Mise à jour : 18 avril 2012
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Voila une province que l'on croit connaitre car les guides ne vous parlent que des chutes d'Iguazu et des ruines jésuites de San Ignacio, pourtant la Provincia de Misiones regorge d'autres attraits touristiques. C'est ce que je vous propose de découvrir. Comptez une bonne semaine, ou même une dizaine de jours sur place pour connaitre la province. Si vous louez une voiture (ce que je recommande toujours) pour parcourir la province comptez faire un circuit de 1.500 km. Si vous voyagez en bus, il faut être un peu plus patient mais y a de nombreuses compagnies qui peuvent vous emmener dans tous les villages. N’oubliez tout de même pas que c’est une province où il pleut très souvent ! Pluies fortes et soudaines et laissant place ensuite à un beau soleil. Si vous n’y allez que 2 ou 3 jours c’est un peu la roulette russe, vous pouvez « mal tomber » et rester bloqués à l’hôtel, car visiter sous une pluie torrentielle ce n’est pas vraiment le mieux ! Pour exemple sachez qu’à Paris il pleut en moyenne 600 mm par an, à Puerto Iguazu 1900 mm ! |
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Infographie : A gauche carte physique de la province de Misiones. A droite, carte politique. Cliquez sur les cartes pour les agrandir. |
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La région est connue par les espagnols depuis 1541, mais il faut attendre l’arrivée des jésuites en 1609, pour que ceux-ci commencent à s’occuper de la culture guarani (connaissance de la culture du mate entre autre), les évangéliser et leur enseigner, culture, élevage, architecture, musique, etc… C’est la fondation de plus de 30 missions par les religieux qui développent la région alors nommée « Gobernacion de las Misiones Guaranies ». Le terrain d’action des jésuites est alors immense et comprend non seulement ce qui est aujourd’hui la province de Misiones, mais aussi la partie nord est de la province de Corrientes, toute la frange est du Paraguay ainsi que les territoires appelés Misiones Orientales, qui représentent aujourd’hui presque la totalité de l’état Brésilien du Rio Grande do sul et de l’ouest de l’état de Santa Catarina. En 1767 les jésuites sont expulsés sous l’ordre du Roi d’Espagne et cette date marque la fin de l’âge d’or de la province qui connaitra pillages, invasions des portugais et ensuite des brésiliens. Les guerres d’indépendance du Rio de la Plata de 1810 continueront à affaiblir l’ordre de Buenos Aires sur cette région. Entre 1820 et 1830 ce sont des invasions brésiliennes qui annexent toute la partie orientale des Misions à l’Empire du Brésil et ensuite à partir de 1834 ce sont des guerres contre le Paraguay qui termine de mettre à mal la province. Les Paraguayens occuperont jusqu’en 1865 certaines parties de la province. Il faut attendre 1881, pour que la province de Misiones (alors appelée Territoire de Misiones) se détache de la province de Corrientes et acquiert un semblant d’autonomie. Le territoire est alors totalement dépeuplé en raison d’un siècle de guerres presque ininterrompues. En 1895, le Brésil met encore la main sur un territoire gigantesque à l’est du rio San Antonio, Misiones perd alors 30.000 km2 en faveur de l’état de Santa Catalina et du Rio Grande do sul. Enfin en 1953, le Territoire devient officiellement Province de Misiones. Photo : La mision jésuite de San Ignacio. Photo Petit Hergé octobre 2012. |
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Photo : On en croise toujours sur les routes de Misiones. Influence de l'Europe Centrale. |
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Après les guerres du XIXème siècle et la presque disparition de toute la population, l’Argentine ouvrent ses frontières, et dès 1881 (année de la création du territoire de Misiones) peuple la province de colons européens. Ce sont des colonies d’origine allemande, russe, ukrainienne, polonaise, scandinave et d’Europe Centrale qui viennent créer des villages. Il n’est donc pas rare de voir à Misiones des « misioneros » aux traits slaves ou germaniques. D’où un intérêt de s’attarder à découvrir une gastronomie folkloriquement déconcertante où certains plats d’Europe centrale se sont argentinisés, ou des plats à base des très nombreux poissons des rios se sont retrouvés cuisinés de manière originale. La ville de Apostoles, par exemple, est une création des polonais, tout comme les villages de Puerto Rico et de Montecarlo par les allemands, Concepcion de la Sierra par les ukrainiens, etc… La population de Misiones est aujourd’hui (Estimation 2012) de 1.250.000 habitants, souvent concentrés dans les villes. Les plus importantes sont : Posadas (300.000), Puerto Iguazu (90.000), Obera (60.000), Eldorado (60.000), Monte Carlo (40.000), Leandro Alem (30.000)., Aristobulo del Valle (25.000), San Pedro (25.000). D’après le recensement de 2010, il y a dans la province, 13.000 personnes se déclarant guarani (ou descendants de guarani). Il y a 44.000 étrangers installés à Misiones, dont une majorité de paraguayens (27.000) et de brésiliens (13.000), il y a seulement 2.000 européens (essentiellement allemands et espagnols). La pluparts des émigrants européens ont double nationalité et se déclarent argentins lors des recensements, ce qui altère un peu les statistiques. Photo : Enfants Guaranis à Misiones. |
