6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 01:53

Mise à jour : 05 janvier 2010.

 Décès de Sandro (de America) :

Roberto Sánchez dit "Sandro de America" s'est éteint à l'hopital italien de Mendoza le lundi 04 janvier 2010.
Vedette inconstestable de la nouvelle vague argentine des années 60, il avait a la fois incarné le rock argentin des années 60, et le style crooner des années 70 et 80.
Inutile de vouloir ou non défendre le style musical de Sandro, il était devenu à la fois une réference et une idole. On pourra aimer et à la fois et détester une sorte de clône hispanophone du King Elvis. Inconnu en France, mais reconnu de Madrid à Los Angeles et de New York (Madison Square Garden en 1970)  à Buenos Aires. "Le" King" hispano n'est plus !
 Et pourtant :

Mettons la passion de coté, Sandro c'est une discographie complète de 1965 à 2006, 35 albums, 15 films long metrage à classer entre la série B et la série Z dans le plus pur style "D'ou viens tu Johnny ?'".
On le trouve ringard, commercial, moche, aux paroles mièvres, faciles et creuses, et pourtant ...22 millions de disques vendus
Pourtant ça marche, les filles hurlaient aux premiers rangs dans les années 60 ! Jeune et maigre comme Dick Rivers a ses débuts, puis moche et usé comme le Eddy Mitchell des années 90... et pourtant ...11 disques d'or
Son public ? Féminin, de son age, celles qui avaient eu 20 ans dans les années 60, puis leurs filles et meme leurs petites filles aujourd'hui. De la classe noyenne aux classes les plus "humbles" (comme on dit quand on parle des bidonvilles). Toujours de bon ton de dire devant les autres "Qu'on n'aimait pas et que c'etait trop populaire", et pourtant...
Bref, il est parti après 1 mois et demi d'hospitalisation suivant une opération trop difficile de double greffe cardiaque et pulmoniare qu'il n'aura pas pu supporter.
 


Vidéo : "Ave de Paso" (1967)

Bien  entendu, j'aurai pu mettre son titre le plus connu "Rosa, rosa" mais j'ai craqué sur ce titre extrait de son film "Muchacho" datant de 1967 et entièrement tourné à Tigre. Cette vidéo est un montage n'ayant qu'un lointain rapport avec le film de l'epoque.

Ave de Paso

Yo quiero vivir como las aves
que no pueden atraparse,
ni alcanzarse;
pues aunque mi vuelo
se detenga para amar
entre tus brazos...

"Ave de paso",
me llamarás
seguro acertarás,
pues yo no sé
si alguna vez
me atraparán.

Luego de volar me detendré
a descansar en el ocaso,
en otros brazos.
Y al salir el sol
continuaré y escaparé
de tu abrazo...

"Ave de paso",
me llamarás
seguro acertarás,
pues yo no sé
si alguna vez
me atraparán.

Yo quiero volar
por el mundo
y recorrer...
libre,
y sin pensar
que tendré
que volver
otra vez.
 


Vidéo : Même titre dans sa version italienne de la même année.
 D'autres sujets dans le Petit Herge :

Le début du "Rock Nacional"
L'histoire du rock argentin
Andres Calamaro
Palito Ortega
Tango Electrónico

Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 6D - Musique argentine
commenter cet article
5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 00:01

Mercedes Sosa de TucumanLa Negra Sosa :

 Il y a des jours comme ça, peu heureusement, où une figure de ce qu’on peut appeler “l’argentinité” disparait.(et encore…comme si on pouvait définir réellement ce que c’est). A la fois actrice de la culture musicale mais aussi personnage (haut en couleur et ne gardant pas sa langue dans la poche) qui a pu s’investir dans ses idéaux politiques sans jamais vouloir y pénetrer. Un sorte de “sagesse” populaire et représentante du monde del “interior” au bon sens et sachant nous faire partager des moments de poésie à travers ses chansons qui font maintenant partie du patrimoine du nord ouest.

Depuis déjà quelques temps on la savait malade, et pourtant elle continuait à se produire sur les scènes, assise avec une guitarre entre les mains.


Mercedes Sosa, la voix d'un continent !

Mercedes Sosa avec Ernesto Sabado à droite et Eduardo Falu à gauche en 1998

La tucumana et mendocina :

Tout débute au milieu des années 50 quand elle aborde le monde du spectacle en se produisant sur des scenes locales lors de fetes et de festivals. Elle vient de Tucuman mais s’installe à Mendoza. Ce n’est qu’à l’age de 30 ans alors qu’elle enregistre son deuxieme disque (
Canciones con fundamento) en 1965, qu’on commence à la decouvrir lors de son passage au festival de Cosquin. C’est alors (enfin) le succès immediat qui la fera meme voyager aux Etats Unis et en Europe.

Sa pèriode la plus riche musicalement s’étalera entre 1965 et 1976. Elle fut toujours politiquement à gauche (difficilement classable en Argentine), mais pour simplifier disons proche de mouvements péronistes de gauche. Après l’arrivée des militaires au pouvoir en 1976, elle reste tout de même dans le pays et continue à se produire alors que ses disques sont censurés. Il faut dire qu’en cette fin des années 70, sa réputation est telle, qu’elle se croit intouchable, même en interpretant des chansons aux paroles “subversives”. Portant en 1979, en plein spectacle à La Plata, les militaires l’arretent (avec une partie de son public). Elle est expulsée et s’installe dans un premier temps à Paris puis à Madrid. Elle reviendra dans son pays apres la chute de la dictature en 1982.


 



Vidéo : Gracias a la vida !

Mercedes SosaLa culture latino américaine :

Elle enchainera dans les années 80 en Argentine comme en Europe des concerts ou elle se produira mais ou elle produira elle même une multitude d’artistes argentins et sud americains. Elle deviendra ainsi le fer de lance d’une sorte de latino-panamericanisme de la chanson et du brassement des differentes cultures continentales. (N’oublions pas qu’elle est, elle meme descendante des indiens diaguitas et de quelques français ¡).

