1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 18:00

Mise en ligne 01 octobre 2011. Article écrit par Renaud Dor.

Un "partido" en La Boca :

Un article pas comme les autres, bien personnel de la plume de Renaud Dor, tribune libre pour lui afin d’exposer son expérience d’un match à Boca. C’est sans nul doute, le rêve de bien des français de venir à Buenos Aires et d’entrer au moins une fois dans leur vie dans le temple des temples du football mondial….. place à son texte !

Nous sommes le dimanche 14 août 2011…..

 

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Un Match à la Bombonera

 

Tout le monde sait à quel point le football est une institution en Amérique du Sud et en Argentine. Par conséquent, qui n’a jamais été tenté d’allé voir un match de foot ici, et plus particulièrement voir jouer ce club mythique qu’est le Club Atlético de Boca Juniors à la Bombonera. Cependant, les réticences sont nombreuses avant de réellement passer à l’acte. Tout d’abord quand on connait l’ambiance parfois violente qui règne dans les stades en France, et qu’on sait qu’ici tout est généralement amplifié, on se dit que les matchs de foot Argentins ne doivent pas être de tout repos. Ensuite, le quartier de La Boca, et toute la réputation qu’il traine derrière lui n’attire pas forcement le premier amateur de foot venu, surtout quand on sait que les matchs ont lieu le soir. Enfin les différentes personnes avec qui ont a pu en discuter avant d’y allé ne nous ont pas forcement rassurées. « Il parait que si tu parles Français dans les tribunes tu te fais tabasser » « Il parait que si tu ne connais pas les chants par cœurs tu te fais poignarder » « Il parait que s’ils voient que t’es étranger tu repars à poil ». Bref, de nombreuses légendes circulent autour de la Bombonera. Sauf que voilà, d’autres personnes au contraire nous disaient avec assurance « Maaaiis non, aucun soucis à se faire, c’est bonne ambiance, il ne t’arrivera rien ». Les « Ils paraît » ne nous suffisant pas un beau jour quatre amis et moi-même décidons d’aller voir enfin ce qu’il se passe réellement dans les tribunes jaunes et bleues de la Bombonera. Etant donné que je suis encore là pour écrire cet article vous pouvez déjà vous doutez que nous avons survécus à cette épreuve, et je peux même vous confirmer que tout c’est admirablement bien passé ! Je vais essayer de vous raconter un peu le détail de notre pseudo aventure.

Les conseils des autres :

Nous somme Dimanche 14/08 et ce soir la Boca joue contre le petit club de Unión Santa Fe. On s’habille de manière la plus sombre possible, on vide nos poches gardant simplement une centaine de peso pour acheter nos tickets on part à la guerre. Vous m’excuserez donc de n’avoir aucune photo de l’événement, mais ne sachant pas dans quoi on s’engageait on a évité d’emporter nos appareils photos derniers cris. On monte dans un taxi et demande fièrement « La Bombonera por favor ».  Sur le chemin on entame la discussion avec le chauffeur essayant de se renseigner un peu sur le déroulement de la chose. Le vieil homme ne nous rassure absolument pas en nous disant, de ne SURTOUT pas aller dans les tribunes « popular » (équivalent des « Virages » Français) et de regarder le match tranquillement assis dans les tribunes dites « tribunales ». Quand on lui demande pourquoi, et si il est dangereux d’aller dans les populares, il nous répond que « oui bien évidemment ! », et il ajoute avec un air de dégout que les tribunes populares sont pleines de « ladrones, borrachos y drogas ». Il nous met également en garde en nous disant de ne SURTOUT pas acheter nos tickets dans la rue et d’aller directement au guichet pour acheter nos places au risque de se faire arnaquer et de se retrouver avec des fausses. Bref, le voyage en taxi ne nous a pas forcement rassuré et on arrive non loin du stade avec la ferme intention de se diriger au plus vite vers la billeterie, d’acheter nos places « tribunales » en espérant que tout se passe bien. L’avenir nous dira que rien ne se passa comme prévu !

