Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 09:00

Mise à jour : 02 septembre 2011. Article écrit par Renaud Dor.

Librería de Avila (ex Librería del Colegio)

En entrant dans la Libreria de Avila on sent que l’on touche du doigt tout un pan de la culture Argentine. Comme toutes les vieilles librairies, la libreria de Avila possède cette atmosphère, cette odeur et se calme si particulier certainement provoqué par tous les livres, parfois très anciens, qui nous entourent : autant de culture et d’histoire qui bouillonne autour de vous, ça ne laisse pas indifférent. Cependant, à la Libreria de Avila cela se justifie puisque le lieu peut se vante d’avoir été le premier endroit à vendre des livres dans toute l’Argentine !

Photo : Sous sol de la librairie.

Naissance de la première librairie d’Argentine :

En 1785 au coin des rues San Carlos et Santisima Trinidad (aujourd’hui Adolfo Alsina et Bolivar), un pharmacien du nom de Francisco Salvio Marull ouvre un établissement appelé La Botica. Le dit établissement était une sorte de droguerie ou l’on pouvait acheter toute sorte de produits comme des aliments, des médicaments, des liqueurs, des articles de bazar, quelques habits et chose rare et même inédite pour l’époque, des livres et des journaux ! En 1801, on y vend le premier quotidien de Buenos Aires « El Telégrafo Mercantil ». Les livres viennent pour la plupart d’Europe et sont donc relativement rares et prisés à Buenos Aires. Peu à peu, la fonction d’épicerie disparait et les livres remplacent tous les autres articles pour qu’il n’y ait finalement plus qu’eux sur les étagères.  Et ainsi, en 1820, La Botica devient exclusivement une librairie, la première du pays. L’établissement étant en face du Real Colegio de San Carlos (aujourd’hui Colegio Nacional de Buenos Aires) le lieu prend naturellement le nom de « Libreria del Colegio » en 1830 lorsque Francisco Salvio Marull en devient propriétaire. La première librairie du pays devient rapidement un haut lieu de la culture porteños  ou de nombreuses personnalités viennent discuter, partager, et bien entendu acheter leurs bouquins. L’histoire raconte même qu’entre 1810 et 1825 les acteurs de la révolution se réunissaient au « Café Marco » se tenant en face et venaient régulièrement à la librairie afin d’acheter de nouveaux livres. Le temps passe, et la Libreria del Colegio traverse les âges et les modes. Nombres de personnalités culturelles et politiques comme Manuel Belgrano, José Hernández ou Paul Groussac ont un jour dans le passé poussé la porte de cette librairie. En 1860 la librairie est achetée par un français Paul Morta qui édite son premier almanach "Almanaque Agrícola e Industrial de Buenos Aires ».

 

Photos : Façade actuelle de l'immeuble. Salle du sous sol. Entrée principale de la librairie.

Démolition et reconstruction :

En 1926 l’ancien immeuble abritant la librairie est démoli et un nouveau bâtiment voit le jour dans un style Art Déco. C’est l’architecte Ángel Pascual et l’ingenieur Luis Migone qui ont pour charge de projeter et d’édifier le la nouvelle construction. Aujourd’hui l’aménagement intérieur et la décoration sont les mêmes que celles de 1926. En 1939, une maison d’édition « Editorial Sudamericana » installe son siège dans l’immeuble et s’associe avec la librairie pour y présenter ses ouvrages. Pendant près d’un demi siècle, la librairie et la Maison d’Edition marcheront main dans la main, mais la crise de 1989 auront raison de « la Editorial » et la librairie devra aussi fermer ses portes !  L’établissement restera fermé jusqu’en 1993, date à laquelle Miguel Angel Avila (déjà propriétaire de la libreria Fray Mocho) décide d’acquérir les murs et d’entreprendre des travaux afin de rouvrir cette librairie historique.  En Septembre 1994 est inaugurée enfin la nouvelle librairie fraichement rebaptisée « Libreria de Avila ». Le lieu ne tarde pas à récupérer son prestige d’antan et en 2000 le gouvernement de la ville de Buenos Aires classe la librairie au « Patrimonio Historico de la Ciudad ». Tout récemment la reconnaissance va plus loin, puisque le 04 avril 2011 la librairie est déclarée Lugar Histórico Nacional par le gouvernement national. Aujourd’hui donc les fideles du lieu n’ont plus de soucis à se faire, quoi qu’il puisse se passer dans l’avenir, grâce à ses différentes distinctions, la librairie est protégée.

Photo : Immeuble de la librairie dans ses premières années des années 20. 

