Etat du 11 septembre 1973.

- Cafayate (Salta).
- Cine Teatro Opera (Buenos Aires).


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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 14:43
Mise à jour : 25 mars 2009.

Perón en 1943 (en bottes)Juan Domingo Perón
 

Bien que sa politique tout comme l’homme peuvent être considérés par certains comme contestables, il faut assurément admettre que cet homme militaire et politique aura marqué de son empreinte l’Argentine du XXème siècle.

Il a dirigé d’une main de fer le pays entre 1943 et 1956, avec un retour au pouvoir à la fin de sa vie entre 1973 et 1974. Après la première partie retraçant ses premières années (voir : Juan Domingo Perón : 1895 -1943), voilà le deuxième volet de sa vie entre 1943 et 1945.


Peron et Farrel en 1943Coup d'Etat du 04 juin 1943 :
 
Le 04 juin 1943, l’armée sous influence du G.O.U. marche à partir du « Campo de Marzo » situé en banlieue vers la Plaza de Mayo, et renverse le gouvernement de Castillo. On appellera cette journée la « Revolución del 43 ». Le
Général Arturo Rawson puis le Général Pedro Pablo Ramírez assume le pouvoir. Perón est alors nommé secrétaire privé du ministre de l’armée, et enfin vice président et secrétaire de la guerre en février 1944. Entre les années 1943 et 1944, l’accroissement du pouvoir et de l’influence au sein de ce gouvernement militaire est du à l’alliance faite avec certains syndicats. Tout d’abord avec la CGT, Perón établis toute une série de lois ouvrières réclamées depuis fort longtemps par les syndicats. Peron alors secretaire du travailIl arrive par décrets à imposer ces lois sociales et se met de ce fait « à dos » toutes les forces conservatrices et radicales qui avaient soutenu tout de même la « Revolución del 43 », plus toute la bourgeoisie, les industriels, les estancieros et les commerçants horrifiés par toutes ses lois favorisant l’employé et l’ouvrier. Il transforme le Département du Travail en Secrétariat du Travail en novembre 1943 qu’il prend en charge. En 1944, il arrive même à se rallier les syndicats à idéologie anarchiste et marxiste. Tous les syndicats du pays se regroupent autour du Secrétariat du Travail, et Perón peut enfin compter sur l’entière fidélité du monde ouvrier. Les quelques courants syndicalistes qui voudront en septembre 1945 se séparer de la CGT seront isolés par Perón et disparaîtront en moins d'un an. 


Pour Farrell, Peron devient génant !Les journées d'Octobre 1945 :

Toutes l’année 1945 fut le théâtre de nombreux affrontements entre les deux mouvements alors que l’armée divisée n’intervenait que très peu. Le
général Edelmiro Farrell, président du gouvernement, sous la pression de l’armée et du Général Ábalos, demande à Perón sa démission le 09 octobre 1945. Pour plus de sécurité, le nouveau groupe militaire demanda aussi son arrestation le 13 octobre et sa mise aux arrêts sur l’île de Martin Garcia se trouvant dans le Rio de la Plata. Les syndicalistes pensant qu’avec la disparition de Perón tous les bénéfices sociaux allaient être annulés, se mobilisèrent et le 17 octobre 1945, une foule énorme envahit la Plaza de Mayo et le quartier pour réclamer le retour de Perón. L’indécision du gouvernement précipite sa chute, en fin de journée Perón apparaît au balcon de la Casa Rosada pour annoncer au peuple la création d’un nouveau gouvernement provisoire et sa candidature pour des élections en février 1946.
En l’espace de 2 ans et demi, entre juin 43 et octobre 45, Perón sera sorti de l’ombre et réussira à s’imposer pour les dix prochaines années à la tête du pays.
Marche de la Constitution contre Peron le 19 septembre 1945