La billeterie :

On ne trouva jamais la billetterie. Et pour cause, il n’y en a tout simplement pas les soirs de match ! Après avoir tourné pendant 15 minutes autour du stade de la Bombonera entouré de gens plus ou moins douteux et en évitant les nombreux vendeurs à la sauvette on commence à demander aux gens les plus sympathiques que l’ont pouvait croiser. Tous nous répondent qu’il n’y a pas de billetterie. Ne voulant pas y croire on continue à chercher et on tombe sur trois policiers assurant la circulation. Rassurés et en tant que bon petit français naïfs que nous somme on se dit « parfait ! Allons demander à ces personnes en uniformes forcement digne de confiance ! ».  La police nous regarde un temps, puis nous demande « vous êtes combien ? » « Et bien, 5 pourquoi ? », « d’accord suivez nous, venez par là ne vous inquiétez pas on connait un mec… ».  Même la police a essayé de nous vendre des places à la sauvette ! Alors là je dois dire qu’on ne savait plus quoi faire. On obtient la confirmation du fait qu’il n’y a pas de billetterie et que nous n’avons pas le choix que d’acheter nos tickets dans la rue. Surtout que le temps passe et que le match ne va pas tarder à commencer. Finalement on se décide à les acheter à une femme visiblement membre d’une espèce de club de supporters. Elle nous les vend dans un genre de local ou se trouvait quelques personnes et un bar avec différentes affiches, coupes, et autres photos. Cela nous semblait moins risqué que d’acheter ça complètement dans la rue à quelqu’un d’isolé. Par contre nous n’avons bien entendu pas le choix : ce sera des places en tribune Popular… Comme nous insistions assez fortement la bonne femme finit par nous jurer sur l’honneur que les places sont vraies et nous montre même la manière de reconnaitre des fausses places. Tout est dans le plastique qui constitue le ticket. S’il est assez rigide, qu’il ne se déchire pas facilement et qu’il ne s’effrite pas quand on le gratte, c’est que c’est un vrai ! On paie nos places 150 pesos, ce qui est deux fois plus chère que le prix normal, mais nous n’avions plus vraiment le choix. C’était ça, ou revenir un autre jour… Sur le billet, il est écrit que nous avons accès aux portes 6, 7, 12 et 14. La bonne femme nous met en garde « si vous voulez des tribunes tranquilles allez aux portes 6 ou 7. Les 12 et 14, c’est pour les vrais, là-bas je ne serai pas responsable de ce qu’il vous arrivera… » Tickets en poche, nous nous dirigeons de nouveau vers le stade pour enfin pouvoir y rentrer…

Plan : Plan du quartier avec les emplacements des billeteries et des entrées dans le stade.(Cliquez pour agrandir)

Les tribunes 12 et 14 :

On nous refuse une première entrée. Puis une deuxième. On nous redirige vers un autre endroit. On fait pratiquement le tour du stade quand enfin on peut passer le barrage de sécurité pour s’insérer dans une queue de gens en direction d’une porte d’entrée. Et là arrivé devant le stade, on se rend compte que l’on est pile devant les portes 12 et 14. Bonne pioche. Nous étions parti pour voir un match dans la plus tranquilles des Tribunales, et nous voila devant la plus chaude des Populares. Impossible de revenir en arrière. Et puis de toute façon nous en avions même pas envie, maintenant qu’on était là, il fallait aller jusqu’au bout ! On commence à entendre des chants dans la foule qui répondent aux supporters déjà présents dans le stade. Les basses des tambours nous font vibrer le cœur et la mélodie des trompettes commencent à nous faire bouger les pieds. L’ambiance monte et c’est presque palpable. On monte les énormes marches jaunes pratiquement en courant et on arrive dans l’arène.

Vidéo : Match Boca - Union de Santa Fe (4 - 0) 14 août 2011. Ambiance dans les gradins..... voilà quelques chansons :

Esta es la banda de los Bosteros

Están bailando de la cabeza,

Se mueven para acá,

Se mueven para allá,

Esta es la banda más loca que hay.

 

Y ya lo veee…

Y ya lo veee…

El que no salta

Se fue a la B.

 

Las Gallinas son así,

Las más amargas de la Argentina,

Cuando no salen campeón,

Esas tribunas están vacías,

Yo soy de Boca, señor,

Cantemos todos con alegría,

Aunque no salgas campeón,

El sentimiento no se termina,

Y dale Bo y dale Boca…

Y dale Boo… y dale Boca.

Ya dale Bo y dale Boca,

Y dale…Booooooooo…

Y dale, dale Booooooo….