L’amour du livre :

Ce qui a fait la force de cet établissement et qui lui a certainement permis de traverser les âges est certainement son rapport intime est particulier avec la culture et l’histoire du pays. Encore aujourd’hui, de nombreux intellectuels viennent s’approvisionner en livre dans cette librairie. C’est un lieu empli d’histoire qui reste très traditionnel dans sa manière de fonctionner et de commercer. Ici on aime le livre et on le respect, on vénère la littérature et l’Histoire Argentine. Comme me le dit fièrement un employé, ce n’est pas une librairie de «shopping ». Cette librairie se rapproche, ou du moins tente de se rapprocher, des vieux établissements comme il existait autrefois, du temps ou le livre ne s’inscrivait pas encore dans un si grand commerce et dans une si puissante industrie.

  

La librairie aujourd’hui :

Aujourd’hui, la librairie est composée de deux salles. La première, à laquelle vous accédez directement en entrant dans le bâtiment est principalement consacrée aux livres neufs et plutôt moderne. Vous y trouverez de tout, jusqu’au sommet des échelles atteignant les plus hautes étagères. Il y a des livres partout, même entassés dans les coins, et quelques vieux objets qui trainent comme un vieux tourne disque posé sur un bureau. Cependant le royaume des vieilles collections se trouve dans la salle du bas. En effet, si vous descendez les escaliers qui se trouvent dans le fond de la pièce, vous arrivez dans une deuxième salle à l’atmosphère plus ancienne et  plus calme encore. Ce sous sol est principalement réservé aux livres d’occasions, aux livres très pointus sur un domaine précis, et aux livres anciens, (parfois extrêmement anciens). Dans cette partie de la librairie se trouve également de nombreuses pièces de collection ayant parfois une grande valeur. Le libraire me montre avec émotion une armoire dans laquelle est exposée nombres de vieux livres jaunis à la fragilité palpable. Il m’explique que le petit bouquin en bas à droite date de 1535 et que c’est merveilleux ! En effet l’objet est si vieux qu’il a forcement été rapporté d’Europe. Mais sur quel bateau ? Quel personnage, peut être historique l’a transporté avec lui ? Par quelles mains fabuleuses est-il passé avant d’atterrir ici devant nos yeux presque 500 ans plus tard ? Vous l’aurez compris, la Libreria de Avila nous cache encore bien des mystères !

La Fiche Technique :

Adresse : Angle de la calle Bolivar et de la calle Alsina 500. Quartier Montserrat.

Pour s’y rendre : juste à deux blocs de la Plaza de Mayo. Metro Bolivar.

Téléphone : (011) 4331-8989

Photo : La partie bureau de la librairie.

Les conseils du Petit Hergé :

Vous voilà plongé en 1926 dès que vous entrez dans cette boutique. Une véritable caverne d’Ali Baba pour les amateurs de livres et de tout ce qui avoir un rapport avec un Buenos Aires du début du XXème siècle. Une librairie et un musée à la fois ! De plus pour tous les amateurs de livres, un véritable bonheur d’avoir en face de soi de véritables professionnels qui peuvent répondre à toutes les questions concernant Buenos Aires, l’Argentine et ses ouvrages ! Pour ce qui est des tarifs, les livres neufs vous coutent exactement la même somme que dans n’importe quelle librairie (les prix étant fixés par les Editeurs …), et les livres d’occasion sont relativement abordables. Bien entendu certaines pièces peuvent monter rapidement, tout dépend de la rareté et de l’état. La Libreria de Avila c’est tout de même 150 000 titres disponibles !

A lire dans le Petit Hergé :

El Ateneo Grand Splendid (Buenos Aires)- Librairie Ateneo Splendid de Buenos Aires.(Juillet 2011). Au cœur de la foule et du bruit de l'avenida Santa Fe, on peut y apercevoir une simple librairie… ou presque !

 

 

Musée d'art espagnol Enrique Larreta de Buenos Aires- Musée d'art espagnol de Buenos Aires.(Septembre 2010).Cette demeure fut la résidence d’Enrique Larreta, homme politique, écrivain argentin ainsi que collectionneur passionné par l’Espagne.

 

Eglise de San Ignacio de Loyola (Buenos Aires)- Eglise de San Ignacio de Loyola de Buenos Aires.(Avril 2011). L’Eglise de San Ignacio de Loyola est aujourd’hui la plus ancienne église de Buenos Aires mais aussi le plus ancien bâtiment de l’époque coloniale espagnole encore en activité.

Tout sur Bariloche 1ère Partie- Tout sur Bariloche.(Juillet 2007). Bariloche est en fait à l'interieur du Parque Nacional Nahuel Huapi, c'est une ville fondée en 1902 par Carlos Widerhold.
Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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