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Photo : Argentins d'origine ukrainienne dans la ville d'Obera lors d'un défilé. |
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Vidéo : Vous ne rêvez pas, vous êtes bien à Misiones dans la ville d'Obera. Avril 2011, Fête Nationale de l'émigrant. |
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Photo : Les chutes de Mocona dans le Parc Provincial de Mocona |
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L’économie « misionera » ne génère que 1,5% de l’économie argentine (pour 2,7 % de la population nationale), elle reste faible et la province reste une province pauvre. Elle a su tout de même se développer avec un taux de croissance annuel de 5 % pendant 16 ans (de 1991 et 2007). Par secteur, les services (dont le tourisme) représentent 56% du produit brut, suivi à 20 % par la construction, 15% l’industrie manufacturée (dont pate à papier) et 6% l’agriculture. Le tourisme est donc le moteur principal de la province, en entrées directes fiscales, en création de poste de travail, mais aussi permet de développer la construction, hôtellerie, infrastructures, aéroports, etc… 2 millions de touristes sont venus dans la province en 2012 (dont 1.350.000 seulement pour les chutes d’Iguazu), on peut faire un raccourci en disant que les chutes d’Iguazu sont la principale industrie de la province. Ce n’est malheureusement pas suffisant car la province s’autofinance qu’à hauteur de 21 % (Pour info les provinces riches comme celle de Buenos Aires ou celle de Santa Cruz s’autofinance à 51% et la ville de Buenos Aires à 88%), le reste venant dans un système fédéral de la Nation. L’activité agricole de la province est concentrée sur la Yerba mate, le thé, le citron, le bois, et toute l’industrie de la pate à papier et du bois de construction. La Yerba mate se cultive sur 160.000 hectares dans la province, elle est concentrée dans les départements de Obera, San Ignacio et Apostoles. Le thé occupe 50.000 hectares dans les mêmes départements que ceux du mate. Autre culture importante, le tabac, 24.000 hectares plantés dans les départements de Guaraní, 25 de Mayo, Cainguas, L.N. Alem et Gral. Belgrano. Enfin l’industrie forestière qui occupe a elle seule, 300.000 hectares dans les départements de San Pedro, General Manuel Belgrano, Iguazú, Eldorado, Montecarlo, Guaraní, 25 de Mayo, Cainguas et Libertador General San Martín, c’est à dire toute la moitié nord de la province. Le bois le plus produit est le Pino Parana qui est un pin originaire de la région, ainsi que le pin Elliott, originaire de la Louisiane et du Mississipi et qui s’est parfaitement acclimaté à Misiones. On plante aussi de nombreux eucalyptus. Autrefois Misiones produisait de nombreuses oranges mais celles-ci furent remplacées par les citrons, mandarines et pamplemousses. La production de ces citriques est faible (3% du pays). Ils sont destinés soit à la consommation locale, exportés aux provinces voisines (Corrientes), ou alors pour l’élaboration de jus de fruit. Le Tung est un arbre originaire de Chine qui est cultivé pour extraire les graines de ses fruits avec lesquels on obtient de l’huile. La production d’huile de tung de Misiones est destinée presque exclusivement à l’exportation surtout vers les Etats-Unis et les Pays Bas. L’élevage est assez restreint dans la province, presque exclusivement des bœufs Shorthorn, Hereford, Aberdeen Angus et Holandaise mais surtout le zébu qui convient totalement au climat misionero. |
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Vous aurez compris, la province de Misiones en plus de vous proposer les chutes d’Iguazu, a le privilège de pouvoir compter au moins une bonne vingtaine de parcs provinciaux peuplés d’animaux et d’especes végétales propres à chaque site. Le centre de la province vallonnées et boisées dans le nord contraste avec le centre et le sud plus peuplé et agricole. C’est l’occasion de visiter des établissements « yerbatero », ou des estancias spécialisées dans le thé, la culture des citrons ou l’élevage des zébus. Coté vielles pierres, une douzaine de missions au sud de la province dont au moins 4 valent une visite. Autre intérêt, l’émigration de l’Europe Centrale qui apporte à chaque village sa spécificité, les habitants en sont fiers et chaque localité abrite un musée de l’émigration où vous pouvez vous replonger dans le début du XXème siècle. Gastronomie liée au Rio Parana, pisciculture et pêche dans les eaux des très nombreuses rivières. Mélange du monde guarani, de l’Europe Centrale et des habitudes argentines qui ont déjà été influencées par le Brésil tout proche. C’est magique ! |
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