02 - Tourisme

Mercredi 10 septembre 2014 3 10 /09 /Sep /2014 16:49

Mise à jour : 10 septembre 2014. Article écrit par Matthias Cheval.

Le Bar El Federal : 

Au cœur du quartier de San Telmo, le bar El Federal est l’un des cafés les plus vieux de la capitale argentine. Reconnu par la municipalité comme faisant partie de ces « bares notables » depuis 2004. C’est un café dont l’importance culturelle, historique et architecturale en fait l’un des points d’intérêts majeurs de la zone. Situé au coin de Perú et Carlos Calvo, dans l’un des bâtiment resté inchangé depuis sa construction en 1864, le bar mérite que l’on s’y arrête le temps d’un plat, d’un café ou d’une pâtisserie, pour s’imprégner de l’atmosphère d’un lieu chargé d’histoire, témoin des grands épisodes de l’évolution de la ville portègne et des changements sociaux majeurs qu’a traversé le quartier, et tout simplement pour prendre une pause et profiter de son atmosphère agréable et détendue (« buenaondas » comme on dit ici).

Photo : El Federal fait réference à un soldat des troupes fédéralistes reconnaissable à sa "gorra" rouge. La guerre en Argentine entre les fédéralistes et les unionistes débuta en 1826.  

Les fievres jaunes de San Telmo :

Le bâtiment abrite à l’origine une épicerie (on disait autrefois « Pulperia »). A l’époque, en 1854, San Telmo est déserté par la haute bourgeoisie portègne qui l’habitait originellement, le quartier s’appauvrit irrémédiablement. Les épidémies de fièvre jaune de 1852 à 1858, résultat de l’absence d’égouts et de systèmes sanitaires dans le Buenos Aires post colonial, touche particulièrement le quartier, qui reçoit tous les déchets (et cadavres d’animaux) déversés dans le Rio de la Plata du fait de sa situation géographique (en aval). Le quartier commence à attirer les émigrés les moins fortunés et les maisons closes. Mais c’est en 1871 que la plus grosse épidémie de fièvre jaune arrive ; l’épicerie est contrainte de fermer du fait de l’absence de clients et de l’insalubrité générale. Les morts se comptent par milliers, la municipalité se voit contrainte d’acheter un terrain de sept hectares en dehors de la ville, dans l’actuel quartier de Chacarita (et qui deviendra le cimetière de l’ouest ou cimetière de Chacarita) afin de fournir une ultime sépulture aux 14.000 malheureux qui n’ont pu survire à la maladie. Apres l’épidémie, l’établissement rouvre ses portes, alors que le quartier n’est qu’un plus qu’un rassemblement de maisons désertées et de familles ravagées par la mort et la pauvreté. 

    

De Pulperia à Bordel pour redevenir Bar :

Quelques années plus tard, l’épicerie ferme à nouveau ses portes ; l’édifice occupe brièvement la fonction de bordel, avant de se reconvertir en distributeur de boissons ; mais selon Leonardo Busquet, coordinateur du groupe « Los Notables » (qui possède, outre El Federal, quatre autres bars reconnus d’intérêt culturel dans la ville), c’est seulement au début du XXe siècle que l’établissement prend définitivement la forme d’un café. Le grand bar en bois avec son arcade recouverte de vitraux et surplombée d’une horloge, date de 1904. Le lieu à l’ambiance bohème attire les artistes, comme le dramaturge, cinéaste et compositeur argentin Enrique Santos Discepolo, client régulier pendant toute sa vie. Toutefois, l’établissement étant situé en plein cœur d’un quartier pauvre, il sera contraint de fermer plusieurs fois ses portes durant son histoire. Il rouvre en 1950 et prend le nom de Bar El Federal dans les années 70. La dernière fermeture remonte à 2001, pendant la terrible crise économique. Il survivra toutefois à la dictature militaire de 1976-83 (officiellement appelé processus de réorganisation nationale), période durant laquelle le maire de Buenos Aires, Osvaldo Cacciatore, se rendit responsable de la destruction d’une grande partie du patrimoine architectural de la ville.

Le bar conserve ainsi, et ce jusqu’à aujourd’hui, son aspect originel, à l’intérieur comme a l’extérieur. En 2004 commence l’initiative municipale « bares notables » ; El Federal est toute de suite reconnu comme lieu d’importance historique, culturelle et architecturale par la municipalité et par son ministère de la culture. La « récupération » du quartier a alors déjà commencé depuis les années 1970 avec la création de la Feria du dimanche ; depuis, San Telmo est devenu une sorte de mélange étrange, entre nouveau pôle d’attractions touristiques un peu bobos rempli d’auberges de jeunesse, de boutiques, bars et restaurants pour touristes étrangers, et ancien quartier très populaire de squatts (a la limite de poches de villas miserais) ou s’entassent boliviens et péruviens.

Plusieurs scènes de films argentins ont été par ailleurs tournées au El Federal, comme “Cafetín de Buenos Aires”, “El Tango cuenta su historia”, “Custodio de señoras” ou bien “Desde el Abismo”.

Un décor digne de 1900 :

L’intérêt premier du bar réside dans son décor d’époque. Le bâtiment est un bel aperçu de ce que pouvait être la ville à la fin du XIXe siècle, immeubles à un ou deux étages, balcons à l’européenne. L’entrée du croisement entre Carlos Calvo et Peru fait suite à un petit couloir bordé de part et d’autre de grandes vitrines, où l’on peut déjà admirer une collection de bouteilles d’hier et d’aujourd’hui et d’objets d’époque, boites de thé ou de biscuits. Les vieilles portes battantes laissent entrevoir un intérieur boisé, et il suffit de pousser les poignées en cuivre pour constater que rien ne semble avoir bougé : chaises, tables, un carrelage au sol qui parait avoir subi le poids et les frottements du mobilier au fil des ans. Sur les murs sont accrochées de vieilles affiches publicitaires, vantant les mérites de la berline Argentine Carabela, des biscuits Bagley ou du fameux Fernet Branca. Au centre, le gigantesque bar en bois étonne par la sorte d’arcade qui le surplombe, ornée d’un vitrail centenaire et couronné d’une grande horloge ; il semble anormalement bas, les chaises qui l’entourent ne sont pas plus élevées que celles des tables, et pour cause, derrière, le sol y est légèrement plus bas. Sur le dessus, les facturas du jour. Derrière, d’immenses étagères occupent toute la surface du mur, une impressionnante collection de vieilles bouteilles encore scellées donne un aperçu de ce que l’on pouvait y boire il y a une centaine d’années. Elle jouxte un important stock de vins, liqueurs, bières industrielles et artisanales, locales et importées. Sur le plan de travail trônent une imposante machine à trancher le jambon, d’immenses fromages encore entiers, des pots remplis d’olives, de cornichons et de fruits secs. Sur le plafond peint en rouge sont successivement suspendus ventilateurs et luminaires, dont le faible éclairage n’est que modestement compensé par les lampes en cuivre fixées au mur. Des futs de Quilmes encombrent légèrement le passage. 

    

Aussi un peu d'expos, du théatre et de la musique :

La deuxième salle, parallèle à la première, est le lieu d’expositions temporaires ; en Aout 2014, ce sont des photos prises dans le café par un photographe local, Sergio Gasali, qui habillent les murs. Les étagères accueillent des objets venus d’un autre temps : un vélo pour enfant, des radios, une balance à deux fléaux… Au fond, un deuxième bar derrière lequel se poursuit la collection de vielles bouteilles, dessus, une belle et imposante caisse enregistreuse et une vielle machine à trancher le jambon. Des chorizos de toutes les tailles et de toutes les formes sont suspendus au plafond. Un petit portrait du Che est suspendu dans le coin. Les boites en carton qui y sont entreposées, le projecteur et l’écran entrent dans la liste et laissent penser que cette salle sert plutôt aux quelques événements qu’abrite l’établissement à l’occasion. En plus des expositions temporaires qui y sont organisées, des projections et des groupes viennent parfois jouer de la musique. Quelques affiches renseignent sur les événements culturels en cours ou à venir, des expositions ou pièces de théâtre.

L’atmosphère y est très détendue. De vieux habitués passent le temps à échanger leurs souvenirs autour d’un café accompagné de facturas, des couples s’y donnent rendez-vous, des fidèles viennent se jeter dans la lecture du Clarin au petit matin et quelques « gringos », touristes de passage viennent souffler un peu après une visite extensive du quartier. Les clients viennent à toute heure de la journée, pour le petit déjeuner, le café, un repas... La carte est épaisse, on trouve au El Federal à peu près de tout ce que la gastronomie portègne peut offrir, sandwiches, pizzas, viandes, poissons, salades… le tout pour des prix très corrects, et des portions copieuses. Le bar brasse également sa propre bière. Les serveurs sont très cordiaux, et l’ambiance générale du bar est agréable. A toute heure de la journée, faible volume de musique pour agrémenter l’ambiance.

Les conseils du Petit Hergé : 

La visite du quartier de San Telmo peut donc aisément se compléter par un passage au Bar El Federal, relique du vieux Buenos Aires et du San Telmo d’antan, à une époque ou le « bourgeois » n’y mettait plus vraiment les pieds. Assis à l’une des vieilles tables du café, on peut s’imprégner de son ambiance particulière et chargée d’histoire, et profiter de son atmosphère agréable et détendue, de sa bière maison et de sa cuisine tout à fait satisfaisante.

Situé au numéro 599 de la calle Carlos Calvo, au coin avec Peru, le bar est ouvert tous les jours à partir de 8h, jusqu’à la fermeture, à une heure variable du soir. Fin Aout 2013, comptez 1 euros (17 pesos) pour un café, 46 pesos pour une milanesa seule, 82 pesos pour un bife de chorizo seul, à partir de 35 pesos pour un sandwich et à partir de 40 pesos pour une Pizza.  

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Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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