4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 04:00

Mise à jour : 04 décembre 2012. Article écrit par Suzanne Raucy.

nullLe 03 décembre 2012, l’Uruguay devient le deuxième pays d’Amérique Latine à dépénaliser partiellement l’avortement :

En adoptant une loi qui dépénalise partiellement l’avortement, l’Uruguay a mis provisoirement fin à des décennies de débats sur un sujet qui a divisé la société. Le 17 octobre dernier, l’approbation de la loi par le Sénat uruguayen a fait suite à celle de la Chambre des députés. Le président José « Pepe » Mujica s’était engagé à respecter la décision des représentants du peuple et à ne pas opposer son véto présidentiel à la nouvelle loi, comme l’avait malheureusement fait son prédecesseur, Tabaré Vázquez, lorsqu’elle avait été approuvée une première fois en décembre 2008. Il a cependant souhaité que le texte législatif soit soumis à un référendum avant toute mise en application. Or, depuis plusieurs années, les Uruguayens semblent être majoritairement en faveur de la dépénalisation de l’avortement, de 57 à 63% selon les sondages.

nullUne avancée mais pas d'avortement libre totale :

Cette nouvelle réglementation de l’avortement est une avancée sociétale majeure, elle fait de l’Uruguay le deuxième pays d’Amérique latine après Cuba à adopter une forme aussi large de dépénalisation de l’IVG. À cette courte liste s’ajoutent seulement Porto Rico, le Guyana et le district fédéral de Mexico (Sans oublier la Guyanne française et les Antilles Francaises). Cette loi a pour objectif de mettre fin à une situation sociale et sanitaire déplorable : en Uruguay, 30 000 avortements clandestins sont pratiqués chaque année selon les chiffres officiels, 60 000 selon les estimations des ONG, dans des conditions sanitaires extrêmement variables selon la situation financière des femmes qui y ont recours, sans encadrement proprement médical. Toutefois, si cette loi a été saluée à juste titre par les divers secteurs de la gauche et les ONG de défense des droits des femmes parce qu’elle met théoriquement en avant la volonté des femmes comme motif valable, elle ne semble satisfaire pleinement personne. L’Église catholique, les groupes ProVida et les secteurs réactionnaires y sont bien sûr radicalement opposés. Mais du côté de ceux qui défendent le choix à l’avortement, cette loi apparaît comme une avancée en demi teinte, un trompe l’œil. Et en effet, ceux qui souhaitaient une légalisation de l’avortement, libre et gratuit, ont de bonnes raisons d’être déçus : il ne s’agit pas d’une légalisation de l’avortement (comme a pu le titrer le Courrier International), mais d’une dépénalisation seulement partielle. De nombreux points de cette loi sont controversés, jugés trop contraignants et visant à compliquer l’accès à l’IVG, comme, entre autres, l’obligation de s’en remettre à une équipe interdisciplinaire, médicale et sociale, qui aura tout pouvoir d’autoriser ou non l’intervention, ou encore le délai de 12 semaines. En dehors des procédures administratives et médicales établies et encadrées par l’État, l’avortement reste illégal et passible d’une peine de prison.

Vidéo : Canal 7 (Argentine). 18 octobre 2012. L'Assemblée Nationale Uruguayenne vient de voter la loi.

nullPhoto : Les differents cas d'autorisation d'avortement en 2012 dans les pays d'Amérique Latine.

nullAucun appui des partis politiques :

La loi de dépénalisation de l’IVG qu’a récemment adopté l’Uruguay établit des critères restrictifs d’application, et concrètement, elle ne fait que faciliter la suspension de l’application de la peine dans des circonstances et des conditions très déterminées. Par ailleurs, bien que la société uruguayenne semble être favorable à cette dépénalisation, la plupart des candidats pressentis à la prochaine élection présidentielle, en 2015, ont déjà annoncé qu’ils annuleraient cette loi s’ils étaient élus. Donc, outre les restrictions concrètes en termes d’accès à l’avortement, c’est bien la pérennité de cette loi majeure qui est malheureusement mise en cause.

nullLe parcours du texte de loi qui sera confirmé par referendum :

 

Le 17 octobre dernier, après plus de cinq heures d’intense débat, le Chambre des Sénateurs a finalement approuvé le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Cette loi a été promulguée par le pouvoir exécutif le 23 octobre, le président José Mujica ayant tenu son engagement de soutenir la décision des législateurs et de ne pas y opposer son véto présidentiel. Dès lors, l’ancienne loi de 1938 n’est plus en vigueur, qui prévoyait la condamnation à une peine d’emprisonnement de trois à neuf mois de prison pour toute femme ayant subi un avortement et de 6 à 24 mois pour la personne l’ayant pratiqué.

La récente loi, qui ne s’appliquera qu’aux citoyennes uruguayennes, a été approuvée en dernière instance par 17 sénateurs sur les 31 présents. Ceux qui levèrent la main furent les 16 législateurs issus de la coalition de gauche au pouvoir, le Frente Amplia (FA) et Jorge Saravia, du Partido Nacional, qui avait signé le projet de loi initial au moment d’intégrer la coalition gouvernementale.

De cette façon, l’Uruguay devient le second pays latino américain à dépénaliser cet acte, après Cuba où, depuis 1965, il légal s’il est pratiqué au cours des dix premières semaines de grossesse, ou au-delà pour des raisons de santé. Dans le reste de la région, l’interruption volontaire de grossesse est également légale seulement dans le district fédéral de Mexico (partiellement dépénalisée depuis 2007), à Porto Rico (légale depuis 1973, sans limitations, c’est-à-dire y compris pour les mineures et quel que soit le moment de la grossesse), et au Guyana.

L’appareil législatif uruguayen est composé de deux chambres, le Sénat et la Chambre des députés. La Ley de Salud Sexual y Reproductiva, qui inclut le texte sur la dépénalisation de l’avortement, avait été approuvée en décembre 2011 par la Chambre des sénateurs par 17 voix contre 14, sous réserve, pour entrer en vigueur, d’être également votée par les députés en 2012 et promulguée par le gouvernement. Le 25 septembre 2012, avec 50 votes pour (les 49 voix des députés du parti du gouvernement plus celle de l’auteur de l’initiative, le député Iván Posada, du Partido Independiente) et 49 votes contre, le projet de loi a été approuvé de justesse à l’Assemblée, mais avec des modifications considérables apportées au texte, ce qui a nécessité un nouveau vote du Sénat le 17 octobre, avec le résultat que l’on connaît. Avant toute mise en application, le président Mujica a souhaité confirmer cette décision par un plébiscite, dont la date n’a pas encore été fixée.

Vidéo : Canal NTN24 (Colombie) 23 octobre 2012, après le vote en faveur des députés uruguayens.

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Photos : Le 17 octobre 2012 au Sénat de Montevideo lors du vote contre la dépénalisation partielle de l'avortement en Uruguay. Entre "Pros" et "Antis" se réfugiant dans la prière.

nullCaractéristiques et modalités d’application de la loi :

 

Le texte législatif final et retoqué à une application beaucoup plus restrictive et encadrée par l’État que celle prévue par le projet initial. En effet, la loi telle qu’elle a été adoptée en dernière instance dépénalise l’avortement s’il est pratiqué dans les 12 premières semaines de grossesse, mais selon les modifications apportées par les députés, la femme concernée devra se plier à un certain nombre d’étapes pour en obtenir l’autorisation. Après avoir notifié à son médecin sa volonté d’interrompre la grossesse, elle sera redirigée par celui-ci vers une « équipe interdisciplinaire », constituée d’un gynécologue, d’un psychologue et d’un travailleur social, chargés de la prévenir des risques et des alternatives à l’avortement, depuis les plans d’assistance aux mères jusqu’à l’adoption. Cette équipe aura le pouvoir d’accorder ou non que soit pratiquée l’IVG. À la suite de cet « entretien » et si l’autorisation lui en est donnée, elle disposera d’un « délai de réflexion » de cinq jours pour prendre une décision définitive et réaliser ou non l’intervention dans un centre médical publique ou privé. En outre, au-delà du délai de 12 semaines, l’interruption de grossesse pourra être autorisée en cas de mise en danger de la santé et de la vie de la mère, ou dans le cas d’une malformation fœtale « incompatible avec la vie extra utérine ». Dans le cas d’une grossesse faisant suite à un viol, le délai de 12 semaines sera étendu à 14 semaines de grossesse, à condition qu’il soit prouvé… Ce qui suppose des démarches policières et judiciaires longues.

Photo : Un peu d'humour dans les rangs anti avortement devant le parlement de Montevideo.

nullDépénaliser n’est pas légaliser : les limites de la loi et les critiques divergentes qu’elle soulève. Une avancée en demi-teinte

 

L’approbation du projet législatif sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), dont le processus a été suivi avec une attention particulière par la société civile en raison de son évidente importance, a été saluée par les différents secteurs de la gauche uruguayenne, qui sont depuis longtemps majoritairement en faveur de la dépénalisation de l’avortement, notamment dans le cas d’organisations non gouvernementales dédiées à la défense des droits des femmes, qui défendent cette cause depuis de nombreuses années.

Mais en réalité, cette nouvelle loi, qui fait de l‘Uruguay un des pays latino américains pionniers en la matière, ne satisfait pleinement personne: du côté des pros avortement, (c’est-à-dire la majorité des membres de la coalition de gauche, les ONG défendant les droits des femmes) on critique une dépénalisation en demi teinte, incomplète, un projet peu courageux qui ne va pas jusqu’à la légalisation, et du côté des anti avortement, (c’est-à-dire l’Église Catholique et les lobbies religieux dont le groupe Pro-Vida, les partis d’opposition nationaliste et « colorado », les secteurs conservateurs et réactionnaires en général) on prétend que la loi est si large qu’elle s’apparente à une légalisation qui mènera à l’assassinat de tous les futurs embryons que portera l’Uruguay…

Le gouvernement et les élus du Frente Amplio ont présenté la loi avec beaucoup de précautions, en insistant fortement sur le fait que techniquement, elle ne légalise pas l’avortement et ne fait que le dépénaliser lorsqu’il sera pratiqué dans le cadre de la procédure encadrée par l’État. Le député du FA Juan Carlos Souza l’a par exemple qualifiée « d’instance pour que les femmes qui décident librement d’avorter puissent le faire sans être poursuivies par la justice, dans un cadre légal et médical adéquat. » Malgré cela, l’initiative est loin de faire l‘unanimité.

Affiche : Manifestation contre l'avortement le 10 novembre 2012. Un mélange de différents genres un peu fourre-tout. NON à l'avortement, NON à "l'immoralité sexuelle" (mariage gay, adoption d'enfants par couple homo, changement de genre), NON à la légalisation de la Marihuana, NON à la discrimination, NON à la violence. La manifestation se terminera par une oration à genoux devant le parlement.

Video : En faveur du vote pour la dépénalisation de l'avortement (vidéo antèrieure au vote du parlement)

nullCritiques des "Pros" comme des "Antis" :  

Les arguments des détracteurs de la loi sont pour ainsi dire traditionnels, véhiculés en Uruguay comme sur tous les continents par l’Église Catholique et les partis politiques et organisations civiles conservateurs et réactionnaires. Par exemple, avec l’argument classique selon lequel cette loi « privilégie la mort plus que la vie », le sénateur « colorado » (du parti conservateur d’opposition) soutient que « la loi soumet les femmes à une véritable humiliation en les mettant face à un tribunal », raison pour laquelle il pense qu’elle « n’éliminera pas les avortements clandestins ». Argument hypocrite s’il en est, car ce sénateur reproche à la récente loi l’étape obligatoire qu’est l’entretien avec une équipe médicale et sociale, qu’il qualifie de tribunal, alors même que l’ancienne loi menait bel et bien ces femmes devant les tribunaux de la justice pour les condamner.

