02 - Tourisme

Samedi 5 avril 2014 6 05 /04 /Avr /2014 18:00

Mise à jour : 05 avril 2014.

Quartier de San Telmo  :

 

 Certainement un des quartiers les plus touristiques de Buenos Aires. Pour le meilleur et pour le pire. Inutile peut être ici de revenir sur mes gouts personnels et de vous dire que ce n’est pas un quartier qui m’emballe particulièrement, mais il est important de dire qu’il faut tout de même y aller. Il a l’avantage d’être dans le centre, donc d’un accès des plus faciles pour le découvrir et qu’il est assez restreint et urbainement homogène, ce qui permet d’avoir assez rapidement une vue d’ensemble sur ce que fut San Telmo et sur ce qu’il est devenu. 

Photo : La Feria de la Plaza Dorrego à San Telmo chaque dimanche matin.

Une première approche : Nettoyage des clichés.

Comme tout quartier touristique, énormément de clichés enveloppent San Telmo, la plupart du temps, mis en place par les services même de la ville de Buenos Aires afin de promouvoir le tourisme et plus particulièrement le tourisme étranger. (Les touristes argentins, ne vont que rarement à San Telmo). Puis ensuite repris par tous les guides étrangers (Petit Futé, Routard, Michelin, Géo, Lonely,…). Donc avant d’aborder les aspects de ce quartier, commençons par  le nettoyer de ces clichés, cela vous facilitera la compréhension et puis ensuite la visite.

San Telmo est le quartier le plus ancien de Buenos Aires : FAUX.

San Telmo n’était pas en ville au XVIIIème siècle, mais était un faubourg hors la ville. Les plus anciens quartiers sont ceux de Montserrat et de San Nicolas, mais comme ceux-ci à partir de 1880 ont connu de grosses démolitions  pour édifier le quartier de la City, il ne reste plus que quelques vestiges de la Buenos Aires coloniale (dont la Manzana de las Luces). On appelle par période coloniale, toute la période qui s’étend jusqu’à 1810. On peut tout de même trouver encore quelques vestiges de vielles demeures coloniales à San Telmo du coté de la calle Balcarce, mais vous en trouverez aussi dans d’autres quartiers.

San Telmo est le quartier des puces : FAUX.

Le quartier des puces de Buenos Aires est celui ou se trouve le Mercado de las Pulgas, donc dans le quartier de Colegiales. A San Telmo, il s’agit d’une fête (Feria) de vide grenier qui a commencé en 1970 chaque dimanche et ensuite s’est étendue sur toute la place Dorrego dans les années 90 avant de se faire envahir par les boutiques d’antiquaires. Aujourd’hui la Feria de San Telmo occupe toute la calle Defensa entre les quartiers de Montserrat et de San Telmo sur une longueur de 1,8 Km. (900 m à San Telmo et 900 m à Montserrat). Nous sommes loin de l’esprit vide grenier de l’époque, la feria est devenue plutôt le repère de vendeurs ambulants de tous poils (y compris des « made in China »). Seule la Plaza Dorrego fait le « ménage » pour que les revendeurs n’y entrent pas. Les stands de la Plaza Dorrego (numérotés et donc habilités par la Municipalité de Buenos Aires) sont les seuls authentiques, mais l’afflux de touristes du monde entier a influé sur les prix qui ne deviennent plus du tout attractifs. Enfin dernier endroit aussi ou on peut réellement chiner (mais à des prix touristiques) c’est l’ancien marché de San Telmo (calle Defensa, et calle Carlos Calvo).

San Telmo est le quartier ou est né le tango : FAUX.

Le tango n’est ni nait dans un quartier en particulier de Buenos Aires, ni même dans la ville de Buenos Aires. Le tango est né sur les rives du Rio de la Plata, à savoir dans les villes et zones portuaires de la fin du XIXéme siécle. Ce qui englobe donc « aussi » Buenos Aires, et plus spécialement les quartiers ouvriers ou portuaires de la ville comme « EL BAJO » (quartier de Retiro, du coté de ce qui est aujourd’hui la calle Reconquista), San Nicolas (vers Avenida Alem), Montserrat, La Boca, Barracas, Nueva Pompeya, Boedo, Almagro, Avellaneda, ainsi que San Telmo. Mais aussi les autres villes de Rosario, Campana, Zarate, San Nicolas ainsi que Montevideo. San Telmo n’a donc aucune exclusivité sur le tango, ni même aucun autre quartier en particulier.

