23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 12:43

Mise à jour : 23 octobre 2011. Article écrit par Renaud Dor.

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Coalicion Civicá ARI :

Après avoir retracé la passé de Elisa Carrió et de la Coalición Cívica ARI son parti politique, (Lire : Elisa Carrió)présentation de son programme politique, les grands axes vers lesquelles Carrió oriente tous ses discours, les problèmes sur lesquels la candidate insiste fortement, et quelles promesses fait-elle aux Argentins lors de cette campagne de 2011 qu’elle mène auprès de sont vice-président, Adrián Pérez.

Ou se positionne le parti de Carrió, et quelle légitimité a-t-il ?

Elisa Carrió ne se prive pas de répéter qu’elle est présente sur la scène politique Argentine depuis 15 ans, et qu’elle a déjà beaucoup œuvré pour son pays. Elle nous rappelle également que ce n’est pas la première fois qu’elle est participe à des élections présidentielles. Elle suggère donc avoir de l’expérience dans ce domaine : « C’est la troisième fois qu’on me confie la tache de candidate à la présidence du pays. Je suis donc plus grande et plus savante, et je sais désormais que l’on peut conduire de manière collective cette nation à la paix, à la liberté »

Pour cette campagne, la candidate de la CC veut également en finir avec les étiquettes de parti et déclare « En Argentine on se préoccupe trop de savoir si on est de gauche, si on est de droite… Ce qu’on ne regarde pas assez, si nous sommes des argentins qui aspirent à voir l’Argentine devenir une vraie nation. Je suis ni de gauche ni de droite, je suis la où se trouve la justice, la vérité, et la construction d’une grande prospérité nationale »

Cependant Carrió reste lucide quand au poids de son parti et ne cache pas que la CC pratique, et ce depuis longtemps, une politique d’alliance. Elle est par exemple très proche de Mario Llambías dirigent de la « Confederación de Asociaciones Rurales de Buenos Aires y La Pampa (CARBAP) » qui aujourd’hui a rejoint la CC. Carrió ne cesse de défendre ses députés et de se battre afin que la CC ait toujours plus de poids au sein du parlement.

Les références à Dieu, à la « lumière », à l’illumination politique, et au destin font également des apparitions sporadiques dans les discours de la candidates de la Coalition Civique. Les éloges pour son parti sont souvent extrêmement prononcés. Elle soutien par exemple « L’unique parti  courageux, indépendant, neutre et avec des connaissances pour stopper le trafic de drogue est la Coalicion Civica », ou encore « Si vous voulez avoir une nouvelle vie une bonne fois pour toutes, ne vous contentez pas de voter pour nous, mais venez militez à nos côtés pour que la grande Argentine devienne prospère, solidaire et juste. Ne restez pas chez vous, engagez vous ! Engagez les autres »

Vous l’aurez compris, la première préoccupation, le premier combat, le plus grand argument de Carrió lors de cette campagne sera la lutte contre la corruption et l’injustice, affirmant que sont parti à elle est totalement éthique et transparent. « Les seuls députés qui peuvent limiter leur propre pouvoir sont ceux de la Coalición Cívica »

Vidéo : Spot de la campagne électorale de Elisa Carrio en 2011.

Une lutte féroce contre l’injustice et la corruption

Depuis qu’elle est entrée en politique, Elisa Carrió a fait de la lutte contre la corruption, et de l’injustice ses deux principaux combats politiques. Elle ne cesse de parler de la corruption du pouvoir en place, de l’actuel Etat mafieux, de l’injustice permanente à tous les niveaux. La quasi-totalité de ses discours, et même de ses phrases sont orienté en ce sens ! « Il ne faut pas croire en un Etat qui protège les organisations mafieuses et déclarer la fin de l’Etat arbitraire ». Elle affirme vouloir le pouvoir afin de servir l’application de la loi et non du pouvoir. Pour la candidate du CC, deux fléaux perdurent en Argentine : « Le fléau de la corruption incarné dans tous les institutions de l’Etat national et provincial, et le fléau du trafic de stupéfiants et du blanchiment d’argent qui menace notre futur comme cela a pu être le cas de le passé en Colombie et aujourd’hui au Mexique »