Les critiques en provenance des secteurs pro avortement sont plus pertinents et constructifs, dans le sens où ceux-ci se réjouissent de cette avancée tout en la considérant insuffisante et fragile. Non seulement, un grand nombre d’entre eux souhaitaient une claire légalisation de l’avortement, mais beaucoup pensent également que la dépénalisation telle qu’elle est proposée est un trompe-l’œil, un progrès illusoire compte tenu des modalités d’application contraignantes de la loi. Ainsi, de nombreux sénateurs du Frente Amplio reconnaissent que le texte initial, qu’ils avaient voté en décembre 2011, était meilleur que celui retoqué par les députés. Et en effet, ce sont les modifications récentes qui sont critiquées. Selon une dirigeante de l’ONG CNS Mujeres, par exemple, l’avortement n’est pas véritablement dépénalisé par cette loi, qui consiste davantage « en une suspension de l’application de la peine dans des circonstances et des conditions très déterminées », ce qui n’est pas faux. Dans ce sens également, la Coordinadora por el Aborto Legal en Uruguay critique le fait que si la femme ne suit pas la procédure légale, c’est-à-dire ne passe pas par les entités médicales officiellement désignées, elle pourra être dénoncée, poursuivie et condamnée tout comme avant, car les avortements pratiqués en dehors de ce cadre restent illégaux.

nullObjectif : Réduire les avortements illégaux et protéger la femme

 

Le projet législatif, résultat d’une promesse électorale de la coalition de gauche actuellement au gouvernement, le Frente Amplio, a précisément pour objectif de réduire le nombre d’avortements illégaux pratiqués en Uruguay, qui s’élève à plus de 30 000 par an selon les chiffres officiels, bien que nombreuses ONGs signalent qu’en réalité il y en aurait plus du double. Cette volonté, si louable soit elle, est confrontée dans son application au fonctionnement concret du système médical uruguayen : une femme ayant suivi le processus légal et obtenu l’autorisation d’avorter pourra se voir refuser l’intervention en cas d’objections de conscience des médecins ou de l’institution d’assistance sociale. Par exemple, le Círculo Católico, lié à l’Église, a déjà annoncé qu’il ne pratiquerait aucune IVG. Dans ce cas de figure, la loi oblige ces institutions à rédiriger la patiente vers un autre service appartenant au système national de santé, ce qui peut poser problème dans les régions isolées du pays. Par ailleurs, la mise en place et le fonctionnement des équipes interdisciplinaires sont mis en cause en raison des difficultés qu’ils présenteront dans l’intérieur du pays et les zones rurales les plus reculées.

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Graphique : Evolution depuis 1993 en Uruguay des "pour" ou "contre" avortement. En 2012, 60 % en faveur.

nullAprès son approbation par l’Assemblée et Sénat, le Président Mujica souhaite soumettre la loi à un plébiscite. La pérennité incertaine de la loi :

 

Après son approbation par le Sénat et la Chambre des Députés, le président de l’Uruguay, José « Pepe » Mujica, pris la décision de soumettre la loi sur la dépénalisation de l’avortement à un référendum. Il a en effet déclaré que c’était « un sujet qui devrait être tranché par le vote de la population », ce qui va dans le sens des organisations sociales et politiques qui réclament une consultation populaire. Dans l’opposition, le Parti National a lancé une campagne de pétitions réclamant la mise en place de ce mécanisme constitutionnel, dans le but d’obtenir peut-être l’annulation de cette loi.

Cependant, depuis plusieurs années, les différents sondages montrent que la majorité des Uruguayens, entre 57 et 63%, est en faveur de la dépénalisation de l’avortement. Un référendum permettrait peut-être alors d’assurer la pérennité de cette loi. Le président lui-même appartient à la coalition gouvernementale de gauche à l’origine de l’initiative, et ce projet figurait déjà dans son programme de campagne pour les primaires et pour les présidentielles. José Mujica avait annoncé, avant le vote des deux chambres constituant le pouvoir législatif, qu’il ne ferait pas usage de son véto présidentiel et appuierait la décision des représentants du peuple.

Il semble que l’approbation de cette loi ait mis fin à des décennies de débats sur un thème qui a divisé la société uruguayenne, après l’échec d’une dizaine de projets de légalisation de l’avortement depuis 1978. Le plus récent date de 2008, lors du précédent mandat législatif et présidentiel, lorsque la loi avait failli être adoptée : le texte sur l’IVG inclus dans la Ley de Salud Sexual y Reproductiva, presque similaire, avait alors été approuvé par les députés et les sénateurs. Mais la loi fut annulée par le véto de l’ancien président de la République, Tabaré Vázquez, qui avait pour cela invoqué des « principes éthiques ». Cette décision avait alors provoqué l’indignation dans les secteurs de la gauche, d’autant plus qu’il en était issu, étant le chef de la coalition de gauche, le Frente Amplio. Personnellement opposé à cette loi, il avait alors notamment cédé aux pressions des lobbies religieux et anti-avortement et de l’Église catholique qui, par la voix de l’archevêque de Montevideo, Monseigneur Nicolás Cotugno, avait annoncé l’excommunication de tous les législateurs catholiques qui voteraient pour la dépénalisation de l’avortement. À cette époque, 57% des Uruguayens interrogés soutenaient ce projet (58% des femmes), mais surtout, 63% de la population s’opposait à l’application du véto présidentiel.

nullFaire passer la loi par referendum avant les élections de 2015 :

 

Lors de l’ultime et intense débat qui a précédé le vote du Sénat en faveur de la dépénalisation, un sénateur du Partido Nacional, Jorge Larrañaga, a justifié son opposition au projet en déclarant qu’il « appartenait au parti de la liberté et de la défense des droits de l’homme », ajoutant que, s’il était élu président en 2015, il annulerait cette loi. Récemment, le journal Factum a publié une enquête révélant que les Uruguayens considèrent que les prochaines présidentielles se joueraient Larrañaga (PN), Tabaré Vázquez (Frente Amplio) et Pedro Bordaberry (Partido Colorado), tous trois détracteurs de la récente loi. La pérennité de cette loi est donc pour le moins incertaine. On peut cependant espérer que si le référendum exprimait la volonté populaire de voir cette loi appliquée, le prochain président se verrait obligé de respecter, cette fois au moins, le processus démocratique.

Cette loi ne s’appliquera qu’aux citoyennes uruguayennes (et etrangères résidente en Uruguay depuis plus d'un an). Pendant ce temps, de l’autre côté du Rio de la Plata, en Argentine, Mabel Bianco, de l’ONG Feim, tente de relancer le débat : elle espère que « les législateurs argentins s’en inspirent et se décident une fois pour toute à aborder le sujet, parce que c’est une honte que ni la présidente ni les autres élus ne considèrent ce sujet comme une question d’État. En Argentine, les femmes qui meurent des suites d’un avortement clandestin sont encore plus nombreuses qu’en Uruguay. »

Photo : Les "Anti", ont commencé une campagne pétition anti-referendum.

nullA partir du 09 décembre 2012 : Début de la mise en application de la nouvelle réglementation

 

Le 21 novembre dernier, les autorités de la santé (Junasa : Junta Nacional de la Salud) à travers son président Luis Gallo a annoncé que dans les 10 jours la nouvelle réglementation sera appliquée dans tous les hôpitaux de l’Uruguay. Leticia Rieppi, la coordinatrice de l”Área de Salud Sexual y Reproductiva del Ministerio de Salud Pública” (MSP) a suivi l’avis et a annoncé qu’a partir du lundi 3 décembre tout était prêt. Petit cafouillage au niveau des dates entre le 03, le 05, mais finalement ca sera le 09 décembre,  où tout doit normalement être mis en place dans les centres sanitaires du pays. Pour le moment aucune mutuelle privée n’a rejeté la prise en charge des nouvelles interventions pour avortement. Pourtant le « Circulo Catolico » tout comme l’Hospital Evangelico » avait présenté leurs objections a toutes prises en charge en octobre dernier après le vote au parlement, mais depuis n’ont donné aucun avis contre la décision d’application du gouvernement. On attend pourtant une réaction de leurs parts dès le 04 décembre 2012.

Les prochains jours surement d’autres nouvelles sur le suivi de la mise en place de la dépénalisation partielle de l’avortement …

Les liens sur le sujet dans la presse et la web uruguayenne :

- Sur le site FUNCEI (Fundacion Centro de Estudios Infectologicos). Docsalud.com du 03 décembre 2012.

- Sur le site du quotidien El Observador, la droite a peur que croisse le "tourisme avortif" (Du Brésil). Article du 30 nove,bre 2012 : Turismo del aborto.

- Sur le site LaRed21 Urugauy 145ème pays a accepter l'avortement. Article du 18 octobre 2012. Le Senat sanctionne définitivement la Loi.

- Sur le site des "PRO" avortement ("Fais valoir tes droits") Hacelosvaler.com.

- Sur le site du quotidien El Pais (de Uruguay) Préparation d'une "objection" de Circulo Catolico et de Hospital Evanlegico. L'objection de l'Hopital Catholique de Montevideo. Article du lundi 03 décembre 2012.

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Published by Le Petit Hergé - dans 10 - Uruguay
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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 23:00

Mise à jour : 27 septembre 2010. Article de Nabil Naamane.

 

La Guerre du papier :

 

Le 20 avril 2010, la Cour Internationale de Justice (CIJ) a rendu son verdict  dans l’affaire de l’usine de pâte à papier Botnia, une affaire également connue sous le nom de « guerre du papier » qui oppose l’Argentine et l’Uruguay depuis 2003. Buenos Aires réclamait le démantèlement de l’établissement, construit par Montevideo sur le fleuve Uruguay qui sépare les deux Etats. La CIJ a finalement estimé que Montevideo aurait dû consulter Buenos Aires avant de bâtir l’usine, mais aussi que l’Argentine n’avait pas pu prouver que Botnia était véritablement nuisible à l’environnement. Cinq jours plus tard, plusieurs milliers d’habitants de Gualeguaychu, ville située en face de Fray Bentos sur la rive argentine, ont manifesté sur un pont international pour que le démantèlement ait bel et bien lieu.

Le 28 juillet 2010, à l’issue d’une réunion entre les chefs d’Etat des deux pays - l’Argentine Cristina Kirchner et l’Uruguayen José Mujica–un accord était conclu pour évaluer l’impact environnemental de l’usine. Néanmoins, le 5 septembre 2010, une Assemblée de manifestants Argentins déclaraient : « la lutte se poursuivra jusqu’à ce que Botnia parte du Bassin du fleuve Uruguay ».

Comment est-on arrivé à un stade où les décisions étatiques ou même internationales ne sont pas écoutées ? Quels sont les enjeux de cette « guerre du papier » ? Comment deux Républiques si proches en termes de culture et de coutumes peuvent-elles se diviser autour d’un tel dossier ?

Histoire de la longue mise en route de Botnia :

 Les débuts du conflit :

 

Après une vingtaine d’année de développement de l’industrie forestière en Uruguay, et la signature en 2002 d’un accord bilatéral de protection des investissement entre la Finlande et l’Uruguay, l’entreprise espagnole ENCE reçoit en octobre 2003 la permission du gouvernement uruguayen de construire une usine de cellulose, ou pâte à papier, à Fray Bentos sur le fleuve Uruguay qui marque la frontière entre l’Uruguay et l’Argentine. Lorsque s’entame la construction de l’usine d’ENCE en octobre 2004, des manifestants de Gualeguaychu voulant éviter une pollution considérable du fleuve, se rassemblent dans un groupe de pression qu’ils nomment l’Assemblée environnementale de Gualeguaychuet organisent le blocus du pont Libertador General San Martín et de la route 136. Cet axe routier international est d’une part un prolongement de la route qui part du Chili et traverse le cône sud-américain jusqu’à l’océan Atlantique, et d’autre part la voie terrestre la plus courte joignant les capitales des deux pays, Buenos Aires et Montevideo.

En février 2005, en dépit des manifestations, l’entreprise finlandaise Botnia reçoit l’accord de Montevideo pour construire une autre usine dans la même région, à 7 km de la première. Cet investissement de Botnia en Uruguay, qui atteint 1,1 milliard de dollars, représente alors le plus gros investissement privé de l’histoire du pays. De plus, en échange d’une potentielle création de 10 000 emplois, Montevideo accorde aux deux entreprises une zone franche pendant une période de 50 ans.