Elle sera ainsi entre les années 80 et aujourd’hui invitée par une mutitudes d’artistes à travers le monde lors de festivals, et d’evenements culturelles, où elle aura su placer au plus haut la chanson argentine, à la fois dans le domaine de la musique folklorique et traditionelle comme du rock argentin. Elle n’hesitait pas à melanger les styles et à se produire avec des musiciens qui parraissaient à premiere vue tellement éloignés de ses racines. (Charly Garcia, Shakira,Chico Buarque, Fito Paez et tant d’autres…)



L'Argentine pleure aujurd'hui !La patriache :

C’etait la “patriarche”, celle qui avait tout connu, tout combattu et qui avait lancé au cours de près d’un demi siècle de chanson tant d’artistes, que ceux ci l’a prennaient pour LA référence, la maman, un mélange d’amour et de respect.

Je vous ferai grace de la liste des distinctions honorifiques qu’elle reçu de la part de la profession mais aussi des politiques et d’organisations comme l’UNESCO. Elle n’avait plus rien à prouver, elle avait tout donné,

C’est le 18 septembre dernier qu’elle est entré au Sanatorio de la Trinidad dans le quartier de Palermo pour un problème renal et puis un second probleme cardiaque fit que son etat evolua negativement au milieu de la semaine derniere. Hier soir (samedi soir) les televisions avaient deja changé leurs programmes et passaient des documents sur Mercedes Sosa. Depuis 48h tous les artistes argentins s’etaient rendu a son chevet et on s’attendnait a une issue finale qui finalement survint ce matin dimanche 04 octobre à 5h15.


L'Argentine multi ethnique pleureTous les argentins autour de Mercedes
Les citadins porteñosle monde rural

Photos : Toute l'Argentine defile ce dimanche apres midi à Congreso pour se recueillir devant le coprs de Mercedes Sosa, les indigènes, les jeunes, les citadins porteños, et les gauchos.

Le corps de Mercedes Sosa au CongresoPlus qu'une femme politique :

En cette journée du dimanche 04 octobre, l’Argentine est devenue orpheline. Une artiste, une indienne, une argentine tant respectée que son corps fut à midi placée dans le Salon des Pas Perdus au Congrès comme si il s’agissait d’une personalité politique.

Voilà ce qui apparait sur son site officiel depuis ce matin :

"En el día de la fecha, en la ciudad de Bs As, Argentina, tenemos que informarle que la señora Mercedes Sosa, la más grande Artista de la Música Popular Latinoamericana, nos ha dejado.

Haydé Mercedes Sosa, nació el día 9 de Julio de 1935 en la ciudad de San Miguel de Tucumán. Con 74 años de edad y una trayectoria de 60 años, Ella transitó diversos países del mundo, compartió escenarios con innumerables y prestigiosos artistas,  y dejó además, un enorme legado de grabaciones discográficas.

Su voz llevó siempre un profundo mensaje de compromiso social a través de la música de raíz folklórica, sin prejuicios de sumar otras vertientes y expresiones de calidad musical.

Su talento indiscutible, su honestidad y sus profundas convicciones dejan una enorme herencia para las generaciones futuras. Admirada y respetada en todo el mundo, Mercedes se constituye como un símbolo de nuestro acervo cultural que nos representará por siempre y para siempre".


 El adiós en el Congreso

Mercedes Sosa  D'autres articles dans le Petit Hergé :

- D'après l'INDEC tout va bien. (septembre 2009)
-
Le sytème de santé en Argentine.(Septembre 2009).
-
BNP Paribas quitte l'Argentine (Septembre 2009).
-
Le musée Fortabat de Buenos Aires (Aout 2009).
- L'économie argentine continue sa dégringolade. (Mai 2009).
-
Elections législatives argentines. (Mai 2009).
-
La débacle automobile argentine.(Avril 2009).
-
Métissage pendant l'epoque coloniale.(Mai 2009).

- Décès de Raul Alfonsin.(Avril 2009).
-
Une crise peut en cacher une autre.(Octobre 2008).
-
Chili : Coup d'état du 11 septembre 1973. (Septembre 2008).

Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 6D - Musique argentine
commenter cet article
29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 00:42
Mise à jour : 28 août 2009.

Choc Quib Town en ColombieChoc Quib Town (Colombie) :

Dans le chapitre « ça n’a rien à voir » puisque nous sortons des sujets concernant l’Argentine, un des derniers groupes musicaux colombien de fusion de différents mouvements à la limite du hip hop et du funk, intègre de plus des rythmes tels que la cumbia, le bunde, le bambazú, l’aguabajo et le currulao. Le groupe Choc Quib Town (CQT) intègre ce qu’on appelle aujourd’hui la musique afro colombienne, il est composé de 9 membres dont la chanteuse au pseudo de Tostao ainsi que deux chanteurs aux pseudos de Goyo et Slow.


Vidéo : Somos Pacifico (2006) 3 mn 37 s.

Vidéo : De donde vengo Yo (2009). 4 mn 25 s.

Choc Quib Town en Argentine, premier concert à Buenos Aires le 1er août 2009L'Argentine en 2009 :

Le groupe existe depuis 2000, mais ils commencent à se produire réellement en 2004 à Quibdó (dans le département du Chocó), et connaissent le succès sur la cote pacifique colombienne à partir de 2006 avec leur premier album "Somos Pacificos" (voir vidéo). Ce premier album est une synthèse entre le hip hop, la salsa, les rythmes « colombiens pacifiques » et le funk. Au fil des années le groupe évolue et en 2009, ils sortent leur 5ème album « Oro » dont est extrait le titre "De donde vengo yo" (voir vidéo), le style musical est cette fois ci plus centré sur le currulao.

En Argentine le groupe est ignoré jusqu’en 2009, ou le label Suramusic édite de nouveau à Buenos Aires leur premier album de 2006, ainsi que le 5ème. Premier concert à Buenos Aires au Niceto qui accompagne le lancement de leurs albums le 1er août 2009.

Début de diffusion en Argentine en ce mois d’août 2009.


CQT à Quibdo
Photo : les 3 voix de CQT dans la ville de Quibdo.


