27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 20:14

Mise à jour : Cette article date de février 2020 (La 1ère édition datant du 28 janvier 2008)

Cachi :

(Province de Salta)

Le village de Cachi (2600 habitants en 2010) se trouve dans les vallées calchaquíes, en un mot si vous « faites » la boucle dite « sud », vous y passerez forcement. Un petit conseil, arrivez à Cachi par le sud (en provenant de Cafayate par la RN40) et repartez vers l’est en direction de Salta en passant par la recta de Tin-Tin et la Cuesta del Obispo.

Tout l’intérêt de ce petit village réside de sa situation à 2.500 m d’altitude qui lui permet d’être toujours ensoleillé et qui a su à la fois se développer au tourisme en préservant sa population son agriculture et son élevage. De nombreux français se sont installés dans cette localité depuis la fin des années 1990.

Au minimum 1 nuit sur place, je conseille plutôt 2 nuits pour pouvoir profiter d’une journée pleine sur place.

Photo : Eglise de Cachi.(Photo Petit Hergé 21 janvier 2008).

    

Photos : A gauche, une rue de Cachi. Au centre, angle d'un commerce. A droite, porte d'entrée du restaurant "Nevado de Cachi".(Photo Petit Hergé 12 septembre 2018).

Un peu d’histoire :

Son nom proviendrait du quechua “kallchi” qui signifie « sel ». Comme toujours, on a des doutes sur la signification de ce nom et on avance d’autres explications comme celle de la contraction des mots « kak » (pierre, rocher) et de « chi » (silence ou solitude), une troisième interprétation traduit le mot « Cachi » en « belle vallée ».

Bien avant l’arrivée des espagnols, ce lieu même était habité par les indiens chicuanas (du groupe des diaguitas). Cachi est situé juste au confluent des rios Cachi et Calchaqui. Par beau temps on peut apercevoir la montagne Cachi qui culmine la région de ses 6.380 m d’altitude, comme il est très souvent enneigé on le dénomme donc « el nevado cachi ».  Le village a évolué depuis la fin du XVIIème siècle autour de l’installation d’une estancia espagnole. Les rues pavées sont étroites et les maisons sont toutes de plein pied.

Les indiens vivaient essentiellement d’agriculture, d’élevage de lamas et d’«alfarería» (poterie) et étaient installés juste au niveau d’une petite hauteur située au sud du confluent Cachi-Calchaqui. En 1570, le gouverneur Gonzalo de Abreu fonde le village de Cachi mais il faut attendre 1673 pour qu’une estancia « La Hacienda de Cachi » voit le jour à l’endroit appelé aujourd’hui « Pueblo Viejo » (il s’agit de la partie du village comprise entre l’église et le rio Calchaqui). Cette estancia appartint à Margarita de Chávez puis en 1719 à Pascual Elizondo et ensuite à Felipe de Aramburu. Toujours pendant la période coloniale, en 1796, Micaela de Medina Pomar et son gendre Juan José Aramburu cédèrent l’estancia au couvent de l’ordre des Mercedarios. Ces derniers construisent alors l’église toujours existante et commencent à vendre autour des parcelles pour que les nouveaux habitants puissent y construire leurs demeures.

En 1946, le gouvernement argentin exproprie les terrains de l’estancia pour y placer le « pueblo nuevo » (au-dessus de la place principale), et sur 10 hectares construit le commissariat, l’école, l’hôpital.

Photo : La place principale de Cachi vers 1930 (Photographe inconnu)

    

Photos : A gauche, autel de l'église de Cachi. Au centre, entrée d'un bar. A droite, arcades du musée de Cachi.(Photo Petit Hergé 12 septembre 2018).

 

Un Cacheño illustre :

Victorino de la Plaza est sans aucun doute le plus connu des cacheños puisqu’il fut président de la république argentine. Il est né à Cachi (à Payogasta exactement) le 02 novembre 1840 et allé suivre des études de droit à l’université de Buenos Aires et travailla ensuite sur le code civil argentin (amplement inspiré du français). Puis, à partir des années 1870, assuma plusieurs postes à responsabilité dans les gouvernements de Domingo Sarmiento et de Nicolas Avellaneda. Elu ensuite député de Salta en 1880 il continua à gravir les marches vers de postes plus élevés pour atteindre celui de vice-président de la Nation le 12 octobre 1910 sous la présidence de Roque Saenz Peña. Après la mort de ce dernier en 1914 passa enfin à occuper la charge de président de la Nation pendant deux ans jusqu’au 12 octobre 1916. On se souviendra de lui comme le président qui aura pris la sage décision de placer son pays dans le camp des « neutres » pendant la première guerre mondiale.

    

Photos : A gauche, patio du musée de Cachi. Au centre, fresque du musée. A droite, le cimetière de Cachi.(Photo Petit Hergé 12 septembre 2018).

Photo : Plaza de Artesanos de Cachi.(Photo Petit Hergé 12 septembre 2018).

A voir à Cachi :

- La Iglesia de San Jose : Avant d'être transformée par l'ordre des mercedarios, elle dû servir d'oratoire particulier de la famille Aramburu jusqu'en 1796. La façade actuelle date de 1947, date à laquelle la municipalité entreprit des travaux pour lui rendre son aspect supposé de l'époque coloniale. Tout est en cardon (cactus) à l'intérieur, poutre et charpente.

- Le musée archéologique : Toujours sur la place principale, installé dans une maison de 1920 comportant deux patios, le musée expose une collection d'ustensiles et d'objet de la culture indienne de la zone. La plupart des objets ont été trouvé par les archéologues à partir de 1970. Depuis 2015, le musée s’est modernisé et chaque année ouvre une salle supplémentaire. Je connaissais l’ancien musée (assez poussiéreux), à mon dernier passage j’étais ravi de voir comment il avait pris un coup de jeune !  Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 09h à 18h).