Pour ce qui est du tango aujourd’hui, sur les 44 milongas les plus actives que j’ai pu recenser en 2013 (voir les Milongas de Buenos Aires) seules 3 sont situées dans le quartier de San Telmo.

On danse le tango dans les rues de San Telmo : FAUX.

Je rappelle, que le tango se dansait entre hommes, puis entre hommes et femmes de petite vertu dans les bars des ports et des quartiers ouvriers. Le tango ne se danse que sur du parquet. Dans les rues, il n’y avait que terre et pavé. Le tango ne s’est jamais dansé en extérieur, mais toujours dans des bars, des tripots, des bordels, des salons et des milongas. Ce que vous pouvez voir sur la Plaza Dorrego le dimanche, ce sont des couples qui viennent récupérer des pièces, en plaçant des plaques de contreplaqués au sols pour pouvoir danser et ensuite appâter le badaud étranger.

Alors pourquoi aller à San Telmo ?

 

San Telmo peut être intéressant pour la Feria, le dimanche matin à partir de 10h et ceci jusqu’à 16h, et venir se promener sur la Plaza Dorrego, dans le Marché couvert et la calle Defensa, pour y retrouver une ambiance festive.

Le quartier de San Telmo est aussi intéressant pour ceux qui s’intéressent à l’histoire, et pour cela il faut avoir quelques bases dans ce domaine avant d’y aller se promener.

Je vous propose donc de vous plonger dans la suite de l’article qui va vous dresser quelques repères dans le temps pour comprendre l’évolution de ce quartier.

Plan : Le plan de Buenos Aires et de San Telmo en 1780. A droite sur (A) La plaza Mayor de laquelle part la calle Mayor qui relie le faubourg de San Telmo. En rouge limite actuelle du quartier de San Telmo. En jaune la calle Mayor (ou del puerto) actuelle calle Defensa. Sur (B) la Plaza "Alto de Telmo" actuelle plaza Dorrego.  

Il était une fois le faubourg de San Pedro de Telmo :

Au début du XVIIIème siècle (entre 1700 et 1730), une des rues partant du sud de la Plaza Mayor (actuelle Plaza de Mayo), commence à prendre de l’importance car elle devient l’axe principal pour rejoindre, du centre de Buenos Aires, un premier petit port installé sur le Rio Riachuelo (Barracas). Dans un rayon de 500 m autour de la Plaza Mayor, les axes et les pâtés de maison sont bien définis et bien délimités, mais ensuite de nombreux ruisseaux empêchent de tracer des rues aux contours certains et l’habitat devient plus clairsemé. Cette rue, qui n’a pas encore de nom officiellement, les porteños la nomment « calle del Puerto ». Elle débute donc sur le coté sud de la Plaza Mayor, et fonce plein sud jusqu’au Riachuelo à 4,5 Km de là. Elle est bordée de maison sur 5 cuadras en descendant tout doucement vers un ruisseau du nom de Tercero del Sur qui à chaque grosse pluie devient un obstacle à toute la circulation, car le passage à gués se fait même avec difficulté pour les charrettes tirées par les bœufs. Ce « Tercero del Sur » devient vite une limite naturelle qui délimite au sud le Buenos Aires proprement dit du hameau de San Telmo. Il est étonnant de constater que les limites actuelles du quartier sont placées exactement sur le lit de cette ancienne petite rivière aujourd’hui occupée par la calle Chile.

Les commerçants et transporteurs avaient donc l’habitude de passer par la calle del Puerto cette unique voie de communication possible pour apporter les objets et autres denrées à vendre au centre de Buenos Aires. On peut dire donc que pendant tout le XVIIIème siècle la calle del Puerto (devenu Real, puis Mayor en 1738) était la principale rue au sud de la ville. (La calle Florida étant déjà son pendant dans la partie nord de Buenos Aires).