Rappelons que le statut du fleuve Uruguay est régi par le traité du Río Uruguay signé par les deux Etats en 1975 qui stipule qu’en cas de projet qui affecterait le fleuve et la qualité de l’eau, les parties doivent s’informer mutuellement. 

Un incident diplomatique :

 

En avril 2005, on compte entre 10 000 et 20 000 manifestants argentins qui reçoivent le soutien de Jorge Busti, gouverneur de la province argentine d’Entre Ríos. En juillet, c’est au tour du ministre des Affaires étrangères Rafael Bielsa de se déplacer pour rencontrer les manifestants de l’Assemblée environnementale de Gualeguaychu.

Une étude de l’impact de la construction des deux usines est alors menée par la Société financière internationale (SFI). Son rapport publié en décembre 2005 indique que la qualité de l’air et de l’eau ne serait pas affectée par les projets. La SFI annonce cependant qu’elle mènera d’autres consultations pour finaliser son rapport. S’en suivent de nouvelles manifestations argentines qui non seulement bloquent le pont Libertador General San Martín, mais également un autre pont très emprunté par de nombreux vacanciers argentins rejoignant les plages d’Uruguay durant cet été (mois de décembre 2005 et janvier 2006), le pont Général Artigas reliant la ville argentine de Colon à la ville uruguayenne de Paysandu.

Dans les jours qui suivent, le contentieux se transforme en incident diplomatique : l’Uruguay accuse l’Argentine de violer les règles du libre-échange du Mercosur, et demande une intervention des autorités argentines. L’Argentine ignore cet appel, demande l’arrêt de la construction des usines et menace de porter l’affaire devant la Cour Internationale de La Haye. Le blocus routier s’étend même au troisième pont reliant les deux pays avec le soutien de mouvements écologistes (Pont reliant la ville argentine de Concordia à la ville uruguayenne de Salto).  

Des relations qui se tendent :

 

En Mars 2006, les présidents argentins et uruguayen de l’époque Néstor Kirchner et Tabaré Vasquez demandent aux protagonistes de geler leurs actions, c’est-à-dire aux argentins de lever les blocus routiers et aux uruguayens de suspendre la construction des usines le temps de trouver un accord. Mais face aux critiques de l’opposition, le président uruguayen se rétracte publiquement en déclarant que  l’Uruguay « ne négociera pas sous la pression ». Les blocus argentins reprennent alors presque simultanément. L’Uruguay menace d’avoir recours à l’OMC puisque les blocus « violent les principes de base du commerce international » et ne sont pas interdits par les autorités argentines, causant un manque à gagner estimé à 400 millions de dollars. L’Uruguay menace également de porter l’affaire devant la CIJ, affirmant que les blocus sont une violation des droits de l’homme empêchant la libre circulation des personnes et des biens.

Mais c’est l’Argentine qui fait le premier pas et porte officiellement plainte devant la CIJ le 3 mai 2006, accusant l’Uruguay de violer le traité régissant le statut du Río Uruguay en autorisant la construction de deux usines sans en discuter préalablement avec l’Argentine. Le 13 juillet 2006, la CIJ rend son verdict sur la demande de mesures conservatoires et statut en faveur de l’Uruguay car selon elle il n’y avait pas de danger imminent nécessitant la suspension provisoire de la construction des usines. En revanche, la CIJ ne se prononce pas sur la violation ou non du traité régissant de statut du fleuve. Le 9 août l’Uruguay réplique en présentant son accusation devant le Mercosur. Le 7 septembre, le tribunal compétent affirme que l’Argentine a agi « de bonne foi » et rejette les demandes de sanctions économiques, notant cependant que les blocus ont « indiscutablement affecté les économies tant uruguayenne qu’argentine ».

Photos : la cour de La Haye donne raison à l'Uruguay (cliquez pour agrandir). Pleurs coté argentin.

 

 

Des changements insensés :

 

Le 21 septembre 2006, le président de l’entreprise espagnole ENCE, Juan Luis Arregui, annonce l’arrêt de la construction de l’usine à Fray Bentos (qui avait à peine débutée), avec toutefois la volonté de déplacer le projet vers une autre région de l’Uruguay. Arregui avait rencontré des officiels argentins en juin. L’hebdomadaire britannique The Economist suggère que le gouvernement argentin a fait pression sur Arregui, probablement avec une démonstration de force de la part de Néstor Kirchner avant l’élection présidentielle argentine de 2007. Trois jours plus tard, des milliers de résidents manifestent à Gualeguaychu le long de la route 136 pour célébrer le retrait de ENCE et pour demander à Botnia d’en faire autant. Au même moment, certaines rumeurs indiquent que ENCE déplace sont site à Paysandu, toujours sur le fleuve Uruguay, en face de la ville argentine de Colón, ce qui provoque une nouvelle manifestation.

Photo : Le 12 mai 2006, Miss Gualeguaychu Evangelina Cardoso interrompt la photo officielle du IVème sommet Europe-Amérique Latine de Vienne pour brandir un panneau sur lequel on peut lire : "Basta de papeleras contaminantes". Une maniere d'attirer l'attention des photographes internationaux !

Une étude biaisée ?

 

Le 12 octobre 2006, la SFI et l’AMGI (Agence multilatérale de garantie des investissements), qui dépendent de la Banque mondiale, publient l’enquête finale sur l’impact des usines incriminées. Les deux institutions affirment que les usines sont en conformité avec leurs règles environnementales et sociales, et qu’elles généreraient d’importants revenus pour l’économie uruguayenne. Le rapport de plus de 200 pages rédigé par Ecometrix Incorporated conclut que les plans de construction et d’exploitation ne comportaient pas de risque pour la qualité de l’air et de l’eau. Les blocus argentins se durcissent alors, certains activistes à Buenos Aires appellent même leurs compatriotes à ne pas se rendre en Uruguay pour les prochaines vacances d’été. Cependant, le gouvernement argentin et le gouvernement provincial d’Entre Ríos désavouent le blocus et mettent les Assemblées environnementales devant leurs responsabilités quant à « tout dommage causé aux intérêts argentins », mais sans jamais prendre de mesure spécifique pour empêcher le blocus. Peu après, Romina Picolotti, secrétaire argentine à l’Environnement, envoie une lettre à la SFI affirmant que l’étude d’Eco Metrix n’apportait aucun nouvel élément, mais reprenait les données provenant des études environnementales conduites par ENCE et Botnia. Elle affirme entre autres que l’étude souffre d’erreurs substantielles. Malgré cela, la SFI et l’AMGI annoncent le 17 octobre 2006 qu’elles vont demander à leur direction d’approuver le financement et la garantie pour l’implantation de l’usine de Botnia en Uruguay.

Le 20 octobre, l’Assemblée de Gualeguaychu évoque la possibilité de bloquer non seulement les routes mais aussi le fleuve Uruguay pour couper l’approvisionnement de l’usine Botnia en matériaux de construction. Le 3 novembre, elle va même jusqu’à ériger un mur de 1m80 de hauteur pour bloquer la route 136. Ce dernier est détruit comme convenu pour rétablir la circulation. Le 21 novembre, les directions de la SFI et de l’AMGI approuvent un investissement de 170 millions de dollars, et une garantie à hauteur de 350 millions de dollars pour le projet. Néstor Kirchner dénonce alors « l’intransigeance » de son homologue uruguayen et affirme que l’approbation du projet par la SFI et l’AMGI est une victoire des intérêts internationaux qui considèrent la région comme « la poubelle du monde ». Il souligne que le gouvernement argentin n’interviendra pas pour arrêter les blocus.

Une réelle intoxication :

 

L’année 2007 est rythmée par les manifestations et les blocus argentins. La situation est plus préoccupante lorsque le 14 août 2007, douze travailleurs sont intoxiqués au sulfate de sodium sur le site de l’usine Botnia. Trois membres de l’Assemblée de Gualeguaychu sont eux aussi affectés. Les gouvernements des deux bords mettent en cause une apparente négligence humaine dans la manipulation de produits toxiques. Botnia maintient cependant sa date d’ouverture de l’usine pour mi-septembre. Le 16 août, trois nouveaux cas d’intoxications apparaissent.

Le 1er novembre, le ministre uruguayen Mariano Arana autorise la mise en marche de la papeterie, laquelle est suspendue trois heures plus tard par le président Vázquez, à la demande du roi Juan Carlos Ier d’Espagne, afin de faciliter sa médiation et un éventuel accord à l’occasion du dix-huitième sommet ibéro-américain.  Cependant aucun accord n’est trouvé lors de ce sommet, le gouvernement uruguayen décide alors d’autoriser la mise en marche de Botnia. Malgré une rencontre entre le roi d’Espagne et Tabaré Vásquez, le statu quo est prolongé.

L’usine produit son premier chargement le 15 novembre 2007. L’ONG écologiste Green Cross International affirme qu’après 70 jours d’activité l’air à Gualeguaychu n’est pas contaminé. La situation reste au point mort durant les années 2008 et 2009, les manifestants font plus ou moins fréquemment des apparitions sans que rien de vraiment concret ne se passe.

La situation aujourd’hui :

 

Ce conflit continue d’occuper les relations diplomatiques entre l’Uruguay et l’Argentine. Les blocus apparaissent, puis disparaissent, selon ce qu’a dit ou ce qu’a fait tel ou tel chef d’Etat, selon l’accord qui a été trouvé, ou selon la verdict de la CIJ qui a été rendu. Début mai 2010, les médias argentins et uruguayens ont versé beaucoup d’encre à propos de l’élection du secrétaire général de l’UNASUR (Union des nations  sud-américaines) : Néstor Kirchner était le seul candidat à l’élection et convoitait le poste depuis plus d’un an. Cependant il butait sur le veto de Tabaré Vásquez. Successeur de ce dernier depuis le 1er mars 2010, l’ancien guérillero José Mujica a levé le veto malgré le maintien du blocus  frontalier sur le pont de Gualeguaychu. Le quotidien uruguayen El Pais qualifiait alors cette élection de « véritable insulte à tous les Uruguayens ». Ce journal reprochait à Néstor Kirchner d’avoir été « un ennemi implacable de notre pays », menant « contre l’Uruguay une politique d’asphyxie et de domination ». Mujica s’est défendu en disant que cette élection est une pièce fondamentale dans la résolution du conflit. Mujica a multiplié les efforts, comme l’autorisation de faire entrer des techniciens argentins au sein de l’usine Botnia en vue de participer à son suivi interne.

Depuis, le gouvernement argentin a décidé de sévir envers les manifestants et membre de l’Assemblée de Gualeguaychu. Mais « le combat est loin d’être fini », comme a dit Juan Veronesi, un des activistes les plus reconnus. La relation entre les manifestants et le gouvernement est aujourd’hui on ne peut plus chaotique. Selon ce qu’a confirmé le sénateur argentin Guillermo Guastavino, l’ex président Néstor Kirchner se rendra à Gualeguaychu le 30 septembre prochain. Apprenant cette nouvelle, un des activistes les plus « durs » d’après le quotidien argentin Clarín, Juan Carlos Barrios, a déclaré haut et fort : « Ce que nous allons faire n’a encore jamais été vu ».

Photo : Le 28 juillet 2010, l'Uruguay et l'Argentine signe une étude pour que des scientifiques des deux pays travaillent ensemble pour déterminer le taux de pollution du Rio Uruguay.

Liens exterieurs :

 

- Site web de la municipalité de Gualeguaychu.

- Site web de la municipalité de Fray Bentos.

 

 

 

 

 

 

Photo : L'installation d'une usine à papier déjà en projet en 1988, mais.......elle devait s'installer en Argentine, à Gualeguaychu !

A lire dans le Petit Hergé :

 

- Uruguay : Le président Jose Mujica.(Septembre 2010).

- Elections au Brésil.(Septembre 2010).

- Hugo Moyano et la CGT.(Septembre 2010).

- La ville de Mercedes (Soriano).(Août 2010).