 - Le Mercado Artesanal Municipal : Dans le bâtiment se trouvant juste en face du musée de l'autre côté de la place. Les indiens viennent y laisser en "dépôt-vente" des tissages, poteries et autres objets confectionnés de leurs mains. Un gage d'avoir affaire à du vrai artisanat et non à du "fabriqué à Buenos Aires" pour être vendu sur place.

 - Le cimetière : Au nord du village, en grimpant la colline sur 1 km à partir du centre en passant le pont enjambant le Rio Cachi. Une manière de faire de l'exercice et surtout de dominer le village pour faire de belles photos. Superbe panorama à 360º ... pendant que vous y êtes allez faire un saut sur la piste d'atterrissage juste à l'ouest du cimetière sur une seconde colline.

Photo : Clocher de l'église.(Photo Petit Hergé 14 juillet 2014).

    

Photos : Différentes vues de l'église de Cachi (Photo Petit Hergé 12 septembre 2018).

La Esquina :
Le bâtiment d ‘angle au sud de la place (Occupé aujourd’hui par « La Esquina resto bar ») fut pendant de longues années totalement en ruine et les murs soutenus par des étais en bois. Comme je suis passé de nombreuses fois dans ce village, voilà une photo de du pauvre état dans lequel il se trouvait en mai 2006 (Photo 1). Puis en janvier 2008 (photo 2), on décide de sa démolition totale, en préservant tout de même certains matériaux qui resserviront pour sa reconstruction. Enfin une dernière photo de juillet 2014 (photo 3) qui montre son apparence actuelle. C’est ce que j’appelle le « faux vieux » car vous avait vraiment l’impression d’avoir devant vous un bâtiment plusieurs fois centenaire alors qu’il n’est que de 2010.

Ils ont poussé le « chic » à lui apposer une balustrade en terrasse. Bref, faites attention, il faut avoir l’œil dans le NOA pour repérer le vrai style colonial espagnol !

    

Photos : Quelques vues du village de Cachi. (Photos Petit Hergé. 12 septembre 2018).

A voir aussi dans les alentours :

 - Le village de Payogasta : Sur la RP33 au nord-ouest de Cachi, 400 habitants vivent dans ce tout petit village. Petite église du XVIIème siècle. Village natale de Victorino de la Plaza.

 - La recta (ligne droite) de Tin-Tin : Sur la RP33, après Payogasta encore 10 km pour faire de belles photos en journée de cette ligne droite de 11 Km. entourée de cactus. La nuit pour les amateurs, zone chaude d'observation d'Ovnis en tout genre. A ce sujet, à Cachi, un cacheño original a même installé un « ovniport » pour la venue de nos amis extraterrestre. Enfin sachez tout de même que la recta de Tin-Tin passe par le Parque Nacional los Cardones qui a prévu quelques arrêts sur cette portion de route.  

 - Cachi Adentro : Comme le dit bien son nom, un petit Cachi à l'intérieur de la montagne à 7 Km. à l'ouest de Cachi par une route en ripio. Les habitants vivent de la culture du piment, quelques chèvres et moutons complètent le panorama. Voir l'église. Durant les années 2010, de nombreuses cabañas et autres hospedajes s’y sont installés pour vous recevoir.

Photo : Recta de Tin-Tin. (Photo Petit Hergé. 11 février 2007)

Photo : Parque Nacional de los Cardones (Photo Petit Hergé. 13 septembre 2018).

Les conseils du Petit Hergé :

- Cachi est un tout petit village, le tourisme s'y développe à petits pas (tant mieux) et les trois routes y menant sont de ripio, en un mot : aller à Cachi ça se mérite ! 140 Km de ripio par le sud à partir de Cafayate, à l’est on a goudronné a tout va, mais il reste la cote de l'Obispo en ripio souvent dans le brouillard à gravir, et puis la RN40 infranchissable (et que je déconseille) après La Poma vers le nord à près de 5.000 m. Ne pensez pas aller de Salta à Cachi et revenir dans la même journée, incorporez donc Cachi à un circuit et faite de ce village une étape pour y dormir et vous y reposer. On parle dans les guides de la boucle sud. Faites la dans le sens Salta – Cafayate – Cachi – Salta.

 - Au point de vue gastronomique, assez "rustique" quelques bar-restaurants autour de la place centrale, cabrito, tamales, humitas et locros, mais ne vous attendez pas à en garder un souvenir culinaire inoubliable. Depuis 2015, de très nombreux autres petits restos ont ouvert pour satisfaire un passage toujours plus nombreux de touristes. Le tourisme s’étant tout de fois un peu « embourgeoisé » entre les années 2000 et 2010, les logements se sont donc mis à se modernisé et offrent aujourd’hui  un peu plus de choix pour toutes les bourses. Inutile de réserver pour dormir, il y a toujours de la place partout (attention tout de même au mois de janvier (surtout les weekends) et à la semaine de Pâques)

 - Si vous restez deux nuits sur Cachi, la journée de "repos" vous permettra de sortir un peu plus des sentiers battus et de vous "perdre" vers la Poma, Cachi Adentro, et les sites archéologiques de las Pailas et de la Paya. Autre sentier "perdu" la route de ripio (longue de 12Km. plein ouest) partant de la RN40 à 30 Km de Cachi au Sud au niveau de Seclantás vers le lac de Brealito.

 - Possible de vous proposer un circuit à partir de Salta ou même de Buenos Aires pour découvrir les vallées calchaquíes et le Nord Ouest Argentin. Contactez moi sur petitherge@hotmail.com

Photo : Parque Nacional de los Cardones (Photo Petit Hergé. 13 septembre 2018).

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