En remontant du port chargé, les commerçants prennent l’habitude de faire une halte au haut d’une butte presque à mi chemin entre le Port et la Plaza Mayor. A l’abri de toute inondation et de montée des eaux, les commerçants gare leur charrette, reposent leurs attelages et surtout vont se désaltérer et même commence à commercer hors les murs de la ville (donc moins cher). Cette bute on la nomme tout simplement « El Alto de las Carretas » (la butte des charrettes), qui deviendra ensuite el « Alto de San Pedro » (La butte San Pedro). C’est le début de la naissance du lieu dit de San Pedro de Telmo et du futur faubourg.

En haut de cette butte, il n’y a pas réellement de place, mais le chemin s’élargit suffisamment pour stationner les équipages sans gêner la circulation. Quelques maisons s’y installent, des débits de boissons, quelques pulperias et quelques commerçants. En 1734, les jésuites acquièrent un terrain au sud-est du lieu dit pour ériger un couvent, une école et une église (Iglesia de Nuestra Señora de Belén).

On prend l’habitude de nommé l’ensemble de ces constructions « La Residencia ». Le faubourg commence alors à se peupler, la population augmente, le trafic des charrettes aussi et sur le haut de la butte, à force d’élargir le chemin pour pouvoir y stationner un nombre chaque fois plus important de charrettes, une place se forme sur la proprieté du Señor Don Juan Conde qui longe l’emplacement. En 1745, on trouve pour la première fois une trace écrite par le Cabildo de Buenos Aires qui stipule qu’officiellement « El Alto de las Carretas » servira au repos des bœufs qui trainent les charrettes provenant du Riachuelo. En mai 1767, Le Cabildo de Buenos Aires achète le terrain a Don Juan Conde, pour enfin former une véritable petite place publique.

Trois mois plus tard, en juillet 1767, les jésuites sont expulsés de Buenos Aires, et la Residencia passe en 1795 aux mains de l’Ordre de Bethleem (Orden de los Hermanos de Nuestra Señora de Bethlehem) peu de temps après la « Residencia » devient une prison.

En 1806, la butte devient officiellement la Paroisse de San Pedro de Telmo qui se détache de la paroisse de la Concepcion. Peu à peu on prendra alors l’habitude de designer la paroisse et son faubourg de San Telmo. Quant à la petite place, elle deviendra en 1822 la « Plaza del Comercio ». Il faut dire qu’au fil des années, le commerce y devient de plus en plus important, les plus riches commerçants décidant même de s’y installer avec leurs familles. On peut commencer a sentir un « embourgeoisement » du quartier avec ses riches familles de négociants qui y font construire des maisons de plus en plus somptueuses.

En 1861, on construit sur la Plaza del Comercio un marché couvert « El Mercado del Comercio »  qui restera debout jusqu’en 1897. Il fut remplacé par le Mercado de San Telmo sur la calle Defensa et Humberto primo (encore debout). Une fois donc le vieux marché de la Plaza del Comercio démoli, on la plante d’arbres comme on peut la voir encore aujourd’hui et en 1900, la place change de nom pour prendre son appellation actuelle de Plaza Manuel Dorrego. I

Les fièvres jaunes à San Telmo :

Pendant la fin du XVIIIème siècle et la première partie du XIXème siècle, le quartier de San Telmo comptait sur la calle Defensa les résidences de riches familles de commerçants et patriciennes comme celle de la famille French sur Defensa 1062. Mais les différentes fièvres jaunes qui arrivèrent en ville en 1852, puis en 1858, 1870, mais surtout en 1871 décimérent les populations des quartiers ou le niveau d’hygiène était le plus bas. San Telmo en raison de sa proximité avec le Rio de la Plata mais surtout des innombrables petites rivières qui traversait le quartier et enfin de la consommation d’eau polluée par des carcasses de bêtes croupissantes de ce même Rio de la Plata. Le quartier de San Telmo est le quartier qui compte alors le plus grand nombre de « conventillos », maisons de plein pied ou d’un étage divisé par son propriétaires pour y placé un maximum de familles de locataires, souvent émigrés européens récemment arrivés et d’une extrême pauvreté. Le 27 janvier 1867, on apprend quelques cas de locataires de ces « conventillos » qui « vomissent noir ». En février et mars de la même année, on compte jusqu’à 100 décès par jour essentiellement dans le quartier de San Telmo. Le pic de l’épidémie arrive en avril. (Le 10 avril : 563 décès). L’épidémie s’arrêtera d’elle-même avec les premiers froids en juin. On estime a 14.000 morts à Buenos Aires sur une population de 180.000 habitants (soit 8% de la population décimée en 4 mois). A partir du mois de février devant l’avancée de l’épidémie les dernières familles les plus aisées quittent précipitamment San Telmo pour se refugier « à la campagne » c'est-à-dire vers le nouveau quartier de La Recoleta. Le mouvement avait déjà commencé dès 1852.