- Villa crespo Outlet.(Août 2010).

- Rubrique 10 : Uruguay.(Septembre 2010).

- La province de Entre Rios.(Novembre 2008).

- Le gouvernement de Tabare Vazquez (2005-2010).(Septembre 2010).



Infographie : Les trois ponts reliant la province de Entre Rios à l'Uruguay, et les deux ponts reliant la province de Corrientes à l'Etat de Rio Grande do Sul.

 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 23:00

Mise à jour : 26 septembre 2010. Article écrit par Pierre Largeas.

Mandat de Tabaré Ramón Vázquez Rosas (2005 - 20010) :

Le 31 Octobre 2004, Tabaré Ramón Vázquez Rosas devient le premier président de socialiste de l'Uruguay, dans une Amérique du Sud qui bascule pays par pays à gauche. Il est également le premier président de l'Uruguay n'appartenant pas à un des deux partis « traditionnels » de droite (partis Colorado et Blanco). Officiellement proclamé président le 8 Novembre 2004, il prend ses fonctions le 1er Mars 2005, où il annonce d’ores et déjà que ses premières mesures seront consacrées à la baisse du chômage et de la pauvreté.

Lire ensuite : Le président Jose Mujica.

Politique économique :

Sur le plan de la politique intérieure, son gouvernement mène une politique prudente mais progressiste en matière d'économie. Ainsi, entre 2005 et 2008, le salaire minimum est passé de 1 350 pesos uruguayens à 4 150 pesos uruguayens (70 à 200 dollars), tandis que la pauvreté est passée de 30,9% à 21,7% de la population. En 2010, le salaire mensuel minimum en Uruguay est de 240 USD.

Bien que son ministre des Finances, Danilo Astori, ait mis en place une politique conservatrice concernant le remboursement de la dette, le gouvernement a fait passer une loi ayant pour but de réformer en profondeur le système d'imposition en Uruguay. Danilo Astori est depuis mars 2010 vice président de la Nation au coté de Jose Mujica, on peut donc imaginer la suite de même politique économique pour le pays.

D'autre part, le gouvernement a échangé la dette envers le FMI contre une dette sur les marchés financiers, ce qui a permis d'une part de libérer l'économie uruguayenne des contraintes du FMI, d'autre part de faire passer la dette brute, en pourcentage du  PIB, de 113% à 57%.

Politique sociale :

Il lance un plan d'urgence social (Plan de Atención Nacional a la Emergencia Social, PANES) visant à répondre aux besoins les plus urgents d'environ 200 000 uruguayens. Il prévoyait l'investissement de 100 millions de dollars les 2 premières années dans divers programmes allant de l'assistance alimentaire aux soins de santé, ce qui permettait d'attribuer 30 dollars par mois à chaque bénéficiaire.

Ce plan a été particulièrement critiqué à ses débuts, et était sous la responsabilité de la ministre du développement social, Marina Arismendi, membre du Parti Communiste Uruguayen.

Tabare met également en place le plan CEIBAL, qui visait à donner un ordinateur (à 100 dollars) doté d'une connexion internet à tous les élèves du pays. En octobre 2009, les derniers écoliers ont reçu leur ordinateur, 380 000 ordinateurs ayant été délivrés, et le plan achevé.

Infographie : Coube de la pauvreté en Uruguay entre 1986 et 2007.(Cliquez pour agrandir).

Politique étrangère :

La politique étrangère de T. Vázquez obéit au même réformisme pragmatique : il s'agit en priorité d'approfondir l'intégration régionale, mais, en même temps, d'en corriger les déséquilibres et de diversifier les partenaires commerciaux de l'Uruguay pour réduire notamment sa sensibilité à d'éventuels soubresauts de l'économie argentine. Cette intégration doit être atteinte à la fois dans le cadre du Mercosur - dont il appuie l'élargissement au Venezuela, à la Bolivie et au Mexique - et dans celui de la Communauté sud-américaine des nations.

L'Uruguay rétablit aussi les relations diplomatiques avec Cuba et, rompant avec la politique pro-américaine de Batlle Ibáñez, écarte en 2006, un traité de libre-échange avec les Etats-Unis tout en signant, l'année suivante, un accord-cadre en matière de commerce et d'investissement (TIFA-Trade and Investment Framework Agreement).

Un des problèmes majeurs qu'ait rencontré son administration est le conflit actuel avec l'Argentine concernant la (oit disante) contamination du Rio Uruguay par l'usine de pâte à papier construite à Fray Bentos sur les bords du Rio uruguay.

Photo : Premier voyage d'un chef d'état Uruguayen à Cuba en juin 2008. Ici en compagnie de Raul Castro.

Les points noirs :

Il existe de nombreux points noirs dans la politique de Tabaré et certaines décisions prises par son gouvernement de l’époque ont parfois été lourdement critiquées.

En 2007, par exemple, lorsque des armes iraniennes furent chargées sur des navires de la marine uruguayenne présents au Vénézuela. Cette violation de l'embargo décidé par l'ONU provoqua une controverse internationale. Cet évènement fut également critiqué par le parti Blanco situé dans l'opposition.

Certains politiques de gauche, dont le sénateur communiste Eduardo Lorier, ont aussi critiqué l'accord donné par Vázquez à des opérations militaires prévues de longue date avec les EE.UU, les manœuvres UNITAS (exercices militaires en mer) prévues par le gouvernement Batlle, et qui étaient aussi suivies par l'Argentine et le Brésil. Ils affirmaient notamment que ces manœuvres, héritées de la guerre froide, n'avaient plus de sens aujourd'hui.

Vázquez s'était défendu à l’époque en affirmant d'une part qu'il ne pouvait revenir sur un engagement international, d'autre part que cela concernait tout autant la coopération avec les pays voisins qu'avec Washington.

Un bilan positif :

Le résultat de ces 5 ans de politique néo-libérale est une approbation de la politique de Tabaré Vazquez de la part de 60% à 70 % des citoyens uruguayens. En effet, parmi les succès du gouvernement, on peut noter la réduction du niveau de pauvreté en Uruguay (passé de 34 à 20% sur la période 2005-2008), l'augmentation de la production industrielle de 100 % entre 2005 et 2009 et d'une hausse de 33 % du revenu national par habitant ; le boom des exportations de près de 80 % entre 2004 et 2008 ; l'importante hausse du salaire moyen ; une inflation sous contrôle et la maîtrise des finances publiques ; une diminution du chômage qui passe 13 à 8% sur la même période, des améliorations dans le système de santé notoires, des investissements étrangers toujours plus nombreux, et une croissance économique soutenable malgré la crise récente.

Infographie : Tabare Vasquez remorte 71% d'opinion favorable lors d'une enquête en Novembre 2009. Enquête Equipos Mori. (30 octobre au 03 novembre 2009).

Ce que Jose Mujica doit régler :

Les thèmes encore préoccupants pour l'actuel gouvernement de José Mujica sont ceux du système fiscal et de la délinquance. Le premier, qui a permis une augmentation de la charge fiscale envers les secteurs où les revenus sont les plus élevés, démontre encore une assez grande difficulté pour le gouvernement à gérer les dépenses publiques. Le nouveau gourvernement sera t'il capable de restreindre ses dépenses ?

Bien que le niveau d’insécurité soit un des plus bas de la région, la délinquence s'est amplifiée lors des dernières années et "Pepe" Mujica en a fait son cheval de bataille lors de sa campagne électorale. Il a 5 ans pour mener une politique de prévention et prouver qu'il puisse tenir ses engagements. Lire ensuite : Le président Jose Mujica.

Liens externes :

 

- Site de Danilo Astori.

- Plan PANES.

- Plan CEIBAL.

A lire dans le Petit Hergé :

- Uruguay : Le président Jose Mujica.(Septembre 2010).

- Elections au Brésil.(Septembre 2010).

- Hugo Moyano et la CGT.(Septembre 2010).

- La ville de Mercedes (Soriano).(Août 2010).

- Villa crespo Outlet.(Août 2010).

- Métissage de Buenos Aires à l'époque coloniale.(Mai 2009).

- Rubrique 10 : Uruguay.(Septembre 2010).

- La province de Entre Rios.(Novembre 2008).

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 14:45

Mise à jour : 24 septembre 2010. Article écrit par Pierre Largeas.

"Pepe" Mujica :

 

José Mujica, surnommé «Pepe Mujica», est le 40ème président de la République orientale de l’Uruguay. C’est également le deuxième président de gauche de l’histoire de l’Uruguay, petit pays de 3,5 millions d’habitants.

José Mujica, du parti Frente Amplio (Mouvement de participation populaire) dirigé par Jorge Brovetto, a pu depuis le 29 Novembre 2009, date de son investiture, reprendre les rennes d’un gouvernement néo-libéral de gauche instauré par son prédécesseur et co-allier l’ex-président Tabaré Vazquez. Ce dernier n’a pu se présenter aux dernières élections car la loi uruguayenne interdit la réélection d’un président sortant.

José Korzeniak (ancien sénateur) et Reinaldo Gargano (ex-Ministre des Affaires Etrangères), deux membres de la coalition au pouvoir, avaient tout de même proposé en Janvier 2008 une réforme de la Constitution autorisant les mandats successifs. Réforme qui a été jetée aux oubliettes.

Tabaré Vazquez s’est donc placé en tant que soutien du gouvernement actuel: «Yo apoyo totalmente a mi presidente. Digo mi presidente porque lo votó la mayoría del pueblo uruguayo y yo lo voté. Es mi gobierno».

Avec une côte de popularité de 71% au moment des élections de novembre 2009, Tabaré Vázquez, ayant désigné José Mujica comme son successeur potentiel, a donc permis au Frente Amplio de remporter 48% des voix aux élections générales d’Octobre 2009 contre 29% pour le Partido Blanco (centre-droite) et 17% pour le Partido Colorado (droite libérale), tandis que le rival à la gauche du Frente Amplio, l’Assemblée Populaire, n'obtenait que 0,66% des voix.

Présenté comme un adepte d'une gauche modérée sur le modèle du président brésilien Lula, le nouveau président José Mujica doit composer avec son passé de guérillero et avec l’héritage politique, économique et social de Tabaré Vázquez afin de conserver son pays en aussi bon état qu’il l’a trouvé. 

 Des Tupamaros à la présidence de l'Uruguay :

«El Pepe», 75 ans, a passé quinze ans de sa vie en prison. Ex-guérillero des Tupamaros,  Mouvement de Libération Nationale qui prôna l'action directe et la guérilla urbaine dans les années 1960 et 1970, il a été détenu en tant qu'otage par la dictature de 1973-1985. Les Tupamaros reflétaient la culture nationale d’un pays démocratique et pacifique en menant des opérations où la ruse primait sur la force brutale. On sait que de nombreux Tupamaros ont préféré se faire tuer plutôt que de tirer les premiers sur des policiers ou des militaires (d’où leur image de Robin des Bois parmi la population).

 Amnistié au retour de la démocratie, en 1985, il abandonne la lutte armée pour s'engager dans la voie électorale, en co-fondant le Mouvement de Participation Populaire (MPP), qu'il dirige. En 1994, il est élu député sur la liste 609 (à l’époque d’extrême gauche, et qui regroupe plusieurs groupes autour du MPP), puis sénateur en 1999.

Dans le privé, José Mujica vend des fleurs avec sa femme, Lucía Topolansky, tandis que son langage populaire, faisant appel à des métaphores issues de l'imaginaire gaucho, ainsi que ses capacités de négociation contribue à l'imposer sur la scène politique.

A la fin des années 1990, il est élu président du Congrès uruguayen, poste qu’il occupera pendant plus de 10 ans. Réélu sénateur en 2004, il est désigné ministre de l’Agriculture sous Tabaré Vázquez. Mais à l’occasion d’un remaniement ministériel en Mars 2008, Mujica est poussé à démissionner et reprend son rôle de sénateur. Toutefois, il continue de rendre visite aux chefs d'Etat voisins (Kirchner en Argentine, alors en pleine « guerre du papier » contre l'Uruguay; Lula au Brésil,..) si bien que, s'il n'est pas alors véritablement considéré comme présidentiable en Uruguay, les autres présidents américains le considèrent comme tel.