Dans cette lutte on retrouve également une forte présence de son passé d’avocate. Elle déclare la fin de l’impunité en disant que « tout le monde doit savoir que toute effraction à la loi mérite sanction ». « Nous devons réformer le système juridique et le repenser de sorte que les mensonges ne soient pas autorisé et que la vérité ne soit pas punie. Il faut revenir à un système juridique qui récompense la vérité et puni le mensonge, pour que en Argentine s’arrêtent les mensonges et donc l’impunité. »

Carrió se positionne contre les monopôles, affirmant que cette absence de concurrence est également dut à la corruption Etatique. Elle cite notamment l’exemple de Aerolíneas. « Nous les argentins nous payons un groupe de mafieux pour qu’il fonde de grandes entreprises nationales ».(Lire : déficit d'Aerolineas)

Ainsi, Elisa Carrió est violemment opposée au gouvernement de Cristina Kirchner qu’elle ne cesse de qualifié de gouvernement mafieux. « La grande question en Argentine est de savoir comment a pu s’installer le pouvoir absolue du Kirchnérisme et de ses forces alliées qui le soutienne au parlement ». A l’heure d’aujourd’hui elle a faite d’Hugo Moyano (Secrétaire général de la Confederación General del Trabajo de la República Argentina (CGT)) sont nouvel ennemie juré. « Il faut affronter Moyano avec intelligence, partialité et avec Interpol ! ». Pour Carrió la peur du Kirchnérisme a aujourd’hui pratiquement disparut, et c’est la peur de Hugo Moyano qui subsiste. Selon elle, Moyano représente « Le pire du syndicalisme ». « Le pire qu’il pourrait nous arriver c’est de continuer à voter pour ceux qui extorquent et tirent les ficelles à la botte de Moyano » (Lire : Moyano et la CGT)

 « Nous allons garantir un gouvernement républicain. Que les mafieux sachent que jamais je ne me déplacerai en hélicoptère. Que Moyano, Duhalde ou je ne sais qui sachent que je mourrais plutôt que d’accéder à la présidence de la Nation sans changer profondément ce  pays »

Vidéo : Emission de television "Desde el llano" du lundi 17 octobre 2011. Excellent ! Question à Carrio : "Alors que va t'il se passer dimanche prochain ? Cristina va passer ?" Notre Carrio nationale avec une pointe de mysticisme, et toujours aussi à l'aise au micro. Elle arrive à faire passer ses idées.

Elle se soucie des campagnes et du monde agricole

Le troisième grand axe de son programme électoral est son soutien au monde agricole et aux petits producteurs. Pour cela, Elisa Carrió commence par rappeler son implication dans la « Ley de Tierras » en 2002, puis enchaine sur sa position actuelle en faveur d’une aide aux producteurs agricoles. « Être juste c’est également ne pas imposer des impôts injustes au secteur agricole qui produit la nourriture de la Nation et qui va produire de la nourriture pour le monde entier ». Elle affirme que le nouveau gouvernement Argentin sera un Etat qui aide les producteurs les plus fragiles face aux engrenages du commerce et des grands groupes. Encore une fois elle veut « garantir un marché libre, à la concurrence libre en aidant les secteurs les plus petits et vulnérables ». Analysant la situation internationale actuelle, la Carrió montre que « les prix internationaux sont en train de baisser, et les prix de l’agriculture vont fluctuer dans les années à venir. C’est pour cela qu’il sera très important d’avoir des députés qui défendent le monde agricole avec honnêteté et dignité comme le fait Mario Llambías ». Mario Llambías défend d’ailleurs Carrió en retour affirmant que « en tant que dirigent rural cela fait des années que nous connaissons la politique de Carrió envers le monde rural, nous connaissons sa cohérence, ses moyens, et surtout savons qu’elle ne nous trahira jamais. La Coalition n’a pas seulement le meilleur programme en termes d’agriculture, elle le soutien avec courage et cohérence depuis longtemps. »