Photo : Conventillo à San Telmo au debut du XXeme siecle. 

Appauvrissement de San Telmo : 1852 -1871

Les conséquences de ces épidémies, sont une prise de conscience des autorités de la ville pour mettre en place un véritable système de traitements des eaux pour pouvoir au plus vite approvisionner les habitants. Mais au niveau du quartier de San Telmo du départ des classes aisées et même moyennes, et d’une transformation totale du panel social du quartier (et donc des types de commerces et d’habitations). De nombreux petits hôtels particuliers ou de riches maisons de l’époque coloniale espagnole sont récupérés pour les transformer en « conventillos ». Entre 1852 et 1871, San Telmo s’appauvrit totalement et devient un quartier peu recommandable ou ne loge que le sous prolétariat qui servira de main d’œuvre aux premières industries créés dans les quartiers de Barracas et de La Boca.

Cette image de « quartier sordide » va coller à San Telmo pendant de très longues décennies.  Impossible pour un bourgeois en 1900, 1930 ou 1960 d’aller vivre à San Telmo, Ca serait se déclasser totalement aux yeux de sa famille et de ses amis. On ne choisit pas d’aller vivre a San Telmo, on y va parce qu’on n’en a pas le choix. Chaque vapeur arrivant au port de Buenos Aires à partir des années 1855-1865, déversent chaque jour des centaines de nouveaux miséreux arrivants d’Europe et rêvant faire fortune dans le pays. Les conventillos et  « hotels de familles » les plus modestes aux plus glauques de San Telmo les recueillent, et souvent le logement provisoire de ces nouveaux migrants devient définitif car la fortune n’arrive pas !  
San Telmo depuis 1970 :

La « récupération » du quartier est longue et difficile. C’est sous l’impulsion de l’architecte Jose Maria Peña, qu’une association du quartier lance l’idée de monter un vide grenier qui deviendra rapidement hebdomadaire chaque dimanche à partir de  novembre 1970. La municipalité accepte le principe, l’autorise, et ensuite au fil des années le promeut. Une façon de faire venir tout d’abord des habitants du quartier sur la place mais aussi de montrer aux porteños des beaux quartiers qu’ils pouvaient aussi venir pour y chiner.

La Feria de San Telmo se développe rapidement dans les années 70, et ne perdra jamais en vigueur ni en rayonnement. Il faut attendre les années 90, pour que les touristes étrangers commencent à s’y intéresser. Les années 90 sont aussi le moment ou la Municipalité va commencer a nettoyer si ce n’est pas l’ensemble du quartier, tout du moins la calle Defensa. On refait les trottoirs, on installe de faux vieux réverbères en bronze pour donner une touche « typique » qu’on peut regretter aujourd’hui. On enlève le bitume pour paver a l’ancienne la calle Defensa entre l’avenida Independencia et l’avenida Belgrano. Entre temps, les antiquaires de la ville comprennent que la rue commence a drainer de nombreux clients potentiels (y compris étrangers) et achète à tour de bras les pas de boutiques pour s’y installer. Au même moment, la configuration de la population du quartier ne change pas. Au contraire de nombreux squats s’ouvrent dans les rues adjacentes, provinciaux provenant de lointaines provinces et qui viennent chercher du travail à Buenos Aires, tout comme les péruviens, boliviens et paraguayens tentent elurs chances ici, tout comme l’on fait ceux qui venaient d’Italie, d’Espage ou d’Europe Central un siècle avant. Voila donc deux mondes qui se côtoient dans le même quartier et qui ne se mélange pas. D’un coté le nouveau sous prolétariat étrangers et provinciaux et de l’autre les magasins d’antiquités qui s’adressent a un autre type de public « extra quartier » que la Feria du dimanche amplifie avec son apport de touristes européens en mal du « vieux Buenos Aires ».