Le 29 Juin 2009, José Mujica remporte l’investiture du parti Frente Amplio contre Danilo Astori, représentant de la tendance centriste de la coalition, pour être candidat à l'élection présidentielle. Mujica démissionnera en Mai 2009 du MPP pour devenir le représentant de l’ensemble du Frente Amplio. Le 1er Mars 2010, il devient officiellement président de la République orientale de l’Uruguay, au cours d'une cérémonie organisée place de l'Indépendance, à Montevideo, au pied de la statue du héros national, José Gervasio Artigas.

 

 

Vidéo : Bande Annonce du film : Asuncion del Pepe Mujica. (Avril 2010). Kamikaze Producciones.

Le style Mujica :

Déterminé à résoudre les problèmes sociaux de manière «politique et négociée», comme il le dit dans des lettres publiées au cours de la campagne, José Mujica prône ouvertement une adoration pour le président brésilien Lula. En Novembre 2009 encore le président uruguayen avait qualifié de «coup de génie» la décision par Lula de recevoir à Brasilia le leader iranien alors très controversé, Mahmoud Ahmadinejad. En évoquant Lula comme modèle, on comprend que José Mujica revient de loin. Il a été révolutionnaire, socialiste, mais il est maintenant disposé à faire alliance avec le centre ou la droite. Comme Lula, il est issu de la gauche radicale, son style est informel, son verbe haut et imagé, et il n’a pas de formation universitaire.

 Un patrimoine de 1.500 euros :

Son style tiens, parlons-en. L’air un peu gaucho, «El Pepe» reçoit chez lui en pantoufles, mal rasé, ou bien encore en habit de chasseur. Personnage haut en couleurs, il est certainement le président le moins attaché aux apparences que le monde actuel connaisse. En Uruguay, les hauts fonctionnaires doivent obligatoirement rendre publique leur déclaration de revenus avec tous leurs biens et en discuter devant le Conseil de Transparence et d’Ethique Publique. Celle de Mujica fait couler beaucoup d’encre, a remarqué l’hebdomadaire Semana. Il a ainsi déclaré pour toute possession une vieille Volkswagen de 1987 estimée à 1500 euros, ce qui fait de lui le plus pauvre président de la région, voire de la planète. Selon le quotidien argentin Diario Uno le président reçoit un salaire de 250 000 pesos uruguayens (environ 9500 euros) dont 70 % sont reversés à son parti le Frente Amplio et un fond de logement qu’il a créé.

L'Héritage de Tabare Vasquez :

Lire l'article spécialement consacré aux années du Gouvernement de Tabare Vazquez (2004-2010).

La politique du gouvernement de Jose Mujica :

Avec un gouvernement composé de personnalités politiques majoritairement de gauche, et plus particulièrement du parti MPP, José Mujica entame son mandat sereinement.

A l'international : Ses premiers voyages ont été le Chili et la Bolivie, afin de renforcer ses liens avec la présidente chilienne Michelle Bachelet et le leader bolivien Evo Morales, mais surtout dans le but de développer des partenariats avec ces pays où les bénéfices seraient mutuels, notamment en termes de ressources énergétiques, thème particulièrement important pour l’Uruguay selon les premiers discours de José Mujica. L'Uruguay essaye de se démarquer économiquement des deux grands (Brésil et Argentine) et signe des accords commerciaux avec les "petits" de la région (Paraguay, Chili, Bolivie).

Sur le plan national : Plusieurs groupes de réflexion rattachés au gouvernement sont en pour-parler avec les leaders des différents partis afin de penser à l’amélioration de différents secteurs comme l’énergie, l’environnement, la sécurité et l’éducation. Durant les années Tabaré, ce que l’on reprochait le plus au gouvernement était la hausse de l’insécurité traduite par l’augmentation du nombre de vols, notamment dans la capitale. Les différents accords signés par les autorités correspondantes n’ont toujours pas permis d’aboutir à un réel progrès et le président Mujica dit vouloir concentrer la plus grande part de ses efforts sur ce problème qu’est l’insécurité.

L’éducation est également l’un de ses principaux axes de développement au cours de son mandat a t’il déclaré. La continuité du Plan Ceibal est assurée par son administration et l'Uruguay sera le seul pays de la région à adopter le programme "one laptop per child". L'accessibilité globale à internet en ADSL et en 3G sur l'ensemble du territoire étant garantie par l'opérateur historique ANTEL/ANCEL.

Outre son passé de Tupamaros, la raison de la popularité de Mujica repose sur le fait qu’il s’identifie avec les Uruguayens des classes populaires. Sa dégaine de gaucho, son langage parsemé de saillies qui font mouche, son style de vie spartiate (dans ses moments libres, il cultive des fleurs pour les vendre au marché, la plus grande partie de son salaire allant à des ONG), illustrent aux yeux de la population la cohérence entre son discours et ses actes. On lui a demandé maintes fois de changer sa garde robe, de renoncer au scooter, de déménager de la "misérable" petite ferme dans laquelle lui et sa femme coulent des jours heureux en dégustant quotidiennement leur sacro sainte infusion de mate et en savourant des biscuits à la graisse. Rien n’y fait.

Sa personnalité et ses projets pour le pays expliquent que sa popularité atteignait en juillet 2009 le niveau tout à fait exceptionnel de 71%. Depuis qu’il exerce la présidence, ont été particulièrement appréciées son ouverture en direction des partis d’opposition de droite auxquels il a offert la direction de plusieurs organismes d’Etat et la solution trouvée au conflit avec l’Argentine au sujet de l’usine de pâte à papier de Fray Bentos susceptible de polluer les eaux du fleuve séparant les deux pays. Pour le reste, il s’est contenté jusqu’ici de continuer à mettre en œuvre le programme de son prédécesseur. Un manque d’initiatives qui pourrait, à la longue, décevoir ses électeurs.

Les liens externes :  

- Présidence de la République Orientale d'Uruguay.

- Ministère du tourisme uruguayen.

- Site du parti politique Frente Amplio.

- Site du canal 10 Television de Montevideo.

- Site Monte Carlo TV. Canal privé de Montevideo.

- Site Canal 5. Télévision Nationale d'Uruguay.

- Quotidien uruguayen El Pais. Plutôt de droite, proche du Partido Nacional.

- Quotidien uruguayen La Republica.Plutôt de gauche, proche du gouvernement.

 

A lire dans le Petit Herge :

 

- Rubrique 10 : Uruguay.

- Le gouvernement de Tabare Vazquez (2005-2010).(Septembre 2010). 

- Buquebus, le lien entre l'Argentine et l'Uruguay. (Septembre 2010).

- La Renault Mini 4 en Uruguay.(Septembre 2010).

- Changement en Uruguay de la numérotation téléphonique.(Août 2010).

- La ville de Mercedes.(Août 2010).

- Elections présidentielles en Uruguay en Octobre 2009.(Octobre 2009).

- Elections présidentielles au Brésil en Octobre 2010.(Septembre 2010).

- Alto Palermo Shopping à Buenos Aires.(Septembre 2010).

 

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 17:58

Mise à jour : Samedi 18 septembre 2010. Article écrit par Martin Texier.

 

Buquebus :

 

Si, un jour, vous êtes venu à Buenos Aires et que vous ayez eu envie de passer un week end à Colonia en Uruguay, vous avez surement du passer par les services de la société Buquebus pour vous y rendre.

En effet, Buquebus est née en 1981 et en 1982, sa toute première ligne, Buenos Aires – Colonia, fut assurée par le Silvia Ana. Depuis, cette activité s’est largement développée. Buquebus a, entre 1982 et 1999, fait l’acquisition de 8 nouveaux bateaux destinés aux trajets dans le Rio de la Plata, et a élargi ses activités au tourisme en créant ses propres agences et vient de créer une compagnie aérienne.

Aujourd’hui, même si l’entreprise reste avant tout une entreprise de transports, son activité s’est largement élargie. Depuis Buenos Aires, elle propose des lignes maritimes vers Colonia, Montevideo, Punta del Este et Piriapolis, où elle dispose dans chacun des ports de son propre terminal maritime. Elle est numéro un du transport sur le Rio de la Plata avec environ 80% des transports de passager vers et en provenance de l’Uruguay. On estime anuellement à 2.000.000 les passagers qui empruntent les service de cette compagnie.

Photo : Intérieur de la Terminale de Buquebus à Buenos Aires

Photo : L'Eladia Isabel, le plus gros bateau de Buquebus a son terminal de Buenos Aires.

Le développement de Buquebus :

La compagnie propose de nombreuses destinations pour des voyages en bus ou en avion, entre l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil (voir la carte). En 1986, Buquebus proposait son premier « pack voyage ». Depuis, elle est devenue une véritable agence de tourisme et investit toujours plus dans cette activité. Elle a d’abord proposé des voyages, en plus de l’Argentine et de l’Uruguay, à destination du Chili, du Brésil et du Pérou. Aujourd’hui, Buquebus détient 2500 agences de voyage.
En 2007, Buquebus a ouvert une agence à Orlando et une autre à Miami, et elle s’installe désormais en Europe… ou elle propose des voyages dans presque toutes les destinations. En décembre 2008, Buquebus a acheté la franchise exclusive pour l’Argentine d’Europcar, leader mondial de la location de voitures, et a signé un partenariat exclusif pour faciliter la location de véhicules Europcar à l’étranger des clients de Buquebus Tourisme.

On peut dire que son expansion ne s’arrête plus… ! Il devient difficile de recenser toutes les activités de Buquebus. En 2010, elle a lancé ses premières lignes aériennes  (sous le nom de BQB Lineas Aereas), à partir de Punta del Este en Uruguay. L’entreprise travaille égalemment avec Aerolineas Argentinas (dont Buquebus est devenu un actionnaire important (37% des parts), ce qui a beaucoup fait parler les médias sur la privatisation des compagnies nationales, et sur la « toute puissance » de Buquebus…). Elle a également un pied dans la construction navale, à travers une filiale du nom de Compañía de Barcos.

Buquebus est présente dans le reste du monde, non seulement à travers ses agences de voyage mais aussi en exploitant plusieurs lignes de transports à l’étranger (transport maritime en Espagne). Elle a créé des filiales dans de nombreux secteurs d’activité.

Buquebus, c’est donc à la fois des bateaux, des voyages, des avions, des voitures, des renseignements, des placements financiers, et même parfois de la politique ! (voir : Relation entre Buquebus et Kirchner)

Photo : Stand de Buquebus au Salon International du Tourisme de Buenos Aires en 2009.

Buquebus se lance sur les liaisons aériennes : BQB

Comme la société Buquebus est un tour opérateur qui monte des packs (logement excursion et déplacements). Une grande partie de ces packs incluent les visites de Colonia et de Salto pour un week end. Mais les villes de Salto et de Colonia étant distante de 340 km, un aller retour en bus devient vite trop long pour 2 jours de circuit. C’est ainsi que surgit chez les responsables de Buquebus l’idée de monter une compagnie aérienne et de créer cette première ligne uniquement pour « leurs clients ». L’extension de cette ligne aux chutes d’Iguazu en atterrissant à Foz do Iguaçu (730 km de Salto) vint tout naturellement.

Le choix de la flotte se fit sur l’ATR 72-500 d’Airbus Industrie et BQB passa la commande en 2008 de 2 appareils de 68 places. L’achat se fit officiellement en octobre 2008 pour une valeur de 38 millions de Usd. Les deux appareils baptisés le « Jean Mermoz » et le « Saint Exupery » passèrent de longues semaines à Toulouse avant d’être envoyés en Uruguay.

Finalement le premier avion fut livré le 12 février 2010.

Le 14 mai 2010, le premier vol commercial eut lieu entre Montevideo et Salto.