Le Match :

Il y a du jaune et bleu partout, tout le monde arbore la veste et les couleurs du club mythique. Dans un premier temps, on se faufile en plein milieux des tribunes et on trouve une place vide ou l’on peut tenir tous les 5. On remarque que les grandes marches jaunes qui servent de gradins (pas question de s’assoir bien sur) sont coupées horizontalement par des barres en fer à hauteur d’épaule, et verticalement par d’immenses drapeaux en forme de bande aux couleurs du club. A peine le match commence que les supporters se précipitent sur les barres de fer. Debout, en se tenant aux bandes de drapeaux ils arrivent à sauter, danser, chanter, suivre le match et chauffer la foule en ne tombant que très rarement ! Et déjà Boca marque un premier but ! Le stade explose,  tout le monde chante et les tambours ne faiblissent pas. Les supporters debout sur les barres en fer nous cachant quelque peu la vu du stade on décide de se décaler un peu sur le côté des tribunes. On atterrit sur la gauche dans une ambiance un peu plus calme. Les gens sont debout, et suivent le match d’une manière un peu moins excité. Les chants ne faiblissent pas pour autant, tout le monde les connais par cœur et on se fond plus ou moins dans la masse en faignant de les connaitre nous aussi. De temps en temps la foule s’agite un peu et tout le monde se met à danser. De manière générale l’ambiance est joviale et festive. On ne ressent absolument aucun malaise de ne pas être argentin, on danse et on chante avec tout le monde sans aucune crainte, les supporters sont vraiment ici pour faire la fête et regarder le match. D’ailleurs Boca ne tard pas à marquer un deuxième but. Puis un troisième. Les chants n’en finissent plus, les drapeaux s’agitent et on s’amuse de voir que des personnes âgées de 70 ans chantent et dansent en cœurs avec des gamins de 15 ans. Chaque fois que les tambours commencent un nouveau rythme, la foule enchaine et réponds à l’unisson par un chant adapté. Les tambours sont un peu le chef d’orchestre de cette chorale populaire géante. Et après 50 minutes de jeux, nous commençons même à connaitre et reconnaitre certains chants. Finalement Boca marquera un 4ème but avant le coup de sifflet final ! Décidément, on ne sera pas venu pour rien. Le match se finit et on se dirige vers la sortie.

La sortie du stade :

Coincé dans une foule de gens, nous attendons que les gradins se vident un par un. Trois policiers nous empêchent de sortir, apparemment les tribunes Populares sortent toujours en dernier. Très calme et disciplinée la foule attend. 15 minutes. 20 minutes. 30 minutes.  Au bout de 40 minutes les supporter commencent à crier et s’impatienter, un mouvement de foule pousse fortement vers l’avant et le pseudo barrage de police craque sans opposer aucune résistance. A croire qu’ils attendaient simplement que l’on s’énerve pour nous laisser sortir. On réussi à ne pas se faire écraser par la foule et on sort du stade en courant. On essaye de ne pas trainer dans Boca à la sortie du match, et on rejoint au plus vite une grande avenue pour prendre un taxi. Trois d’entre nous parviendront à en attraper un tandis que les deux derniers rentreront en bus.  On a tous passé une excellente soirée et nous attendons avec hâte le prochain match du Club Athlético de Boca Juniors !

Un bon souvenir :

Pour conclure je vous dirai que, il ne faut vraiment pas écouter les « on dit » qui circulent à propos de ce genre d’événement. Y compris les conseils prodigués par quelques vieux Argentins qui peuvent être aigris et cracher un peu trop violement sur la jeunesse de leur propre pays. L’ambiance dans les tribunes Populares de la Bombonera était vraiment à la fête. A aucun moment nous nous sommes sentis en mal à l’aise ou en danger. Les supporters sont là pour s’amuser, chanter et voir jouer leur club préférer. Je n’incite pas non plus le premier venu à ce précipiter au stade, nous y sommes allé qu’une seule fois et je ne peux pas vous dire si ça se passe toujours comme ça. Comme partout, vous pouvez croisez les mauvaises personnes au mauvais moment. Quelques conseils maintenant : achetez vos places plusieurs jours avant aux guichets du stade pour ne pas avoir à galérer comme nous le soir même. Habillez vous de manière sobre, et éviter quand même les objets de valeurs, rien ne sert de tenter le diable. Arrivez en avance pour pouvoir être bien placé dans les gradins et apprécier d’autan plus le spectacle. Prochaine étape, Boca VS Riverplate !

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Published by Le Petit Hergé - dans Buenos Aires
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chris 03/10/2011 14:14



A quand le meme article sur los millionaros et le monumental...



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