Enfin, à partir du milieu des années 90, c’est aussi l’arrivée du concept auberge de jeunesse qui se dit ici « Hostal » ou « Hostel » et qui remplit les anciennes demeures souvent en évacuant un ancien squatt (qui se déplace à l’immeuble voisin ou par exemple sur la Plaza Cecilia Grierson, voir article du Clarin).

Voila donc une nouvelle faune composée essentiellement d’anglo saxons ou d’européens jeunes et moins jeunes qui acceptent de dormir en dortoir (ce qui reste impensable pour un touriste argentin ou brésilien). Entre les années 1995 et 2005 (malgré la crise de 2001-2002) c’est donc l’ouverture de bon nombre de boutiques (entre les antiquaires déjà existants) pour ce nouveau public, donc bars branchouilles, pizzerias, restos, etc… Toujours à l’écart de la population fixe du quartier  qui n’a pas les moyens de toute façon de participer à la transformation de la calle Defensa.

Depuis 2013, on note aussi une transformation dans la calle Defensa, les quelques rares magasins de proximité ferment, il faut dire que les loyers sur cette rue ont terriblement augmenté car aujourd’hui la presque totalité des boutiques entre calle Chile et Avenida San Juan ne s’adressent qu’aux touristes. De plus les antiquaires (qui se rendent compte que leur clientèle est composée d’argentins aisés, et non de touristes étrangers aisés) commencent à déménager laissant la place à des magasins de fringues (bien plus rentables). Quant aux autres négoces, devant le loyer exorbitant demandé pour être sur la calle Defensa, les boutiques ne retrouvent pas de nouveaux locataires. La Calle Defensa est l’axe commercial de Buenos Aires détenant le record de locaux commerciaux vides (23 % des magasins restent vides). Il existe maintenant un décalage entre les loyers demandés et la rentabilité d’avoir un négoce pour ne vendre que des produits touristiques. Un article du quotidien Clarin de janvier 2014 n’a pas peur même de parler de décadence du quartier (à lire ici). Sans être aussi excessif, il est vrai que le quartier de San Telmo, malgré de réelles tentatives du gouvernement de la ville de Buenos Aires n’a avantagé que les apports et aménagements touristiques et ludiques, avant de s’attaquer aux réels problèmes des habitants et de leurs vies quotidiennes. En résumé, les clases moyennes ne recherchent toujours pas à venir s’installer dans le quartier. On ne peut pas miser que sur le tourisme pour faire évoluer un quartier.

San Telmo c’est donc deux mondes : la calle Defensa touristique et le reste du quartier qui vit en marge.

En tout cas, en cette année 2014, il est intéressant de savoir comment le quartier et la calle Defensa vont se transformer. 

Photo : Le Musée Historique de Buenos Aires installé dans le Parc Lezama. Un petit air de famille avec le Palacio San Jose de la province de Entre Rios.  

Que devons nous connaitre dans le quartier :

De par son histoire, le quartier de San Telmo mérite donc d’être connu. Voici donc les principaux éléments à aller voir dans le quartier :

La Feria de San Telmo : Le marché proprement dit a lieu uniquement de 10h à 16h sur la Plaza Dorrego. Mais depuis 2012 des vendeurs ambulants ont envahie la calle Defensa de la Plaza de Mayo au Parque Lezama sur une longueur de 2 kilomètres. Surtout a ne pas perdre même s’il n’y a pas beaucoup d’intérêt à venir y acheter quoique ce soir. Au moins y venir pour l’ambiance. Attention : De très nombreux pickpockets les dimanches. Ils profitent des bousculades. Lorsqu’il pleut, l’ambiance tombe. Y aller donc seulement lorsqu’il fait beau ! N’essayez pas de trouver un bon resto sur la calle Defensa ou meme dans le quartier, que des restos à touristes.