BQB voulait commencer à partir de Colonia et y installer son siège mais n’a toujours pas obtenu l’autorisation d’opérer à partir de cet aéroport. Il faudrait moderniser la piste et l’aéroport. La société est toujours en négociation avec le gouvernement uruguayen sur les investissements à faire de la part des deux partis. Pour le moment le siège de BQB est à Punta del Este.

Même si la societe Buquebus met en avant la demande des "Packs", on se pose toujours des questions sur la viabilité de cette première ligne (Montevideo-Salto), Salto étant une petite ville de 118.000 habitants et très peu touristique.

Depuis mai 2010, d’autres liaisons ont été habilitées Aeroparque – Montevideo – Punta del Este. De même Punta del Este relie maintenant Foz do Iguazu, Florianopolis et Porto Alegre au Brésil.

Le rêve ultime étant d’avoir une autorisation pour relier Montevideo à Madrid.

Photo : Au dessus Le "Saint Exupery" de BQB, un ATR 72-500. En dessous la carte des liaisons BQB.

Relation entre Buquebus et Kirchner : 

Il semblerait en effet que Buquebus, représentée par Juan Carlos López Mena, son dirigeant fondateur, soit très proche du gouvernement des Kirchner depuis plusieurs années. Le gouvernement avait concédé facilement plusieurs travaux et extensions de contrats pour l’occupation d’une partie de Puerto Madero pour le terminal Buquebus ; de même, le gouvernement avait aidé Buquebus lorsque l’entreprise était gênée par des mouvements de piqueteros. Quelques mois plus tard, Buquebus devenait le support officiel de la publicité pour le tourisme en Argentine, accord signé entre Lopez Meña et l’actuel ministre du tourisme argentin. Lors de la mise en place de cet accord, de nombreuses voix se sont élevées car Buquebus est déjà très présente sur de nombreuses places de l’économie argentine et est régulièrement accusée d’être un monopole, de faire preuve de concurrence déloyale, voire même de ne pas respecter la loi – cette dernière accusation datant surtout de début 2010, justement quand on parlait beaucoup du rapprochement entre Buquebus et le gouvernement.

De nombreux journaux, argentins et uruguayens l’accusent de « tout mettre en œuvre pour maintenir en place son monopole ».  Ce à quoi on peut s’attendre quand on est leader…

En réalité, s’il est incontestable que Buquebus est le leader du transport maritime dans le Rio de la Plata, ses autres activités ne sont pas leaders dans leurs secteurs... mais elles sont accusées d’être financées de façon déloyale par les gains dus au « monopole » de Buquebus dans le Rio de la Plata. Par exemple, Pluna Airlines (détenue en partie par le gouvernement uruguayen) a accusé Buquebus de financer en grosse partie BQB Airlines afin d’avoir un monopole définitif sur le transport dans la région.

Buquebus est donc une des plus grandes entreprises argentines (le nom du groupe qui détient Buquebus est Los Cipreses S.A.), qui a depuis vingt ans élargi ses activités horizontalement, et qui tente désormais de les regrouper verticalement.
Si vous voyagez dans le Rio de la Plata, ce sera sans doute une option incontournable… bien qu’il existe des concurrents comme Colonia Express.

Photo : La Terminale toute neuve de Colonia. Photo Hergé Août 2010.

Liens Exterieurs :

 

- Site web de Buquebus.

A lire dans le Petit Herge :

 

- La Renault Mini 4 en Uruguay.(Août 2010).

- Changement de la numérotation téléphonique en Uruguay.(Août 2010).

- La ville de Mercedes.(Uruguay)(Août 2010).

- La ville de Mendoza.(Avril 2010).

- Elections présidentielles en Uruguay.(Octobre 2009).

- Ray Ventura en Argentine.(Juillet 2009).

- Le Cordobazo de 1969.(Mai 2009).

- San Antonio de Areco (Prov de Buenos Aires).(Mars 2009).

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 23:06

Mise à jour : 11 mai 2014. Article original : 30 aout 2010.

La Renault 4 S dite Mini Cuatro :

 

Tout le monde connaît la “Quatrelle”, bien sur ! (Je veux dire la 4L ou plutôt la R4L ou Renault 4 Luxe). De ce coté de l’Atlantique sud, en Argentine, la bonne vielle 4L a pris du service de 1963 à 1987 sur les chaînes de montage de Renault-IKA Cordoba. Mais si on traverse le Rio de la Plata pour se rendre chez nos voisins uruguayens, là-bas on y voit un bien drôle de modèle !

En Uruguay, un modèle spécial a été conçu et monté, il s’agit de la 4S (S comme Spécial, je suppose !), car il s’agit d’une 4L deux portes avec coffre ! 2 portes, 4 vitres pour 2 banquettes et le hayon arrière changé contre un petit coffre. Allez savoir pourquoi ?

Sur ! Elle est moche et jusqu’à présent, je ne l’ai vu qu’en Uruguay ! On l'apelle aussi en Uruguay la Renault Mini 4.

Quelques photos de cette splendeur !

Photo : La Renault 4S d'Uruguay ! Cliquez pour agrandir !

Photo : Voilà un autre exemplaire de chef d'oeuvre photographié dans la ville de Carmelo (Uruguay) en août 2010. La plaque a même disparu ! Photo Petit Hergé.

Photo : Le même monstre vu de coté. Toujours à Carmelo (Uruguay) Août 2010. Photo Petit Hergé.

La société Santa Rosa Automotores :

 

Jusqu’en 1962, les voitures de la marque Renault étaient distribuées en Uruguay après être importées de France et d’Argentine par la société Enrique Abal y Cia.

En 1962, la représentation de la marque passe aux mains de la société Santa Rosa Automotores S.A. Elle rachète les succursales Abal puis à partir de 1964 en association avec la société Nordex produit pour la première fois des Renault sur le sol uruguayen. Entre 1964 et aujourd’hui, Santa Rosa a produit en Uruguay des adapatations des modèles : R4, R12, R18, R11, R9, Trafic, Express et Twingo.

 


 

Un modèle de collection :

Presque neuf, le modéle 1971 de Renault 4 S. 

 

El Renault Mini 4 (Cuatro) :

1ère carrosserie :

Ce modèle a été déssiné, développé et monté dans l'usine de l'importateur et distributeur Santa Rosa (Montevideo-Uruguay) à la fin des années 60 et tout début des années 70. On peut donc dire qu'il s'agit d'un modèle 100% uruguayen.

Pourtant une bonne partie des pièces venaient de l'usine Renault IKA de Córdoba. Comme toutes les pièces mécaniques ainsi que la carrosserie avant du modèle (mêmes pieces que la 4L classique argentine). Le reste étant fabriqué sur place. Au tout début la 4S (appelé aussi la "Renault Mini Cuatro") était livrée sans porte et avec un toit en toile. Une sorte de Citroën Mehari avant l'heure ! (Désolé pas encore de photo !)

  

2ème carrosserie :

 

 

Santa Rosa va essayer de proposer plusieurs modeles en fonctions des années et des succés. A partir de la première carrosserie, la société Santa Rosa SA a décidé de donner une carrosserie arrière et des portes avec un véritable toit, ce qui a donné tout d'abord une sorte de break deux portes. (Voir photo ci contre)

 



  

3ème carrosserie :

Toujours pas de succès, alors on coupe le break à l'arrière et on pose une porte en hayon, tout en laissant la banquette arrière. C'est le modèle 3 portes. (voir photos ci dessus)


4ème et dernière carrosserie :

C'est le modèle le plus diffusé (toutes les photos en début de sujet), à savoir 2 portes avant et un coffre à l'arrière avec une banquette arrière. Ci dessous quelques arrières de Mini 4 S. Le capot arrière horizontal bien pratique pour installer la roue de secours. 

  

Quelques autres découvertes !

 Un autre petite découverte, la Renault 4 Mini Pick Up. Aucune date, mais plutot fin des années 60 avec ce type de calandre. 

L'enquête continue !

 

Je continue bien sur à chercher des éléments de réponses à ce vaste sujet !


« Mais pourquoi avoir pondu ce modèle ? »

 

A cette question, quelques éléments de réponse en 2014 (par rapport à l'article de 2010). L’Uruguay pratiquant depuis les années 60 des taxes époustouflantes pour toutes importations de véhicules (entre autres), il ne reste plus aux Uruguayens qu’à casser leur tirelire pour s’acheter un simple modèle bas de gamme au prix d’un modèle haut de gamme à Buenos Aires. La débrouille étant de mise des deux cotés du Rio de la Plata, ainsi que l’art de contourner les règlements. Les Uruguayens ont vite fait de s’apercevoir, que les véhicules utilitaires ou même de secours ou alors ceux qui sont demi finis n’ont pas de droit de douanes à payer (ou alors très peu). Voila donc une société comme Santa Rosa SA qui comprend vite l’intérêt d’acheter des châssis de 4 L ou des 4 L utilitaires en cours de montage dans l’usine de Córdoba et de finir de les assembler à Montevideo. Comme on ne trouve pas les pièces d’origine pour terminer les 4 L à l’identique, on improvise, on fait baisser les couts de production à lancer des « séries limitées » des plus loufoques mais pas chères !  Les Uruguayens n’ont pas le choix, impossible de s’acheter une vraie 4 L Argentine, mais possible de s’acheter un hybride Uruguayen… alors va pour la 4 L Mini !

Bien entendu si vous avez des commentaires et des anecdotes au sujet de cette bonne vielle mini 4L, je suis preneur !

A lire dans le Petit Hergé :

 

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 19:03

Mise à jour : 28 août 2010.

A partir du 29 août 2010, comment appeler l'Uruguay !

 

A partir du dimanche 29 août 2010, les numéros de téléphones fixes en Uruguay passent de 7 à 8 chiffres. Très mauvaise préparation de la part de Antel (Administración Nacional de Telecomunicaciones) pour avertir les utilisateurs et surtout de les prévenir suffisamment à l’avance (la décision fut prise en mars dernier), histoire que les entreprises aient le temps de changer leurs cartes de visites et brochures !

Le basculement était prévu pour le 1er juillet, puis pour le 27 juin, finalement il a été déplacé au 29 août !

Bref à partir de 02h du matin dimanche 29 (07h du matin h.fra), on bascule sur la nouvelle numérotation.

 

Ouverture à des opérateurs privés ?

 

Officiellement on explique le passage de 7 à 8 chiffres pour disposer de 40.000.000 de lignes nouvelles, en fait le syndicat de Antel et Pit-Cnt s’opposent à ce basculement car ils y voient plutôt la possibilités d’ouvrir le marché à de nouveaux opérateurs privés.

Les préfixes 2 et 4 seront utilisés, à se demander si les 3,5,6,7 et 8 ne seront pas vendus à des sociétés privés !

Il y a 70 centraux téléphoniques dans le pays, ce qui permet de supposer que le basculement ne se fera pas sans certains soucis, puisque seuls 31 sont de dernières générations (Eriksson).

 

On estime le coût du basculement à 2 millions de Usd pour Antel et à 8 millions d’USD pour les entreprises qui devront faire suivre l’info.

Pas de changement prévu pour les lignes de portables (cellulaires).

 

Techniquement le basculement se fait de cette manière :

 

Comme autrefois en France avec le (16) qu’il fallait composer pour appeler un département différent à celui dans lequel on se trouvait, cette fois ci en Uruguay c’est le « 0 » qui disparaît. Fini ! les appels « interdépartementaux » !

 

Pour la ville de Montevideo, (et aire dite « Métropolitaine » AMM)  on ajoute le « 2 » devant l’ancien numéro.

C’est ainsi que le  204.51.99 devient le 2204.5199.

Si on appelle de l’étranger il faut donc composer le 00.598.2204.5199. Le 598 étant le préfixe international de l’Uruguay.

 

Pour la province, on ajoute le « 4 » devant l’ancien numéro (tout en faisant disparaître l’ancien 0)

C’est ainsi que le (0362) ancien indicatif de Colonia suivi par exemple du numéro 4500 devient le 4362.4500 (Que l’on appelle de Colonia même ou de tout le reste d’Uruguay)

Si on appelle de l’étranger il faut donc composer le 00.598.4372.2887.