Au sein même de l’armée, l’union entre Perón et le syndicalisme populaire est très mal perçu. Une très forte majorité de l’encadrement militaire de haut rang ne cache plus son hostilité à la nouvelle politique sociale.  La seconde guerre mondiale est terminée et les Etats-Unis voient d’un très mauvais œil l’ascension de Perón. L’ambassadeur des Etats-Unis de Buenos Aires, Spruille Braden, participe même aux luttes internes argentines en essayant de regrouper un front commun contre Perón. Il se comporta en véritable homme politique d’opposition en violation totale aux principes de non intervention dans les affaires internes d’un pays. Braden nommait Perón le « Hitler du futur » et publia en 1946 quelques semaines avant les élections le « livre bleu » dans lequel il publiait des documents des services secrets américains mettant en cause les liaisons entre Perón et l’Allemagne nazi. Dans le même temps, de nombreuses manifestations anti-péronistes avaient lieu presque toujours lancées par des mouvements étudiant au cri de «  A bas la dictature des espadrilles ». A cela répondaient les manifestants ouvriers péronistes « Les espadrilles OUI, les livres NON »

Eva Duarte avant sa rencontre avec Peron
Eva Duarte : La place d’Eva Duarte dans la politique de son futur mari est jusqu’en 1945 minime, ils se rencontrent la première fois au Luna Park de Buenos Aires le 22 janvier 1944 où se tient une soirée de gala en faveur des sinistrés du tremblement de terre de San Juan. Eva Duarte est présente car elle participe à des « Radio Théâtres» et depuis 1942 commence à avoir un statut de vedette. Dès le mois suivant, ils vivent ensemble et s’installent dans l’appartement que possède Eva Duarte sur la calle Posadas. Pendant les années 44 et 45, elle continue ses émissions à la radio et ne participe à aucune activité politique, si ce n’est que de se faire élire présidente du syndicat des travailleurs de la radio. La première fois qu’elle va intervenir politiquement serait en cette journée du 17 octobre 1945, d’ailleurs quelques jours auparavant le 13, c’est au domicile même d’Eva Duarte que Perón se fait arrêté pour être expulsé à Martin Garcia.

 

Le rôle de Eva Duarte pendant cette journée du 17 octobre est aujourd’hui discuté par les historiens. La version officielle lui donne un rôle historique et décisif pour avoir rallier toutes les organisations syndicales et leurs avoir demandé de se rendre Plaza de Mayo. En fait ce 17 octobre, Eva Duarte était dans son village natal de Junin, chez sa mère et serait rentrée précipitamment en écoutant les nouvelles en fin d’après midi sur Buenos Aires. Eva Duarte n’avait aucun poids politique, elle n’était que l’«artiste concubine» de Juan Perón dans un pays fortement catholique. Cinq jours plus tard, le 22 octobre, Eva Duarte devient officiellement María Eva Duarte de Perón, épouse légitime de Juan Domingo Perón. Une nouvelle page de l’histoire s’ouvre


Peron 2ème à gauche à Neuquen en 1930D'autres articles du Petit Hergé :

- Juan Domingo Perón # 1 (1895-1943).
- Coup d'Etat annoncé du 24 mars 1976.
- Chli : Coup d'Etat du 11 septembre 1973.


- L'insécurité à Buenos Aires en 2008.
-
Le gouvernement de Cristina Kirchner (décembre 2007).
-
La crise du lait (décembre 2007).
-
La crise du campo (mars 2008).
-
L'INDEC et l'hyperinflation (août 2007).
-
Les élections présidentielles d'octobre 2007.
-
Renault Argentine.
-
Peugeot Argentine.
-
Le lunfardo argentin.


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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 20:20

Mise à jour : 25 mars 2009.

Juan Domingo Perón vers l'age de 5 ansJuan Domingo Perón


Juan Domingo Peron a marqué l'histoire de l'Argentine pendant près de 30 ans.
Il a dirigé d’une main de fer le pays entre 1943 et 1956, avec un retour au pouvoir à la fin de sa vie entre 1973 et 1974.
Il faut assuremment faire la distinction entre "l'histoire officielle" de cet homme toujours enseigné dans les manuels scolaires argentins et la véritable vie et l'idéologie de Peron. En restant le plus neutre possible aux idéologies de l'époque, il faut assurément admettre que cet homme militaire et politique aura marqué de son empreinte l’Argentine du XXème siècle. Une fois décédé, le "péronisme" s'est transformé et même à eclaté en une multitude de tendances qui aujourd'hui s'affrontent entre elles.