Vidéo : Son Bere Ju (2009) 3 mn 40 s.

Vidéo : San Antonio. (2006) 4 mn 26 s.

Choc Quib TownLiens extérieurs :

- Site web de Choc Quib Town.
- Article sur le groupe dans le magazine Rolling Stone édition Argentine. (Article du 24 juillet 2009).
- Article sur le premier portail argentin de hip hop. Hip Hop Argento.
- Article avant le concert de Buenos Aires dans le Clarin. Article du 31 juillet 2009.
- Article dans La Nacion. Article du 28 juillet 2009.
- Page Choc Quib Town dans Facebook.

Goyo intégrante de Choc Guib TownD'autres articles dans le Petit Hergé :

- Le début du Rock Nacional. (Août 2009).
- Palito Ortega. (Février 2008).
-
Andres Calamaro. (Avril 2008).
-
Le musée Fortabat. (Août 2009).
-
Le jardin botanique de Buenos Aires. (Août 2009).
-
Le Café Gato Negro. (Août 2009). 
-
Le Bar Le Merval de Buenos Aires. (Juillet 2009).
-
La Bodega Viña Ona. (Août 2009).
- Institut de langue à Buenos Aires. (Août 2009).
-
Confiteria del Molino (1916). (Mai 2009).

Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 6D - Musique argentine
commenter cet article
23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 21:38
Mise à jour : 23 aout 2009.

Emission de télévision Sabados Continuados sur Canal 9 en 1964Début du "Rock Nacional" et fin de la "Nueva Ola" : 

Difficile de cataloguer le rock argentin, en tout cas pour ce qui est de sa première époque ? ou comment faire la part entre ce qui est chanté en espagnol et ce qui est purement porteño ? Conscience nationale dans la chanson et la musique ou finalement provocation à déjouer la censure de Ongania dans cette fin des années 60 ? 

On peut assurément considérer que le grand début de ce qu’on appelle ici le « Rock Nacional » ou plus communément le rock argentin débute au milieu des années 60 (1966-1967).

Photo : Avant la période "Rock Nacional", la "Nueva Ola" entre 1958 et 1967. Photo de l'émission Sabados Continuados sur Canal 9 à partir de janvier 1964.


Palito Ortega du Club del Clan sur la Nueva OlaLa Nueva Ola Hispano-Cosmopolite :

Depuis la fin des années 50 en Europe mais aussi au Mexique et en Amérique Central, le rock provenant des Etats-Unis faisait fureur dans ses versions originales en anglais ou dérivé dans d’innombrables adaptations en espagnol de groupes vénézuéliens, mexicains et autres colombiens; en Argentine, la nouvelle vague musicale a du mal à percer.(Il faut au moins attendre fin 1962 et le Club del Clan sur Canal 12 avec Palito Ortega). A la fin des années 50 et au tout début des années 60, on écoute à Buenos Aires des groupes espagnols, ou des vedettes américaines, italiennes, allemandes ou françaises.
Quand on provient du Rio de la Plata et que l’on cherche une reconnaissance, on ne peut l’obtenir qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Par exemple le groupe uruguayen « Los TNT » enregistrèrent leur premier succès « Eso, Eso, Eso » à Buenos Aires  chez RCA Victor mais durent s’installer en Espagne en 1962 pour poursuivre une carrière internationale.

Si pour la nouvelle vague française, les artistes limitent leurs tournées aux 4 coins du pays, et à se produire une fois à Genève, à Bruxelles, voir à Montréal pour les plus chanceux; dans le monde hispanophone, il faut bouger en permanence et se produire de Buenos Aires à Los Angeles, en passant par Caracas, Mexico, Miami, New York avec un crochet par Madrid. Depuis les années 60 et jusqu'à aujourd’hui il est souvent difficile de mettre une nationalité sur un groupe quand les intégrants sont de différentes nationalités.

La langue espagnole a l’avantage d’être une des langues les plus parlées dans le monde et d’avantager ces « groupes hispanophones » à étendre leur influence, mais a aussi un handicap puisque le public se trouve toujours « ailleurs » et pas seulement dans son propre pays. Il faut donc tôt ou tard « s’exporter » !

Photo : Grand vainqueur de la période "Nueva Ola" : Palito Ortega.



Los TNT en 1960. "Eso, eso, eso"

Palito Ortega en 1965. "Nada vale sin amor"

Los TNT uruguayens sur Label espagnolLos TNT et la Nueva Ola :

Reprenons l’exemple des TNT, ce groupe composé de 2 frères et une soeur.
Ils sont nés en Italie, puis enfants, ont émigré avec leurs parents en Uruguay. En 1953, ils forment les TNT en s’inspirant des nouveaux groupes italiens (mais chantent en espagnol), puis en 1959 s’installent à Buenos Aires pour enfin sortir leur premier disque l’année suivante dans le mouvement de ce qui est alors la « nueva ola » (nouvelle vague).
Ils sont connus en Uruguay, en Argentine et commencent de suite une tournée en Amérique du Sud, puis en Amérique Centrale, pour se retrouver en Amérique du Nord, à Mexico en 1961 pour jouer dans le film « Fiebre de Juventud ».

Ils cassent leur contrat avec RCA Victor de Buenos Aires pour signer avec Belter de Madrid en 1962 et doivent s’installer en Espagne pour les enregistrements et les promotions. Ils vont même représenter l’Espagne au Concours Eurovision de la Chanson en 1964 (alors qu’ils n’ont pas la nationalité). En 1966, les TNT se séparent, Tim (l’aîné) s’installe à Buenos Aires pour créer des studios. Quant à Nelly et Tony, ils s’installent tout d’abord à Caracas, puis à Porto Rico pour ensuite faire des tournées aux Etats-Unis afin de toucher le public hispanophone. En 1974, Nelly se marie et arrête à son tour la chansonnette, il ne restera que Tony qui continuera jusqu'à sa mort en 2005 à chanter à partir de Porto Rico.