 

Cas particulier pour le département de Maldonado (Punta del Este). Il faut toujours qu’il y ait une exception, celle là s’applique donc pour Punta Del Este qui avait déjà 8 chiffres en comptant son ancien préfixe du département (le 42), bref on ne rajoute donc aucun 4, mais on colle le 42 aux autres 6 numéros pour obtenir le numéro à 8 chiffres !

Il faut simplement maintenant enlever le (0) que l’on devait coller si on appelait Punta del Este de Montevideo par exemple.

Autrefois : (042) 44.1018 (De Montevideo vers Punta del Este)

Maintenant : 4244.1018 (De toute l’Uruguay vers Punta del Este)

 

J’espère avoir été le plus clair possible !

 

Liens externes :

- Site web Antel.

- Site du syndicat Pit Cnt.

- Quotidien El Pais de Montevideo.

 

A lire dans le Petit Herge :

 

- La Mafia Chinoise à Buenos Aires.(Août 2010).

- Franchises alimentaires argentines.(Août 2010).

- Villa Crespo Outlet.(Août 2010).

- Quand un employé gagne plus que son patron.(Août 2010).

- La ville de Mercedes (Soriano-Uruguay).(Août 2010).

- Tout ce qu'il faut savoir avant de partir.(Juin 2010).

- Musée Fortabat à Buenos Aires.(Août 2009).

- La province de Corrientes.(Octobre 2005).

 

 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 23:12

Mise à jour : 26 août 2010

Mercedes :

Département de Soriano

Uruguay

 

Mercedes : 46.000 habitants.
Dpto de Soriano : 85.000 hab.
République Orientale d'Uruguay.
Positionnement : 33°15′8″S 58°1′41″O
Altitude : 28 m.
Distances : Montevideo à 278 Km. Frontière avec Argentine (par Fray Bentos) à 31 Km. Buenos Aires à 296 Km.

De nombreuses villes se nomme Mercedes en Argentine, mais cette fois ci intéressons nous à celle située en Uruguay dans le département de Soriano.

Petite ville accolée au Rio Negro, elle n’offre pas à première vue un intérêt touristique particulier mais permet de montrer ce qu’est la vie provinciale de « l’intérieur » d’une petite localité balnéaire où le tourisme local se réveille tout juste. Loin des sentiers battus, une petite halte d’une journée permet d’en faire le tour et de sentir la lenteur d’un rythme bien éloigné à celui de Montevideo.

Photo : la Cathédrale de Mercedes. (Petit Herge août 2010)

 

Un peu d'histoire :

 

 Le village de Mercedes fut fondé juste un an avant la révolution française en 1788 par le père Manuel Antonio de Castro y Careaga. Le nouveau village prend le nom de « Capilla Nueva de las Mercedes ». Le seul autre village déjà existant dans les alentours est Santo Domingo de Soriano qui est alors la capitale du département. Mercedes se développant plus vite que Soriano, lui ravie en 1857 le titre de capitale du département. Les deux villages sont distants de 32 Km.

Un fait historique intéressant est celui du 27 février 1811 nommé le « Grito de Asencio » (L’appel de Asencio), Asencio étant une petite rivière se jetant dans le Rio Negro. En effet après la Révolution de Mayo à Buenos Aires en 1810, le pouvoir espagnol se replie sur Montevideo pour pouvoir reprendre l’offensive et renverser la nouvelle autorité « rebelle » de Buenos Aires. Mais les troupes « rebelles » venant de Buenos Aires prennent l’initiative et mettent un pied dans l’actuelle Uruguay (on la nomme alors la « Banda Oriental », où Rive Orientale du Rio Uruguay). Les troupes de Buenos Aires ne sont pas assez nombreuses et les estancieros de la régions avec leurs hommes s’unissent aux soldats de Buenos Aires pour « liberer » la « Rive Orientale » avec pour but foncer sur Colonia et Montevideo renverser le vice roi espagnol Francisco Javier de Elío. Le 24 février 1811, la ville de Buenos Aires déclare officiellement la guerre aux troupes espagnoles du Rio de la Plata, deux jours plus tard, le 26, on estime à 300 hommes le contingent de peones et estancieros s’ayant rallier à la cause de Buenos Aires pour chasser les espagnols. Le lendemain le 27 les premières actions militaires sont prises pour chasser les espagnols de Mercedes et de Santo Domingo de Soriano. A la tête de la « rébellion », Venancio Benavides qui aujourd’hui est devenu en Uruguay un héros national (le premier « libérateur » national). Le « Grito de Asencio » est donc (pour les uruguayens) devenu la date historique du départ de la libération du pays du joug des espagnols. On peut donc considérer que les villages de Mercedes et de Santo Domingo de Soriano furent les deux premiers d’Uruguay à devenir « indépendantes » de l’Espagne.

Ce qui explique la phrase inscrite sur le blason du département : "Aquí nació la Patria » (Ici naquit la Patrie)

 

La route fut difficile pour Benavides et ses hommes, puisqu’il fallut plus de 3 mois de combats pour arriver à parcourir les 176 Km qui séparent Mercedes de Colonia.

Photo : Le Parc du Castillo du Baron (Petit Hergé août 2010).

 

Les principaux points d’intérêt de Mercedes :

A l’intérieur du village :

 

Mercedes vit d’agriculture et de l’élevage de bovins et d’ovins, peu de services et pour ainsi très peu d’industries. Un embryon d’activité touristique voit le jour sous l’impulsion de la ville depuis seulement quelques années. Pèche, chasse, sport nautique. Il faut dire que la ville le long du Rio Negro est particulièrement bien placée pour offrir des balades dans une trentaine d’îles. Le choix culturelle de la ville est assez restreint, cependant ce qu’il faut voir est :

La Cathédrale Nuestra Señora de las Mercedes sur la place principale (Plaza Independencia), un peu étouffée par un horrible immeuble d'habitation qui la touche.

Le Club Nautique (club de Remeros Mercedes) sur le Rio Negro.

La Promenade le long de la Avenida Asencio. Les plus belles maisons de la ville.

Le Cimetière, à l’extrême ouest de la ville (sur l’axe de la calle Rodó). Une sorte de petit cimetière Recoleta.

La Casa Puerta, qui est le centre d'artisanat dépendant de la municipalité. Elle est située à l'angle des rues Roosevelt et Ituzaingó. Un choix intéressant en bois, cadres, cuirs, etc... Ouvert tous les jours.

La Municipalité : Bâtiment des années 50 qui n'a aucun intéret, mais qui abrite au 1er étage en haut de l'escalier principal, le "Muñeco de Piedra". (Nommé aussi el Antropolito de Mercedes, lire ci dessous). Allez y faire un saut ! Attention la Mairie n'est ouverte que l'après midi !

 

Photo : Cimetière de Mercedes (Petit Hergé Août 2010).

 

El Muñeco de Piedra : (la poupée de pierre) 

 

Statue en pierre de 6,5 Kg, haute de 48 cm, large de 13 cm, épaisse de 6 cm. La tête est haute de 15 cm et porte à la hauteur du torse une sorte de dépression, peut être pour y déposer des offrandes. Mais pourquoi a-t-elle fait couler autant d’encre ? Tout simplement parce qu’à ce jour personne ne peut déterminer d’où elle vient et qui (ou quelle peuple indien) a pu la sculpter.

On avait pensé tout d’abord à la culture guarani, puis cette hypothèse fut écartée, il semblerait que la statuette vienne de la cote sud Brésilienne (Culture sambaquiana), rapportée et perdue sur ce chemin par un marchand portugais ou espagnol à l’époque coloniale. En tout cas, rien n’est encore en 2010 confirmé, et le mystère reste entier ! Jusqu’à ce jour, la poupée de pierre de Mercedes est la seule statue anthropomorphique retrouvée en Uruguay.

 

Un agriculteur du nom de Lozada déclare le 18 avril 1892 qu’il y a plusieurs mois ses enfants ont trouvé, un jour de pluie, sur le chemin face à leur maison une statuette mal sculptée. Le gaucho a gardé la statuette chez lui mais en parle la première fois lorsque pour la fête rurale, le maire demande à chaque agriculteur de venir avec un produit de sa ferme. Le Muñeco est donc exposé pour la première fois lors de cette « Feria Rural » en avril 1892.

 

Puis la Statuette est offerte au président de la république uruguayenne Julio Herrera y Obes qui la cède à son tour au Musée d’Histoire Naturelle de Montevideo. Elle part même à Madrid pour une exposition lors des 400 ans de la découverte de l’Amérique. Voilà de nombreuses années que les habitants de Mercedes réclamaient le retour du Muñeco dans leur ville. C’est chose faite depuis mai 2007. Pour le moment la statuette est donc en exposition à la mairie et passera bientôt dans un futur Musée (Centro Histórico y Geográfico del departamento).

Photo : A droite, la statue de pierre exposée à la mairie de Mercedes (Petit Hergé août 2010).

 

A l’extérieur du village :

 

Le Castillo Baron de Muaa, qui abrite la seule Bodega de toute l’Uruguay dépendant d’une municipalité. Une sorte de Cave Municipale, les raisins viennent de la région de Colonia, et la fermentation et mise en bouteille se font sur place au Castillo. Du rouge, du blanc et du rosé ! La bodega est ouverte seulement le matin du lundi au samedi inclus.

Dans le même Castillo, sur l’autre aile, un petit musée de sciences naturelles de la région. A l’étage des ateliers plastiques ouverts tous les mercredis.

Pour s'y rendre, prendre la calle Franklin Roosevelt plein ouest, vous longez le mur du cimetière, vous continuez en suivant la route qui tourne sur la droite et passe sur un pont. Après il ne reste que 1500 m jusqu'au Castillo. On ne peut pas le manquer ! Au total à partir de la Cathedrale 3,8 Km.

Photo : Le Castillo du Baron (Petit Hergé Août 2010).

 

Liens extérieurs :

- Todo Soriano. Site web d'info sur le département.

 

Photo : Entrée de la Bodega Maua (Petit Hergé Août 2010).

 

A lire dans le Petit Hergé :

- Le quartier de Palermo à Buenos Aires.
- La calle Florida de Buenos Aires.
- Cine Teatro Ópera (Buenos Aires).
- Quartier de la City (Buenos Aires).
- Mercado de Abasto (Buenos Aires).
- Le métro de Buenos Aires s'allonge !.
- Les bars historiques de Rosario.
- Mar del Plata (Province de Buenos Aires).

 

Photo : Le premier étage du Castillo du baron (Petit Hergé août 2010).

 

Infographie : Plan de la ville de Mercedes. Cliquez pour agrandir !

 

 

Infographie : Carte du département uruguayen de Soriano. Capital : Mercedes. Cliquez pour agrandir !

 

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 02:35
Mise à jour : 23 octobre 2009

Manifestation de soutien à Mujica à Montevideo mercredi 21 octobre 2009Premier tour des élections le dimanche 25 octobre 2009 :

Nous voilà seulement à quelques jours des élections présidentielles uruguayennes. Le premier tour aura lieu dimanche prochain (25 octobre 2009). Comme près d’un demi million d’uruguayens vivent en Argentine, et en grande majorité à Buenos Aires, les grands canaux de télévisions et la presse écrite argentine nous font échos quotidiennement du développement de la campagne électorale, des enjeux et des possibles résultats.

En lice, deux gros candidats (physiquement et virtuellement) des deux principaux partis politiques du pays. José Mujica (né en 1935) représentant le Frente Amplio et Luis Alberto Lacalle (né en 1941) représentant le Partido Nacional.

Photo : Rassemblement Avenida 18 de julio à Montevideo pour le soutien à Jose Mujica. Mercredi 21 octobre 2009. 