 Sa politique ne consiste pas seulement à aider le monde rural mais également à renforcer les liens entre les villes et el campo. « Les Argentins savent que la prospérité des villes dépend uniquement de celle de la campagne. Il faut promouvoir un nouveau fédéralisme avec des villes riches reliées au monde agroindustriel, nous devons réorienter les revenus agricoles de manière plus productive afin de créer une dynamique positive dans ces villes modernes. » Carrió propose de redessiner le réseau routier avec des autoroutes qui connecteraient les villes de l’intérieur du pays. Car Elisa Carrió soutient que « La fabrique de pauvre qu’entretient l’Argentine pour se maintenir au pouvoir a entrainé la création d’un intérieur vide. Nous devons remplacer ce modèle par un nouveau fait de petites et moyennes villes riches biens desservies, avec de bonnes écoles, un bon système de santé et qui génère de l’emploi dans tout le pays. C’est pour cela que nous devons construire un nouveau système routier et ferroviaire qui permettrait un contacte fluide entre ces villes. » Puis, comme toujours elle en revient à la république en déclarant : « des villes et une campagne prospères, unis avec honnêteté au sein d’une république vont transformer la Nation »

Vidéo : 1 minute pour lire les titres d'articles de presse !

L’importance de l’éducation, et du progrès social en général

« Être Juste, c’est être juste avec les enfants du ce pays. Être juste c’est avoir les meilleure écoles, et la meilleure éducation dans les endroits les plus pauvres. Et être juste c’est avoir la meilleure santé dans ces mêmes lieux de pauvreté. Être juste c’est être juste Socialement. » Elisa Carrió accorde beaucoup d’importance à l’éducation, et en particulier à l’éducation des plus pauvres. « L’Etat doit être présent pour garantir une éducation de qualité. Une éducation qui touche l’excellence, une éducation publique qui n’aura rien à envier à l’éducation privée. Une éducation qui transformera ceux qui n’ont rien en porteurs du savoir, une éducation pleine de valeurs, et une ouverture au monde pour que ces jeunes puissent se sentir à l’aise ou qu’ils soient, dans n’importe quelle région, sur n’importe quel continent ». Elle en profite pour en rajouter une couche à propos de la corruption : « Nous allons construire les meilleurs écoles bilingues et de haute qualité dans les lieux les plus défavorisés et nous n’allons pas utiliser ces fonds publiques pour de la propagande comme le fait le PJ, par ce que l’éducation est bien plus qu’un slogan ». « Nous allons gouverner afin de permettre l’ascension sociale des classes les plus pauvres. Les écoles modèles d’Argentine doivent se trouver dans les bidonvilles ! »

L’objectif de ces réformes en termes d’éducation étant de permettre à toute la jeunesse pauvre d’aujourd’hui d’accéder à la classe moyenne et de conduire ainsi le pays entier vers la modernité. « Nous devons construire une Nation ou nos enfants, nos petits enfants, et les enfants de mères aujourd’hui pauvres accèdent à la classe moyenne, soit entrepreneurs et citoyens du monde ». Ce la lui permet au passage de soutenir la classe moyenne déjà en place et de critiquer une nouvelle fois le gouvernement : « Il ne faut pas augmenter les impôts de la classe moyenne qui gère les petites et moyennes entreprises ». « Nous voulons une classe moyenne prospère, car aujourd’hui elle supporte avec peine les folies de la droite au pouvoir »

Elisa rejette fermement les idées conservatrices et se veux progressiste. Elle croit au progrès de la nation et à la prospérité sociale et économique. Elle martèle qu’il faut aller de l’avant et cesser ces attitudes rétrogrades. « Les conservateurs maintiennent les pauvres dans la pauvreté et font que les personnes corrompus restent au pouvoir ». Elle appelle à l’ouverture d’esprit et à la sécurité. Elle affirme qu’il ne faut plus croire à la division des classes. « Nous croyons à un peuple qui vit en sécurité et qui n’a pas peur de marcher dans les rues, nous croyons en la sécurité »

Vidéo : Meeting de Elisa Carrio le 11 août 2011. Dures attaques contre Cristina Kirchner et de son "fascisme" sans jamais la nommer.