Difficile après autant de déménagements, de rencontres, d’influences, de travail et de collaborations de savoir aujourd’hui si les TNT étaient italiens, uruguayens, argentins, vénézuéliens, mexicains ou portoricains. Ils sont un mélange à eux seuls d’un brassage multi-hispanique de ce que pouvait être la nouvelle vague ou « la nueva ola de los sesenta ».


Litto Nebbia et Los Gatos en 1967Et le Rock Nacional dans tout ça ?

Difficile dans tout ça de trouver ce qui pouvait être « National », ou même de trouver un "son argentin" à ce mouvement !

1966-1967, charnière entre la fin de la « nueva ola » du twist et du yéyé, avec certainement une période où on se remet à chercher des textes. On ne cache plus son accent et encore moins son parler porteño. Qu’importe si le vénézuelien ou le mexicain ne comprend qu’un mot sur deux, on arbore avec fierté sa provenance, et que l’on soit de Rosario, Buenos Aires ou même de Montevideo, on chante en lunfardo et en rioplatense.

Et puis 1966, c’est aussi politiquement le début de ce qui est la «Revolucion Argentina», le gouvernement de Juan Carlos Ongania, une politique résolument à droite, nationaliste qui va jusqu'à interdire les films et les disques étrangers trop subversifs et faire la chasse aux cheveux longs dans la rue qui étaient systématiquement coupés par les policiers.

Pour la nouvelle génération argentine, finalement une aubaine pour délaisser les anglo-saxons et se mettre à produire des compositions originales en espagnol !  De plus, il fallait pouvoir placer dans le texte des phrases à double sens pour le simple plaisir de défier la censure !

C’est le début du Rock Nacional. Bien entendu on cherchera toujours la petite histoire pour savoir où, de qui, et quand, est né ce mouvement et si on peut mettre une date exacte en ce début de conscience nationale. Le commencement d'un nouvel art mineur, d'un air de balade de la rue porteña, d'une ritournelle d’un été à Palermo, de l'hephémère d'un samedi soir de boliche de Costanera Norte.

Je vous le dis tout de même, c’est la chanson de la « Balsa » en juin 1967 composé et interprété par Litto Nebbia...
Mais là... c'est une autre histoire... (A suivre).


Los Beatniks sur Avenida Corrientes en 1966Los Abuelos de la Nada en 1968
Photos : Le début du Rock Nacional à Buenos Aires. A gauche, Les Beatniks en 1966 sur Avenida Corrientes, Los Abuelos de la Nada en 1968 à droite.

Plaque en hommage à La Balsa sur la façade du Bar La Perla à Buenos Aires D'autres articles dans le Petit Hergé :

- Palito Ortega. (Février 2008).
- Andres Calamaro. (Avril 2008).
-
Le musée Fortabat. (Août 2009).
-
Le jardin botanique de Buenos Aires. (Août 2009).
-
Le Café Gato Negro. (Août 2009). 
-
Le Bar Le Merval de Buenos Aires. (Juillet 2009).
-
La Bodega Viña Ona. (Août 2009).
- Institut de langue à Buenos Aires. (Août 2009).
-
Confiteria del Molino (1916). (Mai 2009).
- Le Cabildo de Buenos Aires.

 





Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 6D - Musique argentine
commenter cet article
26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 17:53

Mise à jour : 13 décembre 2015 (2eme édition). 26 juillet 2009 (1ère édition)

 

 

Ray VenturaRaymond Ventura (1908-1979)

Ray Ventura, le pionnier mais aussi certainement le maître du jazz français à partir du début des années 30, n’est pas, même aujourd’hui, inconnu pour la plupart d’entre vous. Mais de là à en parler sur ce site me direz vous ! Quel est le rapport avec l’Argentine et Buenos Aires ?

Pour ceux qui pouvaient l’ignorer, Ray Ventura et son orchestre durent pendant la seconde guerre mondiale s’exiler de France et partir en Amérique du Sud, ils partirent d’ailleurs avec Henri Salvador qui venait de s’intégrer à l’orchestre.

Buenos Aires et surtout l’Avenida Corrientes connurent donc entre 1942 et 1944 les swings endiablés de la fine équipe !

 

 

Les tous débuts de Ray Ventura au piano
Photo : Ray Ventura au piano dans les années 20 à Paris.

Les débuts et l'exil :


Entre 1924 et 1925, Ray Ventura (alors âgé de 16 ans) monte à Paris  avec des amis un premier orchestre pour reprendre des airs de jazz. En 1928, il enregistre un premier disque pour la firme Gramophone, puis chez Columbia. En 1929 premier voyage aux Etats-Unis. En 1930, l’orchestre est composé de 19 musiciens. Entre 1931 et 1934, de très nombreuses tournées en France et d’enregistrement de disques. 1935, premier énorme succès : « Tout va très bien Madame La Marquise ». Il signe chez Pathé jusqu’en 1940. En 1939, Ray Ventura et ses collégiens sont mobilisés et « remonte le moral des troupes » en faisant la tournée des popotes en allant chanter « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried ». Après l’armistice de 1940, ils sont démobilisés et s’installent à Lyon, où ils reforment un nouvel orchestre qui tournera en zone libre et en Suisse. Ils continueront même à enregistrer des disques en Suisse entre 1940 et 1941. Sentant le (mauvais) vent tourner, Ray Ventura décidera alors de partir en Amérique du Sud avec une partie de sa troupe. Les passeports et les visas seront difficiles à obtenir de la part de l’Etat Fran
çais et arriveront tout de même a passer les Pyrénées pour entrer en Espagne.  Le 20 novembre 1941, ils quittent le port de Cadix sur le « El Cabo de Buena Esperanza » en direction de Rio. Ils arrivent le 24 décembre à Rio, alors que Ray Ventura est malade.