Le Mercado de San Telmo : Entrée principale à l’angle des calles Bolivar et Carlos Calvo. Le marché est couvert par structure métallique de même style de ce qu’on peut voir (ou que l’on voyait autrefois) en Europe. Depuis la fin des années 1990, les légumes, viandes et fromages ont laissé la place aux bibelots et brocantes qui se font à leurs tours remplacés par des stands de fringues.  Le marché date de 1897. En 1930, le marché s’est étendu par une allée couverte vers la Calle Defensa, et par un deuxième hall vers la calle Estados Unidos. Quand il pleut, au moins on est à l’abri et on peut chiner un peu de tout ! C’est ouvert tous les jours, mais le lundi la plupart des stands sont fermés. Activité maximum le samedi et le dimanche.

L’Eglise de Belen. Qui faisait donc partie de l’ensemble de la « Residencia » fondée par les Jésuites en 1734. A voir.

Le musée pénitencier : L’autre pendant de la « Residencia », après avoir servi de monastère, d’école, de prison, voila que l’ancien patio et ses bâtiments abritent aujourd’hui le musée pénitencier. Intéressant a voir non pas pour le plaisir de voir comment les condamnés purgeaient leur peine, mais pour voir accès a l’ancien monastère des jésuites.

Le Musée d’art moderne de Buenos Aires : Inauguré en 1956, tombé sous une épaisse couche de poussière, voilà qu’il fut ré inauguré en 2010. Il en était temps. Depuis tout est propre et moderne et on a enfin du plaisir à y aller. Ouvert tous les jours sauf le lundi. De 11h à 19h (en weekend jusqu’á 20h). Avenida San Juan 350.

Le Musée Historique National : dans le Parc Lezama. Pour les passionnés d’histoire argentine, c’est d’ailleurs le seul musée ou on a un aperçu de l’histoire du pays avec celui de Lujan.  Le bâtiment fut construit, dans une architecture italianisante qui n’est pas sans rappeler le Palacio San Jose, en 1889 spécialement pour abriter le musée. L’entrée se fait par la calle Defensa 1662. Fermé quelques temps en 2007 après le vol d’une montre de Belgrano, le revoilà ouvert tous les jours sauf le lundi et mardi. De 11h à 18h.

La Casa de los Ezeiza : Bâtiment de deux niveaux et possédant trois patios construit en 1876 pour la famille Ezeiza, Elias et Eduarda Ezeiza, qui finalement ne l’occupe que très peu (un peu en 1880), préférant fuir l’appauvrissement du quartier pour rejoindre Recoleta. On y installe une école en 1910 puis dans les années 1930, le bâtiment est transformé en « conventillo ».  Depuis 1981,  galerie marchande, sa visite permet tout de meme d’avoir un aperçu sur ce que devait être un conventillo au début du XXéme siècle. Entrée sur Defensa 1179. Ouvert tous les jours.

La Cathedrale ortodoxe russe : Œuvre de l’architecte A. Chrisophersen, réalisée entre 1898 et 1901. Elle reprend le style d’architecture russo-byzantin du XVIIème siècle. C’est le seul temple de rite orthodoxe russe de la ville.

El Viejo Almacen : Aujourd’hui c’est une salle qui propose (proposait) des spectacles de tango. Puisque depuis quelques années juste en face s’est monté le « nuevo Viejo Alamacen » qui comporte une salle nettement plus grande. En tout cas, le bâtiment du Viejo Almacen était vraiment une ancienne épicerie (ou bodegon ou pulperia) à l’époque coloniale (Vers 1798). Puis le bâtiment est devenu en 1840 l’Hospital Britanico pour ensuite vers 1860 abriter des services de la douane. C’est vers 1900, que le bâtiment est acheté par une russe Paula Kravnik pour le convertir en bar russe (on le nomme La Volga). C’est ensuite seulement en 1969, que le bar deviendra un rendez vous du tango grâce à Edmundo Leonel Rivero, converti ensuite peu à peu en spectacle de tango, il restera en activité jusqu’á sa mort en 1986. Il entre ensuite dans des problèmes financiers qui pousse les nouveau propriétaires à fermer les portes en 1993.  En 1996, le Viejo Almacen rouvre ses portes, les nouveaux propriétaires s’agrandiront en achetant l’immeuble situé en face toujours à l’angle de Balcarce et de Independencia.