Ouverture au monde, et politique d’immigration

Enfin, la candidate de CC soutien les bienfaits de l’immigration et voit l’Argentine comme une terre d’accueil. « Nous devons chercher une humanité juste pour tous les habitants de la Terre, ouvrir l’Argentine à tous les hommes et femmes de bonne volonté qui veulent habiter sur le sol Argentin ». Elle continue son discours en prenant quand même toujours bien soin d’envoyer quelques piques au gouvernement en place : « Ces derniers temps, on a montré le pire de nous même. Surement que quelques trafiquants d’images ont fait ressortir nos peurs profondes pour nous inciter à rejeter l’autre. » Pour soutenir ces idées, Elisa Carrió rappelle que l’Argentine a été construite par les immigrés et que si l’Argentine est ce qu’elle est aujourd’hui c’est grâce à ces mêmes immigrés : « Au nom de notre de mémoire, on ne peut souhaiter qu’aucun immigrant soit rejeté d’Argentine ». Elle appelle donc à la fin des préjugés idéologiques, de classe sociale, de couleur, et de race. Et en gardant en tête son désir de soutenir l’agriculture et d’augmenter ainsi les exportations, elle rêve d’un pays (sur le modèle du Brésil ?) qui s’ouvre de plus en plus sur le monde et qui devient « riche, prospère, libre et solidaire »

Nous voyons donc que la candidate de la Coalition Civique fait de la lutte contre la corruption et l’injustice sont premier cheval de batail. Tous ses autres projets, développement du monde rural, amélioration de l’éducation, ouverture sur le monde, ne semblent bien souvent que de simple prétexte afin de rappeler à quel point le gouvernement actuel est corrompu. Elisa Carrió est fermement et violemment opposée à ce qu’elle appelle elle-même le kirchnérisme. Cette obsession contre la corruption nous amène à penser que, appart au niveau juridique ou Carrió à des compétences certaines, le reste de son programme est simpliste, idéaliste et surtout très vague. En témoigne cette phrase qui tourne en rond : « Et à ceux qui me diront, et comment un enfant qui né dans un bidonville va faire pour accéder à la classe moyenne et devenir citoyen du monde ? Je répondrais que si on donne à cet enfant les meilleurs possibilités et opportunités que nous ayons cet enfant deviendra citoyen du monde et accédera à la classe moyenne ».

A lire dans le Petit Hergé :

Elections présidentielles argentines d'octobre 2011- Les elections d'Octobre 2011.(Octobre 2011). Nous voilà sur la dernière droite avant les élections présidentielles argentines. Il s’agit du premier tour, mais la candidate sortante Cristina Kirchner est donnée en tête de tous les sondages avec plus 51% des intentions de vote. La bataille est pourtant bien là, puisque si les autres candidats ne se font pas trop d’illusions, il y a à la fois des batailles à mener pour chacun d’entre eux pour assurer leur place sur les sièges de l’assemblée nationale et du sénat..(Lire la suite).

 

- Programme de Hermes Binner.(Octobre 2011). C’est sous les couleurs du Front progressiste, le Frente amplio progresista, que le candidat socialiste Hermès Binner décide de faire campagne pour les élections présidentielles. Ce rassemblement progressiste tend à unir des opposants à Christina Kirchner issus du parti socialiste, mais aussi d’autres petits partis progressistes s’y rattachant, ou encore d’habituels électeurs d’Alfonsin ou même de Duhalde...(Lire la suite).

  

- Programme de Alberto Rodriguez Saa.(Octobre 2011). D’après lui, la politique a perdu tout son prestige et doit, en premier lieu, « redevenir un monde des rêves, un monde du possible ». Si la formulation souhaite nous amener à une ferveur électorale, à la lueur de ce que Rodriguez Saa a déjà accompli à San Luis et de ce qu’il souhaite accomplir au niveau national, si son programme justement n’est pas trop « idéaliste ». A la mesure de sa démesure mais peut-être moins à la mesure du possible et de ce dont l’Argentine a besoin ?..(Lire la suite).

- Programme de Ricardo Alfonsin.(Octobre 2011). Le Plan Crianza, a pour objectif est dans les 4 ans à venir d’éradiquer l’exclusion social et la mortalité infantile (représentant chaque année un taux de 13,3 bébés sur 1000 naissances, soit un taux supérieur à celui du Chili, de l’Uruguay, ainsi que de garantir la protection universelle des mineurs et des femmes enceintes. Tout un réseau de jardins d’enfants sera également construit sur l’ensemble du territoire afin d’aider les mères de famille qui étudient ou travaillent...(Lire la suite) 

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