 

 

Le Cassino da Urca, du temps de la splendeur !
Tout commence à Rio :


C’est ainsi que le premier concert donné en Amérique du Sud aura lieu au Casino da Urca de Rio. Le public n’apprécie que moyennement seules les grimaces et les pitreries d’Henri Salvador pourro
nt renverser la salle. Ils arracheront ainsi un contrat de 4 mois (entre janvier et avril 1942), puis continueront à jouer dans d’autres villes (Sao Paulo, Belo Horizonte et Petropolis) avant de suivre la cote vers le sud. On les trouvera donc à Porto Alegre vers mai 1942. Ils passent la frontière uruguayenne et arrivent en juin 1942 à Montevideo. Succès considérable au « Teatro 18 de Julio ». (Le public uruguayen est bien plus réceptif que le brésilien). Mais la véritable idée est d’aller s’installer en Argentine.

Disque brésilien de Ray Ventura - Panfleto Publicitário Da Discos Odeon - Ray VenturaPlaque d'hommage à Henri Salvador lorsqu'il passa avec Ray Ventura à Rio, cliquez pour agrandir !
Photos :
Disque brésilien de Ray Ventura sur le label Odeon. A droite, Plaque en hommage à Henri Salvador à Rio.

Juillet 1942 : L'arrivée à Buenos Aires
Photo :
A l'arrivée à Buenos Aires, le 12 juillet 1942.


Les années Buenos Aires :


Venir en Argentine ? C'est chose faite le 12 juillet 1942, où Ray Ventura et son orchestre posent les pieds dans le port de Buenos Aires ! Ils sont une bonne trentaine en intégrant pour certains femmes et enfants. Ils enchaînent de suites des concerts au Tabaris (Avenida Corrientes), au Teatro Politeama Argentino (Corrientes 1490, démoli en 1959), au Teatro Opéra aussi sur Avenida Corrientes. Entre juillet et décembre 1942, ils enregistrent plusieurs disques dans les studios d’Odeon à Buenos Aires. Fin 42, ils partent dans l’intérieur du pays, mais le succès n’est pas au rendez vous, ils iront jusqu’à Santiago de Chile et Valparaiso. De retour à Buenos Aires début 43, l’orchestre se disloque. Le contrebassiste Louis Vola formera lui-même un quintette à Buneos Aires du nom de « Hot Club de France » et enregistre aussi de son coté (avec la participation de Henri Salvador) une trentaine de disques sous les labels Victor-Argentine et Syncopa y Ritmo. Au milieu de l’année 1943, Ray Ventura reforme son orchestre, mais doit faire appel au renfort de musiciens argentins pour suppléer à certains fran
çais qui préfèrent continuer en solo.

Quelques autres concerts à Buenos Aires en 1943, et une suite d’enregistrement de disque toujours dans les studios d’Odéon Argentina.

Teatro Opera de Buenos AiresAncien Teatro Politeama de Buenos Aires aujourd'hui détruit
Photos : Deux des teatros où Ray Ventura se produisit, le Teatro Opera à gauche et le Teatro Politeama (aujourd'hui détruit). 

 

 

 

Vidéo : "Tiens, tiens, tiens" de Raymond Ventura. Enregistrement à Buenos Aires en septembre 1942 dans les studios Odeon.

 

L'orchestre de Raymond Ventura à Buenos AiresLe retour pour certains et l'installation définitve pour d'autres :

En 1944, Ray Ventura et son orchestre quittent définitivement Buenos Aires et partent de nouveau sur Rio, ou il se font une fois de plus embaucher au Casino
da Urca. Toujours pour Odeon, ils continuent à enregistrer mais cette fois dans les studiso de Rio. En novembre 1944, l’orchestre se disloque définitivement, la plupart des membres rejoignent la France. Ray Ventura part de son coté pour enregistrer des musiques de film à Hollywood. Certains autres musiciens de l’orchestre resteront encore quelques années de plus à Buenos Aires, comme Louis Vola jusqu’en 1948, et certains autres tourneront le dos à la musique pour se pencher sur la cuisine et ouvriront des restaurants comme Jo Bouillon avec le « Bistró » et Tatave Moulin et son « Chez Tatave ».

D’autres « anciens de l’orchestre » tel que Eugene d´Hellémes integra même l’orchestre du teatro Colon, tout comme son fils quelques années plus tard, et la chanteuse Micheline Day chantera jusque dans les années 70 en solo ou avec Hernan Oliva.

 

 

Quelques liens extérieurs argentins sur le sujet :

La période sud américaine de Ray Ventura aura duré près de 3 ans, de décembre 1941 à novembre 1944. Il aura passé la plus grande partie de son séjour à Buenos Aires entre juillet 1942 et février 1944.

A lire en espagnol :

- Pur divertissement, sujet de La Nacion du 11 mars 2002.
- L'Ecole de Louis Vola, sujet de La Nacion du 02 juin 2003.

 

 

Dans les années 40 dans le centre de Buenos AiresD'autres articles à lire dans le Petit Hergé :

- City Hotel & Diagonal Sur. (1935).
-
Centre historique de Buenos Aires
- Quartier de la City de Buenos Aires.
-
Quartier de Retiro de Buenos Aires.
-
Le cinéma argentin.
-
Quartier de Palermo de Buenos Aires.
-
Tramway de Buenos Aires.
-
Lujan. (Prov de Buenos Aires).

Photo : Angle Bartolome Mitre et San Martin dans les année 40. A droite l'angle de la City Bank.

 

 

 

 

Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 6D - Musique argentine
commenter cet article
6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 17:21
Mise à jour : 06 juin 2008.

Los de Fuego Photo : Sandro et los de Fuego à leurs tout débuts.

Rock argentin 1963 - 2008



Un petit tour dans le monde rock argentin des années 60 à aujourd'hui.
Comme les artistes sont nombreux, tout comme les groupes et les tendances, ce premier article a pour but de poser les principales dates et mouvements qui en 50 ans ont formé le rock argentin.

Voici un reportage découpée en 3 parties datant de 2008 et diffusée sur le Canal (a) de Buenos Aires proposant un rapide tour d'horizon du début du rock en Argentine. Entretien actuel avec les principaux protagonistes de cette époque. Comme en France, la plupart des chanteurs des groupes rocks des années 60 ont ensuite continué une carrière solo. N'oublions pas que l'Uruguay n'est pas loin de Buenos Aires et que bon nombre de "groupes rock national" viennent de Montevideo !