Les différentes époques de la vie de Peron :  


Première partie : 1895 - 1943
Deuxième partie : 1943 - 1945


Juan Peron en haut à droite à l'école à Buenos Aires.Première partie :
1895 - 1943.


Juan Domingo Perón est né (donc) dans le petit village de Lobos à 100 Km au sud Ouest de Buenos Aires en 1896 (où 1895) de parents fermiers. Le grand père Tómas est tout de même médecin et pendant une partie de son enfance, il a dans l'idée de pousser son petit fils dans la même voie.

Il a un frère plus agé que lui, ausi prénomé Tómas. La famille reste tres peu de temps dans la province de Buenos Aires, rapidement elle déménage en Patagonie dans la province de Santa Cruz puis au nord de la province du Chubut où il passe une grande partie de sa petite enfance.

Il est ensuite envoyé à Buenos Aires chez des tantes où il terminera l’école primaire.

Juan Domingo Peron à 14 ans avec son uniforme du collège militaire. (Photo 1910).A 14 ans (1910) il entre au Colegio Militar puis après deux ans en ressort avec le grade de « subteniente del arma de Infantería » et commence sa carrière militaire dès 1916. Il poursuit sa carrière miliotaire pendant les années 20 mais se passionne aussi pour ce qui se passe en Europe et tout particulièrement en Italie avec la naissance du fascisme et la prise du pouvoir de Mussolini. Lors du coup d’état contre le président Hipólito Irigoyen le 06 septembre 1930, Perón est déjà « capitaine ». Pendant ces années 30 très agitées en Argentine, il donne des séries de conférence sur l’état militaire de l’Europe, Il a 32 ans (photo 1928).la qualité de ses discours et de ses connaissances sur le sujet lui valent une certaine reconnaissance. Il est promu colonel et part dans une unité de montagne dans la Province de San Juan. Il est ensuite envoyé en Italie comme observateur militaire et intègre des idées fascistes et corporatistes dans son idéologie. Il n’a jamais renié d’ailleurs jusqu'à la fin de sa vie une certaine fascination en la personne du Duce. Il continue en Italie à prendre des contacts avec les mouvements fascistes et nationalistes, que ce soit italiens, franquistes espagnols ou même salazaristes portugais.

 

Juan Domingo Perón et sa première femme Aurelia Tizon vers 1930En 1936, il est promu attaché militaire à l’ambassade argentine de Santiago du Chili, des rumeurs affirment qu’il aurait voulu sans succès y installer un réseau d’espionnage militaire.

En 1938, il perd sa première femme Aurelia Tizon avec laquelle il était marié depuis 1929.

De retour en Argentine, le pays vit ce qu’on appelle « la décade infâme », en effet depuis 1938 le Partido Demócrata Nacional et le président Ramón S. Castillo mènent le pays à travers une succession de fraudes électorales et l'opposition se montre à chaque fois de plus en plus virulente. L’armée, quant à elle, a déjà depuis longtemps « laché » le gouvernement et montent plusieurs putchs manqués dont deux dans la seule année 1942.

Perón appartient à une loge secrète militaire le G.O.U. (Grupo de Oficiales Unidos) qui a pour but de défendre les intérêts de l’armée, de s’opposer à l’entrée dans la seconde guerre mondiale du pays et de lutter contre le communisme. L’Argentine du début des années 40 est devenu un enjeu primordial pour les puissances de l’Axe tout comme pour les alliés.Peron en 1941 C’est à la fois le contrôle de l’Atlantique sud et du ravitaillement de la riche Argentine agricole vers l’Europe. 

A Buenos Aires, il y a donc lutte incessante entre services d’espionnage, de contre espionnage, d’influence dans les sociétés argentines à capitaux anglais, dans les médias, dans la bourgeoisie argentine très anglophile et dans les fortes collectivités italiennes, germanophones et anglophones. On pense même que le G.O.U. aurait été financé en partie directement par l’ambassade d’Allemagne de Buenos Aires.

Ce que met en place le G.O.U en cette année 1943 n’est rien moins qu’un qu’un coup d’état qui mettra déjà le pied à l’étrier à Juan Domingo Perón pour son ascension future.


Perón au piano dans les années 20D'autres articles dans le Petit Hergé :

- Juan Domingo Peron 1943-1945.
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