José Mujica Tabaré Vázquez passe la main à José Mujica :

L’actuel président Tabare Vázquez ne se représentant pas (il n’en a pas le droit constitutionnellement, car un seul mandat est autorisé), il laisse à José Mujica le soin de représenter le Frente Amplio (FA). Toujours difficile dans ces pays d’Amérique du Sud de coller l’étiquette gauche ou droite, le Frente Amplio étant le regroupement de différents mouvements de centre gauche et de quelques partis minoritaires de la sociale démocratie, on aurait donc tendance à le placer à gauche de l’échiquier politique. Quant à son représentant José Mujica, il est essentiellement connu pour avoir milité contre la dictature uruguayenne (1963-1984) et semble “plus gauchiste” que ses électeurs. Le président sortant Tabaré Vázquez est au plus haut de sa popularité, 60% d’opinion favorable, ce qui permet de rassurer et de rassembler autour de la candidature de Mujica (tout de même ancien guerillero durant la dictature) un électorat uruguayen majoritairement centriste. Le passé de Mujica fait peur !

Les derniers sondages (et même les premiers, il y a déjà 6 mois) donne victorieux Jose Mujica au premier tour avec 44% des votes, il devra donc composer une coalition pour se préparer au second tour. Mais la victoire lui semble facile, et il n’y aura probablement pas de surprise fin novembre 2009. Voilà même que ces derniers jours il s’est mis en tête de pouvoir gagner au premier tour avec 50%, on peut toujours le laisser rêver !


Campagne électorale sur les ramblas de Montevideo en octobre 2009 

Jose Mujica"El Pepe", un sacré bonhomme !

Il faut reconnaitre que Jose Mujica est un « sacré bonhomme », on le surnomme « Pepe », et aura depuis 1969 participé à des actions de guérillas et de terrorisme au sein du mouvement Tupamaros (MNL). Il s’est fait prendre de nombreuses fois, enfermé, questionné comme il faut aux méthodes françaises, échappé à plusieurs reprises et recapturé. Au total, il aura passé 15 ans de sa vie sous les barreaux et entre 72 et 85 pu apprécier les saveurs de la vie carcérale sans l’ombre d’une seule journée libre.

Le 8 mars 1985 il bénéficie d’une amnistie totale de tous ces délits (politiques, communs et militaires) et continue sa lutte de manière tranquille en démocratie en fondant Le MPP, Mouvement de Participation Populaire (Movimiento de Participación Popular). Je ne vous cache pas qu’il était « plutôt » de gauche ! En 1994, il est élu député de Montevideo en intégrant son parti au Frente Amplio, et en 1999 devient même sénateur.

Bref, le voilà respectable, quoique des fois il se lache au micro devant un auditoire ou à la télévision, il sort quelques phrases bien placé qui font échos sans tarder dans la presse du lendemain. Mais avec les années, il a mis de l’eau dans son vin.

Lors des élections de 2004, il a obtenu le plus important nombre de votes pour son MMP parmi l’ensemble de tous les mouvements faisant partis du Frente Amplio (FA), ce qui lui a  valu le privilège de devenir « LE » représentant le plus légitime du FA. D’ailleurs dès 2005, le président Tabare le nomme ministre de l’agriculture.

Pas facile ni évident de convaincre la multitude de petits partis que représente le FA pour imposer l’idée de le nommer représentant et candidat aux élections de 2009 !


Campagne festive sur les ramblas de Montevideo
Photo : La campagne electorale aux airs de fête sur les ramblas de Montevideo en octobre 2009.

Luis Lacalle elections 2009Luis Lacalle : Le retour !

Second parti, celui de Luis Lacalle, ancien président du pays entre les années 1990 et 1995, crédité cette fois pour dimanche prochain de 30 % des votes. Il représente le Partido Nacional, surnommé el Partido Blanco. Son action depuis l’élection de Tabare en 2005 est une opposition systématique de la politique actuelle du pays. Comme toujours il est plus facile de critiquer lorsqu’on est hors du gouvernement, plutôt que de prendre la responsabilité d’erreurs qui furent commise lors de son mandat. (Forte augmentation des impôts en 1990, dévaluation accélérée du peso uruguayen au début des années 90, perte du pouvoir d’achat des salaries, mise en place d’une politique de privatisation de certaines entreprise et de services, et hyper inflation : 100% d’inflation en 90-91).

Bien qu’il soit politiquement dans l’opposition, il ne faut tout de même pas le taxer de prôner une politique de droite pure et dure, il ne faut pas oublier que durant la dictature, il fut arrêté en 1973 et passa quelques semaines dans les prisons, continua à militer dans la semi clandestinité pour ses idées  et échappa à un attentat en 1978. En fait il représentait au tout début de sa vie politique une des mouvances de son parti national, surnommé « l’herrerismo », reprenant les idées de son grand père Luis Alberto de Herrera,  

Toujours est il, qu’il faut tout de même reconnaitre que Lacalle pu « moderniser » et dynamiser l’économie pendant son mandat, on passa d’un système d’un Etat protectionniste à celui d’une démocratie de libre économie. Impossible de juger sa politique clairement sans pour autant prendre parti. En ces années 90-95 ses détracteurs  le qualifiaient de « liquidateur », ses suiveurs de « rénovateurs ».  Si on peut se permettre une comparaison, la politique économique de Lacalle fut semblable à celle de Menem en Argentine (avec moins d’erreurs !). D’ailleurs tout comme le président argentin, on releva par la suite quelques « irrégularités »dans quelques privatisations, comme celle de la banque Banco Pan de Azucar qui fit surface en 1995. Entachant des proches et des personnalités du gouvernement, le nom du président Lacalle fut cité, mais aucunes preuves ne purent être apportées.

Bref, en cette année 2009 et pour ces prochaines élections, les uruguayens ont de la mémoire, et  le passé de Lacalle le rattrape ! Ses chevaux de bataille pendant la campagne : Normalisation des relations avec l’Argentine (après l’affaire Botnia), la sécurité, rapprochement avec le Etats Unis sur les dossiers économiques, et rappeler aux uruguayens que le FA de Tabare va se convertir en FA de Mujica aux « idées communistes ».


L'Uruguay aux urnes !La démocratie, la grande gagnante :

L’Uruguay en cette année 2009 est certainement bien plus démocratique que l’Argentine, d’ailleurs  es politiques de tous les partis politiques uruguayens n’ont pas peur de dire le mal qu’ils pensent de la politique des Kirchner en Argentine. La politique de Buenos Aires est même devenue pendant les débats de campagne le contre-exemple en matière d’économie, agriculture, économie à ne pas suivre ! Même la chasse aux sorcières dans les medias argentins les fait sourire.

En Amérique du sud, en ce moment il y a deux camps, les démocraties populistes à tendance totalitaire et populiste, comme le Venezuela, l’Equateur, et la Bolivie. Et malheureusement dans une moindre mesure j’y rangerais l’Argentine. Et puis les démocraties modernes, sérieuse ou l’alternance et le dialogue coexistent, comme le Brésil, Le Chili et l’Uruguay !


Les couleurs du Frente AmplioLiens extérieurs :

-
Quotidien de Montevideo, La Republica.
- Quotidien de Montevideo. El Pais.
- Site web du Frente Amplio.
- Site web du candidat Lacalle.
- Site web du Partido Nacional.
- Site web du canal de television Tele Doce.

Dictature uruguayenneD'autres articles du Petit Hergé :
- Les vols de la mort en Argentine.(Octobre 2009).
- Histoire et politique en Argentine.
- Elections présidentielles argentines de 2007. (Octobre 2007).
- La crise du campo argentin de 2008. (Mars 2008). 30 articles.
- Le décès de l'ancien président Raul Alfonsin. (Avril et Mai 2009). 5 articles.
- Juan Domingo Peron. (Mars 2009). 2 articles.
- Le Cordobazo de 1969. (Mai 2009)
- Chili : Coup d'état du 11 septembre 1973. (Septembre 2008).
- Coup d'Etat du 24 mars 1976. (Mars 2009).

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 13:03

Mise à jour : 23 septembre 2010.

Rubrique 10 : Uruguay

 

Au fils des articles, j’ai senti la nécessité d’agrandir l’horizon de mon site à quelques sujets n’ayant pas un rapport direct avec l’Argentine mais son voisin l’Uruguay.

Nous sommes voisins, et nous oublions que ce pays n’est qu’à 50 Km de Buenos Aires. Autrefois ces deux pays étaient unis dans le Vice Royaume du Rio de la Plata, puis dès 1810 toujours ensembles dans la Confédération des Provinces Unis du Rio de la Plata, c’est en 1816 qu’elle se fait envahir par les troupes portugaises et qu’elle se détache définitivement de Buenos Aires.

3 ans de lutte entre 1825 et 1828 pour gagner son indépendance face au Brésil avec l’aide de renforts provenant de Buenos Aires et en 1828, l’ancienne province orientale du Rio de la PLata libéré des brésiliens préfère devenir autonome plutôt que de réintégrer la Confédération des Provinces Unis, l’Etat Oriental d’Uruguay devient une nation à part entière.

Jaloux les uns des autres :

Toujours un peu jaloux de cette séparation, les argentins les plus nationalistes considèrent un peu l’Uruguay comme une « province argentine » qui n’aurait jamais réintégré la famille des autres provinces unies. De l’autre coté de la rive du Rio de la Plata, les uruguayens sont justement très fiers de cette différenciation et clame haut et fort à tout propos les bienfaits de n’avoir jamais appartenu à la Republica Argentina. Guerres de clocher pour certains, intérêts de la plus grande importance pour d’autres, l’histoire du XXème et maintenant du XXIème siècle est là pour nous rappeler que les deux pays n’ont jamais arrêté de se « chamailler » sans heureusement en venir aux mains. Les dictatures sont passées, la démocratie est arrivée sur les deux bords du Rio et on continue encore à se chercher noise. La dernière en date, l’affaire de l’usine à papier de Fray Bentos, et les relations personnelles exécrables entretenues entre Cristina Kirchner et Pepe Mujica.

 

 

Vidéo : L'Uruguay vue du ciel. Vidéo du Ministère du Tourisme Uruguayen. 4 mn 31 s. (2010).

Los Hermanos !

 

Des centaines de milliers d’uruguayens vivent à Buenos Aires, des centaines de milliers d’Argentins ont une maison à Colonia ou à Montevideo et Punta del Este comptent en été plus d’argentins que d’uruguayens. Un mélange de deux nations, une langue commune appelée le rioplatense, des habitudes similaires réunies autour d’un mate, les montevideanos ne ratent pas un seul Boca-River et sont scotchés aux novelas des télévisions argentines, bref de pres ou de loin, impossible de distinguer un uruguayen d’un argentin.

Quand le ciel est dégagé, ils se nomment hermanos, quand le ciel noircit, il redeviennent Uruguayens OU Argentins. Un amour, une jalousie, un agacement, une passion entre les deux !

Le sentiment rioplatense :

 

Parler de l’Uruguay, c’est parler du Rio de la Plata. Entre Montevideo et Buenos Aires seulement 200 km. Le tango est rioplatense, impossible de savoir si il est né à l’est ou à l’ouest du Rio. On ne parle pas de la culture uruguayenne ou bonaerense, on parle de la culture rioplatense

L’uruguayen sait ce qu’il se passe à Buenos Aires, comme le porteño est au courant de ce qui se passe à Montevideo. L’économie des deux pays est totalement liée.

On dit que l’Argentine et que les argentins sont souvent un mystère pour les autres, allez tâter de l’Uruguay et de l’uruguayen, vous vous apercevrez que si Kafka passe ces week-end à Buenos Aires, il préfère habiter en semaine à Montevideo !

Traiter ce pays, c’est entrer dans une visite des plus passionnantes, c’est ce que je vous invite à faire !

A lire dans le Petit Hergé sur l'Uruguay :

 

Encore bien peu de sujets traitant l’Uruguay, les voici :

- Buquebus, le lien entre l'Argentine et l'Uruguay.(Septembre 2010).

- La Renault Mini 4 en Uruguay.(Septembre 2010).

- Changement en Uruguay de la numérotation téléphonique.(Août 2010).

- La ville de Mercedes.(Août 2010).

- Elections présidentielles.(Octobre 2009).

- Le président de la République Uruguayenne Jose Mujica. (Septembre 2010).

- Le gouvernement de Tabare Vazquez (2005-2010).(septembre 2010).

 
 

 

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