Problème technique pour voir vidéo cliquez sur : http://www.youtube.com/watch?v=baFaRMFH6E0


1ère partie : (9 mn 23s). Influence du rock anglo-saxon, situation politique argentine, mouvement hippie à Buenos Aires, repression policière contre les hippies, visite de Fidel Castro à Buenos Aires, les cheveux longs, les endroits mytiques : la Cueva




Problème technique pour voir vidéo cliquez sur : http://www.youtube.com/watch?v=qRNMCsKIa9w


2ème partie : (10 mn 15s). Les endroits mytiques : Le bar La Perla de Once, les influences, réunions hippies sur Plaza Francia de Recoleta, les premiers groupes : Sandro y los de Fuego, Los Shakers.




Problème technique pour voir vidéo cliquez sur : http://www.youtube.com/watch?v=DJoJW-59Dxg

3ème partie (6 mn 41s). Les premiers groupes : Los Shakers, Los Mokers, los Beatnicks.


La Cueva de Buenos AiresPhoto : La Cueva, berceau du rock argentin des années 60.

Voici les groupes ou solistes les plus connus ayant débuté dans les années 60 ou 70 : (Entre parenthèse, date et fin de l'activité musicale). (*) Toujours en activité.

- Los Shakers (1965-1968)
- Los Gatos Salvajes (1966)
- Los Mockers (1966)
- Los Gatos ( 1967-1971)
- Los Walkers (1967-1969)
- Almendra (1970-1971)
- Manal (1970-1971)
- Vox Dei (1970-1973)
- Moris (1970-1980)
- Litto Nebbia (1969-2007)*
- Nebbia's Band (1971)
- Arco Iris (1970-1975)
- Pappo's Blues (1971-1973)
- Alma y vida (1971-1973)
- La Barra de Chocolate (1970)
- Billy Bond y la Pesada (1971-1973)
- La Cofradía de la Flor Solar (1971)
Sui Generis, l'album Vida (1972)- Luis Alberto Spinetta (1972-2006) * avec le groupe Invisible (1974-1976) avec le groupe Jade (1980-1984)
- Huinca (1972)
- Aquelarre (1972-1975)
- Pescado Rabioso (1972-1973)
- Color Humano (1972-1973)
- Materia Gris (1972)
- Pacifico (1972)
- Gabriela (1972)
- Raúl Porchetto (1972)
- Sacramento (1972)
- Miguel Cantilo (1970-2007)* avec le groupe Pedro y Pablo (1970-1972) et le groupe Punch (1980-1981)
- Sui Genesis (1972-1975)
- Charly Garcia (1976-2003)* avec le groupe La Maquina que Hacer Pajaros (1976-1977) et Seru Giran (1977-1980)
- Miguel y Eugenio (1973)
- Tango (1973)
- Léon Gieco (1973-2005)*
- Roque Narvaja (1969-2003)* avec le groupe La Joven Guardia (1969-1971)


Un des titres les plus connu de Litto Nebbia : "La Balsa", repris par le groupe "Los Gatos" (photo) en 1967.

Le groupe Manal, LP D'autres articles sur le même thème :

- Palito Ortega
- Le cinéma argentin
- Tango electrónico
- Andres Calamaro
- Les vidéos de présentation #1 (Latin Fresh, Yuri Buenaventura, Los Shakers).

Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 6D - Musique argentine
commenter cet article
6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 02:30

Andrés CalamaroAndrés Calamaro

C’est incontestablement une des figures les plus importantes en ce moment du « rock nacional ». Il est né à Buenos Aires en 1961. A la fin des années 70 et début des années 80 fait partie de groupes rock argentins éphémères tels que Proyecto Erekto ou Raices mais son véritable début musical est sans doute lorsqu’il intègre le groupe « Los Abuelos de la Nada », groupe existant déjà depuis de nombreuses années dont les principales tête d’affiche furent entre la fin des années 60 et les années 70 : Miguel Abuelo et Pappo. Andres Calamaro y restera entre 1981 et 1985. D’ailleurs alors qu’il fait encore partie des « Abuelos », la dernière année (1984), il sort pour la première fois un LP en solo produit par Charly Garcia « Hotel Calamaro ». Ce premier album n’est pas un véritable succès commercial, il lancera aussi un second album « Vida Cruel » en 1985 qui connaîtra de même qu’un succès mitigé. Il choisit alors rapidement de devenir producteur et s’occupe de deux groupes à leur début : Los Fabulosos Cadillacs et Los Enanitos Verdes.


 La période de los Abuelos de la Nada en 1982Son premier album en solo en 1984


 

Clip vidéo de "Flaca" de Andres Calamaro (1997) 4mn 13" 



Il faut attendre la fin des années 80, pour qu’il revienne en tant que compositeur et interprète sur le devant de la scène et deux nouveaux albums en 1988 (Por Mirarte) et 1989 (Nadi sale vivo de aqui) assoient enfin définitivement sa « réputation » dans le monde du rock argentin.

En 1990, la situation économique devient instable et difficile en Argentine, il part en Espagne pour créer avec l’aide d’Ariel Rot et Julián Infante un nouveau groupe « Los Rodriguez ». Il sort ainsi en Espagne 4 albums entre les années 1990 et 1995. Ses albums sortiront aussi dans toute l’Amérique Latine et furent tous des succès en Argentine.

En 1997, le groupe des « Rodriguez » disparaît et entreprend à nouveau une période en solo qui l’amène à s’installer aux EE.UU. Il fait alors des aller retour sur Buenos Aires pour faire des tournées. C’est sûrement la période où il compose le plus et où il enregistre aussi le plus. « Flaca » date de 1997, tout comme d’autres tubes comme « Crimenes perfectos ». Entre 1998 et 1999, il compose 100 titres ! En 2000, il enregistre 103 titres en Espagne ! Puis le grand trou……..puisqu’il passera 4 ans sans rien enregistrer !


 

Veneno en la piel de Andres Calamaro. 4mn 14"


De nouveau en 2004, l'inspiration revient puisque on le voit sortir un nouvel album « El Cantante ». Il fera à partir de cette année quelques apparitions pendant des festivals. Puis se remet à recomposer et en 2006 un nouvel album de l’artiste sort « Tinta Roja », puis de suite la même année un second album « El Palacio de las Flores ».

Serait on à nouveau sur le retour de l’artiste ? Il faut le croire puisqu’à la fin de l’année 2007, Calamaro sort un nouvel album « La Lengua Popular ».



"Los Aviones" en concert à Madrid en 1999. 4mn 59"

Il est difficile de classer l’artiste, il a touché en effet à tout, d’un type pop-rock année 80, à du reggae, du R&B, l’album de 2006 « Tinta Roja » est un album 100% tango… Il est sans doute un des artistes argentins le plus complet de la génération 1980-2000, toujours à l’aise aussi bien dans la composition musicale comme dans ses textes.

A écouter absolument et à connaître pour suivre 20 ans de musique pop argentine.

- Site web de Andres Calamaro.




Clip Vidéo de "5 Minutos mas" de Andres Calamaro (2007). 5mn 09"

Lengua popular, le dernier album sorti en 2007D'autres articles du Petit Hergé :

- Juan Domingo Perón (1895-1943).
-
L'insécurité à Buenos Aires en 2008.
-
Le gouvernement de Cristina Kirchner (décembre 2007).
-
La crise du lait (décembre 2007).
-
La crise du campo (mars 2008).
-
L'INDEC et l'hyperinflation (août 2007).
-
Les élections présidentielles d'octobre 2007.
-
Renault Argentine.
-
Peugeot Argentine.
-
Le lunfardo argentin.



Partager cet article

Published by Le Petit Hergé - dans 6D - Musique argentine
commenter cet article
2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 20:00
Mises à jour : 26 août 2009 / 08 février 2008.

Palito OrtegaPalito Ortega :

De son vrai nom : Ramón Bautista Ortega Saavedra, il est incontestablement la figure emblématique de la nouvelle vague argentine des années 60. On le surnomme Palito. Il aura tout au long de sa carrière abordé la chanson, le cinéma et même la politique dans sa province natale de Tucuman.Ramon Ortega au centre à l'ecole de Lules


Ses premières armes chez CarlinhosLes début avec Carlinhos :

Il est né le 08 mars 1942 dans le village de Lules dans la province de Tucuman. Comme de nombreuses vedettes françaises de la chanson de cette période, il n’a aucune connaissance spéciale en musique mais sait gratter la guitare. Il commence à travailler
à Tucuman comme vendeur de journaux, puis comme garçon de café. Il fait la connaissance de Carlihos et integre comme guitariste mais aussi comme batteur le groupe Carlihos y su Bandita qui l’amène à faire une petite tournée au Chili. Quitte très vite ce groupe et prend le pseudonyme de Nery Nelson. Il reste au Chili est intègre cette fois comme chanteur un nouveau groupe The Lyons (qui changera de nom plus tard en Los Twisters).

Photo de 1963Nery Nelson :

Il quitte une fois de plus le groupe et décide de revenir en Argentine et plus précisément à Mendoza ou il enregistre son premier disque, un 33 tours qui s’intitule « La Edad del amor » toujours sous le même pseudo de Nery Nelson. On ne peut pas dire que ça soit un succès, de plus le label est très peu connu et le disque est peu distribué dans le reste du pays.

En 1962, une rencontre avec le compositeur Dino Ramos va changer la donne, celui-ci prend en main la composition des thèmes d’Ortega et la collaboration entre les deux hommes durera de nombreuses années.Photo d'idole en 1964 à Buenos Aires D’ailleurs dès 1963, il lui fait changer de label et signe chez RCA Victor (premier label en Argentine dans les années 60), la compagnie de disque lui fait changer son pseudo et « Nery Nelson » se transforme en « Palito Ortega ». La couverture médiatique et les moyens de diffusion chez RCA, permettent au chanteur de le propulser devant les caméras de télévision et de passer dans des émissions de radio. Justement l'émission phare de l'époque financée aussi par RCA est le "Club del Clan" qui passe sur Canal 11.


 
Photo : L'autre émission de télévision après "El Club del Clan" en janvier 1964 débute sur Canal 9 "Sábados Continuados", de gauche à droite : Nicky Jones, Chico Novarro, Johny Tedesco, Palito Ortega, Lalo Fransen et Violeta Rivas

Dino Ramos et Palito Ortega  

Les émissions de télévision :

" El Club del Clan" est l’équivalent argentin de "SLC" d'Europe nº1 ou "D’Age tendre et tête de bois" de l'ORTF, en plus d’être une émission hebdomadaire de télévision du samedi, RCA a formé toute une génération de chanteur Rock ou yéyé sous le nom de ce programme, et organise pendant les années 1963-1964 de multiples tournées de concert dans le pays pour promouvoir ses "produits". De cette époque RCA, les chanteurs les plus connus de la compagnie sont Palito Ortega mais aussi Violeta Rivas, Johny Tedesco, Chico Novarro, Lalo Fransen, Nicky Jones et Raúl Lavie
. Très rapidement "Palito" devient la tête de figure de cette génération "Club del Clan" et sa notoriété dépasse les frontières argentines pour s’étendre à toute l’Amérique Latine à l’Espagne et à l’Italie.
Suivent ensuite pendant ces années 1963-1966 toutes une séries d'emissions concurrentes sur les canaux de télévisions privées de Buenos Aires.
- "El Club del Clan" sur Canal 13 à partir du 10 novembre 1962. Tous les samedis en soirée à partir de 20h30.(l'émission s'arretera au milieu de l'année 64).
- "Sabado Continuados" sur Canal 9 à partir de janvier 1964. Tous les samedis de 13h à 21h !
- "Idolos de la Juventud" sur canal 7 en 1964.
- "Bienvenido Sabado" sur canal 7 à partir du 03 avril 1965. Tous les samedis de 14h à 20h.

Et aussi de l'autre coté du "Charco"(Rio de la Plata) en Uruguay dans les studios de Canal 4 Montecarlo TV de Montevideo.
- "Todo va mejor con Coca Cola" en 1964, on aura deviné le sponsor de l'émission !


Film : El Club del ClanLe film "Fiebre de Primavera" avec Violeta RivasFilm "Mi primera novia" avec Evangelina Salazar. 2 ans plus tard, il l'épousera.

Après la chanson, le cinéma !

Une bonne promotion d’un disque s’étant toujours accompagnée dans les années 60 par la production d’un film long métrage mettant en scène les chanteurs, Palito Ortega ne manque pas à cette règle et RCA produit en 1964 son premier film « El Club del Clan » sous la réalisation de Enrique Carreras (réalisateur maison de la compagnie de disque), suivront l’année suivante 3 autres films à la trame et au scénario aussi faible, prétexte à faire chanter dans une suite de plan tous les artistes du moment. « Mi primera Novia » (1965), Fiebre de Primavera » (1965), “Convención de Vagabundos” (1965)…

Au total, entre 1964 et 1983, Palito Ortega apparaît dans 33 films où il est souvent le protagoniste principal.
33 films = 33 navets, de toute façon, on ne lui demandait pas d'être bon acteur, mais uniquement d'y chanter !
En regardant aujourd'hui ses films, on ne peut s'empecher de rire ou de s'endormir ! Le seul interet est d'avoir de bons plans extérieurs de Buenos Aires des années 60 et de se sentir un génie face aux dialogues à l'eau de roses et aux situations rocambolesques d'un scénario tiré par les cheveux !



Vidéo :
Palito Ortega en 1967 dans le film de Luis Cesar Amadori "Amor en el aire".
Il interprète : "A mi me pasa lo mismo que a usted" avec Rocio Durcal. Ce film est sorti à buenos Aires le 29 aout 1968.
L'affiche du film : Amor en el aire

Vidéo : Extraits du film Fiebre de Primavera (1965) avec Palito Ortega et Violeta Rivera. 6 mn 18s.
- 0 mn 0 s. Despeinada.
- 0 mn 33 s. El Cardenal (tourné au Rosedal de Palermo).
- 1 mn 12 s. El Changuito Cañero. (Tourné à Palermo).
- 1 mn 40 s. Que suerte. (Tourné sur Plaza Congreso).
- 2 mn 06 s. Sabor à nada. (Tourné à Palermo).
- 2 mn 49 s. Charleston de amor (tourné Plaza Congreso)
- 3 mn 29 s. Vestida de novia (tourné sur Costanera, aujourd'hui Puerto Madero).
- 4 mn 20 s. Pero te quise. (Tourné à Palermo).
- 4 mn 52 s. Fiebre de Primavera (Tourné à Palermo).

Palito Ortega, gouverneur de Tucuman en 1991Gouverneur de Tucuman :

En 1967, il se marie avec l’actrice
argentine Evangelina Salazar avec laquelle il aura 6 enfants.

Sa notoriété grandit dans les années 70, et se risque en 1973 à faire campagne pour Juan Domingo Peron au sein du Partido Justicialista. Il a toujours été intéressé par la politique et délaisse définitivement la chanson dans les années 90 pour s’y plonger totalement. Il postule au poste de gouverneur de la Province de Tucuman en 1991 qu’il obtient et il assumera ce poste jusqu’en 1995. Il se présente même en 1999 comme vice président de la Nation mais sans succès. Poursuivit par la justice à la même époque pour « irrégularité » dans sa gestion de gouverneur, il préfère déménager et s’installer à Miami avec toute sa famille. Aujourd’hui il mène une vie moins publique et apparaît de ci de là pour pousser la chansonnette lors d’un meeting politique.


Film : Corazon contento. Incroyable ressemblance avec Alain Delon, n'est ce pas ? Les vedettes du Club del Clan. Photo de 1964L'affiche du film

Sa discographie est trop importante pour l'énumérer au complet. S'il fallait quand même choisir ses plus gros succès, je citerai : "Te quiero", "La edad del amor", "Prometimos no llorar", "la Felicidad", ... J'en ajouteria un de plus pour ami français qui en est fou :"Despeinada".


Les idoles du Club del Clan, Palito Ortega photo de gauche en bas, il est à l'extreme droite.Les conseils du Petit Hergé :

Si vous vous lancez à télécharger un de ses films pour le visionner, surtout ayez beaucoup d’indulgence. On ne peut sûrement pas regarder aujourd'hui ses films avec les mêmes yeux. Les époques ont changé et l'Argentine du début des années 60 était vraiment très gentillette et totalement frivole.
Plus qu'une page du septième art, plutôt une étude sociologique de la jeunesse dorée argentine qui n'avait comme soucis que de savoir comment s'amuser et se trouver une novia pour aller danser.

Les quelques années encore insouciantes avant l'époque de la dictature. En tout cas, plongez vous dans cette décennie, vous arriverez ensuite en Argentine a déclencher chez les argentins des heures de discussion et de nostalgie.


Palito Ortega dans les années 70 Les liens extérieurs : 

 - Filmographie complète de Palito Ortega (1964-1980).
 - Discographie, tous les 45 tours (1962-1981)
 - Discographie, tous les 33 tours et CD (1962-1990).



Meubles argentins des années 60D'autres articles du Petit Hergé :

- Le début du "Rock Nacional" .
-
Ray Ventura en Argentine.
-
Andres Calamaro.
-
La géographie de l'Argentine.
- Les guides d'Argentine
- Le quartier de Palermo
- La Province de Salta
- La Province de Misiones- Le village de Humahuaca (Provincia de Jujuy)
- Le village de Cachi (Province de Salta)
- La calle Florida (Buenos Aires).

Partager cet article

Se loger à Buenos Aires

 

Vous cherchez à vous loger à Buenos Aires ?

Contactez moi :

petitherge@hotmail.com

Pour Trouver Un Article Dans Le Petit Hergé Argentine

Cours du Peso Argentin

27 juillet 2017

L'Euro est à

↑ 20,50 ARS

L'USD est à

↑ 17,40 ARS