San Telmo regorge aussi encore de vielles maisons coloniales (donc antérieures à 1810) :

La Casa de Esteban Lucas, datant de 1780. Transformée aujourd’hui en restaurant.

La Casa de Castagnino, datant de 1790. Elle parait abandonnée, en tout cas en mauvaises conditions. Juste à coté á l’angle de Balcarce et de Carlos Calvo , une autre maison qu’on a l’habitude de nomme l’annexe de la Casa de Castagnino qui est aussi en piteux état.

La Casa de Liniers : Datant de 1788, elle appartenait au vice roi du Rio de la Plata, Santiago de Liniers. Sur Venezuela 469.

La Antigua Tasca de Cuchilleros, datant de 1790. Aussi transformée en restaurant. Carlos Calvo 319.

La Casa Minima, qui a la particularité d’être la plus étroite de Buenos Aires. Vous la trouvez Pasaje San Lorenzo 380. On pense qu’elle est de 1813.

Quelques bars et restaurants :

El Bar Britanico : Il parait bien difficile de passer à côté de ce bar emblématique du quartier sans même le voir. Sa façade recouverte de bois, et ses miroirs muraux en font probablement l’indéniable charme. Mais que l’on soit un habitué du quartier, ou simple promeneur de passage, une halte au Britanico est toujours l’excuse pour prendre le temps de boire un café.

El Bar SurD’après Ricardo Montesi lui-même, il n’y a pas de soir meilleur que d’autre pour venir au Bar Sur. Chaque soir l’ambiance, les artistes et les spectateurs seront au rendez-vous. Vous pouvez donc vous y rendre tous les soirs, de 20h à 2h du matin pour assister, et bien entendu participer, à un spectacle de tango traditionnel dans ce que l’on surnomme « La casa de tango mas antigua de San Telmo ».

El Bar HipopotamoDifficile de dater l’ouverture du Bar Hipopotamo, même si les propriétaires ont indiqué qu’il datait de 1904. D’autres sources indiquent l’année 1909 ou même 1911. A son ouverture Il fut à la fois un bar et une « despensa » (épicerie) Aujourd’hui, l’Hipopotamo est devenu un des bars les plus connus de San Telmo, il a gardé presque intact la décoration d’origine et fait partie des endroits à connaître lors d’une visite du quartier.

Photo : Musée d'art contemporain de Buenos Aires.

Les conseils du Petit Hergé :

Deux lectures différentes pour ce quartier. Vous allez le visiter le dimanche matin et jusqu’á 16h de préférence un dimanche ensoleillé pour l’ambiance et surtout pour la feria. Laissez vous porter par la foule et passez y quelques heures pour faire de belles photos, de quoi vous remémorer ensuite une bonne promenade.  Ou alors allez-y en semaine (évitez tout de même le lundi ou le mardi, ou de nombreuses boutiques et musées sont fermés) pour une approche un peu plus « vraie » de ce quartier. Donc vielles pierres mais aussi habitudes de ses habitants. De quoi vous plonger dans le San Telmo actuel loin de brouhaha touristique du weekend. Evitez d’y déjeuner et d’y loger.

Si vous voulez visiter le quartier en ma compagnie, prenez contact avec moi sur : petitherge@hotmail.com , je propose des visites du quartier de 4 heures.

A lire aussi dans le Petit Hergé : 

       

 

Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

La vidéo

"Digan lo que digan" Palito Ortega. 1967

Cours parallèle du Peso Argentin

null

Cours Parallèle

Hergé

1 EUR = 13,00 ARS

 08/03/2014

--------------------

Cours Officiel

1 EUR = 10,70 ARS

--------------------

Le Parallèle est à  

+ 21%

que l'officiel

Recommander

D'autres articles :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 






























Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés